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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 12:18

Lu sur le blog de l'UL CGT Dieppe Air France, Droits et libertés, Emploi, Libertés

15 oct. 2015

Solidarité Air-France: rassemblement le 22 octobre à Dieppe

Le soir même de la réunion de la CE de l'Union Locale de la région dieppoise qui avait voté une motion de soutien aux salariés d'Air France, on apprenait que six salariés d’Air France étaient déférés au parquet, poursuivis pour "violences en réunion présumée". De nombreux autres salariés sont aujourd’hui menacés de poursuites disciplinaires par la direction d’Air France.

Le bureau de l'UL CGT de Dieppe exprime sa profonde indignation face à de tels procédés aussi violents et inquisiteurs pour ces travailleurs et leurs familles. Il exige la levée immédiate des poursuites judiciaires et disciplinaires engagées contre les salariés incriminés.

Pour la CGT, la violence est dans l'annonce de 2900 suppressions d'emplois, venant après 10 000 autres, et avant un plan de 5000 suivantes révélé par la presse.

L'UL CGT de Dieppe invite tous les syndicats de la CGT à exprimer leur soutien à l’ensemble des travailleurs qui luttent dans l’unité pour leur travail, l’emploi et l’avenir d’Air France et à participer très nombreux aux manifestations de soutien et solidarité, initiés par les syndicats des entreprises.

À Dieppe, la CGT appelle à un large rassemblement
Jeudi 22 octobre 2015 à 17h30 devant la Sous-Préfecture
Solidarité Air-France: rassemblement le 22 octobre à Dieppe

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 08:38
Au moment où le patronat du commerce remet en cause avec la complicité d'Hollande-Valls-Macron le repos du dimanche pour des dizaines de milliers de salariés et autant de familles ouvrières, nous mettons en ligne cet article sur les batailles et les victoires menées pour le dimanche chômé paru sur le site de Fakir en 2011.  Un rappel aussi sur la dure réalité des batailles de classe.  La CFDT qui refuse de se joindre à la manifestation du 22 Octobre contre les violences faites aux salariés d'Air France devrait méditer cette histoire. AC

Par Antoine Dumini, Cédric Sabatier, François Ruffin, Nicolas Hirth, 14/06/2011 , N°51(juin-août 2011)

 

Fakir poursuit son « Dictionnaire des conquêtes sociales ». Une ébauche, du moins, avec nos carences indiquées dans des encadrés dans le texte. Parce que la vraie version de cette « Histoire populaire » à la française, c’est avec vous qu’on va l’écrire. Au programme, aujourd’hui : le repos dominical. Et c’est la gauche, là, par anticléricalisme, qui a longtemps bataillé contre cet acquis...

On est au printemps 1906

« Un coup de grisou, dans les mines de charbon de Courrières, fait plus de 1 000 morts. La grève éclate chez les mineurs, écrit Jean-Denis Bredin. C’est l’occasion pour le vieux Clemenceau, enfin ministre, de montrer son tempérament. Il se rend à Lens, harangue les grévistes, les appelle au respect de la propriété, puis, renonçant à les persuader, fait donner les gendarmes, les hussards et les dragons. Du coup, la grève se durcit, au mois d’avril, et s’étend. C’est bientôt dans le Pas-de- Calais et le Nord une véritable émeute que répriment 20 000 soldats. Tandis qu’à force de brutalité le gouvernement paraît l’emporter, à Paris, les agents des postes se mettent en grève. Le ministre révoque les grévistes, car le gouvernement, comme le parti radical lui-même, est fermement décidé à ne pas tolérer la moindre grève des fonctionnaires.

Vient le 1er mai 1906. La jeune CGT a annoncé qu’elle ferait de ce jour-là un “ 1er mai pas comme les autres ”, et a décidé de canaliser tout l’effort syndical vers une seule revendication : la journée de huit heures. à Paris, la peur est extrême. Les bourgeois achètent des conserves, et s’enferment chez eux. Les capitaux s’enfuient. Clemenceau reçoit les dirigeants de la CGT et les prévient qu’il sera impitoyable. “Vous êtes derrière une barricade. Moi je suis devant. Votre moyen d’action c’est le désordre. Mon devoir c’est de faire l’ordre.” 45 000 hommes de troupe sont massés à Paris. Le secrétaire général de la CGT est, préventivement, arrêté et inculpé. Le 1er mai se passe sans trouble important – mais de nombreuses grèves prolongent l’arrêt de travail du 1er mai, et la crainte bourgeoise ne sera pas sans suite. La révolte ouvrière y aura gagné la loi du 13 juillet 1906 qui rendra obligatoire le repos hebdomadaire. »

Les conquêtes sociales empruntent souvent des chemins détournés : l’ « agitation ouvrière » (c’est alors une rubrique de L’Humanité ) jette toutes ses forces « Vers les huit heures » , et le quotidien de Jaurès rend compte jour après jour, à sa une, de « la grève [qui] s’étend progressivement » , des « mécaniciens électriciens [qui] entrent dans le mouvement » , de « la résistance acharnée du patronat parisien » . Car devant la menace, les patrons fondent l’ancêtre du Medef et prêtent ce serment : « Considérant que le mouvement actuel n’est pas un mouvement d’ordre économique mais révolutionnaire, (…) ils ont adopté les résolutions suivantes :
1 – refus d’adopter la journée soit de huit heures, soit de neuf heures ;
2 – refus d’accepter la semaine dite anglaise avec chômage du samedi après-midi, payant soixante heures pour cinquante-cinq heures de travail. »
Ces revendications devront encore attendre trois décennies et le Front populaire pour aboutir... En revanche, le gouvernement concèdera le « repos dominical » . Qui coûtait bien moins cher au Capital.

 

[...] Lire la suite sur le site de Fakir

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 08:26
Repris sur UL CGT Dieppe Air France, Droits et libertés, Emploi & Travail

17 oct. 2015

Air-France: la répression se renforce et s'étend
Onze autres salariés convoqués par la police, et deux pilotes mis à pied par la compagnie

Onze salariés de la branche cargo d'Air France sont convoqués, mardi et mercredi, par la police pour être entendus dans le cadre de l'enquête sur les incidents survenus en marge de la manifestation du 5 octobre. C'est ce qu'ont indiqué, vendredi 16 octobre, des sources syndicales à l'AFP.

Certains salariés sont suspectés d'avoir "secoué la grille" séparant les manifestants de la salle du comité central d'entreprise (CCE), dans laquelle des dirigeants d'Air France ont été pris à partie avant de s'enfuir, a précisé une de ces sources à l'AFP.

Selon elle, les auditions auront lieu dans un bureau de la police aux frontières (PAF) de Roissy (Val-d'Oise), en charge de l'enquête.

Cinq autres salariés vont être jugés en décembre

En outre, deux pilotes, soupçonnés par la compagnie d'avoir ouvert "un accès avec leur badge" lors de l'envahissement du CCE, ont été "mis à pied jusqu'à début novembre", a affirmé Véronique Damon du SNPL, le syndicat de pilotes majoritaire à Air France. "Ça nous paraît être une réaction un peu excessive s'ils ont simplement ouvert les portes pour éviter qu'elles ne soient défoncées", a-t-elle poursuivi.

Ces sanctions s'ajoutent aux mises à pied sans solde déjà prononcées par la direction à l'encontre des cinq salariés qui doivent être jugés le 2 décembre pour "violences aggravées présumée".

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:40

1500 manifestants se sont rassemblés devant le siège du PS à Rouen pour rappeler aux élus PS et au gouvernement Valls-Hollande les promesses trahies et apposer une banderole sur la devanture afin de rafraîchir les mémoires.  Pas trace d'élus du PS, même pas de frondeurs, dans la manifestation, eux qui étaient sinombreux le 1er Mai 2012 ...

Et dans toutes les têtes, il y avait cette insulte lancée par le premier ministre socialiste traitant de voyous les 2000 salariés d'Air France venus manifester contre les licenciements et les conditions de travail aggravées pour tous.  La violence patronale génère la colère.  Elle couve.  Que le patronat, les dirigeants d'entreprises et nos dirigeants politiques ne s'étonnent pas quand elle éclate et se manifeste.

Et les manifestants présents à Rouen étaient en colère.  

1500 manifestants à Rouen contre l'austérité le 8 Octobre 2015

Pascal Morel, secrétaire de l'UD-CGT a pris la parole.  Il dénonça les mesures prises par le gouvernement Hollande en étroit accord avec la finance, le Medef et l'Union Européenne, pour durcir encore davantage la remise en cause des acquis sociaux et de toutes les garanties collectives.  Puis il passa la parole au responsable CGT des territoriaux de Rouen en lutte pour l'amélioration de leur conditions de travail et des salaires, contre la précarisation grandissante. 

Le cortège emprunta ensuite la rue de la République jusqu'à la Préfecture.

1500 manifestants à Rouen contre l'austérité le 8 Octobre 2015
Décidés

Décidés

Déterminés

Déterminés

Dans le cortège salariés du privé  et du public.  Les salariés victimes des fonds vautours et en lutte contre les licenciements et la perte de production industrielle : Chapelle Darblay, Petroplus, Eiffage ( Martot)... D'autres menacées également par la chute de l'industrie en France et les menaces sur l'activité portuaire : Boréalis, Saipol, les dockers.  Les Renault étaient également présents.  Et le commerce avec une belle banderole du printemps portée par des salarié(e)s menacé(e)s par la loi Macron.  Et puis la fonction publique : nombre de territoriaux menacés par la réforme en cours et la précarisation, les hospitaliers, nombreux.  Et enfin une délégation d'étudiants portant une banderole :" Ma salle de cours va craquer".  Au milieu de très nombreux drapeaux de la CGT, on remarquait également  ceux de Solidaires, de FO et de la FSU.

Mais ces délégations nombreuses ne suffisent pas à traduire la colère qui reste encore trop enfermée entre les murs des entreprises et des bureaux et ne se traduit pas par des mobilisations d'ampleur.

Face au carnage et aux attaques gouvernementales tous azimuts les salariés n'ont pas d'autres solutions que se révolter tous ensemble.  Ce serait une illusion de croire que les vautours des multinationales, de la finance et de l'Union européenne vont en rester là.  Chaque contre-réforme et restructuration d'entreprises, chaque perte d'acquis social est la porte ouverte à une aggravation de la situation pour les travailleurs.  Le patronat et l'Union eurropéenne ne s'arrêteront que s'ils trouvent en face d'eux une opposition résolue et massive. Yvette Genestal.

Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen
Les manifestants dans les rues de Rouen

Les manifestants dans les rues de Rouen

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 15:02
Compte-rendu de la manifestation dans Ouest-France.
Normandie -
  • Vers midi, devant l'usine Sidel, à Octeville-sur-Mer, près du Havre.

    Vers midi, devant l'usine Sidel, à Octeville-sur-Mer, près du Havre. | Xavier Oriot/Ouest-France

  • Des prises de parole se déroulaient vers 12 h 15 devant l'usine Sidel, à octeville-sur-Mer.

    Des prises de parole se déroulaient vers 12 h 15 devant l'usine Sidel, à octeville-sur-Mer. | Xavier Oriot/Ouest-France

Peu avant 10 h, les manifestants présents près du pont de Normandie commençaient à lever les barrages. A midi, entre 1 500 et 2 000 de personnes étaient devant l'usine Sidel.

Les principaux accès routiers du Havre (Seine-Maritime) ont été bloqués jeudi matin par plusieurs centaines de manifestants, principalement de la CGT, provoquant des kilomètres d'embouteillages à l'entrée de la ville portuaire, dans le cadre d'une journée de manifestation nationale, a-t-on appris de source syndicale. 

Des barrages filtrants ont été mis en place peu avant 7 h sur tous les axes principaux permettant d'accéder à la ville et au port, dont le rond-point menant au pont de Normandie. Les Bus verts du Calvados ont notamment interrompu leurs lignes 20, 39 et 50 entre Honfleur et Le Havre.

Des dockers CGT participaient à ces actions qui ont empêché également le passage de poids lourds voulant se rendre dans les principaux terminaux du port.

"Cela s'est très bien passé du côté des manifestants", déclare le capitaine Gildas Reul, de la compagnie de gendarmerie du Havre.

Les manifestants ont brûlé des pneus aux abords du rond-point menant au pont de Normandie. Selon le secrétaire général de l'Union locale havraise de la CGT, Jacques Richer, les automobilistes ont été plutôt compréhensifs. "On a tenté de faire comprendre ce qui se passait", a-t-il dit à l'AFP.

Les manifestants prévoyaient vers 10 h de se rendre à Octeville-sur-mer pour soutenir des salariés du groupe Sidel (bouteilles plastique) qui avaient aussi érigé un barrage pour protester contre le plan social prévu dans leur usine, susceptible de supprimer 190 emplois. 

A midi, entre 1 500 et 2 000 s'étaient rassemblées devant l'usine. La circulation se fait normalement. devant l'usine qui conçoit des machines à fabriquer des bouteilles en plastique. Des prises de paroles étaient prévues à 12 h 30. 

Le plan social prévoit 209 suppressions de postes, dans sa principale unité, Sidel Blowing, et 25 créations ailleurs. Il y a 300 grévistes sur 820 salariés.

Dans Normandie-actu

 

À l’appel des Unions départementales de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de FO et de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France), les salariés du public et du privé étaient invités à se rassembler dans la rue. Reynald Kubecki, le délégué syndical CGT de l’usine Sidel, assurait à Normandie-actu que les salariés de ce fleuron de l’industrie auraient en cette journée de grève nationale, le soutien des dockers et portuaires du Havre. Leur présence aux côtés des Sidel a été confirmée. Les agents territoriaux du Havre avaient également déposé un préavis de grève de 24 heures. Rendez-vous était donné à 6h45 au stade Deschaseaux, à l’entrée du Havre, jeudi 8 octobre 2015.
Les salariés du privé étaient là, eux aussi, pour parvenir au « blocage de l’économie » au Havre, en cette journée de grève. Les manifestants défendaient la hausse des salaires, l’arrêt des suppressions d’emplois. Ils plaidaient également pour la défense du Code du travail et des services et entreprises publiques.

Des perturbations dans les écoles, cantines, garderies

Vers midi, le cortège a convergé vers le site Sidel d’Octeville-sur-Mer pour dénoncer le PSE (Plan social à l’emploi) à venir. Et une nouvelle manifestation pour la défense de l’emploi, est d’ores et déjà programmée samedi 10 octobre 2015, à 14h, devant la maison des Syndicats, avec les Sidel en tête.

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:41
Air France

Par · 7 octobre 2015

Les évènements survenus lors du Comité Central d’Entreprise d’Air France le lundi 5 juillet déchaînent la presse et conduisent à une multiplication de commentaires. Nicolas Sarkozy, empruntant un costume bien trop grand pour lui, reprend le mot de De Gaulle de « chienlit » prononcé en 1968. Comparer un incident, certes violent mais limité, aux événements de mai 1968 nous donne tout le sérieux du personnage. François Hollande, Président de la République, considère que c’est l’image de la France à l’étranger qui est touchée. Venant de qui a compromis la fiabilité de la France comme partenaire industriel avec l’annulation du contrat de vente des deux BPC « Mistral » à la Russie, ceci est pour le moins étrange. Sans doute un cas d’amnésie…Le Premier-ministre, Manuel Valls, parle de violences inacceptables, de « voyou », et de « France sous le choc »[1]. Ceci alors que la Côte d’Azur vient de connaître des inondations dramatiques qui ont fait plus de vingt morts. Voilà ce qui donne le sens de la mesure, et des responsabilités, de la même personne qui accuse Nicolas Sarkozy « d’hysteriser le débat politique ». Bref, il y a eu beaucoup de paroles, beaucoup d’indécence, mais aussi beaucoup de postures politiques à propos d’un incident qui est cependant révélateur d’un trouble profond.

 

Ce qui s’est passé

Que s’est-il donc passé ce lundi 5 octobre lors de la réunion du Comité Central d’Entreprise (CCE) d’Air France ? On sait que les esprits étaient chauffés à blanc par l’annonce de 2900 suppressions d’emploi prévues par la direction. Ces suppressions d’emploi vont toucher prioritairement le personnel au sol qui a pourtant dépassé les objectifs de gains de productivité contenus dans le précédent accord d’entreprise. La salle où se tenait le CCE a été envahie par des manifestants. On sait aussi que Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie, a pu sortir précipitamment de la salle[2] et l’on peut se demander pourquoi la totalité des représentants de la direction n’a pas fait de même. A-t-on sciemment décidé de laisser des boucs émissaires à la colère des salariés ? Puisqu’il y a enquête de police, il serait bon, il serait juste, aussi d’enquêter sur ce point.

Dans les minutes qui ont suivi le Directeur des Ressources Humaines d’Air France Xavier Broseta a été violemment pris à partie ainsi que Pierre Plissonnier, responsable de l’activité long courrier à Air France. Xavier Broseta a été évacué torse nu par un important service d’ordre, des manifestants lui ayant arraché sa chemise. Xavier Broseta aurait manqué de se faire lyncher selon certains et en tout les cas a été violemment pris à partie. Il a dû quitter la salle, avec Pierre Plissonnier en escaladant des barrières comme l’a amplement montré la télévision. Les deux hommes ont été protégés par des militants syndicaux, dont des membres de la CGT et de FO. Certains de ces derniers ont été blessés alors qu’ils protégeaient MM Broseta et Plissonnier.

Il semble aujourd’hui avéré que ces deux syndicats avaient prévenu la direction d’Air France du risque d’incidents mais cette dernière n’ait rien voulu entendre et n’ai pris aucune disposition en prévision de possibles incidents. Et l’on ne peut ici que se reposer la question : la direction a-t-elle voulu que ce CCE dégénère ? Cette question est légitime quand on voit dans quelles conditions Frédéric Gagey, le PDG de la compagnie, a été « exfiltré » de la salle, mais que l’on y a laissé un homme concentrant la colère des salariés, le Directeur des Ressources Humaines.

La virulence, et la promptitude, des commentaires tant de Manuel Valls et d’Emmanuel Macron sur cet incident sont des éléments de plus à porter au dossier. La direction d’Air France a-t-elle cherchée délibérément un incident qui lui permettrait de s’adosser au soutien de l’Etat pour procéder à une restructuration brutale de l’entreprise ?

 

La question du « dialogue social apaisé »

Au-delà de ces incidents se pose néanmoins un problème de fond. La violence sociale tend désormais à éclater dans toute une série d’occasions. Certaines sont réprimées et d’autres biens moins voire pas du tout. Il vaut mieux ici être agriculteur que salarié d’entreprise. Mais, dans cette « violence sociale » on ne voit que l’un des éléments. Bien entendu, les événements de lundi sont violents, et ils auraient dû être évités. Ils n’apportent rien à la lutte des travailleurs. Mais, la suppression de 2900 emplois est une violence incomparablement supérieure, surtout dans un pays dans lequel il y a 5 millions de chômeurs au sens plein et 3 millions de quasi-chômeurs ou d’emplois précaires. A ce compte là, deux chemises déchirées ne sont effectivement pas grand-chose.

Il y a plus. Le Président de la République a appelé à un « dialogue social apaisé ». Mais, ce dernier implique des institutions, des tribunaux, et des règles, un code du travail. Or, le gouvernement, sous la direction du même Président de la République, n’a eu de cesse depuis ces derniers mois que de tenter de démanteler les uns et les autres. Les fameuses « loi Macron » démantèlent les tribunaux Prudhommaux et envisagent de s’attaquer au Cde du Travail. Or, la justice Prudhommale, aussi imparfaite soit-elle, constitue une instance nécessaire du dialogue social. Quant au Code du Travail, dont on dénonce un peu légèrement la lourdeur, il ne fait que refléter la complexité croissante des situations réelles. Une partie de la taille du Code du Travail s’explique par la complexification des statuts du salariat et du quasi-salariat, comme j’ai eu l’occasion de le dire sur Sud-radio le 31 août dernier[3]. Une autre partie provient de la multiplication des exceptions aux règles, dont beaucoup sont demandées par les employeurs eux-mêmes.

Il est contradictoire de prétendre vouloir un « dialogue social apaisé » et de tout faire pour démanteler les institutions et les règles qui permettent à ce dialogue social d’exister. François Hollande et Manuel Valls devraient s’en souvenir. Mais, il est clair qu’ils préfèrent s’écharper avec Nicolas Sarkozy, jamais à court d’une indignité, sur le mot « chienlit » plutôt que de regarder les conséquences logiques de leurs propres actions. De plus, François Hollande évoque les conséquences de cet incident sur « l’image, sur l’attractivité » de la France[4]. Est-ce à dire qu’il est plus préoccupé de cette question que de la situation des futurs 2900 familles qui seront touchées par les suppressions d’emploi ? Est-ce à dire qu’il considère que nous sommes à ce point dépendant de l’étranger, alors qu’il y a sur dix ans plus d’argent qui sort de France que d’argent qui n’y entre ?

 

Ce que révèle l’incident d’Air France

Continuons donc d’aller au fond des choses. Qu’est-ce que révèlent ces poussées de violence ? Nous sommes aujourd’hui dans une société de chômage de masse. Nous sommes aujourd’hui dans une société qui est bien plus inégalitaire qu’il y a 20 ans[5]. La montée de l’indicateur de Gini, indicateur qui permet de mesurer de manière synthétique l’inégalité, depuis les années 1990 en témoigne[6].

Indicateur de Gini

A - gini_niveau_vie70-2012-3

Source : Observatoire des inégalités

On peut y ajouter la destruction programmée de l’Ecole publique, réduite à un simple centre de formation des « compétences » par les politiques menées tant par la droite que par la gauche. Cette destruction aboutit à priver les classes populaires de l’accès à la culture. Or, l’Ecole était, ici aussi en dépit de défauts multiples, un vecteur de l’ascension sociale qui permettait une forme, certes imparfaite, d’égalité.

Au-delà de cet aspect matériel de la situation, il y a le sentiment de dépossession de tout pouvoir que ressentent désormais des millions, et même une grande majorité, des français. Ce sentiment de dépossession est la cause réelle, mais pas la cause unique, de ces bouffées de colères qui se multiplieront à l’avenir, on ne doit pas en douter. Ce sentiment de dépossession provient de ce que la politique a été peu à peu vidée de son contenue. Les choix économiques nous sont, du moins on le prétend, dictés de l’extérieur du corps politique par la « mondialisation » ou par l’Euro. Or, et de cela l’immense majorité de la population en a bien conscience, ces choix économiques exercent désormais une influence déterminante sur notre vie.

Tant que nous serons dépossédés des instruments de contrôle sur notre existence, et ce quel que soit ce que nous en feront par la suite, tant que l’on laissera à la mondialisation mais aussi à la trop fameuse « construction européenne » qui n’est bien souvent que le masque de nouvelles régressions sociales, le pouvoir de dicter le cours nos vies, on doit s’attendre à ces explosions de colère sociale. Tous les discours lénifiants sur le « dialogue social apaisé » n’y changeront rien, surtout quand les pratiques de leurs promoteurs leurs apportent le plus direct, et le plus cruel, des démentis.

 

Les véritables « voyous », si tant est que ce terme doive être employé dans ce contexte, ce sont les dirigeants d’Air France mais aussi Manuel Valls et François Hollande, dont la politique et les actes ont conduit, directement et indirectement, aux violences de lundi dernier.

 

 

[1] http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/10/06/crise-a-air-france-valls-affiche-sa-fermete-face-aux-voyous_4783690_823448.html

[2] http://www.leparisien.fr/transports/video-air-france-le-drh-violemment-pris-a-partie-par-les-manifestants-05-10-2015-5156773.php

[3] http://news360x.fr/jacques-sapir-sur-sudradio-le-lundi-31-aout-2015-faut-il-sortir-de-leuro/

[4] http://www.rtl.be/info/monde/economie/air-france-hollande-denonce-les-violences-et-leur-impact-sur-l-image-de-la-france-760115.aspx

[5]http://www.inegalites.fr/spip.php?page=analyse&id_article=2088&id_groupe=9&id_rubrique=28&id_mot=30

[6]http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=632&id_groupe=9&id_mot=130&id_rubrique=208

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 09:28

Publié par Jean Lévy

Selon la CGT-Air France, "Toutes les violences se condamnent".., ou, comme l'écrivait Blanqui, parlant du peuple - "Cet animal est si féroce qu'il se défend quand on l'attaque" par Jean LEVY

A propos des évènements d'Air France,

 

Les incidents, qui se sont déroulés dans les locaux du Comité central d'entreprise d'Air France, ont suscité une vague d'indignation de la sphère médiatique, française et internationale. Celle-ci, s'alignant naturellement sur la thèse patronale, s'en est pris aux syndicats comme aux salariés  coupables de recourir à la violence, et de crier au scandale - voire à la répression- .

Et le gouvernement PS  de lui faire, bien entendu, écho.

De quoi s'agit-il ?

D'un DRH dont la chemise a été déchirée, et de quelques contusions...Au-delà de la photo qui a fait le tour du monde pour désigner à la vindicte publique les auteurs de cet attentat à la puissance patronale, la hargne de la bonne société s'exerce à sens unique contre ces "sauvages" qui ont osé s'en prendre à ceux qui leur annoncent leur prochain licenciement.

Mais si le CCE s'était déroulé dans le calme, entre gens de bonne compagnie,  si les 2900 licenciements avaient été accueillis sereinement par les salariés, qui, dans nos médias,  aurait une pensée pour ces privés d'emploi, par décision de la direction d'Air France ? Qui aurait songé à leur avenir,  de leur souffrance, aux drames domestiques  qui s'en suivraient ? Qui aurait fait la "Une" de cette purge patronale ?

Nécessité économique, nous aurait-on doctement expliqué, statistiques comptables à l'appui. On entend d'ici à France 2 et sur France Inter, les Lenglet, les Dominique Seux justifier les suppressions d'emploi, comme nécessaires à la bonne marche de l'entreprise...

Mais voilà, les salariés se sont rebellés ! Crime de lèse majesté patronale ! Un DRH a perdu sa chemise alors que 2900 agents d'Air France risquent de perdre plus que la leur. 

C'est la preuve, comme l'écrivait Louis-Auguste Blanqui :

"Oui, ceci est la guerre entre les riches et les pauvres; les riches l'ont ainsi voulu, car ils sont les agresseurs. Seulement ils trouvent mauvais que les pauvres fassent résistance; ils diraient volontiers en parlant du peuple - "Cet animal est si féroce qu'il se défend quand on l'attaque"

Jean Lévy

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 14:10
La France, pays où l'on travaille le moins ?

Le Monde.fr |   Par

La France est un des pays européens où la productivité est la plus élevée.
Revoilà le temps de travail. Le Medef s'apprête à rendre publiques une série de propositions pour relancer l'économie, très commentées avant même leur publication.

C'est ainsi qu'Hervé Mariton, député UMP de la Drôme et candidat à la présidence de son parti, a été amené lundi 15 septembre à évoquer la durée de travail des Français, sur i-Télé. Avec une « jolie » formule, qui emprunte de gros raccourcis.

Ce qu'il a dit :

« On est le pays où l'on travaille le moins dans la semaine, dans l'année et dans la vie »

La France, pays qui travaille peu, le refrain est connu. Néanmoins, comme bien souvent en matière de comparaisons internationales, on obtient des réponses bien différentes selon ce que l'on compte.

1. La semaine de travail la plus courte d'Europe ?

C'est faux.

Tout d'abord le temps de travail hebdomadaire. Où se situe la France parmi ses voisins ? La réponse dépend de ce que l'on regarde dans les données d'Eurostat, organisme de statistique de la Commission européenne sur lequel se fonde notamment l'Insee :

  • Travailleurs à temps plein uniquement : la France en queue de peloton. Selon cette statistique, les Français salariés à temps plein travaillent 40,7 heures par semaine, soit moins que la moyenne européenne (41,5 heures) et que de grands voisins comme l'Allemagne, l'Espagne (41,7 heures) et le Royaume-Uni (42,8 heures), mais plus que l'Italie (40,4 heures), la Finlande (40 heures) ou le Danemark (38,8 heures).
  • 37,5 H Temps plein ET temps partiel : la France en tête de peloton. La situation est totalement différente si on prend en compte les temps partiels – massivement utilisés dans certains pays comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni. Dans ce cas, avec 37,5 heures de travail par semaine en moyenne, les Français se situent légèrement au-dessus de la moyenne européenne (37,2 heures) et devant… les Allemands (35,3 heures), les Italiens (36,9 heures), les Néerlandais (30 heures) ou encore les Britanniques (36,5 heures). Bref, pas vraiment la dernière position.
  • Travailleurs indépendants : la France en 4e position. Le classement est encore différent pour les non salariés. Cette fois, avec 48 heures, la France est… en quatrième position en Europe, derrière la Belgique (52 heures), la Turquie (48,7 heures) et la Grèce (48,4 heures), mais devant tous les autres.

Bref, sur une semaine « normale », sans prendre en compte donc congés ou absences, notre pays n'est pas en bas du tableau, et est même plutôt en haut pour les non salariés.

Il en est de même avec les données de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui placent elles aussi la France (38 heures), tous travailleurs confondus et pour l'année 2011 (derniers chiffres disponibles), devant l'Allemagne (35,5 heures), le Royaume-Uni (36,4 heures) ou la Belgique (36,8 heures). Sur le temps de travail hebdomadaire, Hervé Mariton a donc clairement tort.

2. Le temps de travail annuel le plus faible en Europe ?

C'est faux.

Oui mais voilà, le temps hebdomadaire est à mettre en regard du temps de travail annuel. Pour affirmer que la France « est le pays où l'on travaille le moins dans l'année », Hervé Mariton s'appuie probablement sur une étude de Coe-Rexecode (pour « Centre d'observation économique et de recherche pour l'expansion de l'économie et le développement des entreprises »), un cabinet proche du patronat.

Publiée en juin 2014, elle affirme qu'« en 2013, la durée effective annuelle de travail des salariés à temps complet reste en France la plus basse d'Europe après la Finlande » : 1 536 heures pour l'ensemble des salariés (contre 1 580 heures en Allemagne et en Belgique, 1 637 heures au Royaume-Uni, 1 643 heures en Espagne…) et 2 372 heures pour les travailleurs indépendants (contre 2 015 heures en Espagne, 2 038 heures au Royaume-Uni, 2 151 heures en Italie ou encore 2 399 heures en Allemagne).

Mais la méthodologie de cette étude est décriée, car d'une part, elle ne prend en compte que les travailleurs à temps plein – alors que le temps partiel, comme nous l'avons précisé plus tôt, est massivement utilisé chez certains de nos voisins – et, d'autre part, parce qu'elle multiplie les temps de travail hebdomadaire par 52 semaines sans prendre en compte de manière précise les congés payés, les absences pour formation, pour maladie, etc. dans chaque pays.

Marianne et Alternatives économiques avaient notamment expliqué dans le détail les incohérences de cette étude lors de sa première publication, en janvier 2012.

1 478 Les chiffres publiés par l'OCDE, qui concernent les travailleurs à temps plein mais également à temps partiel et incluent heures supplémentaires (payées et non payées), congés payés ou encore jours de grève, situent eux aussi la France en queue de peloton en Europe avec 1 478 heures travaillées par actif en 2013.

Mais notre pays n'est pas celui « où l'on travaille le moins dans l'année », comme l'affirme Hervé Mariton, car on trouve notamment, plus bas dans le classement… l'Allemagne là encore (1 387 heures), les Pays-Bas (1 380 heures) ou encore la Norvège (1 407 heures).

3. Le pays où l'on travaille le moins dans la vie ?

C'est faux.

Erreur sur le travail hebdomadaire, erreur sur le travail annuel… et erreur là encore sur le travail dans la vie pour Hervé Mariton.

Avec 34,6 années travaillées en moyenne, le Français se situe légèrement en dessous de la moyenne européenne (35 ans), selon les statistiques fournies par Eurostat. Et on trouve, plus bas dans le classement, des pays comme l'Italie (30,5 ans), la Grèce (32 ans) ou encore la Belgique (32,2 ans).

Nos grands voisins que sont l'Espagne, l'Allemagne et le Royaume-Uni se situent respectivement légèrement au-dessus (34,7 heures) pour le premier et largement au-dessus pour les deux suivants (37,5 ans et 38,1 ans).

Pour fonder son affirmation, Hervé Mariton s'appuie peut-être sur le taux d'emploi des seniors (travailleurs âgés de 55 à 64 ans), qui a été l'un des plus faibles en Europe mais a récemment progressé pour atteindre 45,6 % en 2013 (contre 41,5 % en 2011) selon les statistiques d'Eurostat.

Dans ce domaine, la moyenne européenne s'établit à 50,1 %, nos voisins allemands (63,5 %) et britanniques (59,8 %) faisant mieux dans ce domaine que les Espagnols (43,2 %) et les Italiens (42,7 %).

4. L'un des pays les plus productifs d'Europe

Si Hervé Mariton évoque le temps de travail, il se garde bien de mentionner le taux de productivité des Français, qui est l'un des plus élevés d'Europe, après le Luxembourg, l'Irlande et la Belgique.

Selon une productivité calculée à partir du produit national brut (PNB), divisé par le nombre de personnes employées et rapportée à la productivité européenne, la France aurait un taux de 125,5, contre 106,3 pour l'Allemagne ou 109,6 pour le Royaume-Uni. A temps de travail égal, la France produit donc plus de richesses que la plupart de ses voisins européens.

Voir notre infographie : Les Français travaillent moins mais sont plus productifs

61,2 $/h D'autres classements le prouvent. Si l'on compare les chiffres du produit intérieur brut (PIB) par heure travaillée, là encore, la France arrive dans les meilleurs élèves de la productivité.

Selon des chiffres de l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les Français produisaient, en 2013, 61,2 dollars (47 euros) par heure travaillée, soit 13,8 dollars (10,7 euros) de plus que la moyenne de l'OCDE. Quant à la productivité globale, c'est-à-dire la valeur ajoutée brute, elle a augmenté d'1 % l'an dernier, à 1 896,9 euros.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/09/18/la-france-pays-ou-l-on-travaille-le-moins_4489150_4355770.html#mKIuz1tk1IcIBI9m.99

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 13:58

Repris sur le blog de l'UL CGT Dieppe  32 heures

01 oct. 2015

RTT: En Suède, on expérimente la journée de 6 heures sans perte de salaire
Trente heures en 5 jours, sans perte de salaire, c'est possible !

Source : Terrafemina.com

Trente heures: C'est désormais le nombre d'heures hebdomadaires qu'auront à travailler les fonctionnaires de Göteborg, à l'est de la Suède.

Déjà championne – tout comme le Danemark – de l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, la Suède n'est pas frileuse en matière de décision radicale pour améliorer le quotidien de ses travailleurs.

Alors qu'en France, les gouvernements et les hommes politiques  — ceux qui sont au service des actionnaires et des plus riches —, s'écharpent sur la viabilité des 35 heures, la ville de Göteborg ne s'est pas posée la question a mis en place en 2014 la journée de six heures dans le secteur public et ce, sans baisse de salaire:

  • pour augmenter la productivité de ses fonctionnaires et garantir leur bien-être,
  • mais aussi pour limiter les coûts !
Moins de stress, plus de temps libre

L'expérience s'avère plutôt concluante.

Interrogées par le Guardian , des infirmières passées à la semaine de 30 heures en février dernier sont très enthousiastes. "J'avais l'habitude d'être épuisée tout le temps, quand je rentrais du travail je m'écroulais sur le canapé, raconte Lise-Lotte Pettersson, qui travaille à la maison de soins de Svartedalens, à Göteborg. Mais plus maintenant. Je suis beaucoup plus alerte : j'ai gagné en énergie dans mon travail, mais aussi pour ma vie de famille."

Même constat à l'hôpital universitaire de Sahlgrenska, où chirurgiens orthopédiques font désormais des journées de six heures pour leur bien-être... et celui de leurs patients, la qualité des soins étant bien meilleure depuis que les travailleurs travaillent trente heures par semaine.

"Depuis les années 1990, nous avons davantage de travail et moins de personnel - nous ne pouvons pas faire plus", explique Ann-Charlotte Dahlbom Larsson, chef de soins aux personnes âgées à la maison de soins de Svartedalens. "Il y a beaucoup de maladies et la dépression au sein du personnel dans le secteur des soins sont causés par l'épuisement. Le manque d'équilibre entre le travail et la vie personnelle n'est bon pour personne."

Non seulement bénéfique pour la santé, la journée de six heures a aussi permis de créer des emplois : à Svartedalens, 14 personnes supplémentaires ont été embauchées pour pallier aux journées de travail plus courtes.

Les effets positifs sont tels que le secteur privé s'est aussi mis à la journée de six heures. Dans l'usine Toyota de Göteborg, cela fait treize ans que les salariés – mécaniciens et employés de bureau – l'expérimentent. Et ce, pour leur plus grande satisfaction. "C'est merveilleux de terminer sa journée à midi, commente Sandra Andersson, 25 ans, qui a rejoint Toyota en 2008. Avant d'avoir une famille, je pouvais aller à la plage après le travail. Maintenant, je peux passer l'après-midi avec mon bébé."

Un modèle difficilement exportable ?

Les habitants de Göteborg ont-ils, en réduisant leur temps de travail hebdomadaire, trouvé la solution pour rester en meilleure santé et être plus productif au travail?

C'est ce qu'avance Roland Paulsen, chercheur en administration des affaires à l'Université de Lund.

Interrogé par le Guardian, il explique que réduire les heures de travail va de pair avec une augmentation progressive de la productivité des travailleurs ces quarante dernières années.

"Pendant longtemps, les politiciens ont été en compétition pour nous dire que nous devions créer davantage d'emplois avec de plus longues heures. Le travail était devenu une fin en soi. Mais la productivité des salariés a doublé depuis les années 1970 donc, techniquement, nous avons le même potentiel que si nous que pour une journée où nous travaillerions quatre heures. Reste désormais à savoir comment ces gains de productivité vont être distribués."

À l'heure où le "modèle scandinave" est érigé en exemple par de nombreux personnages politiques, le modèle de Göteborg devrait faire réfléchir. D'autant que, selon les chiffres d'Eurostat et de l'OCDE, la France est championne de la productivité devant l'Allemagne et le Royaume-Uni, avec un taux de 125,5.

Lorsque Philippe Martinez affirme qu'une réduction du temps de travail est incontournable en France pour créer des emplois estimant que parler d'un passage aux 32 heures ne serait "pas une absurdité", il est réaliste.

Alors, le 8 octobre, soyons dans l'action pour l'augmentation des salaires et la réduction du temps de travail !
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 14:33

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Le 13e congrès de la Confédération européenne des syndicats s'est ouvert hier mardi 29 septembre 2015 à Paris. 507 délégués y sont présents dont 8 pour la CGT. La Française Bernadette Segol, secrétaire générale sortante qui n'est syndiquée dans aucune confédération française, y a invité le pouvoir exécutif de l'Europe capitaliste, celui qui décide de tout à la place des peuples et donc des travailleurs, à savoir Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, et François Hollande pour les 28 chefs d'état et de gouvernement membres de l'UE. Ils ont parlé en premier devant les congressistes rassemblés.

Un peu comme si au congrès de la fédération des cheminots CGT, Guillaume Pépy, le patron qui saborde le rail public dont il a la charge, venait présenter son programme. Bonjour l'ambiance, mais ce n'est que mon point de vue.

Jean-Claude Juncker donc, ex-patron du groupe de la monnaie unique et ex-premier ministre du paradis fiscal qui est le grand-duché du Luxembourg, une sacré référence en progrès social, a promis "un socle social minimum qui entourera, pour le protéger, le marché du travail". Vous avez bien lu, le marché du travail, celui qui est dirigé par le patronat et ses alliés gouvernementaux de droite et de gôche en Europe. Mais pas les travailleurs du vieux continent.

Ensuite a parlé François Hollande, une référence lui aussi en matière de progrès social, lui qui ouvre au privé tous les services publics français,  lui qui a allongé la date de départ à la retraite, lui qui va charcuter le Code du Travail sous les vivats du MEDEF...

Bon, d'entrée de jeu, le camarade Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, avait ouvert le congrès de la CES ainsi: "Tout au long de la semaine, nous ne ferons pas la révolution; mais nous allons changer l'Europe; avant d'être celle des marchés, l'Europe doit être celle des salariés". Vous avez bien lu, on garde toutefois l'Europe des marchés et donc le capitalisme.

Dormez bien travailleurs et nations de l'Europe, la CES est bien partie pour défendre toujours plus de justice et de progrès social.

Les quelques interventions citées ont été prises dans le compte-rendu que fait l'Humanité du premier jour du 13e congrès de la CES.

Sinon, travailleurs de France et de Navarre, vous avez le bonjour de François de l'Elysée, celui qui allait s'attaquer à la finance et au patronat.

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