
Bon, d'accord, ce n'est pas très politique, mais je n'ai pas pu m'empêcher !
PA
Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).

Israël : les médias se déchaînent à l'occasion de la naissance de l'Etat Hébreu (France-Inter en direct de Jérusalem, Shoah rediffusé, Exodus à longueur de colonnes, "Eretz Israël, vers la terre promise" à la télé, etc.). Pour sa part, Action communiste préfère évoquer les Palestiniens jadis chassés de leurs terres par le terrorisme sioniste, et depuis exilés dans leur propre pays. Voici, tiré du site de Michel Collon, le texte d'une pétition d'israëliens qui nous a paru plus intéressant que le n--ième fait d'arme de la Haganah contre un peuple sans défense.
Israel - 30-04-2008 . Au mois de mai, certaines organisations célèbreront le soixantième anniversaire de la fondation de l'Etat d'Israël. Cela peut se comprendre, dans le contexte de siècles de persécutions ayant culminé dans l'Holocauste. Néanmoins, nous sommes des juifs qui ne célèbrerons pas cet anniversaire.
Il est manifestement grand temps de reconnaître le récit de l'Autre, le prix payé par un autre peuple en raison de l'antisémitisme et de la politique génocidaire d'Hitler. Comme l'a souligné Edward Said, la Naqba est, aux yeux des Palestiniens, ce que l'Holocauste est à ceux des juifs.
En avril 1948, en ce même mois qui vit l'atroce massacre de Deir Yassin et l'attaque au mortier contre des civils palestiniens sur la place du marché de Haïfa, le Plan Dalet a été mis en œuvre.
Ce plan autorisait la destruction de villages palestiniens et l'expulsion de la population indigène à l'extérieur des frontières de l'Etat (israélien). Non, nous ne fêterons pas cela !
En juillet 1948, 70 000 Palestiniens furent chassés de leurs maisons à Lod et à Ramléh, au plus fort de la canicule de l'été, sans eau et sans nourriture. Des centaines d'entre eux perdirent la vie.
Cet événement est connu sous le nom de «Marche de la Mort». Non, nous n'avons aucun motif à nous réjouir !
Au total, ce sont au minimum 750 000 Palestiniens qui devinrent des réfugiés.
Plus de 400 villages furent rayés de la carte. Mais cela ne mit pas fin à l'épuration ethnique. Des milliers de Palestiniens (citoyens israéliens) furent expulsés de la Galilée, en 1956.
Plusieurs milliers de Palestiniens supplémentaires furent expulsés de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.
Selon le droit international, et comme le stipule la résolution 194 de l'Onu, les réfugiés de guerre ont le droit de retourner chez eux ou d'obtenir une compensation. Israël n'a jamais accepté ce droit. Non ; nous ne ferons pas la fête.
Nous ne saurions célébrer l'anniversaire d'un Etat fondé sur le terrorisme, les massacres et la dépossession d'un autre peuple de sa terre.
Nous ne saurions célébrer l'anniversaire d'un Etat qui, encore aujourd'hui, pratique l'épuration ethnique, viole le droit international, inflige une punition collective monstrueuse à la population civile de Gaza et continue à dénier aux Palestiniens leurs droits humains et leurs aspirations nationales.
Nous ferons la fête quand les Arabes et les juifs vivront, en tant qu'égaux, dans un Moyen-Orient en paix.
Seymour Alexander Ruth Appleton Steve Arloff Rica Bird Jo Bird Cllr Jonathan Bloch Ilse Boas Prof. Haim Bresheeth Tanya Bronstein Sheila Colman Ruth Clark Sylvia Cohen Judith Cravitz Mike Cushman Angela Dale Ivor Dembina Dr. Linda Edmondson Nancy Elan Liz Elkind Pia Feig Colin Fine Deborah Fink Sylvia Finzi Brian Fisher MBE Frank Fisher Bella Freud Catherine Fried Uri Fruchtmann Stephen Fry David Garfinkel Carolyn Gelenter Claire Glasman Tony Greenstein Heinz Grunewald Michael Halpern Abe Hayeem Rosamine Hayeem Anna Hellman Amy Hordes Joan Horrocks Deborah Hyams Selma James Riva Joffe Yael Oren Kahn Michael Kalmanovitz PaulKaufman Prof. Adah Kay Yehudit Keshet Prof. Eleonore Kofman Rene Krayer Stevie Krayer Berry Kreel Leah Levane Les Levidow Peter Levin Louis Levy Ros Levy Prof. Yosefa Loshitzky Catherine Lyons Deborah Maccoby Daniel Machover Prof. Emeritus Moshe Machover MiriamMargolyes OBE Mike Marqusee Laura Miller Simon Natas Hilda Meers Martine Miel LauraMiller Arthur Neslen Diana Neslen Orna Neumann Harold Pinter Roland Rance FrancesRivkin Sheila Robin Dr. Brian Robinson Neil Rogall Prof. Steven Rose Mike Rosen Prof.Jonathan Rosenhead Leon Rosselson Michael Sackin Sabby Sagall Ian Saville Alexei Sayle Anna Schuman Sidney Schuman Monika Schwartz Amanda Sebestyen Sam Semoff Linda Shampan Sybil Shine Prof. Frances Stewart Inbar Tamari Ruth Tenne Martin Toch Tirza Waisel StanleyWalinets Martin White Ruth Williams Naomi Wimborne-Idrissi Devra Wiseman GerryWolff Sherry Yanowitz
Quelques extraits du discours d'Eric Bevilacqua, secrétaire de l'UL-CGT,
le 1er mai 2008
Chers camarades,
Ce 1er mai 2008 revêt un caractère un peu particulier puisque nous fêtons d'une part les 40 ans de mai/juin 68 et son cortège d'avancées sociales (...), mais également un bien triste anniversaire, celui de la première année de pouvoir de Nicolas Sarkozy (auto-proclamé « Président du pouvoir d'achat ») (...) Notre cher Président ne propose que 1,1% d'augmentation des pensions des retraités, 0,8% aux fonctionnaires et une simple remise à niveau du SMIC qui demanderait en réalité un sérieux coup de pouce.
La multiplication des mouvements revendicatifs au cours de ces derniers mois témoigne que les salaires et le pouvoir d'achat sont aujourd'hui la préoccupation majeure des salariés. Et pour cause : en 10 ans, la part des salaires dans les richesses produites n'a cessé de diminuer, ce qui est d'autant plus inacceptable pour les salariés car rarement les entreprises et la finance se sont si bien portées, demander aux entreprises du CAC 40.
Au niveau local, des entreprises comme Aérazur, les TAE, EMT composants, Renault, Carrefour, Tati, ED et d'autres se sont battu pour leurs salaires, avec plus ou moins de bonheur pour certain, mais aujourd'hui l'annonce par L'INSEE d' une augmentation de l'inflation de 3,2 % en un an ruine tous les gains obtenus par ces luttes.
Que dire également de la réintégration de la fonderie de Cléon au sein du groupe Renault ? Neuf années de lutte obstinée des salariés et de la CGT pour obtenir ce résultat. Quel gâchis humain, économique, quelle perte de temps pour enfin compte, revenir à la case départ !C'est dans ce contexte difficile pour les salariés, que l'union locale d'Elbeuf avait décidé d'organiser une grande manifestation interprofessionnelle sur la question des salaires, du pouvoir d'achat, du relèvement des pensions, le jeudi 29 mai 2008 afin d'obliger le patronat local à ouvrir ou ré-ouvrir des négociations salariales pour compenser cette envolée des prix.L'actualité sur la négociation des retraites nous oblige à repousser au mois de juin cette initiative. En effet, au lendemain de la confirmation des orientations gouvernementales en matière de retraites, les cinq centrales CGT, CFDT, FO, CGC et CFTC ont convenu de faire du 22 mai prochain une journée nationale interprofessionnelle d'action et de manifestations "pour la défense de la retraite solidaire".Toute la communication gouvernementale cherche à dissimuler la poursuite et l’accélération de la baisse du niveau des retraites. La désindexation des salaires est en effet un mécanisme redoutable qui va amputer d’un tiers le montant des pensions relativement au salaire moyen. L’OCDE est très claire : le taux de remplacement du salaire moyen par la pension va tomber à 51%. Hormis le Royaume-Uni et l’Allemagne, c’est le taux le plus bas des pays européens (...).
Nous devons mobiliser toute notre énergie pour faire de cette journée d'action un grand moment de lutte contre les mesures gouvernementales.
La chute dans les sondages et la débâcle des résultats aux élections municipales et cantonales sont un premier signe de l'opinion, envoyé au président de la République est à son gouvernement, pour infléchir les réformes en cours. « Réforme » dans le dictionnaire, veut dire : changement important en vue d'une amélioration (...).
Et pourtant, l'argumentation avancée par certains ministres (...) sur les plateaux de télévision au soir des élections, nous laisse pantois et perplexe ! Cela augure mal des suites des réformes que le gouvernement veut mettre sur la table très rapidement. Réforme de la sécurité sociale (privatisation partielle), des ouvertures du droit à la retraite (41 années de cotisation), de l'assurance-chômage (durcissement vis à vis des privés d'emploi), des déficits publics, de la formation professionnelle, de la carte hospitalière, de l'immigration.... sont autant de sujets polémiques qui méritent une attention particulière de la part de notre organisation syndicale et des salariés. La vigilance doit être de mise. Il est fort à parier que le mot « réforme » vu du côté du gouvernement, veuille dire : plan de rigueur et privatisation des droits.
Ces choix économiques et sociaux sont d'autant plus graves qu'ils multiplient la misère sur notre territoire, officiellement 4 millions de personnes vivent en France au-dessous du seuil de pauvreté et cela va malheureusement augmenter avec les radiations des chômeurs, les bas salaires et les temps partiels.
Cette politique aux conséquences dramatiques pour une grande partie de la population, est encore plus dramatique sur d'autres continents, ou vivre et survivre est le lot quotidien des populations.
Les émeutes de la faim se multiplient et sautent d'un continent à un autre. La flambée des prix alimentaires plonge les peuples dans une misère terrible tuant hommes, femmes et enfants. Que ce soit au Maroc, en Égypte, à Haïti, au Burkina Faso, en Mauritanie, en Côte d'Ivoire, au Mexique, en Thaïlande, au Sénégal ou à Madagascar, le prix moyen d'un repas a augmenté de 40 % dans le tiers-monde.
Pourtant, ne nous avait-on pas assuré que le triomphe planétaire du capitalisme, que la mondialisation de la finance et des échanges allaient assurer la prospérité générale ? Les institutions financières peuvent invoquer les mauvaises récoltes ou les changements climatiques, mais l'origine des maux ne vient-elle pas de l'appétit insatiable des grands capitaux ? La banque mondiale et le FMI portent par leur choix politique et stratégique une grande responsabilité. Oui le monde est en crise, mais en crise des choix de ces institutions sur les peuples (...).
L'Europe entière n'y échappe pas. La confédération européenne des syndicats avait organisé le 5 avril dernier une « euro manifestation » pour la revalorisation des salaires et la progression du pouvoir d'achat. Dernièrement en Roumanie, les salariés de Dacia, filiale du groupe Renault, viennent d'obtenir une augmentation de 35 % de leur salaire après trois semaines de lutte.
Pour terminer, avant de partir en manifestation, je ne peux m'empêcher de vous parler du conseil des prud'hommes d'Elbeuf et de son éventuelle fermeture.
Le conseil supérieur de la prud'homie a été réuni le 10 avril pour donner son avis sur la carte des conseils de prud'hommes. On a en fait assisté à une parodie de consultation (...) Il s'agissait pour le gouvernement de passer sous silence les centaines d'avis critique et de propositions alternatives exprimées depuis trois mois par des organisations, institutions, élus de sensibilité très diverses ; d'ailleurs les nombreuses manifestations tenues le 9 et 10 avril en ont confirmé l'ampleur. Les ministères concernés n'ont apporté aucune réponse aux objections soulevées. Ils annoncent la publication prochaine d'un décret confirmant la suppression des 63 Conseils, supprimant une centaine de sièges de conseillers, malgré les promesses antérieures.
De surcroît, il y a lieu de s'inquiéter des propos des représentants de la Chancellerie sur le remplacement des Conseils par des Maisons de la Justice qui traiterait aussi des litiges sociaux, dérogeant ainsi aux prérogatives de la juridiction prudhommale.
De toute façon, que le Conseil des prud'hommes d'Elbeuf disparaisse ou pas de la carte judiciaire, ne change rien à la motivation que nous devons avoir pour gagner cette élection le 3 décembre prochain (...) Ce jour là, les élections prud'homales permettront à des dizaines de milliers de salariés de faire entendre leurs revendications et leur attachement à une juridiction du droit du travail (...).
De notre engagement dans l'action pour s'opposer aux mauvais coups, pour proposer d'autres choix économiques et sociaux et notre engagement à syndiquer CGT là où nous sommes peu ou pas présents dépendra les succès sur nos revendications est le résultat CGT aux élections prud'homales.
En vous rappelant qu'au niveau départemental la CGT faisait aux dernières élections 42 %, que sur Elbeuf elle obtenait un score avoisinant les 52 %, qu'aller au-delà démontrerait au patronat et au gouvernement que loin de plier l'échine, les salariés exigent d'être plus et mieux entendus, pour plus de respect et de dignité (...)
LE TEMPS DES LUTTES DE CLASSES
Nicolas Sarkozy a tenté de justifier jeudi dernier les reculs sociaux mis en œuvre par son gouvernement. Mensonges et confusions, mépris des Français et de leurs difficultés ont caractérisé son intervention. Normal : c’est le MEDEF qui dicte sa politique.
Toutes les décisions du gouvernement vont dans le même sens : accroître les revenus du Capital. Les services publics sont ainsi attaqués de deux manières. D’une part on privatise ce qui peut devenir rentable pour les patrons comme la santé (assurances qui prennent le relai d’une sécurité sociale rendue inefficace, cliniques privées …), le transport, l’énergie, la Poste. D’autre part des suppressions massives d’emploi sont programmées. Et avec l’argent ainsi économisé, le gouvernement finance ce qui devrait faire partie du salaire payé par les patrons. Allègements de cotisations sociales ou fiscales, l’ensemble se chiffre à plusieurs dizaines de milliards d’euros… Et comme c’était encore trop peu, Sarkozy-Fillon en ont rajouté avec le cadeau fiscal aux plus riches de près de 15 millards d’euros.
Le travail est dévalorisé : travailler plus pour vivre mal...
Le travail des salariés coûtent ainsi de moins en moins cher aux patrons. Mais ça ne leur suffit jamais. Au nom de la compétitivité, le MEDEF et le gouvernement veulent allonger les annuités pour la retraite et le travail hebdomadaire en gardant une productivité très élevée. Les directeurs de ressources humaines ( quel beau nom pour un si sale métier…) mettent une telle pression sur les cadres et les salariés que le stress dû au travail s’aggrave. Les chômeurs sont priés d’aller travailler à 200 km de chez eux : avec quels moyens de transport ? au prix de de quels désastres familiaux ?
…et pour gagner moins
Depuis le début 2008, les Français ont acheté moins de produits manufacturés et les ventes commerciales ont régressé. Tous les prix flambent. L’essence et le gaz augmentent sans fin. Se nourrir, se loger, se déplacer, financer les études des enfants devient pour beaucoup insurmontable.
Grâce aux sacrifices demandés aux salariés, les dividendes augmentent pour les gros portes-feuilles. Laurence Parisot peut féliciter Sarkozy : les bénéfices du CAC 40 atteignent près de 100 milliards d’euros en 2007 ! Et les secteurs où la hausse des prix a été la plus vive sont ceux qui profitent le plus : Total, EDF-GDF …
Salariés, chômeurs, retraités, nous avons des adversaires communs, mieux armés, mais beaucoup moins nombreux : les capitalistes. Nous sommes la majorité. Tous ensemble, nous pouvons les faire reculer si des luttes de masse se développent contre cette politique de classe. Les transports, la santé, la sécurité sociale, l’école, l’eau, l’énergie, ça ne leur appartient pas, ça ne doit pas leur appartenir. Nous avons besoin d’une autre société dans laquelle les besoins humains seraient les premiers à être satisfaits. Et dans laquelle les capitalistes ne règneraient plus sans partage.
QUELQUES CHIFFRES
Total : 13,2 milliards d’euros
Renault : 2, 7 milliards d’euros
L’Oréal : 2,6 milliards d’euros
Unilever ( 44 000 salariés en Europe, dont ceux de Miko à Saint-Dizier, en lutte pour leurs emplois) : 4,1 millards d’euros
Arcelor-Mittal ( en train de liquider son site de Gandrange en Lorraine) : 7,1 milliards d’euros
Lactalis ( lait, produits laitiers) réalise une année exceptionnelle malgré la hausse du lait : 9,1 milliard d’euros
SNCF : Plus d’1 milliard d’euros
EDF : 5,6 milliards d’euros
Bouygues : 1,3 milliard d’euros
Vinci : 1, 46 milliard d’euros
GDF : 2, 5 milliards d’euros
Les prix alimentaires flambent : 4,9% en un an. Par ailleurs, les ventes de médicaments remboursés ont chuté de 4.6% au premier trimestre ! D’anciennes maladies font leur réapparition : on observe une résurgence de la tuberculose de plus de 40% dans les populations touchées par la précarité en région parisienne...
Le lieu n'est pas ici de présenter le bouddhisme dans sa complexité et ses multiples aspects philosophico-religieux mais d'attirer l'attention sur un aspect généralement ignoré de ses laudateurs du XVe arrondissement : Bouddha fut un homme du renoncement et qui détestait les femmes, ce qui va généralement ensemble dans les religions monothéistes et les systèmes de pensée réputés « spirituels ».
De son nom Gautama, prince Siddharta, Bouddha est un personnage historique attesté qui a vécu vers le VIe siècle avant notre ère. En fait « Bouddha » est un titre qui désigne un personnage « éveillé », ayant atteint le nirvana, c'est-à-dire, l'absence de désir, ce qui est au passage une manière adroite et commode de ne manquer de rien. Un bodhisattva est un « aspirant à l 'éveil ». Le Bouddha dont se réclament les bodhisattvas du quartier Saint-Germain est le plus célèbre, mais il y en eut des multitudes.
Un épisode de la vie du Bouddha résume assez bien la pensée du personnage. Lassé de sa vie luxueuse et de ses excès qui ne débouchaient sur rien, le prince Siddharta se lance dans l'ascèse. Une partie admirable de la statuaire bouddhique le représente jeûnant assez rudement puisqu'il ne se nourrit plus à la fin que d'un grain de riz par jour. Mais cela ne débouche pas non plus sur quelque chose de probant. Il faut donc choisir la voie médiane, le juste milieu entre les deux excès. Cela, c'est pour la pensée molle. On sait ce que cela donne en politique. Et corrélativement, il convient de se défier des femmes qui justement ne font rien qu'à écarter les sages du juste milieu. Cela, c'est pour le mépris de la moitié de l'humanité.
Religion pour certains, spiritualité philosophique pour d'autres, le bouddhisme vaut ce que valent les religions et les spiritualités. Pas moins, pas plus.
Pascal Acot
Un article initialement publié par "Rebelion" et "Bellaciao"
sur ce qui nous semble l'événement majeur des élections italiennes.
Les élections du 13 et 14 avril sont marquées par un événement historique dans
la politique italienne : la fin de la présence parlementaire des communistes.
Depuis la seconde guerre mondiale, le PCI avait été le principal parti
d’opposition et un pilier de la démocratie italienne, capitalisant jusqu’à un
tiers des votes. A partir de sa dissolution en 1991, la faucille et le marteau
ont pourtant continué à apparaître chez ses successeurs, soit le Parti des
Démocrates de gauche (DS) et le Parti de la Rifondazione Communiste (PRC), deux
partis qui ont pris la tête de l’opposition au premier et au second gouvernement
de Silvio Berlusconi en 1994 et 2001 et qui ont participé à la formation du
premier et second gouvernement de Romano Prodi en 1996 et 2006.
A cette dernière date, le DS a alors poursuivi une évolution centriste qui a
culminé dans la disparition de toute relation symbolique et politique avec la
tradition communiste italienne et dans la formation du Parti Démocratique,
inspiré par le "progressisme" nord-américain. Walter Veltroni, ancien maire de
Rome et candidat pour le poste de premier ministre en 2008, faisait
explicitement référence à John Fitzgerald Kennedy plutôt qu’à Enrico Berlinguer
(secrétaire général du PCI de 1972 à 1984, ndlr).
Le Parti de la Rifondazione Communiste a, pour sa part, maintenu jusqu’en 2006
la bannière communiste et cette posture politique anti-système lui a permis non
seulement de survivre, mais d’amplifier sa présence politique grâce à trois axes
fondamentaux. En premier lieu, il a appuyé et participé aux mouvements sociaux
anti-néolibéraux – et en particulier la mouvance altermondialiste, ce qui lui a
permis de rajeunir la militance communiste, à la différence des nombreux partis
européens. En deuxième lieu, il a pu compter sur la popularité d’un leadership
intelligent qui combinait critique radicale et grande capacité communicative,
celui de Fausto Bertinotti. Enfin, le parti a défendu son indépendance à
l’intérieur d’un front anti-Berlusconi, en conservant une diversité et une
spécificité politico-idéologique, sans se retrouver marginalisé des luttes
politiques nationales.
A partir de 2006, Rifondazione Communista a pourtant accepté d’intégrer non plus
seulement une coalition électorale, mais une alliance de gouvernement et s’est
retrouvé co-responsable de l’expérience du second gouvernement Prodi. En moins
de deux ans, le PRC a perdu la crédibilité accumulée au large de plus de quinze
années. A sa gauche, il a été critiqué pour avoir appuyé un gouvernement qui n’a
pas rempli ses promesses de réformes sociales et pour avoir assumé quelques fois
des positions franchement conservatrices, en particulier sur les thèmes du
pacifisme. Toute cela alors que Bertinotti assumait la présidence de la Chambre
des Députés. A sa droite, les critiques ont aussi fusé et dénoncé le PRC comme
un «facteur instable» de l’alliance gouvernemental. Au-delà de la fragile
majorité parlementaire, les droites et les médias ont dénoncé le «chantage» des
gauches (celui du PRC, mais aussi des Verts, de la dissidence de gauche du PD,
appelée Gauche Démocratique (DS), et du Parti des Communistes Italiens). Des
gauches qui n’ont pas pu changer l’orientation «naturelle» du gouvernement et
ont été accusées d’être responsables de sa chute.
Au moment de la fin du gouvernement de Romano Prodi au début 2008, le PD a alors
décidé de rompre son alliance avec Rifondazione Communista (et vice-versa). Le
PRC a alors appelé ses alliés mineurs à former une coalition électorale appelée
La gauche Arc-en-ciel avec la promesse de la transformer en «nouveau sujet
politique», à la gauche du centre occupé par le PD.
Au-delà de la victoire des droites du 13 et 14 avril, les résultats électoraux
montrent une concentration des votes sur les options de gouvernement incarnées
par Berlusconi et Veltroni, de même qu’une distribution des préférences vers des
petits partis favorisant la droite extrême d’inspiration fasciste (La destra) et
une dissidence catholique conservatrice (UDC). Ainsi s’explique la débâcle
électorale et parlementaire des communistes, qui n’obtiennent pas le minimum
requis de 8% et 4% nécessaire pour obtenir des sénateurs et députés.
Les résultats attribuent 3,21% de bulletins au PRC, soit un minimum historique.
Un 3,21% obtenu de surcroît par une formation qui se déclare ouvertement
postcommuniste. Les trois groupes trotskistes qui se sont présentés au scrutin -
fait inédit en Italie - ont obtenu, en regroupant leurs suffrages, près de 1%,
canalisant le mécontentement de gauche face à la politique institutionnaliste de
Rifondazione Comunista. Non seulement le communisme se dilue quantitativement,
mais aussi qualitativement. A l’intérieur de la Gauche Arc-en-ciel, si les
forces de Rifondazione et des Communistes Italiens étaient prédominantes, la
faucille et le marteau ont disparu et Bertinotti a déclaré que le communisme
n’allait plus être qu’un «courant culturel» à l’intérieur d’une organisation
plurielle. Ce qui suscité des réponses polémiques de la part de certains
courants de son parti. Le bilan politique montre l’échec de la stratégie
combinée d’être à la fois parti de gouvernement et dans le mouvement. Le
gouvernementalisme a avalé le mouvementisme. Le retour dans l’opposition du PRC
manquait de crédibilité. La dissolution du discours et des symboles communistes
a paru comme une modernisation trop synonyme de modération. Les résultats
électoraux n’auraient pourtant probablement pas été meilleurs, sans la création
de la Gauche-Arc-en-ciel.
Ce qui ressort des résultats, c’est aussi la fin d’une stratégie politique. Il
est surprenant que dans un pays avec une fortee traditione de gauche, avec de
solides ressources culturelles, avec la présence de mouvements et de
mobilisations opposés au néolibéralisme, il n’y a ait pas eu une réaction
électorale en faveur de la gauche. Les communistes payent l’erreur d’avoir
couvert un gouvernement modéré et conservateur. Ce soutien enterre aussi une
stratégie politico-institutionnelle.
Avec ces élections, un cycle du communisme italien se ferme donc. Au vu des
inégalités et des conflits qui traversent le pays, les chemins pour une gauche
radicale d’orientation communiste ne disparaissent pourtant pas. Mais
inévitablement, ils devront se dessiner à la marge des institutions, en rompant
avec la subordination, en récupérant, sur le terrain du rapport de forces, la
critique et la potentialité de la protestation, du conflit social, de la
mobilisation et de la politisation des secteurs populaires, y incluant les
immigrés. 3, 21% de votes, soit un peu plus d’un million de voix, révèle une
présence électorale testimoniale et l’absence de toute représentation
parlementaire, mais cela pourrait être aussi une base de centaines de milliers
de militants et sympathisants pour vertèbrer les mouvements contre le
néolibéralisme italien, en version dure ou molle, du troisième gouvernement
Silvio Berlusconi.
Pr. Massimo Mondonesi, Université de México, et UNAM
Pas un jour sans que les médias nous travaillent à l'émotion. Du Kosovo au Tibet, en passant par l'Afghanistan et l'Irak, on nous exhorte à la révolte contre les dictatures ou la menace du terrorisme. A en croire les gouvernants de l'Europe et des Etats-Unis, la lutte du bien contre le mal justifie que les politiques nationales soient subordonnées à une morale prétendument universelle. Quelques éléments de réflexion sur le mariage contre-nature de l'éthique et de l'exploitation de l'Homme par l'Homme...
LES NOCES BARBARES DU CAPITALISME ET DE LA MORALE
En France, Bernard Kouchner, "un tiers-mondiste, deux tiers mondain" tente de justifier les interventions militaires de l'OTAN au nom des « Droits de l'Homme » ou du « droit d'ingérence humanitaire ». Cette association de l'humanitaire et du militaire, du sabre et du goupillon, n'est pas sans nous rappeler les heures sombres du colonialisme. D'autant que ceux qui se proclament les défenseurs de « Droits de l'Homme » s'autorisent à s'en dispenser. En Irak, par exemple, le blocus économique qui a précédé l'intervention militaire provoqué la mort de 100 000 personnes par an et, au total, celle d'un demi million d'enfants. Quant à la torture, on sait qu'elle est désormais légale dans l'armée américaine et officielle en Israël.
Dans le capitalisme, morale et politique s'excluent mutuellement
En réalité, en accréditant l'idée que toute politique doit obéir à des règles morales pour être respectée, les USA et l'Europe tentent de masquer leur volonté hégémonique sous le couvert de l'humanitaire et espèrent obtenir le soutien de l'opinion publique en exacerbant le sentimentalisme populiste au détriment du sens critique. C'est en effet un non-sens que de vouloir subordonner la politique à la morale. Celles-ci relèvent de deux ordres différents, irréductibles l'un à l'autre, comme le notait déjà Machiavel en son temps. Dans une société où règne l'exploitation de l'Homme par l'Homme, la politique vise à servir des intérêts de classe, non la vertu. D'ailleurs, si l'on pense avec Hegel que « l'Homme se produit lui-même » et avec Marx que « l'histoire est l'histoire naturelle de l'Homme », on conviendra que c'est la politique qui enfante le Droit et la morale, et non l'inverse. Sauf à croire, bien entendu, en une essence humaine définie a priori ou en un idéal perdu qu'il s'agirait de retrouver. Comprendre que la politique est le produit de communautés d'hommes placés dans des conditions historiques différentes, c'est du même coup concevoir que le Droit et la morale diffèrent nécessairement d'une Nation à l'autre. Il n'est donc pas de de Droit ou de morale universels. Sauf pour ceux qui ont intérêt à ce que la politique s'efface devant le « Droit » afin de pouvoir mutoler les souverainetés nationales. Ainsi, le « Droit » de l'Europe s'impose aux Nations qui composent celle-ci alors qu'il n'est issu d'aucune consultation démocratique.
Quand la dépolitisation va de pair avec la moralisation
Parcequ'elle veut affirmer la prééminence du droit des capitaux sur le droit des peuples, la logique capitaliste ne peut supporter l'existence d'Etats-Nations souverains. En 1999, le philosophe Daniel Bensaïd, dans un article intitulé « Le capitalisme ventriloque » notait pertinemment : « Dans le discours décomplexé du capital, la dépolitisation méthodique va de pair avec la moralisation à outrance ». L'heure est à la « guerre éthique » (Blair), à la « souveraineté éthique » (Cohn-Bendit). Cette escalade de l'éthique est l'envers (la béquille et le baume », du déchaînement de la jungle marchande. Elle peut parfaitement faire le meilleur ménage avec la concentration et le monopole de la puissance financière et militaire. Ces noces barbares sont alors porteuses des pires dangers : lorsque le fanatisme de l'éthique (l'obligation inconditionnelle illimitée dont parle Bernard Henri-Lévy) s'allie à la suprématie technique impériale, l'espace même de la pluralité politique, de la contradiction et de la controverse est menacé. »
C'est pour servir au mieux ses intérêts que le capitalisme mondial a créé la Cour pénale internationale, et le « droit d'ingérence humanitaire ». La manière sélective avec laquelle les grandes puissances mettent en oeuvre ces novations est d'ailleurs éclairante. On inculpe Milosevic quant on épargne Pinochet. On évoque le nom de Fidel Castro mais on tait ceux des « saigneurs du monde ». Les interventions millitares sont également ciblées. La guerre du Kosovo n'avait pour but que de démanteler l'ex-Yougoslavie qui restait fermée à l'économie internationale de marché. Ce sont les enjeux géostratégiques concernant les voies d'accès au pétrole ou au gaz de la Caspienne, de l'Asie, y compris les ambitions aux lisières de la Chine, qui sont la cause des interventions militaires en Irak, et non la lutte contre le terrorisme. Cependant on laisse impunies les incessantes violations des décisions de l'ONU par Israël et ses atrocités commises à l'encontre du peuple palestinien.
Au reste, répétons-le, morale et politique ne peuvent s'accorder dans un monde où règne l'exploitation de l'Homme par l'Homme. Les êtres humains ne prendront possession de leur vraie nature, le monde ne deviendra le monde humain qu'avec la suppression de l'aliénation dans laquelle vivent les hommes d'aujourd'hui. Et cette suppression ne sera effective que lorsqu'aura été abolie positivement la propriété des moyens de production et d'échange. Alors aura-t-on encore besoin de parler de morale ?
Michel Barrière
Action communiste
* Un document sur le Tibet. Au fait, en France, faute d'intellectuels médiatisés de la pointure de Noam Chomsky, on ne manque pas de belles âmes, n'est-ce pas Glucksmann ? n'est-ce pas B. H. Lévy ? n'est-ce pas Reporters sans frontières ? Question : quand ces penseurs de droite s'attaqueront-ils de la même manière aux deux seuls pays dans le monde qui ont légalisé la torture : Israël et les USA ?