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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 07:38
Nous avions mis en ligne un article de l'Express sur cette question.  Capitaine Martin nous a fait remarquer qu'il avait, sur cette question, écrit un texte onze jours avant l'Express et treize jours avant l'Humanité.  Nous publions ce texte.
Jeudi 10 juillet 2014

Terrorisme et libertéUne étude de 175 pages réalisée par le projet Salam passe au crible le cas de 399 personnes ayant figuré dans les fichiers du ministère de la justice des États-Unis entre 2001 et 2010. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les méthodes pour identifier et poursuivre les présumés terroristes s’en trouvent fortement critiquées.

La plupart des arrestations qui s’en sont suivies sont survenues dans le cadre de la soi-disant guerre contre le terrorisme lancée après le 11 Septembre. Selon le rapport intitulé « Inventing terrorists : the lawfare of preemptive persecution », nombre de citoyens étasuniens de confession musulmane ont été injustement ciblés. Ce document est le premier document du genre à aborder de manière aussi nette la question des « accusations préventives ».

Ses auteurs donnent une définition de ce tout nouveau concept juridique et l’inscrivent dans la stratégie de mise en œuvre des lois postérieures aux attentats pour identifier et poursuivre des personnes ou des organisations dont les idées, les croyances ou les affiliations religieuses soulèvent des préoccupations pour le gouvernement en matière de sécurité. Seuls 25 % des cas (99 personnes sur 399) portent sur des allégations de soutien matériel au terrorisme. 30 % d’entre eux font l’objet d’accusations de complot. Un peu plus de 17 % (71 personnes sur 399) ont été impliqués dans des opérations d’infiltration du territoire. Enfin, 16% concernent de fausses déclarations ou des allégations de parjure, alors que les délits liés aux lois migratoires n’impliquent que 6 % des cas.

Toujours selon ce même rapport, onze cas à peine peuvent être réellement définis comme une menace potentiellement importante pour les États-Unis. Et les menaces n’étaient réellement fondées que dans trois cas seulement : pour les frères Tsarnaïev et Nidal Malik Hasan.

L’une des stratégies du FBI est d’utiliser des agents provocateurs pour inciter les supposés terroristes à franchir le Rubicon. « Le gouvernement a ciblé les personnes exprimant de idées non-conformes  et leur a fait parvenir, par le biais d’agents fédéraux utilisés à dessein, de faux missiles, des armes, des fusils d’assaut et de l’argent ». Ce n’est pas tout. « Les agents ont également adressé à ces personnes des encouragements, se liant même parfois d’amitié avec elles. Ils les aidaient dans la planification technique et stratégique pour savoir si elles pouvaient être manipulées et commettre des actions violentes ou criminelles », indique le rapport. 

Le gouvernement étasunien pouvait également mettre en avant des « délits techniques mineurs », comme des erreurs administratives sur des documents relatifs à l’émigration, de présumées fausses déclarations à un agent public ou de simples problèmes liés au fisc pour poursuivre quelqu’un qui aurait eu le malheur de déplaire. « Le but évidemment est de faire croire au commun des mortels qu’il vit sous la menace constante d’attentats terroristes. Les États-Unis sont très impliqués dans la surveillance de tout un chacun, et cette surveillance leur est précieuse », explique Steven Downs, un avocat membre du projet Salam qui a publié le rapport. « La justification légale de ces actions découle de l’existence de la guerre contre le terrorisme. Rien n’aurait été possible sans cette dernière. C’est pourquoi ils (les agents fédéraux, NDLR)  doivent continuer à arrêter des personnes et les incarcérer pour invoquer la menace du risque terroriste et donner une justification au maintien des mesures d’exception ». 

Au moment où le quart de la population totale des prisonniers à l’échelle du globe se trouve aux États-Unis, rien d’étonnant à ce que certains observateurs internationaux respectés définissent l’État qui se considère comme un exemple de liberté et de démocratie comme une « dictature démocratique ».

L’économiste canadien Michel Chossudovsky énonce quant à lui une évidence douloureuse quand il écrit qu’aux États-Unis s’accentue la tendance à « un État totalitaire militaire en costume civil ». Autrement dit, l’Oncle Sam ne veut la démocratie qu’à l’unique condition qu’il puisse la contrôler. La démocratie étasunienne, c’est un système où vous êtes libre de faire tout ce que vous voulez tant que vous faites ce qu’on vous dit.

 

Capitaine Martin

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 22:27

MH17 par Jacques Sapir

La destruction du vol MH17 de la Malaysian Airlines le 17 juillet a suscité une intense et justifiée émotion. Les revendications et accusations contradictoires se sont succédées. Les informations disponibles pour le grand public sont extrêmement fragmentaires. On peut, cependant remarquer certaines incohérences dans la mise en cause, du côté des gouvernements de l’OTAN et de la presse de ces pays des insurgés ukrainiens.


Un chose semble (mas nous verrons qu’elle n’est pas certaine) acquise, c’est que la destruction du Boeing 777 de la Malaysian Airlines est due à un missile Sol-Air. Il faut alors rappeler quelques faits de base concernant ces missiles. Leur portée et l’altitude qu’ils peuvent atteindre dépendent de l’énergie contenue dans le combustible de leur moteur fusée. Mais, cette portée et cette altitude dépendent aussi des caractéristiques de leur cible potentielle. Face à un avion rapide la portée sera plus faible que face à un avion lent. A contrario, un avion lent sera plus vulnérable à une certaine altitude qu’un avion rapide.


I. De quelles armes disposent les insurgés des région Est de l’Ukraine ?

Jusqu’à maintenant ces insurgés ont fait usage de missiles portables, et tirables à l’épaulé. Ces missiles sont des descendants du SAM-7 « Strela » utilisé par les forces soviétiques. Il s’agit très probablement du SAM-18 (code OTAN « Grouse »). Ce missile atteint une vitesse maximale de 800 m/sec. Il est capable d’intercepter un appareil volant à 450 m/sec à 3500 m d’altitude. Mais, si la vitesse de l’appareil visé est inférieure, il peut être atteint bien plus haut. Néanmoins, il est exclu qu’il puisse atteindre un avion volant à 10 000 m et 250 m/sec (900 km/h) comme le Boeing 777 du vol MH17. Les caractéristiques de cet appareil impliquent un missile plus lourd, et l’un des « coupables » présumés est le système d’arme SAM-17 ou un SAM-11 plus ancien, ces deux missiles étant appelé « Buk » par les Russes.


Cependant, des informations concordantes, provenant de la presse ukrainienne et du site du ministère de la défense d’Ukraine, établissent que les insurgés n’auraient pas eu à leur disposition le système d’arme Sol-Air « Buk » (SAM-17 pour l’OTAN)[1]. Bien entendu, la déclaration du ministère de la défense date du 29 juin. Il n’est pas complètement impossible que les insurgés aient pu se procurer ce type d’équipement entre le 29 juin et le 17 juillet ou le remettre en état. De même, il n’est pas complètement impossible que l’armée russe soit entrée dans les deux provinces insurgées. Mais, cela aurait provoqué une très forte réaction internationale, car ce type de mouvement ne peut rester secret, compte tenu de l’ampleur des moyens de surveillance électronique déployés dans la régions ( avion AWACS de l’OTAN S-3 Sentry volant au-dessus du territoire roumain). Or, l’OTAN n’a nullement réagi.


II. Procédures de tir

Un point important concernant le SAM-11/17 est qu’il nécessite l’emploi de deux radars. Contrairement aux missiles portables comme le SAM-18, son guidage n’est pas à infra-rouge mais fait appel à ce qui est appelé un « radar semi-actif ». Le missile se guide sur les ondes qui sont envoyés par un radar à terre, sur son véhicule de tir (le TELAR) qui doit donc éclairer en permanence la cible. Mais, il nécessite aussi un radar de contrôle de l’espace aérien et d’acquisition pour que cette cible soit désignée. Le radar d’éclairage et d’écartométrie est le système « Kupol » (code OTAN « Snow Drift ») qui travaille en bande H/I. Le radar de contrôle et d’acquisition est le modèle 9S35 (code OTAN « Fire Dome »). La portée de ce radar est de 85 km. Par ailleurs, les batteries de missiles sont souvent intégrées dans des ensembles (brigades de défense anti-aérienne) dotés de radar de détection à plus longue portée (250 km).


Le tir implique une première acquisition par le « Fire Dome » avant que le radar « Snow drift » puisse entrer en action et guider le missile. Le SAM-11/17 est un système complexe qui exige un personnel bien entraîné et dont la formation est longue.


III. Incohérences du lieu du crash

Le lieu du crash se trouve entre les villes de Snezhnoye et de Torez. Mais, l’appareil, dont la trajectoire était nord-ouest / sud-est, a du être touché bien plus à l’ouest. En effet, compte tenu de sa vitesse (900 km/h) et de son altitude (10 000m), même s’il s’est partiellement désintégré, il a nécessairement continué sur sa trajectoire. L’explosion au sol montrée sur les différentes vidéo du crash indique qu’une partie substantielle de l’appareil (dont le poids au décollage est de 300 tonnes) s’est écrasée. Un calcul simple indique que l’avion a été touché à 30 km du lieu où il s’est écrasé. Compte tenu des délais d’acquisition du missile et de la batterie qui le sert, cela veut dire que l’acquisition elle-même a dû se faire probablement 50 km à l’ouest (sur la trajectoire de l’avion) du point d’impact. Cela porte à 80 km la distance du lieu du crash. Cela impliquerait que le radar « Fire Dome » se trouverait bien plus à l’Ouest que ce qui est affirmé aujourd’hui tant par les sources américaines qu’ukrainiennes. Il est en effet quasi impossible, sans radar de détection à longue distance, de commencer une procédure de tir en limite de portée. Si l’avion MH17 de la Malaysian Airlines avait été touché par un missile provenant d’une batterie située là où l’affirment les sources américaines et ukrainiennes, l’avion aurait dû s’écraser 20 à 30 km à l’est de son point d’impact. Autrement dit, le lieu du crash n’est pas cohérent avec l’hypothèse d’un missile tiré depuis là où l’on prétend qu’il l’a été. Pour s’écraser sur le lieu du crash, si l’avion a bien été abattu par un missile « Buk », il a dû être atteint par un missile tiré depuis le territoire contrôlé par les forces ukrainiennes.


IV. Les précédents

Il convient alors de se rappeler les incidents précédents de ce type. Nous avons la destruction d’un Tupolev-154 en 2001 par les forces ukrainiennes [2] et la tragédie du vol KAL-007 dans les années 1980. Dans ce cas, il est établi que les forces soviétiques ont confondu l’avion coréen avec un avion de reconnaissance électronique américain dont la trajectoire était quasi-identique. Quand l’avion de reconnaissance a fait demi-tour, il a été confondu avec un ravitailleur en vol et l’avion coréen pris pour l’avion de reconnaissance. L’incident du Tupolev-154 a eu lieu au-dessus de la Mer Noire, et il est vraisemblablement dû à un tir d’entraînement.


Les insurgés ont aussi abattu, début janvier, un Antonov-26, qui volait à 6500m. Mais, cet avion a une vitesse de croisière bien plus basse que celle du Boeing du vol MH17. Il ne dépasse pas 500 km/h. Il est parfaitement possible qu’il ait été abattu par un SAM-18. Le fait que les deux pilotes aient survécu (et se soient parachutés) alors qu’il n’y a eu aucun survivant du vol MH17 confirme que la charge militaire du missile qui a touché l’Antonov était de faible puissance, ce qui indirectement confirme l’hypothèse du SAM-18.


V. Un tir russe ?

Il faut maintenant revenir sur l’hypothèse d’un tir russe. Cette hypothèse implique que des unités de défense aériennes de la Russie opèrent au profit des insurgés. C’est possible, mais politiquement et militairement incohérent. Les insurgés ont eu a souffrir d’attaques aériennes à basse altitude (hélicoptères et avions d’assaut SU-25) et surtout de l’artillerie ukrainienne qui n’hésite pas à bombarder des cibles civiles. Si la Russie voulait aider les insurgés, c’était bien plus en fournissant des moyens de contre-batterie (dans l’artillerie) ou une défense anti-aérienne locale (avec le système « Tunguska ») qu’elle l’aurait fait. On ne peut pas exclure cette hypothèse, mais elle est très peu probable.


VI. Un tir ukrainien ?

On a déjà dit pourquoi, si l’avion a été abattu par un missile (ce qui n’est pas encore complètement acquis), il est plus que probable que ce missile ait été tiré du côté ukrainien. Mais, on peut se demander pourquoi l’armée ukrainienne aurait-elle déployé ce type de système alors que les insurgés n’ont pas d’aviation. Seulement, il faut se souvenir que l’artillerie ukrainienne a bombardé une ville russe sur la frontière au début du mois de juillet, et que le gouvernement russe a menacé l’Ukraine de frappes ciblées. Ces frappes auraient visé les moyens de l’artillerie ukrainienne qui sont aujourd’hui la principale menace pour les insurgés. Il est alors logique que l’armée ukrainienne ait déployé des moyens de défense anti-aérienne. Compte tenu des précédents, on peut s’interroger sur le fait que l’Armée ukrainienne ait pu confondre le vol MH17 avec un vol militaire russe, en provenance du Belarus et cherchant à prendre « de dos » les forces déployées contre les insurgés. Ce n’est, certes, qu’une hypothèse, mais elle serait cohérente avec le lieu du crash.


 


JACQUES SAPIR

Le 19 juillet 2014

Source

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 09:34

Lu sur le blog pcfcapcorse

 

Michèle Sibony est porte parole de l'Union juive pour la paix.

 

                                                                            CERVEAU

 

 

                   Intox mensonge et presse écrite
lundi 14 juillet 2014 par Michèle Sibonyujfp-titre.gif

Adresse publique au « Rédacteur en chef adjoint de Rue 89 » Mathieu Deslandes pour sa couverture de la manifestation du 13 juillet

Monsieur,

Comme je viens de lire votre traitement de la manifestation de cet après midi et que j’y étais j’ai envie de témoigner ici de ce que j’ai vécu. La manifestation en soutien à Gaza qui s’est tenue cet après midi était FOR-MI-DABLE.

Environs 15000 personnes, 8000 selon la police, une foule dans l’ensemble très jeune, beaucoup de femmes, et d’hommes, de tous horizons, déjà dans le métro sur la ligne 4 les rames se remplissaient de jeunes gens déterminés et heureux de trouver enfin un cadre pour exprimer leur soutien, leur solidarité avec « Gaza la courageuse » comme le disait un des slogans en arabe, et leur colère devant le scandale de la désinformation organisée. Et j’avoue avoir été aussi emportée par l’émotion à la sortie du métro en plongeant dans cette foule bigarrée venue comme moi dire : arrêtez le massacre. J’ai en une seconde cessé de me sentir seule , comme toute cette dernière semaine devant les écrans les radios et les journaux...

J’ai rejoint le petit cortège de l’Union Juive Française pour la Paix calé bien à sa place derrière celui de la campagne BDS France, et j’ai assisté à de nombreuses scènes émouvantes : une de nos adhérentes, jolie dame rousse qui a connu la déportation et qui milite entre autres très activement pour les droits des étrangers en France a attiré à cause du badge UJFP qu’elle portait de nombreuses personnes qui voulaient la prendre en photo, l’embrasser. Madame , vous ne pouvez pas savoir le bien que vous nous faites, c’est si important que vous soyez là. Vous êtes pour nous un symbole, celui de la paix. Cette histoire n’a rien de religieux, il ne s’agit pas de juifs et de musulmans...
Pas un mot vu lu entendu contre les juifs, pas une affiche, pas un slogan, rien... Et j’ai arpenté la manif à plusieurs reprises à mon habitude, pour chercher des amis, prendre la température... Mais vous le « journaliste » il faut vraiment trouver un autre nom aux gens qui prétendent faire ce beau métier de cette façon, de rue 89 avez vu et entendu ce qu’il vous fallait voir et entendre . Vous rapportez des témoignages ciblés et calibrés, curieusement tous à charge, parce que nous savons bien qui sont les accusés ici, n’est ce pas ? J’ai adoré celui qui a entendu mort aux ashkenazes !! ce devait être un groupe sépharade infiltré.. Ah non pardon, les mêmes criaient « Allah hou akbar » Ah là (elle est facile celle là) attention le grand mot est lâché.. il y avait effectivement un cortège religieux , et les gens criaient Allah houakbar, et aussi Lâ ilâha illâ Allâh... Une dame un peu effarouchée m’a demandé de traduire : mais oui madame avec plaisir : Dieu est grand, il n’y a de Dieu que Dieu. La profession de foi monothéiste un vrai crime dans ce pays. Parfois j’ai envie de traduire : mort aux fachos mais je me retiens... Bon sang (ça aussi c’est religieux comme expression d’ailleurs, le savez-vous ? c’est le sang du Christ auquel cela fait allusion) le bourrage de crâne a marché à fond dans ce pays. Mais si des gens croyants ont besoin de se référer à leur foi pour protester contre un crime, cela absout le crime ? Est ce en soit si insupportable ? Si dangereux ? Des amis musulmans m’ont expliqué qu’il y a dans l’Islam l’idée que l’on ne doit se soumettre qu’à Dieu, ce qui libère l’homme de toute autre sujétion. N’est ce pas une belle idée ? Que des hommes et des femmes, si souvent écrasés et dominés par tant de pouvoirs humains détestables rappellent leur seule soumission , celle qu’il doivent à Dieu. Je trouve cela émouvant et beau. C’est une affirmation de leur liberté ici bas et de leur insoumission justement.

Oui bien sûr il y a eu comme vous le rapportez en tant que xxx (il faudra vraiment trouver un nom pour ça) les slogans : Hamas résistance, Djihad résistance, j’aurais adoré qu’on y ajoute FPLP résistance. Mais ce n’est pas vrai peut-être ? Ils résistent tous les jours et ils résistent avec des moyens dérisoires contre une armée puissante et violente qui assiège leurs villes et leurs camps (les 2/3 de la population de Gaza sont réfugiés déjà chassés de chez eux en 1948 et encore pourchassés aujourd’hui...) depuis 7 ans, 7 ans, 7 ans, les bombardements tuent leurs familles, occupent et volent leurs terres, et ils refusent de se soumettre, et ils luttent pour leur liberté, pour la libération nationale et l’indépendance de la Palestine, et même contre l’éradication pure et simple décrétée par Israël, si c’est pas de la résistance ça ! Oui, les militants du Hamas ou du Djihad sont des résistants à l’occupation comme tous les groupes politiques palestiniens, et même si mon cœur est à gauche je les respecte. Surtout lorsque le programme est leur déshumanisation leur diabolisation, et leur éradication à n’importe quel prix . N’y aurait -il que les blancs chrétiens et athées de gauche ou de droite du Limousin qui auraient droit à ce beau titre de résistants ? Mais pour qui vous prenez-vous monsieur le xxx !! Vous croyez vous sorti de la cuisse de Jupiter (encore un Dieu tiens mais blanc celui là tout de même...) Raciste n’étant plus une insulte dans ce pays mais une norme insufflée aujourd’hui depuis les plus hauts niveaux de l’Etat, je ne peux même pas utiliser le terme... pauvre type peut-être...

Et la meilleure pour la fin : les casseurs de la manifestation auraient tenté d’attaquer la synagogue de la Roquette ? Et vous citez sans sourciller ce « témoignage de la LDJ ». Voici l’annonce du rassemblement que vous évoquez, appelé par la LDJ en soutien à Israël devant la synagogue de la Roquette, sur leur site, avec ce titre éloquent : Keep calm and kill Hamas  [1]. Curieusement quand c’est devant, voire dans, une synagogue qu’on appelle à soutenir des crimes de guerre, l’incursion du religieux dans le politique ne vous choque pas, ni ne vous crève les yeux ? Elle n’appelle aucun commentaire de votre part, il suffisait d’insinuer que la manifestation était antisémite, ce dont vous aviez besoin pour les besoins de votre cause : celle du silence sur les crimes de Gaza dont vous ne dites rien.

Alors je vais vous dire ce que j’ai vu, moi, pauvre juive infidèle (mais il n’y a de Dieu que Dieu) dans cette manif : sur le boulevard Beaumarchais à peu près à la hauteur de Chemin vert, 4 ou 5 types de la Ligue de Défense Juive [2] montés sur un banc, complètement entourés et protégés par deux rangs serrés de CRS qui jetaient projectiles et insultes sur la foule, et les services d’ordre, et les responsables calmant les manifestants, ne vous énervez pas ne répondez pas aux provocations, c’est ce qu’ils attendent... et bien sûr lors de la dispersion il y a eu des courses et des bagarres à l’entrée de la rue de la Roquette... comme prévu si j’ose dire.

Et surtout j’ai aussi entendu la foule des manifestants crier depuis Barbès jusqu’à la Bastille :
« médias français montrez la vérité. »
« le peuple français veut la vérité. »
Et j’étais fière aujourd’hui de ce peuple là, de mon peuple.

Michèle Sibony
13 juillet 2014

[1] http://www.liguedefensejuive.com/di...

[2] au fait saviez vous que la LDJ est interdite en raison de son extrême violence en Israël et aux Etats Unis ? Ah bon je vous l’apprends aussi ?

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 21:57
Un film dénonce le modèle low cost de Corsica Ferries

En pleine grève de la SNCM, une enquête sur son concurrent Corsica Ferries a été présentée à la CGT marins sur le Danielle Casanova. Son auteur, le journaliste Enrico Porsia, s'est intéressé aux avantages sociaux et fiscaux dont bénéficie la compagnie maritime et qui constituent pour lui une distorsion de concurrence.

Au nom de la concurrence, on pourrait aboutir à "un monopole" à la Corsica Ferries. Au terme de notre entretien, Enrico Porsia résume le paradoxe du dossier de la desserte maritime de la Corse, avec la possible disparition de la SNCM dans les prochains mois. D'autant plus qu'en termes de "distorsion de concurrence", ce qui est reproché par l'Europe à la compagnie marseillaise, son homologue italien n'est pas en reste, assure le journaliste.

Connu pour son enquête sur le système Ryanair, il a récidivé dans sa dénonciation du low-cost avec l'armateur aux ferries jaunes. Le documentaire, qui n'est en fait qu'une première partie, a été diffusée lundi sur le Danielle Casanova, QG des personnels en grève de la SNCM. Alors que le conflit social se durcit, il fournit d'ailleurs des arguments à la CGT marins, qui a participé à son financement avec le magazine Option de la CGT. "Je n'apporte pas des armes, j'essaie de regarder objectivement quelle est la réalité des choses. C'est pousser plus loin mes enquêtes antérieures [...] Je n'ai eu aucun contrôle, aucun coup de fil." Il y se dit même "fier d'avoir eu une subvention des marins de Marseille plutôt que travailler pour un marchand de canons comme Dassault au Figaro par exemple".

Pavillon bis

Au coeur du système Corsica, on trouve notamment la question du pavillon, ce petit drapeau qui flotte sur le navire mais qui conditionne aussi tout un ensemble de règles sociales applicables. La SNCM, comme son partenaire la Méridionale, navigue sous pavillon français de premier registre. La Corsica, elle est sous pavillon italien. Et pas n'importe lequel mais le pavillon bis. À l'image de ceux créés par plusieurs pays européens, -dont la France avec le RIF- il fixe un cadre social bien plus favorable.

À l'origine, il s'agissait pour leurs armateurs de faire face à la concurrence internationale des pavillons dits "de complaisance" (Panama etc.) tout en restant sous les couleurs nationales. "Par contre, en Italie, il sert aussi pour le cabotage, les trajets entre la côte et une île", souligne-t-il. Ces dernières années, on a ainsi vu des contestations liées à son utilisation par Louys Dreyfus sur les lignes transmanche ou Grimaldi Ferries entre l'Italie et la Grèce. Cette question était l'un des points de la grève déclenchée en janvier par les personnels de la SNCM et la CMN. Parmi les engagements pris par le ministre des Transports Frédéric Cuvillier, figurait l'application du principe de "l'État d'accueil", qui fait dépendre les règles sociales du port accosté. Le très attendu décret a été présenté au conseil d'État fin mai. "C'est le devoir du gouvernement d'imposer les mêmes règles à n'importe quelle entreprise qui pratique une activité commerciale sur le territoire français", conclut Enrico Porsia.


Par Julien Vinzent, le 3 juillet 2014

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 14:34
Lu sur çanempechepasnicolas

investig'ACTION   

 

Ken Loach vous écrit :

« Aujourd’hui, faire de la télé c’est comme fabriquer n’importe quel produit. C’est le management, prétendant interpréter le marché, qui décide. Tout doit satisfaire le marché et c’est l’économie qui façonne le produit. »

Investig'Action a le plaisir de présenter à ses lecteurs un extrait du livre d'entretiens avec Ken Loach, concocté par Frank Barat et publié par Indigène Éditions.

Dans cet extrait percutant, Ken Loach a le mérite de souligner la croissante perte de pouvoir des travailleurs des médias face à la pression des puissants, se répercutant sur la qualité des informations accessibles à tous.

 

J’ai eu la chance de travailler à la BBC dans les années 60. La télévision était alors un jeune média est l’état d’esprit de l’époque permettait, dans une certaine limite, d’ouvrir la culture et l’antenne aux classes populaires. Avec le temps, ça a été de plus en plus contrôlé. Plus les années ont passé, plus le format de ce qui marchait, en terme d’audience, a été développé et s’est rigidifié. Tout s’est bureaucratisé, hiérarchisé et, comme dans toute industrie, la pression sur la production s’est énormément intensifiée.


La tendance est à la réduction des équipes et à la multiplication des « managers » qui, pour justifier leurs positions, doivent intervenir dans tous les domaines, du scénario au casting. Dans les années soixante, ils ne vous disaient pas quel acteur vous deviez engager. Aujourd’hui, l’équipe de comédiens doit être approuvée par les représentants des maisons de production, par ceux de la BBC ou de ITV, par le responsable du département, par le responsable de la chaine,… toutes ces personnes que vous n’avez jamais rencontrées doivent donner leur accord. Du coup, le réalisateur, à qui l’on impose des comédiens, qui ne peut plus travailler sur le scénario sans supervision, n’a que très peu de pouvoir. Alors, bien sûr, il ne peut pas être original. Cette pression et cette dépossession annihilent l’originalité.


C’est cela que les syndicats doivent dénoncer et combattre avec force. Autrement, c’est presque impossible pour les réalisateurs. L’utilisation qui est faite de la télévision n’est pas acceptable. Ce médium a un potentiel énorme mais ce qu’on voit sur les écrans est si limité. Les mêmes célébrités, les mêmes films diffusés en boucle, la même vision politique restreinte, les émissions de cuisine, de décoration de maisons, les radio-crochets, ... c’est tellement ennuyeux !

Aujourd’hui, faire de la télé c’est comme fabriquer n’importe quel produit. C’est le management, prétendant interpréter le marché, qui décide. Tout doit satisfaire le marché et c’est l’économie qui façonne le produit.


Il est difficile de résister individuellement.


En Europe, nous avons la chance d’avoir encore une niche qui nous permet, si nous sommes raisonnables, de faire les films que nous voulons. Cela dit, le montant dont nous pouvons disposer est limité. L’audience génère un revenu qui va définir combien vous pouvez dépenser sur un film. On dépend donc du public, il faut être rentable.


 

Parvenir à changer cela s’inscrit dans la perspective d’un changement politique beaucoup plus vaste. Les grands groupes de télévision font partie de l’appareil étatique, c’est un fait. Ils sont administrés par des personnes nommées par l’État selon un système hiérarchique très vertical. C’est le gouvernement qui octroie les concessions aux sociétés commerciales et nomme les dirigeants de la BBC, qui est, avec la presse de droite, le principal fournisseur d’idéologie et d’information de notre époque. L’influence de la télévision sur la population est énorme. C’est une institution étatique dont la mission première est de relayer l’idéologie du pouvoir en place. Ces nominations sont donc cruciales car il serait désastreux pour l’État que cet outil tombe entre ce qu'il considère comme de mauvaises mains. C’est encore plus vrai pour la presse. Il faudrait qu’elle soit gérée par des coopératives et qu’aucune société ne puisse posséder plus d’un journal. Ce sont des revendications révolutionnaires que l’État, tel qu’il est organisé en ce moment, n’acceptera jamais.


Page facebook du livre :  https://www.facebook.com/defierreci...


Lien pour acheter le livre en ligne :  http://www.lalibrairie.com/tous-les...


 

Publié chez Indigene Editions : http://www.indigene-editions.fr/ceu...

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25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 13:49

Sur PCFcapcorse

 

"Là encore, il faut user de persuasion et non violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des informations et des divertissements flattant toujours l'émotionnel et l'instinctif.  On occupera les esprits avce ce qui est futile et ludique.  Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d'empêcher l'esprit de penser." Aldous Huxley, 1939

 

huxleyrevolte.jpgAldous-Huxley_dictature.JPG

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 08:14
LU sur Russeurope
Scandale au Bac ES
19 juin 2014

 

Le Bac est, cette semaine, le sujet à la mode. Il revient ainsi tous les ans, avec ses polémiques (faut-il supprimer le Bac ?), avec ses scandales, réels ou imaginaires. Il y a une bonne raison à cela. Premier examen universitaire (et c’est pour cela qu’un professeur des universités préside le jury), il conditionne pour de nombreux jeunes la possibilité d’avoir accès aux études supérieures. L’idée de faire passer le Bac par contrôle continu aurait probablement pour conséquence de conduire les universités à instaurer des concours d’entrée, puis à créer leurs propres filières de préparation à ces concours d’entrée, ouvrant par là même la porte à des abus multiples.

Le formatage par le MEDEF commence au Bac !

On trouve donc de tout dans les sujets du Bac ; parfois des « perles » et même de la propagande. C’est le cas pour les sujets de 2014 dans l’épreuve de sciences économiques et sociales pour la section ES (Sujets: BAC-ES2014). Cette propagande peut être grossière, comme c’est le cas pour les (malheureux) élèves qui auront choisi l’épreuve composée. La première question de cette dernière (valant 6 points) se compose de deux sous-questions :

  1. Comment la flexibilité du marché du travail peut-elle réduire le chômage ?
  2. À quels risques économiques peuvent s’exposer les pays qui mènent une politique protectionniste ?

On ne saurait imaginer choix plus tendancieux, et plus erroné du point de vue de la science économique.

Commençons par la première sous-question ; il est ainsi implicitement suggéré à l’élève que la « rigidité » du marché du travail peut-être une cause du chômage. Or, ce que l’on appelle la « rigidité » ce sont des contrats de travail assurant une stabilité et une protection au salarié. Poussons alors le raisonnement à l’absurde : si la flexibilité du travail permet de réduire le chômage, il nous faut revenir à des contrats journaliers ou hebdomadaires, comme aux premiers jours de la révolution industrielle. Il n’y avait rien de plus flexible que le marché du travail au début du XIXème siècle. Pourtant, comme c’est étrange, tous les commentateurs de l’époque s’entendent pour dire qu’il régnait alors un chômage important… Par ailleurs, si une personne n’a aucune garantie quant à son lendemain, si elle vit dans une insécurité permanente, aura-t-elle la moindre incitation pour s’instruire et développer sa force de travail ? On oublie trop que l’extrême flexibilité du travail a pour corolaire une productivité extrêmement faible. Inversement, ce sont les industries qui avaient besoin d’un travail qualifié (comme Krupp en Allemagne ou Schneider en France) qui ont, les premières, instauré des mécanismes rigidifiant le marché du travail afin de stabiliser une main d’œuvre avec des caractéristiques spécifiques. En réalité, la segmentation du marché du travail est issue du développement même du capitalisme. Les gains très importants en productivité du travail que l’on a connu depuis plus de 100 ans dans l’industrie sont le résultat de ces stabilités qui sont aussi, pour ceux qui les combattent, autant de « rigidités ». Or, ces gains permettent des hausses régulières du salaire réel, qui assurent ainsi les débouchés (la consommation) à la production, et contribuent par là à la baisse du chômage. Il faut ici rappeler que l’introduction du SMIG puis du SMIC a fortement contribué à une croissance rapide dans les années 1960.

Quant à la seconde question, elle passe sous silence le fait qu’il n’y a pas eu un seul pays qui ait réussi à s’industrialiser et à se développer économiquement sans recourir à des méthodes protectionnistes. De la France au Japon, des États-Unis à l’Allemagne, tous les pays ont eu recours au protectionnisme, et ceci a correspondu à leurs périodes de croissance les plus importantes. Dans un papier célèbre[1], le regretté Paul Bairoch et Richard Kozul-Wright ont montré le rôle largement positif des réglementations protectionnistes. ... Lire la suite en cliquant ici ou sur Jacques Sapir.


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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 01:47
Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique
Par Annie Lacroix-Riz, historienne
 
Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57% [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” » [4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie) [5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » [6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée [7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste [8].

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma [9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film Il faut sauver le soldat Ryan ni par le long documentaire Apocalypse.  lire la suite

 

Lu sur le site "lafauteàdiderot"

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 13:23
Une fois n'est pas coutume, nous mettons en ligne un article lu sur le blog du Parti de gauche.  Il montre comment les médias, réputés "de gauche" ( en l'occurence le Nouvel Obs) , mènent campagne pour l'intégration capitaliste européenne et mondialisée.
Enquête américaine : la France anti-capitaliste, populaire dans un monde demandeur de régulation publique
dimanche 4 mai 2014.

 

Les abonnés du Nouvel Obs, ont été surpris de découvrir cette semaine (15 au 21 juin 2006) un dossier intitulé " C’est le nouveau Satan Pourquoi la France refuse le capitalisme". Il s’agit d’une attaque en règle contre les traditions progressistes françaises, utilisant toutes les armes intellectuelles possibles : moquerie, culpabilisation des "mauvais Français" schizophrènes et incultes, accusation des enseignants, appel aux bien-pensants, références historiques sans cohérence et surtout mauvaise foi.


Quelle raison donne le Nouvel Observateur à son dossier, dès le chapeau de celui-ci :

"Enquête sur un divorce inquiétant qui fait de la France une exception parmi les pays développés". "C’est un sondage qui en dit beaucoup sur notre pays. L’institut américain Globe Scan et l’université du Maryland ont posé dans 20 pays cette question apparemment anodine : le système de l’économie de marché et de la libre entreprise est-il le meilleur mode de fonctionnement pour le monde ? Pour la grande majorité des sondés, 61% en moyenne, la réponse était oui. La seule surprise provenait de... la France, qui, en queue de peloton, était la seule à ne pas être d’accord, avec seulement 36% des français adhérant à l’économie de marché".


Le Nouvel OBS déforme la réalité dès le postulat de sa démonstration. La question posée par les enquêteurs était " Le système de l’économie de marché et de la libre entreprise est le meilleur système sur lequel baser l’avenir du monde. D’accord ? Pas d’accord ?" et non "le système de l’économie de marché et de la libre entreprise est-il le meilleur mode de fonctionnement pour le monde ?" Il est vrai que ces sondages ont pour but d’amener à la conclusion désirée par les enquêteurs et non de savoir ce que pensent les sondés.

Autre déformation de la réalité par l’analyse qu’en fait le Nouvel Observateur. Son journaliste insiste sur le mot "exception" française et l’adjectif "seule" : "la seule surprise provenait de la France qui... était la seule à ne pas être d’accord". Or, les Argentins (42% d’accord), les Russes (45%), les Turcs (47%) ne donnent pas non plus de réponse majoritairement positive. L’ensemble des résultats de l’enquête prouve, non l’isolement, mais la popularité de la France dans le monde ; nous y reviendrons.


Une fois posé un postulat non fondé, le dossier du Nouvel Obs déploie sa démonstration sur un ton d’ironie narquoise désagréable : "A bas le capitalisme ! Voilà la rumeur qui semble enfler et gronder au sein de notre pays. Les Français ont trouvé leur nouveau Satan. Il s’appelle Libéralisme, Mondialisation, Economie de marché... C’est un démon qu’ils ont voulu conjurer en votant non au référendum l’année dernière. Lui encore dont le spectre planait au printemps pendant la grande révolte du CPE. Face à cet épouvantail sans visage, les Don Quichotte de tout poil sont devenus de nouveaux héros : c’est Michael Moore... c’est José Bové, désormais icône indéboulonnable grâce au démontage d’un McDonalds, ou encore le député UDF Jean Lassalle, avec ses 31 jours de grève de la faim pour empêcher la délocalisation d’une entreprise à 50 kilomètres de sa circonscription".


Ce ton d’ironie envahit tout le dossier, en particulier les deux grands dessins d’illustration dont les légendes sont les suivantes :

- "Il ne faut jamais dire qu’on est un gros capitaliste. Il faut dire qu’on a gagné au loto. Tout le monde trouve ça vachement sympa".

- "Mes deux enfants ont mal tourné. Y en a un qui flambe les voitures et l’autre c’est pire, qui flambe à la Bourse".

Sans cesse, l’article en appelle à des bien-pensants censés avoir toujours raison :

- " Cela montre vraiment notre rapport schizophrène par rapport à la mondialisation. En France, on préfère les postures rebelles et héroïques, au détriment du réformisme" ( Zaki Laidi, politologue)

- " La raison du malentendu viendrait de "l’inculture économique importante de notre pays" selon les termes mêmes de Thierry Breton".


Qui est à l’origine de cette inculture ? les enseignants. "L’anticapitalisme commence-t-il dès l’école ? Dans un manuel de SES, on pouvait lire, il y a cinq ans, que "la croissance génératrice de pauvreté et de chômage" est un moyen " pour que les plus riches puissent s’inventer de nouveaux luxes..." Radical !... Les professeurs allergiques aux entreprises ? Au MEDEF, qui organise des semaines de découverte des entreprises, on avoue avoir du mal à impliquer les enseignants du secondaire, comme si fricoter avec l’univers du capitalisme c’était déjà signer un pacte avec le diable".


Le dossier du Nouvel Obs s’en prend de façon systématique à tous le socle de la tradition politique et culturelle française, dans l’interview de Daniel Cohen, comme dans l’article central :

- "La France est possédée par la question de l’Etat... Du coup, on observe une prééminence du politique sur l’économique".

- " En France, on fait la révolution, mais c’est pour installer un autre absolutisme. Celui de Robespierre ou celui de Napoléon".

- "L’argent reste chez nous encore tabou. Héritage de notre culture catholique ?"...


L’arme principale de la démonstration du nouvel Obs, c’est la mauvaise foi. En effet, son dossier fait dire à l’enquête américaine, l’inverse des conclusions tirées par les enquêteurs américains eux-mêmes.


1) La France progressiste plébiscitée dans le monde

Le Centre d’Etudes de l’Université américaine du Maryland ainsi que l’Institut Globe Scan ont cherché à connaître le degré de popularité dans le monde de 23 pays dont les Etats Unis et la France. Voici quelques extraits des conclusions :

"Le pays bénéficiant de la meilleure réputation est la France, perçue comme exerçant une influence positive dans 21 pays sur 23, avec une majorité de 58% d’opinions positives en moyenne contre 20% d’opinions négatives". Il n’y a qu’aux Etats Unis qu’une majorité de l’opinion a une perception négative de la France.

Les soutiens les plus nombreux à la France se rencontrent en Allemagne (77% d’opinions positives), en Italie (73%), en Chine (72%), en Corée du sud ( 72%), en Afrique du Sud et au Liban (69%).

Les peuples les plus hostiles aux Etats Unis seraient les Argentins ( 65%), les Allemands (64%), les Russes (62%), les Turcs (62%), les Canadiens (60%), les Mexicains (57%) et les Français (54%). Un seul peuple "sondé" soutient les Etats Unis : les Philippins. J’aimerais bien connaître le détail de ce "sondage" aux Philippines. En moyenne, au niveau mondial, les Etats Unis recueillent 47% d’opinions négatives et seulement 38% d’opinions positives.

Steven Kull, directeur du PIPA (Program on International Policy Attitudes), initiateur de l’enquête, commente : "Certains ont fait valoir que la puissance militaire américaine mérite gratitude pour avoir rendu possible l’ordre économique mondial, mais avec le souvenir de la guerre froide qui s’efface, ce point de vue semble aussi s’effacer".

" Notre enquête montre que la réputation de l’Europe s’est améliorée et celle de l’Amérique a décliné sous l’administration Bush" ajoute le président de Globe Scan Doug Miller.

En effet, une grosse majorité de l’opinion mondiale souhaite que l’Europe joue un plus grand rôle que les Etats Unis dans les affaires du monde. Ce sont les deux peuples limitrophes de l’hyperpuissance américaine qui appellent le plus de leurs voeux un rôle majeur de l’Europe au détriment des Etats Unis ( 66% des Mexicains et 63% des Canadiens).


2) les peuples du monde veulent plus de régulation publique

75% des humains jugent nécessaire d’imposer plus de règles de respect de l’environnement aux grandes entreprises.

74% jugent nécessaire l’établissement de nouvelles règles de droit pour protéger les travailleurs.

73% jugent nécessaire d’imposer le respect des droits du consommateur.

Nous allons détailler les réponses à la question : "Les grandes entreprises ont une trop grande influence sur leur gouvernement. D’accord ? Pas d’accord ?"


Répondent d’accord :

88% des Mexicains

86% des Français

85% des Américains

84% des Espagnols

82% des Canadiens

80% des Britanniques

80 % des Brésiliens

80% des Coréens du Sud

77% des Allemands

76% des Argentins

76% des Italiens

74% des Indonésiens

74% des Polonais

73% des Hindoux

72% des Philippins

66% des Russes

64% des Kényans

59% des Turcs

47% des Chinois

41% des Nigérians


Merci à l’outil Internet grâce auquel nous nous sommes procuré les résultats de cette enquête, au lieu de nous suffire des éléments partiels, partialement exploités par le Nouvel Obs.

Notons pour finir que d’autres sondages ont donné les mêmes résultats concernant le rapport des Français au capitalisme.

Selon un sondage pour le Figaro : 59 % des Français estiment qu’« il faut changer profondément le système capitaliste » (commentaire de Claude Cabanes dans L’Humanité)

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 14:01

 

jean-paul-2-pinochet.jpg

Chronique d'un spectacle religieux obscène

 

Chronique d'Eduardo Febbro, journaliste 

pour le quotidien argentin « Pagina 12 »



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

Déclarer saint Karol Wotyla, c'est oublier la protection apportée aux pédophiles, les accords et tractations avec les dictatures assassines, les liens avec la mafia et un système bancaire parallèle pour financer le combat contre le communisme.



« Victimes, quelles victimes ? », demandait le cardinal Velasio de Paolis. Il a ensuite ajouté : « Les victimes ne sont pas uniquement celles qu'on croit ». Il y eut ensuite un moment de silence, suivi par un égarement du regard du supérieur général des Légionnaires du Christ, nommé en 2010 dans cette charge par le pape de l'époque, Josef Ratzinger. A la question de De Paolis suivit une réponse : les victimes n'étaient pas seulement les milliers de mineurs ou adultes abusés et violés par le père Marcial Maciel, fondateur de cette industrie des violences sexuelles que fut, pendant son mandat, les Légionnaires du Christ. La victime était le Saint-Siège, qui fut « trompé ».



Jean-Paul II, le pape qui, entre autres horreurs, a promu et couvert les pédophiles et les violeurs de l'Eglise, a reçu, en même temps que Jean XXIII, la canonisation. Bien au-delà du spectacle obscène monté à cette occasion, du million de fidèles place Saint-Pierre, des trois satellites supplémentaires pour diffuser l'événement, bien au-delà de la foi de tant de gens, la canonisation du pape polonais constitue une aberration et un outrage pour tout chrétien. Déclarer saint Karol Wotyla c'est ouvrir le catalogue accablant des péchés terrestres qui pèsent sur ce pape : protection apportée aux pédophiles, pactes et tractations avec les dictatures assassines, liens avec la mafia et mise sur pied d'un système bancaire parallèle pour financer les obsessions politiques de Jean-Paul II – la lutte contre le communisme –, la persécution implacable des courants progressistes de l'Eglise, en particulier en Amérique latine, soit la subversive et rénovatrice Théologie de la Libération.



Le pape qui a couvert la pédophilie à grande échelle



Le « Victimes, quelles victimes ? » prononcé à Rome par le cardinal Velasio de Paolis représente bien cette impunité et continuité encore ancrée au sein de l'Eglise. Juriste et expert en droit canonique, De Paolis faisait partie de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à l'époque où – dans les années 1980 – s'accumulaient les dénonciations contre Marcial Maciel. Cependant, c'est lui qui a signé la seconde absolution du prêtre mexicain. L'ancien prêtre mexicain Alberto Athié a raconté à Pagina 12 comment Maciel avait l'habitude de distribuer des enveloppes de billets pour acheter le silence de la hiérarchie. Athié a renoncé en 2000 au sacerdoce et s'est consacré à l'enquête et la dénonciation des abus sexuels commis par les clercs et les organisations. Le destin de Maciel, c'est Benoît XVI qui le scella en 2005. En 2004, avant la mort de Karol Wotyla, Maciel est honoré au Vatican. La même année, Ratzigner ouvrait une enquête contre les Légionnaires.



Le « dossier » Maciel avait été bloqué en 1999 par Jean-Paul II et maintenu sous silence par une autre des figures les plus troubles de la curie romaine, Angelo Sodano, ancien secrétaire d’État de Jean-Paul. Sodano est une perle digne de figurer dans un cours sur les sales coups. Angelo Sodano, qui est le doyen du Collège des Cardinaux, traitait avec les Légionnaires du Christ. Un de ses neveux fut un des consultants nommés par Maciel pour construire l'université que les Légionnaires du Christ ont à Rome, l'Université pontificale Regina Apostolorum.



Sodano, qui fut le numéro deux de Jean Paul II pendant près de 15 ans, avait un ennemi intime, Josef Ratzinger, un club de sympathies extérieures dont les deux membres les plus imminents sont le dictateur Augusto Pinochet et le violeur Marcial Maciel. Sodano et Ratzinger ont livré une bataille sans trêve : le premier pour protéger les pédophiles, le second pour les condamner.



En 2004, Josef Ratzinger obligea à Marcial Maciel à se démettre et se retirer de la vie publique. Deux années après, le pape Benoît XVI le suspend a divinis. Les enquêtes ré-ouvertes par Ratzinger démontrèrent que Maciel était un pédophile, qu'il avait deux femmes, trois enfants, plusieurs identités et brassait des comptes où se trouvaient plusieurs millions de dollars. Les dénonciations précédentes n'avaient jamais passé le mur dressé par Sodano et aujourd'hui Saint Jean-Paul.



Le pape qui a soutenu les dictatures au nom de l'anti-communisme



La carrière de Sodano est une synthèse du pontificat de Karol Wojtyla, où se mélangent intérêts politiques, visions idéologiques ultra-conservatrices, corruption et manipulations. Angelo Sodano fut nonce au Chili pendant la dictature de Pinochet. Le diplomate a maintenu une relation amicale avec le dictateur et celui lui a permis de faciliter la visite au Chili de Jean-Paul II, en 1987. Son frère, Alessandro, fut condamné pour corruption après l'opération « Mains propres ». Son neveu Andrea a connu le même sort aux États-Unis. Le FBI a découvert qu'Andrea et un associé se consacraient à acheter – par des délits d'initiés – pour une poignée de dollars des propriétés immobilières des diocèses des États-Unis qui étaient en faillite à cause des scandales de pédophilie.



Mais le monde a succombé au cri de « santo subito » (saint tout de suite) qui a réclamé la canonisation d'un homme qui a présidé les destins de l'Eglise dans son moment le plus infâme et corrompu. Le pape « pélerin », le « bon » pape, le pape « des jeunes », le pape « cathodique » était un imposteur orthodoxe qui a privé de toute protection les victimes d'abus sexuels et jusqu'aux prêtres de l'Eglise quand ceux-ci étaient en danger de mort. Ses visées et ses nécessités stratégiques se sont toujours opposées à celles des êtres humains.



Il se trouve que dans la trame de cette histoire on retrouve également beaucoup de sang et pas seulement celui des banquiers mafieux comme Roberto Calvi ou Michele Sindona avec qui Jean Paul II s'est associé pour alimenter par des fonds secrets les coffres de l'IOR (banque du Vatican), des fonds qui servirent ensuite à financer la lutte contre le communisme en Europe de l'est ou la Théologie de la Libération en Amérique latine. Jean-Paul II a laissé sans protection les pères qui incarnaient en Amérique latine l'option pour les pauvres face aux dictatures criminelles et ses alliés des bourgeoisies nationales.



Le pape complice des assassins des « pères des pauvres »



En 2011, cinquante théologiens éminents d'Allemagne signèrent une lettre contre la béatification de Jean-Paul II pour ne pas avoir soutenu l'archevêque salvadorien Oscar Romero, assassiné le 24 mars 1980 par un commando para-militaire de l'extrême-droite salvadorienne tandis qu'il célébrait une messe. Romero, oui, est et sera un saint. L'archevêque a affronté les militaires pour les enjoindre à ne pas assassiner leur peuple, il a parcouru les quartiers, des zones frappées par la répression et la violence, il a défendu les droits de l'Homme et les pauvres. En somme, il n'a pas attendu que Bergoglio arrive à Rome pour parler d'une « Eglise pauvre pour les pauvres ». Non, il l'a incarné et l'a payé de sa vie, comme tant d'autres prêtres que le Vatican cataloguait comme marxistes ou communistes seulement parce qu'ils s'impliquaient dans des causes sociales.



Jean-Paul II est un saint imposteur qui a trahi l'Amérique latine et ceux qui, depuis le parti-pris d'une Eglise des humbles, ont osé dire non aux assassins des peuples. Si Jean Paul II a contribué en Europe de l'est à la chute du bloc communiste, en Amérique latine il a favorisé la chute de la démocratie et le maintien néfaste des dictatures et son idéologie apocalyptique. Un détail atroce se rajoute à la dette déjà incommensurable que possède le Vatican envers la justice et la vérité : la démarche de béatification de monseigneur Oscar Romero continue d'être bloquée dans les méandres politiques du Saint-Siège. Jean Paul II a béatifié Josemaria Escriva, polémique fondateur de l'Opus Dei et un de ses protégés. Mais il a mis de côté Romero, déjà quand il était en vie et que les menaces contre lui se précisaient chaque semaine : « Chaque jour qui passe, je suis le pasteur d'un pays de cadavres », ne cessait de dire Romero.



Jean-Paul II fut élu en 1978. L'année suivante, monseigneur Romero livrait un rapport sur la violation épouvantable des droits de l'Homme au Salvador. Le pape l'a ignoré et a recommandé à Romero de travailler « plus étroitement avec le gouvernement ». Comme le rappelle à Pagina 12 Giacomo Galeazzi, spécialiste du Vatican de la Stampa et auteur d'une enquête magistrale, « Wojtyla secret », dans « ses 25 années de pontificat aucun evêque latino-américain lié à l'action sociale ou à la Théologie de la Libération ne fut nommé cardinal par Jean-Paul II ». La réponse réside dans une phrase d'un autre digne représentant de l' « Eglise des pauvres », l'archevêque brésilien défunt Helder Camara : « Quand je nourrissais les pauvres, ils disaient que j'étais un saint ; quand je demandais pourquoi ces gens étaient pauvres, ils disaient que j'étais un communiste ».



Le show universel de la canonisation était déjà lancé. La presse européenne a la mémoire très courte et sa connaissance de l'autre est infiniment réduite. Tous célèbrent le grand pape. On élève à la catégorie de saint un homme qui a les mains sales, qui a commis l'infamie de couvrir des violeurs d'enfants, d'embrasser des dictateurs et de légitimer ainsi la masse de morts qu'ils ont laissé dans leur sillage, de négocier des profits réalisés avec la mafia, qui a sacrifié au nom des intérêts d'une partie d'un continent, l'est de l'Europe, la miséricorde et la justice des autres, ceux de l'Amérique latine. On canonise un imposteur. Comble de la légèreté, de l'erreur immémoriale : face à qui devraient se prosterner les victimes des violeurs et des dictateurs ? Nous pouvons tous nous rendre dans un lieu paisible et juste dans notre mémoire, avec les images du père Mugica ou de monseigneur Romero pour nous retrouver avec la béatitude et tout le sens de ceux qui, pour un idéal de justice et de l'égalité, ont affronté la mort sans jamais penser à eux ou à de vils avantages.

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