Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 02:13

 

Cette semaine, exceptionnellement, notre analyse du monde est marquée du signe du rabat-joie, du party pooper, de l’empêcheur de s’amuser en rond, du Schtroumpf à lunettes bientôt corrigé par le Schtroumpf costaud, du barde réduit au silence lors du banquet de fin d’une aventure d’Astérix. À travers un édito parano qui coupe les poils de cul en huit, nous allons tenter de mettre en avant ce qu’est le soft power, arme parmi les plus efficaces de l’arsenal diplomatico-propagandiste des grandes puissances impérialistes. Exemple à l’appui avec la ferveur halloweenesque qui envahit les esprits des grands et des petits au seul profit des confiseurs, déguiseurs et autres dentistes… Et de la politique internationale américaine.

 

 

Tout d’abord, définissons ce qu’est le soft power. Il s’agit de la force de persuasion d’une institution (état, entreprise, religion, association d’états, d’entreprises, d’intérêts…) émanant non pas de son pouvoir coercitif mais de ce que l’on pourrait rassembler sous les termes d’image, de relations publiques. Contrairement à la menace ou au chantage (économique, militaire, politique…) qui visent à imposer sa volonté à un tiers, le soft power s’applique à changer, en douceur, la volonté de ce tiers. Ce qui est d’autant plus efficace que cette persuasion est durable et apparaît comme naturelle, émanant de l’individu ou de la collectivité elle-même.

 

 

La culture, les médias, l’exemplarité par une attitude « ouverte » et « progressiste », la renommée scientifique, économique, sportive ou encore les artefacts consuméristes (Coca Cola, iPhone, prêt-à-porter…) en font partie, sans nécessairement être conçus en tant qu’armes de persuasion massives. Tout cela participe à la définition d’un mode de vie et d’un système de valeurs séduisants qui, par contagion, persuadent du bien-fondé ou de la nécessité d’une politique.

Résumé : le soft power s’apparente à de la séduction en matière de relations internationales. Obama le sympa, qui fait un fist bump au concierge de la Maison Blanche ; les Simpsons qui font rire et attendrissent le monde entier ; les exploits sportifs de Michael Phelps ou de Michael Jordan ; l’aspect sympathique et bon enfant d’une fête comme Halloween ; le cheese burger au bacon… Tout cela contribue à l’image positive de l’Amérique et de ses valeurs. Les actes de politique étrangère des USA seront donc plus faciles à vendre en raison de la sympathie que suscitent tous ces facteurs et de l’attrait pour le mode de vie à l’américaine.


 

Ceci étant établi, attardons-nous sur Halloween. Tout d’abord, qu’est-ce que c’est ? Pour faire court (et sans remonter jusqu’à ses origines païennes), disons qu’il s’agit de la célébration de la veille de la Toussaint, lorsque les âmes des morts refont surface et qu’on leur laisse donc de quoi grignoter et une lanterne pour se chauffer. Diverses traditions similaires exist(ai)ent dans le monde, dont chez nous : vos (grands-)parents se souviennent peut-être avoir fait des lanternes à base de légumes au début de l’automne pour aller chercher, de nuit, l’âne égaré de Saint-Martin. 

Mais qui s’en souvient ? Certainement pas moi (merci Internet). Au-delà de ça, faites un sondage autour de vous et comparez le nombre de gens qui se déguisent le 31 octobre avec ceux qui vont fleurir les tombes des morts le lendemain. Sans appeler au traditionalisme réactionnaire, force est de constater que l’adoption du mode de vie à l’américaine depuis la seconde guerre mondiale fait encore des progrès. S’il n’y a pas de mal à s’amuser comme on l’entend le 31 octobre, il est important d’avoir conscience de la normalisation de l’adoption de ce type de traditions mercantilisées. 

Ajoutez à cela tout le tcham-tcham commercial autour de la Noël et de la Saint-Valentin, et demandez à vos aînés comment l’on célébrait celles-ci il y a quelques décennies. Vous comprendrez un peu mieux à quoi ressemble l’impérialisme culturel et sa diffusion via le soft power  : à travers des films, des pubs, de la musique et des événements commerciaux, la Toussaint, la Noël et la Saint-Valentin ont réussi à répandre à travers le monde un certain mode de vie, l’American way of life.

 

 

Résumé : grâce à la culture américaine dont nous sommes friands, et parfois à raison, un certain style de vie s’est exporté à travers le monde sans imposer les critères religieux et les traditions qui y sont liées. Ce qui fonctionne mieux que la persécution religieuse à l’encontre de ceux qui, par exemple, ne vont pas à la messe le soir de Noël. Cela construit une proximité culturelle artificielle qui nous fait nous sentir plus proches des Américains que d’autres cultures littéralement voisines mais pour lesquelles nous n’avons pas le même intérêt. 

À Bruxelles, un quart de la population a des « origines » musulmanes. Mais qui parmi vous a déjà célébré l’Aïd el-Kebir (fête du mouton), le nouvel an juif (Roch Hachana) ou tout simplement la fête de la Communauté flamande par simple sympathie pour l’un de vos proches ? Et qui n’a jamais raillé la culture de son voisin sans se rendre compte importer soi-même une bonne partie de sa culture ?


 


Vous comprenez peut-être un peu mieux désormais en quoi le soft power vous influence. Nous sommes souvent plus prompts à condamner nos voisins dont les traditions leur donnent l’allure de sauvages, d’étrangers, de gens autres. Cela contribue à vous empêcher d’aller à la rencontre de l’autre, de le comprendre, d’échanger. Alors même que vous adoptez un style de vie US sans le savoir, et bien que vous soyez peut-être le premier à critiquer la politique internationale américaine, vous identifiez plus facilement l’arabe, le musulman, le juif ou le Flamand (ou flamand, c’est selon) comme un autre, un concurrent, un adversaire en termes de valeurs et de culture (et a fortiori de politique). Malgré le fait que vous ayez bien plus en commun avec lui qu’avec l’Américain moyen.

 

 

Si l’on pense en outre à la culture de la peur (films d’horreur, épouvante, déguisements…) sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article, le chantage terroriste (« file-moi des bonbecs ou je balance des œufs sur ta maison ») institutionnalisé et le sexisme (les déguisements féminins pour Halloween sont plus slutty que scary) exportés par cette fête (d’origine britannico-celte mais américanisée depuis le début du XXe siècle), Halloween est plus qu’une simple tradition festive. Elle incarne des valeurs, un mode de vie, une vision consumériste des traditions religieuses et folkloriques.

 

Comme pour de nombreux sujets, de l’effroyable « évidence imposée » d’une société injuste régie par le capitalisme financier à la « nécessité » humanitaire de bombarder tel ou tel pays, le soft power contribue à façonner les esprits de manière à ce qu’ils soient dans les meilleures dispositions possibles pour accepter l’inacceptable. Et surtout, cet hégémonisme culturel s’accompagne d’un état d’esprit qui suscite un mépris réflexe pour les opinions divergentes, qui favorise l’établissement de principes aberrants comme autant de « vérités », qui met au premier plan des intérêts des citoyens devenus consommateurs le divertissement et le sexe.

 

Quelques épisodes de votre série préférée, une pipe et au lit ! La justice sociale, le Grand Soir, un monde meilleur, tout ça… On verra après les fêtes de fin d’année. Ou après la Coupe du Monde.

 

Source : Feever.be

Partager cet article
Repost0
28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 14:35

Sur le blog de Jean Gadrey ( Alternatives économiques)

La légitime récompense de Jean Tirole

Le prix de la Banque de Suède attribué à Jean Tirole s’inscrit dans la tradition d’une institution dont environ 90 % des lauréats font partie du courant de l’économie orthodoxe appelée néoclassique, celle qui sert depuis plus d’un demi-siècle à justifier la supériorité du marché concurrentiel, pourvu qu’il soit conforme aux modèles économiques, sur toutes les autres institutions de l’économie. 

Cette nomination est aussi la reconnaissance par l’orthodoxie mondiale de la singularité, en France, de l’Ecole d’économie de Toulouse, celle qui est le fer de lance dans notre pays du modèle américain faisant des grandes entreprises, des banques et des compagnies d’assurances les grands financeurs, à part presque égale avec l’Etat, de la recherche économique, mais aussi les principaux dirigeants, à nouveau à part presque égale, des Conseils d’administration. Jean Tirole a beaucoup contribué à cette modalité de « liaisons dangereuses » entre la recherche et le capitalisme financier, et le fait qu’il soit honoré par une banque n’est que justice

Parmi ses travaux et ceux de Jean-Jacques Laffont, je retiens d’abord, en raison de leur influence sur les politiques, ceux qui ont servi à outiller la dérégulation/privatisation des grands services publics de réseau à partir des années 1990 afin de faire de ces secteurs des domaines d’introduction puis de généralisation de la « concurrence libre et non faussée » avec un minimum d’ajustements et de contraintes. Il ne semble pas que ses modèles aient pris en compte les vagues de suicides et l’ampleur de la souffrance au travail qui ont résulté de ces privatisations partout, ni la dégradation de la qualité de service dans bien des cas, ni celle de l’accès universel à des services d’intérêt général.

Jean Tirole est également l’auteur, avec Olivier Blanchard, d’un rapport fameux (2003) sur la dérégulation du marché du travail, visant à remplacer les CDD et les CDI par un contrat unique. Ce « marché unique » aurait pour corollaire la suppression d’une bonne partie du droit du travail et des protections juridiques, dont la mise au rencart des prud’hommes vu que, selon lui, « les prud’hommes n’ont ni l’information ni les compétences pour prendre des décisions de gestion à la place des chefs d’entreprise ».

Il propose comme principale garantie d’emploi une « taxe sur chaque licenciement », idée plus que contestable car, d’une part, les entreprises savent très bien pratiquer l’évasion fiscale dans tous les domaines. Elles trouveront aisément des parades (ce qu’il admettait à mots couverts sans avoir de solutions sérieuses à proposer). Et, d’autre part, ce système serait incroyablement inégalitaire selon que les entreprises évolueraient dans des secteurs en bonne ou en mauvaise santé économique. Ce serait alors une prime aux gagnants et la double peine pour les perdants, mais la concurrence ne s’encombre pas des perdants…

Tirole s’est également exprimé en décembre 2008 sur la grande crise financière (« Leçons d’une crise », note de la TSE). On y trouvera à peu près tout ce que les banquiers étaient prêts à accepter sans trop rechigner comme régulation douce ne remettant pas en question leur domination sur l’économie, ni leurs produits dérivés spéculatifs (il faudrait juste éviter quelques « excès »), et surtout pas leur statut de banque universelle contre l’abominable idée de séparation des banques de dépôt et des banques d’affaires. Il s’est aussi prononcé, en Europe, en faveur d’une union bancaire européenne dont l’une des dispositions renforcerait encore les pouvoirs de la BCE sans remettre en cause sa fameuse « indépendance », et sans lui attribuer le droit de prêter aux Etats en difficulté, vous l’avez compris.

Enfin, il est le principal auteur d’un rapport sur le climat (2009) où l’on retrouve l’obsession du marché aussi libre que possible, moyennant de petits ajustements et de petites incitations, toutes économiques ou marchandes elles aussi. Il se prononce contre les normes techniques imposées (par exemple par secteurs) et les régulations non marchandes contraignantes. Il préconise non pas des taxes, mais un « marché unique » à prix international unique du carbone, fondé de préférence sur une mise aux enchères des « droits à polluer » (avec la possibilité que les pays pauvres ou émergents soient alors favorisés).

Mise aux enchères, échanges libres, un marché déterminant le prix « optimal », des produits dérivés bien entendu pour se « couvrir contre le risque » (l’argument constant des avocats de ces produits dans les milieux financiers), toute la panoplie du capitalisme financier mise au service du climat, telle est sa vision, conditionnée par une théorie de l’équilibre général marchand et concurrentiel pourtant réduite à néant par des critiques internes et externes rassemblées dans le livre de Steve Keen (voir mes billets récents).

On a d’ailleurs du mal à suivre sa condamnation des normes par secteurs qui se heurteraient selon lui à l’action de lobbies industriels puissants, comme si ces mêmes lobbies n’étaient pas capables, on l’a vu en Europe, de provoquer l’effondrement, avec la complicité des politiques, d’un marché du carbone devenu sans effet.

Pour lui, chaque pays, une fois les enchères terminées entre pays, se débrouillerait pour faire fonctionner son marché intérieur du carbone. Par exemple, dit-il, « l’Inde pourrait décider de limiter l’impact du prix du carbone sur celui du ciment, ce dernier conditionnant l’amélioration de l’habitat d’une fraction de sa population. ». Ni l’Inde, ni d’autres pays, ne seraient alors vraiment incités à privilégier des matériaux de construction moins destructeurs du climat.

Il est juste et légitime que le jury néolibéral de la Banque de Suède honore l’un des plus brillants représentants de l’économie néolibérale, un des plus fervents défenseurs de la logique du marché concurrentiel contre les insupportables interventions étatiques, contre le droit du travail, contre les contraintes bureaucratiques imposées aux grandes entreprises et aux banques, lesquelles financent une bonne partie de ses recherches et de son salaire.


Cet article a été posté le Mardi 14 octobre 2014 dans la catégorie Les derniers articles. Vous pouvez envoyer un commentaire en utilisant le formulaire ci-dessous.

 

Jean Gadrey

 

Jean Gadrey, né en 1943, est Professeur honoraire d'économie à l'Université Lille 1.
Il a publié au cours des dernières années : Socio-économie des services et (avec Florence Jany-Catrice) Les nouveaux indicateurs de richesse (La Découverte, coll. Repères).
S'y ajoutent En finir avec les inégalités (Mango, 2006) et, en 2010, Adieu à la croissance (Les petits matins/Alternatives économiques), réédité en 2012 avec une postface originale.
Il collabore régulièrement à Alternatives économiques.
Partager cet article
Repost0
27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 11:08
L’aberration de Libération
27 octobre 2014

 

Libération vient ce commettre un mauvais coup, quelque chose dont ce journal moribond nous avait donné l’habitude depuis 2005 et la campagne du référendum sur le projet de constitution européenne. Mais, cette fois, ce mauvais coup porte sur la Russie et prend la forme d’une pseudo-enquête sur les « réseaux de Poutine » en France. Il est frappant que, dans l’esprit de ces « journalistes », on ne puisse défendre des positions qu’au travers de réseaux. Sans doute est-ce le reflet du monde grégaire dans lequel ils vivent. Mais il y a plus grave. Il y avait une tradition dans la presse française, qui remontait à Emile Zola ; c’était celle de « J’accuse ». Aujourd’hui, les journalistes dénoncent. Le passage d’un mot à un autre en dit long sur le processus de dégénérescence. Cette « dénonciation » se trouve dans le numéro de vendredi 24 octobre. Je n’aurais pas relevé ce qu’elle avait d’ignominieux si certains de mes collègues et amis n’étaient aussi mis en cause.

Du journalisme d’investigation au journalisme d’inquisition

Le soi-disant dossier fait sept pages. C’est rendre beaucoup d’honneur à ceux qui sont mis en cause. Je suis persuadé que d’autres, hommes politiques ou industriels, sauront y répondre. Je me contenterai de ce que je connais, et je prêcherai pour ma paroisse.

 

"Courriel de présentation de la journaliste de Liberation

—

De: “Lorraine Millot” <lorrmillot@gmail.com>

À: sapir@msh-paris.fr

Envoyé: Lundi 8 Septembre 2014 17:05:08

Objet: Interview avec Libération

Cher Monsieur Sapir,

 

Serait-il possible de vous rencontrer pour un entretien avec Libération? Je voudrais vous interroger sur la relation franco-russe et l’image du régime russe en France, dans le contexte actuel du conflit en Ukraine.

En tant qu’ancienne correspondante à Moscou, et Washington, je serais aussi très heureuse de cette occasion de faire votre connaissance.

 

Lorraine Millot

Libération"

—–

La journaliste, qui s’était présentée ainsi le lundi 8 septembre, commence son papier par cette affirmation : « il nous cueille par une question, ma même exactement que celle posée par John Laughland de l’étrange institut de la démocratie et de la coopération ‘pouvez-vous prouver que la Russie est intervenue cet été en Ukraine’ ». C’est tout simplement faux. La conversation n’a pas commencée sur ce point, et je ne suis pas si mal élevé que j’apostropherai de la sorte une personne ayant demandé à me voir. Quand la discussion est venue sur ce sujet, j’ai demandé à la journaliste si elle avait les preuves d’une présence massive de l’armée russe dans l’est de l’Ukraine. Je lui ai fait part de mes doutes sur ce point, mais aussi du fait qu’il était certain que la société russe s’était assez largement, et avec l’accord du gouvernement, portée au secours des forces insurgées. La présentation de cette partie de notre entretien est tout simplement mensongère.

Nous avons ensuite longuement évoqué mes recherches sur la Russie, qui datent de 1976 et je me suis attardé sur les problèmes de financement que connaissent les chercheurs. Ceci donne, retraduit en langage de journaliste de Libération : « Pour ce qui est des financements de son centre d’études, Jacques Sapir explique bénéficier de contrats avec des entreprises occidentales ». Le fait que le CEMI et le séminaire Franco-Russe aient bénéficié d’un soutien constant et intangible tant de l’EHESS, dont nous dépendons, que la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, est ainsi passé sous silence. Que plusieurs de mes thésards aient eu des allocations de recherches (on dit aujourd’hui « bourses doctorales ») est tout autant ignoré, et je suis bien obligé de constater que cela est volontaire, et fait avec une évidente intention de nuire. Par ailleurs, oui, nous avons eu des contrats, des administrations (par exemple le Ministère de la Défense) comme de sociétés occidentales, et pour tout dire françaises. En quoi cela est-il différent de la situation des centres de recherches en économie de Toulouse (où officie Jean Tirole) et de Paris de l’EHESS ? Ici encore, on ne peut que relever l’intention de nuire, de discréditer. Je le dits sans fard : je suis fier d’avoir trouvé pour certains de mes étudiants des contrats. Je sais que nous, économistes, avons plus de facilité pour ce faire que les historiens ou les anthropologues. C’est pourquoi j’ai toujours considéré de ma responsabilité vis-à-vis de collègues opérant dans des disciplines importantes mais moins reconnues, de trouver par moi-même des financements afin de leur laisser une plus grande part des maigres ressources qui nous sont allouées par l’administration. Cela, je l’ai aussi dit à cette journaliste, mais à la lire, j’aurais pu tout aussi bien pisser dans un violon !

Cerise sur le gâteau, cette journaliste m’a posé une question sur mes revenus personnels. Comme s’il était impossible que l’on ait des positions convergentes avec celle du gouvernement russe sans être payé par ce dernier. Voilà qui en dit long sur la mentalité mercenaire qui sévit, semble-t-il à Libération. On entendrait les cris d’orfraie de ces journalistes si l’on se mettait à noter la liste de leurs commanditaires. Nous aurions instantanément les oreilles cassées par des cris de défense de la « liberté d’expression ». Qu’une journaliste soit incapable de penser qu’une personne a des postions, justes ou fausses, simplement parce qu’il a fait une certaine analyse de la situation sur le terrain signe le triste constat d’une presse non pas aux ordres mais à gages.

Les individus et la profession

Ceci cependant soulève un problème qui dépasse de loin le cas d’une journaliste. Tout d’abord, et je connais un peu les us et coutumes de la profession, cet article a été discuté en conférence de rédaction. Il a été relu. Nul ne s’est offusqué des imprécisions, mensonges et calomnies fielleuses qu’il contenait. Nul n’a demandé des comptes à la journaliste, ne lui a suggéré que des références aux travaux des uns et des autres, qu’il s’agisse d’Hélène Carrère d’Encausse ou de Philippe Migaut s’imposaient, simplement pour que le lecteur puisse se forger une opinion par lui-même. Il y a donc ici responsabilité collective de la rédaction de Libération dans la volonté non pas d’informer mais de désinformer. C’est en cela qu’il est révélateur d’un problème général qui touche une partie de la presse écrite française. On peut d’ailleurs signaler que les lecteurs de Libération, à la différence de ceux du Guardian en Grande Bretagne, du Spiegel en Allemagne, ne saurons rien des fosses communes découvertes par les insurgés après le repli des troupes du gouvernement de Kiev, ni de l’emploi d’armes à sous-munitions ou de missiles lourds, signalés par l’ONG Human Right Watch. C’est bien à une désinformation, qui s’inscrit dans une propagande de guerre, que se livre Libération.

Non qu’il soit interdit à un journaliste d’avoir des opinions ; bien au contraire. Mais, un journaliste devrait faire la distinction entre ses opinions et les informations qu’il rapporte. Dans la presse anglaise et américaine, ceci est même institutionnalisé par la séparation nette entre articles d’informations et éditoriaux. Mais, il est clair que ce genre de distinction, et donc d’éthique, est étrangère à une partie de nos journalistes, qui vit d’ailleurs bien souvent dans des relations incestueuses avec le monde politique ou celui des affaires. La presse écrite d’information est mourante en France. Il suffit de lire The Guardian ou le Washington Post et de les comparer à Libération ou au Monde pour comprendre pourquoi. Non qu’il n’y ait de bons journalistes en France. On en trouve encore quelques uns. Mais, la profession elle-même, faute d’accepter un regard critique sur sa pratique, est en train de faillir. Car, ce dossier de Libération n’est hélas pas isolé. On se souvient du dossier du Point sur les « néo-conservateurs », qui par un mélange d’insinuations, de mensonges francs, et de détournements d’étiquettes cherchait à construire un bloc qui n’existait que dans le cerveau malade de ses rédacteurs. On se souvient aussi des mensonges proférés à mon égard par des journalistes de l’AFP[1]. Mais, dans ce cas, la direction du bureau Russie avait rapidement corrigé le tir et s’était excusée du préjudice commis, ce qui est tout à son honneur, et prouve, s’il en était besoin, qu’il y a encore des femmes et des hommes de conscience et d’honneur parmi les journalistes.

Une mesquinerie

Il reste à signaler une ultime mesquinerie dans cet article crapuleux de Libération. Il est en réalité réservé aux seuls abonnés. Si on ne me l’avait pas signalé, et si un ami ne me l’avait pas fait parvenir, je l’eu ainsi ignoré. Il semble bien loin le temps où un journaliste, mettant en cause une personne, lui faisait parvenir en avance l’article litigieux pour qu’il puisse, si l’envie l’en prenait, y répondre. Le savoir-vivre se perd, tout comme le savoir-faire. Un petit travail de vérification aurait évité de dire les énormités que l’on peut lire dans cet article. Mais aujourd’hui, visiblement, il ne reste que le faire-savoir. On ne cherche plus à informer, mais à communiquer.

Il n’en reste pas moins, exiger d’une personne mise en cause qu’elle paye pour lire les énormités sur son compte, c’est ajouter à l’escroquerie intellectuelle la rapine en bande organisée.


[1] Voir « Basile est bien vivant et il vit en France », note publiée sur RussEurope le 10 juin 2013, http://russeurope.hypotheses.org/1347


Partager cet article
Repost0
25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 22:42
Lu sur Marianne.fr.  Publié en janvier 2014, cet article est toujours d'actualité.
Les élites françaises ont honte de la France
Dimanche 19 Janvier 2014 à 09:00


Propos recueillis par Bertrand Rothé


L'ancienne directrice de l'ENA, députée de l'Aisne apparentée au groupe socialiste, livre ici un regard très critique sur le rapport des classes dirigeantes françaises à notre nation. De sa fréquentation des politiques à celle des élèves des grandes écoles, Marie-Françoise Bechtel a rapporté de nombreuses anecdotes édifiantes.


Marie-Françoise Bechtel - BALTEL/SIPA
Marie-Françoise Bechtel - BALTEL/SIPA
Marianne : Vous venez d'affirmer dans un entretien publié dans l'Expansion que «la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ?

Marie-Françoise Bechtel : C'est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l'avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j'étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd'hui, pour moi, c'est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n'empêche qu'elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l'exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de «vraie patrie des hommes d'affaires», et ce, juste avant de s'y installer. Ici, le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n'en pensent pas moins.

Ça ne fait qu'un exemple !

M.-F.B. : Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l'étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques... Total ne paie quasiment pas d'impôts en France. Bien sûr, à l'étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d'eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c'est le déni de la nation qui nous entraîne aujourd'hui dans une Europe qui ne cesse de faire monter l'extrême droite. Autre exemple qui m'a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d'arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999, en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux Affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d'abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. C'est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.

Face à ça, dans cette période de crise, en France, le peuple se replie sur la nation, et comme on lui interdit d'être fier de son pays, qu'à longueur d'émission de télévision on lui explique que la France est une nation rance et sur le déclin, il prend le mauvais chemin, une mauvaise direction. Tous ces petits messieurs font le jeu du Front national.

Mais il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation a commencé à se développer chez nos élites. Je pense qu'une réponse se trouve dans les écrits de Jean-Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans la République contre les bien-pensants, dans les années 90, il l'a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l'immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu'elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu'elles portent sur leur dos la défaite de 1939, «l'étrange défaite». C'est à ce moment-là que tout se joue. J'ai recueilli à travers des entretiens qui vont d'ailleurs être prochainement publiés les souvenirs du dernier membre vivant du CNR, Robert Chambeiron. Il explique avec beaucoup de précision l'état des partis politiques en 1940. La situation était catastrophique ! Ils n'ont plus aucune légitimité. Robert Chambeiron raconte ce discrédit et la façon dont peu à peu les principaux partis se sont reconstitués en admettant la nécessité d'une union nationale. Il raconte le premier entretien dans une pissotière entre Daniel Mayer, qui représente la SFIO, et l'envoyé du PC. L'entrée en matière est violente. Le premier envoie à l'autre les accords Molotov-Ribbentrop, l'alliance entre Staline et Hitler. Le communiste s'offusque et lui répond : «Comment pouvez-vous nous faire la morale après Munich ?» Tout le monde s'était déballonné devant Hitler. La chance des partis, il faut bien le dire, ça a été les Etats-Unis. Les Américains se méfiaient de De Gaulle, ils voulaient s'assurer du soutien des partis et des syndicats. C'est Washington qui les a réellement remis en selle.

Après la guerre, la droite a eu une chance, c'est ce même de Gaulle. De Gaulle a racheté la droite. C'est pour cela que toute la droite s'est retrouvée gaulliste pendant de longues années. Mais cela n'a pas duré...

Si de Gaulle a racheté la droite, qui pourrait racheter la gauche ?

M.-F.B. : C'est une bonne question, celle de savoir si la gauche est rachetable. Je ne vois qu'une seule personne pour la racheter, c'est Jean-Pierre Chevènement. Pierre Mendès France y a participé à sa manière et je ne pense pas que François Mitterrand mérite tout le mal que de nombreuses personnes disent de lui. Mais je ne dirais pas qu'il a racheté la gauche parce qu'il a fait l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui.

Aucune partie de nos élites ne trouve grâce à vos yeux ?

M.-F.B. : Je n'ai aucune admiration pour la grande majorité des élites économiques, mais je pense qu'il y a des exceptions. Ainsi, par exemple, Jean-Louis Beffa, l'ancien patron de Saint-Gobain, me semble avoir encore une conscience nationale. En revanche, ce n'est pas du côté des banques qu'il faut chercher. L'épargne française est énorme, 17 % du revenu... Qu'en font-elles ? Rien, ou plutôt rien d'utile à notre pays. Quant aux élites politiques, je les fréquente au quotidien, ils sont atteints d'un double syndrome : d'une part, ce que mon ami Sami Naïr appelle le «bonisme», c'est-à-dire la bien-pensance vertueuse. D'autre part, elles sont obsédées par l'idée que la gauche manque de légitimité. Celle-ci doit donc être convenable et le montrer. A chaque fois que des ministres se font agresser par la droite, ils se défendent en disant qu'ils respectent les codes du monde libéral. Aujourd'hui, je ne vois guère qu'Arnaud Montebourg qui sorte du lot, même s'il y a quand même des ministres qui travaillent utilement, Michel Sapin par exemple.

Dans les médias aussi, c'est un peu la Berezina. Le mot «nation» hérisse. Libération reste le journal du courant «libéral-libertaire», même si on y trouve encore quelques pépites ici et là. Le Monde ne cesse de me décevoir, cela remonte déjà à assez loin et c'est encore plus vrai ces derniers temps, il ne reste plus grand-chose de ce grand journal. Le Figaro ? Il est devenu l'organe officiel de la mise en accusation de la gauche au pouvoir et à peu près rien de plus.

Et les hauts fonctionnaires ? En tant qu'ancienne directrice de l'ENA et en tant que conseillère d'Etat, vous en avez beaucoup côtoyé...

M.-F.B. : Généralement, ils partagent l'idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que «l'Europe est notre avenir». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une affaire dépassée.

Mais il faut se méfier des amalgames. Dans cet univers, il y a d'abord et surtout Bercy. Le gros morceau, c'est le couple Trésor-Budget. C'est là où tout se joue, tout se décide. C'est impressionnant, le pouvoir qu'ils ont, et je pèse mes mots. Laisser faire Bercy, c'est une grave erreur. D'abord, ces messieurs se méfient des politiques. Ils font bloc. J'ai été membre de la mission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, eh bien, nous n'avons rien obtenu des directeurs ou responsables de ces deux administrations. Rien. Aucune réponse ! Blanc ! C'était impressionnant. Mais il y a en même temps des différences entre les deux. Les gens du Trésor sont toute la journée dans l'avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l'argent public. Ils pensent en anglais. Au bout d'un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c'est juste leur employeur. L'autre administration de Bercy qui compte, c'est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrenée par l'idéologie allemande, si j'ose dire. Elle est devenue obsédée par l'équilibre budgétaire.

En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d'abord à mon corps d'origine, le Conseil d'Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes.

Même si c'est fini aujourd'hui, et je le déplore, elle reste une instance irremplaçable de conseil. Je pense ensuite à la préfectorale. Le corps des préfets me semble être une institution qui résiste. Elle le fait d'abord parce qu'elle est un corps qui représente l'Etat et non les féodalités régionales. Ces hauts fonctionnaires sont en contact avec la diversité des problèmes, ils vivent en province, rencontrent quotidiennement les Français. Il y a aussi l'armée. Lorsque j'étais directrice de l'ENA, j'ai rencontré régulièrement les dirigeants de Polytechnique ou de Saint-Cyr. L'armée a fait un très gros effort pour s'ouvrir à la nation, après la malheureuse suspension du service national par Jacques Chirac.

Mais vous avez une responsabilité dans cette histoire puisque vous avez sélectionné les élites et vous les avez formées lorsque vous étiez à l'ENA !

M.-F.B. : Il y a deux choses que je dois d'abord préciser. En tant que directeur de l'ENA, vous ne formez personne, ce sont les grandes administrations qui désignent les enseignants dans l'école. En revanche, c'est moi qui proposais au ministre les membres du jury, et j'avais d'ailleurs à l'époque choisi un journaliste de Marianne. Notre regretté Philippe Cohen avait ainsi participé à la sélection des futurs hauts fonctionnaires. Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c'est que l'ENA fonctionne comme une école d'application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c'est Sciences-Po, la grande école. C'est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue «l'école du marché», selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n'avait d'ailleurs pas vu venir la crise. Mais il a légué à cette école un formatage sans précédent. La victoire du marché se mesure aussi parce qu'il y a de plus en plus d'élèves d'écoles de commerce, notamment de HEC, qui entrent à l'ENA, tout ce petit monde jurant, la main sur la poitrine, que depuis sa plus tendre enfance il rêve de servir l'Etat. La conséquence est dramatique, ils récitent des discours appris. Je me souviens que de nombreux membres du jury m'ont dit que ces étudiants étaient tellement formatés que c'était difficile, voire impossible de les choisir, et encore moins de les classer. Et quand ils sont choisis, je me suis aperçue que je ne pouvais plus grand-chose pour des gens aussi - comment dire ? - fermés sur des certitudes, aggravées par le manque de culture.

D'où peut venir l'espoir ?

M.-F.B. : Je suis d'un tempérament optimiste. Regardez les Allemands. Il y a un renouveau de la langue et, au-delà, de la fierté allemande. Il y a dix ans, douze ans, j'avais été invitée à un colloque sur un thème tout particulièrement intéressant aujourd'hui : l'Allemagne a-t-elle le droit d'avoir sa propre élite ? L'Allemagne était à ce moment-là dans un trou, elle n'allait pas très bien. Il y avait là un conseiller de Gerhard Schröder qui était un peu sa tête pensante, un homme très connu à l'époque, je lui ai fait remarquer ma surprise de voir des Allemands qui parlaient en anglais de l'avenir des élites allemandes. Cela me paraissait très paradoxal. Eh bien, ce jour-là, nos hôtes me faisaient part de leur envie : «Vous vous rendez compte, dès que vous avez une réunion publique, politique, vous avez la Révolution française derrière vous, cela vous porte, et nous n'avons pas d'équivalent. Pis, se référer au passé est difficile.»

Je pense aussi que nous avons des bases solides. Nous sommes un très grand pays. Nous sommes encore la sixième puissance mondiale. Nous sommes encore une grande puissance économique, une grande puissance exportatrice, malgré notre déficit commercial. Je pense que tout cela est très mal enseigné. On devrait apprendre à nos élites le respect de cette histoire, de cette nation, et on leur apprend l'arrogance et la morgue.

Troisième élément, et non des moindres : je ne sais pas si c'est la nation ou l'Etat qui résiste, mais quelque chose en nous résiste. Nos bases, jusqu'à un certain point, restent solides.

Pour conclure, avec de tels propos, ne craignez-vous pas de rejoindre les intellectuels et politiques qui ont été qualifiés de «néocons» par l'hebdomadaire le Point ? Méfiez-vous, vous vous retrouvez en compagnie de Marine Le Pen...

M.-F.B. : Oublions le ridicule inventaire du Point. Je pense que, si l'on avait davantage écouté Jean-Pierre Chevènement, mieux, si on l'avait élu en 2002, on verrait aujourd'hui ce qu'est la différence entre une conception ouverte, généreuse et patriotique de la nation et le repli frileux, pour ne pas dire infantile, sur des valeurs régressives. Le problème aujourd'hui est de faire comprendre aux Français que la nation bien comprise est source de modernité, non de repliement : mais comment le leur faire comprendre alors que, à gauche comme à droite, l'Europe telle qu'elle dérive est devenue «la grande illusion» ?


Bio express

Marie-Françoise Bechtel fut directrice de l'ENA de 2000 à 2002. Elle est aujourd'hui députée de la 4e circonscription de l'Aisne, membre du Mouvement républicain et citoyen, apparenté au groupe socialiste. Elle est vice-présidente de la commission des Lois de l'Assemblée nationale. Mais elle est aussi un exemple de l'efficacité du système scolaire républicain. Fille d'instituteurs, elle est agrégée de philosophie et conseillère d'Etat.
Partager cet article
Repost0
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 08:13

Lu sur Canaille le Rouge. Le commentaire qui suit l'article souligne le rôle des médias dans la manipulation de l'information et les choix des sujets traités pour anesthésier les citoyens. "Pour étouffer par avance toute révolte ...", "on diffusera massivement, via la télévision,des informations et des divertissements flattant toujours l'émotionnel et l'instinctif" disait Aldous Huxley1.  Mais les procédés ne sont pas toujours aussi raffinés ... Les médias procèdent aussi à la censure des actions syndicales.  Sans même qu'il soit besoin de le leur demander.  Les salariés et les militants syndicaux du Havre ont à juste titre, le 16 Octobre, dénoncé l'ostracisme dont ils étaient victimes devant les locaux de Fr3.  Ils étaient plus de 4500 à défiler dans les rues de la ville pour défendre la sécurité sociale.

Idéologie et traitement de l'information

Honfleur ou Châteaubriant ?

 

Chez

Ouest France

c'est toujours

le toutou et le goupillon

qui gagnent

Près de 2000 personnes ont participé dimanche à la Carrière des Fusillés, à Châteaubriant, à l'hommage en mémoire aux fusillés du 22 octobre 1941.

Près de 2000 personnes ont participé dimanche à la Carrière des Fusillés, à Châteaubriant, à l'hommage en mémoire aux fusillés du 22 octobre 1941.


Cela donne à la une de Ouest France.fr :

Fait divers. Un petit chien sauvé de la noyade à Plœmeur

et en titre sur site du même titre autoproclamé premier régional de l'étape: 

Insolite à Honfleur. 300 animaux de compagnie se font bénir

Mais il faut aller en pages intérieures,  vie locale -- rien en page région -le département n'existe plus-- en cherchant bien, entre l'annonce de la retransmission TV des courses hippiques et celle de la fermeture (encore une) d'un centre de soins dentaires,  pour apprendre qu'il y a eu l'hommage aux fusillés de Châteaubriant et de la Bilisères associés à ceux de Nantes ce dimanche après midi où près de 2000 personnes étaient présentes.

Il est vrai que le beau temps avait dû retenir le préfet à d'autres occupations. Il s'était fait représenter et comme sa casquette sert à prendre le sens du vent pour ces rédactions là... encore que au moins, même en page intérieure il y a une photo dès le lundi (toute la presse --PQN et PQR--  ne peut en dire autant), mais sans texte autre qu'une légende sur deux lignes.

Les présent ont eu le plaisir de regarder une évocation artistique de belle facture montrant, avec talent, les traditions de luttes et de solidarités face aux égoïsmes de classe de 1789 à 1946 ...et après.


Idéologie et traitement de l'information
Idéologie et traitement de l'informationIdéologie et traitement de l'information

 

Rédigé par Canaille Lerouge

 

Commenter cet article

jean-marie Défossé Il y a 20 heures  

Certains vont probablement dire que je me répète sans cesse et sur différents sites , mais la chose primordiale à faire (et plus facile) consiste en tout premier lieu à combattre les dérives malhonnêtes et désinformatrices de nos médias ...avant de s'attaquer aux Grands Bénéficiaires opportunistes de cette instrumentalisation "journalistique" que sont nos hommes politiques .
C'est LE CARBURANT des politicards qu'il faut TARIR en premier , car toute attaque frontale contre les politiciens véreux sera rendue CADUQUE par l'entremise de ses médias corrompus .

 

1-Aldous Huxley a très bien analysé le rôle des médias.  Rappelons le cidessous:

 

huxleyrevolte

Partager cet article
Repost0
15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 16:30

Pascal-Terrasse-PS-01.jpg

Pascal Terrasse (PS) dit «oui» à un transfert de la Sécu vers les complémentaires santé

Le député socialiste de l’Ardèche, Pascal Terrasse, plaide pour que les soins les moins graves soient désormais pris en charge par l’assurance complémentaire santé et non plus par la Sécurité sociale.


Le député socialiste de l’Ardèche Pascal Terrasse n’a pas mâché ses mots lors de son intervention à Réavie, ce mardi 7 octobre 2014 . Ce spécialiste des affaires sociales s’est très clairement prononcé pour une prise en charge des «petits soins» par l'assurance maladie complémentaire, alors que la Sécurité sociale se concentrerait sur les pathologies lourdes. «Oui, il faut aller vers ce transfert, et y aller à fond», a t-il déclaré, avant d’ajouter que ce mouvement exigeait que les organismes complémentaires disposent de réels outils de gestion du risque : «Il faut avancer sur l’open data, je le demande au gouvernement.» Les associations de patients et la Mutualité française, notamment, ont récemment critiqué les dispositions prévues dans le projet de loi de santé concernant l’accès aux données de remboursement.


LE PRÉCÉDENT JACQUES BARROT


Pascal Terrasse a bien conscience que ces déclarations risquent de heurter – «Cela va coincer» –, notamment dans son propre camp politique. En 2002, Jacques Barrot, ancien ministre des Affaires sociales et alors chef de file de l’UMP à l’Assemblée nationale, s’était prononcé en faveur d’une prise en charge différenciée entre le «petit risque» et le «gros risque», déclarations qui avaient suscité une vive polémique et de violentes critiques contre ce que certains considèrent comme une remise en cause de la Sécurité sociale.


PRÉLÈVEMENTS OBLIGATOIRES ÉLEVÉS


«Le monde avance, le monde change. Et la Sécurité sociale de 1946 n’était sûrement pas ce que certains prétendent», a expliqué Pascal Terrasse en mettant en avant la généralisation de la complémentaire santé et l’impossibilité d’augmenter les cotisations, au regard du taux actuel de prélèvement obligatoire. Cela dit, nombre d’acteurs de la santé ont toujours pointé la difficulté de définir ce qu’était le «petit risque»

 


source : l'argus de l'assurance

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 08:07

 

MICHEL COLLON - INVESTIG' ACTION

à la 

fete-huma-2014-bandeau

 

Samedi 13 septembre 2014 , je donnerai une conférence sur le thème « Gaza sous les bombes, médiamensonges, comment résister ? » à côté de Radja Abou Dakka, journaliste palestinien. Elle aura lieu au stand du Philistin (vente de produits palestiniens en solidarité), rue Gladys Marin, Village du Monde de 13 h à 15h.
  
 

Dimanche 14 septembre 2014, ma conférence portera sur "L’offensive médiatique contre le Venezuela" au stand de la République Bolivarienne du Venezuela, et de l'Alba-TCP, (entre les Avenues Hugo Chavez et Che Guevara) au Village du Monde,  de 16 h 30 à 18h.


Nous vous invitons à ces deux moments forts sur des sujets d'actualité. Nos livres et l’équipe seront aussi disponibles sur le stand Philistin en permanence. Ce sera donc le moment de rencontrer lesà la membres d' Investig'Action et de soutenir économiquement nos nouveaux projets, tout en achetant nos livres dédicacés ! Venez nombreux !  

Comme vous le savez sans doute, notre site de vente en ligne a été hacké par un sioniste. Ceci nous empêche depuis un mois et demi de vendre nos livres, revenu essentiel à la survie d’Investig’Action.

Nous vous lançons donc un appel : venez à notre stand pour acheter directement ce livre Israël, parlons-en ! mais aussi Les 7 Péchés d’Hugo Chavez (à présent disponible en français et en espagnol), ou un autre de nos livres. Vous pouvez aussi en acheter pour offrir à un ami, pour préparer vos cadeaux de fin d’année. Et vous pouvez enfin amener vos stands au stand. Plusieurs manières de nous aider à survivre et à nous développer.
  

Merci d’avance !
 

MICHEL COLLON

 

source : michel collon info

Partager cet article
Repost0
13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 08:00

fakir

COMMUNIQUÉ

Salut à vous, forces vives de la nation fakirienne.

Cette année encore, FAKIR sera présent à la fête de l'Huma.

Petit changement toutefois, nous partagerons un espace avec nos potes de l'Aube Nouvelle, journal communiste amiénois.

L'adresse du stand:

Espace Nord -Avenue Rosa Parks

Y aura à bouffer, à boire, de la zique....

On aura besoin de main d'oeuvre comme d'hab pour tenir la table, vendre du journal, differ du tchio Fakir, mais en plus pour préparer et servir la bouffe.

Si ce programme vous allèche, oui vous allèche, dites-moi par retour les jours où vous souhaitez être présents, afin d'établir un planning et de répartir les tâches.

 

C'est l'occasion, pour certains, de passer de lecteur de Fakir, à militant actif du canard.
Pour les autres, de nous prouver votre indéfectible fidélité.

http://fete.humanite.fr/?-infos-pratiques-

 

Merci et à bientôt

 

Le site du journal FAKIR est ici

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 09:03
 

327 survivants juifs et descendants de survivants et victimes du génocide nazi ont signé cette lettre, en réponse à la manipulation par Elie Wiesel du génocide nazi, visant à justifier l'agression contre Gaza

“Jamais plus ça” – “Never again”, – dit-on pour l’Holocauste des juifs en Europe. "Plus jamais ça" doit signifier PLUS JAMAIS ÇA POUR PERSONNE !”... », conclut la lettre ouverte publiée dans le New York Times par 327 survivants et descendants de survivants de l’Holocauste, à propos de l’action d’Israël contre Gaza ainsi implicitement mise dans la même catégorie que l’Holocauste. Du point de vue fondamental du système de la communication, le coup est rude pour la politique de Netanyahou contre Gaza, pour les Israéliens qui la soutiennent en majorité, pour les USA qui la soutiennent par tous les habituels moyens humanitaires, – fric, armes et tirades hystériques, – pour le bloc BAO (le reste) qui suit en général bien en rang et le doigt sur la bonne couture du pantalon de service.

La lettre ouverte a été publiée dans le New York Times, après une publication soutenant l’attaque de Gaza par Elie Wiesel. La lettre attaque avec violence Elie Wiesel, d’une façon qui ne peut que satisfaire le jugement. Wiesel est l’un des plus pitoyables et l’un des plus servile parmi les employés-Système du domaine qu’on sait, où il excelle dans la représentation permanente. L’intervention de ces diverses personnes intimement liées à la catastrophe de l’Holocauste représente une importante démarche de communication, en raison de la dimension religieuse (voir le 18 juin 2010), voire la dimension pseudo-métaphysique (cette thèse est défendue dans La Grâce de l’Histoire) que le Système a assigné à cet événement de l’Holocauste. Haaretz, le 23 août 2014, détaille l’intervention des signataires.

 

Russia Today, qui reprend l’information ce 25 août 2014, signale une intéressante coïncidence. La lettre ouverte a été publiée peu après, – quelques instants, observe le texte, – que 190 personnalités d’Hollywood aient signé une déclaration condamnant le Hamas pour son action barbare et, comme l’on sait, dévastatrice, avec ses tirs de fusée contre Israël. La déclaration constitue de facto une justification de l’action israélienne contre Gaza, conduite, comme l’on sait, avec la plus extrême modération par Netanyahou, – l’homme qui est à lui seul une définition hollywoodienne du terme “modération”.

 

Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte :

Les survivants et descendants de survivants et victimes du génocide nazi condamnent sans équivoque le massacre des Palestiniens à Gaza

Comme survivants et descendants de survivants juifs et de victimes du génocide nazi, nous condamnons sans équivoque le massacre de Palestiniens à Gaza, l’occupation continue ainsi que la colonisation de la Palestine historique. Nous condamnons en outre les USA pour fournir à Israël le financement nécessaire pour mener à bien cette attaque, et les pays occidentaux plus généralement, pour peser de tout leur poids diplomatique afin de protéger Israël de la condamnation. Tout génocide commence par le silence du monde.

Nous sommes alarmés par la déshumanisation extrême et très raciste des Palestiniens dans la société israélienne, qui a atteint un paroxysme. En Israël, des politiciens et les experts ont appelé ouvertement, dans le Times of Israel et le Jerusalem Post, au génocide des Palestiniens, tandis que la droite israélienne arbore désormais publiquement des insignes néo-nazis.

En outre, nous sommes dégoûtés et scandalisés par la violence d’Elie Wiesel pour justifier l’injustifiable : l’effort de guerre d’Israël consiste à détruire Gaza et à assassiner plus de 2.000 Palestiniens, dont des centaines d’enfants. Rien ne peut justifier le bombardement des abris de l’ONU, des maisons, des hôpitaux et des universités ! Rien ne peut justifier de priver les gens d’électricité et d’eau !

Nous devons élever nos voix et utiliser notre pouvoir collectif pour mettre un terme à toutes les formes de racisme, y compris le génocide en cours du peuple palestinien. Nous demandons la fin immédiate du siège et du blocus de Gaza. Nous appelons au boycott économique, culturel et académique d’Israël. "Plus jamais ça" doit signifier PLUS JAMAIS ÇA POUR PERSONNE !


Merci à International Jewish Anti-Zionist Network


Source : http://www.dedefensa.org/article-ce...

et http://ijsn.net/gaza/survivors_and_...


Partager cet article
Repost0
24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 09:30

 Lu sur El Diablo

 

Dimanche 24 août 2014

Liberation-James-Foley.jpg

 

Propagande de guerre - Propagande de paix :

Le sacrifice de James Foley:
La tragique réapparition de ce malheureux enlevé depuis deux ans clarifie bien des choses.

- Elle illustre les mécanismes de désinformation.

Les grands médias américains et ouest-européens avaient d'autorité attribué cet enlèvement à Bachar el-Assad. Jusqu'au dernier moment (et aujourd'hui encore) ils ont veillé à préserver la pureté de ceux qui le combattaient avec le soutien des gouvernements occidentaux, le Front Al-Nosra affilié à Al-Qaeda.

 

source :Facebook - Dove Ferregiani 

Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents