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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 14:22

À propos des élections anticipées

Déclaration du KKE

Le gouvernement SYRIZA-ANEL a récemment démissionné, entraînant de nouvelles élections législatives anticipées (le plus probablement le 20/09)

Comme cela est bien connu, SYRIZA a remporté les élections en janvier 2015, en trompant les travailleurs, en promettant l'abolition des lois anti-populaires qui avaient été adoptées précédemment par les gouvernements PASOK et ND après les accords (memoranda) avec les organisations impérialistes (UE, FMI, BCE).

Le KKE avait averti en temps utile que SYRIZA, un parti opportuniste « de gauche » qui a muté en parti social-démocrate, avait été choisi par la bourgeoisie pour gérer la crise et ne pouvait pas appliquer une ligne politique en faveur du peuple.

Notre parti avait exprimé sa position selon laquelle il ne peut y avoir aucune voie en faveur de la classe ouvrière et des autres couches populaires dans la route de développement capitaliste, l'UE et l'OTAN.

Comme cela a été démontré en quelques mois de gestion du capitalisme, la « gauche » SYRIZA, qui gouvernait avec le parti nationaliste « de droite » ANEL, non seulement n'a pas aboli les deux memoranda précédents et la plupart des 400 lois anti-populaires d'application des gouvernements précédents, mais les a mis en œuvre et a fait voter par le Parlement un troisième accord (memorandum) encore plus douloureux avec les puissances impérialistes. Cet accord a reçu le soutien des partis bourgeois qui l'ont voté au Parlement : la ND « de droite », le PASOK « social-démocrate », le parti « du centre » POTAMI. Cette accord massacre tous les droits qui restaient, impose de nouvelles réductions des salaires et des retraites, abolit des droits à la sécurité sociale, impose encore plus de taxes aux couches populaires, favorise la politique de privatisations, etc.

En outre, le gouvernement « de gauche patriotique » a inscrit régulièrement son action durant ces mois dans le cadre de la participation de notre pays aux unions impérialistes de l'OTAN et de l'UE, de l’ « alliance stratégique » avec les États-Unis. Il a participé à toutes les missions et manœuvres de l'OTAN, il a organisé des manœuvres même avec Israël, il a promis une nouvelle base pour les États-Unis et l'OTAN (sur l'île de Karpathos), il a voté au sein de l'UE pour l'extension et le renforcement de la guerre commerciale avec la Russie, etc.

Donc il a été démontré en pratique que le gouvernement SYRIZA-ANEL est un gouvernement anti-populaire de plus, qui avec des slogans « de gauche » a servi aussi fidèlement la bourgeoisie, l'UE et l'OTAN que les gouvernements précédents l'avaient fait. Aujourd'hui les partis de gouvernement SYRIZA-ANEL, en utilisant les mêmes arguments que ceux que ND et PASOK avaient utilisé dans le passé, défendent le nouvel accord anti-populaire comme le seul moyen de maintenir le pays dans la zone euro et l'UE, ce qu'ils présentent comme le salut du peuple. SYRIZA, tout comme les autres partis bourgeois, sème l'illusion dans la classe ouvrière et le peuple que l'UE et le capitalisme peuvent être humanisés alors que les travailleurs continuent à endurer les mesures anti-populaires.

Dans le même temps, le système politique bourgeois, afin de limiter et de contrôler tout changement radical dans la conscience du peuple qui pourrait être provoqué par la mise en lumière du rôle de SYRIZA, continue à fabriquer de nouveaux partis. Un tel parti, intitulé « Laiki Enotita » (Unité Populaire) a été créé par des députés et d'anciens ministres de SYRIZA. Ces forces, qui étaient actives en tant que « Plateforme de gauche» à l'intérieur de SYRIZA, portent une lourde responsabilité dans la déception du peuple. Ils ont participé, même en tant que ministres, à la mise en œuvre des lois anti-populaires précédentes. Ils ont participé activement à la tentative durant la période précédente de faire croire au peuple qu'il y avait une solution alternative en sa faveur à l'intérieur des murs de l'UE, et ont accepté l'accord anti-populaire signé par le gouvernement SYRIZA-ANEL avec la Troïka le 20 février, avec la proposition de 47 pages soumise par SYRIZA à l'UE etc. Maintenant que les illusions entretenues par SYRIZA ont été cabossées, ces forces font la promotion du retour à la monnaie nationale comme une solution pour le peuple, combinée avec d'autres mesures pour la gestion du système. Ils agissent comme une « protection » contre la radicalisation du peuple, en cherchant à piéger le peuple à l'intérieur du mode de développement capitaliste.

Sur l'ensemble de cette période, le KKE a constamment mis en lumière le rôle de SYRIZA et des autres partis bourgeois, lutté pour l'abolition des memoranda et de toutes les mesures anti-populaires, pour empêcher de nouvelles mesures, pour développer la lutte des travailleurs et du peuple en vue de récupérer ce qu'ils ont perdu et pour la satisfaction de leurs besoins sans perdre de vue la seule solution de rechange qui soit dans l'intérêt de la classe ouvrière et des autres couches populaires :

Le regroupement du mouvement syndical et la construction d'une alliance social-populaire entre la classe ouvrière, les agriculteurs pauvres, les travailleurs indépendants citadins, les jeunes et les femmes des familles des couches populaires en vue de renforcer la lutte antimonopoliste-anticapitaliste pour un vrai renversement, la socialisation des monopoles, le désengagement de l'UE et de l'OTAN et l'annulation unilatérale de la dette, grâce au pouvoir ouvrier-populaire.

Nous menons la lutte selon cette ligne dans le but de renforcer le KKE dans le mouvement ouvrier-populaire et au Parlement en poursuivant résolument la lutte pour les intérêts de la classe ouvrière et sa libération du joug de l'exploitation capitaliste.

24/8/2015

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 21:10

Publié par Jean Lévy

Euro : vers de nouveaux abandons de souveraineté

 

Un nouveau rapport prônant un saut fédéral en deux étapes a été soumis au Conseil européen. Pointant les « défauts » de l’intégration monétaire, le texte propose d’enlever aux Etats de la zone euro leur souveraineté en matière de politique économique, afin de faire converger leur « compétitivité ».

« notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe »

Du traité de Maëstricht jusqu’à la mise en place de la gouvernance économique de la zone euro (semestre européen ; traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ; et textes associés…) en passant par le traité de Lisbonne, d’immenses chantiers d’inspiration fédéraliste se sont succédé. La monnaie unique, les mécanismes de contrôle budgétaire et l’Union bancaire sont désormais devenus des réalités, et ce, sans que les parlements nationaux aient été, ou si peu, consultés.

Pourtant, les dirigeants européens continuent de déplorer les « défauts de construction » de l’Union économique et monétaire (UEM) qui subsistent, et ne cessent d’appeler de leurs vœux une « convergence accrue » entre les économies de la zone euro.

Depuis trois ans, les groupes de travail et rapports n’ont pas manqué : groupe informel de réflexion sur l’avenir de l’Europe (ministres), projet détaillé de la Commission « pour une Union économique et monétaire véritable et approfondie », feuille de route « vers une véritable union économique et monétaire » de l’ex-Président du Conseil Herman Van Rompuy, communications de la Commission relatives à la gouvernance économique…

C’est dans cette continuité qu’un « rapport des cinq présidents » a été soumis à la réunion du Conseil européen des 25 et 26 juin. Le président du Conseil, Donald Tusk, de l’eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, du parlement européen, Martin Schulz, de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi proposent un document visant à renforcer l’intégration économique et institutionnelle de la zone euro. Ce sont surtout les deux derniers cités qui étaient à la manœuvre.

L’objectif des auteurs a le mérite de la clarté. Ils plaident en effet pour que « les Etats membres acceptent de plus en plus de décisions communes sur des éléments de leurs propres budgets et de leurs politiques nationales », ce qu’ils nomment pudiquement le « partage de souveraineté ». Car, selon eux, « la deuxième économie du monde ne peut plus être gérée à travers de simples règles de coopération ».

Ce document propose de procéder en deux étapes : utiliser d’abord les capacités d’intégration « à traité constant », d’ici à fin juin 2017 ; puis, à partir de cette date, engager un processus de réforme desdits traités. Face à l’impopularité croissante de l’Union européenne, envisager d’emblée de nouveaux référendums serait en effet suicidaire.

Dès la première phase, chaque pays serait tenu de mettre en place une « autorité de la compétitivité », instance « chargée de surveiller les performances et les politiques en matière de compétitivité ». Ces instances nationales « indépendantes » auraient pour mandat de « s’assurer que les salaires évoluent conformément à la productivité, et de comparer les évolutions avec celles des autres pays de la zone euro, et parmi les autres partenaires commerciaux importants ». En termes simples : pas trop vite.

L’harmonisation des politiques économiques serait assurée par des « critères de convergence » supplémentaires. Outre les « coûts salariaux », l’amélioration de l’« environnement des affaires » (la « flexibilité du marché du travail », entre autres), ou la « cohésion sociale » seraient également mesurées.

Afin d’accélérer cette « convergence », les pays méritants seraient récompensés par des mécanismes de transferts financiers. Est ainsi suggérée la mise en place d’une assurance européenne des dispositifs nationaux d’indemnité chômage. On retrouvé ici l’idée promue depuis longtemps par Berlin d’un conditionnement plus strict des aides européennes, moyennant un budget communautaire renforcé.

Pour renforcer la convergence des politiques économiques, il est également proposé de modifier le calendrier actuel du semestre européen afin de faire précéder les recommandations spécifiques pour chaque Etat par une phase consacrée à l’examen de la zone euro dans son ensemble. Le document propose aussi de créer une présidence permanente de l’eurogroupe, ainsi qu’une sous-commission propre à la zone euro au sein du parlement européen.

Le rapport plaide en outre pour la création d’un « conseil budgétaire européen ». Par ailleurs, des facilités de prêts sous forme d’obligations émises par la zone euro (« project bonds » associant financement public et investissement privé) seraient lancées. En filigrane se dessine ainsi la seconde phase, qui verrait notamment la mise en place d’un véritable Trésor commun pour les pays de la zone euro.

 

Car le patron de la BCE, notamment, n’a jamais dissimulé la couleur : seul un « saut qualitatif » vers des mécanismes plus fédéraux est susceptible d’assurer la survie de la monnaie unique à moyen terme. Cela recoupe la vision des dirigeants allemands : pas d’« union de transferts » (financiers) sans prise de contrôle par Bruxelles – et, de fait, par Berlin – des finances et des budgets des Etats de la zone euro.

Cette dernière serait donc le noyau de l’intégration. Les pays n’y appartenant pas constitueraient un ensemble plus lâche, partageant essentiellement le marché unique (biens, services, capitaux, main d’œuvre).

Toutes ces idées recoupent une contribution publiée récemment dans plusieurs quotidiens européens signée par les ministres français et allemand de l’Economie. Les deux sociaux-démocrates plaidaient pour l’amorce d’un budget de la zone euro, et pour un commissaire européen chargé de cette dernière. Et concluaient leur tribune en affirmant : « notre but commun est de rendre impensable (…) un avenir sans Europe – ou avec moins d’Union ».

Magali Pernin

Auteur du blog http://www.contrelacour.fr

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 17:47

 

Dans cette vidéo, l’eurodéputée Tiziana Beghin, porte-parole du Mouvement 5 Étoiles, nous explique ce que signifie ce vote du 8 juillet 2015.

Dans cette vidéo, l’eurodéputée Tiziana Beghin, porte-parole du Mouvement 5 Étoiles, nous explique ce que signifie ce vote du 8 juillet 2015.

par ilfattoquotidiano.fr (son site) 
 

mercredi 15 juillet 2015

 

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

 

Tiziana Beghin – porte-parole du Mouvement 5 Étoiles

 

Le vote de ce jour sur le TTIP a été très décevant, inutile de le cacher. Mais je veux tranquilliser les citoyens : il ne s’agissait pas de voter le TTIP, mais des recommandations du parlement européen à la Commission en vue des négociations. Le vote portait sur des lignes directrices qui ne protègent pas les citoyens, très génériques, très loin de ce que veulent les citoyens.

 

Il y a un mois, si le président Schulz n’avait pas bloqué le vote, le verdict aurait été très différent, puisque tous les grands groupes étaient divisés sur ce sujet. Il a suffi d’un mois aux lobbyistes et aux groupes de pression pour transformer une recommandation beaucoup plus contraignante pour la commission, en une espèce de soupe générique qui permettra à la Commission de continuer à défendre les intérêts des multinationales plutôt que ceux des consommateurs et des citoyens. Les tribunaux arbitraux privés sont l’emblème de tout cela. Ils ont clairement été refusés lors d’une consultation sur Internet par 97% des votants, une participation record dans ce genre de consultation en ligne, et pourtant, encore une fois, l’"establishement" a décidé de ne pas en tenir compte.

 

Le président Schulz, Lange, la commissaire Malmström, continuent imperturbablement contre la volonté des citoyens. Un bel exemple de la "démocratie" européenne. Mais la lutte n’est pas terminée, ils vont continuer, avec ces tribunaux privés réformés dont personne ne sait encore en quoi ils consisteront. Mais ce qui est sûr, c’est que nous avons donné aux multinationales la possibilité de décider, c’est ce qu’ils feront, les normes les plus avantageuses pour elles, et donc d’outrepasser l’autonomie des États et la volonté de leurs citoyens.

 

Ils ont gagné une bataille, mais pas la guerre. Nous sommes toujours là, plus déterminés que jamais. Le président Schulz, que j’ai interpelé en séance plénière par "Sa Majesté", car il considère désormais le parlement comme son royaume, il y fait ce qu’il veut, pense peut-être avoir ouvert les portes aux multinationales, mais nous, du Mouvement 5 étoiles, sommes là, vigilants, et jusqu’au dernier jour, nous défendrons les intérêts de ceux qui nous ont élus, et qui paient nos salaires, les citoyens, et non les grandes compagnies.
 

Extrait du site LantiDiplomatico.it
Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

 

Pendant que tout le monde a les yeux braqués sur la Grèce, des choses importantes pour notre avenir se passent au Parlement européen, avec comme protagoniste principal son président Martin Schulz qui cette fois n’y est pas allé par quatre chemins. Il ne lui a visiblement pas suffi de faire le forcing le mois dernier pour faire reporter le vote sur le TTIP (Grand Traité transatlantique, ou TAFTA). Aujourd’hui, interprétant librement le règlement, M. Schulz est allé jusqu’à interdire le vote d’un amendement contre la clause des tribunaux arbitraux privés proposée par le Mouvement 5 Étoiles (Italien). Le plan des grandes multinationales et des lobbies a donc réussi au sein du parlement de Bruxelles et de Strasbourg. En un mois, ils sont parvenus à convaincre la majorité des eurodéputés indécis, ceux qui, jusqu’au mois dernier, auraient voté contre la clause de la discorde.

 

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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 15:49

Publié par Michel El Diablo

Alexis TSIPRAS, meilleur ambassadeur du néolibéralisme austéritaire ?

Après le 3ème vote d’un texte demandé par la troïka par le parlement Grec en mois d’un mois, il est plus que temps de faire un bilan de l’expérience Tsipras. Ayant complément renié ses promesses de fin de l’austérité et de la tutelle, il est devenu le meilleur ambassadeur de ce qu’il dénonçait il y a 7 mois.

 
Syriza, pire que Nouvelle Démocratie ?
La question vaut d’être posée, même s’il est vrai que la droite Grecque avait accepté une baisse de 22% du salaire minimum (et 32% pour les jeunes) et une baisse allant jusqu’à 45% des retraites. Mais Syriza, qui promettait de remonter ce salaire minimum, semble avoir oublié ce point, et toutes les mesures fiscales du vote du 15 juillet vont encore réduire le pouvoir d’achat d’un peuple déjà lessivé par plus de 5 années d’austérité. Aggraver une situation déjà épouvantable, n’est-ce pas faire encore pire que ceux qui ont mené à cette situation initiale ? Puis, il y a eu le vote des réformes dites de structure (le politiquement correct pour dire néolibérales), et enfin le vote du nouveau plan, qui prévoit une nouvelle phase d’austérité avec un ajustement budgétaire de 3,75% du PIB de 2015 à 2018.
Bref, ce qu’a proposé Alexis Tsipras, et qu’ont voté une large majorité de Syriza (même si une minorité s’y est opposée, au point de sembler vouloir couper avec le gouvernement) ressemble à s’y méprendre aux politiques menées avant son arrivée au pouvoir, et qu’il dénonçait avec véhémence. Tout ceci pose un vrai problème démocratique puisque Syriza avait promis la fin de l’austérité et de la tutelle et que ces dernières semblent au contraire se renforcer pour les Grecs. Pire encore, en se faisant élire sur la promesse d’un changement de politique, avant d’appliquer la même politique qu’ils dénonçaient, ils semblent indiquer que l’alternative n’est pas possible, puisque même ceux qui semblaient la souhaiter le plus, capitulent une fois au pouvoir. Ainsi, Syriza devient le meilleur agent de l’euraustérité.
 
La double prison mentale de Syriza

Paul Krugman, qui avait pourtant soutenu Tsipras dans le référendum, en a conclu qu’il avait peut-être surestimé la compétence du gouvernement grec. Et il a raison, car capituler de la sorte, sur toute la ligne, après six mois de négociation, démontre bien un problème de compétence (outre un sérieux problème de conviction car il est pour le moins choquant d’accepter aussi largement de mener les politiques que l’on dénonçait dans l’opposition et que l’on promettait de changer). Les cinq années passées ne permettaient pas à Syriza d’ignorer que les créanciers étaient très résolus (au point de refuser un référendum et de faire tomber un premier ministre Grec). Ces derniers mois donnent l’impression d’un amateurisme confondant et d’une absence de préparation sérieuse aux négociations.

Le cas de Tsipras et Syriza montre les ravages de l’idéologie, même s’il faut bien reconnaître, comme je le craignais déjà début 2010, que le contexte Grec ne pousse pas à la rupture avec l’UE (ce que les dernières années auraient dû faciliter néanmoins). C’est parce que Syriza voulait absolument rester dans l’euro, et qu’il préférait de facto conserver la monnaie unique européenne plutôt que de mettre fin à l’austérité et à la tutelle que Tsipras a choisi de renier totalement son programme (si ce n’est le point du maintien dans l’euro, qui était en fait la priorité des priorités). C’est un précieux enseignement pour l’avenir : sans être prêt et s’être vraiment préparé à la rupture, le changement est difficile. Et ceux qui proposent uniquement de changer cette Europe de l’intérieur ne seront désormais plus crédibles.
Malheureusement, cette expérience déconsidère les partisans d’un vrai changement. Les euraustéritaires néolibéraux ont beau jeu de dire que ce n’est pas possible, puisque même Syriza a fini par se rallier. Et si la conjoncture s’améliore légèrement, alors il est à craindre qu’il soit difficile de rassembler une majorité pour un vrai changement, pour le moment. Alors, il faudra utiliser le temps pour se préparer.
 
SOURCE: 
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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 21:41

Par sur le blog Russeurope· 18 août 2015

La crise que connait la filière de l’élevage en France n’est que l’un des aspects d’une crise plus générale qui touche non seulement une partie de l’agriculture mais aussi les entreprises de taille moyenne qui leurs sont liées. Si cette crise a des dimensions spécifiquement « agricoles », elle traduit aussi les problèmes que provoque l’Euro et l’Union européenne dans l’économie française.

 

La crise de la filière porcine

Cette crise est en passe de devenir emblématique car elle rassemble à la fois des éléments très spécifiques de la culture rurale française et des éléments de compétition internationale (essentiellement avec l’Allemagne, l’Espagne et le Danemark). Les causes immédiates de cette crise sont en réalité multiples : il y a les « contre-sanctions » prises par la Russie en réponse aux sanctions prises contre des entreprises russes par les pays de l’Union européenne, une stagnation de la consommation de la viande de porc en France, mais aussi des problèmes spécifiques de compétitivité des fermes françaises. Ces problèmes méritent que l’on s’y arrête.

Les exploitations françaises ne sont pas rentables aux prix pratiqués par l‘Allemagne, le Danemark et l’Espagne pour plusieurs raisons. Il y a tout d’abord un problème général de la filière porcine, qui provient en partie de la taille des exploitations mais aussi (et surtout) du recours systématique dans la filière allemande aux « travailleurs détachés » qui sont payés (en salaires directs comme indirects) bien au-dessous des standards français. Vient ensuit, justement, le problème de la taille des fermes, mais cette dernière est en partie contrainte par la législation, législation qui a été prise en raison de la pollution que provoquent les exploitation porcines. Le lisier de porc est l’une des causes majeures de la pollution aux nitrates et de ses conséquences (le développement des algues vertes sur les côtes bretonnes). La législation contraint donc l’exploitant à aligner le nombre de bêtes de son exploitation à une superficie sur laquelle il peut épandre le lisier. La législation française n’est cependant pas la plus contraignante. La législation danoise est elle aussi très stricte. Une autre raison de la taille « modérée » des exploitations française est l’argument de la « qualité de vie » des animaux. Mais ici, si dans certaines exploitations les animaux sont bien élevés en plein air, dans d’autres, les conditions ne semblent pas très différentes de celles des « fermes-usines » qui existent en Allemagne et en Espagne.

Nous considèrerons le cas du Danemark comme spécifique. L’agriculture danoise s’est spécialisée dans la filière porcine depuis la fin du XIXème siècle, et elle exporte massivement sa production (vers la Grande-Bretagne mais aussi de nombreux autres pays). Les conditions d’efficacité de cette agriculture sont reconnues et les normes au moins aussi sévère qu’en France. Il est certain que les agriculteurs français auraient à apprendre de leurs confrères danois. Mais, ce n’est pas le Danemark qui est la cause de la crise en France. La concurrence allemande et espagnole est beaucoup plus sensible. Elle se concentre sur une question de coût.

 

Bigard-Socopa, Cooperl et les contradictions du gouvernement français

La crise de la filière française a pris une dimension nouvelle quand deux des principaux transformateurs français, la société Bigard-Socopa et la société Cooperl ont décidé de boycotter le marché de Plérin, dont les cours servent de référence. Le gouvernement français, qui est confronté à cette crise larvée de la filière depuis de nombreux mois avait décidé, en accord avec els autres intervenants, de faire remonter les prix de 1,25 euro le kg vers 1,40 le kg. Or, les deux sociétés qui ont rompu cet accord prétendent qu’elles ne peuvent être compétitives à ce prix, quand le porc allemand se vend entre 1,18 euros et 1,23 euros le kg. Le retrait de ces deux sociétés du marché a provoqué sa fermeture et mis en péril de nombreuses exploitations. La réouverture de ce marché qui s’est faite ce mardi 18 août s’est traduite par une chute des cours et une part importante de la production qui est invendue[1].

On notera ici une contradiction dans la politique gouvernementale. Le Ministre de l’agriculture appelle à une « concertation » pour faire monter les prix. Techniquement, c’est un accord de cartel, qui est interdit par la législation européenne. Cet accord implique que les principaux acteurs soient d’accord. Si deux acteurs, représentant 30% du marché font défaut, il ne pourra être tenu. Mais, les moyens du gouvernement de contraindre les acteurs d’acheter du porc à 1,40 euros le kg, quand ils peuvent se fournir en Allemagne à 1,23 euros le kg en moyenne, sont très limités. D’où les tergiversations de Le Foll, qui sait bien que s’il utilise des moyens contraignants il se fera censurer par Bruxelles. La différence de prix de 14% (ce qui économiquement est une différence importante) s’explique largement non seulement par la taille des exploitations allemandes (et espagnoles) mais aussi par l’utilisation d’une main d’œuvre à très bon marché, ce qui équivaut à un dumping social déguisé. A ce niveau, il n’y a pas de solutions. Si le gouvernement prend des mesures coercitives, il se met en contradiction avec les règles de l’Union européenne. S’il laisse la « loi du marché » jouer, cette « loi » va nécessairement avantager des systèmes productifs qui ne sont pas nécessairement plus performant que le système français, mais qui bénéficient soit de l’accès à une main d’œuvre à bas coût, soit de normes moins contraignantes, soit parfois des deux.

 

La faute à l’Euro ?

Imaginons maintenant que les pays de la zone Euro aient conservés leurs monnaies nationales. L’écart entre le Deutschemark et le Franc serait d’environ 20% à 25%. Cela signifie que si le porc était acheté en France à 1,40 francs le porc allemand vaudrait 1,48 francs toutes choses étant égales par ailleurs. Même en admettant que le prix des aliments soit plus important, il y aurait une quasi-parité du fait du décalage des taux de changes entre le porc allemand et le porc français.

On pourrait aussi imaginer que, dans le cadre de l’Euro, on applique exactement les mêmes règles, tant sociales qu’environnementales, en France et en Allemagne. C’est ce qui se passerait si nous ne formions qu’un seul pays. Mais, on sait bien que l’Allemagne n’est pas prête à transiger sur sa législation sociale ni même sur un certain nombre de normes environnementales. Dans ces conditions, la « loi du marché » ne peut que produire les désordres auxquels on assiste. Car soit la concurrence est dite « libre » et elle est faussée par des distorsions de réglementation mais aussi de situations entre les pays, soit elle est dite « non faussée » et dans ce cas elle n’est pas libre et inclut des mécanismes compensatoires pour corriger justement ces distorsions. Mais, l’idée d’une « concurrence libre et non faussée » est une contradiction dans les termes. Or, c’est bien sur cette notion que repose largement le « marché unique » européen.

Ce que l’on a démontré avec le porc vaut aussi pour la viande de bœuf, la volaille, et pour le lait. Dans la mesure ou une activité agricole est de plus en plus intégrée dans une filière de transformation les différences de réglementation, de situation aussi, vont avoir un effet de plus en plus important sur le coût final du produit. On dira que c’est ce qui s’est produit en France même quand les marchés régionaux ont été mis en concurrence les uns avec les autres avec le chemin de fer. C’est indiscutablement vrai. Mais, des mécanismes de compensation ont été mis au point, qu’il s’agisse de subventions à la transformation des exploitations (et il est vrai que l’on ne cultive plus de blé en montagne alors que c’était encore le cas au XIXème siècle) ou de mécanismes de soutien au cours des matières premières, comme l’Office Interprofessionnel des Céréales (ex-Office National Interprofessionnel du blé[2]) mis en place sous le gouvernement du Front Populaire.

 

Un discours contradictoire

En attendant, il est clair que le gouvernement tient un discours profondément contradictoire. D’un côté, il appelle à « consommer français », ce qui est très exactement le discours du Front National sur ce point. De l’autre, il ne se donne pas les moyens, en particulier en matière de réglementation quant à l’étiquetage des produits pour que les français puissent connaître de matière sure et sans risque la provenance réelle des produits qu’ils consomment. Il ne le fait pas car il est engagé dans une logique de négociations, que ce soit dans le cadre de l’UE ou dans le cadre de traités hors-UE (comme le fameux TAFTA avec les Etats-Unis), qui impliquent au contraire qu’i y ait une banalisation de l’origine réelle des produits.

Ce discours contradictoire ne pourra plus être tenu très longtemps. Entre la logique du « grand marché », qui implique une standardisation des produits au détriment des conditions de production de ces derniers et une logique plus maîtrisée des activités agro-alimentaires, il faudra choisir. On peut penser que le choix du gouvernement est fait en réalité, et ce choix va à l’opposé tant des intérêts des producteurs que de ceux des consommateurs. De ce point de vue, le rôle de l’Euro est indiscutable car il organise une fausse homogénéité (par le prix) et permet la mise en concurrence de produits qui sont en réalité issu de conditions de production très largement différentes. Derrière, et dessous, la crise de l’agriculture et des filières animales, nous retrouvons bien le rôle très pervers de l’Euro.

[1] http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/08/18/porc-la-cotation-reprend-mais-le-malaise-persiste_4728923_3234.html

[2] Loi du 15 août 1936, et décrets d’application du 26 août 1936. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000301350&categorieLien=id Voit aussi : http://www.lafranceagricole.fr/archive/article/la-naissance-de-l-office-du-ble-FA31521017958.html

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 14:57

Publié par Michel El Diablo

EUROPE sociale ou RUPTURE progressiste : ouvrir vraiment le débat après l’expérience grecque

124 communistes de 35 départements lancent un appel pour ouvrir en grand le débat sur l’Union Européenne et les alternatives à l’austérité après le coup grec. Ce texte sera transmis à l’Humanité et nous espérons sa diffusion, car des milliers de communistes, de progressistes sont en attente d’un débat ouvert sur la critique de l’Union Européenne et connaissent la diversité des positions communistes en Europe.

Les signatures sont ouvertes en ligne avec ville et code postal, en précisant si vous êtes adhérent du PCF, la section et vos éventuelles responsabilités.

*****

Europe sociale ou rupture progressiste : ouvrir vraiment le débat après l’expérience grecque.

Le mémorandum imposé à la Grèce est un séisme politique dans toute l’Europe, bousculant les propositions alternatives à l’austérité. Oui ou Non, une autre politique est-elle possible dans le cadre de l’Union européenne ?

Le débat européen traverse les courants politiques, à droite comme à gauche. Depuis Maastricht puis le NON français de 2005, on sait qu’il est socialement marqué, opposant ouvriers, employés, jeunes, quartiers populaires, refusant très majoritairement les politiques européennes, aux professions libérales, cadres et centres-villes urbains, plus favorables à l’intégration européenne.

Le dernier congrès du PCF "rallumez les étoiles" a confirmé l’orientation pour une "Europe sociale" avec l’adhésion au PGE. La faucille et le marteau ont été remplacés par les étoiles européennes sur les cartes du parti. Les textes alternatifs, considérant l’UE comme une construction de la mondialisation capitaliste, sont restés minoritaires.

La force acquise par les mouvements de gauche radicale en Grèce et en Espagne semblait confirmer cette voie pour une autre Europe, avec la victoire de Syriza puis la force des 61% du NON grec.

Mais le choc d’une nouvelle vague d’austérité imposée à la Grèce et acceptée par Alexis Tsipras est une douche froide pour tous les militants, toutes les luttes sociales, pour la souveraineté des Etats. Ce choc a conduit à de nombreuses hésitations et discussions des communistes, à l’image des parlementaires communistes hésitant entre les votes Oui et Non.

La direction du PCF a proposé une analyse de cette situation à partir de trois scénarios. L’Europe de la finance et de l’austérité de la droite et des partis socialistes gouvernementaux, l’Europe de la concurrence nationaliste des extrêmes droites, et l’Europe sociale de la gauche radicale.

Nous considérons qu’un débat large et ouvert conduirait à envisager un quatrième scénario.
- Que faut il de plus que 61% du peuple pour imposer une autre politique ? Faut-il une majorité à l’échelle de toute l’Europe pour mener une autre politique dans un pays ?
- Un dirigeant du PCF devrait-il accepter de mettre en œuvre une politique d’austérité plus dure que celle de Hollande pour éviter une « catastrophe financière » ?
- Quelle différence entre Hollande élu ennemi de la Finance pour la servir quelques mois plus tard, et Alexis Tsipras élu contre les mémorandums d’austérité, pour en appliquer un 6 mois plus tard ?
- Quels points communs entre les mémorandums grecs et la situation française (MES, TSCG, ANI, code du travail, retraites, privatisations, démantèlement des services publics…..) ?
- Les pertes de souveraineté poussées ne mettent-elles pas la Grèce dans une situation néo-coloniale ?

Ces questions conduisent à envisager un quatrième scénario, celui d’une révolution de nature anticapitaliste dans un pays, conduisant à la rupture avec les traités européens existants. Une telle rupture permettrait de ré-ouvrir l’histoire européenne sur la base de l’intérêt des peuples, dans une approche internationaliste, avec les forces diverses qui veulent construire un monde multipolaire s’imposant à l’impérialisme militariste US.

Le plan B proposé par Yanis Varroufakis, les propositions de Éric Toussaint issues de l’audit de la dette grecque, les analyses de nombreux économistes progressistes, les positions des communistes grecs ou portugais, montrent que de plus en plus de progressistes refusent de s’enfermer dans l’Europe sociale et réfléchissent hors du cadre porté par les partis du PGE.

Nous demandons l’ouverture d’un débat pluraliste avec tous les communistes, les syndicalistes, les progressistes, pour donner des arguments solides et partagés aux militants sur les alternatives possibles à l’austérité, à la domination des institutions non démocratiques de l’UE, à la toute puissance du système banquier et financier. Ce débat doit poser en toute clarté les éléments de crédibilité comparée du scénario de l’Europe sociale, et de celui d’une rupture progressiste avec l’UE.

Henry AHIER, Mèze (34), secrétaire de section, Jean-Yves ALLEGRE, Istres (13), Jean-Pierre ALLIE, Montélimar (26), psychanalyste, Caroline ANDREANI, Pantin (93), membre du CN du PCF, Claude ANDREANI, Pantin (93), Marie-Catherine ANDREANI, Pantin (93), Francis ARZALIER, Taverny (95), historien, secrétaire du collectif Polex, René AZOU, Ouest Biterrois (34), Jasmin BALLESTE, Sud-Est Biterrois (34), Philippe BAOT, Mèze (34), syndicaliste chômeur, Pierre BARBAGELATA, Carqueiranne (83), Paul BARBAZANGE, Béziers (34), membre du CN du PCF, Michelle BARDOT, Strasbourg (67), secrétariat de section, CD du Bas-Rhin, Francis BARRERA, Limoux (11), retraité SNCF, Luc BASIN, Romans (26), comité de section, Jérémie BEAU, Lyon (69), Floriane BENOIT, Fontaine (38), ancienne journaliste L’Humanité, Marie BIEGEL, Pignan (34), Danièle BLEITRACH, Marseille (13), sociologue, Pierre BOUIS, Béziers (34), Pascal BRULA, Lyon (69), Laurent BRUN, Vénissieux (69), syndicaliste cheminot, Robert BRUN, Romans (26), comité de section, Andres BRYANT, Abbeville (80), comité de section, Marie-Christine BURRICAND, Vénissieux (69), membre du CN du PCF, Gilles CALAMAND, Haute-Loire (43), membre du CD 43, Gérard CALVINHAC, Bordeaux (33), Robert CANONGE, Cavaillon (84), retraité SNCF, Michel CAPRON, Clermont-l’Hérault (34), Jacques CHARRAZAC, Biganos (33), Jean Pierre CITKIC, Strasbourg (67), chercheur, Jean-Pierre COGNARD, Saint-Uze (26), Marie-Paule COLBACK LEIATO, Jura (39), Nicolas COSSANGE, Herault (34), secrétaire départemental MJCF 34, Aimé COUQUET, Béziers (34), conseiller municipal, CD 34, Jacques CROS, Béziers (34), Florian D’ASPRES, Boulogne (62), Alain DE POILLY, Fontenay-sous-Bois (94), Maurice DÉCAILLOT, Contigné (49), économiste, ancien membre de la section économique du PCF, retraité, Jean-Claude DELAUNAY, Villejuif (94), professeur honoraire d’économie, membre de la section économique du PCF, membre des comités de rédaction de La Pensée et d’Actuel Marx, Michel DESCHAMP, Grigny (91), Marianne DUNLOP, Arras (62), Carole DUPERRAY, Lyon (69), François EYCHART, Paris (75), enseignant, Marie-Christine EIGELDINGER, Saint-Fons (69), syndicaliste, Emilien ESTUR, Besançon (25), archéologue, trésorier de la JC 25, Jacqueline FAKIRI, Vaulx-en-Velin (69), militante au chômage, Cyrill FERRO STEYAERT, Nord (59), David FRIGGE, Saint-Denis (93), Hervé FUYET, Malakoff (92), Gérard GARCIA, Cazouls-lès-Béziers (34), Clara GIMENEZ, Pignan (34), conseillère municipale, Françoise GOUX, Ris-Orangis (91), trésorière de section, Eric HALGAND, Pessac (33), Rémy HERRERA, Paris (75), chercheur au CNRS, Hubert HERVE, Paris (75), Guy JACQUIN, Vénissieux (69), Edmond JANSSEN, Paris (75), Brenda JORIOZ-HADJ, Herblay (95), Gérard JOUSSERAND, Saint-André-de-Corcy (01), Jean JULLIEN, Drôme (26), Jean Jacques KARMAN, Aubervilliers (93), maire-adjoint, membre du CN du PCF, Christiane LACAZE, Parentis-en-Born (40), Emmanuel LACAZE, Landes (40), Georges LAMAZOU, Baudreix (64), maire-adjoint, Fernand LAPARRA, Blayais (33), technicien, secrétaire de section, Maryse LAURENT, Herault (34), Armand LECOQ, Béziers (34), comité de section de Béziers, CD 34, Jean-Claude LLINARES, Sud Biterrois (34), secrétaire de section sud Biterrois, Christophe MAILLOT, Saint-Denis (93), Clara MALHUE, Béziers (34), Europalestine, Jean-Pierre MEYER, Sanary (83), membre du CN du PCF, Pierre-Alain MILLET, Vénissieux (69), adjoint au maire de Vénissieux, Sandrine MINERVA, Lodève (34), Aymeric MONVILLE, Courbevoie (92), David NOËL, Hénin-Beaumont (62), secrétaire de section, Jérémie OZOG, Grasse (06), Eleni PATAKOU, Grigny (69), Marius PELLET, Villefontaine (38), Willy PEPELNJAK, Fontaine (38), secrétaire de section, membre du CD, Nicolas PEYRAUD, Marseille (13), secrétariat de section Marseille 13, Alain PICARD, Feyzin (69), Michèle PICARD, Vénissieux (69), maire de Vénissieux, Françoise PICO, Fontaine (38), ancienne adjointe au maire, membre du bureau de section, Francis PLANTIER, Saint-Thierry (34), syndicaliste, cheminot retraité, Sylviane PLAT, Vienne (38), Eric PLEE, Aubervilliers (93), conseiller municipal, Hervé POLY, Pas-de-Calais (62), secrétaire fédéral, membre du CN du PCF, Mireille POPELIN, Villeurbanne (69), enseignante retraitée, Jean-Pierre QUIRIN, Rahon-l’Etape (80), Gérard REQUIGNY, Saint-Denis (93), Rosa REQUIGNY, Saint-Denis (93), Gilbert REMOND, Vaulx-en-Velin (69), Marie-Jeanne RIVERA, Limoux (11), militante syndicale, lutte dans les usines de chaussure Myris, Nicole RIVIERE, Le Tourne (33), Joël RIVRON, Saint-Nazaire (44), comité de section, Jean-Louis ROLLAND, La Rochelle (17), Roger ROMERO, Gujan-Mestras (33), Claude ROUSSIE, Monein (64), Marc RUER, Aubervilliers (93), maire-adjoint, Eric RUIZ, Aubevoie (27), membre du CD 27, Laurent SANTOIRE, La Courneuve (93), Bruno SAPIN, Rhône (69), Aurélien SCANDOLARA , Vénissieux (69), syndicaliste fonction publique, conseiller municipal, Fabrice SELINGANT, Loiret (45), Nicole SEMERIA, Angrie (49), Christine SEMPERE, La Ciotat (13), ancienne conseillère municipale, Richard SEMPERE, La Ciotat (13), Michel SENEGAS, Béziers (34), Pierre-Jean SERRIERES, Annonay (07), comité de section, Deo TANDA, Vénissieux (69), internationaliste, Béatrice THIVOLLE, Bernard TRANNOY, Bassin d’Arcachon (33), Danielle TRANNOY, Bassin d’Arcachon (33), membre du CN du PCF, Jean-Pierre TRICAUD, Bergerac (24), Serge TRUSCELLO, Vénissieux (69), secrétaire de section, Yves VARGAS, Seine-Saint-Denis (93), Frédéric VERRET, Hurepoix (91), ancien secrétaire de section du Hurepoix, Danièle VIALLET, Pignan (34), Pierre VIALLET, Pignan (34), Jean-Claude VILLAME, Crozon (29), physicien, Gautier WEINMANN, Leforest (62), secrétaire de cellule, CD du Bas-Rhin, Antoine WOHLGROTH, Aubervilliers (93), conseiller municipal, conseiller communautaire délégué, Joël YAN, Section de Nay Est (64).

 

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 13:58

Sur le blog de Jean Ortiz,  http://www.humanite.fr/blogs

 
Jean Ortiz
Vendredi, 7 Août, 2015 - 19:50

"L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes."

Longtemps j’ai cru que pour changer les choses il vaut mieux être dedans que dehors, ne pas laisser la chaise vide... Longtemps j’ai cru que l’on pourrait peut être un jour changer de l’intérieur cette Europe du pognon, cette création à mes yeux artificielle, qui entend mettre au pas pour l’éternité et sous la botte allemande et de la finance, les peuples, sommés de comprendre que hors du néolibéralisme : point de salut. Et qu’ils se le mettent bien dans la tête : il n’y a pas d’alternative ! Soumission et  résignation. Et  qu’ils passent sous les fourches caudines « d’experts », de « technocrates » non élus, de traités et pactes liberticides, sinon toute tête dissidente, comme celle de Tsipras, sera tranchée et brandie comme un trophée, écrit Ignacio Ramonet dans le « Diplo » édition espagnole. Avertissement à tous ceux qui voudraient un changement : la BCE, le FMI, l’UE, l’OMC ... remplacent désormais les « marines », les « G’Is », l’armée allemande.
L’occupation de la Grèce par la chancelière allemande (cela fait froid dans le dos), par le FMI, l’UE et la BCE, le traumatisme ressenti par tous les militants de gauche, m’ont interpellé(comme l’on dit). La défaite ô combien douloureuse, l’humiliation publique, le quasi lynchage d’un dirigeant porté par son peuple, la violence, la brutalité de la fondée de pouvoir des banques et des « trusts » allemands, m’ont beaucoup secoué.
Dans cette Europe allemande et de la BCE, nous nous trouvons pieds et poings liés, la démocratie n’y est qu’un alibi, une feuille de vigne et les droits des peuples : du vent. Tous le vernis « européiste » a craqué. Tous les masques sont tombés ce 13 juillet, jour noir, très noir pour tous, pas seulement pour les Grecs, et est apparu le visage terrifiant (il ne lui manque que les petites moustaches) du marché, de ses grands banquiers et prêtres inquisiteurs, dame Merkel flanquée de son enfant de chœur français, chargé de veiller à ce que le torturé ne meure pas sous les supplices. A nu désormais ce néolibéralisme assoiffé de fric, de pouvoir pour mettre les peuples à genoux, et  ce libre-échange impérialiste, ces Pactes et Traités supranationaux, qui corsètent, emprisonnent, les membres de l’Union Européenne,  ne laissent que peu de marge aux gouvernements, la plupart bénis oui oui.
Nous venons de souffrir un échec sur une stratégie qui atteint ses limites, qui s’avère inefficace et en porte-à-faux avec les besoins  de progrès social, de démocratie participative, de souveraineté. Sauf à être masochiste, il faut adapter la position traditionnelle des communistes. Ce bunker européen est irréformable. La preuve sans appel par la Grèce et sa mise sous tutelle, sous protectorat. L’UE est devenue, selon Maastricht et consorts , une machine de guerre contre précisément l’indépendance et la souveraineté des pays et des hommes.
Jamais plus aucun dirigeant démocratiquement élu ne doit subir le traitement dictatorial, dégradant, imposé à Tsipras. Cela est impossible sans changer de cadre. Jamais plus aucun chef d’Etat ne doit voir sa dignité bafouée par un quarteron de « collabos », d’exécutants zélés du capital.
Sortons de ce « machin », de cette prison. De nombreux économistes ont démontré que la sortie de l’euro à elle seule ne suffirait pas, mais qu’elle ne constituerait pas une catastrophe majeure comme on nous en rebat les oreilles. Il y a- t-il pire que le pire ? J’ai mal à la Grèce. Je n’accable pas Tsipras (ne nous trompons pas de cible !) mais ceux qui lui ont mis un pistolet sur la tempe mériteraient d’être jugés pour crime contre l’humanité. Je ne signerai aucun texte, aucun appel. Je ne veux être manipulé que par ma conscience.
 
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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 21:45
Syriza, l’Euro et les opinions des grecs

Par sur le blog Russeurope  · 5 août 2015

Un sondage qui vient d’être réalisé en Grèce par BridgingEurope.net sur la période du 22 au 24 juillet 2015, présente des résultats intéressants, qui témoignent d’un changement d’attitude au sein de la population grecque[1]. Le désenchantement vis-à-vis de Syriza apparaît nettement, mais sans que cela change – pour l’instant – les pronostics pour des élections législatives anticipées, qui auront très probablement lieu cet automne. Le changement le plus spectaculaire porte sur l’Euro. L’écart entre le nombre de grecs désireux de garder l’Euro et ceux désireux de la quitter apparaît bien plus faible que ce qu’annonçaient les sondages de début juillet. Par ailleurs, une majorité absolue des personnes interrogées pense que la Grèce va sortir de l’Euro. Et cela qu’ils approuvent ou désapprouvent cette option.

Il convient d’être prudent quant à ces résultats. Les sondages en Grèce sont assez peu fiables. Celui-ci, cependant, a été fait par un organisme étranger. Il utilise la méthode des appels téléphoniques. Or, cette méthode tend à minorer la part des plus démunis dans le sondage et à décaler l’échantillon, ne serait-ce que de quelques points, vers les classes moyennes, dont on sait qu’elles sont très opposées à une sortie de la Grèce de l’Euro. On peut donc raisonnablement penser que l’écart est encore plus faible que ce qui est indiqué dans ce sondage.

 

Une « trahison » de la part de SYRIZA

Les premières questions portent sur l’appréciation de la politique de Syriza. La politique actuelle du gouvernement est rejetée, ou considérée comme insatisfaisante, par 77% des personnes interrogées. Mais, ce qui est véritablement important, ce sont les raisons pour lesquelles cette politique est rejetée :

Tableau 1

Pensez-vous que Syriza aitabandonné son programme

électoral ?

  Pensez vous que le gouvernement grec ait capitulé devant ses créanciers  
Oui 83% Oui 76%
Non 9% Non 9%
Ne sait pas/ne se prononce pas 8% Ne sait pas/ne se prononce pas 15%

On ne trouve que 9% des personnes interrogées qui ont répondu « non » à ces deux questions. Plus de trois grecs sur quatre estiment que le gouvernement a bien « capitulé » devant les exigences des créanciers. Le ressenti de la population grecque, si on doit suivre ce sondage, est bien celui d’une trahison.

Pourtant, et ce point est important, la rupture au sein de Syriza provoquée par le diktat du 13 juillet n’est pas ressentie comme une bonne chose.

Tableau 2

Pensez vous que la rupture au sein de Syriza soit un bon ou mauvais développement

Ensemble   Electeurs de Syriza  
Bon 31% Bon 16%
Mauvais 58% Mauvais 79%
Ne sait pas/ne se prononce pas 11% Ne sait pas/ne se prononce pas 5%

Ces chiffres montrent que, d’une certaine manière, la population grecque reste attachée à un gouvernement de Syriza. Compte tenu du système électoral grec, qui a été bien intériorisé par la population, une division de Syriza risque de ramener la droite (Nouvelle Démocratie ou le parti To Potami « La Rivière ») au pouvoir. En effet, les élections sont à la proportionnelle, mais le parti arrivé en tête obtient une majoration de 50 sièges. Le risque évident est que, dans le cas d’une division, Syriza arrive en seconde position derrière la Nouvelle Démocratie (qui comme le disent de nombreux grecs est un double mensonge car n’étant ni nouveau ni démocratique). Or, de cela, non seulement les électeurs de Syriza ne veulent pas, mais il semble bien que l’ensemble de la population, lassée de l’alternance entre deux formations, le PASOK (socialiste) et la Nouvelle Démocratie, également népotistes et corrompues, ne le souhaitent pas non plus. Ce résultat est confirmé par les intentions de votes suivantes :

Tableau 3

Intention de vote en cas d’élections anticipées

Syriza 33,2%
Nouvelle Démocratie 18,6%
To Potami (La Rivière) 6,4%
Aube Dorée 5,9%
KKE (Parti communiste de Grèce) 5,2%
Grecs Indépendant (ANEL) 4,1%
PASOK 3,0%
Divers 4,2%
Ne se prononcent pas 19,4%

Ces résultats sont extrêmement intéressants. En premier lieu, ils montrent que le bloc des électeurs de Syriza est toujours fortement majoritaire. Ensuite, les partis pro-européens traditionnels restent très faibles. Le bloc Nouvelle Démocratie – To Potami – PASOK ne ferait que 28% des suffrages. On ne voit aucune montée, suite à la déception enregistrée avec Syriza, des partis représentants la position traditionnelle d’acceptation des conditions de la Troïka. Ce bloc des trois partis, qui représentait « l’espoir » des institutions européennes, reste très faible dans les intentions de vote. De même, les partis représentants une oppositions radicale, que ce soit Aube Dorée pour l’extrême droite ou la KKE pour l’extrême gauche, ne progressent pas. Enfin, et ce point est important, il y a une hausse forte de la catégorie « ne se prononcent pas ». Or, il n’est pas impossible que, au sein de cette catégorie, on ait soit des électeurs « ex-Syriza » qui attendent pour se prononcer de voir apparaître un nouveau parti à la gauche de Syriza, soit que l’on ait aussi des électeurs qui n’osent pas avouer aux sondeurs qu’ils ont fait le choix d’Aube Dorée. Il semble bien que l’augmentation importante de cette catégorie reflète un réel problème au sein des électeurs grecs.

 

L’Euro, un sujet qui fâcherait moins

Un autre enseignement de ce sondage est l’évolution des représentations liées à l’Euro. Tout d’abord, il convient de relever l’extrême scepticisme des grecs au sujet de l’accord signé le 13 juillet.

Tableau 4

Pensez vous qu’un accord de « bail-out » aboutisse à une amélioration des conditions sociales et économiques de la Grèce ?

Ensemble   Electeurs de Syriza  
Oui 8% Oui 7%
Non 73% Non 82%
Ne sait pas/ne se prononce pas 19% Ne sait pas/ne se prononce pas 11%

Ce qui est frappant, ici, c’est la relative unanimité des réponses. Massivement, les personnes sondées ne pensent pas que les conditions économiques et sociales de la Grèce seront améliorées par un accord avec les créanciers. Visiblement, l’accord du 13 juillet est bien perçu pour ce qu’il est : une capitulation qui n’entraînera aucune amélioration de la situation. La perspective d’une sortie de l’Euro est désormais vue comme inévitable, et le pourcentage séparant les avis favorables et opposés à cette sortie se réduit. On était à près de 75% d’opinions opposées à une sortie de l’Euro à la fin juin.

Tableau 5

Dans les circonstances présentes préférez-vous rester ou sortir de l’Euro   Pensez vous qu’un GREXIT ait été évité  
Rester 41% Oui 32%
Sortir 36% Non 58%
Ne sait pas/ne se prononce pas 23% Ne sait pas/ne se prononce pas 10%

En un sens, la seconde question est même plus importante que la première. Si la population « croit » en une sortie de l’Euro (le Grexit), elle se comportera comme si cette sortie devait survenir, en particulier du point de vue de son comportement face au système bancaire. Dans ces conditions, une sortie risque fort d’être inévitable. C’est le phénomène connu sous le non d’anticipation « auto-réalisatrice ». Le fait que 58% de la population pense qu’une sortie est inévitable va peser considérablement sur les comportements économiques et financiers des ménages et des entreprises. Mais, il faut aussi noter que le nombre de personnes sondées qui préfère rester dans l’Euro semble s’être profondément effondré depuis moins d’un mois. Il n’y a plus aujourd’hui que 41% des personnes sondées à vouloir rester dans l’Euro, face à 36% de personnes considérant qu’il serait préférable que la Grèce sorte. La marge de 5% entre les deux positions est très faible et, vraisemblablement correspond à la marge d’erreur d’un sondage réalisé par téléphone.

On assiste donc bien à un véritable retournement de l’opinion sur ce point.

 

 

 

[1] Ce sondage peut être téléchargé à l’adresse suivante : http://www.bridgingeurope.net/uploads/8/1/7/1/8171506/be_nationwide_poll_july2015.pdf

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 15:11

Publié par Michel El Diablo

Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !

Électricité : Un rapport accablant… qui n’empêchera pas les choix idéologiques scandaleux qu’il dénonce (par Jean-Luc Tur)

Le 5 mars 2015 une commission d’enquête a rendu son rapport1 sur « les tarifs d’électricité » à l’Assemblée Nationale qui l’a adopté.

Ce rapport est avant tout un réquisitoire sur les résultats de l’ouverture totale des marchés en 2007 et du capital d’EDF, sur l’imbroglio du libéralisme dans le domaine … et des coûts engendrés dans un océan de centaines de milliards d’€uros.

 

Il se penche aussi par anticipation, sur les lourdes conséquences des mesures à venir dans le cadre de l’approfondissement de la libéralisation du marché.

Le rapport (65 pages) est construit sur la base d’auditions d’une multitude d’acteurs du marché de l’électricité (371 pages) soit 436 pages.

Extraits :

« Cette initiative est intervenue suite aux débats nés à la fois :

de la hausse continue de la facture des usagers, de l’ordre de 30 % depuis 2007 ;

– de la bataille juridique qui se joue, désormais systématiquement, à l’occasion de la fixation, par arrêté interministériel, des tarifs réglementés de vente…

Pour les entreprises, l’énergie est un facteur de production souvent essentiel. Le cas des « électro-intensifs » est emblématique, mais le double enjeu de la sécurité d’accès à l’électricité et de la stabilité des prix est déterminant pour beaucoup d’autres activités commerciales, artisanales ou agricoles. À ce titre, la disparition, au 1er janvier 2016, des tarifs réglementés « vert » et « jaune » suscite l’inquiétude de milieux professionnels. Plus généralement, notre capacité à préserver un avantage comparatif décisif inquiète : alors que la très grande qualité du système électrique français a toujours compté parmi les moyens de lutter contre la désindustrialisation de notre territoire, il ne faudrait pas que cet atout décisif se perde….

La hausse des prix est concomitante à l’ouverture à la concurrence des marchés de l’électricité. Contrairement au « credo » européen qui affirme avec constance que la concurrence est le gage d’obtention du meilleur prix assorti du meilleur service, l’ouverture à la concurrence ne s’est pas traduite, dans les faits, par une baisse tendancielle des prix

La fixation des tarifs réglementés de vente (TRV) a été particulièrement perturbée par les conséquences de recours quasi-systématiques des fournisseurs alternatifs contre les arrêtés tarifaires, au motif que ces derniers ne leur laissaient pas d’espace économique suffisant pour survivre.

Page 18

 

Préserver le pouvoir d’achat des ménages

Historiquement, le tarif réglementé de vente est un outil de la puissance publique. Il permet de maîtriser l’évolution des prix du bien essentiel qu’est l’électricité. C’est pourtant avec le même objectif de préserver le pouvoir d’achat des ménages, que les directives Européennes de libéralisation du secteur de l’électricité ont porté des coups successifs aux         tarifs réglementés…

En tout état de cause, là où des bénéfices étaient escomptés pour le client final en termes de baisse des prix, la concurrence semble paradoxalement avoir été génératrice de coûts nouveaux…

Un « saucissonnage » du secteur de l’électricité

En imposant l’évolution de l’architecture des systèmes électriques de chaque État membre, les directives européennes donnent lieu à l’arrivée de nouveaux acteurs du secteur, ce qui complexifie sensiblement la gouvernance de ce-dernier

Le démantèlement d’EDF

Ensuite, l’ouverture à la concurrence a engendré des coûts administratifs, que ce soit pour la séparation entre les différentes entités d’EDF ou, de manière générale, pour l’adaptation des règles liées à la concurrence. Par exemple, la CRE évoque le coût de la duplication des systèmes informatiques entre EDF, ERDF et RTE, estimé à 84 millions d’euros (1).

Le bilan de l’ouverture à la concurrence est une question lancinante dans le débat. Concrètement, force est de constater que la libéralisation du marché de l’électricité en France est une source de complexité sans avoir apporté de bénéfices réels

EDF est régulièrement appelée à venir en aide d’entreprises du secteur de l’énergie, à la demande de l’État, alors même que ça n’était pas son cœur de métier…

EDF immobilise ainsi du capital supplémentaire, alors même qu’elle est confrontée à un besoin de capital important.

EDF a supporté – et continue de supporter – des charges de service public sans pour autant recevoir de compensation. L’exemple le plus marquant est bien évidemment la dette de CSPE, qui a atteint près de 4,9 milliards d’euros…

La tarification mise en place selon un logiciel libéral faisant la part belle au prix de marché ne correspond plus aux fondamentaux de la production…

En 2000, les acteurs industriels sont les meilleurs avocats de la libéralisation du secteur de l’énergie pour profiter d’un effondrement des prix de l’électricité. Quelques années plus tard, à partir de 2005, ils demandent au législateur d’intervenir pour les protéger de la hausse des prix, ce qui mène à la mise en place du TaRTAM (tarif réglementé transitoire d’ajustement du marché)…

La mécanique est devenue d’une telle complexité que plus personne ne la maîtrise »…

Bâtir une solution ambitieuse, à la hauteur des menaces pesant sur la sécurité du système électrique européen

Nous avons mis en place l’euro avant de créer les mécanismes d’harmonisation nécessaires entre les États membres interconnectés. Les conséquences furent graves lors de la crise financière.

Nous sommes en train de reproduire la même erreur dans le secteur de l’énergie

D’un côté, il n’est pas satisfaisant de constater que l’électricité, est le vecteur énergétique au contenu carbone le plus faible mais aussi le plus taxé :

les taxes représentent ainsi 34 % de la facture d’électricité

De plus, l’électricité supporte à titre principal le financement du déploiement des énergies renouvelables …

Etc.

À la lecture du rapport, on se dit qu’ils ont compris ; qu’il faut sortir de ce système qui ne fonctionne pas et revenir au service public nationalisé qui marchait plutôt bien.

Que nenni ! les mêmes parlementaires qui ont adopté ce rapport, ont voté le 22 juillet la loi de transition énergétique qui prévoit, entre autre, la privatisation par l’ouverture à la concurrence de la production hydraulique !

Un projet initié sous la droite par Jean-Louis Borloo.

Ceci avec l’absolution d’EELV 2, dont on peut comprendre, par ailleurs, la position par rapport à la place du nucléaire, des ENR, de la réduction des GES … mais de là a accepter tout et n’importe quoi !

C’est inouï ! Privatiser l’immense réserve d’eau, le grenier à eau de la France qui représente 8 milliards de m3, une gestion efficace des crues, la valorisation des voies navigables, l’optimisation des cours d’eau au service de nombreuses activités et industries.

Qu’adviendra-t-il de la stabilité du système électrique, dès lors que l’énergie hydraulique de pointe sera non plus à disposition du gestionnaire de réseau mais entre les mains d’industriels ou de traders ?

La mise en concurrence des concessions offre également la possibilité à des opérateurs privés de spéculer sur l’énergie de pointe, de dégager des marges considérables entre le prix de production et le prix de marché, cela au détriment, encore, des usagers.

Dès lors, quid de la péréquation tarifaire nationale qui permet d’avoir un même coût de KW/h sur tout le territoire ?

Sans vouloir faire de catastrophisme, la question du refroidissement des centrales nucléaires en cas de besoin est posée. Ce genre de problème s’est déjà posé depuis la privatisation de la CNR (Compagnie nationale du Rhône).

Dans quelles conditions une collectivité, un industriel… pourront-ils prétendre à réviser le cahier des charges d’une concession en cours, afin de pouvoir concrétiser un projet lié au multi-usage de l’eau, sans devoir s’acquitter d’une indemnisation exorbitante auprès du concessionnaire ?

Prenons l’exemple de l’aménagement hydraulique de la rivière d’AIN composé de 6 barrages. Ceux-ci alimentent les nappes phréatiques de la vallée et permettent l’irrigation des plaines agricoles et les pompages d’eau potable. Actuellement des conventions sont passées entre EDF et les collectivités locales, les fédérations de pêche, ou d’autres partenaires concernés. Ils étudient ensemble l’évolution de la rivière et mènent des actions en fonction des besoins.

Imaginons, que le barrage de VOUGLANS soit piloté par un groupe privé. Pouvons nous croire que celui-ci accepterait de lâcher ou de retenir l’eau du barrage pour satisfaire aux besoins amont et aval, des sociétés de pêche, des bases nautiques ou des céréaliers et industriels de la plaine de l’AIN … ? Et à quel coût ?

Au reste, ce barrage associé aux ouvrages hydroélectriques en aval permet de mettre à la disposition du réseau électrique national plus de 400 000 kW en moins de 5 minutes, soit 1,5 fois la puissance nécessaire à l’alimentation électrique domestique du département du Jura en hiver. Comment contraindre un producteur privé à turbiner en cas de demande sur le réseau national et à quel coût ?

Il s’agit d’un véritable hold-up sur un patrimoine public financé par l’impôt et les usagers de l’électricité ! Ainsi que de la remise en cause de l’indépendance énergétique du pays. Aucun autre pays en Europe ne s’est engagé dans cette absurdité. La France devient le seul pays à offrir ce joyau à la concurrence.

Nos gouvernants sont en train de tout brader aux capitalistes et aux intérêts financiers : les autoroutes, les aéroports, les lignes de chemin de fer, les réseaux de gaz et d’électricité etc.

Ils sacrifient sur l’autel du marché la première énergie renouvelable de France

Ils ont bonne mine de nous parler d’écologie !

 

Liens :

« Le barrage de Vouglans en début de chaîne est le 3ème réservoir artificiel français. Il conditionne tout le fonctionnement hydrologique de la rivière d’Ain. »

Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !
Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !
Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !

4 http://www.bassevalleedelain.com/gestion.php

Le SAGE (syndicat d’aménagement et de gestion de l’eau)

« Le fonctionnement écologique de la basse rivière d’Ain est étroitement dépendant du fonctionnement de la chaîne de barrages hydroélectriques (entre Vouglans et Allement) et des apports par la nappe phréatique fortement influencés par les captages agricoles. »

« Définir et mettre en oeuvre un partage de l’eau permettant le bon fonctionnement écologique de la rivière d’Ain tout en conciliant les différents usages (AEP, industrie, hydroélectricité, agriculture, loisirs) »

« La canicule et ses effets sur la rivière d’Ain » : La cellule d’alerte de la basse vallée de l’Ain est en état de vigilance accrue et demande au préfet d’autoriser des lâchers d’eau préventifs.

 

SOURCE:

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4 août 2015 2 04 /08 /août /2015 09:33

Par sur le blog Russeurope · 3 août 2015

Le fameux plan « B » de Yanis Varoufakis n’a pas cessé de faire parler de lui. Le 16 juillet 2015, soit le lendemain du vote au Parlement grec de l’accord signé le 13 juillet, et on rappelle que Varoufakis avait voté contre cet accord, il a donné un téléconférence à l’OMFIF ou Official Monetary and Financial Institutions Forum[1]. Il s’agit en fait d’une conversation de 25 minutes avec deux responsables de l’OMFIF, David Marsh, le directeur exécutif de l’OMFIF et Norman Lamont. Cette conversation téléphonique a été installée sur le site web de l’OMFIF le 27 juillet 2015 et la transcription écrite a été installée sur le site le 28 juillet 2015, avec l’accord de Yanis Varoufakis. Cette transcription précise le statut de ce plan « B ». Quel que soient les points de divergences avec Yanis Varoufakis, il est important de l’écouter, et de le lire. On verra d’ailleurs que s’il est, en principe, pour l’Euro il est arrivé à la conclusion, qui est partagée par ses collaborateurs, qu’une sortie de l’Euro était envisageable.

 

Le but du plan « B »

Yanis Varoufakis commence par dire : «Je dois admettre que nous n’avions pas de mandat pour sortir la Grèce de l’Euro. Ce pour quoi nous avions un mandat était pour négocier un arrangement avec l’Eurogroupe la Banque Centrale Européenne qui rende la position de la Grèce viable dans le cadre de la zone Euro. Le mandat allait cependant un peu plus loin – au moins dans mon estimation. Je pense que le peuple grec nous avait autorisé à poursuivre cette négociations avec énergie et vigoureusement au point de dire que si nous ne pouvions avoir un accord viable nous devrions considérer une sortie (de la zone Euro) ». C’est une position très claire, et entièrement cohérente avec la logique des négociations menées depuis plusieurs mois. Varoufakis dit bien que le mandat, en tant que tel, ne portait pas sur une sortie de l’Euro, ce qui était explicite depuis la campagne électorale de janvier 2015 mais que, et en particulier à la suite du referendum du 5 juillet, implicitement, ce mandat s’étendait à une sortie si aucun accord viable pour la Grèce, autrement dit respecter le programme sur lequel Syriza avait gagné les élections n’était pas possible. L’accord que la Grèce a été contrainte d’accepter n’est pas viable. Varoufakis insiste sur ce point à de nombreuses reprises. Et, il laisse entendre que, effectivement, son choix aurait alors été plutôt une sortie de la zone Euro. Pourtant, il ne s’en cache pas les difficultés. Il ajoute ainsi peu après : « Le problème est que, quand vous êtes à l’intérieur d’une Union Monétaire, il est toujours très dur de créer le type de dialogue public, qui est nécessaire afin de préparer les gens pour ce qui arrive, pour un processus de désengagement de cette union monétaire tout en ne précipitant pas en même temps un effondrement ». On peut comprendre cette phrase comme la reconnaissance du fait que Syriza a fait une erreur stratégique en n’ouvrant pas un dialogue public, il vaudrait d’ailleurs mieux dire un débat, sur cette question très en amont. Peut-être cela aurait-il renforcé la position de négociation du gouvernement grec.

 

Les raisons de sa non application

Sur le plan « B », il est très précis. Il dit : « Le travail (de mise au point du plan « B ») était plus ou moins achevé, nous avions un plan B, mais la difficulté venait du passage des 5 personnes qui l’avaient planifié aux 1000 personnes qui auraient eu à le mettre en œuvre. Et pour cela je devais recevoir un autre autorisation qui n’est jamais venue ». Ce passage est très important. Il montre qu’il y avait bien une alternative, mais que cette alternative fut rejetée pour des raisons politiques et non pour des raisons de faisabilité. Alexis Tsipras, celui qui aurait dû donner la dernière autorisation, ne le fit pas. On peut comprendre les raisons politiques de ce geste. Mais, ce geste fut le produit d’une raison politique, la volonté de rester quoi qu’il en coûte dans la zone Euro, et non d’une raison technique. De ce point de vue, cela éclaire la position de ceux qui en France prétendent que le choix d’Alexis Tsipras était dicté par la nécessité, comme par exemple Pierre Laurent dans son entretien à Marianne du 25 juillet[2]. C’est une tout autre histoire que fournit Varoufakis. Elle dément complètement la thèse de Laurent, ce que l’on pouvait discerner dans les nombreux articles de presse qui ont été publiés du 14 au 24 juillet[3]. Et, cela éclaire aussi le mensonge qu’a proféré Laurent dans cet entretien à Marianne quand il prétend, contre toute évidence, qu’il n’y avait pas d’autre choix possible.

Varoufakis alors ajoute une phrase, celle qui a « fuité » et qui lui a été beaucoup reproché, mais dont le sens devient alors très clair dans le contexte de la conversation téléphonique qu’il a avec ses correspondants de l’OMFIF : «C’était très bien développé et je pense que cela aurait fait une très grande différence, car très vite nous aurions pu l’étendre (le système de paiements parallèle) en utilisant des applications sur des Smartphones et il serait devenu une fonction du système parallèle. Et, bien entendu, ceci aurait été en Euro mais aurait pu en un coup de chapeau être converti en nouvelle Drachme ». Varoufakis explique ainsi en quoi le plan « B », qui impliquait un système assez sophistiqué mais en réalité assez simple de système parallèle de paiements, aurait permis, s’il l’avait fallu – et il faut bien insister sur cela – un basculement hors de l’Euro. Ce basculement n’était pas prémédité, mais il devenait possible si le gouvernement grec en prenait la décision. Là encore, nous pouvons constater que cette décision était politique et non technique. Ici encore, le mensonge de tous ceux qui, en France, continuent de prétendre qu’il n’y avait pas d’autre solution que d’accepter l’accord du 13 juillet est clairement dévoilé.

 

La France dans le viseur de l’Allemagne

Mais, il y a une autre chose importante dans cette conversation entre Yanis Varoufakis et les deux responsables de l’OMFIF. Parlant de ce que voulait le Ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, il fait une référence très précise à la France : « Et il (i.e. Schäuble) me dit explicitement qu’un GREXIT, une sortie de la Grèce, aller lui donner assez de pouvoir de négociation, avec suffisamment de pouvoir terreur, dans le but d’imposer à la France ce à quoi Paris résistait. Et de quoi était-il question ? Du transfert du pouvoir de décision budgétaire de Paris à Bruxelles ». Autrement dit, le plan mis en place par Schäuble ne visait pas prioritairement la Grèce, mais avait comme objectif, à travers la Grèce, d’aboutir à une capitulation totale de la France qui devrait, et devra sans doute, accepter le transfert de la totalité de son pouvoir de décision budgétaire à une instance étrangère. Autrement dit, c’est bien la mise en tutelle de la France que visait Schäuble à travers sa position sur la Grèce. Il faut en avoir conscience.

C’est pourquoi les mensonges, que ce soit ceux de François Hollande sur un « gouvernement » de la zone Euro ou ceux de Pierre Laurent, justifiant l’accord léonin, le diktat, auquel Tsipras a consenti, prennent ici une autre dimension. Ils deviennent des actes de connivences dans un transfert décisif de souveraineté vers une puissance étrangère, un transfert sur lequel le peuple français ne sera, et c’est l’évidence, jamais consulté. Il y a un mot par lequel on appelle tout cela…

 

 

[1] http://www.omfif.org/media/1122791/omfif-telephone-conversation-between-yanis-varoufakis-norman-lamont-and-david-marsh-16-july-2015.pdf

[2] http://www.marianne.net/pierre-laurent-sortie-zone-euro-n-empeche-pas-pression-marches-100235637.html

[3] En particulier l’interview de James Galbraith, qui a travaillé avec Varoufakis (http://www.socialeurope.eu/2015/07/syriza-was-in-a-lose-lose-situation/ ) ou encore celui de Daniel Munevar, un autre des collaborateurs de Varoufakis (http://www.socialeurope.eu/2015/07/why-ive-changed-my-mind-about-grexit/ ).

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