Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 17:36
Khalida Jarrar condamnée à 15 mois d’emprisonnement par un tribunal militaire israélien

Samidoun, mardi 8 décembre 2015 sur le site de l'AFPS

Khalida Jarrar, parlementaire palestinienne de gauche et féministe et avocate des prisonniers politiques, a été condamnée aujourd’hui 6 décembre à 15 mois d’emprisonnement par un tribunal militaire israélien à Ofer. Après son arrestation par les forces militaires d’occupation, qui ont fait intrusion le 2 avril dans sa maison de Ramallah, l’emprisonnement de Jarrar, ancienne directrice exécutive et actuelle vice-présidente du bureau des directeurs de l’Association Addameer (= Conscience) de Soutien aux Prisonniers et des Droits de l’Homme, a déclenché une indignation générale en Palestine, dans le monde arabe et sur le plan international.

Jarrar est membre du Conseil Législatif (= Parlement) Palestinien au nom du bloc Abu Ali Mustafa, le bloc parlementaire affilié au Front Populaire de Libération de la Palestine, organisation de gauche. En 2014, elle a été l’objet d’un déplacement forcé de Ramallah à Jéricho par un ordre de l’armée d’occupation, qu’elle a réussi à faire échouer après un sit-in qui a duré un mois au bureau du CLP et une campagne internationale de soutien.

En avril, elle a été immédiatement mise en détention administrative sans inculpation ni jugement suite à son arrestation. Une campagne internationale – comprenant un vote du parlement portugais exigeant sa libération– s’en est suivie, et elle a alors été inculpée devant les tribunaux militaires israéliens. Bien que les tribunaux militaires fassent preuve d’une apparence de "jugement", ces jugements ne sont en réalité pas plus justes ou équitables que la détention administrative arbitraire. 99.74% des Palestiniens qui comparaissent devant eux sont déclarés coupables.

Jarrar a été inculpée de douze chefs d’accusation entièrement politiques concernant son activité politique publique, parmi lesquels les discours qu’elle a prononcés, les réunions publiques auxquelles elle a assisté, et les demandes de libération de prisonniers politiques palestiniens. Elle a été accusée d’"incitation" pour avoir prétendument appelé à l’enlèvement de soldats israéliens d’occupation par la résistance palestinienne afin de faire libérer des prisonniers palestiniens. En dépit de cette affirmation de l’armée d’occupation, celle-ci n’a pas pu produire de témoin pour confirmer que Jarrar ait pu dire ceci – et les témoins qu’elle a présentés ont tous précisé qu’ils avaient été menacés et torturés pour les amener à témoigner contre Jarrar.

En dépit de la nature éminemment politique des accusations contre Jarrar, une dirigeante parlementaire et politique reconnue internationalement, et du plaidoyer résolu de ses avocats d’Addameer, elle a été déclarée coupable par les tribunaux militaires israéliens – comme il est tout à fait classique – et condamnée à passer quinze mois dans les prisons de l’occupation israélienne.

“La déclaration de la culpabilité de Khalida Jarrar ne constitue pas une surprise ; les tribunaux militaires israéliens n’ont pour seule fonction que de constituer un instrument de répression dirigée contre les Palestiniens. Khalida Jarrar est une dirigeante politique palestinienne et une combattante pour la justice internationalement renommée. Elle a consacré sa vie à travailler pour la libération de son peuple et de son pays, et en particulier pour la libération des prisonniers politiques palestiniens,” a déclaré Charlotte Kates, coordinatrice de Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens.

“Il est urgent que nous construisions internationalement le mouvement pour exiger la libération de Jarrar et de près de ses 7.000 soeurs et frères détenus en tant que prisonniers politiques palestiniens dans les geôles israéliennes. Khalida Jarrar est une lutteuse de longue date pour la liberté et la justice sociale, aux niveaux palestinien, arabe et international. Nous devons faire tout notre possible pour avancer vers les buts qui sont les siens – pour voir la Palestine, débarrassée du colonialisme et de l’oppression, dans la justice et la liberté pour tous, y compris en manifestant, en s’organisant et en bâtissant la campagne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions, et l’isolement international d’Israël.”

Traduit de l’anglais par Yves Jardin, membre du GT de l’AFPS sur les prisonnier

Partager cet article
Repost0
2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 22:38
Sur Investig'action

La plupart des gens associent Cuba aux voitures anciennes authentiques, à l'exquise salsa, aux plages de rêve, aux cigares, aux mojitos … Rares sont ceux qui savent que le pays vit depuis 1959 sous un niveau de menace de niveau 4. Comment les Cubains le vivent-ils et que pouvons-nous puiser dans leur expérience de spécialistes ?


 

Au niveau 4 depuis 55 ans

Il y a 57 ans, quand Fidel et les siens l’emportent sur l’armée et chassent le dictateur Batista, les 1 % des Cubains les plus fortunés font eux aussi leurs valises. Il se replient dans leurs résidences secondaires à Miami, à quelque 200 km de l’île. Ils sont persuadés que les rebelles barbus ne tiendront pas plus de quelques mois et qu’ils pourront rapidement récupérer leurs privilèges. Le gouvernement des Etats-Unis lui aussi pense pouvoir bientôt contrôler les « barbudos ». Mais il apparaît bien vite que le nouveau gouvernement rebelle ne se laissera pas mater de sitôt. Fin 1959 le président Eisenhower lance un programme pour saper la révolution cubaine.

C’est le début d’une longue série d’attentats terroristes contre l’île : des crèches, des grands magasins, des hôtels et d’autres bâtiments publics sont la cible d’attaques à la bombe. Le 4 mars 1960 un navire plein d’armes belges saute dans le port de La Havane. Des contre-révolutionnaires armés sèment la terreur dans les campagnes avec le soutien d’une couverture aérienne des Etats-Unis. Ensuite ce sont les actions de sabotage, les explosions par dizaines, les tentatives d’assassinat contre Castro par centaines. Des invasions ont lieu le long de la côte par des commandos armés qui tuent les habitants sans discrimination. Les Etats-Unis n’hésitent pas à utiliser des armes bactériologiques pour anéantir les récoltes et ils répandent certaines maladies comme la dengue, faisant des centaines de morts.

En avril 1961 des bombardiers étatsuniens pilonnent les aéroports cubains pour préparer une invasion militaire par 1.200 mercenaires, dans la Baie des Cochons. L’opération est un ratage total. Les stratèges US parviennent à la conclusion que la révolution ne peut être battue que par l’engagement massif de troupes au sol (1). Les projets sont temporairement mis de côté parce que Washington se prépare entre-temps à la guerre au Vietnam. En 1976 la terreur atteint son point culminant lorsqu’un avion de ligne cubain est abattu. Les 73 passagers au complet y perdent la vie. Les années ’90 connaissent un nouveau pic d’agressions. A ce moment, ripostant à une aggravation du blocus économique, Cuba développe son secteur touristique. Cette fois des hôtels, centres touristiques, autobus, aéroports et autres installations de vacances deviennent la cible d’une série d’attentats à la bombe (2).

L’invasion de l’Irak va de pair avec une authentique hystérie guerrière aux Etats-Unis. La politique à l’égard de Cuba en subit le contre-coup. En effet des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour envahir Cuba après l’Irak (3). En Floride des groupes paramilitaires s’entraînent ouvertement avec des armes lourdes en vue d’une future invasion (voir photo) (4).

Les groupes terroristes opèrent à partir de Miami. Ils sont souvent formés et entraînés par la CIA. Ils avaient été créés autrefois par les 1 % de Cubains partis à Miami, avec la collaboration des services de sécurité américains et le financement des pouvoirs publics. Ils sont encore toujours tolérés aujourd’hui.

Ils ne sont du reste pas seulement utilisés contre Cuba. Le super-terroriste Orlando Bosch qui commet avec Luis Posada Carriles l’attentat précité contre l’avion de ligne sert également dans l’Opération Condor (5). Il s’agit de l’opération CIA qui dans les années ’70 et ’80 du siècle dernier a soutenu toute une série de dictatures en Amérique du Sud dans la répression et les pratiques de torture contre tout ce qui était progressiste. Luis Posada Carriles est actif notamment dans la guerre des Contras au Nicaragua qui fit de dizaines de milliers de victimes innocentes. Bosch, tout comme Posada Carriles, est protégé par les autorités étatsuniennes. Posada Carriles coule toujours des jours heureux à Miami.

 

25 fois Paris

A Cuba le terrorisme n’est donc jamais bien loin. L’ensemble des attentats terroristes a tué 3.478 personnes, soit 25 fois le nombre de victimes des attentats de Paris. 2.099 ont été blessées ou mutilées ou sont restées invalides. (6).

Dans ces circonstances on pourrait s’attendre à une société militarisée avec une forte présence de bleu et de kaki dans les rues. On pourrait aussi s’attendre à ce que les autorités proclament régulièrement l’état d’urgence pour des semaines ou des mois, ou qu’elles mettent régulièrement à l’arrêt les transports publics, interdisent les compétitions sportives, ferment temporairement les écoles, suspendent en permanence les libertés, etc.

Mais ce n’est absolument pas le cas. Pas de tanks ni de véhicules militaires dans les rues, pas de tireurs d’élite ni de paramilitaires près des bâtiments publics, pas même lors de manifestations de masse comme le cortège annuel du 1er mai ou les visites papales. En de telles occasions des centaines de milliers de personnes se réunissent en un même lieu.

Ce n’est pas que Cuba prenne la menace terroriste à la légère ou lâche la bride aux terroristes potentiels, bien au contraire. Depuis ’59 la lutte anti-terroriste est la priorité absolue du gouvernement cubain. Les meilleures forces de tout le pays sont engagées dans la lutte contre le terrorisme. Mais l’approche est totalement différente de la « war on terror » comme nous l’avons sous Bush ou comme elle est est actuellement menée en France et en Belgique.

 

L’approche cubaine

Les révolutionnaires cubains ont parfaitement compris dès leur lutte de libération que les Etats-Unis ne toléreraient jamais un gouvernement progressiste, encore moins une révolution socialiste, dans leur arrière-cour. Ils savaient qu’après leur prise de pouvoir ils seraient aux prises pendant longtemps avec des agressions et une subversion venues de Washington. Fidel a dit à ce propos, quelque six mois avant la victoire, à l’occasion d’un bombardement sur un village de montagne : « Quand cette guerre prendra fin, une autre viendra pour moi, qui sera bien plus longue et plus grande, à savoir le combat contre eux [les Américains] » (7).

La lutte contre le terrorisme et la subversion est menée de deux manières à Cuba : en s’appuyant sur la population et en infiltrant les réseaux terroristes.

 

L’appui sur la population

En 1960, appuyés par la CIA, des contre-révolutionnaires opéraient dans les montagnes au centre de l’île. Pour les éradiquer le gouvernement n’envoya pas l’armée. En lieu et place, cent mille volontaires furent mobilisés, avec succès.

La même année Cuba connut des attentats à la bombe à La Havane et dans d’autres villes. A nouveau la population fut mobilisée pour écarter le terrorisme. Dans chaque quartier, un CDR (8) fut créé, un comité qui veillait à la sécurité du quartier. Ainsi naquit un grand système collectif de vigilance. Au fil des ans ces comités de quartier s’occupèrent également de problèmes sociaux ou économiques des habitants du quartier, santé publique (éradication de moustiques dangereux, collectes de sang …), organisation des élections, recyclage …

Cuba s’appuie également sur sa population pour défendre le pays d’une éventuelle invasion militaire. Aujourd’hui, aux côtés de l’armée régulière, le système défensif peut compter sur deux millions de Cubains qui sont sur le pied de guerre dans les 48 heures. Ces volontaires reçoivent un entraînement annuel et savent où aller s’armer le cas échéant.

 

L’infiltration

Une collaboration avec Washington n’était guère envisageable jusqu’à présent. Aussi ne restait-il qu’une seule option aux Cubains : l’infiltration. C’est précisément ce que les « Cuban Five », les Cinq de Cuba, ont accompli pendant les années ’90. Ils ont infiltré les groupes terroristes les plus violents en Floride afin de collecter le maximum d’informations et de pouvoir déjouer des attentats. Ils ont ainsi pu empêcher une bonne centaine d’attentats (9).

Ce genre d’infiltrations est tout sauf évident. Les terroristes ne sont pas des mauviettes et n’hésitent pas à assassiner renégats ou infiltrés. S’ils sont démasqués, les infiltrés risquent également de lourdes peines de prison aux Etats-Unis. C’est ainsi qu’en 2001 les Cinq agents anti-terroristes cubains furent condamnés collectivement à quatre fois la perpétuité plus 77 ans. L’ironie veut que cela se passait juste quelques mois après les attentats contre le World Trade Center à New York.

Lorsqu’en juillet 2004, lors d’une visite en prison, nous demandons à Gerardo Hernández, chef des Cinq, pourquoi il a accepté une mission aussi risquée, il sourit : « Je ne suis pas du tout une exception, vous savez » répond-il. « Si vous vous adressez à 10 Cubains pour faire ce genre de boulot dans l’intérêt de notre peuple, je suis sûr que 7 d’entre eux diront oui sans hésiter. Nous savons tous ce que c’est que perdre des amis ou des parents dans un attentat ».

Depuis le 17 décembre 2014 les USA ont entamé des démarches en vue d’une reprise des relations avec Cuba. Les Cinq sont libérés dans ce contexte, après 16 années de campagnes internationales (10). Mais jusqu’à présent la politique de déstabilisation et le blocus économique des Etats-Unis demeurent intacts.

 

Un autre regard

Dans les médias de masse l’image de Cuba est toujours négative. Le Cuba bashing est de bon ton. Certains faits sont amplifiés, d’autres sont systématiquement occultés ou criminalisés. S’il se produit à Cuba quelques arrestations administratives, cela devient vite une info internationale, alors que dans notre propre pays il y a des dizaines d’arrestations de ce genre chaque année. Inversement les informations traitent généralement le blocus économique – le plus long de l’Histoire – comme un détail, en supposant qu’elles le mentionnent. Pour vous donner une idée, en 55 ans le coût de ce blocus a atteint 11 fois le PNB (11). Pour la Belgique un tel calcul équivaudrait à 400 milliards d’euros et pour la France à 23.000 milliards d’euros. Difficile d’appeler ça un détail.

Le pire est qu’on ne parle jamais de la menace terroriste permanente. Cuba est considéré comme un pays normal, alors qu’il vit depuis 55 ans sous une menace terroriste permanente. Depuis les événements du vendredi 13 novembre nous savons maintenant pour la première fois ce que cela signifie. Une situation de ce genre bouleverse un pays. Pour la première fois nous sommes peut-être en état de nous représenter ce que qu’implique de vivre sous de telles conditions. Ce qui nous permettra peut-être de faire preuve d’une meilleure compréhension à l’égard de Cuba.

Cela nous incitera peut-être aussi à exiger de Washington qu’il en finisse une fois pour toutes avec les groupes terroristes sur son propre sol, plus précisément à Miami. Il n’est jamais mauvais de commencer à balayer devant sa porte.

Katrien Demuynck et Marc Vandepitte ont écrit plusieurs ouvrages sur Cuba.

Notes : (1) Les plans émanaient notamment de McNamara, Ministre des Affaires étrangères de l’époque. T. Diez Acosta : October 1962, The ‘Missile’ crisis as seen from Cuba. New York 2002, p. 86.

(2) Demuynck K. (ed.) : The incredible case of the Cuban Five. Evidence from the International Commission of Inquiry into the Case of the Cuban Five, Londres 2014, p. 39-51.

(3) Hans Hertell, ambassadeur US en République Dominicaine et proche de Bush a déclaré juste après la chute de Bagdad : “Les événements en Irak sont un signal positif et sont un bon exemple pour Cuba où la semaine dernière le régime de Fidel Castro a ordonné l’arrestation de plus de 80 citoyens pour leurs seules idées”. Jeb Bush, actuel candidat républicain à la présidence et frère de, déclarait à peu près au même moment : “Après notre succès en Irak, nous devons regarder vers notre voisin. Nous devons expliquer à nos frères d’Amérique latine et d’ailleurs qu’un régime qui ne respecte pas les droits de l’homme ne peut pas être maintenu”. Cf resp. El Expresso, 13 avril 2003 et www.americas.org/news/nir/20....

(4) Sun Sentinel 6 avril 2003.

(5) Stella Calloni. Operación Condór. Pacto Criminal, La Havane, 2005.

(6) cf http://www.theguardian.com/us-news/...

(7) Dans une lettre à Celia Sánchez in Suárez Pérez E. & Caner Román A. (éd.) : De cinco palmas a La Habana, La Havane 1998, p. 143.

(8) CDR : Comité de Defensa de la Revolución.

(9) Sur les Cinq de Cuba voir : http://www.cubanismo.net/cms/fr/art...

(10) cf http://cubanismo.net/cms/fr/campagn...

(11) cf http://www.elnuevodia.com/noticias/... Le PNB est ce qu’un pays produit de richesses en un an (biens et services).

Source originale : De Wereld Morgen

Traduction du néerlandais : Anne Meert pour Investig’Action.

Source : Investig’Action

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 15:57

Solidarité Internationale PCF

Portugal: Un ancien prêtre candidat communiste aux présidentielles

Député de l’assemblée législative de Madère, le communiste Edgar Silva défend un programme anti-austérité pour les présidentielles. ©Carlos Serra

Député de l’assemblée législative de Madère, le communiste Edgar Silva défend un programme anti-austérité pour les présidentielles. ©Carlos Serra

 

L’actuel président portugais de droite, Annibal Cavaco Silva, a fini par désigner le socialiste Antonio Costa premier ministre, le 23 novembre 2015. Il se sera efforcé jusqu’au bout de faire obstacle, malgré la Constitution, à la suite des élections législatives du 4 octobre. Costa s’appuie au Parlement sur une majorité de gauche. Les députés de 4 partis, dont le PCP, se sont accordés pour faire tomber le gouvernement de droite minoritaire.

Mais il n’y a pas d’accord de gouvernement, de participation du PCP par exemple. Les élections présidentielles du 24 janvier 2016 revêtent une importance politique accrue dans ces circonstances. Il s’agit d’en finir avec le rôle de nuisance exercé par le président actuel. Il s’agit, à gauche, de revoir les rapports de force. Le poids du PCP, relais des luttes les plus conséquentes contre la politique antisociale poursuivie depuis des années, sera déterminant, face à un PS, ultra-réformiste et pro-européen - mais contraint par la situation nationale à se gauchir - à côté d’un « Bloc de gauche » politicien, aux positions changeantes et opportunistes.

Aux présidentielles, le PCP soutient la candidature d’Edgar Silva. Celui-ci vient d’effectuer une tournée en Europe. Il était à Paris le 15 novembre puis à Genève. Le journal progressiste suisse « Gauche Hebdo » a pu l’interviewer. Nous reproduisons l’article de nos amis suisses et les remercions. Solidarité Internationale PCF.

 

 

Un ancien prêtre candidat communiste aux présidentielles

Portugal• Edgar Silva, candidat du Parti communiste portugais aux présidentielles de 2016, était de passage à Genève. Le théologien entend promouvoir les valeurs de liberté et de progrès de la révolution des œillets de 1974. GAUCHE HEBDO, 21 novembre 2015, par Joel Depommier dans la rubrique International

 

Le 10 novembre dernier, la gauche, majoritaire au parlement portugais suite aux élections du 4 octobre, et forte d’un accord entre le Parti socialiste, le Parti communiste portugais (PCP), le parti écologiste et le Bloc de gauche, a fait tomber le gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho à travers une motion de censure. Pour l’heure, le président de la république, Anibal Cavaco Silva, opposé à la remise en question de la politique d’austérité de la droite qui sévit depuis 4 ans, continue de faire de la résistance, et l’ancien maire de Lisbonne, le socialiste Antonio Costa, n’a toujours pas été adoubé par l’élu conservateur. Face à ces tergiversations, les élections présidentielles de janvier 2016 prennent donc une importance particulière. Une vingtaine de candidats sont d’ores et déjà en lice. Appuyé par le Parti communiste portugais (PCP), le député de l’assemblée législative de Madère Edgar Silva sera de la partie. Agé de 53 ans, ce licencié en théologie et fondateur du MAC (mouvement d’appui à l’enfance et à une école ouverte) était de passage à Genève pour rencontrer la communauté portugaise, en faisant un petit saut par la rédaction de Gauchebdo. Nous lui avons demandé quelle était aujourd’hui la situation économique du Portugal. «La droite fait beaucoup de propagande, en prétendant que le Portugal est sorti de la crise, en remboursant le prêt de 78 milliards d’euros de la Troïka (UE, FMI, Banque européenne), mais la crise s’est amplifiée. L’endettement s’est accru pour les plus fragiles et les travailleurs ont vu leurs revenus se réduire, alors que les grandes banques et les millionnaires n’ont jamais autant gagné», explique le candidat. «La droite a fermé les services publics, l’école, les tribunaux et attaqué la protection sociale. Le ras-le-bol et le mécontentement des Portugais se sont traduits par une punition pour la droite et l’extrême droite, qui ont perdu 700’000 votes lors des législatives», explique encore cet humaniste, qui fut prêtre pendant quelques années avant de devenir professeur à l’université catholique de Funchal jusqu’en 1992.


«Nous gardons notre droit de critique sur le parti socialiste»


A l’heure actuelle, un gouvernement socialiste est en préparation, sur la base d’un accord entre partis de gauche, qui prévoit la fin du gel des retraites, la fin des coupes dans les salaires des fonctionnaires, des privatisations des transporteurs publics, de la compagnie aérienne TAP et l’augmentation du salaire minimum de 500 à 600 euros. Mais il ne s’agit en aucun cas d’un blanc-seing de la part du PCP aux socialistes.

«La motion de censure contre Pedro Passos Coelho a été le fruit d’un compromis entre quatre partis, mais il ne s’agit pas d’une coalition entre nos forces. Le projet de gouvernement est le fruit d’une initiative des socialistes. Il ne s’agit pas d’un gouvernement patriotique et de gauche comme nous le souhaiterions et nous gardons notre droit de critique. Cependant, pour l’instant nous sommes encore dans l’impasse et Anibal Cavaco Silva doit finalement respecter la constitution et nommer le nouveau gouvernement», précise le membre du PCP. Pour sa campagne, le théologien entend promouvoir les «valeurs d’Avril» de liberté et de progrès social, celles de la révolution des œillets de 1974.

 

Une campagne avec les salariés et travailleurs


Quid des rapports avec l’UE? «Le PCP défend en priorité l’indépendance du pays et sa souveraineté nationale.  Il est aussi primordial de développer une politique de coopération avec les autres peuples aux antipodes de ce qu’est actuellement l’UE», plaide Edgar Silva. Pour l’heure, le marathon électoral d’Edgar Silva, qui estime que «rien n’est décidé pour le scrutin et que c’est le peuple qui fera les élections et non les médias», atteint sa vitesse de croisière.

Depuis le lancement de sa campagne en octobre, le candidat a déjà rencontré des paysans dans les localités de Coimbra et Viseu, présenté les lignes de sa campagne au syndicat de la Confédération générale du travail du Portugal (CGTP-IN), rencontré le corps des pompiers d’Algueirão, la Confédération portugaise des micros, petites et moyennes entreprises (CPMPME) ou le Mouvement démocratique des femmes. On l’a même vu dans le métro de Lisbonne dénoncer les privatisations des transports. Bref, avec le peuple encore et toujours.

Partager cet article
Repost0
28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 11:30

Mis en ligne le 18 novembre

Cent-trente morts au nom d’un fanatisme religieux et d’un état islamique dépourvu de la moindre légitimité.  Comme en Syrie et en Irak, les terroristes ont massacré, à Paris, des civils de tous âges et ont tenté de semer la terreur pour imposer leur loi.
Nous sommes de tout coeur avec les familles des victimes.  Nous pensons aussi à tous ceux, qui en Turquie en Russie ou au Liban ont été frappés par des actes similaires.  Nous sommes solidaires des peuples syriens, kurdes et irakiens qui subissent la terreur semée par ces bourreaux depuis près de cinq ans.  
Les guerres successives conduites par les Etats-Unis dès 1991 avec le soutien des puissances occidentales ont enfanté DAECH.  Depuis, les foyers djihadistes se sont multipliés à travers le monde.  Le Proche-Orient a été déstabilisé.  Le chaos a été installé en Irak et en Lybie.  Pour combattre le régime syrien, les Etats-Unis et leurs relais français, le président Hollande et le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, ont soutenu des mouvements islamistes comme Al Nosra (la branche syrienne d'Al Qaïda) et ainsi favorisé la création de l’État Islamique. Ils se sont alliés avec des pays qui aident l’Etat islamique : le gouvernement islamiste turc d’Erdogan, l’Arabie Saoudite, le Qatar et les émirats du Golfe.  Et ils ont abandonné les Palestiniens à la politique de guerre et de colonisation menée contre eux par l’Etat d’Israël.
Dans le même temps, aucune opposition d’ampleur à la guerre en Lybie ou en Syrie ne s’est développée en France.  Le mouvement pacifiste est devenu quasiment muet.  La “ gauche de la gauche ” qui avait su se mobiliser contre la guerre d’Irak est restée sidérée devant la propagande dominante justifiant, au nom des “ droits de l’homme ”, l’intervention militaire en Lybie, ou l’aide aux “ rebelles modérés ” en Syrie, oubliant que seules les solutions politiques peuvent servir les peuples.   
Aujourd’hui, l’Etat français doit cesser d’intervenir militairement  au nom des « droits de l’homme », en Afrique, en Asie ou au Moyen-Orient.  En réalité pour les multinationales du pétrole et de l’armement.  Ces guerres ont multiplié le nombre et la puissance du fanatisme intégriste.  Les morts du 13 novembre l’ont payé de leur vie.
L’Etat français doit tout faire pour arrêter les terroristes et trouver ceux qui les arment et les dirigent.  Il doit participer à une action internationale concertée, dans le cadre de l’ONU, en accord avec la Syrie et incluant la Russie pour mettre fin à l’E.I
et travailler à une solution politique négociée pour la Syrie.  Il faut aussi cesser de s’allier avec l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie d’Erdogan.  Aucun argument économique ne saurait l'expliquer.
Mais aujourd’hui rien ne justifie une “ Union nationale ” factice qui permettrait de justifier toutes les mesures liberticides dont rêvent la droite et les socialistes « libéraux ».  Rien ne justifie l’état d’urgence.  La tragédie du 13 novembre ne doit pas servir de prétexte à la trahison des valeurs de la République, dont font partie la liberté d'opinion, le droit de grève, le droit de manifester et de revendiquer. Ce qui serait précisément servir les objectifs de l’État Islamique.
Aujourd’hui plus que jamais, nous devons développer les luttes contre l’austérité et pour l’emploi, les luttes pour le développement industriel et le bien-être social.   Nous devons aussi  reconstruire un mouvement pacifiste, nous opposer à toutes les guerres, combattre l’alignement du gouvernement sur la dangereuse politique extérieure étatsunienne et réclamer la sortie de l’OTAN.  Ne pas le faire serait laisser le champ libre à toutes les aventures.  

Action communiste, le 18 novembre 2015

 

 

Partager cet article
Repost0
25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 11:18

Dans son homélie jeudi 19 novembre, le pape François s’en est pris de nouveau aux « trafiquants d’armes ».

19/11/15 - 16 H 38

 

Bénédiction du Pape du drapeau français, à la
 clôture de l’audience générale...

ANDREAS SOLARO/AFP

Bénédiction du Pape du drapeau français, à la clôture de l’audience générale le 18 novembre.
 

Il a souligné l’hypocrisie de préférer « la voie des guerres » tout en se préparant aux fêtes de Noël.

« Nous sommes proches de Noël : il y aura des lumières, des fêtes, des arbres lumineux, aussi des crèches… Mais tout est faussé : le monde continue à faire la guerre. » Dans son homélie lors de la messe qu’il célébrait jeudi 19 novembre au matin, à la résidence vaticane de Sainte-Marthe, le pape François a eu des paroles très dures contre les trafiquants d’armes, déjà cible d’autres de ses interventions passées.

« Qu’est-ce qu’il reste d’une guerre ? », a-t-il interrogé : « Des ruines, des milliers d’enfants sans éducation, tant et tant de morts innocents, et tant d’argent dans les poches des trafiquants d’armes ». « La guerre est justement le choix pour les richesses : ‘Faisons des armes, comme ça l’économie s’équilibre un peu et avançons avec nos intérêts», a-t-il dénoncé, s’exclamant : « Ceux qui font les guerres sont maudits, sont des délinquants ».

 

Possible canonisation de Teresa de Calcutta en septembre

« Pendant que les trafiquants d’armes font leur travail, a poursuivi le pape, il y a de pauvres artisans de paix qui seulement pour aider une personne donnent leur vie. » Comme « une icône de nos temps, Teresa de Calcutta », a-t-il cité en exemple alors que la presse italienne évoque sa possible canonisation en septembre prochain. « Avec le cynisme des puissants, on pourrait dire : ‘Mais qu’a fait cette femme ? Elle a perdu sa vie en aidant les gens à mourir ?»

Jorge Bergoglio a demandé «la grâce des pleurs pour ce monde qui ne reconnait pas la voie de la paix, pour « celui qui vit pour faire la guerre, avec le cynisme de dire de ne pas le faire ». Il a resitué l’année sainte qui commencera le 8 décembre dans cette perspective : « Que le monde retrouve la capacité de pleurer pour ses crimes, pour ce qu’il fait avec les guerres.

  Il reste que la condamnation très ferme faite par le Pape des guerres et des marchands d'armes est à saluer.

Voir cet article d'un chercheur canadien ici.

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 16:42
Nous reproduisons cette très bonne analyse de Rouge Vifs 13, lue sur le site de Rouge Midi.
 

Le 13 novembre au soir ou le lendemain au plus tard, la France s’est retrouvée hébétée, abasourdie et submergée tout à la fois par l’émotion, la stupeur et la révulsion.
Il est de ces moments dans l’histoire où l’on ne peut se précipiter dans la narration avec tout le voyeurisme qu’elle peut comporter, ni dans l’analyse sommaire même si des éléments nous viennent tout de suite à l’esprit. L’immensité de l’évènement impose, du moins en ce qui nous concerne à Rouge Midi, le silence, la réflexion, l’écoute et l’échange. Dimanche 15 au soir, nous nous sommes retrouvés au local de Rouge Vif 13 pour un de ces moments où l’on se dit que l’expression et l’action politiques sont non seulement nécessaires mais vitales pour l’humanité, où notre volonté de nous engager pour un monde de paix, de liberté, de justice et de progrès social prend tout son sens…
De cet échange est né, avec la maturation nécessaire, tout à la fois le texte ci-dessous et le tract joint que nous distribuons auprès d’un maximum de gens pour que l’espoir subsiste et que l’engagement grandisse.

Évidement d’abord la compassion avec les victimes.

Bien sûr en premier nous pensons aux victimes de Paris. Nous avons la même compassion pour celles du monde entier et en particulier au Moyen Orient et en Afrique en commençant par la Palestine, le Kurdistan, la Syrie, l’Irak, le Mali… et le Liban pays où nombre d’observateurs nationaux faisaient remarquer, non sans raison, aux pays occidentaux après le dernier attentat à Beyrouth, que nous avions l’indignation sélective. L’horreur n’est pas pire quand elle s’invite chez nous que lorsqu’elle touche Gaza depuis tant d’années ou la Syrie depuis 5 ans. On pourrait ici aussi reprendre le silence radio autour du massacre d’Odessa en 2014...

…et puis tenter de comprendre et d’analyser

Comprendre ne veut surtout pas dire chercher à excuser l’inexcusable ni attribuer des circonstances atténuantes aux auteurs des atrocités, mais tenter de déterminer les causes, au-delà de la folie meurtrière de quelques-uns, pour empêcher que de tels évènements se reproduisent, pour endiguer ce fléau du fascisme criminel qui a frappé notre sol.
Nous déclinons rapidement dans notre tract les principales raisons que nous voyons : les pays qui financent Daesh tous alliés de la France, la politique d’occupation d’Israël, la politique internationale de la France et ses guerres coloniales, son soutien à la Turquie qui bombarde les kurdes et bien sûr le rôle de l’OTAN. A cela on peut ajouter la ghettoïsation des milieux populaires, le racisme et les discriminations, la montée du chômage et de la pauvreté… Concernant les éléments nationaux Il suffit de regarder les CV des meurtriers, délinquants en mal d’identité pour la plupart d’entre eux, individus de plus en plus en marge d’une société excluante pour s’en convaincre. En ayant en tête tout cela que nous reprenons à notre compte la formule de Saïd Bouamama : « un monde immonde produit des actes immondes ».

….pour mieux peser sur les choix internationaux

Que peut faire un gouvernement face à ça ?
D’abord rompre toutes relations avec les pays financeurs ou complices par leur complaisance de ces meurtriers : la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Israël pays auxquels Daesh ne s’est jamais attaqué…et pour cause.
Faut-il bombarder la Syrie comme l’a décidé le gouvernement ? Non. D’abord parce que cela revient à bombarder des populations civiles otages de Daesh et ensuite c’est peu efficace. De plus dans cette logique où s’arrêter ? Après avoir bombardé la région de Raqqa, il faudrait bombarder Molenbeek et St Denis où d’autres quartiers où on soupçonne la présence de combattant de Daesh ?
Tout le monde le sait, au Moyen Orient l’armée de Daesh, qui n’a ni caserne ni camp retranché mais est au contraire disséminée dans des populations qu’elle prend en otage, ne sera pas vaincue par des bombardements en aveugle.
De plus qui sommes-nous, nous, pour aller bombarder un pays souverain qui ne nous l’a pas demandé (contrairement à la Russie qui peut se prévaloir du droit international et qui elle, contrairement à la France, met en œuvre des moyens aériens capables de s’attaquer aux colonnes mouvantes de Daesh) ? Quelle légitimité avons-nous alors qu’en plus avons refusé jusqu’à maintenant de coopérer avec le gouvernement syrien sous prétexte que son président est un dictateur ?
Que le peuple ait le droit et même le devoir de s’opposer à un gouvernement comme celui de Syrie, ici à Rouge Midi nous l’avons soutenu et ce dès le début en reprenant entre autres cette belle lettre : « Ecoutez le peuple qui a inventé l’alphabet »
Mais que ce soit des pays étrangers qui tentent par la guerre d’imposer leur vision du monde et veuillent faire ou défaire des gouvernements afin de choisir parmi les dirigeants, dictateurs ou pas, ceux qui sont fréquentables ou non en fonction des intérêts des multinationales occidentales qui veulent continuer à piller le reste du monde, quitte à nous précipiter dans leurs guerres impérialistes et que nous pleurions nos morts, cela est intolérable.
C’est cela que nous devons combattre.
Rien ne peut justifier les interventions armées de la France en Libye, en Côte d’Ivoire, en Syrie ou ailleurs et nous nous honorons de nous être toujours élevés ici contre ces choix politiques y compris quand, même des organisations progressistes de France soutenaient les forces réactionnaires libyennes ou peinaient à se mobiliser contre les interventions françaises reprenant l’antienne de notre modèle de démocratie (parlons-en !) exportable à coups de canons…

Si des peuples estiment que la seule solution qu’il leur reste c’est la lutte armée, c’est leur affaire et faisons leur confiance. Cessons de classer le PKK, entre autres, parmi les organisations terroristes et apportons l’aide que demandent les combattants kurdes, eux qui ont obtenu, comme les russes, les plus spectaculaires résultats contre Daesh.

…et nationaux

Ce qui est posé aussi à un gouvernement responsable c’est de combattre la fascination qu’exerce Daesh sur une infime minorité de notre jeunesse. Pour cela il ne s’agit ni de montrer du doigt ni de stigmatiser une partie des habitants de France en fonction de ses origines familiales ou de sa religion mais au contraire de lutter contre toutes les discriminations dont notre pays regorge et qui ne s’affaiblissent pas avec les années.
Et qu’on ne vienne pas nous dire ici qu’il faut que les musulmans (ou les arabes c’est selon), eux qui sont les premières victimes de ces politiques guerrières, condamnent de manière spécifique les crimes commis au nom d’Allah. Comme s’ils ne le faisaient pas déjà avec l’ensemble des citoyens du monde !
A-t-on demandé aux chrétiens de Norvège et du monde de s’excuser voire de s’exprimer de façon spécifique quand un fou a assassiné plus d’une centaine de gens au nom de sa « foi catholique » ?
Combattre la plongée dans la violence fanatique de quelques citoyens impose de combattre la violence sociale qui s’exerce de plus en plus fortement sur le monde du travail. Une société de plein emploi, de justice sociale, où les politiques menées feraient que la devise nationale liberté, égalité, fraternité aurait encore un sens aurait-elle connu le 13 novembre ? Il est permis de se poser la question.
Combattre la tentation fanatique qui toucherait 4000 individus (ce chiffre étant bien sûr à prendre avec des pincettes) impose de combattre le chômage, d’interdire les licenciements programmés en commençant par les entreprises où l’état a des parts dans la direction.
En un mot, cela impose de combattre le capitalisme qui, selon la célèbre phrase de Jaurès, « porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».

…et combattre le piège des irresponsables de tous bords

Le monde n’a pas besoin d’une escalade guerrière de plus ni de nouvelles atteintes aux libertés, mais de paix et de rapports respectueux des nations et des peuples qui les composent.
Au lieu de cela, « un groupe de pays qui se croient supérieurs à nous les pays du sud, aux pays du tiers monde » comme l’avait superbement dénoncé Chavez lors d’un fameux discours au sommet climatique de Copenhague en 2009 :,

tente d’imposer ses choix y compris par la guerre et les dictatures.
- C’est avec cette conception que le gouvernement Hollande lance son appel à l’unité nationale. Unité pour que puisse se poursuivre au plan national la même politique au service des puissants qui fait des ravages et à laquelle répond la montée des frustrations et des replis identitaires.

- C’est cette conception qui tente d’imposer l’idée que nous n’avons pas le choix : soit c’est le fascisme du FN, sa politique isolationiste parce que nationaliste et raciste, soit un consensus autour d’une politique nationale d’austérité et donc d’aggravation de la crise.

- C’est cette conception qui amène à réformer la constitution et prolonger l’état d’urgence, prolongation contre laquelle auraient dû voter au minimum ceux qui se disent attachés aux libertés. Il est d’ailleurs réconfortant de voir qu’entre autres le syndicat de la magistrature et la CGT ne sont pas tombés dans ce piège [1].

L’état d’urgence ne protègera pas plus la population que les mesures prises sur le renseignement n’ont empêché le massacre du 13 novembre. Par contre il amplifie les risques de dérapage, les atteintes aux libertés et la dérive totalitaire d’un régime qui ressemble de plus en plus au précédent sur ces questions-là…et donc valide les thèses de la droite et son extrême.
Et voilà que la surenchère fleurit avec des propos comme celui de Wauquiez demandant l’internement sans autre forme de procès, de 4000 suspects ou celui d’Estrosi parlant de la 5ème colonne islamiste.

L’appel à l’union nationale d’aujourd’hui est le même que l’appel à l’union sacrée de 1914 par Clémenceau, celui dont Valls se réclame. C’est le même appel que ceux lancés par les socialistes à chaque fois qu’ils ont voulu nous entraîner dans une guerre, ce « massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas ». [2]
Comme nous l’avons écrit, avant le 13 novembre, ils osaient déjà des atteintes aux libertés et le passage en force de la régression sociale. Ils veulent continuer et amplifier.
Que ce gouvernement de guerriers réactionnaires ne compte pas sur nous pour accepter demain ce que nous avons toujours refusé.

Plus que jamais nous continuons notre combat qui passe aujourd’hui par Air France, la SNCM, par les luttes du monde du travail, par la solidarité avec le peuple palestinien et les victimes des guerres réfugiées du Moyen Orient ou attaquées ici et bien sûr aussi, plus que jamais, par notre refus des guerres.

Rouges Vifs 13, le lundi 23 novembre

[1] voir les déclarations en documents joints

[2] Paul Valéry

Partager cet article
Repost0
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 14:54
20 novembre 2015
Réaction des JC Paris 15 – attentats du 13 novembre – Après le choc, plus que jamais, combattons l’impérialisme et ses monstres.

Après le choc, plus que jamais, combattons l’impérialisme et ses monstres. Refusons l’union sacrée de ceux qui hier soutenaient le terrorisme !

 

Paris, le 14 novembre 2015

Les jeunes communistes de Paris 15ème, réunis cet après-midi avec des camarades de province et des syndicats des services publics, ont discuté les événements graves de la nuit dernière.

Les attentats terroristes revendiqués par le groupe fasciste-islamiste Daesh ont d’après les bilans provisoires, coûté la vie à plus de 120 personnes et causé plus de 200 blessés. L’émotion et le choc sont nos premières réactions. Plusieurs d’entre-nous étaient hier soir dans des lieux festifs, non loin des événements. D’autres travaillaient, conducteurs de bus ou infirmières, et ont vécu de près les perturbations survenus dans toute la région parisienne. Certains d’entre-nous, enfin, connaissent de près ou de loin, des victimes de ces terribles actes de violences.

Dans la gravité, et pesant chacun de nos mots dans ces moments où la peur est grande et la tension vive, nous avons accueilli avec révolte les premières déclarations du gouvernement et du président Hollande. Depuis 2012, les gouvernements impérialistes va-t-en guerre de la France et des États-Unis soutiennent des opérations de déstabilisation de la Syrie. Guidés par des intérêts économiques, ils mettent à feu et à sang le Moyen-Orient et l’Afrique, ils n’ont pas hésité à soutenir les mouvements les plus obscurantistes et réactionnaires. Les alliés de M. Hollande, les dictatures théocratique d’Arabie Saoudite et du Qatar ont apporté directement leur soutien aux groupes islamistes en Syrie : livraisons d’armes, de pick-ups, apports financiers. Hier, le monstre Daesh, créé par l’impérialisme, s’est retourné contre des populations civiles, à des milliers de kilomètres de la Syrie. Hier à Paris, des innocents de tous âges, travailleurs de toutes professions, ont payé de leur vie les actes de folie alimentés par les guerres impérialistes.

Dés hier soir, le président Hollande a annoncé un lot de mesures d’exception : état d’urgence, fermeture des frontières, interdiction des manifestations et rassemblements, droit de perquisition sans contrôle de la justice etc. Ces mesures, jamais vues depuis la guerre d’Algérie, nous inquiètent au premier plan pour le recul des libertés démocratiques et sociales qu’elles amènent.

Des manifestations syndicales majeures étaient prévues la semaine prochaine : contre la casse des congés à l’APHP (hôpitaux), contre la dégradation des conditions de travail à la RATP, contre la liquidation des restes de l’entreprise publique à Air-France, contre les fusions et suppressions de personnel aux finances publiques. Ces manifestations risquent aujourd’hui d’être annulées. Cédant aux sirènes de l’union nationale, manipulant la peur et l’émotion, des directions syndicales et politiques de collaboration appellent d’ores et déjà les travailleurs à courber le dos sans résistance, sous le coup des dernières attaques du patronat contre nos droits sociaux, à annuler toutes les grèves et luttes syndicales.

Militants politiques et syndicaux, nous refusons de céder à ce chantage : la supercherie de « l’esprit du 11 janvier » a vécu. Le capital, pendant ce temps-là, n’interrompt pas sa politique anti-sociale destructrice. Il n’interrompt pas ses guerres impérialistes. Travailleurs, en France ou en Syrie, nous payons le prix de nos vies des guerres qui ne sont pas les nôtres. Depuis quelques heures, des militants relayent sur les réseaux sociaux les mots « Vos guerres, nos morts ». Imprécis et spontanés, ils résument la colère, la frustration ressentie par chacun d’entre-nous, victimes des conséquences d’une politique dénoncée sans relâche au quotidien, dans les lycées, à l’Université, dans les entreprises.

Jeunes communistes de Paris 15ème, plus que jamais, nous dénoncerons l’impérialisme et son miroir, le terrorisme complice et aveugle. Plus que jamais, nous nous élèverons contre la poursuite et l’aggravation des guerres impérialistes menées par nos gouvernements, pour la paix et la solidarité internationale. Dans tous les espaces d’expression qui existent, malgré les tentatives de museler le débat et la contestation, nous n’aurons qu’un seul cap : porter et défendre les revendications des travailleurs, en France, en Afrique, au Moyen-Orient, et dans le monde entier.

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

 

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 13:47

Le groupe terroriste Etat islamique ne dispose pas de fabrique d'armes. Quant à son pétrole, il doit bien le vendre à quelqu'un. Qu'attendons-nous pour couper l'oxygène à l'EI ? En fermant le robinet d'arrivée d'argent et d'armes, et en mettant fin aux liens avec l'Arabie saoudite. Tant que nous ne ferons pas cela, cette situation schizophrénique se poursuivra. Opinion de Peter Mertens, président du PTB, sur le vif.be.

Oui, vendredi soir, je regardais le football. Je regardais des talents comme Kevin De Bruyne et Radja Nainggolan, issu du quartier anversois du Luchtbal. Je regardais le magicien du ballon Yannick Ferreira-Carrasco et son assist à Michy Batshuayi. C'était la planète Diables rouges, diverse et colorée, à l'image de notre pays. Et puis, avec l'incroyable nouvelle de Paris, ce fut un retour brutal sur la planète Terre. D'abord, on n'arrive pas à y croire. Ensuite, peu à peu, l'épouvantable réalité s'impose.

Ne laissons pas la haine et le terrorisme nous diviser

Stéphane Albertini, Jorge Alonso de Celada, Élodie Breuil, Ciprian Calciu, Manuel Colaco Dias, Patricia San Martin Nunez, Asta Diakite, Elif Dogan, Fabrice Dubois, Mathias Dymarski, Djamila Houd, Milko Jozic, Kheireddine Sahbi, Halima Saadi, Estelle Rouat et 114 autres jeunes et moins jeunes ont eu la vie arrachée par des fous déchaînés. Ces victimes sont Paris. Comme l'indiquent leurs noms, ils sont originaires d'Algérie, de Belgique, du Brésil, du Chili, de France, de Grande-Bretagne, du Maroc, du Mexique, du Portugal, de Roumanie, d'Espagne, de Tunisie, de Suède, de Suisse... Tous victimes de la même folie.

C'est au Stade de France, durant le match amical France-Allemagne, qu'ont retenti les premières explosions. Au début, on a cru à des pétards. Puis, ce fut le doute. Sur le terrain, dans l'équipe française, il y avait Lassana Diarra, coéquipier de Michy Batshuayi à l'Olympique Marseille. Pendant qu'il jouait au sein des "Bleus", sa cousine, Asta Diakite, a été assassinée par des lâches. "Asta Diakite a été pour moi un repère, un soutien, une grande soeur. Dans ce climat de terreur, il est important (...) de rester unis face à une horreur qui n'a ni couleur ni religion" a twitté le lendemain le footballeur international. Oui, les victimes de Paris représentent toute l'humanité, dans sa diversité. Ne laissons pas la haine et le terrorisme nous diviser. Car c'est précisément ce que veulent obtenir les organisations terroristes.

La récupération des attentats par l'extrême droite ne profite qu'à l'Etat islamique

La veille de l'horreur à Paris, les fanatiques de l'Etat islamique (EI) commettaient un attentat tout près de l'hôpital de Bourj al-Barajneh à Beyrouth, la capitale du Liban, faisant 37 morts et 200 blessés. A Beyrouth et à Paris, en à peine deux jours, il y a eu 168 morts et 550 blessés. Non, l'EI n'est pas seulement en guerre contre "l'Occident". Les fanatiques déments de l'EI sont convaincus que le combat final pour leur Etat sacré est proche. Ils sont en guerre contre chaque personne qui ne se plie pas à leur absurde doctrine. Les premières victimes de leur barbarie ont été des citoyens irakiens. Des chiites, alévis, Kurdes et yézidis ont été massacrés sur l'autel des salafistes djihadistes, après la déstabilisation de toute la région par la guerre illégale menée par les Etats-Unis en Irak. Et après que les troupes américaines du général Petraeus ont attisé pendant des années une sale guerre entre escadrons de la mort sectaires afin de diviser et d'affaiblir la résistance irakienne.

Des dizaines de milliers de personnes fuient la violence de l'EI. Ils fuient une région qui a été entièrement déstabilisée par les interventions étrangères et par une violence sectaire extrême. A quel degré de cynisme en est arrivée l'extrême droite pour rejeter la responsabilité de la violence commise ici par l'EI sur des gens qui ont fui la même violence de l'EI dans leur pays ? Celui qui rejette aujourd'hui la responsabilité du terrorisme sur "les réfugiés", celui qui attise encore davantage le feu de la haine et de la division joue précisément le jeu voulu par les barbares. La récupération des attentats par l'extrême droite profite en effet uniquement à l'EI : plus de division, plus d'exclusion, plus de radicalisation, moins de vivre-ensemble.

Mettre l'EI financièrement à sec

Le succès de l'organisation terroriste EI tient en grande partie à sa force financière. L'EI contrôle un territoire qui peut produire chaque jour 350.000 tonnes de pétrole brut. On estime que sa capacité de production est de 20.000 à maximum 50.000 barils. Mais ce pétrole doit bien évidemment être vendu. Et l'EI ne le vend pas à la planète Mars. Déjà en 2014, Jana Hybá¨ková, l'ambassadrice de l'Union européenne en Irak, signalait que certains pays européens achetaient de manière indirecte du pétrole provenant des champs pétroliers occupés par l'EI. Ce pétrole arrivait en Europe clandestinement en passant entre autres par la frontière turque. Et l'argent du pétrole constitue l'artère vitale de l'EI pour se fournir en armes, financer des camps d'entraînement, acheter la "loyauté" et - ce n'est pas sans importance - payer de hauts salaires. Car, religion ou pas, l'argent reste bel et bien l'argent. Durant l'été 2014, une partie des combattants d'Al-Nosra est ainsi passée à l'EI en raison des "hauts salaires". La vente de pétrole rapporterait à l'Etat islamique 360.000 dollars à 2 millions de dollars par jour.

Via des pays du Golfe persique comme l'Arabie saoudite, le Qatar, Les Emirats Arabes Unis et le Koweït, tous des alliés proches de nos gouvernements, il y a toujours beaucoup d'argent qui va aux groupes terroristes. Depuis le Qatar - pays qui a en plus été gratifié de l'organisation de la Coupe du monde de football -, les milliardaires du pétrole versent des sommes énormes aux salafistes djihadistes. En juin dernier, le Wall Street Journal écrivait : "Il est difficile pour les fonctionnaires occidentaux de faire en sorte que le Koweït et d'autres alliés du Golfe arrêtent leurs dons privés aux groupes djihadistes. Ces dons ont souvent offert un capital de départ à des groupes comme l'Etat islamique, encore avant que ceux-ci soient devenus suffisamment grands pour pouvoir contrôler des morceaux de territoire." Il y a quelques mois, l'envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, déclarait : "Si on coupe l'oxygène, c'est-à-dire l'approvisionnement en argent et en armes, les parties belligérantes devront bien s'asseoir autour d'une table." Que ceci ne se soit pas encore produit défie toute imagination. En son temps, c'est sans problème que l'Iran avait été exclu du réseau de traitement d'opérations bancaires internationales SWIFT, basé dans notre pays. Les banques contrôlées par l'EI ont cependant continué à fonctionner pendant des mois sans aucun problème; et, même aujourd'hui, les flux d'argent formels et informels ne sont toujours pas entièrement stoppés.

Couper les liens avec l'Arabie saoudite

En mai dernier, avec toute la direction de l'entreprise portuaire d'Anvers, le bourgmestre Bart De Wever ne se tenait plus de joie et saluait en termes presque lyriques l'arrivée des Saoudiens dans le port de la métropole. Les Saoudiens déclarent en effet vouloir construire une usine de déchets de 3,7 milliards d'euros sur le dock Delwaide. Ils enverront quotidiennement à Anvers quatre bateaux chargés de déchets industriels d'Arabie saoudite afin de les transformer en ammoniaque et en urée. C'est un sale boulot, mais quelqu'un doit bien le faire, n'est-ce pas ? Que précisément l'Arabie saoudite soit depuis des années le plus grand financeur du djihadisme salafiste, le bourgmestre et la direction du port s'en contrefichent. Par ailleurs, le roi Philippe s'est encore rendu en janvier dernier en Arabie saoudite pour rendre hommage au défunt souverain Abdullah et serrer la main au nouveau roi Salman. François Hollande y était également, tout comme David Cameron.

"L'Arabie saoudite a continué à soutenir, à payer, à propager les prêcheurs de haine les plus extrémistes. Qu'y a-t-on fait ? Et qu'y fait-on aujourd'hui ? Rien. Les Etats-Unis et presque tous les gouvernements européens ont continué à soutenir l'Arabie saoudite envers et contre tout. Le pétrole, vous savez bien... Pour le pétrole, tous les principes tombent", avais-je écrit en janvier dans un article d'opinion sur knack.be. C'est bien connu, l'argent n'a pas d'odeur. Officiellement, l'Arabie saoudite lutte contre l'EI et ce pays soutient le programme antiterroriste des Nation unies. Mais ce n'est rien de plus qu'une façade. Tous les rapports continuent à montrer que les salafistes les plus radicaux continuent à recevoir du soutien idéologique et matériel du royaume saoudien. D'après un mémo d'Hillary Clinton publié par Wikileaks, les donateurs saoudiens constituent "la source la plus importante de soutien financier pour les groupes terroristes sunnites dans le monde" (sic). Il est plus que jamais important que les Etats-Unis et les pays européens, le nôtre compris, cessent cette politique de deux poids deux mesures et coupent leurs liens financiers et militaires avec l'Arabie saoudite. Maintenant.

Arrêter les livraisons d'armes

Dernièrement, la Suède a décidé de ne plus livrer d'armes à l'Arabie saoudite. Dans notre pays, la situation est totalement différente. Pendant la période de 1998 à 2012, la Belgique a livré des armes au royaume saoudien pour plus de 2 milliards d'euros. C'est ce qui ressort de la liste des licences d'exportation européennes. L'Arabie saoudite achète en moyenne un sixième de tout l'armement belge et est ainsi, après les Etats-Unis, le plus gros client de la Belgique. Il s'agit des armes produites par la FN en Wallonie, mais aussi des composants de haute technologie pour de plus grands systèmes d'armement produits en Flandre. En février dernier, des entreprises belges ont encore participé à un salon de l'armement à Abu Dhabi, la capitale des Émirats Arabes Unis, pour y recommander leurs marchandises aux acteurs de la région. Ces armes trouvent souvent le chemin de l'EI et d'autres organisations terroristes.

Le groupe terroriste EI ne possède aucune fabrique d'armes, et il doit donc bien aller chercher ses armes quelque part. Les djihadistes salafistes ont pu s'approprier énormément d'armes américaines en Irak. Mais ce n'est pas tout. Déjà en 2012, le New York Times faisait remarquer que les armes fournies par l'Occident aux rebelles syriens se retrouvaient surtout dans les mains de terroristes. Depuis, la situation s'est aggravée. En septembre dernier, les "rebelles modérés" formés par les Américains remettaient tout simplement leurs armes à la branche syrienne d'Al-Qaïda. Le 9 octobre dernier, la vice-ministre américaine de La Défense, Christine Wormuth, déclarait que les Etats-Unis ne vérifiaient même plus si les groupements qu'ils équipent en armements comptent des terroristes dans leurs rangs. Ils ne contrôlent que l'arrière-plan des dirigeants de ces groupes... Cela suffit ! Il n'y a aucune raison de ne pas décréter immédiatement une interdiction d'exporter des armes vers la région.

Réunissons enfin toutes les forces anti-EI

La soi-disant "lutte contre le terrorisme" proclamée par Bush remonte déjà à 14 ans, mais quelle personne sensée oserait parler de succès ? Les droits civiques ont été bafoués, l'armée est dans les rues (aucun attentat à Paris n'a d'ailleurs pu être empêché), nous avons été abreuvés de généralisations sur les musulmans, l'extrême droite a de nouveau le vent en poupe partout en Europe, nous avons assisté à une intervention après l'autre et des dizaines de milliers de gens sont en errance à cause de la guerre et de la violence. Et le résultat de tout cela n'a pas rendu le monde plus sûr. Pourquoi alors s'obstiner à maintenir une politique étrangère qui ne fonctionne pas ?

"La seule solution durable pour cette crise en Syrie passe par un processus politique inclusif dirigé par et avec les Syriens" : tel était le constat du Conseil de sécurité de l'ONU du 17 août. Cette prise de conscience devrait aussi devenir le fil rouge de notre politique étrangère. Il n'existe évidemment pas de formule magique pour anéantir l'EI. Après plus de quatre ans de guerre en Syrie, toutes les parties combattantes ont énormément de sang sur les mains. Mais, pour vaincre les djihadistes salafistes de l'EI, il est nécessaire de dialoguer avec tous les acteurs locaux. Il est absurde de ne pas avoir invité de Syriens aux discussions sur la Syrie à Vienne. Les Nations unies travaillent depuis des mois à une conférence pour la paix incluant les acteurs régionaux. Notre pays peut soutenir activement ce processus.

Pas de solutions faciles

Je suis tout à fait conscient que la lutte contre le terrorisme doit être menée à différents niveaux, que c'est un processus complexe. Je l'écrivais déjà en janvier dans knack.be : "Il n'existe malheureusement pas "solutions faciles " dans la lutte contre le terrorisme, et celui qui prétend cela nous jette de la poudre aux yeux. Il faudra travailler sur plusieurs plans, mais il est clair que la politique étrangère devra faire partie de la stratégie contre la terreur." Il y a donc beaucoup de travail à effectuer.

"En Europe, nous parlons de fermer les frontières, de limiter l'asile, de renvoyer des gens. Mais nous rendons-nous compte que nous parlons seulement des symptômes du vrai problème ? Le vrai problème, c'est que nous avons fait trop peu de choses pour éviter le chaos dans le monde arabe, et que nous l'avons en partie attisé", écrivait la journaliste Caroline de Gruyter samedi sur le site néerlandais NRC. Nous pouvons cesser d'attiser ce feu en modifiant notre politique étrangère. D'une part, en adoptant une approche globale pour contrer la division et le racisme et en oeuvrant pour une conférence de paix avec les acteurs régionaux. D'autre part, en asphyxiant l'EI par la fermeture du robinet d'arrivée d'argent et d'armes, et en mettant fin aux liens avec l'Arabie saoudite. Qu'attendons-nous encore ?

Partager cet article
Repost0
19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 11:46
Grève générale à Sfax
Publié le 19/11/2015

Mosaïque FM, 19 novembre 2015 :

Une grève générale du secteur privé est prévue pour aujourd’hui, 19 novembre 2015 à Sfax suite à un appel de l’UGTT.

Notons que la séance de négociations entre l’UGTT et l’UTICA au siège du ministère des Affaires sociales a échoué hier. Les deux parties n’ont pas trouvé un accord autour du dossier des majorations salariales du secteur privé.

 

164 entreprises à Sfax sont concernées par cette grève. Les employés comptent participer à une marche ouvrière dans les rues de la ville avant d’organiser un meeting devant le siège de l’Union régionale du travail.

Le correspondant de Mosaïque FM a assuré que la zone industrielle poudrière 2 à Sfax connait une participation en masse des ouvriers à cette grève depuis minuit.

 
 
Partager cet article
Repost0
17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 23:06

Métro, 17 novembre 2015 :

Quelques milliers de syndiqués du front commun manifestent présentement au centre-ville de Montréal, à l’occasion de la deuxième journée de grève tournante, qui touche ces jours-ci Montréal et Laval.

Les marcheurs, dont une bonne proportion de femmes, se sont d’abord réunis à la Place du Canada avant d’entamer leur marche vers le Square Victoria.

Au cours d’un point de presse avant le départ de la marche, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a décrit une mobilisation quasi historique. «On a fait le tour du Québec, que ce soit en Gaspésie, au Saguenay, à Montréal ou en Outaouais, en Abitibi, peu importe, le niveau de mobilisation est très fort; je dirais même qu’il est historique. Je pense qu’on n’a pas vu ça depuis les années 1970 au Québec», a-t-il lancé.

 

Les automobilistes et camionneurs qui passent sont aussi nombreux à klaxonner en signe d’appui, de même que bien des passants qui lèvent le pouce en l’air. Et cela n’a pas toujours été le cas lors des grèves ou manifestations du secteur public au cours des dernières années.

«Je pense que c’est un peu la combinaison de nos revendications salariales, mais aussi le ras-le-bol généralisé des travailleurs, qui vivent réforme par-dessus réforme — on leur demande toujours d’en faire plus avec moins — et honnêtement, un niveau de mobilisation qui est aussi à la hauteur, synonyme d’une sympathie de la population, qui se manifeste partout sur les lignes de piquetage­. Il y a un sentiment dans l’opinion publique de sympathie à l’endroit des travailleurs du secteur public, ce qui est une très bonne nouvelle pour nous, mais qui en est une moins bonne pour le gouvernement», a opiné M. Létourneau.

Le front commun du secteur public, qui représente 400 000 des 500 000 employés de l’État, déposera mercredi une contre-proposition au gouvernement du Québec touchant les augmentations de salaire et le régime de retraite. Il espère ainsi faire débloquer les négociations qui piétinent avec le Conseil du trésor, selon lui.

Québec a tout de même bonifié son offre de départ, il y a une dizaine de jours, notamment en ajoutant 550 millions $ dans un exercice de relativité salariale, afin de rehausser les échelles de salaire de milliers d’employés. De même, il avait maintenu son offre de deux années de gel et de trois années avec des augmentations de 1 pour cent par année, mais en devançant une augmentation de 1 pour cent de façon à ce qu’elle soit versée plus tôt.

Son offre avait été rejetée d’emblée, tant par les syndicats membres du front commun que par les autres organisations syndicales.

 

 
Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents