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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 14:58
Lu sur le Grand Soir

Discrètement, le gouvernement prépare déjà une nouvelle offensive contre le droit du travail, dans la foulée des lois Macron et Rebsamen. Les milieux patronaux en rêvent depuis longtemps : que les règles de travail négociées dans l’entreprise, là où la pression sur les salariés est la plus forte, puissent s’imposer à la loi et aux conventions collectives. Ce rêve est-il sur le point de devenir réalité ? Pour plancher sur la question, le gouvernement vient de créer une commission, en partie composée d’ « experts » proches des milieux néolibéraux. Leur rapport est attendu pour la rentrée. Sous prétexte de simplifier le Code du travail, ce rapport pourrait être annonciateur de nouvelles régressions pour les salariés.

Le gouvernement a décidé d’enclencher la vitesse supérieure sur les « réformes » du marché du travail. Les lois Macron et Rebsamen sont à peine adoptées, qu’une nouvelle dérégulation d’ampleur est en préparation. Présentée le 4 mai dernier, une commission « accords collectifs et travail », surnommée « mission Combrexelle » du nom de son président, est actuellement à pied d’œuvre à la demande du Premier ministre. Son objectif ? Produire, pour la rentrée, un rapport dont les préconisations devront inspirer une réforme pour donner plus de place aux accords collectifs – c’est à dire les accords de branche et surtout d’entreprise – dans la définition des règles qui encadrent le travail et le lien de subordination des employés à leurs employeurs. Sous couvert de bon sens et de pragmatisme – le « dialogue social de terrain » serait plus adapté à la réalité des entreprises – le projet s’attaque en fait à l’un des piliers du droit social français, suivant l’une des revendications les plus anciennes du Medef.

Dans le code du travail, deux principes jouent un rôle crucial. La « hiérarchie des normes », d’abord, consacre la primauté de la loi : cette dernière s’impose aux conventions de branche qui s’imposent, elles-mêmes, aux accords d’entreprise. En vertu du second, appelé « principe de faveur », une règle négociée au niveau d’une branche ou d’une entreprise ne peut être que davantage favorable aux salariés. En clair, si une convention de branche fixe le salaire horaire minimum à douze euros, un accord d’entreprise, dans le même secteur, ne pourra prévoir un salaire inférieur à cette somme. En revanche, rien n’interdit d’aller au delà, par exemple à treize euros. Logique, à moins de rendre la loi ou les accords de branche caducs. En principe, donc, ces règles garantissent les mêmes droits pour tous les salariés, et préviennent le dumping social au sein d’une même branche d’activité.

 

« Moderniser en profondeur notre système de relations sociales »

En pratique, les dérogations sont nombreuses. Rendues possibles, d’abord, par les lois Auroux en 1982, puis par les lois Aubry sur les 35 heures, enfin par les réformes successives des gouvernements Raffarin, Fillon et Ayrault, elles concernent essentiellement l’organisation du temps de travail, et parfois les salaires. Ainsi, depuis 2008, la durée minimale de repos journalier, légalement fixée à onze heures, peut, dans certains secteurs, être ramenée à neuf heures par accord de branche ou d’entreprise. Concernant les rémunérations, la loi du 14 juin 2013, transcription législative de l’Accord national interprofessionnel (ANI, lire ici), autorise, en cas de difficultés économiques, une réduction des salaires par simple accord d’entreprise – les fameux accords de maintien de l’emploi, étendus par la loi Macron.

Aujourd’hui, loin de restreindre le domaine des règles soumises à la dérogation, le Premier ministre entend « engager une réflexion nouvelle pour élargir la place de l’accord collectif dans notre droit du travail ». Une place « encore trop limitée », écrit Manuel Valls dans sa lettre de mission adressée à Jean-Denis Combrexelle, le président de la commission. Le champ concerné reste restreint, et les partenaires sociaux ne se saisissent pas suffisamment de la souplesse que la loi leur donne pour déroger au cadre réglementaire. (...) Je souhaite que vos propositions ne se limitent pas à des aménagements du cadre législatif actuel, mais ouvrent des perspectives nouvelles et audacieuses, capables de moderniser en profondeur notre système de relations sociales. » La dérogation deviendra-t-elle la règle et le respect de la loi l’exception ?

 

Emmanuel Macron : « Autoriser les entreprises à déroger aux règles »

« Il s’agit d’une demande récurrente du Medef, constate Marie-Laure Morin, ancienne conseillère à la chambre sociale de la Cour de cassation. Le patronat veut élargir la négociation d’entreprise sur le modèle anglo-saxon. Aux États-Unis, les règles de travail sont négociées dans chaque entreprise, dans le cadre d’un contrat collectif. » En 2014, le Medef publiait un « Livre jaune » programmatique, qui réaffirmait cette priorité : « Le cœur de la définition des règles sociales doit être l’entreprise. Cela suppose une révolution importante car aujourd’hui, c’est la loi qui fixe ces règles. » Autre indice des intentions gouvernementales : Emmanuel Macron n’annonçait-il pas la couleur, à la veille de son entrée au ministère de l’Économie ? « Nous pourrions autoriser les entreprises et les branches à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération. C’est déjà possible pour les entreprises en difficulté. Pourquoi ne pas l’étendre à toutes les entreprises, à condition qu’il y ait un accord majoritaire avec les salariés ? »

Auprès des syndicats, la mission Combrexelle passe mal. C’est d’abord le calendrier qui surprend, puisque la commission travaille et auditionne en plein examen parlementaire de la loi Rebsamen qui porte, déjà... sur le dialogue social ! « Ce n’est pas logique, s’agace Marie-Alice Medeuf-Andrieux, secrétaire confédérale chez Force ouvrière (FO). Ce point avait été abordé, puis mis de côté pendant la discussion sur le dialogue social. » Suite à l’opposition des syndicats, « le gouvernement a voulu reprendre la main », estime la juriste Marie-Laure Morin, auditionnée le 6 juillet par la commission. Sa composition est perçue comme « très orientée ». « Il y a surtout des juristes et des pseudo-économistes, déplore Julien Gonthier, du syndicat Solidaires-industrie. Ces gens ne connaissent pas grand chose au fonctionnement d’une entreprise. En tout cas, ils ne sont pas inspirés d’un grand progressisme. »

 

Des experts obsédés par l’« obésité » du code du travail

La commission regroupe, de fait, des experts habitués à naviguer entre public et privé, certains affichant des orientations ouvertement néolibérales. Après avoir été directeur adjoint du cabinet de Martine Aubry, Yves Barou, actuel président de l’AFPA [1], a intégré la direction RH de l’entreprise Thalès. Longtemps membre du Conseil d’analyse économique, Michel Didier est quant à lui président du Coe-Rexecode, un « institut privé d’études économiques » proche du Medef. Il est aussi proche du très libéral Cercle des économistes, tout comme Pierre Cahuc, favorable à la réduction du « coût » du travail et à l’assouplissement des conditions de licenciement. Dans la commission, on trouve aussi, pêle-mêle, le président du groupe Alpha (un cabinet de conseil en relations sociales), Pierre Ferracci, la DRH de Lafarge France, une ex-DRH enseignant désormais en business school, ou encore le juriste Paul-Henri Antonmattei, fervent soutien de François Bayrou lors de la dernière présidentielle. Voilà qui promet !

La participation d’Antoine Lyon-Caen, auteur avec Robert Badinter d’un ouvrage et d’une tribune qui viennent de faire du bruit, est encore plus remarquée. Dans Le travail et la loi, les deux juristes – habituellement classés à gauche – dénoncent la « complexité croissante » et l’« obésité » du code du travail. Ils proposent de réduire ce dernier à 50 principes fondamentaux. Enfin, c’est le pedigree du président de la commission, Jean-Denis Combrexelle, qui laisse perplexe. Dans les milieux syndicaux, le conseiller d’État est décrit comme le « Talleyrand » du ministère du travail [2] : de Jospin à Raffarin, en passant par de Villepin ou Ayrault, le haut-fonctionnaire, ancien directeur général du travail (DGT), survit à tous les gouvernements ! [3]

 

« A force de déroger, on fait du code du travail un véritable gruyère »

« Jean-Denis Combrexelle est le chantre de la "négociation administrée", explique Julien Boeldieu, inspecteur du travail et secrétaire national de la CGT Travail, emploi et formation professionnelle (CGT-TEFP). On négocie, et l’administration valide après-coup, comme pour les plans sociaux depuis l’ANI. On glisse d’une logique de contrôle à une logique d’accompagnement, avec une faveur aux employeurs. » En parallèle, la multiplication des « assouplissements » affaiblit la norme légale. « Chaque gouvernement enfonce un ou plusieurs coins dans le code du travail, poursuit Julien Boeldieu. On multiplie les dérogations, les droits se différencient selon les secteurs d’activité, les entreprises, les territoires. » Peu à peu, « on instaure une inégalité de traitement, une concurrence de fait entre entreprises et entre salariés », insiste Marie-Alice Medeuf-Andrieux, de FO.

La mission Combrexelle va-t-elle confirmer cette tendance ? « Sous couvert de simplification, l’objectif est de poursuivre l’inversion de la hiérarchie des normes et du principe de faveur. On veut définir un socle de droit minimal, et renvoyer le reste aux accords de branche et d’entreprise, craint Julien Boeldieu. En fait, la simplification est un faux débat, car le code du travail est complexe par nature. Il ne s’agit pas seulement du travail du législateur, mais aussi du résultat de luttes sociales sédimentées. Si on simplifie la base légale, on va produire de la jurisprudence ce qui, pour le coup, est une véritable source de complexité. » « A force de déroger, on fait du code du travail un véritable gruyère, confirme l’ancienne magistrate Marie-Laure Morin. On fait de la déréglementation par sur-réglementation ! »

 

La loi, une limite au pouvoir considérable des employeurs ?

Serait-ce une manière de rogner, lentement mais sûrement, un siècle d’émancipation sociale ? Jusqu’aux premières lois sociales, à la fin du XIXe siècle, les règles de travail sont fixées par le règlement intérieur de l’entreprise, et sont donc imposées par la direction. Avec la légalisation des syndicats et la création d’une administration du travail, la loi vient fixer des limites à ce pouvoir considérable, tout en harmonisant les droits des salariés sur le territoire national. Les premières lois touchent le travail des enfants, l’hygiène et la sécurité, les temps de repos. Cet encadrement public, réalisé au nom de l’intérêt général, est très tôt combattu par le patronat. Ce dernier y voit une ingérence insupportable, et dénonce une entorse à la propriété privée des entreprises (sur l’histoire des mouvements sociaux, lire ici).

Cette position sera longtemps la ligne des organisations patronales. Elle s’est bien-sûr atténuée, officiellement du moins. Cependant, l’heure est à la mondialisation des marchés, à la recherche, coûte que coûte, de compétitivité pour les entreprises. Il faut « assouplir », « faciliter », « réduire le coût du travail ». La loi serait une source de « rigidité », et l’entreprise le lieu idéal pour une redéfinition des normes de travail. Il faut « faire une plus grande place à la négociation collective et en particulier à la négociation d’entreprise, pour une meilleure adaptabilité des normes aux besoins des entreprises ainsi qu’aux aspirations des salariés », explique Manuel Valls. Mais qui dit négociation, dit acteurs sur un pied d’égalité. Et dans l’entreprise, les salariés sont-ils vraiment en capacité de négocier ?

 

Chômage de masse et chantage à l’emploi

Le contexte de chômage de masse s’avère lourdement défavorable aux salariés : « Si la direction fait du chantage à l’emploi, la négociation est terminée », estime Julien Gonthier du syndicat Solidaires. « Dans l’entreprise, les salariés sont fragilisés, les délégués du personnel exposés », souligne encore Marie-Alice Medeuf-Andrieux. C’est précisément l’une des raisons d’être du code du travail. Le rapport salarial est un rapport de subordination, qui bride, voire rend impossible, les velléités de revendication individuelles mais aussi collectives. La loi permet, de ce point de vue, la construction d’une norme plus émancipée d’un tel lien de dépendance économique.

Dès lors, quelle doit être la place des accords collectifs ? Les positions syndicales divergent sensiblement. Sur une ligne de compromis, la CFDT se montre plutôt favorable à un élargissement de la négociation collective et à l’adaptation des normes, « dans un cadre protecteur défini par la loi », selon les besoins des branches et des entreprises. « A défaut d’accord, la loi s’applique », précise Marylise Leon, secrétaire nationale au dialogue social. Pour Solidaires et au sein de plusieurs instances de la CGT [4], la hiérarchie des normes et le principe de faveur ne sont pas négociables : « Il vaudrait mieux supprimer les dérogations inutiles pour les entreprises », estime Julien Boeldieu à la CGT. Chez FO, « on est accrochés à la branche », ose Marie-Alice Medeuf-Andrieux. Le syndicat défend la hiérarchie des normes, tout en donnant la priorité à la négociation nationale et en acceptant l’accord d’entreprise, « s’il est dans l’intérêt des salariés ».

 

Renforcer la présence syndicale... ou bien l’étouffer ?

Dans le même temps, la loi Rebsamen, indissociable de la mission Combrexelle, vient affaiblir la représentation syndicale (voir également notre article). « L’enjeu, c’est au contraire de renforcer la présence syndicale, estime Julien Gonthier. De donner aux délégués les moyens de mieux représenter les salariés. La mission Combrexelle s’intéresse au référendum en entreprise. Mais je pense que c’est un moyen pour contourner les syndicats. » La loi Rebsamen permettra bientôt la fusion des institutions représentatives du personnel, ainsi qu’un regroupement des obligations d’information et de négociation avec les représentants salariés. « Jusqu’à présent, le Comité d’entreprise était consulté avant tout projet de réorganisation, poursuit Julien Gonthier. Désormais, l’information arrivera après-coup. Quand on casse les outils qui permettent de comprendre le fonctionnement de l’entreprise, alors on casse la négociation collective. »

Depuis son arrivée à Bercy, Emmanuel Macron n’a qu’une obsession : « Nous devons continuer à réformer en profondeur le marché du travail », répète-t-il à l’envie. S’agit-il de renforcer la représentation syndicale ? « L’important, c’est que la loi précise les règles générales et [donne] davantage de place aux accords de branche et d’entreprise, donc aux partenaires sociaux. Cela suppose que les organisations syndicales s’adaptent à l’évolution de leurs responsabilités. » Non content de déréguler le marché du travail, c’est à dire de dégrader nos conditions de travail et d’existence, l’ancien banquier d’affaires chez Rothschild, qui pourra se targuer d’avoir employé trois fois l’article 49-3 de la Constitution pour imposer sa dernière loi, compte aussi expliquer aux syndicats comment ils doivent « s’adapter ». Ces derniers seront-ils en mesure de résister à la révolution menée au pas de course par un exécutif qui n’a plus de socialiste que le nom ?

Thomas Clerget

Photo : CC Gerry Lauzon

Notes

[1] Association pour la formation professionnelle des adultes.

[2] Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, dit « Talleyrand », est un homme d’État et diplomate français qui a survécu à tous les régimes politiques de l’Ancien régime jusqu’à la Monarchie de Juillet.

[3] Jean-Denis Combrexelle a successivement occupé les fonctions de directeur des relations du travail des gouvernement Jospin, Raffarin et de Villepin, puis de directeur général du travail (DGT), le plus haut poste du ministère, jusqu’à la fin du gouvernement Ayrault, au début de l’année 2013. Sacrée longévité !

[4] Malgré nos relances, le secrétariat confédéral de la CGT n’a pas répondu à nos questions.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 14:01
À Dieppe, l’union départementale CGT est déjà mobilisée
Publié le 28/08/2015 á 22H49
Sur Paris-Normandie.fr

Syndicat. L’union départementale de la CGT a annoncé une rentrée sociale houleuse.

À Dieppe, l’union départementale CGT est déjà mobilisée
Deux cents représentants des unions locales CGT étaient réunis
 

L’union départementale de Seine-Maritime du syndicat CGT s’est réunie vendredi dans la salle Pierre-Lingois de Neuville-lès-Dieppe devant deux cents représentants des unions locales.

Pascal Morel, secrétaire départemental, a fait le point sur les prochaines actions du syndicat ouvrier qui se démarque de plus en plus des mesures du gouvernement « qui se dit de gauche. »[...]

Lu sur le blog de l'UL CGT Dieppe

 Union départementale CGT 76,

29 août 2015

L’union départementale CGT a commencé à mobiliser ses militants
Ce vendredi 28 août, l'Union départementale CGT de Seine-Maritime tenait à Neuville-lès-Dieppe son Assemblée Générale de rentrée.

Après le mot de bienvenue de M. Sébastien Jumel, maire de Dieppe, Pascal Morel, le secrétaire général de l'UD, a présenté; devant 200 militants venant de toute la Seine-Maritime, un rapport d'introduction copieux, dans lequel il a fait un tour d'horizon, tant international que national, sur l'offensive patronale contre les acquis des salariés, et, en face sur la riposte à construire.

Il a notamment dénoncé la politique que la Troïka fait subir au peuple grec, en lui déniant le droit de choisir librement son destin. En Grèce, le PIB a baissé de 25% depuis 2009, le salaire minimum est passé de 680€ à 580€, la TVA a été portée à 23%, les conditions de départ à la retraite ont été durcies, etc.. Ce n'est pas à la Grèce mais c'est aux salariés Grec que l'on fait payer la dette. Mais, plus largement, c'est un message qui est envoyé à tous les salariés européens. Ce que l'on fait aux salariés, grecs, c'est que les capitalistes veulent faire subir aux salariés de l'Europe entière, à commencer par l'Espagne, l'Italie, et la France.

De même, il a dénoncé la situation faite aux hommes, aux femmes, et aux enfants qui fuient leur pays et tentent de traverser la méditerranée, et que l'on qualifie de "migrants". L'été a été marqué par des centaines de morts. C'est une honte pour l'Europe, et pour la France. Il s'est inquiété sur le danger que cela faisait courir pour la paix en Europe.

 

L'austérité ça suffit !

La baisse du pouvoir d'achat en France conduit à la stagnation de l'économie, et à l'aggravation continue de la situation de l'emploi: faible croissance au 1e trimestre, stagnation au second. Le gouvernement gave de milliards d'euros le patronat, et celui-ci se contente de les transférer aux actionnaires; à par enrichir les plus riches, cela n'a aucun effet sur l'activité économique.

Il a critiqué l'avalanche de lois anti-sociales publiées cet été, et s'est inquiété de la multitudes de sujets parfois traités dans la même loi :

  • Loi sur le renseignement (10 juillet)
  • Loi macron (16 juillet)
  • Loi NOTRe (réforme territoriale) (17 juillet)
  • Loi de programmation militaire qui comporte des aspects inquiétants
  • Loi sur la transition énergétique (17 août)
  • Loi Rebsamen (17 août), qui réduit la représentation des salariés, et dégrade le dialogue social.
Ces lois remettent cause notre modèle social.

Pascal Morel a attiré l'attention sur les nombreux dossier chauds qui sont sur la table à la rentrée, comme la loi santé, la négociation Agirc-Arco, les annonces du sinistre Macron sur les 35 heures, etc. Il a insisté sur la nécessité d'être très vite sur le terrain, et d'expliquer aux salariés, les nouvelles menaces qui pèsent sur eux.

Urgent: Les 32 heures en 4 jours, sans perte de salaire !

Face à cela la CGT poursuite sa campagne contre le coût du capital, et son exigence d'une augmentation des salaires. La CGT réactive sa pétition nationale sur le sujet et appelle ses militants à se déployer dans les entreprises.

Le 23 septembre prochain, nous préparons une action de lutte contre la discrimination syndicale. De plus en plus de patrons menacent les salariés qui veulent se syndicaliser et pas seulement à la CGT. Or le droit d’être syndiqué dans une entreprise, c’est un droit inscrit dans la constitution. Il faut le respecter.

D'autre part la CGT lance une grande campagne pour les 32 heures en 4 jours. Il faut partager le travail sans baisser les salaires !

Toute cette actualité a donné lieu à un débat riche.

Il a fallu limiter les interventions à 4 minutes, pour que tout le monde puisse s'exprimer.

On notamment été abordés:

  • La réduction massives des dotations de l'État aux collectivités territoriales, qui font peser une grave menace sur l"emploi, tant au sein des administrations locales que dans les organismes et associations qui sont subventionnées par elles.
  • La fermeture de lits dans les hôpitaux.
  • La question des salaires et du pouvoir d'achat en baisse.
  • La nécessité de renforcer la CGT pour peser plus fortement.
  • Le mépris gouvernemental et patronal vis à vis du monde du travail, et la permanence du discours et la similitude des arguments patronaux, sur des dizaines d'années, voire des centaines d'années.
  • L'analyse des mobilisations du printemps dernier, et la necessité de se mobiliser plus, et de mettre plus de monde dans l'action.
  • La question des jeunes qui sont les plus exploités.
  • La nécessité de s'attacher à résoudre la question du "carreau cassé" dans l'entreprise, c'est à dire des premières revendications des salariés, pour donner confiance.
  • La campagne de carte pétition chez les retraités qui marche très fort, et va contribuer à la réussite du
  • La journée d'action sur les libertés, le 23 septembre.
  • La Grèce, et le mépris dont les salariés grecs sont la victime, alors qu'ils ne sont pour rien dans ce qui leur arrive.
  • Etc.
Prochains rendez-vous dans l'action
  • La rencontre avec les salariés dans chaque entreprise où la CGT est présentes pour discuter de leurs attentes, des revendications à poser, en présentant la pétition et en proposant l'adhésion à la CGT. C'est quand la CGT a été nombreuse en adhérents, que les conquêtes sociales ont été arrachées.
  • Le Meeting de rentrée le 9 septembre à Paris: l'UD organise deux transports en bus, l'un au départ de Rouen, l'autre au départ du au Havre (Nombre d eplaces limitées: pour participer, s'inscrire auprès de l'UD; particiaption aux frais demandée)
  • L'organisation de manifestations puissantes de retraités à la fin septembre, partout dans le département, pour exiger l'augmentation des pensions, et dénoncer la baisse des remboursements des médicaments, voire leur suppression pure et simple.
  • Une grande initiative pour la défense des libertés syndicales le 23 septembre.
  • La préparation de la journée d'action interprofessionnelle du 8 octobre à l'appel de la CGT, de la FSU, et de SUD !
A la CGT, le mot d'ordre est:  Tout monde sur le pont !
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 13:58

Sur Normandie actu.  Extraits

Mercredi 26 août 2015, les chiffres du chômage du mois de juillet 2015 sont tombés. La Basse-Normandie enregistre une baisse de 0,4%. La hausse se poursuit en Haute-Normandie.

Mise à jour : 26/08/2015 à 19:43 par Solène Bertrand

 
 

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La Basse-Normandie a enregistré une baisse de 0,4% de demandeurs d'emploi en catégorie A.

[...]« Depuis sa nomination en avril 2014, François Rebsamen n’a connu que deux baisses mensuelles, la dernière remontant à janvier. En 16 mois, plus de 200 000 personnes supplémentaires ont poussé la porte d’une agence pour l’emploi. En juin 2015, les listes de l’opérateur recensaient 3,55 millions de chômeurs en métropole, 3,82 millions en incluant l’outre-mer », rappelait Le Point.
[...] En France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A diminue de 0,1% par rapport à fin juin 2015 (+3,9% en un an) : 3 551 600 personnes sont inscrites en catégorie A.

[...]« La tendance est à la hausse, en revanche, si on inclut les catégories B et C », souligne Libération. Même observation en Normandie.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’établit à 69 872 en Basse-Normandie, fin juillet 2015. Ce nombre diminue de 0,4% (-276) par rapport à la fin juin 2015 (+2,1% sur un an). Fin juillet 2015, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A s’établit à 106 017 en Haute-Normandie. Ce nombre augmente de 0,2 % par rapport à la fin juin 2015 (soit + 176).

+0,2% en Haute-Normandie

S’agissant de la catégorie A, par département, le nombre de demandeurs d’emploi diminue en juillet 2015 par rapport à la fin juin 2015 de 0,4 % dans l’Eure et augmente de 0,4 % en Seine-Maritime. En Haute-Normandie, le nombre de demandeurs d’emploi de catégories B et C s’établit à 61 479 fin juillet 2015. Ce nombre augmente de 0,2 % (soit + 104) par rapport à la fin juin 2015 (+ 7,2 % sur un an). En Haute-Normandie, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en catégories A, B, C s’établit à 167 496, fin juillet 2015. Ce nombre augmente de 0,2 % (soit + 280).

-0,4% en Basse-Normandie

Par département, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A varie de -0,6% à -0,1% en juillet 2015 par rapport à fin juin 2015 [...]Ce nombre augmente de 1,0% (+437) en juillet (+12,9% sur un an). Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories A, B et C s’établit à 114 900 fin juillet 2015. Ce nombre augmente de 0,1% (+161) en juillet (+6,1% sur un an).

[...]
Solène Bertrand
journaliste à Le Havre Infos - Twitter

Commentaires d'AC : C'est le résultat d'une politique, de la politique du président socialiste et de la politique européenne.  Dans la circonscription de Guillaume Bachelay et Laurent Fabius par exemple l'emploi industriel est en berne : Petroplus, les papeteries de Chapelle Darblay et bien d'autres entreprises portuaires sont victimes des restructurations de grandes multinationales qui empochent les aides des collectivités territoriales et de l'Etat puis restructurent et vont investir ailleurs.  Après quelques promesses, quelques études consenties aux salariés le gouvernement socialiste et ses soutiens locaux s'inclinent devant la volonté des actionnaires qui crient : "Compétitivité!" et qui pensent "Dividendes !" Et Laurent Fabius et Guillaume Bachelay répètent après eux : " Compétitivité! " et ils participent à la mise en place des lois anti-sociales comme la loi Macron.  Car dans l'Union Européenne les gouvernements et les technocrates de Bruxelles ont décidé qu'on ne devait rien faire contre la "concurrence libre et non faussée" et les désastres sociaux qu'elle entraîne.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 21:56

Publié par Michel El Diablo

La POLITIQUE du GOUVERNEMENT "socialiste" : suppression de 22.000 postes en trois ans dans les hôpitaux

SANTE - La masse salariale doit être allégée de 860 millions d'euros en trois ans, d'après un document révélé par «Challenges»...

Des coupes jusque dans les emplois. Pour réaliser les 3 milliards d’euros d’économies prévues dans les dépenses hospitalières, le gouvernement prévoit de «maîtriser la masse salariale» de 860 millions d’euros en trois ans, come le prouve un document révélé vendredi par Challenges.

Ce qui représente la suppression de 22.000 postes. «Il ne s’agit pas de mettre à la porte des praticiens hospitaliers, mais plutôt de jouer sur les non-remplacements de départs à la retraite – même si les vacataires, intérimaires, courent le risque d’être mis sur la touche», précise Les Echos.

Développement de la chirurgie ambulatoire

Parmi les autres mesures, le gouvernement mise surtout sur le développement de la chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire sans nuit à l’hôpital. «Le ministère affiche un objectif ambitieux de 57% d’opérations effectuées en ambulatoire en 2017, contre 43 % aujourd’hui, et estime à 15.000 le nombre de "réhospitalisations" qui pourraient être évitées», détaille Challenges.

La mutualisation des achats des hôpitaux et les baisses de prix des médicaments et des dispositifs médicaux les plus coûteux sont également les autres leviers prévus par le gouvernement pour réduire les dépenses des hôpitaux dès cette année et jusqu’en 2017.

C.B.
 
SOURCE:

Les hôpitaux vont supprimer 22.000 postes en trois ans - 20minutes.fr

http://m.20minutes.fr/economie/1552727-hopitaux-vont-supprimer-22000-post

Et la réaction de l'UL CGT Dieppe à l'article de 20minutes.  Lire l'intégralité de l'article en cliquant sur le titre ci-dessous.

UL CGT Dieppe Jeunes, Médias, Presse CGT, Santé & action sociale 

19 août 2015

Quand le sage montre la lune, la presse fait regarder le doigt

Un proverbe dit:

Lorsque le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt.

On trouvera sur Internet plein d'explication à cette maxime, qui renvoie toujours à l'individu: "L’idiot ne comprend pas le vrai sens des choses, il n'en voit que la surface".

Mais on peut s'interroger sur le sens à donner à "l'idiot", lorsqu'on regarde les pratiques d'une certaine presse.

Prenons cet article de 20minutes, paru le 2 mars 2015, qui prétend "informer" sur le programme de suppression de 22000 emplois dans les hôpitaux. En fait,  le journaliste de ce tract (car 20minutes est un journal distribué gratuitement à des centaines de milliers d'exemplaires) conduit "l'idiot", à ne pas suivre "le sage"; car il montre les hôpitaux au lieu de montrer la ministre et le gouvernement, qui sont les vériables décideurs de ces suppressions d'emplois.

Les hôpitaux vont supprimer 22.000 postes en trois ans

SANTE - La masse salariale doit être allégée de 860 millions d'euros en trois ans, d'après un document révélé par «Challenges»...

Des coupes jusque dans les emplois. Pour réaliser les 3 milliards d’euros d’économies prévues dans les dépenses hospitalières, le gouvernement prévoit de « maîtriser la masse salariale » de 860 millions d’euros en trois ans, comme le prouve un document révélé vendredi par Challenges.

Ce qui représente la suppression de 22.000 postes. « Il ne s’agit pas de mettre à la porte des praticiens hospitaliers, mais plutôt de jouer sur les non-remplacements de départs à la retraite – même si les vacataires, intérimaires, courent le risque d’être mis sur la touche », précise Les Échos (...)

En réalité ce ne sont pas les hôpitaux qui vont supprimer 22000 emplois (même si cela recouvre une part de vérité): C'est le gouvernement !

Comme le dit l'article, cela ne va pas se traduire par des licenciements, mais par le maintien dans la précarité de 22000 jeunes supplémentaires, à qui il interdit d'entrer dans la carrière et de bénéficier d'un salaire stable.

Pourtant la position salariale des agents hospitaliers n'est pas enviable: leur salaire a été bloqué depuis 5 ans (julllet 2010), par le gouvernement Sarkozy-Fillon, et cette décision a été maintenue par les gouvernements suivants, ce qui veut dire qu'en réalité le pouvoir d'achat de ces asalariés a reculé de plus de 7% pendant la période.

[...]

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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 10:34

Publié par Jean Lévy

Echec à Hollande...Echec à Valls...Même le Conseil Constitutionnel est contraint de censurer la loi Macron !

francetvinfo.fr

 

La plus importante concerne la réforme de la justice prud'homale et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle ou sérieuse.

 

Passée sans vote grâce à l'article 49.3 à l'Assemblée, la loi Macron n'a pas été entièrement validée. Le Conseil constitutionnel a jugé l'ensemble du texte conforme à la Constitution, mercredi 5 août, mais a tout de même censuré certaines dispositions importantes.

La plus notable concerne la réforme de la justice prud'homale et le plafonnement des indemnités en cas de licenciement sans cause réelle ou sérieuse, que la loi voulait variable selon la taille de l'entreprise et l'ancienneté du salarié. S'il a validé le critère d'ancienneté, le Conseil constitutionnel a rejeté celui lié à la taille de l'entreprise, jugeant que la loi "devait retenir des critères présentant un lien avec le préjudice subi par le salarié".

18 articles jugés trop éloignés de l'objet de la loi

Surtout, le Conseil a censuré tout ou partie de 18 articles "adoptés selon une procédure contraire à la Constitution", c'est-à-dire considérés comme des"cavaliers législatifs", en d'autres termes, des dispositions n'ayant rien à voir avec l'objet du projet de loi. Retoqué donc l'article visant à assouplir la communication sur l'alcool et remettant en cause la loi Evin, selon les autorités sanitaires et plusieurs associations.

Censuré aussi le projet Cigéo d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure(Meuse) que le gouvernement souhaitait entériner, "pour clarifier la totalité des coûts" de la filière nucléaire, comme l'expliquait le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, mi-juillet, juste avant l'adoption finale du texte.

Le Conseil a également censuré les articles relatifs à la réforme des chambres de commerce et des métiers, estimant là encore qu'il s'agissait d'un "cavalier législatif".

L'ouverture des magasins le dimanche validée

Parmi ces articles contestés ne figurent pas d'importantes dispositions, comme l'ouverture des magasins 12 dimanches par an et tous les dimanches dans les nouvelles zones touristiques internationales (ZTI), ni l'ouverture à la concurrence des lignes d'autocar interurbaines.

La réforme du passage du permis de conduire, des mesures sur la vie des entreprises, ou encore la lutte contre la fraude aux travailleurs détachés n'étaient pas contestées. Elles pourront donc entrer en vigueur tel que prévues, une fois la loi promulguée et les décrets d'application pris par le gouvernement.

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 15:11

Publié par Michel El Diablo

Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !

Électricité : Un rapport accablant… qui n’empêchera pas les choix idéologiques scandaleux qu’il dénonce (par Jean-Luc Tur)

Le 5 mars 2015 une commission d’enquête a rendu son rapport1 sur « les tarifs d’électricité » à l’Assemblée Nationale qui l’a adopté.

Ce rapport est avant tout un réquisitoire sur les résultats de l’ouverture totale des marchés en 2007 et du capital d’EDF, sur l’imbroglio du libéralisme dans le domaine … et des coûts engendrés dans un océan de centaines de milliards d’€uros.

 

Il se penche aussi par anticipation, sur les lourdes conséquences des mesures à venir dans le cadre de l’approfondissement de la libéralisation du marché.

Le rapport (65 pages) est construit sur la base d’auditions d’une multitude d’acteurs du marché de l’électricité (371 pages) soit 436 pages.

Extraits :

« Cette initiative est intervenue suite aux débats nés à la fois :

de la hausse continue de la facture des usagers, de l’ordre de 30 % depuis 2007 ;

– de la bataille juridique qui se joue, désormais systématiquement, à l’occasion de la fixation, par arrêté interministériel, des tarifs réglementés de vente…

Pour les entreprises, l’énergie est un facteur de production souvent essentiel. Le cas des « électro-intensifs » est emblématique, mais le double enjeu de la sécurité d’accès à l’électricité et de la stabilité des prix est déterminant pour beaucoup d’autres activités commerciales, artisanales ou agricoles. À ce titre, la disparition, au 1er janvier 2016, des tarifs réglementés « vert » et « jaune » suscite l’inquiétude de milieux professionnels. Plus généralement, notre capacité à préserver un avantage comparatif décisif inquiète : alors que la très grande qualité du système électrique français a toujours compté parmi les moyens de lutter contre la désindustrialisation de notre territoire, il ne faudrait pas que cet atout décisif se perde….

La hausse des prix est concomitante à l’ouverture à la concurrence des marchés de l’électricité. Contrairement au « credo » européen qui affirme avec constance que la concurrence est le gage d’obtention du meilleur prix assorti du meilleur service, l’ouverture à la concurrence ne s’est pas traduite, dans les faits, par une baisse tendancielle des prix

La fixation des tarifs réglementés de vente (TRV) a été particulièrement perturbée par les conséquences de recours quasi-systématiques des fournisseurs alternatifs contre les arrêtés tarifaires, au motif que ces derniers ne leur laissaient pas d’espace économique suffisant pour survivre.

Page 18

 

Préserver le pouvoir d’achat des ménages

Historiquement, le tarif réglementé de vente est un outil de la puissance publique. Il permet de maîtriser l’évolution des prix du bien essentiel qu’est l’électricité. C’est pourtant avec le même objectif de préserver le pouvoir d’achat des ménages, que les directives Européennes de libéralisation du secteur de l’électricité ont porté des coups successifs aux         tarifs réglementés…

En tout état de cause, là où des bénéfices étaient escomptés pour le client final en termes de baisse des prix, la concurrence semble paradoxalement avoir été génératrice de coûts nouveaux…

Un « saucissonnage » du secteur de l’électricité

En imposant l’évolution de l’architecture des systèmes électriques de chaque État membre, les directives européennes donnent lieu à l’arrivée de nouveaux acteurs du secteur, ce qui complexifie sensiblement la gouvernance de ce-dernier

Le démantèlement d’EDF

Ensuite, l’ouverture à la concurrence a engendré des coûts administratifs, que ce soit pour la séparation entre les différentes entités d’EDF ou, de manière générale, pour l’adaptation des règles liées à la concurrence. Par exemple, la CRE évoque le coût de la duplication des systèmes informatiques entre EDF, ERDF et RTE, estimé à 84 millions d’euros (1).

Le bilan de l’ouverture à la concurrence est une question lancinante dans le débat. Concrètement, force est de constater que la libéralisation du marché de l’électricité en France est une source de complexité sans avoir apporté de bénéfices réels

EDF est régulièrement appelée à venir en aide d’entreprises du secteur de l’énergie, à la demande de l’État, alors même que ça n’était pas son cœur de métier…

EDF immobilise ainsi du capital supplémentaire, alors même qu’elle est confrontée à un besoin de capital important.

EDF a supporté – et continue de supporter – des charges de service public sans pour autant recevoir de compensation. L’exemple le plus marquant est bien évidemment la dette de CSPE, qui a atteint près de 4,9 milliards d’euros…

La tarification mise en place selon un logiciel libéral faisant la part belle au prix de marché ne correspond plus aux fondamentaux de la production…

En 2000, les acteurs industriels sont les meilleurs avocats de la libéralisation du secteur de l’énergie pour profiter d’un effondrement des prix de l’électricité. Quelques années plus tard, à partir de 2005, ils demandent au législateur d’intervenir pour les protéger de la hausse des prix, ce qui mène à la mise en place du TaRTAM (tarif réglementé transitoire d’ajustement du marché)…

La mécanique est devenue d’une telle complexité que plus personne ne la maîtrise »…

Bâtir une solution ambitieuse, à la hauteur des menaces pesant sur la sécurité du système électrique européen

Nous avons mis en place l’euro avant de créer les mécanismes d’harmonisation nécessaires entre les États membres interconnectés. Les conséquences furent graves lors de la crise financière.

Nous sommes en train de reproduire la même erreur dans le secteur de l’énergie

D’un côté, il n’est pas satisfaisant de constater que l’électricité, est le vecteur énergétique au contenu carbone le plus faible mais aussi le plus taxé :

les taxes représentent ainsi 34 % de la facture d’électricité

De plus, l’électricité supporte à titre principal le financement du déploiement des énergies renouvelables …

Etc.

À la lecture du rapport, on se dit qu’ils ont compris ; qu’il faut sortir de ce système qui ne fonctionne pas et revenir au service public nationalisé qui marchait plutôt bien.

Que nenni ! les mêmes parlementaires qui ont adopté ce rapport, ont voté le 22 juillet la loi de transition énergétique qui prévoit, entre autre, la privatisation par l’ouverture à la concurrence de la production hydraulique !

Un projet initié sous la droite par Jean-Louis Borloo.

Ceci avec l’absolution d’EELV 2, dont on peut comprendre, par ailleurs, la position par rapport à la place du nucléaire, des ENR, de la réduction des GES … mais de là a accepter tout et n’importe quoi !

C’est inouï ! Privatiser l’immense réserve d’eau, le grenier à eau de la France qui représente 8 milliards de m3, une gestion efficace des crues, la valorisation des voies navigables, l’optimisation des cours d’eau au service de nombreuses activités et industries.

Qu’adviendra-t-il de la stabilité du système électrique, dès lors que l’énergie hydraulique de pointe sera non plus à disposition du gestionnaire de réseau mais entre les mains d’industriels ou de traders ?

La mise en concurrence des concessions offre également la possibilité à des opérateurs privés de spéculer sur l’énergie de pointe, de dégager des marges considérables entre le prix de production et le prix de marché, cela au détriment, encore, des usagers.

Dès lors, quid de la péréquation tarifaire nationale qui permet d’avoir un même coût de KW/h sur tout le territoire ?

Sans vouloir faire de catastrophisme, la question du refroidissement des centrales nucléaires en cas de besoin est posée. Ce genre de problème s’est déjà posé depuis la privatisation de la CNR (Compagnie nationale du Rhône).

Dans quelles conditions une collectivité, un industriel… pourront-ils prétendre à réviser le cahier des charges d’une concession en cours, afin de pouvoir concrétiser un projet lié au multi-usage de l’eau, sans devoir s’acquitter d’une indemnisation exorbitante auprès du concessionnaire ?

Prenons l’exemple de l’aménagement hydraulique de la rivière d’AIN composé de 6 barrages. Ceux-ci alimentent les nappes phréatiques de la vallée et permettent l’irrigation des plaines agricoles et les pompages d’eau potable. Actuellement des conventions sont passées entre EDF et les collectivités locales, les fédérations de pêche, ou d’autres partenaires concernés. Ils étudient ensemble l’évolution de la rivière et mènent des actions en fonction des besoins.

Imaginons, que le barrage de VOUGLANS soit piloté par un groupe privé. Pouvons nous croire que celui-ci accepterait de lâcher ou de retenir l’eau du barrage pour satisfaire aux besoins amont et aval, des sociétés de pêche, des bases nautiques ou des céréaliers et industriels de la plaine de l’AIN … ? Et à quel coût ?

Au reste, ce barrage associé aux ouvrages hydroélectriques en aval permet de mettre à la disposition du réseau électrique national plus de 400 000 kW en moins de 5 minutes, soit 1,5 fois la puissance nécessaire à l’alimentation électrique domestique du département du Jura en hiver. Comment contraindre un producteur privé à turbiner en cas de demande sur le réseau national et à quel coût ?

Il s’agit d’un véritable hold-up sur un patrimoine public financé par l’impôt et les usagers de l’électricité ! Ainsi que de la remise en cause de l’indépendance énergétique du pays. Aucun autre pays en Europe ne s’est engagé dans cette absurdité. La France devient le seul pays à offrir ce joyau à la concurrence.

Nos gouvernants sont en train de tout brader aux capitalistes et aux intérêts financiers : les autoroutes, les aéroports, les lignes de chemin de fer, les réseaux de gaz et d’électricité etc.

Ils sacrifient sur l’autel du marché la première énergie renouvelable de France

Ils ont bonne mine de nous parler d’écologie !

 

Liens :

« Le barrage de Vouglans en début de chaîne est le 3ème réservoir artificiel français. Il conditionne tout le fonctionnement hydrologique de la rivière d’Ain. »

Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !
Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !
Concurrence "libre et non faussée" sur « les tarifs d’électricité » : UN RAPPORT ACCABLANT !

4 http://www.bassevalleedelain.com/gestion.php

Le SAGE (syndicat d’aménagement et de gestion de l’eau)

« Le fonctionnement écologique de la basse rivière d’Ain est étroitement dépendant du fonctionnement de la chaîne de barrages hydroélectriques (entre Vouglans et Allement) et des apports par la nappe phréatique fortement influencés par les captages agricoles. »

« Définir et mettre en oeuvre un partage de l’eau permettant le bon fonctionnement écologique de la rivière d’Ain tout en conciliant les différents usages (AEP, industrie, hydroélectricité, agriculture, loisirs) »

« La canicule et ses effets sur la rivière d’Ain » : La cellule d’alerte de la basse vallée de l’Ain est en état de vigilance accrue et demande au préfet d’autoriser des lâchers d’eau préventifs.

 

SOURCE:

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 10:33

Commentaires : Et ce ne sont pas les premiers médicamments déremboursés.  Depuis longtemps les fluidifiants sont déremboursés.  Il vaut mieux pas non plus avoir de bronchite ou de bronchite chronique.  De plus vous paierez 10% de TVA au lieu des 2,1% de TVA sur les médicamments remboursés.  Deux fois taxés donc !

UL CGT Dieppe Sécurité sociale,

03 août 2015

Déremboursements : le confort n'est pas là où l'on pense !

Déremboursements : le confort n'est pas là où l'on pense !

Il y a quelques jours, un syndiqué est débarqué en furie dans les locaux de l'Union locale, en brandissant une feuille de soins !

"C'est scandaleux » disait-il ; « Voilà qu'on considère comme des médicaments de confort — donc non remboursés —, les médicaments permettant le traitement des hémorroïdes ! J'en ai pour 28 euros de ma poche, pour 15 jours de traitement ! Et je vous assure: ce n'est pas pour du confort !"

C'est alors qu'un autre syndiqué signala:

"C'est pareil pour l'arthrose: les médicaments sont aussi déremboursés ! Vous avez pour 20€ la boite, tous les mois ! Je ne crois pas que ce soit non plus du confort !"

Depuis 2011, 80 médicaments ont ainsi été totalement déremboursés. A savoir, par ordre décroissant :
  • 18 myorelaxants,
  • 17 vasodilatateurs,
  • 8 produits contre l'ostéoporose,
  • 7 antirhumatismaux non stéroïdiens,
  • 5 anti-hémorroïdaires en crème,
  • 5 anti-arthrosiques et traitements des crampes,
  • 3 antiparkinsoniens et
  • 2 bains de bouche.

Ces déremboursements ont été décidés par le ministère de la Santé pour,  — prétendument — « freiner la hausse de la consommation médicamenteuse, après avis de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé qui évalue le "Service médical rendu" (SMR) ».

Or près de 80% de ces spécialités sont disponibles uniquement sur ordonnance.

En 2011, certaines étaient encore remboursées à 30% ou 65%, voire à 100% pour le Farlutal® (médroxyprogestérone) utilisé en cancérologie.

En fait, cela ne freine nullement la dépense de santé ! Cela transfère la dépense de santé sur le malade ! Ce n’est pas pareil !

Car tout le monde sait pourquoi les médicaments sont déremboursés. Cela n'a rien à voir avec la hausse — normale — de la consommation médicamenteuse. 

A l'origine, il y a les allègements de cotisations patronales, qui provoquent une  baisse des rentrées financières pour la Sécurité sociale. Ils sont, depuis des décennies, régulièrement décidées par le gouvernement sous prétexte de lutter contre le chômage. Et l'on voit bien que ce genre de mesures est complètement inefficace (sauf pour les profits des actionnaires) !

Ces baisses successives, encore aggravées aujourd'hui par le Pacte de Responsabilité, provoquent inexorablement un assèchement des ressources de la Sécurité sociale, qu'il faut bien compenser quelque part: les gouvernants traduisent cette baisse de recettes — décidées par eux en pure perte — par, notamment, des déremboursements de médicaments (mais aussi par la réforme hospitalière, etc.).

On le voit bien: ces exonérations de cotisations patronales sont une baisse cachée et différée du salaire, sur la partie du salaire appelée "salaire socialisé" (ou "salaire différé"). Vous savez, c'est ce que les médias appellent improprement "les charges".

Et l'on subit concrètement cette baisse de salaire à l'occasion d'une maladie; là c'est véritablement "une charge" pour le malade.

Et aujourd'hui les personnes les plus pénalisées sont évidemment les retraités, qui subissent d'un coté le blocage de leurs pensions, dans le même temps qu'ils sont, par essence et par nécessité plus que les autres générations, consommateurs de médicaments. 

Mais quel est le malade qui souffre, qui n’irait pas à la pharmacie acheter des médicaments non-remboursés, lorsque le médecin les lui a prescrits ? Le plus pauvre !

Cela se passe en France, à l’époque du 70e anniversaire de la Sécurité sociale !

Lorsqu’on fait une recherche sur Internet, on trouve ce genre de commentaire : "Il faut sensibiliser tous les acteurs de la santé pour que cette décision soit comprise et bien interprétée. La question n’est pas tant celle de la maîtrise des dépenses de santé que celle d’une meilleure qualité des soins pour tous". C’est plutôt du coté de la « qualité du porte monnaie » du patient qu’il faudrait regarder !

C’est sûr, la ministre de la Santé n'a pas d'hémorroïdes, ni d'arthrose, à moins que ses revenus et ceux de ses conseillers, ne leur permettent de dédaigner les remboursements !

Mais rassurez-vous, nous dirons-ils : "chez les grecs c’est pire" ! Ceux-ci n’ont même plus accès à un vrai service de santé, ni aux médicaments ! Sauf qu’on n’est pas en Grèce ! On est en France ! Et que lorsque "cela fait mal", cela n’est pas une invention du malade !

Morale: "En 2015, ne tombez pas malades ! Restez bien portant" !
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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 21:31
30 juillet 2015    
Par Owen Jones : Journaliste au Guardian et au New Statesman, écrivain et militant de gauche
 

Au début, seuls quelques-uns trempaient le bout de leurs pieds dans l’eau. Puis d’autres, non sans hésiter, ont suivi leur exemple, se regardant sans cesse les uns les autres pour se rassurer. Alors que la Grèce, ravagée par l’austérité, a été placée sous ce que Yanis Varoufakis appelle une « occupation postmoderne », que sa souveraineté est bafouée et qu’elle se voit contrainte de mettre en application une fournée supplémentaire des politiques qui l’ont conduite à la débâcle économique, la gauche britannique se retourne contre l’Union européenne (UE) à toute vitesse.

« Tout ce que l’UE a de bien est en recul, tout ce qu’elle a de mauvais prolifère », écrit Georges Monbiot, expliquant sa volte-face. « Toute ma vie j’ai été pro européenne » déclare Caitlin Moran [critique de télévision et chroniqueuse au Times], « mais en voyant comment l’Allemagne traite la Grèce, je trouve l’Europe de plus en plus détestable ». Pour Nick Cohen [critique de télévision et chroniqueur à The Observer et au Spectator], l’UE est décrite « à juste titre, comme une institution cruelle, fanatique et stupide ». « Comment la gauche peut-elle soutenir ce qui est en train de se passer ? » demande Suzanne Moore (journaliste, notamment au Daily Mail, au Guardian et à The Independent). « L’Union européenne. Pas en mon nom ». On voit de hauts responsables du Parti travailliste à Westminster et à Holyrood [siège du Parlement écossais] qui, à titre privé, s’orientent de plus en plus vers une position en faveur de la sortie de l’UE.

La liste se poursuit et elle s’allonge. Plus les opposants de gauche à l’UE se manifesteront, et plus la dynamique va s’accélérer et atteindre une masse critique. Ceux d’entre nous, à gauche, qui avons toujours été très critiques vis-à-vis de l’UE avons eu l’impression de vivre une croisade solitaire. Mais le soutien de la gauche à une sortie de l’UE – le « Lexit » [contraction de Left et exit] si vous préférez, – n’est pas nouveau. Cette nouvelle vague d’euroscepticisme constitue une sorte de nouveau réveil. Une grande partie de la gauche avait fait campagne contre l’adhésion, en 1973, à la Communauté économique européenne (CEE) alors que Margaret Thatcher et ses semblables faisaient campagne pour.

Des gens comme mes parents pensaient que cette adhésion menacerait la capacité des gouvernements de gauche à mettre en œuvre leurs politiques, et qu’elle interdirait par exemple des mesures de soutien à l’activité industrielle indispensables pour protéger les industries nationales. Mais, ensuite, le thatchérisme est arrivé au pouvoir et une gauche de plus en plus malmenée et démoralisée a commencé à croire que le seul espoir de pouvoir mettre en œuvre une législation progressiste passait par Bruxelles. Dans les années 1980, la détresse de la gauche eut pour pendant le triomphalisme des thuriféraires du marché qui transformèrent le Royaume-Uni bien au-delà de nombre de leurs ambitions les plus folles, mais qui commencèrent à renâcler face aux restrictions imposées à leurs rêves par le projet européen.

[...]

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 21:27

Publié par Michel El Diablo

Déclaration de la CGT

FICHE DE PAIE : simplifier n’est pas cacher
FICHE DE PAIE : simplifier n’est pas cacher

Fiche de paie : simplifier n’est pas cacher

Sur proposition du Conseil de la simplification pour les entreprises, le gouvernement a décidé la mise en place d’un groupe de travail chargé de la simplification du bulletin de paye. Le rapport qui sera remis le 27 juillet confond simplification avec enfumage !

Si la CGT n’est pas opposée à une simplification du bulletin de paye afin qu’il soit plus lisible pour le salarié, elle a toujours affirmé que la simplification devait donner du sens au bulletin de paye en mettant le salarié au centre des préoccupations du groupe de travail et en rendant plus compréhensible les fondements de notre système français de solidarité.

Ces ambitions affichées dans le préambule du rapport ont guidé notre intervention. Force est cependant de constater que les recommandations du Président du groupe, faites dans le rapport au gouvernement, ne répondent absolument pas à ces ambitions.

Le modèle de bulletin synthétique préconisé par le Président, très loin de faire l’unanimité, ne peut recevoir l’assentiment de la CGT, et ce pour plusieurs raisons :

- une très grande perte d’informations indispensables : retirer les taux et les bases de calcul, ne plus mentionner les détails relatifs aux retraites empêcheront les salariés de faire valoir leurs droits ;
- la présentation par risques et non par organismes : nier la construction de la protection sociale qui s’est structurée autour de luttes gagnantes pose un véritable problème. En cette année du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, il est dommageable de perdre ces repères et de ne pas continuer à affirmer que la Sécurité sociale est le socle de la protection sociale à laquelle tous les salariés peuvent prétendre ;
- même si, à la demande de la CGT, n’apparaîtra pas la mention « coût du travail », il y a lieu de constater que tous les allègements de cotisations sociales et fiscales ne figureront pas sur le bulletin de paye proposé (CICE par ex). La CGT rappelle que ces allégements qui ne sont plus financés par les entreprises, ne le sont pas non plus par l’Etat mais par l’ensemble de nos concitoyens, conduisant à une double peine pour les salariés !

Le bulletin de paye doit être un outil pour le salarié et non un outil de propagande patronale.

La CGT a toujours combattu le fait que la simplification du bulletin de paye puisse entraîner des modifications du Code du travail. Les salariés ne peuvent se voir imposer un modèle de bulletin de paye testé par 19 salariés, dont 9 d’une seule entreprise, sur 23 millions en France et qui d’ailleurs ne l’ont pas tous approuvé. Les exigences des salariés en matière de démocratie sociale sont bafouées.

Pour la CGT, lutter contre la complexité ne doit pas se faire au détriment de la connaissance et de la transparence. Elle sera toujours aux côtés des salariés afin que chacune, chacun puisse effectivement exercer son rôle de citoyen et conquérir une Sécurité sociale de haut niveau. Elle demande que les recommandations de ce rapport contraires à leurs intérêts ne soient pas prises en compte par le gouvernement.

La confédération CGT

Montreuil, le 27 juillet 2015

 

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 14:22

Publié par Jean Lévy

Zoe Konstantopoulou au Parlement grec le 22 juillet 2015 : "La soumission totale d’un pays démocratique à la volonté d’autres gouvernements ne constitue pas un accord"

Entre les lignes entre les mots

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Je dois bien l’admettre, cette session parlementaire aura vu se multiplier des choix personnellement et politiquement douloureux.

En ma capacité de Présidente du Parlement, j’ai écrit au Président de la République grecque, M. Prokopis Pavlopoulos et au Premier Ministre Alexis Tsipras ( voir http://cadtm.org/Lettre-de-Zoe-Konstantopoulou-Le) pour leur faire remarquer qu’il est de ma responsabilité institutionnelle de souligner que les conditions dans lesquelles cette loi est présentée (voir http://cadtm.org/Post-scriptum-Les-consequences-de) n’offre aucune garantie que la Constitution sera respectée, pas plus que le processus démocratique que doit favoriser le Parlement dans l’exercice du pouvoir législatif, pas plus qu’elle ne permet aux députés de voter en conscience. Nous nous trouvons dans une situation de chantage flagrant exercé par les gouvernements d’autres États membres de l’Union européenne sur ce gouvernement et sur les membres du parlement.

En effet comme le reconnait le Ministre de la Justice que je respecte profondément comme il le sait, à cause des exigences d’autres Etats membres, le parlement ne peut pas amender le texte de cette loi qui constitue une intervention majeure dans le fonctionnement de la justice et dans l’exercice des droits fondamentaux des citoyens, d’une manière qui nie le fonctionnement de la démocratie grecque en tant qu’Etat de droit qui doit préserver la séparation des pouvoirs selon la Constitution ainsi que le principe de jugements équitables.

Actuellement, les ministres sont obligés de présenter des mesures législatives qu’ils désapprouvent (et la déclaration du Ministre de la Justice est révélatrice à cet égard), des mesures auxquelles ils sont en fait directement opposés, et les députés sont obligés de les voter alors qu’ils y sont également opposés, comme l’exprime clairement chacune des prises de position des députés appartenant aux deux familles politiques de la majorité.

Tout ceci se passe sous la menace d’une faillite désordonnée et révèle qu’en fait ces mesures qui sont une exigence préalable de gouvernements étrangers, constituent une tentative de mener à terme la dissolution de notre système, car elles prévoient une intervention majeure dans le troisième pouvoir indépendant, à savoir la justice. Ces mesures veulent miner la fonction judiciaire et supprimer desgaranties fondamentales à un procès équitable et les droits fondamentaux des citoyens.

Je considère qu’il est de mon devoir institutionnel de réagir en tant que Présidente du Parlement et de demander à mes homologues de tous les parlements des Etats membres de l’Union européenne, ainsi que je l’ai déjà fait dans le passé et comme je l’ai fait dans ma lettre au Président du Parlement européen (voir http://cadtm.org/Courrier-de-Zoe-Konstantopoulou), et d’appeler à s’opposer à pareille dissolution.

De même dans ma lettre au Président et au Premier Ministre, qui sera reprise dans le compte-rendu, je leur demande d’informer leurs homologues des conditions de chantage dans lesquelles nous sommes amenés à voter.

Monsieur le Ministre, je m’adresse à vous en me référant aux fonctions que j’occupais lors de la législature précédente : le groupe parlementaire de SYRIZA et le Premier Ministre actuel, alors chef de l’opposition, m’avaient placée à la tête du groupe parlementaire pour la transparence, la justice et les droits humains. Précédemment, à ce titre, je vous ai félicité pour les projets de lois que vous avez présentés, et particulièrement pour votre projet de loi sur le système pénitentiaire. Aujourd’hui, en cette capacité, je vous dis qu’il est évident que personne dans le groupe parlementaire de SYRIZA ne peut soutenir les clauses de cette loi puisque pendant la législature précédente, le groupe parlementaire de SYRIZA s’est expressément et farouchement opposé à ces mêmes mesures, qui là, non sans ironie, nous sont présentées sous une forme quasi identique au projet de votre prédécesseur M. Athanassiou, et sont imposées avec une urgence proprement choquante par les créanciers afin de se débarrasser définitivement de la démocratie.

En effet, exactement comme ils ont essayé de transformer le NON du peuple grec en un OUI tant dans le communiqué du sommet de la zone euro que la loi présentée ici à nouveau en urgence le mercredi 15, ils essaient ici de transformer en OUI, 93,12% de NON lors du référendum organisé auprès des avocats en décembre 20141.

Ces démarches qui nient les résultats de deux référendums montrent clairement que pour les créanciers tout processus démocratique est vain, que la démocratie directe par laquelle se sont exprimés les citoyens ou les avocats n’a aucune pertinence. C’est là un message empoisonné pour les sociétés européennes, c’est un message dont la gauche et SYRIZA doivent empêcher la propagation.

Il est clair que l’objectif visé est l’anéantissement du gouvernement et du groupe parlementaire qui le soutient, par le chantage. Il est clair que ce qui est mis en cause est la démocratie dans notre pays. Ce qui nous est demandé, ce qui m’est demandé par les créanciers, c’est en fait de leur remettre un sceau qui dirait « Parlement grec » pour valider leurs diktats.

Il n’est pas acceptable qu’aujourd’hui, après la lutte acharnée menée en novembre 2012 par SYRIZA et la commission pour la transparence, la justice et les droits humains contre les 800 pages de manipulation antidémocratique que constituaient ces mesures, le gouvernement soit obligé par le chantage de présenter deux articles comprenant 977 pages, le premier contenant 1008 articles du Code de Procédure civile et l’autre 130 articles transposant une directive européenne, dont beaucoup couvrent deux à trois pages ; le résultat recherché est l’humiliation. Le gouvernement de gauche ne peut pas être obligé de présenter ces mesures urgentes, dans des délais intenables, alors qu’il les a dénoncées par le passé.

M. le Ministre, je sais qu’en m’adressant à vous, je frappe à une porte ouverte puisque vous avez combattu ces mesures, vous avez analysé les raisons qui font que ce code devait être retiré en 2014, et l’a d’ailleurs été, ce qui était une grande victoire non seulement pour les avocats qui s’étaient battus pour défendre les citoyens mais aussi pour les mouvements citoyens, pour toutes ces associations qui s’étaient mobilisées, et enfin pour le principal parti d’opposition de l’époque et pour l’opposition dans son ensemble.

C’est cette victoire qu’ils veulent transformer en défaite pour envoyer le message que nous devons légiférer sous l’égide de la peur. M. Juncker a dit sans vergogne : l’accord a été obtenu par la peur. Est-il possible que ceci soit jamais accepté et toléré dans une Union européenne qui reprend dans ses principes fondateurs la protection des droits des citoyens et de la démocratie ?

M. le Ministre, le NON des avocats en décembre 2014 voulait et veut toujours dire NON à des évictions en référé, NON à des mises en vente forcées, NON à des procès bidons sur papier qui court-circuitent les procédures d’audience, NON à la détérioration de la justice, qui est un pilier de la démocratie, il veut dire NON à la destruction des droits constitutionnels des citoyens.

Quand à l’été 2014, M. Hardouvelis a repris à son compte l’obligation imposée par la Troïka de compenser toute conséquence de décision judiciaire qui irait à l’encontre des clauses des protocoles d’accord, l’opposition d’alors, la commission pour la transparence, la justice et les droits et le département de la justice de SYRIZA ont été les premiers à proclamer que c’était intolérable, qu’une telle ingérence dans le fonctionnement judiciaire était inacceptable, et pourtant, c’est ce même projet qui nous est imposé sous le chantage. Il serait donc bon que les collègues et camarades, que je respecte sans exception, n’oublient pas leurs convictions et n’aillent pas parler d’accord. La coercition n’est pas un accord. Le chantage n’est pas un accord. La soumission totale d’un pays démocratique à la volonté d’autres gouvernements et d’autres pays n’est pas un accord.

Et nous ne devons pas oublier nos convictions parce qu’alors nous pourrions aussi bien tout oublier et en venir à parler de ces textes comme s’ils étaient à nous. Ils ne sont pas à nous, le contenu de cette loi, ce n’est pas le souhait et la volonté du gouvernement. C’est aussi manifeste, M. le Ministre, dans le fait que vous ayez créé une commission spéciale pour étudier un nouveau code de Procédure Civile.

Et ce n’est pas non plus le souhait des députés qui vont voter pour et font partie de groupes parlementaires qui soutiennent le gouvernement. Ils ne souhaitent pas appliquer ces mesures inhumaines, qui laissent les citoyens (surtout les emprunteurs) sans aucune défense face aux banques.

M. le Ministre, vous le savez, vous, mais peut-être les citoyens ne le savent-ils pas aussi bien, qu’à la tête de la commission qui a rédigé ce code se trouvait M. Chamilothoris, qui était responsable de l’odieuse loi 4055 sous le mémorandum de 2012, une loi qui a été dénoncée non seulement par des associations mais aussi par les avocats et des représentants de l’appareil judiciaire et que SYRIZA s’est engagé à faire abroger, vous le savez aussi que des membres de cette commission étaient des conseillers de banques privées. Il ne doit donc faire aucun doute que l’objectif est à nouveau de dépouiller les citoyens au profit des banques, de servir les banquiers au détriment des citoyens (voir http://cadtm.org/Post-scriptum-Les-consequences-de).

Nous ne devons pas permettre que cet objectif soit atteint, un objectif que vise précisément l’adoption aujourd’hui de ce Code de Procédure Civile et je voudrais ici vous demander à vous et à mes collègues avocats de vous exprimer franchement ; voter une loi n’est pas à prendre à la légère, ce n’est pas juste pour un temps, et ça n’a rien d’une plaisanterie. Il va s’agir d’un cadre législatif qui stipule que l’Etat grec cède le pas aux banques et passe après elles en cas de liquidation. Il va s’agir d’un cadre législatif qui stipule que les travailleurs cèdent le pas aux banques et passent après elles en cas de liquidation. Il ne suffit pas de dire que ce que nous votons maintenant nous ne l’appliquerons pas. Ils nous diront « Vous l’avez voté » et quelle que soit la position que nous occupons, nous savons que ce n’est que pour un temps.

Il s’agit d’une loi applicable à partir du 1er janvier 2016. Cela montre bien qu’il n’y a pas urgence et que nous pouvons prendre le temps de débats dans des conditions normales mais soulève également de grandes inquiétudes quant aux aspirations et aux capacités de nuire de ceux qui cherchent à renverser ce gouvernement et à humilier les forces politiques qui le soutiennent, dont l’objectif immédiat est de les discréditer aux yeux des citoyens.

Collègues, en tant que députée de SYRIZA je ne pourrai jamais voter cette loi ; en tant que responsable de la commission pour le contrôle du travail parlementaire sur des questions de justice, transparence et droits humains du groupe parlementaire de SYRIZA, un poste où pendant trois ans j’ai combattu les attaques des Protocoles d’accord contre la justice et les droits humains mais aussi l’orgie de corruption et d’intérêts privés inscrite dans les Protocoles, je ne pourrai jamais voter cette loi ; en tant qu’avocate, je ne pourrai jamais voter cette loi, et en tant que Présidente du parlement, je ne pourrai jamais rendre légales des procédures qui font du Parlement un élément décoratif, qui nient son rôle de garantie du citoyen, qui circonviennent la conscience de parlementaires et finalement se débarrassent de la démocratie. Je vous remercie pour votre attention.

Zoe Konstantopoulou

Traduit par le CADTM

http://cadtm.org/Discours-de-Zoe-Konstantopoulou-au

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