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Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Extraits - Nous reprenons les manifestations en Seine-maritime et dans l'Eure
Seine-Maritime
Des barrages filtrants et des actions « surprises » sont également prévus dans le département de la Seine-Maritime, notamment au Havre. Les lieux de blocage ne sont pas encore connus.
Eure
La totalité de l'article et toutes les manifestations en Normandie ci-dessous.
CARTE. Loi Travail. Les manifestations et blocages, en Normandie, jeudi
Mise à jour : 25/05/2016 à 17:20 par Manon Loubet Deux mois après les premières manifestations contre la loi Travail, les opposants battront à nouveau le pavé, jeudi 26 mai 2016, lors d'une h...
Mise à jour : 25/05/2016 à 13:24 par Élodie Armand sur Normandie-actu - Extraits.
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Des votes organisés dans les sites nucléaires de Normandie pour une éventuelle baisse de charge. (DR)
Les opposants à la loi Travail brandissent une nouvelle menace pour tenter de faire plier le gouvernement. La CGT a appelé les salariés des centrales nucléaires à se mettre en grève. À Nogent-sur-Seine (Aube), l’arrêt de la production d’électricité a été votée, mardi 24 mai 2016. En Normandie, le préavis de 24 heures doit débuter dans la soirée du mercredi 25 mai à Flamanville (Manche), Paluel et Penly (Seine-Maritime). Le syndicat CGT appelle à une grève reconductible, sur le modèle de celle de la SNCF.[...]
Dans les deux centrales de Seine-Maritime et les unités de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), les salariés doivent décider si des baisses de charge (une diminution de la production d’électricité) seront mises en place. Ces perturbations dans la production d’électricité pourraient débuter dès la soirée, mercredi 25 mai.
"Nous ne pouvons pas mettre à l’arrêt une centrale car tout est relié et cela prend du temps. Mais on peut baisser la charge. Cela se décidera dans les assemblées générales. Cela pourrait coûter cher à EDF. S’il n’y a pas assez de courant, il faut en importer d’Allemagne ou de Belgique », explique Bruno Prepoleski, responsable régional de coordination énergie FNME-CGT à Normandie-actu.
FR3 Normandie
Action des opposants à la Loi Travail ce mercredi matin (25 mai) à la gare de péage du pont de Normandie, entre Le Havre et Honfleur
Voir la video sur le site de FR3 Normandie
VIDEO : le reportage France 3 Le Havre-Baie de Seine de Eddylia Eugène-Mormim et Hervé Guiraudou
Après un blocage (dans les deux sens) de la circulation du pont de Normandie, le trafic des véhicules ayant besoin de traverser la Seine s’est reporté sur le pont de Tancarville où d’importants ralentissements étaient signalés en début de matinée.
A 9h30, les opposants à la Loi Travail ont levé leur barrage.
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Mise à jour : 25/05/2016 à 14:49 par La Rédaction sur Normandie-actu
La gare Saint-Lazare, à Paris, le 26 avril 2016, lors d'une grève à la SNCF. (© AFP/Archives/MIGUEL MEDINA)
Le trafic SNCF était perturbé mercredi 25 mai 2016, mais « moins que la semaine dernière » avec 3 TGV sur 4 et 4 RER sur 5 en circulation, en raison d’un nouvel appel à la grève de la CGT-Cheminots et SUD-Rail, a indiqué un porte-parole de la SNCF. En province, la SNCF annonce 2 TER sur 3 et 6 Intercités sur 10. Il s’agit du cinquième épisode de grève des cheminots SNCF depuis début mars pour défendre leurs conditions de travail.
Publié le 23 mai 2016 sur le blog d'Action Communiste
Les salariés belges sont opprimés par les mêmes exploiteurs que le peuple français : le patronat européen et le capitalisme mondialisé
Les salariés français et belges sont sous la coupe de la même tyrannie : celle de l'Union Européenne et de sa politique en faveur de la "concurrence libre et non faussée" ...
Pour les salariés Belges voici aussi, une "réforme structurelle du marché du travail", connue maintenant sous le nom de "Loi Peeters". Elle répond exactement aux recommandations de la commission européenne et à ses injonctions très libérales en faveur du tout profit et du capitalisme mondialisé et spéculatif.
Pourtant le Parti du Travail de Belgique, dont nous saluons la combativité, ne mentionne à aucun moment la Commission européenne.
En France, en Belgique, dans tous les pays de l'UE, les peuples sont soumis aux réformes libérales pour le tout profit, voulues par le patronat européen avec l'appui des gouvernements sociaux-démocrates et conservateurs. Il est temps que les salariés, les ouvriers, le prolétariat moderne, renouent avec les luttes solidaires et internationalistes désignant les ennemis communs : le capitalisme mondialisé et la dictature supranationale de l'Union Européenne. Et s'opposent ensemble aux recommandations européennes qui, entre autres, renforcent la précarité, la baisse du pouvoir d'achat, remettent en cause le droit à la retraite et à la sécurité sociale, mettent à bas les services publics ...
Les salariés des transports et de l'énergie ont eux aussi leurs revendications spécifiques communes : notamment, l'arrêt des privatisations et des investissements spéculatifs au détriment des intérêts des salariés et des usagers.
Chacun, dans notre pays, combattons les lois imposées par nos ennemis communs et dénonçons la politique de l'Union Européenne. Proposons d'en sortir en construisant des politiques de coopération et d'échanges équitables, avantageuses pour les peuples et non pour les multinationales. Si nous ne le faisons pas, l'Union Européenne continuera ses méfaits année après année et ouvrira un boulevard aux partis d'extrême-droite en Europe.
Y.G.
Voici ci-dessous un extrait des dernières recommandations de Mai 2016 de la commission européenne au gouvernement belge :
Extraits
Par ailleurs, la Commission recommande que la Belgique au cours de la période 2016-2017,
1. réalise un ajustement budgétaire d’au moins 0,6 % du PIB vers l'objectif budgétaire à moyen terme en 2016 et en 2017 ; utilise les recettes exceptionnelles pour accélérer la réduction du ratio de la dette publique ; s’accorde sur des objectifs budgétaires contraignants parmi tous les niveaux de pouvoir ; simplifie le régime fiscal et supprime les distorsions en matière de dépenses fiscales.
2. procède à la révision de la « Loi de 1996 » sur la compétitivité et l’emploi, en concertation avec les partenaires sociaux ; s’assure que les salaires puissent évoluer en ligne avec la productivité ; assure l’efficacité des politiques d’activation du marché du travail ; avance en matière de réforme de l’éducation et de la formation professionnelle, et fournisse des aides à la formation, notamment pour les personnes issues de l’immigration.
3.renforce la capacité à innover, notamment en favorisant l’investissement en capital des connaissances; renforcer la concurrence dans le secteur des services aux entreprises comme dans celui du commerce en supprimant les restrictions d’exploitation et d’établissement. Combler les lacunes en matière d’investissement dans les infrastructures de transport et de capacité de production énergétique.
Ci-dessous un lien vers le document de la Commission
Les recommandations de la Commission à la Belgique ( 2016-2017)
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La fin de la semaine des 38 heures, des semaines hyper-flexibles ou l’intérim à vie. Voilà quelques exemples de ce qui se cache derrière le projet de réforme du marché du travail voulu par le ministre de l’Emploi Kris Peeters (CD&V). Résumé des cinq mesures principales de la loi Peeters, qui sont autant de raisons de la rejeter.
La loi Peeters va permettre à tous les employeurs de négocier 100 nouvelles heures supplémentaires avec chacun de leurs employés. 100 heures supplémentaires par an, ça fait deux heures supplémentaires par semaine. C’est donc clairement la fin de la semaine de 38 heures, qui passera en moyenne à 40 heures. 100 heures, c’est aussi 12 journées de travail en plus par an.
Ce paquet de 100 heures constitue un tout nouveau système d’heures supplémentaires qui s’ajoute au système déjà existant. Il peut même être étendu à 360 heures si un accord sectoriel le prévoit. Il existe en dehors de toutes les conventions collectives existantes, il s’applique de manière individuelle, sans motivation, sans contrôle des syndicats et sans récupération.
Les seules limites ? La journée de travail ne peut dépasser 11 heures et la semaine 50 heures.
Cette mesure est mauvaise :
Le temps de travail ne serait plus calculé par semaine mais bien par année (c’est l’annualisation du temps de travail). Cela signifie que vous pouvez travailler plus à certains moments et moins à d’autres, tant que vous prestez 38 heures par semaine en moyenne sur l’année, sans dépasser 9 heures par jour et 45 heures par semaine. Aujourd’hui, certains secteurs et entreprises ont un régime d’annualisation du temps de travail.
Il serait aussi possible, selon les secteurs, de faire des écarts jusqu’à 143 heures par rapport à l’horaire normal, soit 17 journées de travail, avant de devoir bénéficier d’un repos compensatoire (en plus du pot de 100 heures supplémentaires).
Cette mesure est mauvaise :
Les horaires possibles ne seront par exemple plus mentionnés dans le règlement de travail. On mettra seulement l’heure potentielle de début et celle de fin. Même chose pour les jours de la semaine.
La loi ouvre la porte à ce que les horaires ne soient communiqués que 24 heures à l’avance.
Le sursalaire des heures complémentaires (= les heures faites en plus de l’horaire fixé dans son contrat à temps partiel et en-dessous d’un horaire temps plein) sera beaucoup plus limité. Et, si c’est le travailleur qui a fait la « demande » pour des heures complémentaires, il n’aura plus droit à aucun sursalaire.
Cette mesure est mauvaise :
La Loi Peeters veut mettre en place un compte-carrière. On pourra y stocker des heures supplémentaires non payées, des congés pas pris, etc.
Cette mesure est mauvaise :
La loi Peeters c’est l’instauration d’un contrat intérimaire à durée indéterminée. Les travailleurs seraient donc liés à une agence d’intérim, et chaque entreprise pourrait directement faire appel à eux.
Cette mesure est mauvaise :
C’est lors du conclave budgétaire de début avril que le ministre de l’emploi Kris Peeters a fait adopter par le gouvernement une note de « réforme structurelle du marché du travail », maintenant connue sous le nom de Loi Peeters. L’objectif de la réforme est clair : « La production, le chiffre d’affaires et la marge bénéficiaire doivent être accrus, tandis que les coûts doivent être réduits ». En résumé, la réforme doit permettre d’augmenter les profits des entreprises (la marge bénéficiaire) et baisser les coûts (nous, les travailleurs).
France 3
Mis à jour le
Ce 24 mai au matin, les tankers et les gaziers accostaient encore au terminal pétrolier du Havre (Seine-Maritime). Mais ces livraisons de carburant pourraient bien être interrompues. La veille, les 260 salariés du site ont voté la grève à près de 95%. "On est montés d'un cran contre un gouvernement qui n'entend rien. Il n'y a plus de démocratie", dénonce Mathias Jeanne, secrétaire CGT CIM.
La compagnie industrielle maritime est une infrastructure à double enjeu pour la France. Car la CIM est le point d'entrée de 40% des importations de pétrole brut dans le pays, avec 10 millions de mètres cubes par an. Ils alimentent notamment les raffineries de Notre-Dame de Gravenchon et Gonfreville-l'Orcher. Deux sites qui sont actuellement en grève. L'arrêt total au Havre est prévu pour 19 heures.
Selon France 3 Normandie, les salariés de la raffinerie d'Exxon Mobil de Port-Jérôme, à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime), près du Havre, ont voté la grève, mardi 24 mai, à l'appel des syndicats CGT et FO, contre la loi Travail.
Des salariés non-grévistes, des cadres, des salariés des bureaux, une dizaine en tout selon FR3 Normandie, ont voulu participer à la réunion pour "exprimer leur opinion" et dire « Non à la grève ». Ce qu'ils ont fait devant les caméras.
Reste que ce ne sont pas les personnels qui travaillent dans les bureaux ou les cadres qui oeuvrent à la production. Or "Nous avons 50% de grévistes parmi les personnels postés et cela va avoir un impact sur la production", a déclaré à l'AFP la CGT d'ExxonMobil, par la voix de son porte-parole, Christophe Aubert. "Couper le robinet, c'est notre 49-3 à nous"!
Le blog du syndicat CGT rapporte que les conditions sont parfois difficiles pour les salariés qui désirent se joindre au mouvement de grève car les pressions faites par la hiérarchie sur les grévistes sont nombreuses. Pour les dirigeants d'Exxon Mobil, le droit de grève n'est, semble-t-il, valable que pour les salariés non grévistes. Ceux qui veulent faire grève ont eux eu droit aux pressions de leur hiérarchie …Le syndicat salue le « formidable soutien apporté par UL de Lillebonne, Harfleur et du Havre et des entreprises du HAVRE comme TOTAL ». Pour l'usine de Notre-Dame de Gravenchon, il est évident que l'intervention policière à Fos sur Mer a été un facteur déterminant dans la décision de la grève.
La production est à l'arrêt ou ralentie dans plusieurs secteurs. La production de carburant est fortement réduite.
Vous pouvez consulter le blog CGT de la raffinerie Exxon Mobil. L'honnêté et la rigueur du compte-rendu permettent de comprendre l'âpre combat de classe qui oppose une multinationale étasunienne ( siège social à Dallas ) et le gouvernement socialiste à des salariés qui veulent juste sauver leurs droits.
Les journalistes chiens de garde ( et chiennes de garde - soyons féministes ) ne nous ont pas habitués à une telle exactitude dans leurs reportages et débats. Depuis aujourd'hui effectivement les chiens et les chiennes sont lâchés, contre les salariés en grève . Comme cette interview de Pierre Laurent par Nathalie Lévy, journaliste très engagée au côté du gouvernement et qui n'a cessé de couvrir la voix de P. Laurent. C'est que, pour une fois, il ne parlait pas d'union avec les socialistes, mais de soutien aux salariés en grève et de retrait de la loi Travail.
YG.
Publié par El Diablo -
Semaine décisive pour notre mouvement : les travailleurs et la CGT de la chimie se sont courageusement engagés.
Mais s'ils sont un point d'appui considérable pour tous, ils ne peuvent rester isolés et il y va de la reponsabilité de tous les autres secteurs d'entrer à leur tour dans la grève pour contraindre le pouvoir socialiste au recul.
Un pouvoir affaibli et discrédité!
Les manoeuvres auxquelles il se livre à propos des camionneurs montrent que ce qu'il craint par dessus tout c'est la convergence effective des luttes et le blocage économique du pays.
C'EST DONC LE MOMENT D'Y ALLER !
Interview d’Eric Sellini,coordinateur CGT du groupe TOTAL
Les plus grosses raffineries de l’Hexagone sont en phase d’arrêt. La question, dit Eric Sellini, coordinateur CGT du groupe TOTAL, ce n’est pas « la pénurie. On sait ce que nous ressortent les médias à longueur de journée ». La question, c’est comment gagner, et la grève des raffineries pourrait bien être « cet appel d’air pour que tout le monde se lance dans la bataille ».
Le gouvernement a pourtant mis ses menaces à exécution en ordonnant le déblocage de plusieurs dépôts de carburants, près de Rennes, Rouen et à Lorient. « C’est inquiétant, reconnaît Sellini. Mais pour les dépôts, c’est plus facile de casser les barrages quand à l’intérieur les gars ne sont pas en grève, dit Sellini, S’ils entraient dans le mouvement, ce serait différent. Sur le gros dépôt de Dunkerque, l’ancienne raffinerie des Flandres, qui a fermé en 2010, nos camarades ont arrêté le travail, et plus une goutte de produit ne rentre dans le pays par ce biais-là. C’est le cas également à Clermont. A Valenciennes, c’est des copains de l’UL qui tiennent les barrages, de l’extérieur ».
Le discours de Bernard Cazeneuve, à l’Intérieur, et d’Alain Vidalies, aux Transports, fait sourire Sellini. « Le gouvernement veut éviter l’emballement. C’est pour cela qu’ils se veulent rassurants sur la question du carburant. La question c’est combien de temps va durer cette stratégie. L’avantage, pour eux, c’est que la Zone Sud du pays n’est pas à l’arrêt, au niveau hydrocarbures. Ils disposent tout un système de pipelines qui pourrait faire remonter des produits vers le Nord, mais c’est très compliqué. Et après, une fois que c’est sur les dépôts, il faut pouvoir charger les camions, et ça c’est une autre affaire. C’est pour cela qu’ils sont en panique ».
Faire donner la gendarmerie contre les raffineurs ? « Ils ne se frotteront pas à nous. Les installations sont arrêtées ou en passe de s’arrêter à Donges, près de Saint-Nazaire, à Grandpuits, à Feyzin, à Marseille ou sur la raffinerie de Normandie. Quand les installations sont à l’arrêt, il n’y a pas grand-chose à faire, tant ça met de temps à être relancé. A moins qu’ils n’ordonnent de débloquer les stocks, mais il faudrait encore trouver des non-grévistes pour ouvrir les vannes. Ou qu’ils s’assoient sur le droit de grève ».
La réquisition, comme en 2010 ? Sellini n’y croit pas non plus, « bien qu’avec ce gouvernement, on va de surprises en mauvaises surprises. Mais en 2010 la tentative de réquisition avait été retoquée par l’Organisation Internationale du Travail, qui avait condamné la France. Je ne crois pas qu’ils essayent. Mais s’il doit y avoir de nouveaux coups de force, ce sera en direction des dépôts, plus petits, avec des salariés qui sont isolés, souvent. Et ils vont tenter là où il y a juste des barrages ».
Sellini sait que la bataille sera dure, « on est rentré dans la phase aigüe du conflit ». Mais qu’on ne lui avance pas l’argument selon lequel les raffineurs seraient irresponsables. « Pour les services publics, s’il faut débloquer des stocks pour les hôpitaux, bien sûr qu’on le fera. Mais c’est tout. C’est le gouvernement qui prend le pays à la gorge ».
Le moral est bon, dans les raffineries, « les gars sont déterminés. On a des salariés qui d’habitude ne font pas grève sur des problématiques internes à l’entreprise, mais qui là, sont dans le conflit. En décembre 2015, on avait envisagé un mouvement sur les salaires, mais ça n’avait pas pris. Ce coup-ci, en mai 2016, c’est complètement différent, avec la Loi Travail. Quand les salariés sentent que c’est leur vie qui est en danger, leur vie sociale, leur vie familiale, ça change tout ».
Mais si l’état d’esprit est à la lutte, « on ne va pas tenir si on est isolés », reconnaît Sellini, préoccupé, rappelant la façon dont le mouvement, en 2010, a abouti à une impasse. « Si on se retourne, la semaine prochaine, et qu’on voit qu’on est tout seul, ça va être compliqué. C’est super de voir sur les piquets des copains territoriaux ou des postiers qui viennent nous appuyer, mais l’enjeu, c’est que toutes les boites cessent le travail ».
L’exemple du Havre ou de Saint-Nazaire est parlant pour Sellini. « Au niveau interpro, au niveau de l’Intersyndicale, là-bas, ça marche bien. Le fait que les dockers soient de la partie, ça donne du baume au cœur, ça change la donne. Les copains tiennent bon. Mais si on prend Grandpuits, par exemple, il faut que les gars se sentent entourés. Il faut que la semaine prochaine ils sentent que le mouvement de grève prend, sur le département, sur toute la région parisienne en réalité. Dans les grandes entreprises et dans les administrations ».
Que dire, du coup, de l’appel de l’Intersyndicale à une nouvelle journée de grève le 26 mai et la suivante le 14 juin ? « Un rendez-vous hebdomadaire, ça ne me choque pas, dit Sellini. A condition que ce ne soit pas juste l’occasion de faire une belle manif et après tout le monde rentre chez soi, précise-t-il. Un rendez-vous hebdomadaire, ça doit permettre, après, de continuer à travailler dans les boites, à convaincre les collègues, et les mettre en grève. En revanche, sur la date du 14 juin, alors là, pour le coup, je dois avouer que je suis perplexe sur le timing ».
« J’ai l’impression d’être revenu en 2010, reconnaît Sellini, sceptique. En 2010, on avait des rendez-vous hebdomadaires. Dans ce cas-là, il faut que ce soit des points d’orgue dans la mobilisation, pour repartir de plus belle. Mais une grève trois semaines après, à l’époque, c’est ce qui avait permis de siffler la fin de la partie. Ce que je n’entends pas, sauf du côté de la CGT, c’est qu’il faut faire monter la sauce dans toutes les entreprises, qu’il faut y aller. C’est pourtant bien ça, la solution. Après le 26, il faudra qu’on fasse le bilan, chez les raffineurs, notamment. C’est là qu’on verra combien de monde on a réussi à entraîner dans la bataille, si ça monte. Mais je suis sûr que ça peut monter ! »
SOURCES: