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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 14:54

LE GOUVERNEMENT GREC A-T-IL CAPITULÉ DEVANT LA TROÏKA ? RÉAGISSEZ SUR LE FORUM !
 
Par le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP).
 
Le 11 juillet 2015.
 
La situation en Grèce est dramatique, la population est atterrée. Que penser des nouvelles propositions du gouvernement grec à la Troïka dans la nuit du mercredi au jeudi 9 juillet. Que penser du vote du Parlement grec sur ce texte, où la majorité des députés de SYRIZA ont voté le texte du gouvernement avec les voix des députés de droite et du PASOK qui avaient mis en œuvre les plans d’austérité précédents ? Faut-il admettre, comme le fait Alexis Tsipras, « que nous n’avons pas le choix » sinon ce sera la sortie de l’euro et de l’Union européenne ?
 
Le Parti de l’émancipation du peuple (ex-M’PEP) s’est procuré le document du gouvernement grec (remis aux députés grecs en anglais !) et en a fait la traduction en français. Il organise un grand débat national pour savoir que penser de ces propositions à partir d’un forum sur son site Internet.
 
Exprimez-vous sur le forum !
 
Le gouvernement Tsipras a-t-il capitulé devant l’Union européenne et l’Allemagne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international ?
 

 

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 13:49
La position du KKE, 11 juillet 2015
KKE, 10 juillet: Non au nouveau mémorandum de “gauche”

Non au nouveau mémorandum de “gauche”

Compte-rendu du KKE, 11 juillet 2015, traduction depuis la page en anglais du site du KKE, par MlN pour Solidarité internationale communiste PCF

Le gouvernement du parti de « gauche » SYRIZA et du parti nationaliste ANEL place le fardeau insupportable de nouvelles mesures antipopulaires sur le dos de la classe ouvrière et des autres couches du peuple, avec le soutien du parti de droite ND, du parti social-démocrate PASOK (les deux gouvernaient ensemble jusqu’en janvier 2015) et du parti centriste POTAMI.

Dans la nuit du 10 juillet, a été mise à l’ordre du jour de la séance plénière du Parlement la question d’autoriser ou non le gouvernement à négocier un nouveau mémorandum, le 3ème, comprenant une série de mesures antipopulaires. L’alternative a été posée de la façon suivante : ou bien la continuation de la ligne politique antipopulaire, ou bien la banqueroute du pays et une sortie de la zone euro.

Le premier ministre, Alexis Tsipras a défendu son mémorandum, le « mémorandum-Tsipras », en expliquant en substance que les mesures antipopulaires devaient être prises pour regagner la confiance des investisseurs et des marchés.

A 5 heures du matin, 251 députés ont voté pour la proposition du gouvernement. L’ensemble du groupe KKE a voté contre. Au final, il s’est trouvé 32 voix contre et 8 abstentions volontaires. 9 députés étaient absents.

Ces développements, qui révèlent une fois de plus le vrai visage du gouvernement « patriotique de gauche » de SYRIZA/ANEL, montrent la position inacceptable tenue ces derniers mois par différentes forces à l’étranger, y compris par certains partis communistes et ouvriers, qui ont soutenu le gouvernement au nom de la « solidarité avec la Grèce ».

Prenant la parole devant le Parlement pendant la discussion générale relative à « l’autorisation » au gouvernement d’approuver le nouveau, 3ème, mémorandum, le secrétaire général du Comité central du KKE, Dimitris Koutsoumbas, a insisté interpelant gouvernement :

« Vous avez toujours pratiqué l’absence de morale en politique, l’opportunisme, ce qui veut simplement dire littéralement, sans approfondir théoriquement, être opportuniste et aventuriste.

Il y a à peine 10 jours, ici même, pendant la discussion sur la proposition de référendum, le KKE a clairement expliqué devant vous que vous appeliez le peuple à voter sur un « oui » ou un « non » qui ne diffèrent que superficiellement, puisque tous les deux portaient l’acceptation d’un nouveau mémorandum, peut-être pire encore que les précédents.

Vous avez transformé le « non » du peuple en un « oui » à un nouveau mémorandum.

Cela s’est trouvé confirmé le lendemain même du référendum. Les autres partis politiques, aussi bien ceux qui soutenaient le «oui» que ceux qui soutenaient le «non», se sont mis d’accord sur un nouveau mémorandum qui sera encore plus dur.

Nous étions certains depuis le départ qu’il allait en être ainsi. Non parce que nous sommes devins, mais parce que votre stratégie, votre programme, votre position sur l’UE, l’euro et les alliances capitalistes en général, votre position sur le mode de développement et le système qui vous servez, vous menaient inévitablement du côté de l’UE, de la BCE, du FMI, du grand capital, des groupes monopolistes. Avec eux, vous avez vu comment le butin serait partagé, comment vous alliez servir leurs rendements, comment, en fin de compte, vous alliez diminuer le revenu de la population, comment vous alliez économiquement réduire le prix de la force de travail, comment vous alliez sucer les gens jusqu’à l’os pour que les parasites du système puissent prospérer ».

Le secrétaire général du CC du KKE, au sujet de l’alternative posée par le gouvernement, « accord antisocial, c’est-à-dire mémorandum, ou Grexit », a souligné les points suivants : « Le 3ème mémorandum va se traduire par une véritable banqueroute pour le peuple. Evidemment suivant une voie qui, d’une certaine façon, est mieux ordonnée. Nous allons connaître des mesures antipopulaires barbares. Avec le Grexit, nous connaîtrions un appauvrissement rapide, la faillite des ménages conjuguée avec la faillite de l’Etat, sans aucune voie de sortie, toujours pris au piège, emprisonnés dans le carcan de l’UE, dans le même vieux mode de développement capitaliste.

C’est pourquoi tous les autres partis portent une responsabilité historique, en particulier SYRIZA qui gouverne aujourd’hui et a bénéficié de la confiance du peuple.

La véritable voie pour sortir de la crise, pour un développement profitable aux intérêts des travailleurs et de la population, passe par l’organisation du peuple lui-même, la mise au point de son intervention, un langage de vérité, des programmes et des positions clairs qui permettent au peuple lui-même de décider, de prendre le pouvoir et d’organiser l’économie et une nouvelle société, en dehors et bien loin des regroupements capitalistes, avec une planification centralisée, avec une propriété socialisée des richesses produites par la classe ouvrière et le peuple.

Toutes les autres options se ramènent aux expériences d’échec de la gestion social-démocrate, des soi-disant gouvernements de gauche qui ont géré le système dans le cadre du capitalisme. Les espoirs fugitifs qu’ils ont répandus, les fausses attentes ont conduit le peuple à une grande désillusion, le mouvement des travailleurs à un recul. Ils ont renforcé les tendances conservatrices et même extrêmement réactionnaires ».

A propos de l’enchevêtrement entre la « question grecque » et les contradictions interimpérialistes, D. Koutsoumbas a fait remarquer :

« Vous présentez souvent le « cruel » Schaüble comme l’adversaire unique, ce Schaüble qui représente une part importante du capitalisme allemand, mais vous présentez aussi de temps en temps, comme des amis de la Grèce, les Etats-Unis et le FMI, maintenant la France, en concentrant l’attention sur la question de la restructuration de la dette publique.

Pas plus le capital américain, le capital français ou le capital allemand ne sont les amis du peuple. Ils réclament tous aussi bien la mise à mort des droits et des revenus du peuple. La concurrence entre eux se déroule dans le contexte de la crise capitaliste et des profonds déséquilibres au sein du noyau dur de la zone euro. Les Etats-Unis et l’Allemagne sont en concurrence pour l’hégémonie en Europe, le FMI, la France et l’Allemagne pour l’avenir de la zone euro. Des sections du capital grec, industriels, banquiers, armateurs sont impliqués dans cette confrontation.

Tant que nous serons pris dans ce dangereux tissus de contradictions, tous les choix possibles seront un cauchemar pour le peuple : autant un nouvel accord/mémorandum, qu’un défaut de paiement ou même l’éventualité d’une guerre dans la région ».

Concernant les développements d’avenir, Le secrétaire général a souligné ceci :

« Malgré les compromis temporaires, la tendance reste lourde à l’expulsion de certains pays. Cela ne concerne pas simplement que la Grèce mais tous les pays endettés, même ceux qui sont candidats à rejoindre l’euro.

Le peuple ne doit pas avoir à choisir entre sa faillite avec l’euro ou sa faillite avec la drachme.

Une solution décisive en faveur du peuple nécessite une vraie rupture qui n’a rien à voir avec la fausse rupture que certains courants dans SYRIZA invoquent quand ils défendent une sortie de la Grèce, uniquement, de la zone euro.

Ceux qui prétendent – parmi eux, ces courants de SYRIZA, comme d’autres forces nationalistes et réactionnaires partant d’un autre point de vue – que la sortie de la Grèce de la zone euro, avec une monnaie dévaluée, donnerait un coup de fouet à la compétitivité et à la croissance et aurait de bonnes répercussions pour le peuple, sont en train, délibérément, de tromper le peuple.

La perspective d’une Grèce, pays capitaliste doté d’une monnaie nationale, ne constitue pas une rupture en faveur du peuple. Ces forces politiques qui mettent en avant cet objectif comme une solution ou comme un objectif intermédiaire en vue de changements radicaux (comme la « plateforme de gauche » de SYRIZA, ANTARSYA, ou comme également des forces d’extrême-droite fascistes en Europe) jouent dans les faits le jeu de certaines sections du capital.

Aussi nous ne choisirons pas si nous ferons faillite avec l’euro ou avec la drachme, sous l’effet d’une dévaluation interne ou externe.

Pour cette raison, nous ne choisissons pas entre un mémorandum ou un Grexit.

Parce qu’il y a une solution alternative si le peuple lutte pour une rupture avec l’UE, le capital et leur pouvoir.

Par exemple, nous pouvons abolir les directives de l’UE qui ont causé la stagnation de la production nationale, de la production de sucre et de viande aux chantiers navals en passant par bien d’autres secteurs.

Nous pouvons utiliser les contradictions entre les centres impérialistes et gagner des accords internationaux avantageux pour la Grèce et le pouvoir populaire, dégagés de l’UE et de l’OTAN.

Nous pouvons préparer la voie à la satisfaction des besoins populaires en procédant à la socialisation des monopoles, des moyens de production avec une planification nationale scientifique de l’économie ».

En conclusion, D. Koutsoumbas a rappelé que le KKE appelle les travailleurs à organiser leur riposte dans les rues et les lieux de travail contre les nouvelles mesures de destruction.

Dans l’après-midi, ce même jour (vendredi 10 juillet), le PAME organisait un rassemblement de masse à Athènes et dans les principales villes du pays contre le 3ème mémorandum (« de gauche ») regroupant des mesures antipopulaires. Les manifestations ont regroupé des syndicats, des comités populaires, des associations et groupes féminins, des organisations de masse, des comités de lutte de chômeurs, de travailleurs indépendants et d’artisans, comme d’étudiants, c’est-à-dire de tous ceux qui sont frappés par les mesures du gouvernement de coalition. Tous ont crié : « assez ! – Une autre voie existe dans l’intérêt du peuple”.

D. Koutsoumbas, qui a participé au rassemblement de masse du PAME à Athènes a déclaré: "nous ne pouvons pas perdre plus de temps. Les travailleurs doivent organiser leur lutte, mettre en avant leurs revendications et organiser l'alliance populaire ".

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 14:46

Référendum: Grèce, l’ombre de « Prométhée » de l’Otan

Par Manlio Dinucci
Mondialisation.ca, 07 juillet 2015
 
russel_promethee

Le « tête à tête » dans le référendum grec, dont les grands médias ont fait la propagande, s’est révélé un sonore coup de tête dans le mur pour les fauteurs internes et internationaux du « Oui ». Le peuple grec a dit « Non » pas seulement aux mesures d’ « austérité » imposées par Ue, Bce et Fmi, mais, de fait, à un système -celui du capitalisme- qui étouffe la réelle démocratie.

Les implications du référendum vont au-delà de la sphère économique, en entraînant les intérêts politiques et stratégiques non seulement de Bruxelles, mais (chose dont on ne parle pas) ceux de Washington. Le président Obama a déclaré être « profondément impliqué » dans la crise grecque, que « nous prenons en sérieuse considération », en travaillant avec les partenaires européens afin d’ « être prêts à toute éventualité ».

Pourquoi tant d’attention sur la Grèce ? Parce qu’elle est membre non seulement de l’Ue mais de l’Otan. Un « solide allié », comme la définit le secrétaire général Stoltenberg, qui joue un rôle important dans les corps de déploiement rapide et donne le bon exemple dans la dépense militaire, à laquelle il consacre plus de 2% du pib, objectif atteint en Europe seulement par la Grande-Bretagne et l’Estonie. Bien que Stoltenberg assure « l’engagement continu du gouvernement grec dans l’Alliance », à Washington on craint que, en se rapprochant de la Russie et de fait de la Chine, la Grèce de Tsipras ne compromette son appartenance à l’Otan. Le premier ministre Tsipras a déclaré que « nous ne sommes pas d’accord avec les sanctions contre la Russie » et, au sommet Ue, a soutenu que « la nouvelle architecture de la sécurité européenne doit inclure la Russie ».

Dans la rencontre Tsipras-Poutine, en avril à Moscou, on a parlé de la possibilité que la Grèce devienne le hub européen du nouveau gazoduc, remplaçant le South Stream bloqué par la Bulgarie sous la pression des USA ; nouveau gazoduc qui à travers la Turquie apportera le gaz russe au seuil de l’Ue.

Il y a en outre la possibilité que la Grèce reçoive des financements de la Banque pour le développement créée par les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) et de la Banque d’investissements pour les infrastructures asiatiques créée par la Chine, qui veut faire du Pirée un important hub de son réseau commercial.

« Une Grèce amie de Moscou pourrait paralyser la capacité de l’Otan à réagir à l’agression russe », a prévenu Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller stratégique de la Maison Blanche), exprimant la position des conservateurs. Celle des progressistes s’exprime par la voix de James Galbraith, enseignant en Relations de gouvernement et business à l’Université du Texas, qui a travaillé pendant quelques années avec Yanis Varoufakis, devenu ministre des finances grec (aujourd’hui démissionnaire), auquel il a fourni une « assistance informelle » ces derniers jours.

Galbraith soutient que, malgré le rôle joué par la CIA dans le putsch de 1967, qui porta au pouvoir en Grèce les colonels avec le plan « Prométhée » de l’Otan, « la gauche grecque a changé et ce gouvernement est pro-américain et fermement membre de l’Otan ». Il propose donc : « Si l’Europe échoue, les Etats-Unis peuvent agir pour aider la Grèce, laquelle, étant un petit pays, peut être sauvée avec des mesures mineures, parmi lesquelles une garantie sur les prêts » (« US must rally to Greece », The Boston Globe, 19-2-15).

Les deux positions sont dangereuses pour la Grèce. Si à Washington prévaut celle des conservateurs, se dessine un nouveau plan « Prométhée » de l’Otan, une « Place Syntagma » sur le modèle de « Place Maïdan » en Ukraine. Si c’est celle des progressistes qui prévaut, c’est une opération d’empreinte néo-coloniale qui ferait tomber la Grèce de Charybde en Scylla.

L’unique voie reste celle d’une dure lutte populaire pour la défense de la souveraineté nationale et de la démocratie.

Manlio Dinucci

Edition de mardi 7 juillet 2015 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/grecia-lombra-di-prometeo/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Manlio Dinucci est géographe et journaliste. Il a une chronique hebdomadaire “L’art de la guerre” au quotidien italien il manifesto. Parmi ses derniers livres:  Geocommunity (en trois tomes) Ed. Zanichelli 2013; Geolaboratorio, Ed. Zanichelli 2014;Se dici guerra…, Ed. Kappa Vu 2014.

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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 22:59

Par · 9 juillet 2015

Nous serons fixés dimanche 12 juillet sur le sort réservé à la Grèce. Mais, il est possible de faire quelques remarques sur la situation actuelle, et en particulier sur sa « dramatisation », dont aujourd’hui les médias, en France comme Grèce, jouent largement. Cette dramatisation obéit à un rôle politique évident, alors que Jean-Claude Juncker a, une nouvelle fois, reçu à Bruxelles les responsables de deux partis d’opposition (Nouvelle Démocratie et To Potami), montrant ainsi le peu de cas qu’il faisait de la démocratie, alors que ces deux partis ont été vaincus lors du référendum du 5 juillet. Les autorités européennes jouent de cette dramatisation pour tenter de regagner le terrain qu’elles ont perdu à la suite de la massive victoire du « non » au référendum. Mais, cette dramatisation pourrait aussi servir à justifier une « capitulation » du gouvernement Tsipras, capitulation qui cependant le mettrait en difficulté devant l’ampleur du succès obtenu par le « non » au référendum. Il est clair que si le gouvernement grec acceptait en fin de compte l’inacceptable, soit les conditions léonines mises par l’Eurogroupe, et l’on comprend les raisons qui pourraient le pousser à le faire sans pour autant les accepter, il aurait quelques difficultés à faire ratifier cet accord devant le Parlement grec, sans le soutien de l’opposition. Disons le, cette capitulation, même présentée comme un « moindre mal » devant la paralysie qui gagne chaque jour un peu plus l’économie grecque, serait une capitulation devant les oligarchies européennes et grecques.

Pourtant, il y a bien une alternative à la capitulation, mais cette alternative aujourd’hui doit prendre des formes radicales.

 

La crise bancaire grecque

La crise bancaire grecque est largement le produit de l’action de la Banque Centrale Européenne qui a dans un premier temps limité son soutien puis dans un deuxième temps commencé à déprécier les collatéraux offert par les banques commerciales grecques. Cette crise est moins liée au contrôle des capitaux qu’à la raréfaction des liquidités dans l’économie grecque. Or, une économie moderne ne peut fonctionner sans liquidités. De fait, la Grèce se trouve dans la situation d’une entreprise solvable (elle réalise un excédent primaire) mais illiquide.

La solution face à cette déstabilisation programmée de l’économie et de la société grecque par l’institution monétaire chargée d’assurer la stabilité monétaire peut prendre deux formes. La première, qui est la plus radicale, consisterait en une réquisition de la Bank of Greece (la Banque Centrale). Cette solution permettrait de libérer les réserves de billets détenues tant à la Banque Centrale que sous le contrôle de la Banque Centrale dans les banques commerciales. La seconde solution passe par l’émission par le Ministère des finances de reconnaissance de dette qui seraient acceptées comme des titres de paiement par l’ensemble des administrations publiques. Que ce doit dans la première ou dans la seconde solution, la Grèce resterait formellement dans la zone Euro. Les reconnaissances de dette mises en circulation seraient bien entendu libellées en Euro.

Mais, il faut aussi comprendre que ces solutions rapprocheraient un peu plus la Grèce de la sortie de l’Euro. Si elle opère une réquisition, la BCE pourra prétendre que les traités ont été violés. Ils l’ont été, en réalité, du fait de l’action même de la BCE, ce qui est aujourd’hui clairement établi. Il ne faut cependant avoir aucun doute que, tant à la BCE qu’à l’Eurogroupe, on estimerait que ceci correspondrait à une rupture totale. Si la Grèce met en circulation des reconnaissances de dette, ces dernières subiront une décote, qui pourrait être d’autant plus importante qu’il n’y aurait nulle Banque Centrale pour en garantir la valeur. Dès lors, on ne manquerait pas de considérer ces « euros » émis par le Ministère des finances comme une deuxième monnaie, et la décote aurait valeur de préfiguration de celle d’une drachme que l’on ne manquerait pas, assez rapidement, de rétablir. En réalité, on peut douter que ces reconnaissances de dette soient réellement représentatives d’une nouvelle monnaie, adossée sur une véritable Banque Centrale. Quand on regarde la balance commerciale et la balance courante de la Grèce, on voit que si le pays devait retrouver sa monnaie, la dépréciation serait limitée par rapport à l’Euro, entre -20% et -25%. Mais, la dépréciation des reconnaissances de dette pourrait, quant à elle, atteindre -50% en raison de la limitation et des spécificités de la circulation à partir du Ministère des finances.

En fait, vouloir régler une crise de liquidité sans un contrôle sur la Banque Centrale est non seulement une ineptie mais encore une ineptie dangereuse. Quitte à devoir sortir de l’Euro, il vaut beaucoup mieux le faire de manière directe. C’est pourquoi, en réalité, la seule solution viable face à la déstabilisation actuelle et à la crise de liquidité n’est pas l’émission de reconnaissances de dette mais bien la réquisition de la Banque Centrale, mais aussi, très probablement, des principales banques commerciales. Ici, on voit que la solution en apparence la plus radicale constitue la solution la plus raisonnable. C’est l’une des caractéristiques des situations de crise.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras devra se décider vite, et certainement d’ici le lundi 13 juillet.

 

Une sortie de l’Euro

On l’a dit, cette réquisition serait probablement le prétexte pour les autorités européennes pour acter l’expulsion hors de la zone Euro de la Grèce. Pour autant, ces autorités auraient un gros problème à régler. En effet, le gouvernement grec devrait affirmer sa volonté de faire un défaut total sur sa dette, au cas où il serait expulsé de la zone Euro. De toutes les manières, un défaut est nécessaire. La dette grecque, depuis 2010, a été essentiellement émise en droit « non grec ». C’est une différence fondamentale avec la situation de pays comme la France et l’Italie. La lex monetae ne pourrait alors pas s’appliquer. Il faudrait donc nécessairement procéder à un défaut sur au-moins 50% de la dette. Mais, si le défaut devait s’avérer total (ou atteindre à la fin des fins 80% de la valeur nominale de la dette), les conséquences pour les créditeurs ne seraient pas négligeables, surtout si on ajoute à ce défaut le poids des dettes dans le système de la BCE et les comptes Target2.

 

Encours de dette par pays, en milliards d’euros

  Total bilatéral + FESF + MES Eurosystème (incluant Target2) Total
Allemagne 63,5 31,1 94,6
France 47,9 24,4 72,3
Italie 42,0 21,3 63,3
Espagne 28,3 15,3 43,6
Pays-Bas 13,5 6,9 20,4
Belgique 8,1 4,3 12,4
Autriche 6,7 3,4 10,1
Finlande 4,4 2,2 6,6
Slovaquie 1,9 1,3 3,2
Portugal 1,8 3,2 5,0
Slovénie 0,9 0,6 1,5
Irlande 0,8 2,0 2,8
Estonie 0,5 0,3 0,8
Malte 0,3 0,1 0,4
Chypre 0,2 0,3 0,5
Total 220,8 116,7 337,5

Sources : BCE et Eurostat

 

La Grèce serait alors en bonne position pour négocier des conditions qui feraient de cette expulsion une sortie négociée (certes « ex post » et non « ex ante »). Ceci mettrait la Grèce dans de bonnes conditions pour retrouver une forte croissance. Elle pourrait utiliser une partie de l’excédent primaire pour faire les investissements dont elle a besoin d’urgence. De plus, avec une dépréciation de -20% à -25%, la Grèce redeviendrait extrêmement attractive pour les capitaux étrangers, que ce soit dans l’industrie (avec la réparation navale), l’agriculture ou le tourisme.

Il y a, à l’évidence, une vie hors de l’Euro, et une vie après un défaut. L’important est de savoir l’organiser au plus vite. Ce que la Grèce ne peut supporter par contre c’est la poursuite d’une situation sans issue, aggravée aujourd’hui par une crise complète des liquidités organisée par la BCE.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 22:51

Dimanche 5 juillet.  Après 20 heures. A plus de 61% les Grecs viennent de dire NON aux exigences de la «troïka ».

BFMTV met en bandeau : «Vers une large victoire du NON ».  Ça change du ton de la semaine écoulée.  Les médias et les politiques nous pronostiquaient un OUI, un OUI serré, mais un OUI quand même.  Cela faisait partie de la guerre idéologique menée pour stopper la dynamique du NON.  Tout aura été fait.  Sondages truqués, fermeture des banques pour créer la peur, proposition d’un gouvernement de technocrates en place de celui que les Grecs se sont choisi.  Mépris, de Juncker, de Merkel, à l’instar de Lagarde … sommant les Grecs de se comporter en adultes. Et présentation du NON comme d’un NON à l’euro  …

Ce soir, ces gens-là, on ne les entend pas.  Seuls parlent les partisans du NON. Mélenchon, Montebourg, Laurent, Dupont-Aignan et Le Pen. E.Woerth se risque à un commentaire de café du commerce : «  La Grèce a choisi de sauter dans l’inconnu ». Hollande se tait.  Merkel se tait.  Juncker se tait. Pascal Lamy, ancien directeur du FMI ose quand même une analyse forte : «  C’est clair qu’il y a un rejet ».  Le journaliste présent devant la commission européenne est bien seul devant la porte close : «  un silence assourdissant » commente-t-il. Sur ITélé, Olivier Ravanello continue cependant dans le mépris : «on aurait pu faire un référendum sur le bonheur et on aurait gagné » en assénant pour finir : «  les lois de l’économie sont là », transformant ainsi les choix austéritaires de l'UE en "lois de l'économie". Mais curieusement les journalistes présents semblent découvrir au soir du 4 juillet que Tsipras ne faisait pas voter sur l’appartenance ou non à l’euro et que le peuple grec avait tout simplement une vraie aspiration à son indépendance.  Après avoir développé tout le contraire durant la semaine passée.   

Hollande consulte et réunit Valls, Sapin, Harlem Désir.  Mais ils se taisent. Ils attendent : Merkel et Hollande doivent se concerter avant de prendre position. Ce qui confirme que la voix de la France n’est plus indépendante.  Les dirigeants des deux plus grands pays européens font front ? Ce sont eux qui vont donc mettre au point la réaction européenne ? Et les autres ?  Ils n’ont rien à dire ? La Slovénie, les pays baltes, la Pologne ? Et l’Italie, l’Espagne, le Portugal … Pas consultés non plus ? En réalité Hollande et Merkel doivent mettre en musique politique la réaction du capital européen  et de son bras armé, la commission européenne.

Ce soir, nous ne bouderons pas notre joie.  Car il est clair maintenant que l’Union Européenne est un carcan pour les peuples et qu’il leur faut du courage pour s’affranchir de ses décisions.  Il faut l’affronter politiquement. Comme le fait le peuple grec.  Comme l’ont fait les Français en 2005.  Mais les peuples européens, seront définitivement délivrés de la politique libérale-capitaliste de l’UE quand ils feront sauter les chaînes de cette dernière et en sortiront pour construire des coopérations économiques, sociales, culturelles qu’ils auront librement choisies et construites.

Les peuples de l’Europe doivent être souverains.  Sans restriction et sans exception.

Dimanche 4 juillet, 22 heures 30

Yvette Genestal
 

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 14:26
Le gouvernement grec a une position courageuse.  Mais pourquoi s'obstiner à ne pas voir que l'UE n'a cure de la volonté du peuple grec. Pour eux l'UE n'a été créée, avec l'euro et la BCE, les règles de Maastricht et du traité de Lisbonne ... que pour servir les intérêts des multinationales et du capitalisme mondialisé, à prépondérance américaine.  Ce sont les institutions européennes elles-mêmes qui pratiquent le terrorrisme. 
C'est donc qu'il faut les faire éclater.  Les déclarations de Varoufakis apparaissent, dans ce contexte, dangereusement naïves pour le moins.  Etre victime du terrorisme de l'UE et  vouloir y rester  à tout prix me parait une position semblable à celle des révolutionnaires français qui voulaient sauver le roi et la monarchie malgré sa collusion avec les souverains étrangers ligués contre la Révolution française. 
Ne faudrait-il pas plutôt préparer les peuples européens à se séparer de la BCE ( et de l'euro ) et des institutions européennes ?  Car ce sont ces dernières qui ne veulent pas des peuples.  Les peuples devront choisir : rester souverains ou s'incliner devant tous les diktats de l'UE.  Le peuple grec peut très bien être européen sans passer sous les fourches caudines de Bruxelles et du FMI.  Tous les peuples peuvent le faire.  L'Europe est géographique.  Ils peuvent rester européens et libres d'envisager des relations fondées sur la coopération et non la soumission.  En refusant les traités et les diktats de Bruxelles.  Et en résistant à  la peur, aux menaces et au chantage.  Yvette Genestal
"Quel que soit le résultat du référendum, le lundi il y aura un accord, j'en suis complètement et absolument convaincu", a déclaré Yanis Varoufakis. THIERRY MONASSE / AFP"Quel que soit le résultat du référendum, le lundi il y aura un accord, j'en suis complètement et absolument convaincu", a déclaré Yanis Varoufakis. THIERRY MONASSE / AFP

"Ce qu'ils font avec la Grèce a un nom: terrorisme", accuse Yanis Varoufakis, connu pour sa liberté de ton, dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo. "Pourquoi est-ce qu'ils nous ont forcé à fermer les banques? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s'agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme", développe le ministre en parlant de la politique menée par les créanciers d'Athènes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l'Union européenne.

Faute d'être parvenu à un accord avec les créanciers sur une prolongation d'un programme d'aide financière au-delà du 30 juin, le gouvernement de gauche radicale grec a annoncé la fermeture des banques et le contrôle des capitaux jusqu'au 6 juillet. Quel que soit le résultat du référendum de dimanche - le Premier ministre Alexis Tsipras appelle à voter non, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker oui - les banques du pays rouvriront et il y aura un accord avec les créanciers, assure Yanis Varoufakis.

 
"Il y aura quoi qu'il arrive un accord"

"Quel que soit le résultat du référendum, le lundi il y aura un accord, j'en suis complètement et absolument convaincu. L'Europe a besoin d'un accord, la Grèce a besoin d'un accord, de sorte que nous arriverons à un accord."

Pour le ministre des Finances, qui répète qu'en cas de victoire du oui il démissionnera, "aujourd'hui ce que veut Bruxelles et la troïka c'est que le oui gagne pour pouvoir ainsi humilier les Grecs".

Humiliation de la Grèce

Il accuse aussi ses opposants de vouloir faire de "la Grèce un exemple pour les autres" à l'heure où en Espagne le parti de gauche radicale Podemos, allié du grec Syriza, gagne en force à l'approche d'élections législatives.

"Je crois que dans toute l'Europe il y a besoin de partis comme Syriza et Podemos, des partis à la fois critiques à l'égard du système mais en même temps pro-européens et démocrates. Ceux qui nous détestent veulent nous faire passer pour anti-européens, mais non, ce n'est pas vrai, nous ne le sommes pas."

(Avec AFP)

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 22:32

La CES soutient la demande de GSEE, la confédération grecque unique du privé, d'annuler le referendum de ce dimanche. On trouve cette information sur le site anglophone de la Confédération européenne des syndicats.

Curieusement, à l'heure où ces lignes sont écrites le communiqué n'est toujours pas sorti sur le site francophone de la CES. Nous publions donc plus bas une traduction circulant sur Internet, que nous avons vérifiée.

Ce retard à la publication est-il révélateur de divergences au sein de la CES sur l'appréciation de ce referendum? On est en effet à l'opposé de la position confédérale, appelant à manifester pour soutenir le peuple grec.

COMMUNIQUE DE LA CES : LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS SOUTIENT SON SYNDICAT GREC QUI APPELLE A L’ANNULATION DU REFERENDUM

La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient la Confédération générale des travailleurs grecs qui appelle au retrait du référendum.

Lors d’une réunion plénière de la Confédération générale des travailleurs grecs qui s’est tenue mercredi 1er juillet 2015, le syndicat grec déclare :

La Confédération générale des travailleurs grecs considère que la tenue d’un référendum est un droit constitutionnel inaliénable des citoyens grecs dans le contexte des traditions européennes.

Cependant, le processus lui-même du référendum actuel, ses délais, sa légalité et son contenu ont été banalisés dans un cadre de faux dilemmes et d’une trop grande vitesse, qui pourrait conduire à des situations incontrôlables et diviser la société grecque.

La Confédération, de manière non négociable, s’oppose à tous les types de mémorandums et à toutes leurs implications qui se font aux frais du monde du travail et du peuple grec, que ces mémorandums viennent des créditeurs ou du gouvernement.

Notre position est également non négociable en faveur de l’orientation européenne de notre pays, et la place de la Grèce dans l’Europe et l’eurozone.

La question posée au référendum est infondée et réduit imprudemment les choix en semant la discorde alimentée par des forces extrémistes à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce, conduisant notre pays vers des aventures tragiques.

Nous demandons ici et maintenant le retrait du référendum.

En tant que principal syndicat des travailleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions :
• L’orientation européenne de notre pays n’est pas négociable.
• Nous disons oui à l’Europe des peuples et de la solidarité !
• Nous disons oui à la monnaie unique et à une Europe fédérale !

1er juillet 2015

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 15:22

Mis en ligne le 29 Avril.

 

Michel El Diablo

TOTAL casse le raffinage Le GOUVERNEMENT laisse faire

En 5 ans, la France a perdu 24% de sa capacité de raffinage, un tiers des raffineries a disparu et 2500 emplois directs ont été supprimés. La liste des fermetures de raffineries ne cesse de s'allonger : 2009 raffinerie de Dunkerque, 2010 celle de Petroplus à Reichstet (Bas Rhin), 2012 Petroplus à Petite Couronne (Seine Maritime), 2014 LyondellBasell à Berre, etc.

Total veut amputer la capacité de raffinage de la France de 7 millions de tonnes annuelles et nous ravitailler depuis ses raffineries du Quatar et d’Arabie-saoudite. Le gouvernement laisse faire. Ce n’est pas l’Etat qui détermine la politique pétrolière mais Total qui ne veut garder que trois raffineries en Europe.

Total a annoncé un plan de restructuration de son activité raffinage en France. Deux raffineries sont concernées celle de La Mède (Bouches du Rhône) et de Donges (Loire Atlantique). Le site de La Mède cesserait toute activité de raffinage d'ici fin 2016 pour devenir une unité de production de biocarburant. Coût de l'opération pour les travailleurs : 178 emplois sur les 430 actuels disparaîtront, et combien d'emplois indirects?

Pour Donges la stratégie de Total est différente. La raffinerie qui emploie 680 salariés et génère 1500 emplois indirects est un pôle d'activité crucial pour la région : 1 emploi à Total, c'est 5 emplois au port chez les sous-traitants. Total se livre à un chantage : Il maintiendra son activité sur le site, investira 400 millions d'euros dans une unité de sulfuration pour produire des carburants à faible teneur de souffre, il y est contraint pour répondre aux normes. Mais en revanche il exige que l'Etat et les collectivités territoriales financent à hauteur des 2/3 le détournement de la ligne SNCF Nantes-Saint Nazaire-Le Croisic : coût de l'opération entre 130 et 200 millions d'euros.

Aujourd'hui les voyageurs des TGV et des TER passent en plein milieu du site classé Seveso, avec les nouvelles activités du site ce sera interdit.

Les élus PS de la région ont répondu favorablement à ces exigences. Quel que soit le niveau de responsabilité des élus ce sont tous de serviles valets du capitalisme.

Total est seul responsable de l'accroissement du territoire de la raffinerie qui s'est étendue autour de la ligne ferroviaire.

Total est 1er groupe pétrolier français, 4ème mondial dont le chiffre d'affaire est de 180 milliards d'euros. Il fait 10 milliards de profits, distribue 5 milliards de dividendes à ses actionnaires, qui ne paient pas d'impôts en France. Total doit être le seul supporter le coût des aménagements et de la modernisation des sites qui participent aux énormes bénéfices de ce géant pétrolier.

Seule la nationalisation sans indemnisation des grandes entreprises décisives pour l'économie, permettra leur gestion par le peuple et pour le peuple et de développer l’économie pour la satisfaction des besoins de tous.

SOURCE :

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 14:40
DES ECONOMISTES et des PRATICIENS EN FAVEUR DE LA DRACHME

Par · 29 juin 2015

Une fois n’est pas coutume, je publie ici un appel d’économistes, soit universitaires soit praticiens, qui se prononcent en faveur du retour de la Grèce à une monnaie nationale .

DES ECONOMISTES et des PRATICIENS EN FAVEUR DE LA DRACHME, 21.06.2015

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Après 6 années environ de sacrifices inhumains “demandés” à la population, la dette de la Grèce a grimpé et représente aujourd’hui 180 % du PIB (au début de la crise elle était de 120 %), et il est évident qu’elle n’est pas viable. Ce désastre est dû au plan imposé par la troïka et dont l’échec est complet, puisqu’il a fait chuter notre PIB, entre 2008 et 2015, de 26 %. Aucun pays n’a jamais subi un désastre d’une telle ampleur en temps de paix : le chômage officiel touche 27 % de la population active, l’austérité excessive, idée fixe des dirigeants de l’UE et qui vise directement la stabilité de l’euro, a détruit l’économie et a plongé en même temps l’Europe tout entière dans une récession permanente et un équilibre de sous-emploi. La Grèce, c’est malheureux, est utilisée comme premier animal de laboratoire. Ces lignes sont écrites à un moment où la négociation est en cours, entre le nouveau gouvernement grec du SYRIZA et les créanciers.

L’obsession de la troïka, qui demande des mesures encore plus inhumaines sans pour autant garantir le remboursement de la dette, intensifiant l’appauvrissement de la population, est absolument inacceptable, criminelle et tout compte fait, sans aucun contenu. Car, à partir du moment où les mesures imposées à l’économie sont totalement inefficaces et qu’elles se traduisent par une baisse continue du PIB, l’augmentation du chômage et l’intolérable ‒dans ces conditions‒ écroulement des recettes publiques, il est clair que ce plan fou de l’austérité asphyxiante devrait être abandonné, sans la moindre hésitation. À savoir que, en dépit des risques et des complications liées à la sortie ‒événement sans précédent‒ de la zone euro, y rester n’offre aucune solution. L’économie de la Grèce est ravagée et il est urgentissime de recourir à un plan de reconstruction et de développement.

La mise en œuvre d’un tel plan n’est pas possible avec les liquidités fournies au compte-goutte par la BCE. En effet, aucune économie ne s’est jamais développée dans le passé sans liquidité confortable et sans une inflation contrôlée. Par conséquent, seul un retour à sa monnaie nationale pourrait, dans certaines conditions, assurer à l’économie de la Grèce ravagée sa reconstruction et un développement rapide, nécessaire pour lui permettre de rembourser cette part de la dette qui n’est pas onéreuse et honteuse.

 

*Alain Cotta , Professeur des Universités

*Jean-Pierre  Gérard, Président de l’Institut Pomone

* Jean Hernandez Président de chambre honoraire à la cour des comptes, Ancien Dr Adjoint du cabinet de Philippe Seguin, VP du G21

* Roland Hureaux membre   de l’Institut Pomone

*Theodoros Katsanevas, Professeur à l’Université du Pirée, Président du parti en faveur de la drachme

*Gérard Lafay, Professeur émérite des Universités, Vice-Président de l’Institut POMONE

* Maria Negreponti-Delivanis, Ex Recteur et Professeur à l’Université Macédonienne

*Michel Robatel fondateur de l’Institut  Pomone

*Jacques Sapir, Directeur d’études à l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales
Directeur du CEMI-EHESS

*Ilias Stamboliadis, Professeur à l’Ecole Polytechnique de Hania-Crète

*Jean-Claude Werrebrouck, Professeur à l’Université de Lille 2, membre  du G21

 

 


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29 juin 2015 1 29 /06 /juin /2015 09:25

Grèce. La bataille du référendum

Publié par Alencontre le 28 - juin - 2015

greeceeuflags_480_2706Rédaction A l’Encontre

Nous avons publié, sur ce site, le 27 juin, le discours d’Alexis Tsipras annonçant au nom d’une décision unanime du gouvernement grec la tenue d’un référendum portant sur l’acceptation ou non des propositions desdites institutions, soit la BCE, la Commission européenne et le FMI. Ce référendum doit se tenir le 5 juillet.

Les résultats du vote au parlement grec, qui a eu lieu à trois heures du matin (heure grecque), ce dimanche 28 juin, sont les suivants: sur 298 députés présents, 178 ont voté en faveur de la motion pour la tenue d’un référendum à la date choisie du 5 juillet. Les députés de Syriza, d’Anel (Grecs indépendants, membres de la coalition gouvernementale) se sont prononcés en faveur de la tenue du référendum. Les néonazis d’Aube Dorée ont voté de même pour la tenue du référendum. 151 votes étaient nécessaires pour que la motion présentée par le gouvernement soit adoptée.

A l’opposé, les membres du PASOK (Mouvement socialiste panhellénique) et de la Nouvelle Démocratie se sont prononcés contre. Le KKE (PC) a proposé sa propre version d’un référendum: oui ou non aux propositions du gouvernement Tsipras ; oui ou non à celle des institutions; oui ou non à l’UE; oui ou non à l’euro. La KKE poursuit son orientation maximaliste dans ses déclarations et dans la pratique il se situe hors du champ politique où se forgent les rapports de forces avec les représentants politiques de la bourgeoisie grecque comme ceux du capital financier que représentent les «institutions». Cette attitude de sa direction met mal à l’aise une partie croissante de sa base militante.

Ce fut le ministre de l’Intérieur Nikos Voutsis qui présenta l’argumentation en faveur du référendum avec des arguments analogues à ceux développés par Alexis Tsipras dans son discours.

Le porte-parole parlementaire du PASOK Evangelos Venizelos – ex-dirigeant du PASOK et ex-vice-premier ministre du gouvernement d’Antonis Samaras – a attaqué la proposition de référendum un prétendant qu’elle n’était pas conforme aux normes constitutionnelles. Il avait antérieurement déposé auprès de la présidente du parlement, Zoé Konstantopoulou, un texte arguant de l’inconstitutionnalité du référendum. Antonis Samaras s’est aussi engagé sur ce terrain. Les incidents parlementaires se sont multipliés, sous tous les prétextes. Ainsi, Zoé Konstantopoulou, après être intervenue dans le débat, a repris sa charge de présidente trois ou quatre minutes avant le délai réglementaire de 10 minutes, ce qui a été invoqué pour un départ de la salle des députés de la Nouvelle Démocratie. Une expression de désarroi et de hargne face à la proposition du référendum.

tsipras_390_2707Une attitude similaire se retrouve dans la réponse de l’Eurogroupe du 27 juin, suite à l’annonce du référendum. A tel point que, le ridicule ne tuant pas, le «socialiste» Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a déclaré: «Si les ministres des Finances n’ont pas accordé d’extension du plan d’aide à l’Eurogroupe, c’est parce que le gouvernement grec a accompagné l’annonce du référendum d’un appel à voter non.» Le gouvernement grec demandait une extension du «soutien financier» en place au-delà du 30 juin. Ce que l’Eurogroupe a refusé. Les ministres de Finances se sont réunis, le 27 juin, sans la présence de Yanis Varoufakis, pour envisager «l’hypothèse d’un défaut de paiement grec, avec toutes ses conséquences pour la zone euro». Les divers scénarios «techniques» abordés dans la presse du week-end ont pour mérite de mettre entre parenthèses le caractère essentiellement politique des chantages et propositions faites depuis des mois par les «institutions».  Nous laisserons à des économistes – de gauche et de droite – phraser sur les «scénarios» possibles et, ce faisant, apportant peu d’attention aux forces de Syriza qui se battent depuis février, de manière responsable et unitaire, non seulement contre les «institutions» et leurs relais grecs, mais aussi contre les pièges de «propositions acceptables» faites par le gouvernement.

Construire un Front uni du NON

Dans sa déclaration datée du 27 juin, fin d’après midi, le Red Network met l’accent sur les points suivants:

• la décision de faire appel à la volonté populaire et de refuser de signer un nouveau mémorandum change le cadre politique grec;

• cela traduit le fait que les mobilisations sociales qui ont trouvé une expression politique dans le vote du 25 janvier 2015 ont des racines plus profondes que ce qu’avaient anticipé les supporters d’une politique néolibérale d’austérité à l’échelle nationale et internationale;

• un rejet des propositions des institutions le 5 juillet va sortir Syriza du marais des négociations avec les créanciers et des impasses auxquelles a conduit l’accord du 20 février; les espoirs populaires seront revitalisés;

• nous l’avons dit depuis des mois, comme voix «critique» dans Syriza: il est difficile de transformer Syriza en un parti pro-austérité;

• une fois le référendum annoncé, les créanciers feront tout pour étrangler économiquement le gouvernement de gauche ainsi que les forces populaires en Grèce;

• une bataille d’envergure va se produire dans les jours qui viennent, les travailleurs, les travailleuses et les forces populaires ont toutes les raisons d’engager un combat pour une claire majorité et pour une victoire qui affirme: non aux mémorandums; non à l’austérité; non à la dette; non aux chantages des créanciers;

• une victoire va relancer la dynamique populaire et de gauche, elle va démontrer que le rapport des forces en Grèce a changé; elle va indiquer la nécessité urgente d’appliquer de manière unilatérale les promesses faites à Thessalonique (en septembre 2014): arrêt du paiement de la dette; mesures pour améliorer la vie des salarié·e·s et des couches populaires; mettre fin aux privatisations et taxer ceux qui échappent aux impôts, etc. Cela doit se faire en utilisant tous les instruments nécessaires d’ordre social, politique, monétaire, diplomatique;

• deux mondes vont s’affronter dans les jours à venir: d’un côté, celui des gagnants des mémorandums ensemble avec leurs patrons et partenaires internationaux; de l’autre, le monde du travail, des couches populaires et paupérisées; la victoire des uns sera la défaite des autres;

• d’où l’urgence de mettre en place un front uni du NON (non aux propositions des institutions);

• au-delà des fautes politiques commises, personne ne doit sous-estimer les difficultés de la situation. Ce n’est pas le temps pour engager des débats académiques. Une victoire massive peut changer de manière significative la situation en Grèce et au-delà.

C’est dans cet esprit que les forces de gauche s’engagent dans la bataille référendaire. Les réunions qui se tiennent ce dimanche 28 juin ont pour but de constituer et planifier la mobilisation de ce Front pour le vote du 5 juillet. Car, dès son résultat, une nouvelle question se posera: que faire maintenant face à des ennemis déterminés? (Rédaction A l’Encontre)

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