"La santé publique est en effet comme la résultante de toutes nos circonstances de vie: accès au travail, à un logement salubre, sécurité de l'environnement, vie sociale, solidité économique ... "
Recul de l'espérance de vie : aucunement une responsabilité personnelle
Sur BFMTV on privilégie l'approche responsabilité des patients qui est l'angle de vue de l'OMS. Obésité, consommation de tabac et d'alcool seraient en cause. Certainement.
Mais on oublie de croiser les informations et d'aller plus loin chercher les raisons de ce recul.
Le stress permanent des salariés, des chômeurs, de leurs familles ne peut pas être superbement ignoré quand on traite de ces questions. Les lieux de travail éloignés du domicile, la raréfaction des structures médicales adaptées et de proximité, le déremboursement des médicaments et le renoncement à se soigner provoquent tout autant le recul de l'espérance de vie. Ajoutons à cela les conditions de travail elles-mêmes, toujours ignorées sur ce sujet. Le travail de nuit, les horaires décalées, l'exposition aux substances nocives, la manutention de charges lourdes font diminuer considérablement l'espérance de vie des salariés concernés. Ainsi à 35 ans aujourd'hui , un ouvrier vivra 6 ans de moins qu'un cadre.
Destruction du système de santé publique en France
On fait état dans une étude récente d'une plus forte espérance de vie en Ile de France malgré la pollution et le stress. Une première remarque : l'Ile de France est variée. L'espérance de vie diminue de 3 ans d'Ouest en Est et le risque de mourir en une année donnée à âge égal augmente de 82% entre Port-Royal et le Blanc-Mesnil, d'un bout à l'autre du RER B, en 15 minutes de trajet. Une deuxième remarque : la moyenne des salaires est plus élevée en Ile de France que dans toutes les autres régions françaises mais les inégalités de revenus y sont aussi les plus fortes. Une troisième remarque : on trouve en Ile de France ( surtout à Paris) une grande concentration d'hôpitaux et de structures de santé.
Et les projets de réforme du système de santé en France ( en application des "directives" européennes) risquent de fortement aggravé la situation.
Niveau de vie, niveau d'étude, structures de santé locales : conditions de l'allongement de l'espérance de vie
Une étude faite en Norvège souligne la disparité de l'espérance de vie entre les régions. Elle met en évidence que le niveau de vie, le niveau d'étude et les structures de santé mises en place localement expliquent ces différences.
Nous sommes donc loin de la seule explication "alcool, tabac, obésité" ...
Et si l'espérance de vie recule, va-t-on revenir à la retraite à 60 ans? D'autant que l'espérance de vie en bonne santé a, quant à elle, sérieusement reculé.
Ci-dessous une série d'articles sur cette question.
- lundi 14 sep. 2015
- Par Snøbal Extraits
Des rapports récents pointent du doigt les communes où la prise en charge médicale est insuffisante : l'espérance de vie moyenne connaît selon les endroits de Norvège jusqu'à 13 ans d'écart. En Norvège, une "kommune" est à peu près l'équivalent d'une "communauté de communes" en France.
Les hommes, ils peuvent espérer vivre jusqu'à presque 82 ans à Granvin (Hordaland), mais seulement jusqu'à 68,7 ans à Hasvik (Finnmark). Les femmes de Midsund (Møre og Romsdal) vivent en moyenne un peu plus de 81 ans, mais celles de Bygland (Aust-Agder) dix ans de moins. D'après Heine Strand, chercheur à l'Institut de Santé publique (Folkehelseinstitutt), l'espérance de vie est un bon critère pour comparer la situation des communes en matière de santé:
[...]
D'après Susanne Hagen, qui a soutenu une thèse de doctorat sur le sujet à la faculté de Buskerud et Vestfold, "La santé publique est en effet comme la résultante de toutes nos circonstances de vie: accès au travail, à un logement salubre, sécurité de l'environnement, vie sociale, solidité économique, etc., explique-t-elle. Tous les acteurs de ces divers secteurs doivent avoir à l'esprit les conséquences sur la santé publique lorsqu'ils prennent des initiatives".