Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
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Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de
l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].
Loin de l’Europe, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble s’est lâché. Devant la Brookings institution, un think tank basé à Washington, aux Etats-Unis, il n’a pas choisi des termes très diplomatiques. « La France serait contente que quelqu'un force le Parlement, mais c'est difficile, c'est la démocratie », a-t-il dit lors d'un débat, après avoir évoqué les réformes selon lui « très réussies » menées en Espagne sous la supervision de la troïka (Banque centrale européenne, Fonds monétaire international, et Union européenne). Elle contrôle la mise en oeuvre de réformes dans les pays européens bénéficiant d'une aide internationale.
Regardez la vidéo de Wolfgang Schäuble (à partir de 25'50) :
« Si vous en parlez avec mes amis français, que ce soit (le ministre des Finances) Michel Sapin ou (de l'Economie) Emmanuel Macron, ils ont de longues histoires à raconter sur la difficulté à convaincre l'opinion publique et le Parlement de la nécessité de réformes du marché du travail", a dit juste avant ce fervent partisan de la discipline budgétaire.
Sa déclaration a été très mal reçue en France, surtout à gauche. Michel Sapin a répondu que « la France déteste qu'on la force », indiquant vouloir répondre « amicalement » à son homologue allemand. « Le vocabulaire de la punition, de la sanction, de la contrainte, c'est ce qui fait détester l'Europe », a souligné le ministre des Finances français, lui aussi à Washington pour des réunions avec le FMI et la Banque mondiale. « Le principe (partagé par Paris et Berlin) c'est que c'est le rôle de la Commission européenne » d'évaluer les politiques menées au niveau national, et non aux Etats membres de donner leur avis les uns sur les autres, a-t-il affirmé. « Connaissant bien Wolfgang Schäuble, c'était plutôt une forme d'encouragement », a voulu conclure Michel Sapin sur le ton de la plaisanterie.
Au Parti de gauche, la sortie du ministre allemand n’a pas du tout fait rire. Dans un communiqué, Jean-Luc Mélenchon a demandé que « l’odieux Schäuble » demande « pardon ».
« Encouragé par les pleurnicheries des ministres français qui se plaignent auprès de lui de leurs propres compatriotes, le bourreau de la Grèce et de l’Espagne voudrait étendre à la France ses remèdes mortels » estime l’ancien candidat à la présidentielle. « J’attends de Daniel Cohn-Bendit, qui avait insulté mes précédentes dénonciations de la nouvelle arrogance allemande qu’il prenne la défense de la France dont il a été député et dont il demande la carte d’identité » a-t-il ajouté.
Deux heures après, le co-président du Parti de gauche en a remis une couche sur Twitter : « Schäuble est un Bismarck d'opérette. Merkel devrait lui offrir un cerveau avec une mémoire de l'Histoire ».
Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, est même allé jusqu’à estimer que les propos du ministre allemand « sont de la même logique que ceux des violeurs ».
Au PS, le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis n’a pas été plus tendre. « La francophobie de Wolfgang Schäuble est insupportable, inacceptable et contre-productive » a-t-il affirmé.
Assez rare pour être noté, Jean-Luc Mélenchon a « félicité » le patron du PS d’avoir dénoncé "« la francophobie »de ce petit Bismarck de bal masqué ".
Le président PS de l’Assemblée nationale a aussi réagi sur Twitter :
Florian Philippot, vice-président du Front national, a quant à lui dénoncé des propos « graves » qui « compromettent gravement l’honneur de notre pays et imposent aux autorités françaises de réagir avec fermeté ». « Le gouvernement de Manuel Valls doit immédiatement convoquer l’ambassadeur d’Allemagne à Paris et exiger des excuses officielles de Mme Merkel » demande le proche de Marine Le Pen.
Monsieur Manuel Valls était ce vendredi 10 avril au Portugal et il y a tenu des propos scandaleux. Il s’y est exprimé sur la situation d’un pays tiers. On pourrait ici remarquer que c’est montrer bien peu de respect pour la souveraineté de ce dit pays tiers, la Grèce pour ne pas la nommer. Mais, ce qui retient l’attention c’est le sens, explicite comme implicite des propos. Et cela réveille de vieux souvenirs… Alors pourrait on reprendre, en s’inspirant de l’usage qu’en fit le regretté Pierre Dac[1], sur l’air de la Cucaracha [2] la phrase suivante…
Le réchauffement des relations diplomatiques entre La Havane et Washington ne signifie pas que le marché immobilier de Cuba sera soudainement ouvert aux investisseurs étrangers, prévient l’ambassadeur de ce pays.
Les présidents Raul Castro et Barack Obama ont causé la surprise, en décembre, lorsqu’ils ont annoncé une normalisation des relations entre les deux pays après 53 ans d’embargo américain.
Certains promoteurs internationaux y ont immédiatement vu des occasions en or pour le développement de la côte antillaise de l’île, à peu près vierge, sans compter la capitale, qui recèle des trésors immobiliers.
Mais l’ambassadeur de Cuba au Canada, Julio Garmendia Pena, a rappelé récemment que les terrains appartiennent au peuple cubain, même si l’île est ouverte à des investissements dans d’autres secteurs.
Un vieux contentieux à régler
Plusieurs obstacles se dressent encore sur la voie du rapprochement complet entre les États-Unis et Cuba, notamment l’établissement de liens diplomatiques et la levée de l’embargo économique, que La Havane appelle « le blocus ».
Mais, par-dessus tout, Cuba veut régler le contentieux historique sur la propriété foncière - un litige qui vaut des milliards de dollars.
Lors de la révolution communiste de Fidel Castro en 1959, le nouveau gouvernement a saisi et nationalisé les énormes actifs américains dans le pays - le téléphone, plusieurs services publics, des plantations de canne à sucre et autres propriétés privées, dont plusieurs hôtels Hilton.
La valeur de ces actifs atteindrait 7 milliards $ US, une somme réclamée à grands cris par la diaspora cubaine de Miami, très remontée contre le régime communiste, et très influente aux États-Unis.
L’ancien ambassadeur canadien à Cuba Mark Entwistle, qui a été en poste à La Havane de 1993 à 1997, estimait lundi que les deux pays devront d’abord s’entendre sur des compensations dans ce dossier avant que tout le reste n’aille de l’avant.
« On entend beaucoup ces temps-ci - surtout aux États-Unis - qu’une ruée vers l’or (immobilière) s’en vient à Cuba », explique M. Entwistle. « Cette perception est attribuable à un énorme manque d’informations sur Cuba, un manque de connaissance sur ce pays, sur ce que les Cubains ont traversé, sur ce qu’ils vivent présentement, et à quoi ils aspirent ».
Tirer les leçons du passé
Et malgré les liens plutôt amicaux qu’Ottawa a conservés avec La Havane, les investisseurs canadiens n’auront pas plus de chances que les autres de percer le marché immobilier cubain, estime l’ex-diplomate.
L’ambassadeur Pena a lui aussi rappelé que Cuba a retenu une ou deux leçons de l’époque où les Américains occupaient une grande part de l’île. « Lorsque (à la révolution) nous avons dressé la liste des propriétés, nous avons été secoués. Alors, cette fois-ci, nous avons décidé d’être plus prudents ».
L’ex-ambassadeur canadien abonde : « On ne verra plus jamais un seul pays contrôler les deux tiers de l’économie nationale, et tous les services publics, le téléphone, l’électricité, et plus de 80 % des plantations de canne à sucre et des terres agricoles », a-t-il estimé.
En 1966, sous la présidence de De Gaulle, la France décidait de ne plus "mettre de forces à la disposition de l'OTAN"
En 1966 , Charles de Gaulle se prononçait pour le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN : «En raison de l'évolution intérieure et extérieure des pays de l'Est, le monde occidental n'est plus aujourd'hui menacé comme il l'était à l'époque où le protectorat américain fut organisé en Europe sous le couvert de l'OTAN […] Des conflits où l'Amérique s'engage dans d'autres parties du monde, comme avant-hier en Corée, hier à Cuba, aujourd'hui au Viêt Nam, risquent de prendre, en vertu de la fameuse escalade, une extension telle qu'il pourrait en sortir une conflagration générale. Dans ce cas, l'Europe, dont la stratégie est, dans l'OTAN, celle de l'Amérique, serait automatiquement impliquée dans la lutte lors même qu'elle ne l'aurait pas voulu».
Concrètement, la France, précise le général, « se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ».
Le plus haut gradé américain va se rendre dans les jours prochains sur le porte-avions français Charles de Gaulle qui croise dans les eaux du Golfe dans le cadre de sa participation à la coalition internationale contre les jihadistes, selon des responsables.
Le général Martin Dempsey doit en outre avoir des discussions au Bahreïn et en Irak, où la coalition conduite par Washington mène depuis six mois des frappes aériennes contre les positions du groupe Etat islamique (EI) qui y contrôle de nombreux territoires.
Le Charles de Gaulle, engagé le mois dernier dans les opérations de la coalition, se trouve dans les eaux du Golfe, au côté du porte-avions USS Carl Vinson.
"Je pense que c'est encourageant que les Français apportent dans ce combat une ressource (le porte-avions ndlr) aussi rare que précieuse pour eux", a déclaré le chef d'état-major inter-armées américain à des journalistes à bord d'un avion le conduisant dans le Golfe.
"Cela reflète à quel point c'est important pour eux", a-t-il ajouté.
Avec douze Rafale et neuf Super Étendard modernisés embarqués, le Charles de Gaulle a nettement renforcé le dispositif français dans la coalition, qui comptait jusqu'à présent neuf Rafale aux Emirats et six Mirage 2000D en Jordanie.
Véritable base aérienne flottante, il est accompagné d'un sous-marin nucléaire d'attaque, d'une frégate de défense anti-aérienne (Chevalier Paul) et d'une autre anti sous-marine (le bâtiment britannique Kent), ainsi que d'un pétrolier ravitailleur, soit quelque 2.700 marins embarqués, dont 2.000 pour le seul porte-avions.
Les marines française et américaine travaillent en "intégré", sous commandement opérationnel américain, avait expliqué à l'AFP début mars un officier à bord du Charles de Gaulle.
Le général Dempsey a indiqué qu'il souhaitait adresser ses remerciements à la France pour sa contribution aux efforts de guerre contre les jihadistes.
Le porte-avion français Charles de Gaulle sous commandement US
Le porte-avion nucléaire français Charles de Gaulle a été placé sous commandement américain dans le cadre de l'opération conjointe contre l'Etat islamique en Irak.
Selon le Washington Post, le navire français a été intégré à un groupe aéronaval avec le porte-avion nucléaire américain USS Carl Vinson.
Il s'agit de la première fois qu'un porte-avion français est placé sous commandement US pendant une opération militaire dans l'histoire.
A l'occasion de cet événement, le chef d'état-major des armées des Etats-Unis, le général Martin Dempsey, s'est rendu dimanche à bord du Charles de Gaulle.
Les deux navires disposent d'un niveau élevé d'interaction : les chasseurs français Rafale se posent et décollent du Carl Vinson, tandis que le Charles de Gaulle accueille des F/A-18 Hornet américains.
La France est le premier pays à avoir rejoint en septembre 2014 la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Depuis août, ces derniers effectuent des frappes aériennes contre les positions de l'EI en Irak et depuis le 23 septembre, en Syrie.
Le Charles de Gaulle est actuellement le seul porte-avions en service dans la Marine nationale française. Mis en exploitation en 2001, il est le premier bâtiment de surface français à propulsion nucléaire.
Cinglante défaite pour Barack Obama et nouveau pas dans l’unité et la souveraineté latino-américaines : tous les Etats membres de l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur), à savoir l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela se sont réunis en session extraordinaire à Quito ce samedi 14 mars 2015 pour manifester leur rejet unanime du décret pris par Washington contre le Vénézuéla le 9 mars 2015 parce qu’”il constitue une menace d’ingérence et de violation de la souveraineté et du principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres États”.
Chargé de lire la déclaration finale, le chancelier de l’Uruguay a expliqué que les douze gouvernements ont réaffirmé leur engagement “avec la pleine actualité du droit international, la solution pacifique des controverses et le principe de non-intervention” et, dans une claire allusion à la possibilité d’un blocus économique ou d’une invasion militaire, ont appelé tout gouvernement “à s’abstenir de mesures coercitives unilatérales qui violent le droit international”. Les participants à la réunion de Quito ont demandé instamment aux États-Unis d’évaluer et de mettre en pratique “des alternatives de dialogue avec le Gouvernement du Venezuela basée sur les príncipes de souveraineté des peuples« .
En outre, le porte-parole a rappelé que l’UNASUR poursuivra sa mission d’accompagnement du “plus large dialogue politique avec toutes les forces démocratiques vénézuéliennes, dans le plein respect de l’ordre constitutionnel, des droits humains et de l’État de droit”. La semaine passée la délégation de l’UNASUR s’était rendue à Caracas pour enquêter sur la tentative de coup d’État du 12 février contre le gouvernement de Nicolas Maduro, avait invité les diverses forces politiques à un réunion et s’était entretenue avec les autorités du Centre National Électoral. Au terme de ces travaux, le président de l’UNASUR, l’ex–président colombien Ernesto Samper, avait rejeté toute ingérence extérieure et recommandé à l’opposition de jouer le jeu électoral et de renoncer à la violence.
Une position réaffirmée ce samedi par le chancelier uruguayen : “L’Unasur considère que la situation intérieure du Venezuela doit être résolue par les mécanismes prévus dans la Constitution vénézuélienne” et offre son plein appui dans le cadre de l’observation des prochaines élections législatives prévues cette année au Venezuela, “convaincue de l’importance de maintenir l’ordre constitutionnel, la démocratie et la plus totale permanence des droits humains fondamentaux de l’Unasur”.
Pour rappel, le lundi 9 mars 2015, le gouvernement des États-Unis avait franchi un nouveau seuil dans les menaces vis-à-vis du Venezuela lorsque le président Barack Obama avait signé un ordre exécutif décrétant “l’urgence nationale aux États-Unis vu la menace extraodinaire et inhabituelle que représente le Venezuela pour notre sécurité nationale et notre politique extérieure” (sic).
Ce document avait, en peu de jours, suscité une solidarité active avec le Venezuela de la part des mouvements sociaux latino-américains et de collectifs du monde entier qui ont défilé à Buenos Aires, à Brasilia, à La Paz, á Managua, La Havane, etc.. jusqu’à Madrid : collectifs citoyens, mouvements étudiants, syndicats de travailleurs, mouvements paysans comme les Travailleurs Sans Terre du Brésil…
Marche de soutien à Buenos Aires
Marche de soutien à Brasilia
Le président équatorien Rafael Correa a déclaré : “Comment ne pas rejeter avec indignation cette barbarie ! A l’époque des dictatures des années 70, c’était quelque chose de commun mais aujourd’hui, en plein XXIème siècle ! Le droit international existe ! Que l’on soit ou non d’accord avec le gouvernement de Nicolas Maduro, la plus élémentaire des dignités nous oblige, en tant que latino-américains, à rejeter tant d’arrogance, tant d’unilatéralisme, tant d’impérialisme. Nous en avons assez ! Quelle honte !”. Pour l’ex-Président Mujica, dire que « le Venezuela est une menace est une folie, nous en avons assez de l’intromission permanemte des États-Unis ! » et le président bolivien Evo Morales a exigé au président Obama de présenter ses excuses à l’Amérique Latine.
Des théologiens brésiliens de la Libération comme le père franciscain Leonardo Boff et l’évêque Pedro Casaldáliga, le Père nicaraguayen Miguel d’Escoto, ex-Secrétaire Général de l’ONU, ainsi que l’évêque Thomas Gumbleton et l’ex-Procureur Général des États-Unis Ramsey Clark, ont écrit au président Obama pour lui demander de retirer son décret. “Nous qualifions d’honteux et de profondément hypocrite votre décret. Il constitue également une violation flagrante du droit international en tant que menace d’usage de la force contre le Venezuela et en tant qu’encouragement à vos agents vénézuéliens pour qu’ils continuent à déstabiliser le pays”.
T.D., Caracas, 14 mars 2015.
Message personnel envoyé à la Maison Blanche par la population de l’État de Falcon (Venezuela), depuis le Parc National Médanos de Coro, le 12 mars 2015.
Comme la carte le démontre, le Vénézuéla menace les Etats-Unis : la preuve,Caracas a lancé son navire amiral, Cuba, à l'assaut de laFloride
La tension est montée d'un cran lundi entre Washington et Caracas, l'annonce de sanctions américaines contre des responsables vénézuéliens accusés de violations des droits de l'homme ayant entraîné le rappel immédiat du plus haut représentant diplomatique vénézuélien aux États-Unis.
"Nous sommes très inquiets des efforts du gouvernement vénézuélien visant à intensifier l'intimidation de ses opposants politiques", a affirmé la Maison Blanche dans un communiqué.
Dans le décret détaillant les sanctions, qui renforcent celles annoncées fin 2014, le président lui-même se montre très virulent : "Moi, Barack Obama, (...) je considère que la situation au Venezuela (...) constitue une menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis".
"C'est pourquoi je déclare l'urgence nationale pour faire face à cette menace".
A Caracas, la réplique n'a pas tardé : "Nous avons rappelé pour consultations immédiates Maximilien Arvelaiz, chargé d'affaires aux États-Unis", qui est le plus haut représentant diplomatique vénézuélien dans ce pays, a annoncé la ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez sur son compte Twitter.
Ce nouvel épisode survient après des années de frictions, les deux pays n'ayant plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010.
La mésentente a grandi encore depuis fin 2014, quand la Maison Blanche a décidé de sanctionner des responsables vénézuéliens, impliqués dans la violente répression des tentatives de coup de force contre le président Nicolas Maduro entre février et mai 2014.
Ces violences avaient fait officiellement 43 morts, dans les rangs des manifestants, des forces de l'ordre et des partisans du pouvoir.
En annonçant le gel d'avoirs et l'interdiction de visas pour sept responsables vénézuéliens, actuels ou anciens, dont le directeur de la police nationale et le directeur général des services de renseignement impliqués, Washington avait suscité l'ire du gouvernement de Nicolas Maduro, héritier politique d'Hugo Chavez, décédé en 2013.
Depuis, les doux mots ont fusé : "idiots", lançait en décembre Nicolas Maduro, qualifiant les sanctions de "stupides".
Un "comportement monstrueux", répliquait en février le secrétaire d’État américain, John Kerry.
Il y a dix jours, la tension a franchi un nouveau cran, avec l'annonce par Nicolas Maduro que les Américains voulant se rendre au Venezuela auraient désormais besoin d'un visa. Il a par ailleurs ordonné une réduction drastique, de 100 à 17, du personnel diplomatique américain à Caracas.
La ministre des Affaires étrangères vénézuéliennes, Delcy Rodriguez, à Caracas, le 9 mars 2015 ( AFP / Juan Barreto )
Ce qui inquiète aussi les États-Unis, c'est la récente offensive du dirigeant chaviste contre les éléments putschistes, avec l'arrestation de leur agent à Caracas, Antonio Ledezma, maire d'un quartier de la capitale, accusé d'être impliqué dans un complot visant à renverser le gouvernement.
"Nous sommes déterminés à défendre les droits de l'homme et à promouvoir les principes démocratiques au Venezuela en utilisant des sanctions financières", a souligné lundi le secrétaire américain au Trésor Jack Lew.
Ces sanctions, renforcées par rapport à décembre, s'appliquent à des personnes impliquées dans des "actes de violence qui constituent de graves violations des droits de l'homme"* ainsi que dans des décisions "interdisant ou limitant la liberté d'expression et de rassemblement", selon le décret américain.
Depuis l'accession au pouvoir au Venezuela en 1999 de Hugo Chavez, critique farouche de "l'impérialisme" américain, décédé en 2013, Washington et Caracas entretiennent des relations exécrables.
* Tels les meurtres de civils noirs par des policiers US, comme à Ferguson ?
FIGAROVOX/EXCLUSIF - Pour Jean-Michel Quatrepoint, la vente d'Alstom est un «scandale d'État». Le journaliste et économiste révèle que le gouvernement a délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire.
Jean-Michel Quatrepoint est journaliste économiste. il a travaillé entre autres au Monde, à la Tribune et au Nouvel Economiste. Il a écrit de nombreux ouvrages, dont La crise globale en 2008 qui annonçait la crise financière à venir.
Vendredi 19 décembre, dans un complet silence médiatique, les actionnaires d'Alstom ont approuvé à la quasi-unanimité le passage sous pavillon américain du pôle énergie du fleuron industriel. 70% des activités d'Alstom sont donc vendues au conglomérat General Electric (GE). Que cela signifie-t-il concrètement?
Le protocole d'accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l'assemblée générale d'Alstom, le 19 décembre, est proprement hallucinant tant il fait la part belle à Général Electric et ne correspond pas à ce qui avait été négocié et présenté au printemps dernier.
Au-delà des éléments de langage des communicants et de la défense de Patrick Kron, il s'agit, bel et bien de la vente - oserais-je dire, pour un plat de lentilles - d'un des derniers et des plus beaux fleurons de l'industrie française à General Electric.
Pour comprendre les enjeux, il faut rappeler quelques faits. Le marché mondial de la production d'électricité, des turbines, est dominé par quatre entreprises: Siemens, Mitsubishi, General Electric et Alstom. Le groupe français détient 20 % du parc mondial des turbines à vapeur. Il est numéro un pour les centrales à charbon et hydrauliques. Alstom Grid, spécialisé dans le transport de l'électricité, est également un des leaders mondiaux. Mais c'est dans le nucléaire qu'Alstom était devenu un acteur incontournable. Avec 178 turbines installées, il couvre 30 % du parc nucléaire mondial. Ses nouvelles turbines, Arabelle sont considérées comme les plus fiables du monde et assurent 60 ans de cycle de vie aux centrales nucléaires. Arabelle équipe les futurs EPR. Mais Alstom a également des contrats avec Rosatom en Russie et avec la Chine pour la livraison de quatre turbines de 1000 MW. Alstom, faut-il le rappeler, assure la maintenance de l'îlot nucléaire des 58 centrales françaises.
Les activités nucléaires d'Alstom n'étaient-elle pas censées être sanctuarisées?
Au début des négociations avec GE, celui-ci n'était intéressé que par les turbines à vapeur et notamment à gaz. Dans l'accord du mois d'avril dernier, cette activité était vendue à 100 %, mais trois filiales 50-50 étaient créées. L'une pour les énergies renouvelables, dont l'hydraulique et l'éolien en mer. La deuxième pour les réseaux, Alstom Grid, et la troisième, pour les activités nucléaires. À l'époque, les autorités françaises, par la voix d'Arnaud Montebourg, avaient garanti que ce secteur nucléaire resterait sous contrôle français. Le vibrionnant ministre français est parti et les promesses, c'est bien connu, n'engagent que ceux qui veulent les croire.
Non seulement le 50-50 est devenu 50 plus une voix pour General Electric, mais le groupe américain détiendra 80 % pour la partie nucléaire. C'est dire que la production et la maintenance des turbines Arabelle pour les centrales nucléaires sera contrôlée par GE.
Quelles sont les conséquences sur l'industrie française, notamment sur la filière nucléaire?
On peut dire ce que l'on veut, mais c'est désormais le groupe américain qui décidera à qui et comment vendre ces turbines. C'est lui aussi qui aura le dernier mot sur la maintenance de nos centrales sur le sol français. La golden share que le gouvernement français aurait en matière de sécurité nucléaire n'est qu'un leurre. Nous avons donc délibérément confié à un groupe américain l'avenir de l'ensemble de notre filière nucléaire…
Pourquoi General Electric qui, il y a un an, n'était intéressé que par les turbines à vapeur a-t-il mis la main sur ce secteur nucléaire?
Tout simplement, parce que l'énergie est au centre du projet stratégique américain. Et que le nucléaire est une des composantes de l'énergie. Le marché redémarre. Dans les pays émergents, mais aussi en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. General Electric en était absent. Là, il revient en force et acquiert, pour quelque milliards de dollars avec Arabelle, le fleuron des turbines nucléaires.
Sur le marché chinois, l'un des plus prometteurs, Westinghouse associé à Hitachi, est en compétition face à EDF, Areva et Alstom. Arabelle était un atout pour la filière française. Que se passera-t-il demain si GE négocie un accord avec Westinghouse pour lui fournir Arabelle? C'est donc à terme toute la filière nucléaire française qui risque d'être déstabilisée à l'exportation.
Cela peut-il également avoir des conséquences diplomatiques et géopolitiques? Lesquelles?
Oui, et c'est peut-être le plus grave. Les Etats-Unis sont nos alliés, mais il peut arriver dans l'histoire que des alliés soient en désaccord ou n'aient pas la même approche des problèmes, notamment dans la diplomatie et les relations entre États. Est-on sûrs qu'en cas de fortes tensions entre nos deux pays, comme ce fut le cas sous le Général de Gaulle, la maintenance de nos centrales nucléaires, la fourniture des pièces détachées seront assurées avec célérité par la filiale de GE?
En outre, on a également oublié de dire qu'il donne à GE le monopole de la fourniture de turbines de l'ensemble de notre flotte de guerre. D'ores et déjà, le groupe américain fournit près de la moitié des turbines à vapeur de notre marine, à travers sa filiale Thermodyn du Creusot. Alstom produit le reste, notamment les turbines du Charles de Gaulle et de nos quatre sous-marins lanceurs d'engins. Demain, GE va donc avoir le monopole des livraisons pour la marine française. Que va dire la Commission de la concurrence? Monsieur Macron a-t-il étudié cet aspect du dossier?
Enfin, il est un autre secteur qu'apparemment on a oublié. Il s'agit d'une petite filiale d'Alstom, Alstom Satellite Tracking Systems, spécialisée dans les systèmes de repérage par satellite. Ces systèmes, installés dans plus de 70 pays, équipent, bien évidemment, nos armées, et des entreprises du secteur de la défense et de l'espace. C'est un domaine éminemment stratégique, car il concerne tous les échanges de données par satellite. General Electric récupère cette pépite. Quand on sait les liens qui existent entre la NSA, les grands groupes américains pour écouter, lire, accéder aux données des ennemis, mais aussi des concurrents, fussent-ils alliés, on voit l'erreur stratégique à long terme que le gouvernement vient de commettre. Le ministère de la Défense a t il donné son avis?
Peut-on aller jusqu'à parler de dépeçage?
Oui car, ne nous y trompons pas, l'histoire est écrite. Patrick Kron, actuel PDG, s'est félicité que les accords avec les Américains permettront à Alstom de vendre, d'ici à trois ou quatre ans, ses participations dans les trois sociétés communes, dans de bonnes conditions… pour les actionnaires. Ce qui restera d'Alstom, la partie ferroviaire qui aura bien du mal à survivre, reversera de 3 à 4 milliards d'euros aux actionnaires dont Bouygues qui détient 29% et qui souhaitait sortir. En fait on fait porter à Bouygues un chapeau trop grand pour lui. Ce n'est pas la raison principale de cette cession. Ni le fait que la branche énergie d'Alstom ne soit pas rentable ( seules les turbines à gaz depuis le rachat catastrophique de l'activité de ABB en 2000 posent problème ).
Quelle est alors, selon vous, la véritable raison de cette vente?
La véritable raison, quoiqu'en disent les dirigeants d'Alstom, c'est la pression judiciaire exercée par la justice américaine qui s'est saisie en juillet 2013 , d'une affaire de corruption, non jugée, en Indonésie pour un tout petit contrat ( 110 milions de dollars ). Tout se passe comme si cette pression psychique, voire physique, sur les dirigeants, la crainte d'être poursuivi, voire emprisonné ( comme ce fut le cas pour un des responsable d'une filiale du groupe aux Etats Unis ) la menace d'amendes astronomiques avaient poussé ces dirigeants a larguer l'activité énergie. Comme par hasard il y avait un acheteur tout trouvé: Général Electric. Ce ne sera jamais que la cinquième entreprise soumise à la vindicte de la justice américaine que ce groupe rachète. Au passage je rappelle que Jeffrey Immelt son PDG est le président du conseil pour l'emploi et la compétitivité mis en place à la Maison Blanche par Obama. Ce qui n'empêche pas GE d'être le champion de l'optimisation fiscale ( Corporate Tax Avoiders ) avec une vingtaine de filiales dans les paradis fiscaux. Sur 5 ans le groupe a déclaré 33,9 milliards de dollars de profits et n'a pas payé un cent d'impôts aux Etats Unis. Outre Atlantique ont dit désormais ce qui est «bon pour GE est bon pour l'Amérique «. Mais ce qui est bon pour GE ne l'est pas forcément pour la France ou l'Europe. A moins de considérer que notre avenir est de devenir une filiale de GE…
Si on peut comprendre que les actionnaires trouvent leur compte dans cette vente, comment expliquer la passivité des acteurs de la filière nucléaire et surtout de l'Etat?
On ne peut que s'étonner du peu de réactions des acteurs de la filière nucléaire. Il est vrai que Bercy et l'Élysée ont donné leur feu vert à cette nouvelle version des accords au moment même où EDF et Areva connaissaient une vacance du pouvoir. Chez Areva, Luc Oursel, aujourd'hui décédé, avait quitté de fait les rênes à la fin de l'été. Chez EDF, François Hollande et Emmanuel Macron ont décidé seuls, contre l'avis de Manuel Valls et de Ségolène Royal, de ne pas renouveler Henri Proglio et de le remplacer par Jean-Bernard Lévy. Un patron de qualité, unanimement apprécié… chez Thalès. Cette vacance du pouvoir, à un moment crucial, a incontestablement favorisé l'évolution des accords au profit de GE. Une politique de gribouille, puisque Henri Proglio va se retrouver président du Conseil de surveillance… de Thalès. Du grand n'importe quoi. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'Élysée et Bercy n'ont pas fait un cadeau de Noël aux nouveaux présidents d'EDF et d'Areva. Le drame de l'appareil d'Etat c'est qu'il est dirigé par Bercy où la fibre industrielle a pratiquement disparu. Soit nous avons des politiques qui ne connaissent l'activité économique qu'à travers le prisme des collectivités locales soit nous avons de jeunes technocrates formés, imprégnés par la mentalité de banquier d'affaires . Un bref passage par Rothshild ou Lazard n'est pas forcément un gage de compétences en industrie…
L'Europe a-t-elle joué un rôle dans cette affaire?
Indirectement oui, lorsque Pierre Bilger, en 1999, a racheté une partie des activités de turbines de ABB - un rachat funeste, le groupe français ayant payé fort cher des turbines qui vont se révéler défectueuses - la Commission européenne a exigé qu'Alstom cède une partie de ses actifs dans ce secteur. Et ce, pour éviter une position dominante sur le marché européen. C'est ainsi que General Electric a racheté l'usine de Belfort d'Alstom.
Que dit le cas Alstom de la désindustrialisation de la France?
Qu'il y a un lien direct entre la désindustrialisation de la France, son déficit abyssal du commerce extérieur, sa perte d'influence dans le monde, la lente attrition des emplois qualifiés et les désastres industriels à répétition que notre pays a connu depuis vingt ans. De Péchiney à Arcelor, en passant par Bull, Alcatel, la Générale de Radiologie et aujourd'hui Alstom, la liste est longue de nos fleurons industriels qui ont été purement et simplement liquidés par l'absence de vision stratégique de la classe politique et de la haute administration, par la cupidité et l'incompétence de certains dirigeants d'entreprise qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant ceux de la collectivité. Oui, il y a bien une corrélation entre l'étrange défaite de 1940, qui vit en quelques semaines l'effondrement de notre pays et celle, plus insidieuse et plus longue, qui voit le délitement de notre appareil industriel.
Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique
Par Annie Lacroix-Riz, historienne
Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe
En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57% [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].
La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” » [4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie) [5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » [6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.
L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée [7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».
Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste [8].
Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma [9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film Il faut sauver le soldat Ryan ni par le long documentaire Apocalypse. lire la suite
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