Note de la rédaction : Nous reprenons un article du blog de Roger Colombier. Au risque de décevoir l'auteur de ces lignes (avec lequel nous partageons nombre d'analyses), nous regrettons de rappeler que la CGT a une position très proche de celle du nouveau secrétaire de la CES quand elle déclare dans sa feuille de route à l'occasion du Congrès de la CES :
« La tentation est parfois grande que de se dire: si on ne peut pas peser sur l’échelon européen, concentrons-nous sur l’espace national et si l’on ne peut pas non plus à ce niveau, concentrons-nous sur l’entreprise, l’établissement, le service. Ce repli sur soi, là où l’on travaille et milite serait salutaire si nous n’en restions pas là. »
Qualifier de repli sur soi les luttes au niveau national ... c'est tout un programme. C'est toute une orientation. Et c'est celle de la CGT, aujourd'hui. Ce n'était pas celle de la CGT de l'époque du traité de RomeYG.
Publié par Le Mantois et Partout ailleurs
Le congrès de la Confédération européenne des syndicats avait débuté par les interventions progressistes (je rigole bien sûr) de Jean-Claude Juncker et de François Hollande, l'un président de la Commission européenne et l'autre représentant les 28 chefs d'état et de gouvernement, tous deux membre de l'exécutif dirigeant le capitalisme en Europe. C'était donc bonjour à l'Europe sociale! Le dernier jour du congrès, les 507 délégués, dont les 8 de la CGT, ont élu leur secrétaire général: l'italien Lucas Visentini.
L'Humanité de ce vendredi sous-titre sa photo ainsi: "il veut mettre la question des revenus au centre du débat". Est-ce à dire que, jusqu'alors, le pouvoir d'achat des travailleurs ne fut pas la tasse de thé de la CES? Il est vrai que, pour avoir participé à nombre de manifs à Bruxelles, si la CGT fut en nombre, les syndicats européens réformistes, dont la CFDT gauloise, ne brillèrent pas par leur représentation.
Toujours sur la lutte des classes et le réformisme s'y opposant, le portait de Lucas Visentini dressé par l'Humanité: il est issu de l'UIL, l'Union italienne des travailleurs, issue de la CGIL -Confédération générale italienne des travailleurs- en 1950, lors de la guerre froide. C'est un peu court.
En 1947, en France, pour torpiller la CGT, FO est créée, financée par les USA et soutenue activement par les socialistes français. A cette époque, les ministres communistes sont chassés du gouvernement, car ils soutiennent grèves et manifestations impulsées par la CGT. En Italie, même scénario: exclusion des ministres communistes sous la pression des USA et du Vatican. Côté syndical, scission de la CGIL et création de l'UIL grâce aux USA, au pape, aux socialos et démocrates chrétiens italiens.
L'UIL est donc tout sauf une référence pour la lutte des classes.
Surtout, si je lis les propos du camarade Visentini nouveau patron de la CES, dans le journal de Pierre Laurent: "Alors que l'Europe influence très fortement le quotidien des travailleurs, ces derniers misent exclusivement sur les organisations nationales pour régler leurs problèmes. il nous faut dépasser ce paradoxe".
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