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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 05:33

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

Ce jour-là, une manifestation pacifiste pour la Paix en Algérie se déroule dans les rues de Paris. 9 travailleurs, tous syndiqués à la CGT dont 8 communistes, sont assassinés par les brigades spéciales de police, sur ordre du préfet Maurice Papon. Ce collaborateur notoire durant l'occupation nazie avait été gardé en place par les gouvernements successifs complices avec les forces de l'argent. Le général de Gaulle, président de la République, l'avait même décoré Commandeur de la Légion d'honneur en 1961.

En ce 8 février 1962, de Gaulle gouverne la France depuis le 1er juin 1958.

« TOUS EN MASSE, ce soir à 18 h 30, place de la Bastille », dit un tract unitaire:

Les assassins de l'OAS ont redoublé d'activité. Plusieurs fois dans la journée de mercredi, l'OAS a attenté à la vie de personnalités politiques, syndicales, universitaires, de la presse et des lettres. Des blessés sont à déplorer ; l'écrivain Pozner est dans un état grave. Une fillette de 4 ans est très grièvement atteinte. Il faut en finir avec ces agissements des tueurs Fascistes. Il faut imposer leur mise hors d'état de nuire. Les complicités et l'impunité dont ils bénéficient de la part du pouvoir, malgré les discours et déclarations officielles, encouragent les actes criminels de l'OAS.

Une fois de plus, la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action. Les organisations soussignées appellent les travailleurs et tous les antifascistes de la région parisienne à proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d'imposer la paix en Algérie. »

Le texte est signé de la CGT, CFTC, UNEF, SGEN, FEN et SNI. PCF, PSU et Mouvement de la paix sont aussi associés à l'appel.

 

Note de ma pomme: La SFIO, les socialistes de cette époque, ne participe pas, ni de près ni de loin aux actions pour la Paix en Algérie. Lorsque la SFIO gouverne la France de 1956 à 1958, la Guerre d'Algérie bat son plein. François Mitterrand devient ministre de l'Intérieur, puis ministre de la Justice. Il se déclare solidaire avec l'envoi du contigent d'appelés en Algérie, le 23 mai 1956. De plus, il n'hésite pas, pendant cette guerre, de donner un avis défavorable au recours en grâce des condamnés à mort dont les dossiers lui furent soumis. 45  combattants pour une Algérie indépendante furent guillotinés, dont aucun n'était un poseur de bombe. Mais c'était guillotiner pour l'exemple.

 

Pour en revenir au 8 février 1962, parmi ceux qui essaient de se réfugier dans la bouche du métro Charonne, 8 trouvent la mort, ainsi qu'une neuvième à l'hôpital des suites de ses blessures.

  • Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur
  • Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire
  • Daniel Féry, 16 ans, apprenti
  • Anne-Claude Godeau, 24 ans, employée PTT
  • Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier
  • Suzanne Martorell, 36 ans, employée à l'Humanité
  • Hippolyte Pina, 58 ans, maçon
  • Raymond Wintgens, 44 ans, typographe
  • Maurice Pochard (décédé à l'hôpital), 48 ans

Des centaines de blessés sont également relevés.

POUR NE PAS OUBLIER, un hommage est prévu lundi 8 février 2016, à partir de 11h 30, au métro Charonne à Paris.

8 février 1962, métro Charonne à Paris: une volonté de tuer pour l'exemple
8 février 1962, métro Charonne à Paris: une volonté de tuer pour l'exemple
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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 10:24
Lu sur Investig'action le 2 février 2016.  Lire l'intégralité en cliquant sur le titre ci-dessus.

Le 15 septembre 1981, Raul Castro Ruz, alors ministre des Forces Armées Révolutionnaires et deuxième personnage politique de Cuba, rencontra à Moscou le plus haut dirigeant soviétique, Léonid Brejnev. Lors de cette réunion, le général Castro apprit que son pays pourrait se retrouver seul face à une agression de l’administration Reagan. Cette affaire fut probablement l’un des secrets les mieux gardés de l’Histoire de la Révolution cubaine.



Raul Castro ne le révéla que le 23 octobre 1993 lors d’une entrevue accordée au journaliste mexicain Mario Vazquez Raña. Le général Castro expliqua aussi comment cela les a conduit à développer la doctrine militaire de défense stratégique : « La Guerre de Tout le Peuple« .

« Au début des années quatre-vingt, j’ai visité l’URSS et j’ai eu une entrevue officielle avec le Président du Soviet Suprême et Secrétaire Général du PCUS, à laquelle participèrent le Ministre de la Défense et le Secrétaire du Comité Central pour les Relations Extérieures. Je vins seul, à leur demande. Le traducteur était soviétique.

Devant l’agressivité de l’administration Reagan envers Cuba dès son installation au gouvernement, l’objectif de notre visite à Moscou était d’exposer notre opinion à la direction soviétique, à propos de l’urgence de développer des actions politiques et diplomatiques extraordinaires dans le dessein de freiner les intentions yankees ravivées et visant à porter un coup militaire à Cuba.

Nous avons suggéré que cela pourrait consister en un avertissement officiel soviétique aux États-Unis, comme quoi une « agression contre Cuba ne serait pas tolérée par l’URSS », et exigeant de Washington la stricte application de l’engagement de ne pas attaquer Cuba, adopté lors de la Crise d’Octobre 1962. (…)

Écoute bien, Mario, la réponse du plus grand dirigeant soviétique fut catégorique : « En cas d’agression nord-américaine contre Cuba, nous ne pourrons pas combattre à Cuba – a-t-il textuellement affirmé – parce-que vous êtes à 11 000 kilomètres de nous. Et il ajouta : Nous irions là-bas pour qu’ils nous cassent la figure ?

La partie soviétique nous a fait savoir qu’elle n’était pas en état de donner aux États-Unis un quelconque avertissement relatif à Cuba, ni même de rappeler à Washington l’engagement de Kennedy d’octobre 1962, continuellement remis en question par chaque administration yankee (…)

Lire la suite sur Investig'action

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 23:17

Les guillotinés de Mitterrand

de : arnold
vendredi 8 janvier 2016 - 15h33 

 

François Malye (avec Philippe Houdart) Publié le 31/08/2001 à 17:40 - Modifié le 31/08/2001 à 17:40 | Le Point

« Avis défavorable au recours » ou encore « Recours à rejeter » : ces deux formules tracées à l’encre bleue ont la préférence de François Mitterrand quand, garde des Sceaux, il décide de donner un avis défavorable au recours en grâce des condamnés à mort du FLN dont les dossiers lui sont soumis. René Coty, président de la République - et décideur ultime -, préfère barrer d’un long trait noir la première page du formulaire administratif et indiquer sur l’autre, d’une écriture ronde d’enfant, qu’il laissera « la justice suivre son cours ». Des expressions qui reviennent tout au long des dossiers de condamnés à mort exécutés durant la guerre d’Algérie que Le Point, au bout de quatre mois d’enquête, a pu consulter.

Pour y avoir accès, il aura fallu obtenir deux dérogations auprès de la direction des Archives de France. La première a permis de consulter le « Registre des grâces », dans lequel sont couchés, à partir de 1950, les noms de l’ensemble des condamnés à mort. La deuxième a ensuite donné accès à 141 dossiers de condamnés exécutés : les 45 premiers de la guerre d’Algérie - période durant laquelle François Mitterrand administrait la justice - et 96 autres, principalement à d’autres époques de ce conflit, mais aussi quelques droits communs, qui perdirent la tête en métropole ou aux confins de l’empire durant les mêmes années. Le but ? Comparer l’ensemble de ces documents et déterminer exactement quel fut le rôle de François Mitterrand, ministre de la Justice, celui qui, vingt-cinq ans plus tard, allait obtenir l’abolition de la peine de mort.

Mais le plus surprenant, c’est surtout la minceur de ces dossiers liés à la guerre d’Algérie : lorsqu’on les voit pour la première fois, entassés sur la longue table de bois clair du service des archives de la chancellerie, on constate rapidement qu’il faut empiler au moins une vingtaine d’exécutions capitales en Algérie pour obtenir un dossier aussi épais que celui d’un obscur droit commun de métropole. Quelques feuillets, deux ou trois bristols griffonnés de mains illustres ont donc suffi à mener, le plus souvent au terme d’une parodie de justice, 222 hommes à la mort en cinq ans. Ce chiffre - également inédit - est considérable. Il représente le quart de l’épuration officielle de la Seconde Guerre mondiale, et donne à lui seul la mesure du mensonge qui a entouré cette période.

[...] Lire la suite de l'article sur Bellaciao

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 22:16

La résistance communiste allemande sur le blog de Danielle Bleitrach

12 Dec

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La Résistance communiste

Dès le début des années 30, les communistes se mobilisèrent contre le NSDAP et tentèrent de convaincre les militants nazis de rejoindre le parti communiste. Mais face à la montée du nazisme, ils durent changer de tactique, et organisèrent de grandes manifestations de protestation, qui donnèrent souvent lieu à des affrontements entre les deux camps. L’union des partis de travailleurs était problématique, car même si la base du parti communiste allemand (KPD) et du parti social-démocrate (SPD) avait la volonté de former un front uni contre le nazisme, cette union ne put voir le jour, car les dirigeants communistes traitaient les sociaux-démocrates de « sociaux-fascistes », et les sociaux-démocrates refusaient de se plier aux directives idéologiques de Moscou. Le 30 janvier 1933, le jour de l’arrivée au pouvoir de Hitler, les communistes lancèrent un appel à la grève générale et à des manifestations de masse, qui fut suivi partout en Allemagne. Les nazis réagirent en procédant à des arrestations, des perquisitions et des rafles.

Face aux mesures répressives prises par le gouvernement nazi contre les communistes, ceux-ci durent se résoudre à continuer le combat dans la clandestinité. Des réseaux clandestins se mirent en place, mais la plupart furent démantelés très rapidement par la Gestapo, qui disposait d’un très grand nombre d’informateurs. Dès février 1933, l’incendie du Reichstag fut pris comme prétexte par les nazis pour interdire le parti communiste et procéder à l’arrestation des cadres du parti ; plus de la moitié des dirigeants du parti furent arrêtés ou assassinés par la Gestapo. A la suite de l’arrestation de Ernst Thälmann, chef du parti communiste allemand, au début du mois de mars 1933, Moscou donna l’ordre aux cadres du parti de s’exiler, afin de former une direction du parti à l’étranger, qui avait pour mission d’apporter son soutien à la base du parti restée en Allemagne. Walter Ulbricht, chef provisoire du KPD et futur dirigeant de la RDA, s’exila en 1933 en Tchécoslovaquie pour y fonder une antenne du parti, et rejoignit en 1936 Wilhelm Pieck, lui aussi futur dirigeant de la RDA, à Paris, où avait été créée une autre antenne du KPD. En 1939, ils trouvèrent refuge en URSS, où ils restèrent jusqu’à la fin de la guerre. 

En Allemagne, les membres du parti tentèrent de déjouer la surveillance de la Gestapo pour former des réseaux illégaux. Mais la police disposait de fichiers du parti communiste, qu’elle avait réquisitionnés lors de rafles, et les résistants furent arrêtés par milliers et envoyés dans les premiers camps de concentration, que les prisonniers politiques communistes et sociaux-démocrates furent obligés de construire.
La presse illégale fut la première activité des résistants communistes, qui diffusèrent clandestinement des tracts et des publications visant à convaincre la population allemande de se soulever contre Hitler et de renverser le régime nazi. D’autre part, un réseau de messagers fut mis en place ; ceux-ci avaient pour mission de faire passer des informations sur le Reich à l’étranger, aux directions exilées du parti, et de transmettre en Allemagne les nouvelles de l’étranger, afin de contrer la propagande hitlérienne.
Les syndicats communistes essayaient de leur côté de mobiliser clandestinement les travailleurs au sein des entreprises contre le gouvernement nazi. Mais leur tâche était ardue, car certains membres du parti s’étaient résignés à la victoire nazie, d’autres s’étaient engagés dans le NSDAP, et les persécutions dont étaient victimes les communistes en décourageaient plus d’un à continuer le combat. De plus, l’implantation des syndicats communistes était très faible dans les entreprises avant l’arrivée au pouvoir de Hitler, car la majorité des membres du parti étaient alors au chômage, et les activistes ne purent former de véritable contrepoids au nazisme dans les entreprises allemandes.

En 1935, le Komintern et le bureau politique du KPD décidèrent de changer leur tactique contre le national-socialisme, et de tenter de s’unir aux sociaux-démocrates afin de former un front uni contre le nazisme. D’autre part, la structure hiérarchique habituelle du parti, facile à démanteler par la Gestapo, qui avait pu ainsi procéder à des arrestations par milliers, fut abandonnée ; les résistants s’organisèrent en petites cellules, dirigées par des instructeurs qui avaient été formés à cette tâche, et qui fonctionnaient dans la clandestinité au sein des entreprises et à la place des anciennes antennes locales du parti. Ces cellules recevaient leurs directives des centrales du KPD coordonnées par le comité central de Moscou et exilées à Amsterdam, Strasbourg, Luxembourg, Copenhague, Prague, Paris et Stockholm, qui envoyaient clandestinement des messagers en Allemagne. Ceux-ci traversaient la frontière tchécoslovaque grâce à un réseau de passeurs ; cette organisation imprimait également des tracts, qui étaient ainsi acheminés dans le Reich, et aidait des réfugiés à fuir l’Allemagne. Le même type de réseau existait aux frontières belge et néerlandaise, mais la Gestapo parvint à démanteler ces organisations en 1935-36, grâce à l’infiltration d’espions. 

En 1936, lors des Jeux Olympiques de Berlin, qui furent pour les nazis un événement majeur de propagande, les communistes organisèrent une grève dans une usine de Berlin, ce qui contredisait la propagande hitlérienne, selon laquelle toute l’Allemagne soutenait les nazis. La Gestapo fit en sorte que les journalistes étrangers ne soient pas au courant de cette grève, et plaça à la suite de cet incident des espions nazis dans toutes les usines, de façon à ce que de tels mouvements de contestation ne puissent plus se reproduire.

Pendant la guerre, la plupart des pays voisins étant occupés par les troupes allemandes, il devint de plus en plus difficile de maintenir un contact entre les directions exilées du parti et la base restée en Allemagne ; les cellules de résistants communistes furent de plus en plus isolées et ne parvenaient que rarement à recevoir les directives du parti. Les résistants communistes qui travaillaient aux chemins de fer ou dans les compagnies de transport fluvial ou maritime purent toutefois continuer à transmettre des messages. De plus, les communistes disposaient d’un service secret qui collectait des informations et les envoyait par radio aux centrales de renseignements de Paris et Bruxelles, qui avaient des agences dans tous les pays européens. 

Le pacte de non-agression de l’URSS conclu par Hitler et Staline le 23 août 1939 choqua et désorienta les résistants qui luttaient depuis six ans dans la clandestinité ; une direction du parti indépendante de Moscou fut créée en Allemagne en réaction à ce pacte, et son comité central envoya des messagers dans les différentes cellules locales pour donner l’ordre de poursuivre le combat contre le nazisme. Après l’attaque nazie de l’URSS, la section communiste allemande renoua avec Moscou. Mais la volonté de ces résistants communistes de provoquer un soulèvement de la population allemande contre la guerre et le gouvernement nazi n’avait aucune chance de réussir, étant donné qu’une grande partie des Allemands soutenait Hitler, qui remportait une victoire après l’autre. La cote de popularité du dictateur était telle pendant les premières années de la guerre, qu’une révolution était irréalisable. Willi Gall, qui avait commencé à organiser la résistance intérieure, fut arrêté en 1940 ; son successeur, Wilhelm Knöchel, coordonna les activités des différentes cellules à partir d’Amsterdam, puis s’installa à Berlin en 1941 ; il fut arrêté en janvier 1943 et donna sous la torture des informations aux nazis, ce qui mit en danger toute la résistance communiste et fragilisa ses activités.

A la fin de la guerre, alors que les troupes soviétiques s’approchaient de plus en plus de l’Allemagne, des agents communistes furent parachutés dans le pays pour organiser la résistance communiste. Et lorsque la zone d’occupation soviétique donna naissance à la RDA, de nombreux communistes qui s’étaient exilés à Moscou, dont Walter Ulbricht et Wilhelm Pieck, en devinrent les dirigeants.

 

Principaux groupes de résistance communistes :

L’Aide Rouge (« Die Rote Hilfe »)
Ce groupe, fondé à Paris par le résistant communiste Wilhelm Beuttel, soutenait des personnes persécutées par le régime national-socialiste. Wilhelm Beuttel, qui était retourné en 1942 en Allemagne, travailla dans le groupe de résistance de Wilhelm Knöchel. Il fut arrêté par la Gestapo en 1943 et exécuté en 1944.

Le groupe de Wilhelm Knöchel dans la Ruhr
Wilhelm Knöchel, qui dirigeait depuis 1935 le comité exilé du KPD à Amsterdam, rentra en 1941 en Allemagne pour réorganiser la résistance communiste dans la Ruhr. Son organisation diffusa clandestinement une publication antinazie, Le Combattant de la Paix (« Der Friedenskämpfer »), qui informait les Allemands des crimes commis par les nazis et de la situation internationale, et les incitait à se soulever contre Hitler, afin de renverser eux-mêmes la dictature nazie. Wilhelm Knöchel fut arrêté par la Gestapo en 1943 et fut exécuté en 1944, et son organisation fut démantelée. Une cinquantaine de résistants qui travaillaient dans ce groupe furent également arrêtés, torturés et assassinés.

Le groupe de Josef (Beppo) Römer
Josef Römer publia à la fin des années 20 un journal communiste, Élan nouveau (« Aufbruch ») ; il fut arrêté en mars 1933 et passa six ans en camp de concentration. Après sa libération, il tenta d’organiser un attentat contre Hitler et prit contact avec le cercle de résistance de Adam von Trott zu Solz et celui de Robert Uhrig. En 1940, il créa un groupe de résistance qui diffusait un journal clandestin, Service de renseignements (« Informationsdienst »). Il fut arrêté en 1942 et exécuté en 1944.

 

Le groupe de Robert Uhrig à Berlin
Robert Uhrig fut arrêté une première fois en 1934, parce qu’il avait diffusé un journal clandestin et qu’il avait récolté des fonds pour les familles de victimes des persécutions nazies. Il fut libéré après 21 mois de travaux forcés et créa une organisation de résistance en 1938 à Berlin ; son objectif était de former des groupes de résistants communistes au sein des entreprises. A partir de 1941, le groupe, qui comptait une centaine de membres en 1940, et le double en 1942, a travaillé avec d’autres mouvements, notamment l’organisation Harnack / Schulze-Boysen, afin de mettre en place un service de renseignements. La Gestapo a démantelé l’organisation en 1942 ; une centaine de résistants, dont Robert Uhrig, furent arrêtés, torturés, déportés en camp de concentration, et furent exécutés en 1944. Leur famille fut également arrêtée. Ceux qui purent échapper aux persécutions se joignirent au groupe de Anton Saefkow.

Le groupe de Walter Budeus
En 1936, Walter Budeus créa dans l’entreprise de métallurgie dans laquelle il travaillait une organisation composée d’une cinquantaine de résistants. A la fin des années 30, il prit contact avec Robert Uhrig et Beppo Römer, afin de coordonner les activités des différents groupes. Leur travail consistait à collecter des informations sur l’industrie de guerre, diffuser des tracts et prendre contact avec d’autres groupes de résistance. Walter Budeus fut arrêté en 1942 et condamné à mort en 1944.

Le groupe de Bernhard Bästlein, Oskar Reincke et Franz Jacob à Hambourg
En 1941-42, à leur libération de camp de concentration, Bernhard Bästlein, Oskar Reincke et Franz Jacob fondèrent une organisation de résistance au sein des chantiers navals de Hambourg. Ce groupe, qui diffusait des tracts antifascistes et envoyait des lettres aux soldats stationnés au front de l’Est pour les inciter à refuser de combattre, était en contact avec d’autres mouvements de résistance, notamment l’organisation Harnack / Schulze-Boysen. Arrêtés par la Gestapo en 1943, ils purent profiter des bombardements alliés pour s’échapper et entrer dans la clandestinité. Mais arrêtés à nouveau en 1944, une soixantaine de résistants furent exécutés en 1944-45.

Le groupe de Anton Saefkow et Franz Jacob à Berlin
Fondé en 1943, ce groupe diffusa des tracts antifascistes et prit contact en 1944 avec Julius Leber et Adolf Reichwein, des résistants sociaux-démocrates qui prenaient part au complot qui préparait l’attentat du 20 juillet 1944 contre Hitler. La Gestapo, qui avait infiltré un espion dans cette organisation, arrêta le 22 juin 1944 Anton Saefkow, Franz Jacob, Julius Leber et Adolf Reichwein. Des centaines de résistants de ce groupe furent arrêtés et assassinés.

Le groupe de Theodor Neubauer et Magnus Poser en Thuringe
Cette organisation, créée en 1942, était en contact avec d’autres groupes de résistance, par exemple avec un groupe de l’université de Iéna, ainsi qu’avec un groupe du camp de concentration de Buchenwald, et put ainsi envoyer de la nourriture, des tracts, mais aussi des armes aux prisonniers. Theodor Neubauer, qui avait été interné plusieurs années en camp de concentration avant de créer ce groupe de résistance, fut arrêté en 1944 et exécuté en 1945.

Le groupe de Georg Schumann et Otto Engert à Leipzig
Ce groupe était en contact avec des prisonniers de guerre russes et des travailleurs de force étrangers, ainsi qu’avec l’organisation de Harro Schulze-Boysen, celle de Theodor Neubauer et Magnus Poser en Thuringe et celle de Anton Saefkow à Berlin. L’objectif principal du groupe de Leipzig était d’unifier les divers mouvements de résistance communistes, mais cette tentative ne put aboutir en raison de la surveillance qu’exerçait la Gestapo.

Comité national de l’Allemagne libre (Nationalkomitee Freies Deutschland », NKFD)
Ce comité fut fondé en 1943 par la section politique de l’armée soviétique et par le comité central du KPD exilé à Moscou ; ses objectifs étaient, au moyen d’un travail de propagande, de détourner les prisonniers de guerre allemands du nazisme et d’encourager les soldats allemands à déserter. Le NKFD tentait de rallier toutes les tendances politiques à l’union contre Hitler ; dans ses rangs, on ne comptait pas uniquement des communistes, mais aussi, par exemple, une centaine de pasteurs, prêtres et étudiants en théologie de la Wehrmacht, prisonniers dans les camps russes, qui se sont joints au NKFD  en raison des persécutions dont étaient victimes les Églises dans le Reich. Les communistes, notamment Wilhelm Pieck et Walter Ulbricht, futurs dirigeants de la RDA, ont finalement pris la tête du NKFD, qui est devenu un instrument de propagande entre les mains du gouvernement soviétique.

L’organisation Allemagne libre (« Freies Deutschland »)
Ce groupe, fondé à Cologne en 1943 par un réseau de résistants communistes, comptait plus de deux cents membres, et rassemblait des résistants de tous les horizons politiques et idéologiques. Des tracts incitant la population allemande à commettre des sabotages, afin d’enrayer la machine de guerre nazie, et encourageant les soldats à déserter, furent distribués, et les résistants apportèrent leur aide aux travailleurs de force étrangers prisonniers en Allemagne. La Gestapo arrêta de nombreux membres du groupe, qui se disloqua progressivement.

 

Organisations résistantes indépendantes du KPD

Parti communiste allemand oppositionnel (« Kommunistische Partei Deutschlands (Opposition), KPO)
L’aile droite du KPD avait été exclue du parti en 1928 et avait fondé une organisation communiste indépendante, le KPO. Après l’arrivée au pouvoir de Hitler, seuls quelques militants désignés par les cadres du parti s’exilèrent en France, où ils fondèrent un comité exilé (« Auslandskomitee », AK) en contact, grâce à un réseau de messagers, avec la base du parti, qui poursuivait clandestinement ses activités en Allemagne. Un comité du KPO, qui siégeait à Berlin, se chargeait de coordonner les activités des cellules locales du parti. La structure à la fois hiérarchisée et morcelée du parti permit d’éviter les grandes rafles de la Gestapo. Les objectifs principaux du KPO étaient de transmettre des informations sur le régime hitlérien et de travailler en collaboration avec les résistants exilés à l’union des travailleurs contre le nazisme. Des tracts furent distribués, et les membres du parti avaient pour mission de créer des syndicats clandestins dans les entreprises dans lesquelles ils travaillaient. Lorsque le contact avec le comité exilé fut rompu en raison de l’occupation de la France par les troupes allemandes, le KPO prit contact avec d’autres organisations de travailleurs, notamment avec les sociaux-démocrates, afin de créer des syndicats clandestins, et de distribuer des tracts visant à mobiliser la population allemande contre Hitler.

L’Orchestre Rouge (« die Rote Kapelle »)
A partir de la fin de l’année 1941, l’organisation Harnack / Schulze-Boysen coopéra avec les bureaux des renseignements soviétiques de Paris et Bruxelles, sans que ses membres deviennent pour autant des agents soviétiques et perdent leur indépendance, comme les autorités nazies l’ont prétendu par la suite. La Gestapo nomma ce groupe de résistance L’Orchestre Rouge (« die Rote Kapelle »).

Le groupe de Herbert et Marianne Baum
Herbert Baum et sa femme Marianne, qui luttaient depuis 1933 au sein des jeunesses communistes, fondèrent en 1938-39 un groupe de résistance, dont les membres, des adolescents juifs proches du communisme, diffusèrent des tracts antifascistes et mirent le feu à une exposition anticommuniste organisée à Berlin dans le cadre de la propagande nazie, Le Paradis soviétique (« Das Sowjetparadies »). Les jeunes gens furent arrêtés en 1942 ; une vingtaine d’entre eux furent exécutés, certains, comme Herbert Baum, se suicidèrent dans leur cellule, et les autres résistants moururent en camp de concentration. Les représailles de la Gestapo ne s’arrêtèrent pas là : 500 juifs berlinois furent déportés en camp de concentration à la suite de cette action.

 

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 14:32
29 nov 2015.  Lu sur lescrises.fr.  On ne peut comprendre les conflits d'aujourd'hui sans connaître ceux d'hier et la part qu'y ont prises le Royaume-Uni et la France...

Source : Pierre Haskirue89.nouvelobs, 28/06/2014

Gravure de Mossoul, en Mésopotamie, au XIXe siècle : fin de partie pour le Moyen-Orient dessiné par le traité Sykes-Picot ? – ABECASIS/SIPA

C’est une page d’histoire vieille d’un siècle qui est en train de se refermer progressivement, dans les fracas de la guerre. En 1916, en plein conflit mondial et dans le plus grand secret, Français et Britanniques redessinaient la carte du Moyen-Orient post-ottoman en s’attribuant des zones d’influence : ce sont les célèbres accords Sykes-Picot que les convulsions actuelles de l’Irak menacent, de facto, de détruire.

la suite ici.

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 15:24

13 Novembre 2015 , Rédigé par Réveil Communiste 

Annie Lacroix-Riz pose "la question préalable des sources de la série « Apocalypse Staline » sur France 2"

Publié par Initiative Communiste

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7

L’histoire de Guerre froide entre Göbbels et l’ère américaine

Les trois heures de diffusion de la série « Apocalypse Staline » diffusée le 3 novembre 2015 sur France 2 battent des records de contrevérité historique, rapidement résumés ci-dessous.

Une bande de sauvages ivres de représailles (on ignore pour quel motif) ont ravagé la Russie, dont la famille régnante, qui se baignait vaillamment, avant 1914, dans les eaux glacées de la Baltique, était pourtant si sympathique. « Tels les cavaliers de l’apocalypse, les bolcheviques sèment la mort et la désolation pour se maintenir au pouvoir. Ils vont continuer pendant 20 ans, jusqu’à ce que les Allemands soient aux portes de Moscou. […] Lénine et une poignée d’hommes ont plongé Russie dans le chaos » (1er épisode, « Le possédé »).

Ces fous sanguinaires ont inventé une « guerre civile » (on ignore entre qui et qui, dans cette riante Russie tsariste). L’enfer s’étend sous la houlette du barbare Lénine, quasi dément qui prétend changer la nature humaine, et de ses acolytes monstrueux dont Staline, pire que tous les autres réunis, « ni juif ni russe », géorgien, élevé dans l’orthodoxie mais « de mentalité proche des tyrans du Moyen-Orient » (la barbarie, comprend-on, est incompatible avec le christianisme). Fils d’alcoolique, taré, contrefait, boiteux et bourré de complexes (surtout face au si brillant Trotski, intelligent et populaire), dépourvu de sens de l’honneur et de tout sentiment, hypocrite, obsédé sexuel, honteux de sa pitoyable famille, Staline hait et rackette les riches, pille les banques, etc. (j’arrête l’énumération). On reconnaît dans le tableau de cet « asiate » les poncifs de classe ou racistes auxquels le colonialisme « occidental » recourt depuis ses origines.

Vingt ans de souffrances indicibles infligées à un pays contre lequel aucune puissance étrangère ne leva jamais le petit doigt. Il y a bien une allusion sybilline aux années de guerre 1918-1920 qui auraient fait « dix millions de morts » : les ennemis bolcheviques sont encerclés partout par une « armée de gardes blancs ». On n’aperçoit pas la moindre armée étrangère sur place, bien qu’une cinquantaine de pays impérialistes étrangers eussent fondu, de tous les points cardinaux sur la Russie, dont la France, l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis, etc. (c’est au 2e épisode seulement, « L’homme rouge », qu’on apprend que Churchill a détesté et combattu l’URSS naissante : quand? comment?).

Pour échapper à cette intoxication sonore et colorée, le spectateur aura intérêt à lire l’excellente synthèse de l’historien Arno Mayer, sympathisant trotskiste auquel son éventuelle antipathie contre Staline n’a jamais fait oublier les règles de son métier : Les Furies, terreur, vengeance et violence, 1789, 1917, Paris, Fayard, 2002. L’ouvrage, traduit par un gros éditeur pour des raisons que je ne m’explique pas, vu les habitudes régissant la traduction en France, compare aussi les révolutions française et bolchevique. Comparaison particulièrement utile après une ère Furet où la française a été aussi malmenée que la russe. Pour Mme Clarke et M. Costelle comme pour les historiens et publicistes qui ont occupé la sphère médiatique depuis les années 1980, la Terreur est endogène, et dépourvue de tout rapport avec l’invasion du territoire par l’aristocratie européenne. Et, de 1789 à 1799, expérience atroce heureusement interrompue par le coup d’État, civilisé, du 18 Brumaire (9 novembre 1799), la France a vécu sous les tortures des extrémistes français (jacobins), mauvaise graine des bolcheviques.

« Le peuple soviétique » est soumis sans répit aux tourments de la faim notamment à « la famine organisée par Staline au début des années trente, catastrophique surtout en Ukraine », où elle aurait fait « 5 millions de morts de faim », victimes de l’« Holodomor » , à la répression permanente, incluant les viols systématiques, aux camps de concentration « du Goulag » (« enfer pour les Russes du désert glacé », où toutes les femmes sont violées aussi) si semblables à ceux de l’Allemagne nazie (un des nombreux moments où les séquences soviétique et allemande sont « collées », pour qu’on saisisse bien les similitudes du « totalitarisme »). Mais il gagne la guerre en mai 1945. On comprend d’ailleurs mal par quelle aberration ce peuple martyrisé pendant plus de vingt ans a pu se montrer sensible, à partir du 3 juillet 1941, à l’appel « patriotique » du bourreau barbare qui l’écrase depuis les années 1920. Et qui a, entre autres forfaits, conclu « le 23 août 1939 » avec les nazis une « alliance » qui a sidéré le monde, l’indigne pacte germano-soviétique, responsable, en dernière analyse, de la défaite française de 1940 : « Staline avait tout fait pour éviter la guerre, il avait été jusqu’à fournir à Hitler le pétrole et les métaux rares qui avaient aidé Hitler à vaincre la France ».

Il est vrai que l’hiver 1941-1942 fut exceptionnellement glacé, ce qui explique largement les malheurs allemands (en revanche, « le général Hiver » devait être en grève entre 1914 et 1917, où la Russie tsariste fut vaincue avant que les bolcheviques ne décrétassent « la paix »). Il est vrai aussi que l’aide matérielle alliée a été « décisive » dès 1942 (épisodes 2 et 3), avions, matériel moderne, etc. (4% du PNB, versés presque exclusivement après la victoire soviétique de Stalingrad).

Il n’empêche, quel mystère que ce dévouement à l’ignoble Staline, qui vit dans le luxe et la luxure depuis sa victoire politique contre Trotski, alors que « le peuple soviétique » continue d’être torturé : non pas par les Allemands, qu’on aperçoit à peine dans la liquidation de près de 30 millions de Soviétiques, sauf signalement de leur persécution des juifs d’URSS, mais par Staline et ses sbires. Ainsi, « les paysans ukrainiens victimes des famines staliniennes bénissent les envahisseurs allemands ». Ce n’est pas la Wehrmacht qui brûle, fusille et pend : ces Ukrainiens « seront pendus par les Soviétiques revenus, » et filmés à titre d’exemples comme collabos. Staline fait tuer aussi les soldats tentés de reculer, tendance bien naturelle puisque le monstre « déclare la guerre à son peuple » depuis 1934 (depuis lors seulement?), qu’il a abattu son armée en faisant fusiller des milliers d’officiers en 1937, etc.

La critique mot à mot de ce « documentaire » grotesque s’avérant impossible, on consultera sur l’avant-guerre et la guerre l’ouvrage fondamental de Geoffrey Roberts, Stalin’s Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London: Yale University Press, 2006, accessible désormais au public français : Les guerres de Staline, 1939-1953, Paris, Delga, 2014. La politique d’« Apaisement » à l’égard du Reich hitlérien fut l’unique cause du pacte germano-soviétique, que les « Apaiseurs » français, britanniques et américain avaient prévue sereinement depuis 1933 comme la seule voie ouverte à l’URSS qu’ils avaient décidé de priver d’« alliance de revers ». Cette réalité, cause majeure de la Débâcle française, qui ne dut strictement rien à l’URSS, est absente des roulements de tambour de Mme Clarke et de M. Costelle. On en prendra connaissance en lisant Michael Jabara Carley, 1939, the alliance that never was and the coming of World War 2, Chicago, Ivan R. Dee, 1999, traduit peu après : 1939, l’alliance de la dernière chance. Une réinterprétation des origines de la Seconde Guerre mondiale, Les presses de l’université de Montréal, 2001; et mes travaux sur les années 1930, Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand Colin, 2010 (2e édition) et De Munich à Vichy, l’assassinat de la 3e République, 1938-1940, Paris, Armand Colin, 2008.

Les réalisateurs, leurs objectifs publics et leur conception de l’histoire

La seule émission de France Inter du 30 octobre au matin (disponible sur Internet jusqu’au 28 juillet 2018) a donné une idée des conditions du lancement « apocalyptique », tous médias déployés, de cette série Staline qui rappelle, par les moyens déployés, l’opération Livre noir du communisme en 1997. Elle éclaire aussi sur les intentions des réalisateurs installés depuis 2009 dans la lucrative série « Apocalypse » (http://apocalypse.france2.fr/

La musique et le son de ces trois heures éprouvantes sont adaptées à leurs objectifs. La « colorisation », qui viole les sources photographiques, porte la marque de fabrique de la série « Apocalypse » : elle s’impose pour attirer « les jeunes gens », faire sortir l’histoire de la case poussiéreuse où elle était confinée, argue Isabelle Clarke, éperdue de gratitude (bien compréhensible) à l’égard de France 2 qui « a remis la grande histoire en prime time (sic) »; aussi modestement, le coauteur Daniel Costelle attribue cette place d’honneur sur nos écrans domestiques à la qualité du travail accompli par le tandem depuis les origines de la série (2009). La « voix de Mathieu Kassovitz » est jugée « formidable » par les auteurs et leur hôtesse, Sonia Devillers : l’acteur débite, sur un ton sinistre et grandiloquent, le « scénario de film d’horreur » soviétique et stalinien qui fascine tant Mme Clarke.

Pour que la chose soit plus vivante, les auteurs, qui font « des films pour [s’]enthousiasmer [eux]-mêmes », ont décidé qu’ils n’auraient « pas de parti pris chronologique » : ils ont plus exactement pris le parti de casser la chronologie, par de permanents retours en arrière supposés rendre le « travail un peu plus interactif ». La méthode empêche toute compréhension des événements et des décisions prises, 1936 ou 1941 précédant l’avant Première Guerre mondiale, le conflit et 1917, une de ses conséquences. On sautille sans arrêt d’avant 1914 à 1945 dans chaque épisode et en tous sens : il est d’autant plus impossible de reconstituer le puzzle des événement morcelés que les faits historiques sont soigneusement épurés, sélectionnés ou transformés en leur exact contraire (c’est ainsi que les perfides bolcheviques auraient attaqué la Pologne en 1920, alors que c’est Varsovie qui assaillit la Russie déjà envahie de toutes parts). On nous explique souvent que le montage d’un film est fondamental, l’escroquerie « Apocalypse Staline », qui y ajoute le mensonge permanent et les ciseaux du censeur, le confirme.

La conjoncture est au surplus du côté des auteurs :

1° la propagande antisoviétique est depuis 1917 obsédante en France comme ailleurs en « Occident », mais elle a été infléchie pendant quelques décennies, à la fois par une fraction du mouvement ouvrier (surtout) et des intellectuels et par les circonstances, en particulier celles qui ont précédé et accompagné la Deuxième Guerre mondiale. Ce n’est plus le cas depuis les années 1990 où le mouvement ouvrier, toutes tendances confondues, s’est aligné sur les développements du Livre noir du communisme : seul défenseur de l’URSS depuis la naissance de la Russie soviétique, le PCF ne cesse depuis 1997 d’expier ses affreuses années staliniennes et de déplorer sa non-condamnation du si funeste pacte germano-soviétique. Rappelons que sa mise en œuvre offrit aux Soviets un répit de près de deux ans et leur permit de doubler les effectifs de l’armée rouge à leurs frontières occidentales (portés de 1,5 à 3 millions d’hommes). Jérôme Joffrin, dans un article qui se veut nuancé sur le « bourreau » Staline, auquel cependant « nous devons beaucoup », a légitimement relevé qu’il était délicat naguère de raconter en France absolument n’importe quoi sur l’URSS mais que l’obstacle a été levé par les rapports de forces internationaux et intérieurs (http://www.liberation.fr/planete/2015/11/02/staline-gros-sabots-contre-un-bourreau_1410752).

2° La liquidation de l’histoire scientifique française de l’URSS a été d’autant plus aisée depuis les années 1980 que l’offensive antisoviétique et anticommuniste s’est accompagnée d’une entreprise de démolition de l’enseignement général de l’histoire, soumis à une série de « réformes » toutes plus calamiteuses les unes que les autres. Le corps enseignant du secondaire l’a déploré, mais sa protestation n’est plus guère soutenue par des organisations autrefois combatives sur le terrain scientifique comme sur les autres. « Les jeunes gens », auxquels la casse de l’enseignement historique inflige désormais 1° la suppression de pans entiers de la connaissance, 2° l’abandon de la chronologie, sans laquelle on ne peut pas saisir les origines des faits et événements, et 3° le sacrifice des archives originales au fameux « témoignage », se sont trouvés, s’ils ont eu le courage de supporter les trois heures de ce gavage, en terrain particulièrement familier.

3° L’histoire scientifique relative à la la Russie, anglophone notamment, est en fort développement depuis une vingtaine d’années mais elle est en général inaccessible au public français : les ouvrages idoines sont traduits dans les six mois, les autres pratiquement jamais, sauf exception. Quelques-uns de ces « trous » percés dans le Rideau de Fer de l’ignorance historique du monde russe ont été mentionnés ci-dessus. Quoi qu’il en soit, quand les ouvrages sérieux sont traduits, ils sont ensevelis dans le néant, tous médias confondus.

De l’histoire, quelle histoire ?

Svetlana Aleksievitch, conseillère en « témoignages »

Isabelle Clarke admet qu’« Apocalypse Staline » ne relève pas de la catégorie de l’histoire, elle le revendique même. Elle se déclare fascinée par l’immense travail de Svetlana Alexievitch, dont l’attribution du prix Nobel de littérature d’octobre 2015 rappelle le couronnement « occidental » de l’œuvre d’Alexandre Soljenitsyne (https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Soljenitsyne), lauréat de 1970, avec des motivations semblables. Quelles que soient ses éventuelles qualités littéraires, Mme Aleksievitch n’a été promue que pour des raisons idéologico-politiques, conformément à une tradition d’après-guerre que la documentariste et historienne britannique Frances Stonor Saunders a exposée en 1999, dans un ouvrage essentiel sur la Guerre froide culturelle : c’est l’intervention expresse des États-Unis, via l’action clandestine pratiquée sur les questions culturelles (comme sur les les opérations politiques et même militaires) par le truchement de la CIA ou d’institutions financées par elle. Ce fut en l’occurrence via le Congress for Cultural Freedom (CCF) fondé, après une série d’initiatives préalables, en juin 1950, et qui bloqua l’attribution du prix Nobel de littérature à Pablo Neruda au début des années 1960 : Neruda fut écarté en 1964, au profit de Jean-Paul Sartre, dont Washington suivait de près et appréciait les démêlés avec le PCF, mais qui eut l’élégance de le décliner. Le pouvoir positif de soutien des États-Unis, depuis 1945, aux « dissidents » ou à des anticommunistes très divers a été aussi efficace que leur capacité de nuisance contre les intellectuels combattus : le Nobel de littérature a récompensé un nombre tout à fait disproportionné d’adversaires notoires du communisme en général et de l’URSS ou de la Russie en particulier : la consultation systématique est éclairante :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Nobel_de_litt%C3%A9rature#Ann.C3.A9es_1960

Isabelle Clarke se félicite du « travail de témoignage » réalisé par Svetlana Aleksievitch, grâce à laquelle « les crimes communistes », jamais jugés, ont enfin pu être recensés : en l’absence d’instruction et d’accès aux faits, il a fallu compter sur les témoignages, très longs à obtenir, et autrement plus éclairants que la recherche historique. Ces témoignages égrenés au fil des trois films, jamais liés à l’établissement des faits, forment donc la trame historique du « scénario de film d’horreur ». Svetlana Aleksievitch ne prétend pas, elle, faire œuvre d’historienne. Obsédée par la quête de l’Homo sovieticus, concept proclamé impossible, puisqu’on ne saurait changer les humains en changeant le mode de production, l’auteur de La Fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement (traduction publiée en 2013 chez Actes Sud) (http://www.actes-sud.fr/la-fin-de-lhomme-rouge-de-svetlana-alexievitch) « enregistre sur magnétophone les récits des personnes rencontrées, et collecte ainsi la matière dont elle tire ses livres : “Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l’amour, la jalousie, l’enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d’une vie qui a disparu. C’est la seule façon d’insérer la catastrophe dans un cadre familier et d’essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose… L’Histoire ne s’intéresse qu’aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n’est pas l’usage de les laisser entrer dans l’histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d’une littéraire et non d’une historienne” » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Svetlana_Aleksievitch).

Nous sommes donc avisés que ce spectacle « émotionnel » et « occidental », organisé à grand tapage par les responsables de la série « Apocalypse Staline », est fondé sur de la littérature antisoviétique larmoyante, appréciée et récompensée comme telle par « l’Occident » civilisé.

Les « conseillers historiques » d’« Apocalypse Staline » : l’institut d’histoire sociale, De Boris Souvarine à Pierre Rigoulot

Quand on passe à « l’histoire » stricto sensu, le bilan est pire, et caractérisé par des pratiques malhonnêtes et non explicitées. Isabelle Clarke se flatte d’avoir « remis en prime time (sic) la grande histoire » et de ne pas avoir négligé l’histoire qu’elle aime moins que la littérature : elle aurait étudié tous les ouvrages « recommandés par nos conseillers historiques » : « Robert Service, Jean-Jacques Marie, Simon Sebag Montefiore » (ce dernier toujours traduit dans les mois qui suivent ses publications anglophones), dont les travaux sont caractérisés par une vision à peu près caricaturale du monstre, avec des nuances dont le lecteur de leurs travaux peut seul juger. Quels « conseillers historiques »? On a pourtant le choix parmi les historiens français de l’URSS, presque également soviétophobes et médiatiques : aucune carrière académique n’étant depuis trente ans ouverte à un spécialiste de l’URSS soviétophile, il n’en existe pas.

Dans la rubrique « crédits » du 3e épisode, figure la mention de citation(s) d’un seul ouvrage d’historien, le Staline de Jean-Jacques Marie, spécialiste du monstre sur la base d’ouvrages de seconde main (les seules autres citations proviennent de Mme Aleksievitch). Les « conseillers historiques » allégués n’ont pas été mentionnés, mais on relève, parmi les sept personnalités qui ont fait l’objet de « remerciements », juste nommées mais non présentées, un seul « historien » présumé : Pierre Rigoulot (les six autres sont artistes ou spécialistes techniques).

M. Rigoulot dirige l’institut d’histoire sociale, fondé en 1935 par Boris Souvarine, célèbre et précoce transfuge du communisme (1924) qui, fut, selon une tradition née en même temps que le PCF, embauché par le grand patronat français. Souvarine, trotskiste proclamé antistalinien (catégorie de « gauche » très appréciée pour la lutte spécifique contre les partis communistes), fut employé comme propagandiste par la banque Worms. Il fut un des rédacteurs de la revue les Nouveaux Cahiers, fondée en 1937 en vue de la scission de la CGT, financée et tuteurée par le directeur général de la banque Jacques Barnaud, futur délégué général aux relations économiques franco-allemandes (1941-1943). La revue, qui chanta sans répit les louanges d’une « Europe » sous tutelle allemande, fut publiée entre la phase cruciale de la scission, d’origine patronale, de la CGT (n° 1, 15 mars 1937), et la Débâcle organisée de la France (n° 57, mai 1940). Souvarine y voisinait avec la fine fleur de la « synarchie » issue de l’extrême droite classique (Action française) qui allait peupler les ministères de Vichy : il n’y était requis qu’en tant que spécialiste de (l’insulte contre) l’URSS et de la croisade contre la république espagnole assaillie par l’Axe Rome-Berlin.

Cette « petite revue jaune », qui attira bien des « collaborations », selon l’expression du synarque et ami de Barnaud, Henri Du Moulin de Labarthète, chef de cabinet civil de Pétain, est annonciatrice de presque tous les aspects de la Collaboration. Elle est conservée dans les fonds d’instruction de la Haute Cour de Justice des Archives nationales (W3, vol. 51, en consultation libre : régime de la dérogation générale, série complète jusqu’au n° de décembre 1938) et des archives de la Préfecture de police (série PJ, vol. 40, sous dérogation quand je l’ai consultée). Le lecteur curieux constatera que « Boris Souvarine, historien » (ainsi qualifié au 3e épisode, « Staline. Le maître du monde »), dans ses articles, réguliers, dresse entre 1937 et 1940 un portrait de l’URSS (et) de Staline en tout point conforme à ce que le spectateur français a appris, le 3 novembre 2015, sur le cauchemar bolchevique. Souvarine partit pour New York en 1940, y passa la guerre, et prit alors contact avec les services de renseignements alors officiellement voués à la seule guerre contre l’Axe (notamment l’Office of Strategic Services (OSS), ancêtre de la CIA, mais fort antisoviétiques. Il ne revint en France qu’en 1947 C’est le soutien financier clandestin du tandem CCF-CIA qui lui permit d’éditer et de faire triompher son Staline : en panne d’éditeur et de public de la Libération à la fin des années 1940, le chef de l’« Institut d’Histoire sociale et de Soviétologie » (définitivement reconstitué en mars 1954) accéda ainsi au statut d’« historien » que lui accorde « Apocalypse Staline ».

Deuxième « historien », non signalé comme tel, mais « remercié » dans les crédits, Pierre Rigoulot, présumé cheville ouvrière des films sur Staline, fait peser sur les trois épisodes de la série une triple hypothèque.

1°. M. Rigoulot n’est pas un historien mais un idéologue, militant au service de la politique extérieure des États-Unis, officiellement apparenté depuis les années 1980 aux « néo-conservateurs », selon Wikipedia, qu’on ne saurait taxer d’excessive complaisance pour le communisme : aucun des ouvrages qu’il a rédigés sur l’URSS, la Corée du Nord (sa nouvelle marotte depuis sa contribution sur le sujet dans Le Livre noir du communisme), Cuba, ne répond aux exigences minimales du travail scientifique (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Rigoulot)

2°. Faussaire avéré sous couvert de prendre la défense « des juifs », il a été, pour son ouvrage L’Antiaméricanisme (éditions Robert Laffont, 2005), condamné en diffamation par jugement de la 17e chambre du TGI de Paris, le 13 avril 2005, « ayant inventé de toutes pièces [une] fausse citation » antisémite (absente) d’un ouvrage de Thierry Meyssan, adversaire manifestement jugé sans péril (même référence en ligne).

3°. L’IHS, que M. Rigoulot a rejoint en 1984 comme bibliothécaire, puis « chargé des recherches et publications », et dont il est le directeur, n’est pas une institution scientifique : c’est une officine de Guerre froide et, après la Libération, de recyclage des collaborationnistes de sang et/ou de plume issus de l’extrême droite classique et de la gauche anticommuniste. Cet organisme a été depuis la Libération financé par la banque Worms, le CNPF et, quasi officiellement, par la CIA. Il a été intimement lié à Georges Albertini, second de Marcel Déat déjà employé avant-guerre par la banque Worms et recyclé à sa sortie de prison (1948) dans la propagande anticommuniste et antisoviétique de tous ces bailleurs de fonds. On trouvera sur tous ces points une ample bibliographie, fondée à la fois sur les archives policières françaises (de la Préfecture de police) et sur les fonds américains qui établit la convergence de tous les auteurs

Les trois volets d’« Apocalypse Staline » traitent, et sur le même ton haineux, tous les thèmes serinés depuis sa fondation par l’IHS, notamment ceux du Goulag (« la terreur et le goulag sont la principale activité du Politburo », 3e épisode, « Staline. Le maître du monde »), dont M. Rigoulot a fait depuis 1984, date de son entrée dans cette officine, un des thèmes privilégiés de ses travaux, et de l’« Holodomor », « organisé » par Staline.

Conclusion

On pourrait proposer au spectateur de visionner, en supprimant le son de cette projection grotesque, les bandes de « rushes » (les auteurs des films prétendent avoir livré du pur document brut, particulièrement authentique, mais le film de fiction, soviétique d’ailleurs, y occupe une part non négligeable). Il percevrait ainsi immédiatement qu’on pourrait faire une toute autre histoire de l’URSS sous Staline que celle qui s’appuie sur un matériau frelaté.

Là n’est pas l’essentiel. Le service public de télévision français a une fois de plus, en matière d’histoire, bafoué les principes minimaux de précaution scientifique et ridiculisé les spectateurs français, en leur servant un brouet de pure propagande antisoviétique : il avait déjà ouvert, entre 2011 et 2013, le service public aux seuls héritiers de Louis Renault, venus se lamenter, avec ou sans historiens complices, sur la spoliation de leur grand-père quasi résistant. Est-il normal que la société France Télévisions, financée par la redevance versée par tous les contribuables, se prête à une opération digne du « ministère de l’information et de la propagande » de Göbbels? On attend le « débat » qu’impose la malhonnêteté avérée de l’entreprise. J’y participerai(s) volontiers.

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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 10:24

Gilles MANCERON, blog Médiapart, 26 septembre 2015


Le 22 septembre, la poursuite en diffamation du général Maurice Schmitt contre un ancien combattant en Algérie devenu militant anticolonialiste a eu pour effet que, 58 ans après les faits, un tribunal s’est enfin penché sur l’affaire Audin, cet assassinat en 1957 par l’armée française d’un militant du Parti communiste algérien.

Alors que, depuis 1957, tous les pouvoirs politiques ont fait en sorte que l’affaire Audin ne parvienne jamais devant la justice, la plainte en diffamation du général Maurice Schmitt – ancien chef d’état-major des armées de 1987 à 1991 –, contre Henri Pouillot – ancien appelé en Algérie, affecté en 1961 à l’intendance d’un centre de torture à Alger, aujourd’hui président du réseau « Sortir du colonialisme » –, a conduit à ce que, le 22 septembre 2015, le tribunal correctionnel de Marseille se penche longuement sur un assassinat qui, pendant 57 ans, a fait l’objet d’un mensonge d’Etat. On peut s’étonner qu’à l’exception de deux quotidiens, L’Humanité et La Marseillaise et du site de la Ligue des droits de l’homme de Toulon, ce fait n’a pas été signalé par les médias.

On sait que, durant la guerre d’Algérie, Maurice Audin, brillant professeur et chercheur en mathématiques âgé de 25 ans, militant du Parti communiste algérien, a été arrêté le 10 juin 1957 à son domicile à Alger par les parachutistes du général Massu, commandant la 10e DP. Depuis le mois de janvier, ils avaient la charge des pouvoirs de police à Alger et pratiquaient massivement arrestations et interrogatoires sous la torture en tenant à l’écart la justice. Henri Alleg, ancien directeur d’Alger républicain, arrêté peu après, l’a retrouvé au centre de détention d’El Biar et a témoigné de ce que, comme lui, il y avait été torturé.

Parcours Maurice Audin, Alger 2003 © Ernest Pignon ErnestParcours Maurice Audin, Alger 2003 © Ernest Pignon Ernest

Le 22 juin, la jeune femme de Maurice Audin, Josette, enseignante en mathématiques elle aussi, issue d’une famille européenne d’Algérie, restée seule avec trois enfants dont le dernier avait juste un mois, a commencé à comprendre quand elle a reçu la visite de deux parachutistes qui lui ont dit « Vous croyez le revoir un jour, votre mari… Espérez, vous pouvez toujours espérer…  » et parlaient de lui au passé. Le 1er juillet, elle a été reçue par le lieutenant-colonel Roger Trinquier, collaborateur direct du général Massu, qui lui a dit que Maurice Audin s’était évadé le 21 juin, au cours d’un transfert où il n’était pas menotté. Sachant qu’une telle version est la couverture habituelle d’exécutions sommaires, elle a accusé les parachutistes de l’avoir tué et déposé aussitôt plainte pour homicide volontaire.

[...]

La suite ici.

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 17:47

25 octobre 2015

Résumons. Nous, dirigeants US, sommes avec nos alliés européens, les champions des droits de l’homme, et nous rêvons de répandre la démocratie partout dans le monde.



Donc, si nous avons…


-  renversé Mossadegh et imposé le tyran Reza Pahlavi en Iran


-  armé les Saoud contre les progressistes arabes


-  soutenu le dictateur fasciste Franco en Espagne


-  soutenu le dictateur fasciste Salazar au Portugal


-  utilisé des fascistes ouest-européens pour créer les réseaux secrets Gladio


-  soutenu le tyran Batista, puis tenté d’assassiner Castro à Cuba


-  soutenu l’apartheid en Afrique du Sud


-  soutenu la Rhodésie raciste (futur Zimbabwe)


-  assassiné Lumumba pour imposer le tyran Mobutu


-  assassiné cinq cent mille Indonésiens pour installer la dictature Suharto


-  installé une dictature militaire au Vietnam


-  installé une dictature militaire en Grèce


-  soutenu le fasciste Pinochet pour renverser Allende


-  armé des terroristes pour déstabiliser l’Angola et le Mozambique


-  assassiné deux présidents équatoriens pour installer des dictateurs


-  remplacé le président brésilien Goulart par une dictature militaire


-  fait pareil avec Bosch à Saint Domingue


-  fait pareil avec Zelaya au Honduras


-  soutenu les dictateurs Duvalier à Haïti


-  armé Ben Laden pour renverser le gouvernement progressiste afghan


-  soutenu les talibans en Afghanistan


-  armé et financé les terroristes « contras » au Nicaragua


-  assassiné Bishop et envahi la Grenade


-  soutenu les colonels assassins en Argentine,


-  soutenu le nazi Stroessner au Paraguay


-  soutenu le dictateur général Banzer en Bolivie


-  soutenu la dictature féodale au Népal et au Tibet


-  utilisé le FIS pour déstabiliser l’Algérie


-  financé Moubarak en Egypte


-  armé divers groupes terroristes pour déstabiliser des pays africains gênants


-  soutenu les bombardements au napalm du régime éthiopien en Somalie


-  soutenu le raciste anti-juif, antimusulman, antiserbe Tudjman en Croatie


-  tenté d’assassiner Chavez, Morales, Correa pour installer des dictatures


-  soutenu des attentats à la bombe dans des hôtels et des avions en Amérique latine


-  utilisé Al-Qaida en Libye


-  utilisé Al-Qaida en Syrie


-  utilisé les nazis anti-juifs Svoboda et Pravy Sektor pour un coup d’Etat en Ukraine


-  soutenu et protégé tous les crimes d’Israël contre les Palestiniens

C’est par hasard, bien sûr, et nous ne le ferons plus jamais !

Source : www.investigaction.net

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 10:12

Lu sur le blog  Bellaciao.

 

GUINGOUIN : UN CHEF DU MAQUIS
de : Ernest London
lundi 26 octobre 2015 - 15h42 -

Il y a tout juste dix ans, mourrait Georges Guingouin. Après les dernières biographies et le roman paru l’an dernier, la publication de cet album destiné au jeune public (mais parfaitement accessible aux adultes) est une preuve supplémentaire de son retour dans le récit national, après une longue période de purgatoire. Georges Guingouin aurait d’ailleurs également pu entrer lui aussi au Panthéon au printemps dernier, si le gouvernement avait voulu adjoindre un résistant communiste à Germaine Tillion, Jean Zay, Geneviève de Gaulle et Pierre Brossolette.

Né en 1913, Georges Guingouin est instituteur, militant communiste et secrétaire de mairie lorsque Pétain signe la reddition des troupes françaises. Immédiatement et sans hésiter, il organise les activités de propagande autour des sections locales du parti communiste interdit et rédige dès août 1940 un « Appel à la lutte ». Dénoncé, il rejoint la clandestinité et organise la résistance. Son maquis sabotera les convois du S.T.O., les usines stratégiques et les réquisitions de récolte pour ravitailler l’armée allemande, punira les collaborateurs et les profiteurs de guerre. Après le débarquement allié en Normandie, il organisera l’enlèvement du Strumbannführer de la division Das Reich (responsable des massacres de Tulle, d’Argenton-sur-Creuse, d’Oradour-sur-Glane…) et, à la tête de 6 000 hommes, livrera une bataille rangée contre la brigade Von Jesser venu réduire la Résistance. Il désobéira aux ordres de libérer Limoges, craignant un nouveau massacre. Élu maire de Limoges à la fin de la guerre, il sera exclu du parti communiste. Alors qu’il reprend son métier d’instituteur, une violente campagne de presse sera déclenchée contre lui et ses compagnons. Arrêté, passé à tabac en prison il obtiendra, au terme d’un procès équitable, un non lieu.

Georges Guingouin est de ces hommes intègres qu’aucune circonstance n’ébranlera jamais dans leurs fondements moraux, ni leurs convictions. Ce moment d’histoire est développé dans la partie documentaire en fin d’album abondamment enrichie de documents d’époque. La partie fiction, elle, s’appuie sur une quinzaine de récits, imaginés, de témoins, compagnons, voisins, anonymes, rapportant chacun un épisode de la vie de Georges Guingouin pendant la guerre. Cette polyphonie donne une vision sensible des enjeux, du climat. Une gravure pleine page, inspirée de l’iconographie de propagande de l’époque répond à chacun de ces textes. Yann Fastier, auteur-illustrateur inclassable, iconoclaste et talentueux, habité par son sujet, a réussi un travail admirable, s’adressant autant à l’intelligence de ses lecteurs qu’à leur sensibilité.

L’édition jeunesse se risque peu, habituellement à explorer aussi loin des sentiers archi-battus. Il faut saluer cette publication remarquable. N’est-il pas en effet quelque peu paradoxal de proposer aujourd’hui encore, des monographies de Napoléon, de César, de Louis XIV ou de Jeanne d’Arc en lecture aux jeunes générations. La vie de Guingouin, en phase avec des problématiques très actuelles, sera certainement plus prompte à éveiller les consciences. À lire, à conseiller, à offrir.

Ernest London.

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GUINGOUIN : UN CHEF DU MAQUIS Yann Fastier 44 pages – 16 euros. Éditions de l’Atelier du poisson soluble – Le Puy-en-Velay – septembre 2015 www.poissonsoluble.com

Cet article est initialement paru sur le blog de la Bibliothèque Fahrenheit 451 : http://bibliothequefahrenheit.blogs...

Parce qu’il faut d’abord comprendre le monde pour pouvoir le changer, Parce qu’il faut tirer les leçons des luttes passées pour s’en inspirer, pour n’en pas renouveler les erreurs, pour prendre le meilleur dans tout, Parce qu’il faut sans cesse se battre contre la bêtise, la haine, l’injustice, la barbarie, Parce qu’il faut des armes pour se battre, Parce qu’on a déjà perdu, si on renonce, Voici, en permanente construction, une bibliothèque de références pour ceux qui souhaitent nourrir leur culture politique, analyses et comptes rendus de lectures utiles. Les livres sont des armes ! Ernest London, le bibliothécaire-armurier. http://bibliothequefahrenheit.blogs...

"la parti communiste c’est comporte avec guingoin en salopard"

Histoire et Mémoire : Précisions historiques

Posté par Alain chancogne en réponse au commentaire ci-dessus.

Ce n’est pas faux

Mais lorsque j’ai "écrit" sur cette période , des communistes ex ftp , et pourtant pas suspect de sympathies particulières pour ce qu’a été le"stalinisme" des années d’après guerre , des camarades qui ont connu ce garçon couillu, m’ont mieux fait comprendre aussi que Guinguoin , son point fort cé’tait pas "la synthèse".. _ :)

NI le souci d’analyse objective d’une situation concrête( rapports de forces dans la france de 44-45 , Yalta etc)

En aucun cas cela n’excuse le sort fait à Guinguoin,plus tard à à Tillon, et autres résistants..

Malgré mon profond désaccord avec la "ligne liquidatrice mutante" " qui m’a fait quitter le PC, on peut reconnaitre , comme l’avait fait MARCHAIS pour TILLON que HUE a tardivement reconnu cette saloperie lorsque en 98, il a fait en sorte que des Camarades salis soient "réhabilités"(1)

Il écrivait à GUINGUOIN

http://viedelabrochure.canalblog.co...

« PARIS, le 6 février 1998,

Cher Georges Guingouin et, si vous me le permettez, cher ami,

« De nombreux communistes m’ont interpellé, notamment à la suite du discours que j’ai prononcé à Longlaville en présence de Maurice Kriegel-Valmiront[9], pour témoigner de votre histoire, celle du grand dirigeant de la Résistance, et des conditions de votre exclusion.

« J’ai été amené à dire, lors de l’ouverture des archives du PCF le 24 janvier dernier, l’obligation morale et politique que constitue pour les communistes la responsabilité de mettre en évidence ce qui s’était réellement passé en des périodes difficiles de l’histoire de notre parti. La Commission nationale d’arbitrage élue au congrès est en charge de mener un travail approfondi d’analyse sur les affaires et les exclusions politiques qui l’ont marquée afin que le Comité national s’exprime sur elles. C’est Francette Lazard, responsable de cette commission, qui est chargée de suivre ces questions et je tenais à vous en informer.

« Sans attendre les conclusions de ces travaux, je tiens à vous confirmer, à vous personnellement, combien le Parti communiste reconnaît la gravité du tort qu’il a ainsi fait à des femmes et à des hommes, et le tort qu’il s’est fait à lui-même. J’ai dit à Maurice Kriegel-Valmiront, et à travers lui à tous ceux qui ont vécu des épreuves identiques, que le PCF assume la totalité de son histoire et qu’il condamné sans appel les comportements qui ont douloureusement bouleversé la vie de nombre des siens. Nous savons quels procédés ont été utilisés et mesurons toute l’injustice que représente votre exclusion. Le reconnaître aujourd’hui n’efface certes pas les blessures mais je tenais néanmoins à vous le faire savoir, vous le chef des FTP du Limousin, et à vous exprimer ma très profonde considération.

« Persuadé que vous verrez dans cette démarche le témoignage de notre attachement au meilleur de l’idéal communiste, je vous prie d’agréer, cher ami, en mon nom et au nom de la direction du PCF l’expression de mes chaleureuses et sincères salutations. »

Ceux qui comme moi, sont passionnés par l’Histoire faite d’"ombres et de lumières" du PCF, peuvent consulter des archives au Conseil général de la SEINE ST DENIS dont je donne ici les 101 pages référençant les documents consultables

https://archives.seine-saint-denis....

Intro du doc co signé par MG Buffet et BRAMY en 2003

C’est avec intérêt, plaisir et une grande fierté que le Conseil général accueille aux Archives départementales et met à disposition du public le fonds des archives du Parti communiste français, reconnu par l’Etat comme relevant du patrimoine de notre pays.
C’est la première fois qu’une formation politique de cette dimension décide d’ouvrir et de rendre accessible le plus largement possible ce qui constitue une partie de notre mémoire nationale.
Cette masse de documents permettra de mieux voir et comprendre l’originalité du mouvement ouvrier françaisson rôle dans la constitution de notre République et les valeurs dont celle-ci s’honore : liberté, égalité, fraternité.
Il est remarquable que cet apport pour la recherche et la connaissance se fasse dans le cadre du service public, sous la responsabilité scientifique du ministère de la Culture, ce dont je me félicite.
L’ouverture d’un tel fonds qui compte des documents inestimables confirme lacompétence des Archives départementales et s’inscrit dans la reconnaissance des atouts et des richesses de la Seine-Saint-Denis.
Hervé Bramy
Président du conseil général de la Seine-Saint-Denis

A.C

NOTE
(1)

Georges Guingouin l’épopée de la Résistance
LUNDI, 31 OCTOBRE, 2005
L’HUMANITÉ

http://www.humanite.fr/node/337749

Le chef de la Résistance limousine est mort jeudi, à Troyes, à l’âge de 92 ans. Il fut maire communiste de Limoges de 1945 à 1947. L’an passé, dans le numéro spécial de l’Humanité, « 1944, la France se libère », Magali Jauffret traçait le portrait de ce personnage de légende.

Nous sommes en février 1941. Il vient d’avoir vingt-huit ans. À quoi pense Georges Guingouin dans la cabane souterraine d’une sapinière du mont Gargan où il se cache, en ce pays limousin boisé et peuplé de croquants, pour échapper aux Allemands et à la milice ? S’autorise-t-il même à penser, à rêver alors que le temps dicte de faire entrer les paroles dans la vie ? Il faut faire tourner la ronéo pour sortir l’Humanité clandestine, imaginer un plan pour nourrir le maquis, trouver de quoi imprimer de faux papiers. Arriver à saboter les batteuses, et donc empêcher la livraison de blé à Hitler, sera de la première importance...

Les soirs de combat, quand la mort rôde trop, après avoir assisté les blessés, accompagné les mourants, des vers de Victor Hugo, appris par coeur du temps de l’école à Bellac, transmis aux enfants du temps où il était instituteur à Saint-Gilles-les-Forêts, remontent le fil de sa mémoire et calment son envie de hurler. Dans ces moments-là, toucher ainsi à la fragilité de l’humain le rapproche de son père qu’il n’a pas eu le temps de connaître et qui repose, avec sept cents de ses camarades, dans « la grande tombe », la fosse commune d’un village du Nord creusée en hâte pendant la Grande Guerre.

Évoquer Georges Guingouin ; quatre-vingt-onze ans, terrassé ces dernières semaines par le décès de sa femme Henriette, compagne des luttes, mais aussi des mille tourments et iniquités qu’il aura à subir, c’est explorer les qualités de désobéissance, d’héroïsme, de loyauté de l’homme, lorsqu’il est à son meilleur niveau. C’est aussi comprendre la singularité fondatrice de ce Limousin rouge qui, après avoir bercé de nombreux communards, offre à la nation de - sacrés maquisards.

Et aussi, juste après ce 18 juin 1940 où, blessé, mais déterminé à ne pas être fait prisonnier par les Allemands, il s’enfuit de l’hôpital Sainte-Madeleine de Moulins, Guingouin, l’un des premiers à penser la nécessité de créer un réseau clandestin contre Vichy, n’a aucun mal à convaincre les paysans communistes de la région d’Eymoutiers, parmi lesquels Andrée Audouin, qui deviendra journaliste à l’Humanité, de grimper avec lui dans la montagne avec des fusils. « Tu as été le seul normalien de Limoges à participer à la grève du 12 février 1934, lui disent-ils. Tu es quelqu’un de solide. On te suit. »

Les années passent. Le charisme, l’intelligence terrienne de Georges Guingouin s’affirment. Chef de la résistance civile dans la région, il est capable de diriger, à l’apogée de la lutte, des hommes aussi différents que 8 750 FTP, 4 100 membres de l’Armée secrète, 1 000 membres de l’organisation Résistance armée, 300 républicains espagnols et 500 ex-Vlassov. Cerveau de nombreux sabotages, il multiplie les coups gagnants contre l’économie de guerre, contre les lignes de communication de l’armée allemande. Ce faisant, il ne néglige pas la lutte des classes et s’allie les paysans en leur permettant de garder le fourrage et le blé, en rémunérant correctement les produits agricoles, en faisant revenir le pain blanc sur les tables grâce à des décrets signés « le préfet du maquis ». Enfin, on le découvre stratège. La capture, le 9 juin 1944, du Sturmbannführer Kämpfe, « héros » de la division d’élite SS Das Reich, retarde cette dernière de deux jours, dans sa mise en mouvement vers la Normandie. Le général Eisenhower reconnaîtra que ce retard a sauvé la tête de pont alliée. Mais ce n’est pas tout. Le 3 août, procédant à une manoeuvre d’encerclement de Limoges, il obtient sans effusion de sang la capitulation du général Geiniger. Cerise sur le gâteau : des escadrons de gendarmes et de gardes mobiles qui se terraient dans la campagne limousine après l’y avoir pourchassé des années durant se rendent à lui.

Les années passant, l’isolement gagnant, Georges Guingouin, sans contacts ni directives, a pris insensiblement ses distances avec les décisions du Parti qui ne lui semblent pas opportunes. Lorsqu’il ne partage pas les mêmes analyses, lorsque les directives lui semblent aventureuses, lorsque le coût en vies humaines lui paraît trop élevé, il désobéit. Son personnage n’en finit pas de soulever la controverse. Prend-il conscience que pareilles libertés, insoumissions, prises de distance avec l’appareil sont inconcevables dans un contexte de guerre froide, d’adhésion à la IIIe Internationale, de culte de la personnalité ? En tout cas, le portrait dressé de lui, à l’époque, est terriblement schizophrénique. Surnommé affectueusement « Lou Grand » à l’intérieur du maquis, il est, à l’extérieur, traité de « fou qui vivait dans les bois, se levant la nuit pour écraser des chiens ».

Guingouin l’incontournable l’ignore, mais il est déjà diabolisé, pris dans les mâchoires d’une étrange et double tenaille, étranglé par les manoeuvres conjointes de socialistes, de vichystes revanchards, mais aussi des siens, qui l’accusent de « travail fractionnel », d’« acceptation sans protestation des éloges de la presse américaine », de razzia sur les fonds secrets de la Résistance ! Deux exclusions valant mieux qu’une, un procès de Moscou est en marche dans le Limousin contre celui qui devient maire de Limoges de 1945 à 1947 et que de Gaulle a élevé compagnon de la Libération. Un grave accident automobile, une machination judiciaire qui l’envoie en prison, dans le coma et en hôpital psychiatrique parachèvent ce tableau de l’indignité.

Georges Guingouin, finalement réhabilité par Robert Hue en février 1998, est l’honneur des communistes français. Anticipant la déstalinisation, sa vie atteste que les valeurs communistes se valident à l’aune d’une liberté ressentie, questionnée en permanence et nourrie de l’humain. En 1964, il rédige une adresse aux membres du 17e Congrès du Parti communiste français. Se plaignant de la rupture entre les paroles et les actes au détriment de l’idéal proclamé, il a conclu par ces mots : « Au soir des combats, j’ai bercé dans mes bras des mourants (...), j’ai tenté des actions désespérées pour sauver ceux qui étaient destinés aux fours crématoires et au poteau d’exécution. Croyez-moi, c’est cette vertu de compréhension qu’il faut pratiquer pour trouver l’art d’avancer.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 14:47
 

Trois opposants politiques à Robert Ménard, maire de Béziers, ont eu la désagréable surprise de recevoir en milieu de semaine une lettre d'insultes à connotation raciste, accompagnée de menaces de mort. Comme l'explique le quotidien régional Le Midi Libre, la missive a été envoyée au siège local du Parti communiste et désigne directement un élu municipal et deux responsables associatifs : Aimé Couquet, Linda Mendy-Hamdani et Mehdi Roland. 

Ces derniers sont connus pour s'être ouvertement opposés à la politique du maire de Béziers, notamment sur la question des réfugiés syriens. Il avaient été pointés du doigt dans le journal municipal du 15 octobre, où ils avaient été qualifiés de "militants de la haine", rappelle de son côté Metronews

"Utiliser politiquement cette histoire, c'est minable"

Envoyé le 21 octobre dernier, le courrier qui affiche en guise d'entête un dessin du Ku Klux Klan, n'est pas signé. Mais Aimé Couquet, élu communiste pense qu'il y a un lien direct entre son engagement et ces menaces : "Par ses propos et ses interventions musclées, le maire de Béziers crée dans notre ville un climat délétère, de suspicion et de dénonciation. Peut-être cela pèse-t-il dans le comportement de certains individus qui croient que tout est permis ? Ce n'est pas cela qui nous fera reculer dans notre résistance", a-t-il dit au quotidien régional, ajoutant qu'il ne porterait pas plainte. Mehdi Roland, lui, étudie cette possibilité. 

En face, le maire de Béziers a condamné ce geste, commis par "un abruti". "Mais utiliser politiquement cette histoire, c'est minable, a-t-il également réagi. Je ne rends personne responsable des graffitis me visant. Aimé Couquet a une attitude minable. Si ces faits sont graves, on commence par porter plainte avant de prévenir la presse". 

Commentaires d'Action communiste : deux de ces opposants ont été récemment cloués au pilori par le journal municipal de Béziers, journal devenu celui de Roberd Ménard.  Leurs photos y ont été diffusées et ils ont été  qualifiés de "militants de la haine".  Ce sont des méthodes fascistes.  Il n'en faut pas plus pour que des esprits faibles passent à l'acte.  C'est ce qui a été fait.  Oui, Robert Ménard est bien responsable !
Cet article lu sur le blog du Mouvement de la jeunesse communiste de Béziers décrit les méthodes d'intimidation utilisées par Robert Ménard.  Vous pouvez le vérifier en allant lire le dernier numéro du journal municipal de Béziers.  Instructif.

LE BUZZ PERMANENT ET LE FICHAGE SONT DEVENUS LA MARQUE DE FABRIQUE DE ROBERT MÉNARD. LE CHÔMAGE ET LA PRÉCARITÉ CONTINUENT D'AUGMENTER !

Le Journal de Béziers, désormais célèbre nationalement depuis sa Une sur les réfugiés, est aujourd'hui plus que jamais l'expression de l'extrême-droite la plus dangereuse et réactionnaire de France, directement organisée par le cabinet du Maire. Loin d'être un bulletin d'information municipal, il porte la voix d'un Maire, de ses adjoints et de ses collaborateurs issus des groupuscules identitaires, catholiques intégristes, nationalistes, nostalgériques et avant tout bourgeois. Du haut de leurs appartements des beaux quartiers de la ville, ils y déversent le poison de la division, du repli sur soi et leur haine de l'étranger et du pauvre à destination d'une population municipale où la précarité, le chômage et la misère ne cessent de grimper.

Dans ce journal la barrière du pire est constamment franchie. Le dernier en date au moment où ces lignes sont écrites, celui du 15 octobre 2015, atteint des sommets qui n'avaient jusqu'alors été atteints que par quelques obscurs magazines d'extrême-droite tel Minute. Le « dossier » spécial sur les opposants à Robert Ménard, long de 5 pages à la violence inouïe, est une mise au pilori de militants associatifs dont le crime principal reste de s'opposer comme des centaines de biterrois à l'action du Maire.

A l'aide de photos, de copies d'écran et d'extraits partiaux de leurs publications sur les réseaux sociaux, il se prête à tous les amalgames pour tenter à la fois de décrédibiliser leur action et de diviser la colère populaire qui monte à Béziers comme dans tout le pays. Pire, il cible nominalement ces 3 militants et les dirigeants locaux et nationaux du PCF au travers d'un véritable appel à la haine, une véritable opération de fichage des opposants digne des pratiques de la CIA. Robert Ménard a décidément été à bonne école !

Qu'est-ce que Robert Ménard ne peut supporter chez ces militants, avec lesquels nous nous retrouvons dans certaines actions politiques :

  • S'opposer à sa politique. Ménard en bon autocrate ne tolère pas que de nombreuses manifestations aient déjà eu lieu contre son action, rassemblant une large et diverse représentation de la classe populaire de la ville.

  • Militer contre les politiques impérialistes, racistes et meurtrières de l'État d'Israël. En colportant les arguments de la bourgeoisie pour qui la solidarité internationale est de l'antisémitisme.

  • Militer contre l'islamophobie. Ménard s'assoit régulièrement sur les principes de laïcité (crèche, messe de la Féria) dont le premier est la neutralité religieuse de l'État et ses collectivités dans le respect de toutes les croyances.

Depuis qu'il est élu, Robert Ménard aura donc montré un large panel de ses capacités à diviser la population biterroise. Pendant que les médias sont focalisés sur ses provocations, son incapacité à endiguer la montée de la précarité dans notre ville passe presque inaperçue. C'est la mise en pratique des politiques prônées par la famille millionnaire Le Pen, trouver des boucs émissaires à la crise du capitalisme, diviser la population exploitée pour assurer dans la destruction sociale et sociétale la pérennité d'un système basé sur les inégalités et l'exploitation.

Il aime assommer de chiffres, souvent mensongers ou tronqués, les biterrois dans le JDB. Pourtant, deux statistiques, tirées de l'INSEE, n'ont jamais été citées dans les pages du journal. Plus de 22% de la population active de la ville est au chômage (moyenne nationale 9,7%), plus de 39% chez les jeunes (moyenne nationale 20,3%). 32% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, 1/3 de la population ! Voici donc la réalité biterroise, celle que les exécutant locaux de l'extrême-droite refusent de voir et de prendre en compte, confortablement installés dans les beaux quartiers !

L'extrême-droite, le FN, est plus que jamais la solution pour les riches de maintenir leur mainmise sur la société. Pendant longtemps ils pensaient avoir gagné la bataille idéologique, ils pensaient que le recours au fascisme servirait de bouclier en temps de crise. Une chemise déchirée, quelques mobilisations populaires ont récemment prouvé que la conscience de classe et la solidarité n'ont pas disparu. Travaillons à les renforcer, pour notre avenir, pour poser les bases d'une société meilleure.

Nicolas Cossange

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