Métro, 17 novembre 2015 :
Quelques milliers de syndiqués du front commun manifestent présentement au centre-ville de Montréal, à l’occasion de la deuxième journée de grève tournante, qui touche ces jours-ci Montréal et Laval.

Les marcheurs, dont une bonne proportion de femmes, se sont d’abord réunis à la Place du Canada avant d’entamer leur marche vers le Square Victoria.
Au cours d’un point de presse avant le départ de la marche, le président de la CSN, Jacques Létourneau, a décrit une mobilisation quasi historique. «On a fait le tour du Québec, que ce soit en Gaspésie, au Saguenay, à Montréal ou en Outaouais, en Abitibi, peu importe, le niveau de mobilisation est très fort; je dirais même qu’il est historique. Je pense qu’on n’a pas vu ça depuis les années 1970 au Québec», a-t-il lancé.
Les automobilistes et camionneurs qui passent sont aussi nombreux à klaxonner en signe d’appui, de même que bien des passants qui lèvent le pouce en l’air. Et cela n’a pas toujours été le cas lors des grèves ou manifestations du secteur public au cours des dernières années.
«Je pense que c’est un peu la combinaison de nos revendications salariales, mais aussi le ras-le-bol généralisé des travailleurs, qui vivent réforme par-dessus réforme — on leur demande toujours d’en faire plus avec moins — et honnêtement, un niveau de mobilisation qui est aussi à la hauteur, synonyme d’une sympathie de la population, qui se manifeste partout sur les lignes de piquetage. Il y a un sentiment dans l’opinion publique de sympathie à l’endroit des travailleurs du secteur public, ce qui est une très bonne nouvelle pour nous, mais qui en est une moins bonne pour le gouvernement», a opiné M. Létourneau.
Le front commun du secteur public, qui représente 400 000 des 500 000 employés de l’État, déposera mercredi une contre-proposition au gouvernement du Québec touchant les augmentations de salaire et le régime de retraite. Il espère ainsi faire débloquer les négociations qui piétinent avec le Conseil du trésor, selon lui.
Québec a tout de même bonifié son offre de départ, il y a une dizaine de jours, notamment en ajoutant 550 millions $ dans un exercice de relativité salariale, afin de rehausser les échelles de salaire de milliers d’employés. De même, il avait maintenu son offre de deux années de gel et de trois années avec des augmentations de 1 pour cent par année, mais en devançant une augmentation de 1 pour cent de façon à ce qu’elle soit versée plus tôt.
Son offre avait été rejetée d’emblée, tant par les syndicats membres du front commun que par les autres organisations syndicales.
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