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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 14:27

 

 

 Lu sur Forez-info

 

Cela reste d'actualité.

 

Écrit par Roger Fiasson   en 2008

1953-2008. Plus d'un demi-siècle s'est écoulé depuis les évènements racontés ici. A l'époque, la monnaie s'échangeait en francs (anciens encore) et il n'y avait pas de Premier Ministre mais un Président du Conseil. Celui en fonction se nommait Joseph Laniel, adhérent à un parti de droite proche du Centre National des Indépendants et Paysans d'Antoine Pinay. Ce Laniel fut député du Calvados de 1932 à 1958. Il s'est distingué, lui aussi, en votant les pleins pouvoirs à Pétain en juillet 1940. Il "atterrit" dans la Résistance quelques années plus tard comme le firent certains hommes politiques de la IIIe République lorsqu'ils sentirent le vent tourner. Il s'opposa aussi à l'impôt sur le capital. Vous voyez que la droite actuelle n'a pas changé. Il devint président du Conseil des Ministres le 27 juin 1953.


Cela débute fort

Le 4 août 1953, les postiers de Bordeaux déclenchent une grève illimitée et le gouvernement réussit l'exploit de mettre dans l'action quatre millions de salariés pendant un mois. Le président de la République, le premier depuis la Libération, était Vincent Auriol, de la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière), ancêtre du Parti Socialiste. La configuration politique du gouvernement était à droite. Il n'y avait à gauche que le PCF, la SFIO naviguant de gauche à droite en participant parfois à des exécutifs classés à droite.

Quelques jours avant

Nous sommes le lundi 13 juillet 1953. La majorité de droite des députés s'octroie 25 000 francs d'augmentation par mois et un treizième mois d'allocations familiales. Le cartel des travailleurs des secteurs publics et nationalisés appelle à des arrêts de travail pour le mercredi 15 juillet. Les cheminots des Réseaux Secondaires Nord et Nord-Est débrayent à 100 %. C'est le quotidien communiste de Saint-Etienne Le Patriote qui l'annonce. Les réseaux secondaires sont de petites lignes ferroviaires dépendant soit de la SNCF, soit du privé. Dans notre région, c'est ce qu'il fut coutume d'appeler le tacot à cause sans doute de sa petite vitesse. Elles desservaient entre autres les localités de Montfaucon, Lamastre, Le Cheylard.

Août 53

Le journal La Tribune, quotidien à tendance radical socialiste, écrit le 4 août: " Le gouvernement veut un redressement économique et financier. Deux trains de décrets sont prévus: un vers le 15 août, l'autre un mois plus tard. L'un de ces décrets prévoit le recul de l'âge de la retraite pour les fonctionnaires et les services publics."
Décidément, la droite a de la suite dans les idées réactionnaires. Est-il besoin de connaître ce que Sarkozy a réussi à obtenir en 2007 ?

Mais les salariés ne sont pas décidé à se laisser faire. Ce jour-là, la grève est effective dans les services publics. Le conseil supérieur de la fonction publique examine les projets gouvernementaux concernant les services publics, les fonctionnaires, la santé. Le 6 août, le gouvernement prévoit pour 1954 un déficit budgétaire de 870 milliards de francs (6 milliards d'euros, comparaison tout à fait relative compte tenu de la valeur des monnaies cette année-là) et envisage des mesures sévères sur les budgets civils et militaires. Tiens, tiens, ne retrouve-t-on pas les mêmes recettes en 2008 ! Les PTT sont toujours dans l'action (la poste et le téléphone étaient alors une même entreprise tout comme EDF et GDF). Elle est largement suivie (La Tribune du 6 août 1953). Le 7 août, Le Patriote informe que les postiers sont en grève totale à Saint-Etienne. Les syndicats cheminots stéphanois sortent un appel unitaire pour cesser le travail du 7 août à minuit jusqu'à 8h du matin. Le communiqué est signé CGT Duchesne, CFTC Riocreux (la CFDT n'existait pas encore), pour les Cadres Autonomes Derive Dury pour FO. Il y a grève aussi à l'Arsenal de Roanne, à EGF Loire, chez les mineurs.

La Tribune de ce même jour estime que deux millions d'employés des services publics sont en grève de 24 heures, tandis qu'elle gagne toute la France pour les PTT. Les syndicats déclarent se trouver en état de légitime défense, alors que le gouvernement réquisitionne le personnel dans les centraux téléphoniques...

Dans un message, Laniel menace "en mettant en garde contre les rumeurs alors qu'il n'a pas encore été statué sur les mesures à prendre... et accuse les syndicats d'utiliser les fonctionnaires pour empêcher les réformes et remises en ordre nécessaires". Aujourd'hui, ce sont les usagers qui sont pris en "otages" par les organisations syndicales.

Le 8 août, les deux quotidiens présentent la situation de manière différente. La Tribune donne les commentaires suivants: "La CGT qui brûle d'exploiter le bénéfice de ces grèves a demandé aux cheminots et aux fonctionnaires de ne pas travailler aujourd'hui... Dans les chemins de fer où la CGT est puissante la situation est incertaine..." Le Patriote précise " que la Fédération CGT ne signe pas d'ordre de reprise" et s'attarde sur les revendications des cheminots: "non au recul des limites d'âge et aggravation des conditions de travail, de mise à la retraite, licenciements d'auxiliaires, avec l'arrêt de tout avancement et la compression des effectifs, atteinte au régime de Caisse de Prévoyance, démembrement."

En 2008, il y a moins de 180 000 cheminots. En 1953, les employés du chemin de fer étaient environ 400 000. L'âge de la retraite est repoussé de plus de deux ans et demi pour le moment.

Le 8 août, La Tribune annonce que FO et la CFTC donnent l'ordre de reprise aux cheminots et aux services publics. Mais la CGT appelle à continuer la grève sur cette journée. Le Patriote nous apprend que les postiers renvoient les ordres de réquisition. Nous verrons plus loin ce qui s'est passé à ce sujet avec les cheminots. Par contre, ceux de Saint-Etienne décident avec la CGT, la CFTC, les Autonomes et FO une grève illimitées dès minuit le 11 août 1953 et cette nuit-là, un appel à tous les cheminots est ainsi rédigé: " le gouvernement vient de prendre un premier train de décrets. Messieurs Laniel, Reynaud, Faure n'ont pas l'intention de s'arrêter là. Notre statut est mis en cause (limite d'âge et calcul pour la retraite). Nous appelons à la grève immédiate dans l'unité et jusqu'au succès."

Il est signé par Duchesne et Gallet (CGT), Vallat (FO) et pour la FGAAC (conducteurs autonomes) par Glaise et Michel.

Au niveau national les Fédérations CGT et FO demandent une cessation immédiate du travail dans les chemins de fer.  Malgré tout, le gouvernement lance le 11 août le premier train de décrets et prend des mesures pour réquisitionner certaines catégories de personnels à la SNCF et aux PTT. Le 12 août, La Tribune rend compte d'une allocution prononcée par le Président du Conseil. Il déclare notamment: " Je dis non à la grève... La grève ne sert à rien... Nous voulons une France prospère... Je vous pose simplement la question: est-ce normal que des services publics en arrivent à compter autant d'agents retraités qu'en activité ! Nous croyons que l'oeuvre que nous avons commencée est salutaire, nous croyons que notre devoir est de la poursuivre."

Que disent Sarkozy et Fillon en 2008 sinon la même chose. Le 17 août, La Tribune parle d'un échange avec les centrales syndicales "libres" (les guillemets sont le fait de la rédaction de l'IHS). Laniel déclare que "les caisses sont vides et qu'il n'y aura pas de discussion sans reprise du travail..." Vous avez dit caisses vides, c'est bizarre, comme c'est bizarre. Il y a peu quelqu'un a dit la même chose. Plus de 50 ans après on retrouve les mêmes arguments réactionnaires et les mêmes méthodes de pourrissement des conflits.

A deux heures du matin, dans la nuit du 20 au 21 août, profitant d'une reprise des négociations, FO et CFTC signent un accord et demandent la reprise du travail pour le 21. La CGT maintient la grève. La Tribune estime que cela crée une indécision syndicale à la base suite au flou des accords et de certaines sanctions non levées. De multiples réunions essaient de préciser l'interprétation à donner aux accords. Le gouvernement apporte aussi quelques précisions et abandonne certaines sanctions.

Face à ces multiples manoeuvres, la grève s'effrite. Le Patriote le 26 annonce que la CGT "organise la reprise du travail suite à la trahison de la CFTC, FO et Cadres Autonomes ordonnant la fin du conflit dans la nuit du 20 août alors que tous les services SNCF étaient bloqués." La Fédération Autonome des mécaniciens et chauffeurs prend la même décision le 23 août.

Dans la métallurgie, les mines, le gaz et l'électricité, le bâtiment, les transports, le mouvement revendicatif est toujours aussi puissant. La Fédération CGT s'adresse aux cheminots: " Organisez la reprise du travail en bloc et sous d'autres formes, dans l'unité, continuez la lutte pour les revendications, contre les décrets-lois, les sanctions." Le 6e secteur CGT (structure syndicale regroupant les syndicats cheminots de la Loire et d'une partie de la Haute-Loire) déclare dans Le Patriote du 26 août: "seule la CGT au quinzième jour de grève reste dans la lutte."


 

Il y avait 17 000 locomotives avant la guerre. A la Libération, il n'en reste que 3000. En 1946, dans le cadre du Plan Marshall, la France commande 1340 locomotives 141 R aux Etats-Unis et Canada. 1323 seront livrées.17 resteront au fond de l'Atlantique suite au naufrage du bateau les transportant. Très goumande en charbon, énergie rare et chère à l'époque, 603 verront leur chauffe charbon passer au mazout. En mai 1946, un magnifique prototype 242 A1 sort des ateliers de La Péronnière de Saint-Chamond, filiale des Aciéries de la Marine. Conçue par André Chapelon, elle restera un exemplaire unique, utilisée jusqu'en 1954, détruite trois ans plus tard. Toutes les usines de la vallée du Gier et de l'Ondaine ayant contribué à sa réalisation disparaîtront au fil des années suivantes avec la mise en place de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier. En 48, ce sont les Ateliers du Creusot (Schneider) qui construiront 35 locomotives de type 241 P dont les dernières circuleront sur le réseau jusqu'à la fin des années 60. Dès 1953, la SNCF envisage le remplacement de la traction vapeur. La locomotive Diesel de moyenne puissance apparaît comme la meilleure solution en traction autonome avec les BB 63000.

Photo Dazaud St-Etienne, archives IHS 42, Claude Liogier.

 

Conséquences et solidarité

Le PCF et la SFIO demandent la convocation de l'Assemblée Nationale. Des dirigeants CFTC et Autonomes cheminots adhèrent à la CGT. On retrouvera le même phénomène en 1995 d'adhésions à la CGT de syndiqués CFDT suite au lâchage par cette organisation syndicale de la grève des cheminots. Marcel Thibaud, secrétaire général de l'Union Départementale CGT signale 74 adhésions aux métaux Papenaud à Rive de Gier, 30 aux PTT de Saint-Etienne, des dizaines chez les cheminots. Le 6e secteur CGT utilise Le Patriote du 9 août 1953 pour exiger la réintégration de deux cheminots, Achard, mécanicien au dépôt de Roanne accusé de sabotage pour avoir, sur ordre du comité de grève, tombé le feu aux machines de ce dépôt, afin d'empêcher leur avarie. L'autre est le dénommé Vilette, à Melun, accusé de menaces et insultes.

La CGT signale aussi que deux cheminots, malades pendant la période de grève, sont avisés qu'ils étaient considérés en absence illégale et sans solde jusqu'à la fin de la maladie. Le Patriote du 25 septembre insère un communiqué de la CGT Saint-Etienne signé René Bacher et Chazalet, de la CFTC (Escot et Mazière), FO (Lorton) et Cadres Autonomes (Derive) s'élevant contre les sanctions punissant les cheminots n'ayant pas répondu aux ordres de réquisition. Les travailleurs des Forges et Aciéries de la Marine par Lucien Marcon apportent 2262 francs afin d'aider à la lutte contre la répression. Celle-ci continue puisque Le Patriote dans son édition du 5 octobre donne l'information du syndicat CGT de Saint-Etienne que quatre cheminots comparaissent devant le conseil de discipline. Le lendemain, le même journal informe que la Fédération CFT appelle à des actions à partir de ce même jour pour le paiement des jours de grève, l'annulation des sanctions, l'abrogation des décrets-lois, l'augmentation des salaires, retraites et pensions. L'Assemblée Nationale se réunit en session extraordinaire. Le groupe communiste dépose une motion de censure concernant les décrets-lois sur les statuts, les sanctions, les retenues sur salaires. La SFIO refuse de s'y associer.

Le 14 octobre, Le Patriote annonce que le secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, Raymond Tournemaine, est convoqué chez un juge d'instruction à propos des réquisitions en application de la loi du 11 juillet 1953. Cette loi porte sur l'organisation générale de la nation pour le temps de guerre. Pierre-Louis Berthon explique plus loin comment furent utilisées les réquisitions contre les cheminots.


 

La même chose vue par la C.G.T.

Pour connaître le point de vue de la CGT, il y a un ouvrage de référence publié en 1967 par les Editions Sociales: Les cheminots dans l'histoire sociale de la France, de Joseph Jacquet qui fut président de l'Institut d'Histoire Sociale C.G.T. de Rhône-Alpes.

Nous sommes en 1953.  " Le printemps se termine par une poussée de fièvre et annonce un été chaud. Ethel et Julius Rosenberg meurent, assassinés par les forcenés de la guerre froide et de l'anticommunisme... Après trente six jours de marchandage, Joseph Laniel devient le cinquième président du conseil de la seconde législature de la IVe République. Doté de pouvoirs spéciaux, cet industriel normand fortuné va tenter l'impossible. Il croit pouvoir bénéficier de deux avantages: la division des forces syndicales au niveau des directions fédérales et confédérales et les vacances; il attaque donc de front par une série de mesures dont le moins qu'on puisse en dire c'est qu'elles sont impopulaires: augmentation des impôts et des loyers, attaques contre la Sécurité Sociale et les régimes de retraites particuliers.

La commission administrative de la C.G.T. réunie le 23 juillet appelle les travailleurs à riposter dans l'unité; ainsi s'engage un processus qui conduira la classe ouvrière à mettre en échec une partie des plans gouvernementaux. A l'initiative du bureau confédéral, la journée du 4 août, date de la réunion du conseil supérieur de la Fonction publique, est retenue comme journée nationale d'action; l'abstention des dirigeants confédéraux de Force Ouvrière gêne un peu et la journée revêt un caractère de lutte unie en particulier chez les postiers. Le 5 et les jours suivants le travail ne reprend pas aux PTT de Bordeaux qui entraînent dans leur sillage les fédérations postales, celles du Gaz et de l'Electricité, celle des Cheminots, pour 48 heures au grand dam de la bourgeoisie qui se sent trahie par Force Ouvrière (de l'aveu même du journal Le Figaro du 7 août traitant les consignes de légères et peu réfléchies).

Le décret 53.711 recule l'âge de la retraite pour les entreprises nationalisées; il atteint les cheminots dans ce qui leur tient le plus à coeur, leur régime de retraite de 1911 et déclenche la seconde phase de la bataille. Les 8 et 9, le travail n'a pas repris en totalité et le 10, le Bureau fédéral CGT décide la grève générale. Une nouvelle "bataille du rail" commence-t-elle en ce jour anniversaire de la grève insurrectionnelle de 1944 ? Force Ouvrière passe outre aux exclamations de fureur de la presse bourgeoise à son égard et décide d'entrer dans la grève le 11 à minuit, la CFTC le 12 à midi et les cadres autonomes le 13 après avoir consulté leurs adhérents par référendum."

La C.G.T. estime à quatre millions de grévistes le 4 août sur un mot d'ordre simple: faire échec aux pouvoirs spéciaux. La répression ne ralentit pas le mouvement. 100 trains seulement par jour sont mis en service jusqu'au 22 contre 12 à 15000 ordinairement.

En pleine période de vacances, des milliers de postiers, de cheminots, de gaziers et électriciens sont dans des actions de toutes sortes: meetings, défilés. Des travailleurs ont mis fin à leurs vacances dès l'annonce de la parution des décrets-lois. Il manque 8 noms pour que l'Assemblée soit convoquée en session extraordinaire. La solidarité s'organise et des comités d'aide aux grévistes se constituent. Les femmes de cheminots se regroupent en associations et manifestent aux côtés de leurs maris.

 

Le ver est mis dans le fruit

Au 14e jour de la grève des postiers, le mardi 18 août, le bureau confédéral CGT adresse une demande d'audience au Président du Conseil. Le même jour, Laniel reçoit les dirigeants de F.O. et de la C.G.C., tandis que le président du groupe M.R.P. (Mouvement Républicain Populaire, d'obédience chrétienne et ancêtre du MODEM d'aujourd'hui) Robert Lafont discute avec la CFTC. C'est ce qui fut appelé le temps des "bons offices" et le processus de liquidation de la grève est amorcé. La nuit du 20 au 21 août amène la trahison des engagements pris devant des millions de travailleurs en lutte. Le 21, les fédération FO et CFTC des P.T.T. et des cheminots ordonnent la reprise du travail. Le 24, la Fédération Autonome des Agents de Conduite, la CFTC et FO signent un communiqué invitant à la reprise du travail le 24 à partir de 20h. Cette décision provoque une réaction violente des cheminots qui avaient décidé à l'appel de la CGT, mais aussi de militants de base CFTC et FO, de poursuivre le mouvement.

Ce compromis accepté par les deux confédérations ne parle même pas de la levée des sanctions et poursuites judiciaires. Seule est admise la convocation de la commission supérieure des conventions collectives. L'action se poursuivra dans la quasi totalité des centres ferroviaires, dirigée par des comités de grève constitués avec des responsables de toutes les organisations syndicales des inorganisés. Des cars emmènent des délégués à Paris à l'Assemblée Nationale et auprès des directions fédérales ayant capitulé.

Mais le ver a atteint le fruit dans sa consistance. Trois semaines de grève apportent des fins de mois difficiles. L'unité à la base se devait d'être préservée. C'est pourquoi il y avait nécessité de décider la reprise du travail. Les Fédérations des cheminots, des métro-bus et des postiers la fixe au 26 août, celle de l'éclairage au 27. La rentrée s'effectue avec le soucis de poursuivre la lutte par l'intermédiaire des comités de grève transformés en comités d'unité d'action. Le travail reprend après le défilé des grévistes sanctionnés en tête des cérémonies devant les plaques commémoratives des victimes de la guerre et de la barbarie nazie. Les résultats restent néanmoins appréciables: abandon des décrets-lois, donc le régime de retraite sauvé, augmentation de 15% des traitements les plus bas, renoncement aux attaques contre la Sécurité Sociale et réunion de la Commission supérieure des conventions collectives; après deux ans de vaines réclamations le salaire minimum est augmenté de 45% (de 100 à 145 F).

Dessin de Michel Gagliano publié dans "Le Train de 1968" de Roger Fiasson. Des cheminots sont revenus de vacances exprès pour participer à la grève.


Le témoignage d'un acteur de l'époque

Pierre-Louis Berthon avait vingt-cinq ans au moment des faits. Il reste l'un des rares témoins survivants ayant participé en tant que dirigeant syndical à cette grève. Il était alors délégué du personnel et membre du bureau syndical. Il y avait parmi les dirigeants des militants dont il n'a pas oublié le nom: Louis Eymery, Louis Duschesne, Emile Bernard, Philippe Freycon. Il travaillait alors à saint-Etienne Châteaucreux.

Comment a-t-il vécu cette grève ? Très bien parce que massive et unitaire. Les relations avec la hiérarchie de la SNCF n'étaient pas tellement bonnes et sujettes à affrontements, beaucoup plus abruptes que maintenant. Celles avec les autres organisations furent bonnes jusqu'à la fin de la grève où elles devinrent plus conflictuelles. Les réquisitions étaient choquantes car nous sortions juste d'un conflit mondial où les cheminots ont tant donné pour la liberté et le combat contre l'occupation. Peu d'années auparavant, il y avait encore des tickets de rationnement. Les premières réquisitions ont été envoyées aux cheminots de la base, épargnant les dirigeants syndicaux. C'était un processus vicieux et une tentative de division entre la masse des salariés de l'entreprise et leurs responsables. Ces derniers ne reçurent leur ordre de reprise du travail que la veille ou le jour même où furent signés les accords de trahison. Il faut préciser que les réquisitions envoyées aux cheminots n'eurent pas beaucoup d'effet. Si certains retournèrent au labeur, la plupart se mirent à nouveau en grève après discussion avec les dirigeants du syndicat. La manoeuvre de la SNCF était claire: d'abord séparer les salariés de leurs responsables et ensuite essayer de punir ces derniers qui, on s'en doute, ne répondraient pas à l'ordre de réquisition. La solidité du mouvement mit en échec ces intimidations. A Saint-Etienne, il n'y avait pas loin de 1000 cheminots. Ce nombre et la force du mouvement était irrésistible. Et pourtant il fut déclenché au mois d'août en pleine période des vacances. Les voyageurs étaient-ils pour autant "pris en otages" comme il est devenu coutumier d'utiliser ce terme pour le moins exagéré lorsque des voyageurs sont gênés dans leurs déplacements. Y a-t-il une différence par rapport à Mai 68. Oui pour deux raisons essentielles: d'abord les objectifs de la grève n'étaient pas les mêmes. En 53, il s'agissait de sauver le régime de retraite des cheminots. Et en cette année là, l'action se fit sans occupation des lieux de travail, contrairement à 1968.

Plus de 50 années ont été nécessaires pour que la droite arrive à ses fins. Les cheminots de 53 par leur détermination, leur unité à la base ont mis en échec une tentative rétrograde sur leur avenir. S'il est vrai que le nombre est maintenant plus petit, peut-il être moins efficace si la conscience de classe l'emporte sur l'instinct et si le mouvement syndical s'explique sur la bataille des idées ?


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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 17:48

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Ils ont marqué l’histoire du football, et pas seulement par leur jeu. Socrates au Brésil, Carlos Caszely au Chili, Robbie Fowler au Royaume-Uni : ces joueurs se sont engagés à leur manière en faveur des opprimés. Les deux premiers contre les dictatures latino-américaines, le troisième en faveur des dockers en grève de Liverpool. A l’heure où le foot est totalement dominé par l’argent et une logique économique malsaine, ces trois portraits nous rappellent qu’une autre conception du football est possible. En partenariat avec Fakir Éditions à l’occasion de la sortie du livre « Comment ils nous ont volé le football ».

Chili : un footballeur contre Pinochet

« Très peu de sportifs se sont fait connaître pour des prises de positions politiques ou sociales. Par peur. Parce qu’ils ont peur qu’on leur fasse payer. C’est d’ailleurs ce qui m’est arrivé. Je continue de payer la note aujourd’hui car j’ai cru à la valeur de la démocratie. » Chili, 11 septembre 1973. La junte militaire renverse par un coup d’État le socialiste Salvador Allende, élu démocratiquement. Durant les dix-sept années de dictature qui vont suivre, un joueur de football s’oppose au régime : le buteur vedette de l’équipe chilienne, Carlos Caszely. Sa notoriété devient une arme politique, d’autant qu’il dispose d’un avantage : il joue en Espagne, lorsqu’il revient au Chili les micros lui sont tendus et il critique ouvertement le régime. « Je n’ai pas hésité un instant à quitter le Chili. Je n’aurais pas pu alors dire tout ce que j’ai dit à l’époque, explique-t-il. J’étais la voix du peuple qui souffrait. »Car les Chiliens manquaient bel et bien de soutien. Même dans le football.


Le Stade de la Mort


En novembre 1973, juste après le coup d’Etat, l’Union Soviétique doit se rendre au Chili pour un match de barrage. Qui devrait se tenir à l’Estadio Nacional, rebaptisé « le Stade de la Mort » : y sont détenus, et torturés, les prisonniers politiques. Impossible de jouer dans ces conditions, estime la fédération russe.


Le journaliste chilien Vladimir Mimica, alors emprisonné, se souvient : « Nous on dormait juste au-dessous de ces tribunes. C’était la grande incertitude, on ne savait pas ce qu’allait être notre avenir, notre destinée. Plusieurs compagnons qui étaient partis à l’interrogatoire ne sont jamais revenus. Beaucoup d’entre nous ne s’étaient jamais vus, mais nous avions tous un dénominateur commun : nous avions soutenu Salvador Allende. »


Gênée, la Fifa tergiverse puis, après une rapide visite, décrète qu’au Chili « le cours de la vie est normal, il y a beaucoup de voitures et de piétons, les gens ont l’air heureux et les magasins sont ouverts ». Quant à « l’Estadio Nacional », la délégation n’y voit qu’ « un simple camp d’orientation ».


L’URSS refuse, néanmoins, de se déplacer. S’ensuit alors le match le plus ridicule de l’histoire : devant quarante mille spectateurs, l’équipe chilienne entre seule sur la pelouse et entame un match sans adversaires ! Au bout d’un moment, Francisco Chamaco Valdes pousse la balle dans le but vide. La Fifa avalisa le score de 1-0 et la qualification du Chili. Carlos Caselzy en garde un goût amer : « Ça a été le show le plus débile qui ait eu lieu. Et j’ai été acteur de ce show. »



Refus de serrer la main de Pinochet


Qualifiée pour le Mondial de 1974 en Allemagne, la sélection chilienne est reçue par le général Pinochet en personne avant son envol pour l’Europe. Carlos Caslezy décide de frapper fort : « D’un coup les portes s’ouvraient et il y avait ce type avec une cape, des lunettes noires et une casquette. Avec une figure aigre. Sévère. Il commence à marcher… Et à saluer les joueurs qualifiés pour le Mondial en Allemagne. Et quand il arrive très près, très près, je mets mes mains derrière moi. Et quand il me tend la main, je ne lui serre pas. Et il y a eu un silence qui pour moi a duré mille heures. Ça a dû être une seconde ? Et il a continué. Moi, comme être humain, j’avais cette obligation parce que j’avais un peuple entier derrière moi en train de souffrir, et que personne ne faisait rien pour eux. Jusqu’à arriver à un moment où j’ai dit stop… Non à la dictature ! Au moins, laissez-moi protester. Au minimum, laissez-moi le dire. Au minimum, laissez-moi dire ce que je ressens. »

Carlos-Caslezy-.jpg

Son geste, l’attaquant le paiera très cher. À son retour d’Europe, sa mère lui confie, en larmes, qu’elle a été arrêtée et torturée. Le joueur ne peut y croire : « Je lui ai dit "arrête maman il ne faut pas plaisanter avec ce genre de choses". Elle m’a montré sa poitrine avec ses brûlures et j’ai pleuré comme un enfant. Ils m’ont fait payer ça sur ce que j’avais de plus cher. Ma mère. »

Le clip thérapie

En 1988, Pinochet organise un référendum pour sa réélection. Carlos Caszely enregistre un clip de campagne, avec sa mère qui témoigne, pour que le peuple vote « non », contre le général.« Ce clip fut une libération pour ma mère. Elle a pu dire les choses publiquement et j’ai senti que ce fut une forme de thérapie », confie-t-il. Cette prise de position, d’une icône nationale, a un grand impact sur les Chiliens. Selon les analystes, elle aurait convaincu près de 7% des indécis à voter « non ». Le 6 octobre, les résultats tombent : 44,01 % des voix aux partisans de Pinochet, contre 55,99 % à ses adversaires victorieux. Caszely l’emporte après les prolongations… [1]

Brésil : Socrates et la démocratie maintenant !

« Au départ, nous voulions changer nos conditions de travail, puis la politique sportive du pays, et enfin la politique tout court. » Ainsi parlait Socrates. C’est que sous la dictature militaire, il a vite compris vite le sens du mot « engagement » : « Quand je suis rentré au lycée à 16 ans, j’ai vraiment ressenti la répression. Il y avait des camarades de classe qu’il fallait cacher, d’autres qui s’enfuyaient. » Diplômé de médecine, il poursuit en parallèle une carrière de footballeur aux Corinthians de Sao Paulo.


Un coach élu par les joueurs


Alors que le club végète, sa présidence échoit, en 1981, à un jeune sociologue, Adilson Monteiro Alves, déjà passé par la case prison. Sa technique surprend : il redistribue les bénéfices et surtout, il demande l’avis des joueurs, les fait choisir eux-mêmes leur coach ! « Dès le début, il nous a expliqué qu’il serait toujours à notre écoute, se souvient Wladimir. Avec Socrates, nous y avons vu l’occasion d’exprimer nos sentiments. Entre nous, on ne parlait pas forcément de politique, mais plutôt de la structure du foot brésilien, qui était très archaïque, avec les pouvoirs très concentrés au niveau de la fédération. Alors, de fil en aiguille, nous avons établi un système dans lequel chaque décision serait soumise au vote et où les simples employés du club auraient le même poids que les dirigeants. On organisait des réunions au siège du club à chaque fois qu’une décision importante devait être prise. »

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Ces assemblées réunissent les joueurs, les dirigeants, jusqu’aux chauffeurs de bus.« Nous voulions dépasser notre condition de simples joueurs travailleurs pour participer pleinement à la stratégie d’ensemble du club, raconte Socrates. Cela nous a amenés à revoir les rapports joueurs-dirigeants. Les points d’intérêt collectif étaient soumis à la délibération. »


« Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie »


Les résultats suivent. L’équipe remporte deux championnats de suite, en 1982 et 1983. Dès lors, d’autres clubs cherchent à appliquer cette recette magique : Palmeiras et le FC Sao Paulo d’abord. Puis le mouvement gagne Rio et le plus grand club du pays, Flamengo. Mais surtout, le phénomène se propage hors du football. Alors que la publicité apparaît sur les maillots de foot, les Corinthians floquent les leurs d’un simple mot : « Democracia ». Et en 1983, à l’occasion de la finale du championnat opposant les Corinthians à Sao Paulo, l’équipe se présente sur le terrain avec une banderole : « Gagner ou perdre, mais toujours en démocratie. »

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« Socrates faisait tout pour qu’on cite notre mouvement en exemple et qu’il s’étende à d’autres sphères de la société brésilienne, rapporte Zenon. Il donnait sans arrêt des interviews et expliquait notre fonctionnement pour que les gens comprennent qu’il était possible d’avoir une vision collective et démocratique des choses, qui allait à l’encontre du système de la dictature militaire, où c’était chacun pour sa gueule. »C’est une émancipation que décrit le capitaine, les joueurs s’exprimant « avec plus de liberté, de joie et de responsabilité. Nous étions une grande famille, avec les épouses et les enfants des joueurs. Chaque match se disputait dans un climat de fête. Sur le terrain, ils luttaient pour la liberté, pour changer le pays. Le climat qui s’est créé leur a donné plus de confiance pour exprimer leur art. »


Poings dressés


Socrates prend directement part au mouvement « Diretas Ja », pour « élections directes maintenant ». Le député Dante de Oliveira a, en janvier 1983, déposé un amendement, afin de permettre l’élection du président de la République au suffrage direct, et s’en est suivie une vague contestataire, des manifestants, par centaines de milliers, défilent dans les principales villes du Brésil. Le régime militaire déclare l’état d’urgence pendant soixante jours.

Socrates et ses compagnons des Corinthians deviennent des figures phares. « Il n’était pas là lors de la confection des panneaux pour les manifestations, mais il donnait de sa personne en assistant à toutes les réunions, en donnant des dizaines d’interviews pour inciter les gens au changement. Durant tout le temps qu’a duré le mouvement, il ne s’est pas entraîné normalement une seule fois. Il se sentait investi d’une mission ». Lors de sa mort, sur tous les stades du Brésil, une minute de silence a précédé les matches. Les spectateurs ont dressé le poing en l’air, comme le faisait le joueur quand il marquait un but. [2]

Royaume-Uni : pour les dockers de Liverpool

« Votre réaction lors du penalty sifflé vous fait honneur. C’est ce genre de réactions qui permettent de maintenir la dignité du jeu. » Le 20 mars 1997, l’avant-centre de Liverpool, Robbie Fowler est félicité par Sepp Blatter en personne. Lors d’un match contre Arsenal, il file seul et semble faucher par le gardien. L’arbitre siffle, mais l’attaquant conteste alors le penalty… en sa faveur ! « Non non non, proteste-t-il de la voix et des mains, le goal n’a pas commis de faute. » Mais l’homme en noir ne revient pas sur sa décision. Fowler frappe alors, mollement, le tir au but, le gardien le repousse, mais un partenaire met la balle au fond des filets. Pour ce geste, il recevra le trophée du fair-play de l’UEFA.

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Cinq jours plus tard, en revanche, le 25 mars, le même est blâmé par la Fifa : « C’est une règle stricte qu’un terrain de football n’est pas le bon endroit pour des démonstrations de nature politique. » Son tort ? Au printemps 1997, les dockers de Liverpool sont en grève, depuis près de deux ans. Robbie Fowler est un enfant du pays, pas un transfert. En quart de finale de la coupe des coupes, son équipe est opposée au modeste club norvégien de Brann. Le jeune attaquant marque et exhibe un T-Shirt rouge : « 500 dockers de Liverpool congédiés depuis 1995. » Son partenaire, Steve McManaman, lui aussi né à Liverpool, dans le quartier popu de Bootle, affiche le même maillot à la fin du match, et le défend : « Tout ce qu’on voulait, c’était donner un coup de main aux personnes qu’on connaît et qui ne reçoivent aucune paie. Robbie et moi avons offert notre soutien aux dockers, mais nous ne sommes pas assez arrogants pour croire que porter un T-Shirt ferait la différence. »


Réuni en urgence, le comité de discipline condamne Fowler à une amende de 2 000 francs suisses, et le club de Liverpool rappelle ses joueurs à l’ordre : « Les commentaires sur des questions extérieures au football sont inacceptables sur le terrain de jeu. » C’est qu’il y avait plus grave que la politique, dans cette affaire : le droit des marques était en cause. Les joueurs avaient, en effet, sur leur maillot, détourné le logo de Calvin Klein, « cK », avec « docKers », et le sponsor menaçait de porter plainte. Impardonnable. [3]

 

Extraits du livre Comment ils nous ont volé le football édité par Fakir Editions. Vous pouvez commander le livre (130 p, 6 euros) sur la boutique en ligne de Fakir.

 

Notes

[1] Sources : Les rebelles du foot, documentaire de Gilles Rof et Gilles Perez, 2012. « Chili-URSS 73, les fantômes du Nacional », Alexandros Kottis, les cahiers du football, 2006.

[2] Source : « Socrates larme à gauche », So Foot n°93, Février 2012.

[3] Sources : Libre-arbitre : onze histoires loyales ou déloyales du football mondial, Dominique Paganelli, Actes Sud, 2006. No Logo, Naomi Klein, Actes Sud, 2001




Lu sur le site BASTAMAG

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 01:47
Le débarquement du 6 juin 1944 du mythe d’aujourd’hui à la réalité historique
Par Annie Lacroix-Riz, historienne
 
Le triomphe du mythe de la libération américaine de l’Europe

En juin 2004, lors du 60e anniversaire (et premier décennal célébré au XXIe siècle) du « débarquement allié » en Normandie, à la question « Quelle est, selon vous, la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne » l’Ifop afficha une réponse strictement inverse de celle collectée en mai 1945 : soit respectivement pour les États-Unis, 58 et 20%, et pour l’URSS, 20 et 57% [1]. Du printemps à l’été 2004 avait été martelé que les soldats américains avaient, du 6 juin 1944 au 8 mai 1945, sillonné l’Europe « occidentale » pour lui rendre l’indépendance et la liberté que lui avait ravies l’occupant allemand et que menaçait l’avancée de l’armée rouge vers l’Ouest. Du rôle de l’URSS, victime de cette « très spectaculaire [inversion des pourcentages] avec le temps » [2], il ne fut pas question. Le (70e) cru 2014 promet pire sur la présentation respective des « Alliés » de Deuxième Guerre mondiale, sur fond d’invectives contre l’annexionnisme russe en Ukraine et ailleurs [3].

La légende a progressé avec l’expansion américaine sur le continent européen planifiée à Washington depuis 1942 et mise en œuvre avec l’aide du Vatican, tuteur des zones catholiques et administrateur, avant, pendant et après la Deuxième Guerre mondiale de la « sphère d’influence “occidentale” » [4]. Conduite en compagnie de et en concurrence avec la RFA (puis l’Allemagne réunifiée), cette poussée vers l’Est a pris un rythme effréné depuis la « chute du Mur de Berlin » (1989) : elle a pulvérisé les « buts de guerre » que Moscou avait revendiqués en juillet 1941 et atteints en 1944 (récupération du territoire de 1939-1940) et 1945 (acquisition d’une sphère d’influence recouvrant l’ancien « cordon sanitaire » d’Europe centrale et orientale, vieille voie germanique d’invasion de la Russie) [5]. Le projet américain avançait si vite qu’Armand Bérard, diplomate en poste à Vichy et, après la Libération, conseiller d’ambassade à Washington (décembre 1944) puis à Bonn (août 1949), prédit en février 1952 : « les collaborateurs du Chancelier [Adenauer] considèrent en général que le jour où l’Amérique sera en mesure de mettre en ligne une force supérieure, l’URSS se prêtera à un règlement dans lequel elle abandonnera les territoires d’Europe Centrale et Orientale qu’elle domine actuellement. » [6] Les prémonitions, alors effarantes, de Bérard-Cassandre, sont en mai-juin 2014 dépassées : l’ancienne URSS, réduite à la Russie depuis 1991, est menacée à sa porte ukrainienne.

L’hégémonie idéologique « occidentale » accompagnant ce Drang nach Osten a été secondée par le temps écoulé depuis la Deuxième Guerre mondiale. Avant la Débâcle, « l’opinion française » s’était fait « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” » transformant l’URSS en loup et le Reich en agneau. La grande presse, propriété du capital financier, l’avait persuadée que l’abandon de l’alliée tchécoslovaque lui vaudrait préservation durable de la paix. « Une telle annexion sera et ne peut être qu’une préface à une guerre qui deviendra inévitable, et au bout des horreurs de laquelle la France courra le plus grand risque de connaître la défaite, le démembrement et la vassalisation de ce qui subsistera du territoire national comme État en apparence indépendant », avait averti, deux semaines avant Munich, une autre Cassandre du haut État-major de l’armée [7]. Trompée et trahie par ses élites, « la France » connut le destin prévu mais ses ouvriers et employés, subissant 50% de baisse des salaires réels et perdant 10-12 kg entre 1940 et 1944, se laissèrent moins « dindonn[er] par les campagnes “idéologiques” ».

Ils perçurent certes les réalités militaires plus tard que « les milieux bien informés », mais, en nombre croissant au fil des mois, ils suivirent sur les atlas ou les cartes de la presse collaborationniste l’évolution du « front de l’Est ». Ils comprirent que l’URSS, qui réclamait en vain depuis juillet 1941 l’ouverture, à l’Ouest, d’un « second front » allégeant son martyre, portait seule le poids de la guerre. L’« enthousiasme » que suscita en eux la nouvelle du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (8 novembre 1942) était « éteint » au printemps suivant : « Aujourd’hui tous les espoirs sont tournés vers la Russie dont les succès remplissent de joie la population tout entière […] Toute propagande du parti communiste est devenue inutile […] la comparaison trop facile entre l’inaction inexplicable des uns et l’héroïque activité des autres prépare des jours pénibles à ceux qui s’inquiètent du péril bolchevique », trancha un rapport d’avril 1943 destiné au BCRA gaulliste [8].

Si duper les générations qui avaient conservé le souvenir du conflit était délicat, l’exercice est aujourd’hui devenu aisé. À la disparition progressive de ses témoins et acteurs s’est ajouté l’effondrement du mouvement ouvrier radical. Le PCF, « parti des fusillés », a longtemps informé largement, bien au-delà de ses rangs, sur les réalités de cette guerre. Ce qui en demeure en traite moins volontiers dans sa presse, elle-même en voie de disparition, voire bat sa coulpe sur le passé « stalinien » contemporain de sa Résistance. L’idéologie dominante, débarrassée d’un sérieux obstacle, a conquis l’hégémonie sur ce terrain comme sur les autres. La sphère académique n’oppose plus rien (voire s’associe) à l’intoxication déchaînée dans la presse écrite et audiovisuelle ou le cinéma [9]. Or, les préparatifs et objectifs du 6 juin 1944 ne sont éclairés ni par le film Il faut sauver le soldat Ryan ni par le long documentaire Apocalypse.  lire la suite

 

Lu sur le site "lafauteàdiderot"

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:34

 

Le c@rnet de Canaille le RougeLe c@rnet de Canaille le Rouge

 Publié le 24 Mai 2014

 

 

Le 27 mai ?
Ca vous dit quelque chose ?  

Pour Canaille le Rouge,

oui,

et à coup sûr

27 mai ? ça vous dit quelque chose ?
  • Il y aura 71 ans ce 27 mai se réunissaient ceux qui allaient faire décoller le missile du progrès social économique et culturel à partir d'un lanceur nommé lutte armée pour la libération du territoire, châtiment des traitres, réinstallation de la République mis par terre par ceux qui avaient offert les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 40.
  • Pas inutile ici d'en rappeler son article unique :

"L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie."

Aucun député communiste ne se fourvoiera dans cette trahison et pour cause  le PCF est dissout et ses députés emprisonnés par la grâce de ceux qui vont dans leur grande majorité collaboreravec le nazisme.


Depuis la fin de la guerre, les Résistants demandaient que la date du 27 mai, puisque première réunion du CNR, soit celle qui soit dédiée à la Résistance.
Seule promesse du Bourget qui a vu le jour, la loi du 19 juillet 2013 en a décidé ainsi.

On ne peut pas dire que cela se bouscule beaucoup pour en parler dans les média ni que beaucoup d'élus de la république, si prompts à inaugurer les chrysanthèmes se précipitent pour porter cette journée.
Comme si les morts de l'union sacrée de première étaient plus présentables que les fusillés massacrés déportés internés de la seconde. Comme si le refus de la boucherie de cette même première n'avait pas été un des terreaux de la Résistance à la barbarie nazie de la seconde engagée dès 1933 en Allemagne par la répression des communistes des démocrates des syndicalistes, poursuivie par la dimension raciste, anti-juive, anti-tzigane, anti-slave de la machine hitlérienne.

À Paris, la commémoration du 27 mai prend une tournure originale.

Ce sont les associations et organisations qui portent la mémoire du Comité parisien de la Libération (CPL présidé à la Libération par André Tollet secrétaire de l'UD CGT de la Seine Co-signataire de l'accord du Peureux de 1943) qui vont porter l'Histoire et honoreront les Résistantes et Résistants.

Parmi toutes les singularités de la Résistance en particulier parisiennes, notons que le mouvement syndical (seule la CGT a répondu aux organisateurs) et le syndicalisme seront présents dans l'Hôtel de Ville de Paris (une grande première) avec une exposition sur le syndicalisme en Résistance et la présence de plusieurs IHS de la CGT.

En peu de temps, les organisateurs nous disent avoir ouvert les portes de la mairie et du ministère des anciens combattants pour s'assurer de leur présence, obtenir parrainage et locaux.

La canaille ira voir sur place. Si vous en avez le loisir cela vaudra certainement le coup d'être vu.
Cette première célébration et d'ors et déjà, les échos positifs qui reviennent, sera certainement appelée à avoir des suites.

C'est tant mieux.

27 mai ? ça vous dit quelque chose ?
27 mai ? ça vous dit quelque chose ?

Rédigé par Canaille Lerouge

 

 

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 17:42

europe 27 mai

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 10:10

krasucki.jpg

 

Dette-prétexte, austérité en faveur du patronat, fiscalité à deux vitesses, casse de l'appareil productif, compétitivité pour légitimer la casse des acquis sociaux, l'Europe comme prétexte et instrument de cette œuvre de démolition : on croirait ce discours sorti d'un dirigeant syndical ou politique en 2014, pourtant c'était Henri Krasucki, c'était en 1989 !

 

C'est dire la pertinence de la grille d'analyse marxiste. C'est dire aussi le chemin parcouru par nos organisations de classe, CGT et PCF, depuis l'époque où ils combattaient l'Europe du capital, dénonçaient les illusions de l'Europe sociale.

 

En 1995, la CGT quittait l'internationaliste FSM pour rejoindre l'européiste CES en 2000.

 

En 2005, Bernard Thibault suivait Lord John Monks, secrétaire de la CES, et appelait à voter « Oui » à la Constitution européenne. En 2011, il signait un texte avec plusieurs syndicalistes européens pour appeler l'Union européenne à renouer avec l'esprit du « Traité de Rome » et du « Traité de Maastricht » !

 

Ici, nous vous proposons un extrait du rapport d'Henri Krasucki, alors secrétaire de la GGT, au 43 ème Congrès de la CGT.

Il choisit, en plein débat sur le Traité de Maastricht de commencer son rapport par une dénonciation claire et nette de l'Europe du capital, dénonciation des illusions de l'Europe sociale maintenue par certains à gauche, et certains syndicats.

Une vision prophétique de la France que nous connaissons aujourd'hui. A l'époque, la presse bourgeoisie titrait : « la CGT en guerre contre l'Europe ». Hélas, cela ne risque pas d'arriver aujourd'hui !

 

Introduction et retranscription AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

En vidéo, un extrait de la conférence de presse de Krasucki : http://www.ina.fr/video/CAB88033600

 

 

La France et l'Europe qu'ils veulent

 

Où en sommes-nous en France ?

 

Dans la mise en œuvre de sa stratégie, la grande bourgeoisie française ne cesse d'aller plus loin dans tous les domaines du recul social et national déjà mis en évidence par notre précédent congrès.

Si elle procède à des adaptations, qui tiennent compte de l'évolution de la crise, ses objectifs demeurent fondamentalement les mêmes. Une seule chose progresse, et de quelle façon, ce sont les profits. Mais c'est bien le but recherché.

C'est un fait universellement reconnu, mis en lumière par un récent article de la Vie Française qui accumule les superlatifs : « explosion des profits », « fantastiques profits », « véritable feu d'artifice », « 1988, année de tous les profits ».

Pendant ce temps, les travailleurs et la France subissent de plein fouet les conséquences des choix imposés par le grand capital et les gouvernements successifs. Pour les salariés, pour la masse des gens, c'est l'austérité atteignant pour certains l'intolérable.

Pour le pays, c'est le déclin, terme que constatent avec aigreur les plus hautes autorités de l’État mais que confirment les réalités profondes.

Qu'est aujourd'hui la France, parmi les puissances industrielles et mondiales au regard de ce qu'elle était il y a seulement 8, 10 ou 15 ans ?

Oui c'est bien l'austérité et le déclin, contreparties des choix opérés en faveur du profit et des facilités accordées au capital. Oui, il en résulte tout un ensemble d'agressions sociales dont le projet de document d'orientation donne un large aperçu.

On nous oppose ce que les uns appellent « embellie » et le Premier ministre « convalescence ». Il est vrai qu'on peut faire état d'un peu de croissance et d'un peu d'investissement d'ailleurs très sélectif et très orienté. Mais à quel prix !

Ces résultats trompeurs et qui risquent d'être fort éphémères ont été acquis contre l'emploi, contre le pouvoir d'achat, ils sont le fruit du recul social.

Durant ces années, cette politique a été menée sous des habillages successifs : assainissement, modernisation, puis, adaptation aux contraintes extérieures.

 

L'Europe et la France du recul social

 

Aujourd'hui, c'est au nom de l'Europe que patronat et gouvernement la poursuivent. Mais cette fois il s'agit plus seulement d'un prétexte.

C'est un objectif concret, qui se met pratiquement en place, et interfère de plus en plus sur la réalité économique et sociale de notre pays.

Comment dissocier, par exemple, ce qui se fait au niveau de la fiscalité contre les petits gens et les salariés au bénéfice du capital français, de l' « harmonisation fiscale » projetée au niveau européen ?

En diminuant de moitié l'impôt des plus riches, en majorant de 5 000 F par an en moyenne la contribution d'un couple salarié, en assujettissant à l'impôt 3 millions de Français aujourd'hui exonérés, c'est bien aux exigences de la grande bourgeoisie français que répondent celles de la construction européenne.

 

L'Europe de la jungle

 

C'est donc bien de la place de la France dans l'Europe que le grand capital veut nous faire, et que mettent en place les gouvernements successifs, qu'il est question aujourd'hui.

Il y a bien du monde pour présenter l'Europe comme un projet généreux, en agitant des idées qui ne nous sont en rien indifférentes, comme « progrès », « amitié entre les peuples », « solidarité internationale ». Mais ce qu'ils font, c'est tout autre chose !

Ce qu'ils veulent créer en vérité, c'est une zone de douze pays, délimitant un véritable terrain de chasse pour grands fauves. Ils pourront s'y affronter avec une férocité dont la valse des OPA nous donne quelque idée.

Dans cette lutte sans merci, des entreprises, des villes, des régions, peut-être des pays seront sacrifiés. Mais au-delà des contradictions, des rivalités, des affrontements entre capitalistes, dans cette jungle où régnera la loi du plus fort, le gibier ce sera avant tout les salariés.

Nous ne sommes plus seuls à dire qu'impératifs économiques, compétitivité sont autant de prétextes pour de bons apôtres qui ne pensent qu'à liquider au nom de l'Europe des conquêtes sociales qu'ils n'ont jamais digérées.

Il s'agit bel et bien d'éliminer tout ce qui peut entraver la course à des profits toujours plus grands, dont les capitalistes ne sont jamais rassasiés.

 

L'Europe du fric

 

Cette Europe, c'est celle du fric, où les multi-nationales régneraient en maîtres. C'est aussi celle où dominerait la RFA, tandis que les USA et le Japon auront les moyens d'y faire prévaloir leur puissance industrielle et financière.

Le Premier ministre de la France Michel Rocard affirme crûment cette réalité lorsqu'il déclare au grand journal ouest-allemand Spiegel : « Construire l'Europe c'est également reconnaître que l'Allemagne est la puissance économique dominante ».

Pour être carré, le propos n'en est pas moins scandaleux. C'est admettre que la France de cette Europe-là serait un pays économiquement dominé, amputant gravement de surcroît, sa souveraineté nationale sur l'autel des institutions européennes.

 

Et dans une optique semblable, quelle industrie pour notre pays ? Quels services publics ? Quelle recherche ? Quelle culture ?

Une industrie mutilée, repliée sur quelques créneaux, vassale des multi-nationales, avec comme conséquence un reflux massif des emplois industriels, une pénétration sans cesse accrue de notre marché intérieur.

Des services publics détournés de leur vocation naturelle qui est d'être au service des gens et de leurs besoins, démantelés, reconvertis en fonction des intérêts du grand capital. Les statuts annihilés, l'emploi public décimé.

La recherche réduite à la portion congrue, asservie à la rentabilité financière, à la recherche du profit. La culture bradée, la création soumise à la concurrence sauvage des sous-produits américains, par des mesures comme celle qui fait disparaître les quotas de 60 % d’œuvres européennes sur les télévisions des pays d'Europe.

 

La CGT est partie prenante à la lutte des créateurs, des artistes et des autres professions concernées pour l'identité culturelle de la France et de chacun des pays européens.

D'autres questions, toutes aussi graves sont posées. Quelle agriculture quand on sait que la disparition de la moitié des exploitations familiales est la note à payer pour les dix années à venir ?

Quel environnement lorsqu'on décrète la libre circulation des déchets toxiques, et qu'avec la suppression ou l'abaissement des normes on vise à la disparition des faibles et insuffisantes protections nationales contre la pollution ?

Et quel enseignement quand l'harmonisation fiscale européenne exige une diminution massive des dépenses publiques au moment où, comme le préconise la CGT, il faudrait pour combler les retards existants, construire des centaines d'établissements, embaucher près de 500 000 agents enseignants et non-enseignants, revaloriser les salaires de façon substantielle ?

Quelles régions enfin, alors qu'elles se trouvent de plus en plus directement confrontées au processus communautaire, et à ses conséquences dramatiques ?

 

Ce n'est pas en implantant les Schtroumpfs à la place des complexes sidérurgiques, en hébergeant, ici ou là, les Vikings, Astérix ou Mickey, en caressant près de 300 projets du même genre, qu'on résoudra les problèmes de l'emploi régional, et qu'on maintiendra la France comme grande puissance industrielle !

Pour la CGT, la place des régions est essentielle, parce qu'elles sont une cible et un moyen de l'intégration.

Mais aussi parce qu'en dépit des dégâts subis, la lutte peut permettre de défendre leurs propres atouts pour l'emploi et les activités utiles. Elle est une nécessité et peut aboutir à des succès.

Ces questions, chacun se les pose de plus en plus, à l'expérience de ce qu'il vit, de ce qu'il voit se produire quotidiennement. Mais pour comprendre ce qui se passe au quotidien, il faut avoir aussi clairement que possible ce qu'ils visent vraiment.

 

Le patronat annonce la couleur

 

Le grand projet du patronat français et européen, celui qui progresse dans les faits, jour après jour, c'est une France et une Europe du recul social. On a beaucoup subi, et l'inquiétude grandit devant ce qui s'annonce. Mais, ce qui se met en place est pire ce que s'imaginent la plupart de ceux qui s'inquiètent.

« Ne soyons pas naifs », nous dit le président du CNPF, M.Périgot. Et lui annonce la couleur, sans s'embarrasser de formules : « On va enfin dépoussiérer la société française, nous dit-il, la débarrasser de ses scories ».

« Quelle est la finalité de l'Europe, en matière sociale ? », ajoute-t-il, et la réponse est « à mon sens, c'est la flexibilité ». La grande erreur nous avertit M.Périgot serait de « rêver de vivre tous comme ceux qui vivent le mieux ».

Et devant ses pairs, aux assises du CNPF, il déclare : « Unie, l'Europe devra définir un nouveau type de rapports sociaux fondé sur la flexibilité, le respect des différences, l'épanouissement des aspirations individuelles.  Personne ne saurait gagner la bataille de l'Europe en préservant frileusement les acquis d'un monde aujourd'hui révolu. »

Les commentaires sont inutiles. M.Périgot dit tout, dans son langage de patron. L'Europe qu'ils veulent vraiment nous faire, c'est celle-là. La France qu'ils veulent, c'est celle qui accepte ce fantastique effondrement social.


Que valent alors les discours lénifiants que nous attendons par ailleurs ? Le Président de la République François Mitterrand affirme que « l'Europe sera sociale ou ne sera pas » et déclare qu'il « ne veut pas d'une Europe dans laquelle il y aurait une régression ».

M.Giscard d'Estaing se répand à son habitude en déclarations de bonnes intentions, tandis que le Président de l'Assemblée nationale, M.Laurent Fabius, affirme vouloir « l'Europe sociale vers le haut ».

C'est fou ce que les bonnes intentions peuvent s'afficher par les temps qui courent !


En réalité, c'est tout le contraire qui se fait, et tous le savent d'autant mieux que cela résulte des décisions sur lesquelles s'accordent les chefs d'Etats et de gouvernements. C'est M.Périgot qui dit la vérité !

Ce qui est voulu, décidé, et déjà en route en France même et dans chacun des douze pays de la Communauté, c'est bel et bien la mise en concurrence des travailleurs de ces pays entre eux pour aligner vers le bas leurs conditions sociales.

La « libre circulation » de la main d'oeuvre est un instrument de cette concurrence. Elle fait peser des menaces de discriminations aggravées pour les travailleurs, notamment pour les travailleurs immigrés originaires de pays extérieurs à la Communauté.

 

L'objectif : la destruction des acquis sociaux

 

Comme nous avons souvent eu l'occasion de le dire, et comme le souligne le projet de document d'orientation, c'est ce que les salariés ont conquis de plus avantageux par l'action syndicale dans le cadre national, qui est menacé de destruction.

Pour la France, par exemple, plus d'élus dans les CHSCT, la sécurité de chacun abandonnée au bon vouloir du patron, alors que se multiplient les accidents de travail. Plus d'interventions ou de contrôle des CE notamment en ce qui concerne l'introduction de nouvelles technologies et leurs conséquences pour les travailleurs.

Des statuts publics vidés de leur contenu, une protection sociale laminée, la disparition d'un tiers des lits d'hôpitaux. Individualisation de la formation professionnelle, élaboration d'une classification des emplois du niveau de CAP dans une série de branches industrielles, préfigurant une « Convention collective européenne » dont on peut imaginer le contenu !

Ce ne sont que quelques exemples. Ils illustrent la nature des choix opérés et que nous voyons dès maintenant se concrétiser dans des projets précis à la veille d'approbation par les instances européennes.

 

Des choix qui, en même temps, dictent les mesures qu'on applique déjà dans notre pays. Il suffit de voir ce que nous prépare le budget pour 1990, pour s'en convaincre. C'est le premier budget que l'on peut qualifier d'essentiellement européen.

Il aligne étroitement l'évolution de l'économie française sur les « performances » allemandes en matière monétaire et en matière de prix. Il met en pratique l'ouverture tous azimuts dans la perspective de la mise en place du grand marché communautaire.

Le résultat, c'est une réduction massive d'impôts évaluée à 15 milliards environ, pour le capital. Et pour compenser, une nouvelle réduction des dépenses socialement utiles atteignent particulièrement le secteur public où la rigueur salariale régnera plus que jamais, et où une nouvelle réduction d'effectifs de l'ordre de 1,5 % est prévue.

 

Au-delà des déclarations « sociales », c'est cela qui compte. C'est à cela qu'on a affaire et contre quoi il faut lutter. Il faut une réplique au niveau de l'agression dont les travailleurs sont l'objet en France et dans l'ensemble des pays de la Communauté.

 

Les responsabilités des syndicats

 

La Confédération européenne des syndicats (CES) fait un constat de situation qui n'est pas différent du nôtre. Ce qui manque, c'est l'action. Elle critique mais se prête à la mise en œuvre de l'intégration telle que l'imposent capitalistes et gouvernements.


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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 16:31

armee-rouge-berlin45

Russie : quand le jour de la victoire éclaire le présent
Bernard Frédérick revient sur les 8 et 9 mai 1945

Comme chaque année, la Russie s’apprête à célébrer le 9 mai le Dien pobiédi – le jour de la Victoire. Chaque fois, c’est le même faste, la même passion, la même émotion : 26 ou 27 millions de morts dont 18 millions de civils, qui peut oublier ?

 

Mais cette année, ce sera différent. D’une part parce que planera sur ces festivités et la parade de la place Rouge, l’inquiétude des Russes pour leurs « frères » d’Ukraine en même temps que leur fierté du rattachement de la Crimée, de part la volonté des électeurs de la péninsule, et celle non moins grande de leur nouvelle résistance face à la russophobie de l’Occident. D’autre part, parce que l’an prochain ce sera le 70ème anniversaire de la reddition allemande, et que ce haut fait d’armes prend également un sens particulier alors que dans la partie occidentale de l’Ukraine des groupes néonazis paradent sous l’uniforme des SS et célèbrent leurs chefs d’autrefois qui combattirent les héros de la « Grande guerre patriotique » - Великая Отечественная война -, assassinèrent nombre de civiles ukrainiens, biélorusses, polonais et juifs.

 

Si l’on veut comprendre la position de la Russie et de son président face à la crise ouverte par l’ingérence des Occidentaux dans la crise ukrainienne et leur soutien à la coalition de droite et d’extrême droite anti-russe au pouvoir à Kiev depuis le 22 février, il faut se replonger, ou se plonger, dans ce que furent au quotidien les quatre années terribles qui séparent l’agression nazie du 22 juin 1941 de l’assaut soviétique contre le Reichstag, sur le toit duquel des soldats rouges, immortalisés par le photographe Evgueni Khaldeï, plantèrent sous les balles le 2 mai 1945, le drapeau soviétique.

 

De nombreux ouvrages peuvent aider à entreprendre ce voyage dans le temps. J’en retiens deux, directement liés aux événements d’avril-mai 1945 et ce fameux Dien pobiedi. Il s’agit d’histoires militaires, écrites par un spécialiste excellent connaisseur de la Seconde Guerre mondiale et de son front Est : Jean Lopez à qui l’on doit de forts volumes sur les batailles de Koursk, Stalingrad et Berlin [1] – qui nous occupe aujourd’hui – et, qui, en collaboration avec Lasha Otkhmezuri, d’origine géorgienne, conseiller de la rédaction de la revue Guerre et histoire, fondée par son complice, a publié l’an passé, une somme biographique sur la maréchal Joukov, le tombeur de Berlin [2].

" Quel que soit le jugement porté, il semble impossible de refuser une chose à l’Armée rouge : aucune autre armée au monde n’aurait pu, à résistance égale de l’adversaire, réaliser ce qu’elle a réalisé à Berlin "

 

Entre Berlin et Joukov, les filiations sont évidemment grandes lorsqu’il s’agit de la bataille finale proprement dite, même si, d’une part, la biographie du maréchal Joukov suit le fil de sa vie de sa naissance le 19 novembre 1896 (1er décembre de notre calendrier) jusqu’à sa mort le 18 juin 1974 - 40 ans en juin !- et d’autre part, Jean Lopez a continué de fouiner dans les archives durant les trois ans qui séparent les deux ouvrages. La conclusion que l’auteur tire s’agissant du dernier assaut de la guerre est cependant strictement la même au mot près. Lopez n’a aucun doute : « Quel que soit le jugement porté, il semble impossible de refuser une chose à l’Armée rouge : aucune autre armée au monde n’aurait pu, à résistance égale de l’adversaire, réaliser ce qu’elle a réalisé à Berlin » (Berlin) et il ajoute après « réalisé » : « en dix jours » ( Joukov).

 

Dix jours d’enfer, entre le 21 avril et le 2 mai, dans un Berlin en ruine où les nazis ont mobilisé des enfants remplis d’une haine totale et qui vont faire payer cher aux soviétiques leur victoire.

 

Lopez nous conduit par le détail au cœur de la fournaise tout en nous éclairant sur les affaires d’hommes – orgueil, préjugés, jalousie, doutes – et les déterminants politiques. Ces derniers sont ceux de Staline. Alors que la guerre s’achève, que les Alliés ont enfin ouvert ce second front que le Kremlin réclamait depuis près de deux ans, Staline craint qu’Allemands et Occidentaux – Anglais surtout – ne s’entendent sur le dos des Soviétiques. Malgré les dénégations de ses « alliés », il sait grâce à ses services ou aux fuites que des contactes ont eu lieu entre des militaires de la Wehrmacht et les forces britanniques voire américaines.« Pourquoi, note Lopez (Joukov) en Italie, les services secrets américains d’Allen Dulles mènent-ils des conversations avec l’Obergruppenführer SS Karl Walff, conversations dont les Soviétiques sont écartés ? Que penser des tentatives de prises de contact de Göring, de celles de Ribbentrop ou de Himler, toutes adressées à l’Ouest ? ». Churchill de son côté, contrairement à Roosevelt, ne veut pas faire un croix sur la Pologne qu’il dispute à Staline pas seulement par des moyens diplomatiques. Fin mars 1945, Américains et Britanniques victimes pendant plusieurs semaines des contre-attaques allemandes, notamment dans les Ardennes, se dégagent. La route de Berlin leur est ouverte. L’Armée rouge est en plein nettoyage de ses flancs, notamment au nord le long de la Baltique. Ses forces sont dispersées. Staline veut à tous prix atteindre la capitale du Reich avant les Alliés. Le généralissime a d’autres préoccupations : Joukov ! La popularité de celui-ci est des plus grandes depuis qu’il a stoppé les Allemands devant Moscou et les a liquidés à Stalingrad. Staline joue avec lui au chat et à la souris : promotions - rétrogradations - promotions. En soldat, Joukov accepte mais n’en pense pas moins. Il sait aussi sinon désobéir, prendre des initiatives sans en parler. Que se passera-t-il après la guerre ? Staline choisit d’imposer à Joukov une double concurrence : celle des Alliés – il faut être à Berlin avant eux – et celle de ses collègues ou plutôt de son collègue le maréchal Koniev. Lequel des deux prendra Berlin ou plus précisément le Reichstag ? D’ordres en contre-ordres le Kremlin pousse l’un et l’autre, l’un contre l’autre avant de faire de Joukov le champion en même temps qu’il lui est ordonné de prendre à l’issue des derniers combats le commandement de la zone soviétique toute entière, ainsi, il ne rentrera pas à Moscou. Mais Staline lui confiera tout de même l’honneur de passer les troupes en revue lors de la parade de la victoire le 24 juin 1945 à 10 heures, sur la place Rouge, où Joukov arrive sur un cheval blanc.

 

Donc, Koniev et Joukov convergent à marche forcée vers le centre de Berlin, le premier par le sud, le second par l’Est et le Nord. Si ce sont bien les troupes de Joukov qui vont planter le drapeau rouge sur le Reichstag, qui a remporté la victoire ? Ni Koniev ni Joukov. Les soldats de l’Armée rouge, harassés, les yeux et l’âme emplis des images et des témoignages des atrocités commises par les nazis et leurs acolytes sur des milliers de kilomètres des faubourgs de Moscou aux rives de l’Oder.

 

Cinq jours après la prise de Berlin, les Allemands signent l’armistice avec les Alliés, Eisenhower en tête, et un représentant soviétique, le général soviétique Sousloparov à…Reims ! Staline est furieux. Il appelle Joukov : « C’est le peuple soviétique qui a porté sur ses épaules la plus grande partie du poids de la guerre. La capitulation doit donc être signée devant le commandement supérieur de tous les pays de la coalition antihitlérienne et non devant le seul commandement suprême des troupes alliées » Staline continue s’adressant à l’ancien chef d’Etat-major de l’Armée rouge : « Vous êtes nommé représentant du commandement suprême des troupes soviétiques » [3]. La capitulation définitive , présidée par Joukov, eu donc lieu dans la nuit du 8 au 9 mai à 0 h 16 heure russe (23 h 16 heure de l’Ouest), dans une villa de Karlshorst dans la banlieue Est de Berlin, en présence des représentants de l’URSS, de la Grande-Bretagne, de la France et des États-Unis. Les représentants du Haut commandement allemand, dirigés par le maréchal Wilhelm Keitel, signèrent l’acte de reddition qui entra en vigueur à 23 h 01, heure locale, soit le 9 mai à 1 h 01, heure de Moscou. C’est pourquoi pour les Russes et les anciennes Républiques de l’URSS qui le commémorent encore le Dien pobiedi est le 9 mai.

Notes :

[1] Editions Economica, Paris 2008 et 2010.

[2] Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler, Perrin, Paris 2013

[3] Cité par J. Lopez in Joukov

source: la faute à Diderot

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 18:01

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…C’est la date à de Gaulle !

En France, le 8 mai est un jour férié célébrant la capitulation allemande qui a mis fin à la seconde guerre mondiale en Europe (1939-1945). Pourtant, sans vouloir jouer les pointilleux, signalons que la signature de cette capitulation ne fut pas effectuée le 8, mais le 7 mai (vers 2 heures 40 du matin) à Reims par le général Jodl (pour l’Allemagne), en présence de Bedel-Smith (États-Unis), Susloparov (Russie) et du général Sevez (France).

 

Elle fut accomplie à nouveau le 9 mai par le général Keitel à Berlin, à la demande des Soviétiques qui avaient expressément exigé qu’une nouvelle signature de la reddition allemande ait lieu en présence du maréchal Joukov, du maréchal Tedder, envoyé par Eisenhower, du général Saatz et de Lattre de Tassigny dans la nuit du 8 au 9 mai (le 9 à 0h28 exactement).

 

La date du 7 mai a rapidement été éclipsée par celle du 8 mai, suite à la décision de l’annonce officielle de la fin des hostilités par le général de Gaulle ce jour-là à 15 heures, qui a ensuite été retenue comme date officielle.

 

La date retenue par l’URSS, l’actuelle Russie, pour fêter l’événement n’est d’ailleurs ni le 7 ni le 8, mais bien le 9 mai.

Source : « Tatoufaux.com »

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 13:36

 

Vu sur El Diablo

 

 

CGT-01mai-planche4

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 13:23
Décision de la Cour de cassation dans l’affaire des héritiers Renault
Communiqué de l’association « Esprit de Résistance »
samedi 8 mars 2014
Lu sur le site "Le canard républicain"

La Cour de cassation vient de prendre une décision de non admission du pourvoi en cassation interjeté par les héritiers Renault. En clair, cela veut dire que la Cour de cassation trouve le pourvoi tellement évidemment infondé qu’elle décide de ne même pas l’examiner sur le fond.

C’est une victoire pour ceux, au premier rang desquels notre association, qui luttaient contre cette révision de l’histoire ; c’est une claque pour les héritiers Renault.

 

Il faut rappeler la chronologie des faits.

En mai 2011, sept des petits-enfants de Louis Renault ont assigné l’État en indemnisation devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.

En janvier 2012, le juge de la mise en état a déclaré le TGI de Paris incompétent, fondant son ordonnance sur le fait que, pour être compétent (pour être la juridiction adéquate), il aurait fallu que l’ordonnance de nationalisation des usines Renault soit un acte administratif . Or il a été jugé que l’ordonnance de 1945 a valeur législative, et n’était donc pas une décision administrative, ce que reconnaissaient implicitement les héritiers Renault en posant conjointement à leur requête une Question Prioritaire de Constitutionnalité mettant en cause la constitutionnalité de l’ordonnance de 1945.

En novembre 2012, la cour d’appel de Paris a confirmé l’ordonnance de janvier 2012

En février 2014, la Cour de cassation a rendu une décision de non admission du pourvoi.

 

En pièces jointes, [ sur le site  "lecanardrépublicain" ]vous trouverez : la décision de la Cour de cassation, les annexes de cette décision (l’argumentaire des héritiers) et les arguments qui ont fondé la décision de la Cour de cassation.


Cette victoire met partiellement un terme à l’imposture des héritiers Renault : la chef de file des héritiers a bien été obligée de reconnaître, dans un article de presse récent qui vous a été adressé, que non seulement elle n’avait pas connu son grand-père, mort avant sa naissance, mais que son propre père ne lui en avait jamais parlé (les rapports entre Louis Renault et son fils ne semblant pas très chaleureux). Il s’agit donc simplement d’une affaire de gros sous, qui relativise les larmes d’une arrière-petite-fille montrées à la télévision par des journalistes complaisants. L’affaire a d’ailleurs été bien orchestrée en matière de campagne de presse via, entres autres Le Monde, France 2 France 3, Europe 1, etc. et en abusant d’à-peu-près se référant à « la confiscation des biens de Louis Renault », alors que seuls les biens industriels de la SAUR (Société Anonyme des Usines Renault) ont été nationalisés, et que le fils a hérité de tous les biens « personnels », comprenant aussi bien les propriétés (2000 hectares en Normandie, 50 hectares dans la presqu’île de Giens, hôtel particulier avenue Foch, yacht, etc.) que des biens comme la propriété de la DIAC, la filiale de financement de crédit automobile de Renault, tellement indispensable au fonctionnement de l’entreprise que la Régie Renault la rachètera au fils en 1947 !


C’est une première victoire, pour laquelle nous devons tenter de briser le mur du silence de la presse, et chacun d’entre nous peut agir dans ce sens.

Nous devons rester vigilants, car il se peut que les héritiers Renault tentent d’autres actions et que nous ayons encore à les combattre, tant au nom du respect de l’Histoire et de la lutte contre ce révisionnisme, mais aussi au nom des résistants des usines Renault qui ont payé de leur vie ou de la déportation leur combat pour la Libération de la France.


Association « Esprit de Résistance »
http://www.espritderesistance.fr/


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