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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 09:44
Créé le mercredi 6 avril 2016 05:10 | Écrit par lepcf 

Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF (résumé)

Base commune alternative soutenue par 600 communistes de toute la France

 

, par  lepcf.fr

37eme congrès 2016 

pdf | 

« Les individus ne constituent une classe que pour autant qu’ils ont à soutenir une lutte commune contre une autre classe ; pour le reste, ils s’affrontent en ennemis dans la concurrence. » Karl Marx

 

L’existence du PCF, une exigence historique 

Les communistes sont confrontés à une défi historique. Le capitalisme s’empare de toute la vie humaine, pousse au paroxysme l’exploitation et le profit, sécrète la crise sociale et politique, impose ses guerres et détruit les nations - quitte à nourrir le terrorisme-pour mieux étendre sa domination. L’écrasement du peuple grec a confirmé la véritable nature de l’UE et de sa monnaie, une dictature contre les peuples.

Notre pays et notre peuple ont plus que jamais besoin d’un parti communiste et pourtant l’existence du PCF est aujourd’hui menacée par les renoncements stratégiques et les tactiques électorales à court terme et inefficaces.Nous nous inscrivons dans le choix national fait par les communistes en 2007, celui de continuer notre parti, de « Faire vivre et renforcer le PCF ».

 

L’examen stratégique s’impose

Gauche plurielle, collectifs anti libéraux, renoncement à la candidature communiste en 2012, tout cela a fait de notre effacement une condition du rassemblement. Aujourd’hui, il faudrait continuer dans cette voie, choisir entre une primaire antidémocratique conduisant tout droit au soutien à une candidature socialiste ou une fuite en avant dans un Front de gauche émietté dont certains voudraient faire une nouvelle force politique au profit de laquelle le PCF s’effacerait.

L’urgence au contraire, c’est de sortir de l’impasse du renoncement au PCF et de procéder pour cela à l’examen stratégique nécessaire.

 

Un débat fraternel et sans tabou

Il n’est plus possible que des positions stratégiques, parfois prises sans aucune consultation des communistes, restent intouchables. Ouvrons le débat autour des questions suivantes :


- Présidentielles : Ni primaires, ni effacement, la nécessité d’une bataille communiste

- Agir pour un monde de paix, la solidarité internationale, combattre le terrorisme. La France doit sortir de l’OTAN

- Sortir de l’Union européenne et de l’euro pour engager la sortie du capitalisme. 

- Luttes et construction politique. : un grand mouvement populaire s’engage en France, le PCF doit investir ce terrain essentiel de construction politique.

- Contre le FN, un parti communiste populaire et rassembleur. La réprobation morale ne suffit pas, les fronts républicains ont montré leurs limites. La reconquête de l’électorat passe par la capacité à porter des perspectives de changement crédibles, une autre politique économique, la fin de la précarité et de la concurrence entre travailleurs.

- Pour sortir de l’impasse de la gauche, il faut un grand parti communiste, un rassemblement populaire et majoritaire. Le parti sans rassemblement est impuissant, le rassemblement sans parti est inconscient.

 

Le socialisme, un projet pour la France

Nous appelons à un effort de construction idéologique considérable, s’appuyant sur la théorie marxiste, pour penser une société nouvelle qui mette fin à l’exploitation, aux inégalités et injustices, au pillage des ressources naturelles de la planète et à la guerre. Cette société, nous la nommons le socialisme.

La criminalisation du socialisme et du communisme, l’oubli de l’apport du léninisme, l’abandon du marxisme comme référence théorique, le mépris des expériences socialistes en cours conduisent à une panne idéologique du PCF, incapable de penser la prise de pouvoir et la transformation révolutionnaire dans une société capitaliste développée. 

 

Un programme de rupture

La classe ouvrière doit prendre toute sa place dans la direction du pays pour la maîtrise des moyens de production et d’échanges, des conditions de travail et de vie.

Nous faisons des propositions immédiates pour plus de justice sociale et pour ouvrir le chemin de la rupture avec le capitalisme :


- La nationalisations des secteurs clefs du pays, la renationalisation d’EDF-GDF, de la SNCF, de la poste, France Télécom et Air France 

- Interdiction des licenciements et délocalisations

- Réduction massive du temps de travail, augmentation des salaires, pensions et minima sociaux

- Rétablissement de la retraite à 60 ans, gestion démocratique de la sécurité sociale

- Blocage des prix des produits de première nécessité

- Non application des directives et traités européens et sortie de l’Otan

- Remise en cause fondamentale de la dette publique

 

Il faut unir les communistes pour ouvrir la perspective d’un nouveau Front populaire vers le socialisme.

 

Vive le Parti Communiste Français !

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7 avril 2016 4 07 /04 /avril /2016 09:36

Réponse de la CGT Goodyear à l'invitation de Monsieur Macron

CGT GOODYEAR AMIENS NORD
 

6 avr. 2016 — Monsieur le Ministre,

Vous nous invitez depuis hier à participer à votre visite surprise d'une entreprise mystère à Amiens mercredi 6 avril 2016.

Compte tenu de l'énergie avec laquelle vous avez soutenu la fermeture de notre usine par Goodyear, nous savons que lorsque vous nous préparez une surprise elle est généralement mauvaise.

Néanmoins une délégation de la CGT Goodyear pourrait éventuellement accepter de vous rencontrer à 3 conditions

- Le retrait des poursuites contres les 8 de Goodyear

- Le retrait de la loi travail

- Le soutien du gouvernement à l'action que nous lancerons le 6 avril 2016, les salariés d'Amiens nord contre les sociétés Goodyear et Titan aux États Unis afin qu'elles soient sanctionnées pour avoir saboté la reprise du site par notre SCOP, laquelle aurait pu relancer la production de pneus agraire et créer pour commencer 200 emplois.

LA CGT GOODYEAR

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 15:16

Le commissaire letton Valdis Dombrovskis s'est donc félicité de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.  Mais qui a su cette intervention parmi les manifestants ?  Bizarrement aucun syndicat ne s'est élevé avec force contre cette ingérence dans les affaires intérieures françaises.  C'est pourtant le moment de le faire !

 


 

La Commission européenne se réjouit de la loi El Khomri

Par : Aline Robert | EurActiv.fr

1 avr. 2016

Manifestation contre la loi El Khomri, le 31 mars à Paris

 

Le commissaire en charge de l’euro et du dialogue social se félicite de la loi travail en France, qui répond directement à l’analyse de Bruxelles sur les rigidités de l’économie française.

De passage à Paris, jeudi 31 mars, pour participer à une rencontre de l’OCDE, déjeuner avec Emmanuel Macron et dîner avec Michel Sapin, le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a eu du mal à honorer ses engagements dans les temps. La faute aux grèves des transports et autres manifestations contre la réforme du travail de la loi El Khomri.

Un sujet qui lui tient justement à cœur, alors que la France est toujours sous le coup d’une procédure pour déficit excessif.  La loi El Khomri « est une initiative qui est destinée à répondre aux rigidités du marché du travail, et qui devrait relancer l’emploi » s’est réjoui le commissaire face à quelques journalistes. Le commissaire letton qui partage la responsabilité des affaires économiques avec le Français Pierre Moscovici, est connu pour ses positions libérales.

Lors des remarques transmises à la France, début mars, sur l’économie française, la Commission européenne a consacré une dizaine de pages de son pensum annuel au marché du travail, qui représente selon elle le principal problème de l’économie française.

En ce jour de manifestation, le commissaire s’est toutefois montré magnanime. « Nous surveillons avec attention le débat politique, et nous comprenons qu’il faille trouver le bon équilibre pour ce texte » a indiqué le commissaire, faisant référence à des mesures déjà retirées du projet de loi concernant notamment les négociations syndicales.

Mais il est clair que la loi est une réponse aux demandes de Bruxelles, dans la droite ligne de son analyse de l’économie française. Le manque de création d’emploi et la faible croissance sont, selon les experts de l’exécutif européen, liés aux rigidités structurelles de l’économie de l’Hexagone, et notamment aux difficultés de licencier des salariés, et non pas à d’autres facteurs comme un manque d’investissement ou l’évolution vers une économie de service peu créatrice d’emplois.

« Il y a 10 % de chômage depuis trop longtemps en France, il est donc important de s’engager dans des réformes rapidement » a indiqué le commissaire, en soulignant la croissance de 1,3 % seulement attendue pour 2016 en France, un niveau nettement inférieur à la fois à celui de la zone euro et celui de l’Europe à 28, qui frôleront dans les deux cas les 2 % de progression de leur activité économique.

Cette analyse n’est pas partagée par tous ; à gauche notamment, l’économiste Thomas Piketty rappelle dans son blog que le chômage en France était inférieur à 7 % avant la crise financière de 2008, et que la mauvaise gestion de la crise et le manque de politique de relance sont les principales causes du chômage.

Une réduction du déficit plus conjoncturel que structurel

Le commissaire a aussi insisté sur la réduction du déficit en cours, saluant des chiffres meilleurs que prévu : la France semble prête à respecter son objectif de déficit pour 2016, soit 3,4 % du PIB.

Ce qui serait une première depuis de longues années.

 

Cette relative modération du déficit est toutefois « plus lié à des critères conjoncturels que structurels » regrette le commissaire letton, qui s’inquiète par ailleurs d’autres mesures qui vont en sens inverse de la réduction du déficit. La faiblesse des taux d’intérêt a en effet réduit les charges de la dette, mais d’autres éléments viendront grever l’équilibre budgétaire, comme le fait que l’État ait renoncé à toucher le dividende d’EDF en cash pour se contenter d’actions, ou encore la hausse des salaires des fonctionnaires annoncée pour juillet prochain. Deux éléments qui alourdiront mathématiquement les frais de fonctionnement de l’État.

Des circonstances exceptionnelles après les attentats

Reconnaissant l’impact négatif sur l’activité économique des attentats subis par la France en novembre dernier puis par la Belgique, l’élu letton a rappelé que le Pacte de stabilité prévoyait une certaine souplesse en cas de circonstances exceptionnelles, dont les attentats faisaient bien sûr partie selon lui, au même titre que la crise des réfugiés qui a déjà été prise en compte dans l’évaluation des budgets 2015 et 2016. Les coûts supplémentaires induits par l’accueil des réfugiés ne sont donc pas comptabilisés dans le calcul des ratios. Les principales dépenses ont néanmoins été faites par l’Allemagne, qui n’a aucun problème de dette publique.

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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 14:32

Les actions des personnels portuaires de ce mardi 5 avril se sont terminées devant les permanences des députés du Havre

  • Par Richard Plumet
  • Publié le 05/04/2016 | 19:08, mis à jour le 06/04/2016 | 13:46

 

A voir sur le site de FR3 Normandie - VIDEO : le reportage France 3 Le Havre-Baie de Seine de Mickaël Goavec et Danilo Commodi  avec les interviews de 

  • Laurent Delaporte, secrétaire CGT du GPMH 
  • Reynald Kubecki, co-secrétaire de l'Union Locale CGT du Havre
  • Lire l'intégralité sur le site de FR3 Normandie

Des travailleurs du secteur portuaire ont bloqué des accès et brûlé des pneus

  • Par Richard Plumet
  • Publié le 05/04/2016 | 10:53, mis à jour le 05/04/2016 | 12:00
 

© France 3 Normandie

© France 3 Normandie

 
© France 3 Le Havre -Baie de Seine

Encore une journée d'actions contre le projet de "Loi Travail". Parmi les opposants à une modification du code du travail les agents portuaires et dockers sont particulièrement mobilisés depuis plusieurs semaines. Ce mardi matin (5 avril) ils ont bloqués certains accès du port du Havre avant de se rassembler devant les locaux du siège du Grand Port Maritime.

A Rouen, les travailleurs du secteur portuaire sont eux aussi en grève et ont commencé des actions en bloquant le boulevard qui dessert la  zone industrielle située dans l'agglomération rouennaise à Sotteville-lès-Rouen et Saint-Etienne du Rouvray.
En début de matinée, les manifestants ont ensuite bloqué les accès du pont Mathilde. Ce qui a engendré de nombreuses difficultés de circulation sur les deux rives de la Seine.

La menace de "paralyser économiquement  la région"

Un responsable syndical annonçait ce matin au micro de France 3 Normandie que si la loi n'était pas retirée :
 "Nous, dans les semaines à venir on va monter crescendo avec des blocages de 24h et des grèves reconductibles et on paralysera économiquement la région"


Pour voir la vidéo; allez sur le site de FR3Normandie - VIDEO : le reportage France 3 Normandie de S. Letourneau et P. Derouet  avec les interviews de :

  • Fabrice Lottin, secrétaire général CGT Grand port maritime de Rouen
D'autres actions en vue
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6 avril 2016 3 06 /04 /avril /2016 13:53

Mulhouse - Les intérêts des étudiants-lycéens et des salariés de Peugeot sont les mêmes - Leurs luttes convergent.

Appel des étudiants et lycéens mulhousiens aux salariés de PSA
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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 17:38
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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 11:51

par

Les entreprises françaises ne seraient pas assez compétitives. La réforme du code du travail, en supprimant de nombreuses protections des salariés, leur permettra de le devenir, assure le gouvernement. Les grands groupes ont pourtant déjà commencé de mettre en concurrence leurs usines et salariés. Fabien Gâche, délégué syndical central (CGT) de Renault, explique la stratégie de la direction, qui joue la compétition entre CDI et intérimaires, entre sites de production en France, en Espagne ou en Turquie. Objectif : baisser les salaires et augmenter le temps de travail. « Les salariés ont le sentiment qu’ils se retrouvent entourés d’ennemis plutôt que de collègues. »

Basta ! : L’un des arguments avancés pour justifier la réforme radicale du code du travail est la nécessaire compétitivité des entreprises françaises, qui serait insuffisante. La mise en concurrence des sites, à l’intérieur même des grands groupes internationalisés, existe pourtant déjà...

Fabien Gâche [1] : La mise en concurrence a explosé au sein des grands groupes, notamment dans la filière automobile, mais le processus a débuté il y a déjà longtemps. On est peu à peu passé de grands espaces de production à une multiplicité de petits espaces que l’on a mis en concurrence les uns avec les autres. Prenons l’exemple de Renault. Jusqu’au milieu des années 1970, à l’usine du Mans, on fabriquait tout ce que l’on appelle les « parties roulantes », c’est à dire ce qui se situe sous la voiture, au niveau du train. Cette usine alimentait toutes les autres usines. Si on se mettait en grève, on bloquait tout le monde. Pour minimiser ce pouvoir de blocage, la direction a décidé d’ouvrir une usine qui avait la même activité que celle du Mans, mais en Espagne. Une usine située à Villeurbanne (près de Lyon) s’est aussi mise à copier l’activité du Mans.

Et puis, à la fin des années 80, un changement important s’est produit. Chaque entité est devenue cliente, ou fournisseur d’une autre entité. Une usine de montage comme celle de Sandouville (Seine-Maritime), est devenue cliente du Mans, qui est son fournisseur. De la sorte, on donne l’impression que ce n’est plus la direction générale qui décide de l’affectation de volumes de production, mais seulement la capacité des salariés à atteindre les objectifs qu’elle leur a préalablement fixés. La décision de la stratégie d’entreprise est ainsi déportée vers les usines en culpabilisant les salariés et la ligne hiérarchique. Sandouville, par exemple, peut être alimentée par d’autres fournisseurs que le Mans, au prétexte que la qualité n’est pas bonne, que la quantité n’est pas suffisante, ou parce que Le Mans n’alimente pas en temps et en heure l’usine de montage... il y a toujours moyen de trouver une bonne raison de changer de fournisseur, en rendant responsables les salariés de l’usine du Mans.

À chaque renouvellement de modèle, les fournisseurs – les salariés – sont appelés à des moins-disant sociaux – emplois, rémunérations... – pour espérer obtenir l’affectation de production. Aujourd’hui, la règle chez Renault, c’est que pour chaque pièce, il y a trois fournisseurs. Et on fait jouer la concurrence entre ces différents fournisseurs. L’unité du groupe s’est disloquée. D’abord au sein de Renault. Puis avec la sous-traitance. Aujourd’hui, 20 % des véhicules sont conçus et fabriqués par du personnel Renault, intérimaires compris. Le reste est sous-traité.

Le groupe Renault emploie 46 355 salariés en France sur 117 000 dans le monde, soit 40 % des effectifs en France. Quels sont les effets de ces réorganisations et de cette mise en concurrence entre « collègues » d’une même entreprise de différents pays ?

Le quotidien de travail a radicalement changé. On n’arrive plus à l’usine pour une journée de travail mais pour remplir des objectifs, qui se chiffrent par exemple en nombre de véhicules produits par salarié. Et qui exigent finalement de produire toujours plus, en étant moins nombreux, et pour moins cher. Chacun s’entend dire : en quoi contribuez-vous à l’atteinte des objectifs assignés collectivement ? En évitant de tomber malade, par exemple... Si on n’atteint pas les objectifs, la direction prévient que le véhicule que l’on fabrique pourrait être assemblé ailleurs, là où les salariés sont « meilleurs », en Turquie par exemple.

Des cycles de négociations sont engagés simultanément dans plusieurs sites différents. L’accord de compétitivité de mars 2013, engagé en France, fait peser la menace d’aller fabriquer des voitures en Espagne, ou en Turquie, en échange de la « modération » salariale, de l’augmentation du temps de travail et de la destruction de 8260 emplois. En Espagne, c’est la délocalisation vers la Roumanie ou le Maroc qui est brandie comme une menace. À Flins (Yvelines), on leur a dit « il faut accepter ce qu’on vous propose, sinon, la Clio 4 pourrait être totalement fabriquée en Turquie ». La direction dit désormais aux employés turcs qu’une partie de la production de la Clio 4 va partir en Slovénie...

Le projet de loi de Myriam El-Khomri va-t-il encourager cette concurrence ?

Bien sûr. Un accord de compétitivité dure trois ans. En septembre, la direction nous proposera un nouvel accord, qui aura la même logique que celui de 2013, avec un moins disant social accentué. Le « cycle » a d’ailleurs déjà commencé : la direction de Renault Espagne entame une négociation sur un accord dit« d’hyper compétitivité ». L’affectation de la fabrication d’une future voiture à Valladolid est conditionnée à l’acceptation par les syndicats de l’accord proposé. Qu’envisage cet accord ? Le gel des primes d’ancienneté, l’embauche de salariés en dessous de la grille des salaires, le travail du dimanche si besoin.

Si l’accord ne passe pas, les salariés sont avertis que la voiture sera fabriquée ailleurs. Pour le moment en France, le code du travail limite la mise en concurrence exacerbée à l’intérieur du groupe. Mais si la loi El-Khomri est adoptée, elle permettra que l’on travaille en France comme en Espagne ou en Turquie : par exemple le dimanche, et donc sept jours sur sept, ce qui est pour le moment strictement interdit en France. En décapitant le code du travail, le gouvernement souhaite se rapprocher de ce qui se pratique ailleurs, permettant au patronat, et à la direction de Renault en particulier, d’exacerber la mise en concurrence entre les salariés à travers le monde et d’appauvrir encore davantage les populations.

Comment cette mise en concurrence s’organise-t-elle ensuite, au sein de chaque entreprise, entre CDI, CDD et intérimaires ?

Au sein de Renault, il y a aujourd’hui autant d’intérimaires que de CDI. Sur une chaîne de montage comme Flins, les intérimaires sont même plus nombreux (2000 contre 1600 CDI). Au sein d’une même usine, il y a donc d’importants écarts statutaires. Avec différentes sociétés et contrats de travail, à la semaine, au mois, au trimestre… Cela permet de faire jouer la concurrence au sein des équipes, sachant que chaque salarié a l’espoir de garder son contrat le plus longtemps possible, que la direction gardera toujours les plus productifs et les plus « calmes ».

Les intérimaires ont toujours les postes les plus pénibles. La direction brandit régulièrement la menace de ces postes pénibles aux CDI ! Les Renault se disent que les conditions de travail des intérimaires sont certes pénibles mais qu’à tout prendre, « il vaut mieux que ce soit l’autre plutôt que moi ». L’utilisation des intérimaires est en plus présentée par la direction comme un moyen de sauver les CDI. Ils prétendent qu’ainsi, si le marché baisse, le recours à l’intérim permet de diminuer le nombre de salariés sans licencier !

La concurrence est donc permanente...

Oui. Cette stratégie génère un sentiment d’opposition quotidien, les salariés ont le sentiment qu’ils se retrouvent entourés d’ennemis plutôt que de collègues. Ce qui change radicalement le quotidien, puisque le travail, par définition, c’est la coopération. En plus, la direction embrouille tout le monde en parlant continuellement de « collaborateurs », en même temps qu’elle crée l’opposition permanente. Les effets psychologiques sont désastreux. Les salariés sont en grande souffrance, de par l’impossibilité de faire un travail de qualité.

Avec le turn-over, les désorganisations successives, le manque de personnel, la réduction des temps de conception et de fabrication... les problèmes et les mal-façons explosent. Il devient intenable pour eux d’accomplir le travail de qualité exigé, alors même qu’ils dépensent beaucoup d’énergie et d’intelligence pour y arriver. Si en plus, à la fin, on leur dit qu’ailleurs ils font mieux pour moins cher... Imaginez les dégâts sur la représentation que l’on a de l’autre. On ferme toute perspective de rencontre et de collaboration. Si on pousse la logique au bout, la direction crée le sentiment que pour survivre, il faut éliminer l’autre. C’est une logique suicidaire pour l’entreprise mais aussi pour la société toute entière. On casse complètement le tissu social et toute possibilité de solidarité. Ce qui se passe dans le monde du travail est une des causes importantes de la montée du FN.

Dans ce contexte, quel rôle les syndicats peuvent-ils jouer ?

Avec ces divisions permanentes, c’est le pouvoir patronal absolu. Les syndicats ont donc un rôle fondamental à jouer. Bien sur, la multiplicité des statuts des salariés complique énormément notre travail – et c’est précisément fait dans ce but. Cela nous oblige à ré-inventer le syndicalisme. En travaillant à la fois au niveau macro-économique sur les stratégies d’entreprise, et aussi de manière microscopique : au niveau des gestes quotidiens, du travail réel, de ce que font les gens. Quand on prend le temps d’écouter les salariés parler de leur travail, décrire leurs activités quotidiennes, expliquer les stratégies qu’ils développent pour exercer leur métier le mieux possible, on mesure l’étendue de ce qu’ils accomplissent ! Cela redonne de la dignité, de la force dans leur légitimité à pouvoir s’exprimer et à agir.

Lorsque l’élu syndical écoute les salariés parler ainsi de leur travail, lorsqu’il les interroge pour mieux comprendre, les salariés n’apparaissent pas comme des victimes passives de l’organisation du travail. Ce sont au contraire des acteurs de la production, qui par leurs compétences et leurs tentatives, apportent une plus-value essentielle et rarement reconnue. L’intelligence et la résistance que les salariés déploient face à l’organisation, face à la standardisation, suggèrent une autre description que celle du salarié écrasé et soumis. Cela ouvre beaucoup de perspectives [2] !

Ces nouvelles perspectives pourraient-elles renouveler ce que l’on appelle le « dialogue social » ?

En construisant leurs interventions, avec les salariés eux-mêmes, à partir du réel de leur travail, les élus se retrouvent en position de force face à leur direction. Évidemment pour elle, ce qui compte c’est la finance... On ne cesse de nous dire que les accords de compétitivité marchent très bien, en ne considérant que le niveau de marge opérationnelle et le résultat net. Mais si nous abordons les questions de l’intérieur en faisant émerger le réel du travail, on démontre que cela ne fonctionne pas si bien, sans que la direction puisse le contester. Chez Renault par exemple, les retouches sur les véhicules se multiplient à cause de mal-façons. Cela occasionne d’importants surcoûts et dégrade l’image de la marque. Nous n’en sommes pas encore au stade où cette démarche est vraiment prise en compte, où la direction va accepter de changer ses méthodes. Mais si nous continuons, nous aurons des résultats encore plus probants. À commencer par une amélioration de la santé des salariés.

Cela nous oblige à nous ré-approprier la question du travail et la finalité de ce que l’on fabrique. Comment pourrait-on redessiner notre mode de production ? Quelle est la finalité de l’entreprise : produire toujours plus de bagnoles toujours plus chères, pour générer toujours plus de pognon qui ne bénéficie jamais à ceux qui produisent, avec de plus en plus de gens qui ne peuvent acheter ces véhicules, dont l’usage massif pose question dans un contexte de problèmes environnementaux croissants ? Le syndicalisme doit vraiment développer cette activité syndicale au plus près du travail. C’est ainsi que nous ferons émerger de nouvelles perspectives avec le plus grand nombre de salariés.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 14:35
Les assassins du Code du travail - Recommandations européennes, pressions patronales, pouvoir socialiste - En annexe le texte intégral des recommandations.  

Les recommandations européennes et la loi-travail

 

Les notes des rédacteurs du blog "Action Communiste" sont en caractéres gras italiques bleues.  Les extraits  du texte du conseil européen en noir. 

En annexe, le texte intégral pour les courageux.

 

La loi sur le travail est directement issue des recommandations de la commission de Bruxelles qui impose sa politique sociale à la France !

Vous avez cru voter pour des députés français ?  C'est vrai pour certains.  Mais les députés qui voteront cette loi sont les esclaves volontaires de Bruxelles.  Ils voteront en réalité pour les consignes européennes, élaborées avec la participation de Hollande-Moscovici-Valls-Sapin. Sans oublier Gattaz et le grand patronat européen en coulisse ... Les recommandations européennes ne sont que le cache-sexe du gouvernement socialiste, de la droite et du patronat.

Il ne nous reste plus qu'à combattre à la fois l'Union Européenne, le patronat et le pouvoir socialiste !

Pour cette « loi sur le travail », le gouvernement Valls3 s'appuie, entre autres,  sur une recommandation du 14 juillet 2015 du conseil européen ( sur proposition de la commission ...) à la France. 

Rajout du 1er mars 2016 : il a été ajouté à la recommandation de la commission, recopiée parfois mot pour mot, ces quelques mots : "en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales" ...  Vu les pratiques du gouvernement socialiste et de Bruxelles, on comprend mal le sens de cet ajout ...

Ci-dessous quelques morceaux choisis de ces recommandations :

 

 

Recommandation pour baisser le salaire minimum et les salaires en général.

«  Le coût du salaire minimum reste élevé […] Le salaire minimum devrait évoluer d'une manière plus propice à la compétitivité [...] »

« La France devrait prendre des mesures résolues pour supprimer les seuils réglementaires prévus par le droit du travail [...] »

Bruxelles regrette qu'il n'y ait pas davantage de dérogations concernant les contrats de travail :

Il faudrait « Réviser le cadre juridique régissant les contrats de travail pourrait aider à réduire la segmentation. Les réformes menées récemment n'ont donné aux employeurs que peu de possibilités pour déroger aux accords de branche par des accords d'entreprises. Cela limite la capacité des entreprises à moduler leurs effectifs en fonction de leurs besoins."

Le gouvernement Valls3 applique les recommandations dans sa loi sur le travail:

"Les branches et les entreprises ont la possibilité de déterminer de façon souple, au cas par cas et après négociations avec les partenaires sociaux, à quelles conditions il y a lieu de déroger à la durée légale du travail de 35 heures par semaine,[...] »

« Très peu d'entreprises ont fait usage des nouveaux dispositifs permettant un assouplissement des conditions de travail dans le cadre d'accords d'entreprise. Ce dispositif devrait être revu afin de donner plus de latitude aux entreprises pour adapter les salaires et le temps de travail à leur situation économique. "

Malgré les analyses qui démentent l'efficacité de la mesure, la dégressivité des allocations chômage est proposée par Valls3.  C'est que ça figure dans les fameuses recommandations  :

"Des mesures structurelles sont nécessaires pour garantir la soutenabilité du système. En particulier, les conditions d'éligibilité, la dégressivité des allocations et les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être réexaminés par les partenaires sociaux chargés de la gestion du système. "

"Fait à Bruxelles le 14 juillet 2015

Par le Conseil

Le président

P. Gramegna"

 

Note : P. Gramegna est ministre luxembourgeois des Finances.  On peut se demander à quel titre il signe des recommandations à la France.  Il représente tout simplement le conseil de l'Union Européenne auquel il participe - tout comme Emmanuel Macron ou Michel Sapin - quand il est question de Finances.  Le conseil de l'Union européenne émet ces recommandations sur propositions de la commission européenne.  La complexité du parcours des décisions permet d'occulter la responsabilité des ministres français et du président français dans la prise des décisions européennes ...

 

Ci-dessous vous pouvez lire le texte intégral des recommandations du conseil européen à la France (14 juillet 2015).

Recommandation du conseil européen à la France - 14 juillet 2016.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 13:16

Vu sur Solidaires 76 et le blog de l'UL CGT de Dieppe

Manifestations en Seine-Maritime

5 avril :

  • Le Havre; actions vers les permanences parlementaires
  • Rouen;      MANIFESTATION A L'APPEL DES ETUDIANTS >> 10H30 cours CLEMENCEAU

samedi 9 avril :

MANIFESTATIONS:
  • ROUEN >> 14H30 cours CLEMENCEAU

  • Le HAVRE >> 15H00 à FRANKLIN

  • LILLEBONNE >> 10H30 THEATRE ROMAIN

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 10:12
La grande absente des manif's    par Jean LEVY
La grande absente des manif's    par Jean LEVY

Avant les manif's des 5 et 9 avril...

 

On les cherche vainement dans les manifestations contre la loi El Khomri, aussi bien à Paris que dans les villes de province : pas la moindre banderole, pas la plus petite pancarte évoquant l'Union européenne pour dénoncer son rôle moteur dans l'offensive tout azimut visant les droits sociaux des peuples et imposant à ceux-ci l'austérité la plus noire. 

 

Et pourtant, c'est clair, presque officiel : c'est à Bruxelles que sont élaborées les "directives", les oukases, peut-on dire, qui sont à l’origine des mesures imposées aux salariés,  aux retraités et aux jeunes dans chaque pays de l'UE. Jusqu'au budget de chaque Etat soumis à la vigilante censure des commissaires européens. Et, bien sûr, si notre Code du Travail est mis en cause dans ses fondements, c'est pour répondre à la nécessité d'assurer aux entreprises une plus forte rentabilité, selon les critères établis tant dans capitale belge qu'à Francfort, dans les salons de la BCE. 

 

En somme, l'équipe au pouvoir, dans chaque pays, n'est là que pour appliquer ces directives. Que ces équipes soient de droite ou se prétendent de "gauche", ou collaborent entre elles, les chefs d'Etat, les ministres ne sont que les prête-noms des grandes sociétés, dont ils assurent la logistique. Parfois même, leur attitude est tellement criante qu'ils donnent l'impression de se caricaturer pour nous prouver qu'ils ne sont que des valets des intérêts privés !

Pas besoin d'en rajouter et d'en faire le dossier complet.

Mais alors, pourquoi sur ce sujet, ce lourd silence des syndicats ?

Pourquoi les directions ceux-ci regardent ailleurs, alors que la révolte gronde ? Pourquoi ne pas crier la vérité et ouvrir les yeux à ceux qui les ont encore fermés ?

 

Depuis un mois, des centaines de milliers de salariés et de jeunes ont défilé pour faire pression sur le pouvoir afin que celui-ci annule sa loi travail. Ils n'ont pas seulement martelé de leurs pas les pavés, Ils ont parfois bloqué les rues de nos cités et ils ont recommencé, encore plus nombreux, plus déterminés. Et  à nouveau, ils vont se faire entendre par deux fois, cette semaine. 

Mais  sans s'en prendre aux donneurs d'ordre, seulement à leurs subordonnés. Ils manifestent avec ardeur, certes, mais comme qui dirait, les yeux bandés. Et les discours enflammés qu'ils acclament ne parlent jamais d'Europe, de Bruxelles, de l'oligarchie mondialisée. 

La "grève générale" est ovationnée. Mais contre qui la déclencher ?

Certes, en France, Hollande, Valls, Macron sont à la manœuvre. C'est d'abord contre eux et leur loi scélérate, qu'il faut manifester pour  les pousser à se déjuger. 

Cela ne sera pas facile appuyés qu'ils sont au mur argenté du Medef. Il faut ajouter que celui-ci est la  filiale de la maison-mère, BusinessEurope, le patronat qui trône sur notre continent vassalisé.

Pour gagner la bataille sociale, et en premier lieu, imposer le retrait de la loi El Khomri, faut-il voir clair, connaître l'ennemi, bien mesurer les enjeux et frapper fort où ça fait mal.

C'est la condition pour que la mobilisation populaire grandissante de notre peuple conduise à sa victoire.

 

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