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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 14:50

Illustrated_London_News_-_Christmas_Truce_1914.jpgLa fraternisation dans les tranchées : le mot d'ordre de Guerre civile illustré



Article de Lénine, 29 mars 1915, dans Sotsial-Demokra, no 40



Traduction MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Ce 8 janvier, les journaux suisses recevaient de Berlin le message suivant: « Dernièrement, la presse a rapporté maintes fois des tentatives pacifiques entre les tranchées allemandes et françaises de nouer des relations amicales. Selon la Tägliche Runschau, un ordre de l'armée datant du 29 décembre interdit toute fraternisation et tout rapprochement avec l'ennemi dans les tranchées ; toute infraction à cet ordre sera considérée comme de la haute trahison ».

Donc, la fraternisation et les tentatives de nouer des relations amicales avec l'ennemi sont un fait. Les autorités militaires allemandes s'en montrent inquiètes, ce qui signifie qu'ils y attachent une importance considérable.

Le britannique Labour leader du 7 janvier 1915, a publié une série de citations tirées de la presse bourgeoise britannique sur des cas de fraternisation entre soldats britanniques et allemands, qui ont convenu d'une « trêve de 48 h » pour Noël, se sont rencontrés de façon amicale dans le no-man's land, etc. Les autorités militaires britanniques ont publié un ordre spécial interdisant la fraternisation.

 

Et pourtant, avec une infinie suffisance et le sentiment confortable que la censure militaire les prémunirait de tout déni ultérieur, les opportunistes socialistes et leurs partisans (ou laquais?) ont assuré les travailleurs, par voie de presse (comme Kautsky l'a fait), qu'aucune entente sur une action contre la guerre, menée par les socialistes des pays belligérants, n'était possible (expression littéralement utilisée par Kautsky dans Die Neue Zeit) !

Essayez d'imaginer Hyndman, Guesde, Vandervelde, Plekhanov, Kautky et les autres – au lieu d'aider la bourgeoisie (c'est ce qu'ils font maintenant) – formant un comité international d'agitation pour « la fraternisation et les tentatives d'établir des relations amicales » entre les socialistes des pays bélligérants, à la fois dans les « tranchées » et dans les troupes en général.

Quels seraient les résultats dans quelques mois, si maintenant, six mois après le début de la guerre et malgré tous les leaders et sommités politiques qui ont trahi le socialisme, l'opposition montait de tous côtés contre ceux qui voté les crédits de guerre, contre ceux qui ont accepté des strapontins ministériels, alors que les hautes autorités militaires brandissent la menace de la peine capitale à quiconque oserait « fraterniser » ?

 

« C'est la seule question pratique – victoire ou défaite pour son pays », c'est ce que Kautsky, laquais des opportunistes, a écrit, en accord avec Guesde, Plekhanov and co.



En fait, si on oublie ce qu'est le socialisme et la lutte de classe, ce serait la vérité. Cependant, si on ne perd pas de vue le socialisme, c'est faux.

Il y a une autre question pratique : devons-nous périr comme des esclaves aveugles et impuissants, dans une guerre entre esclavagistes, ou devons-nous tomber dans des « tentatives de fraternisation » entre esclaves, avec pour but d'abolir l'esclavage ?

 

Voilà, en réalité, la question « pratique »



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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 13:47

francois-hollande-en-compagnie-de-valerie-trierweiler-du 86

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Légende : François Hollande en Israël en novembre 2013, en compagnie de l'homme qui a fait le lien en 1956 pour avoir la technologie nucléaire française : Shimon Peres, vieil ami des socialistes français en général, de Guy Mollet en particulier.

 

Il est des faits bons à rappeler. Deux jours après le vote au Parlement, non-contraignant, sur la reconnaissance de la Palestine par la plupart des députés PS. De quoi faire oublier sa collaboration présente à Israël. Une collaboration explosive qui remonte à loin.

C'est un secret de polichinelle : Israël a la bombe. Ce qui pose un problème pour l'Irak, pour l'Iran, la Corée du nord, n'en pose visiblement pas pour un pays qui occupe des territoires, multiplie les agressions armées, abrite des services secrets connus pour ses opérations à l'étranger.

Il est difficile de savoir depuis quand, mais les services secrets américains (CIA) confirment dans leurs archives qu’Israël dispose de la bombe atomique au moment la Guerre des Six-jours, en 1967.

 

1956 : Shimon Peres et Guy Mollet, la « Israeli connection »

 

Dans son livre « Israel and the bomb », Avner Cohen révèle en 1998 – une décennie après l'enquête de Pierre Péan – que c'est grâce à la France que l’État sioniste a obtenu les technologies qui lui ont permis de lancer son programme nucléaire.

L'ambition de devenir une puissance nucléaire remonte à la création de l’État d’Israël. David Ben Gourion lance le programme dès 1949. Mais Israël ne peut compter sur les États-Unis, jaloux de leur monopole nucléaire. La Grande-Bretagne fournit des matières premières mais guère plus.

En 1955, le retour au pouvoir du travailliste Ben Gourion ré-active l'option nucléaire. Dans le même temps, la France avance dans son programme nucléaire. En janvier 1956, un gouvernement « de gauche », dominé par les socialistes, mené par Guy Mollet accède au pouvoir en France.

Le leader de la SFIO, Guy Mollet, a des amitiés profondes dans le Parti travailliste israélien. Il voit surtout en Israel un contre-poids à l'influence grandissante de l'Egypte, dont il voit la main derrière le mouvement de libération nationale algérien.

L'entremetteur sera Shimon Peres – président d’Israël de 2007 à 2014 –, à l'époque directeur général du Ministère de la Défense (à 30 ans), chargé de l'achat d'armes, en particulier en France, où il est envoyé en 1953.

 

Lobby pro-israélien et amitiés socialistes France-Israel : au début du projet

 

Ses premiers efforts n'aboutissent pas mais ils permettent de former un lobby pro-israélien dans les ministères, les partis politiques (SFIO, Parti radical-socialiste), mais aussi dans l'industrie nucléaire et l'aérospatiale.

C'est l'arrivée des socialistes au pouvoir en 1956 qui change la donne, avec Guy Mollet comme président du Conseil et Maurice Bourgès-Maunoury comme Ministre de la Défense. Deux amis d’Israël.

En avril 1956, Shimon Peres réussit son objectif : un accord de sécurité global est signé avec le gouvernement de Guy Mollet, formalisé le 22 juin 1956 à la conférence secrète de Vermars.

Tous les membres du gouvernement ne sont pas au courant de cet accord secret, le parlement n'est jamais questionné sur ces négociations.

La bureaucratie française était alors divisée. Si le Quai d'Orsay était dominé par des fonctionnaires plutôt pro-arabes, ce n'était pas le cas des Ministères de la Défense et de l'Intérieur, où régnait une hostilité anti-arabes, dans le contexte de la guerre d'Algérie.

Peres multiplie les demandes auprès du Ministère de la Défense, du CEA (Commissariat à l'énergie atomique) pour l'achat d'un réacteur nucléaire. Ben Gourion développe une relation spéciale entre les services de renseignement israéliens et français.

 

De la crise de Suez à la Conférence de Sèvres : le pacte nucléaire France-Israel

 

La nationalisation du canal de Suez, le 26 juillet 1956, va accélérer le processus. Le Ministère de la Défense convoque Shimon Peres le jour suivant. Il propose une opération militaire tri-partite avec la Grande-Bretagne pour frapper l'Egypte de Nasser.

 

Le 17 septembre 1956, le CEA française et la CEAI (Commission à l'énergie atomique israélienne) signent un accord qui prévoit la vente à Israel d'un petit réacteur, sur le modèle du réacteur EL-3 à Saclay.

 

Pour la France, cela signifiait l'exportation de sa technologie nucléaire, un client mais surtout la reconnaissance de la crédibilité française sur la scène nucléaire internationale.

 

Selon Shimon Peres, il a négocié en marge de la Conférence secrète de Sèvres, des 22 à 24 octobre 1956, avec Guy Mollet Maurice Bourgès-Maunoury la livraison d'un réacteur à Dimona, ainsi que de l'uranium capable de l'alimenter.

 

La défaite à Suez, face aux puissances nucléaires américaines et soviétiques, avait changé l'état d'esprit de Guy Mollet, d'abord réticent envers le programme nucléaire français, en conformité avec les volontés américaines qui préféraient le programme nucléaire européen EURATOM.

 

Quand la France livre un réacteur nucléaire à Israel, c'est en 1957

 

Le CEA propose début 1957 à Israel plus que le petit réacteur EL102 (de type EL-3 / Saclay) de 18 MW. C'est désormais un réacteur de production de plutonium similaire au réacteur G-1 (installé à Marcoule), de 40 MW, capable de produire de 10 à 15 kg de plutonium par an.

 

Israël demande aussi à la France la technologie pour extraire du plutonium du combustible utilisé dans le réacteur. Saint-Gobain devrait construire une usine chimique souterraine de retraitement, de transformation liée au réacteur.

 

Le 3 octobre 1957, l'accord sur Dimona – toujours secret défense – est signé. Un volet politique, garantissant les vélléités pacifiques d’Israël et leur garantie que toute décision concernant Dimona serait révélée préalablement aux interlocuteurs franaçis.

 

Un volet technique, plus crucial, bien qu'il n'aurait pas résolu toutes les questions et que la plupart des disposition auraient fait l'objet d'un accord verbal, par précaution. La livraison du réacteur était confiée à la Société alsacienne de constructions mécaniques, ainsi qu'à Saint-Gobain.

 

De Gaulle a-t-il changé la donne ? Rupture formelle, coopération tacite entre monopoles français et programme israélien

 

L'arrivée au pouvoir du Général de Gaulle en mai 1958 a changé la donne, officiellement. Dès juin, il constate que la « coopération militaire inappropriée établie entre Tel-Aviv et Paris après l'Expédition de Suez, a placé des Israéliens à tous les niveaux des services français ».

 

Cela n'empêche pas les experts du CEA de travailler activement de 1958 à 1960 à la construction du réacteur de Dimona. Le ministre à l'Energie atomique, Jacques Soustelle, supervise le projet. Saint-Gobain y participe sur le terrain, des chercheurs israéliens se forment à Saclay.

 

En mai 1960, de Gaulle signifie au gouvernement israélien qu'il souhaite rompre les liens nucléaires entre la France et Israël. La France pose trois exigences : arrêt de la production de plutonium, levée du secret sur Dimona et enquête internationale sur le réacteur.

 

Israel savait que cela risquait de compromettre tout le programme nucléaire, à un moment capital. La France cherchait alors, en pleine décolonisation et redéfinition de sa politique impériale, à reconsidérer ses relations avec les pays arabes.

 

Les échanges se multiplient entre De Gaulle et Ben Gourion, sans succès. Shimon Peres parvient finalement à arracher un accord à la fin de l'année 1960 : le CEA retirerait son aide officielle au projet, mais les entreprises françaises continueraient à travailler au projet.

 

L'accord est accepté par le gouvernement français. Une hypocrisie qui permet à Saint-Gobain (qui construit l'usine de transformation nucléaire), Dassault (qui fournit des missiles et des avions) ou la Société alsacienne d'achever le réacteur nucléaire qui a permis à Israël d'avoir la bombe.

 

« François Hollande, c'est le Guy Mollet d'aujourd'hui ! » (Shimon Peres)

 

Si Israël commence les travaux à Dimona en 1957 grâce au gouvernement de Guy Mollet, le réacteur rentrera en fonction vers 1963, grâce à la politique de compromis du général de Gaulle. Avec également le soutien britannique, Israël obtient la bombe avant 1967.

 

Si Guy Mollet aimait à dire que les communistes ne sont « pas à gauche mais à l'est », lui-même nourissait des intérêts privilégiés en Orient. Ce n'étaient pas les mêmes. Shimon Peres n'avait pas hésité en novembre 2013 à comparer François Hollande à Guy Mollet. Tout un symbole.

 

Décidément, le Parti socialiste, de 1956 à 2014, n'est pas l'ami du peuple palestinien. Il mérite bien ce que Shimon Peres en a dit en novembre 2013, aux côtés de François Hollande : « l'amitié avec Israël est dans les fibres du PS ». Des fibres sanglantes, oui !

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 11:24



Article EDT pour Vivelepcf, repris par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Le 2 décembre 1914, Karl Liebknecht, député social-démocrate (SPD), est le seul à voter contre les crédits de guerre au Reichstag, le parlement allemand.



Le 4 août précédent, il s’était élevé une première fois contre ces crédits et avait dénoncé le caractère impérialiste de la guerre qui débutait. Mais, se conformant à la discipline de vote en cours dans groupe social-démocrate, il n’avait pas voté contre.

Après 4 mois de boucherie, il franchit le pas et vote contre. Son acte hautement courageux est historique. Il rompt avec l’Union sacrée allemande et les reniements du SPD. Il rejoint le Parti social-démocrate de Russie dirigé par Lénine et quelques rares dirigeants des partis socialistes européens dans le refus et la dénonciation de la guerre impérialiste, dans la fidélité aux résolutions bafouées par les appareils réformistes de l’Internationale socialiste, notamment celle du congrès de l’Internationale de Bâle en novembre 1912 dont voici un extrait :



« Si une guerre menace d’éclater, c’est un devoir de la classe ouvrière dans les pays concernés, c’est un devoir pour leurs représentants dans les Parlements, avec l’aide du Bureau international, de faire tous leurs efforts pour empêcher la guerre par tous les moyens qui leur paraissent les mieux appropriés, et qui varient naturellement selon l’acuité de la lutte des classes et la situation politique générale.

Au cas où la guerre éclaterait néanmoins, ils ont le devoir de s’entremettre pour la faire cesser promptement et d’utiliser, de toutes leurs forces, la crise politique et économique créée par la guerre, pour agiter les couches populaires les plus profondes et précipiter la chute de la domination capitaliste. »



Nous reproduisons ci-dessous une traduction de l’intervention de Karl Liebknecht au Reichstag le 2 décembre 1914.

En 1916, il sera emprisonné.

Avec Rosa Luxemburg, Liebknecht allait être, le 1er janvier 1919, un des cofondateurs et premier dirigeant du Parti communiste allemand (KPD). Le 15 janvier 1919, ils seront tous les deux lâchement et sauvagement assassinés, lors de la révolte spartakiste, par les forces de répression commandées par le social-démocrate Noske.

 

Déclaration de Karl Liebknecht au Reichstag, le 2 décembre 1914



« Je motive ainsi qu’il suit mon vote sur le projet qui nous est soumis aujourd’hui.

 

Cette guerre, qu’aucun des peuples intéressés n’a voulue, n’a pas éclaté en vue du bien-être du peuple allemand ou de tout autre peuple. Il s’agit d’une guerre impérialiste, d’une guerre pour la domination capitaliste du marché mondial et pour la domination politique de contrées importantes où pourrait s’installer le capital industriel et bancaire. Au point de vue de la surenchère des armements, c’est une guerre préventive provoquée solidairement par le parti de guerre allemand et autrichien dans l’obscurité du demi-absolutisme et de la diplomatie secrète.

C’est aussi une entreprise de caractère bonapartiste tendant à démoraliser, à détruire le mouvement ouvrier grandissant. C’est ce qu’ont démontré, avec une clarté sans cesse accrue et malgré une cynique mise en scène destinée à égarer les esprits, les événements des derniers mois.

Le mot d’ordre allemand : «  Contre le tsarisme  » tout comme le mot d’ordre anglais et français : «  Contre le militarisme  », a servi de moyen pour mettre en mouvement les instincts les plus nobles, les traditions et les espérances révolutionnaires du peuple au profit de la haine contre les peuples. Complice du tsarisme, l’Allemagne, jusqu’à présent pays modèle de la réaction politique, n’a aucune qualité pour jouer le rôle de libératrice des peuples.

La libération du peuple russe comme du peuple allemand doit être l’œuvre de ces peuples eux-mêmes.

Cette guerre n’est pas une guerre défensive pour l’Allemagne. Son caractère historique et la succession des événements nous interdisent de nous fier à un gouvernement capitaliste quand il déclare que c’est pour la défense de la Patrie qu’il demande les crédits.

Une paix rapide et qui n’humilie personne, une paix sans conquêtes, voilà ce qu’il faut exiger. Tous les efforts dirigés dans ce sens doivent être bien accueillis. Seule, l’affirmation continue et simultanée de cette volonté, dans tous les pays belligérants, pourra arrêter le sanglant massacre avant l’épuisement complet de tous les peuples intéressés.

Seule, une paix basée sur la solidarité internationale de la classe ouvrière et sur la liberté de tous les peuples peut être une paix durable. C’est dans ce sens que les prolétariats de tous les pays doivent fournir, même au cours de cette guerre, un effort socialiste pour la paix.

Je consens aux crédits en tant qu’ils sont demandés pour les travaux capables de pallier à la misère existante, bien que je les trouve notoirement insuffisants.

J’approuve également tout ce qui est fait en faveur du sort si rude de nos frères sur les champs de bataille, en faveur des blessés et des malades pour lesquels j’éprouve la plus ardente compassion. Dans ce domaine encore, rien de ce que l’on pourra demander ne sera de trop à mes yeux.

Mais ma protestation va à la guerre, à ceux qui en sont responsables, à ceux qui la dirigent; elle va à la politique capitaliste qui lui donna naissance; elle est dirigée contre les fins capitalistes qu’elle poursuit, contre les plans d’annexion, contre la violation de la neutralité de la Belgique et du Luxembourg, contre la dictature militaire, contre l’oubli complet des devoirs sociaux et politiques dont se rendent coupables, aujourd’hui encore, le gouvernement et les classes dominantes.

Et c’est pourquoi je repousse les crédits militaires demandés. »



KARL LIEBKNECHT.

Berlin, le 2 décembre 1914.

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 18:01
« Le monde est au bord d'une nouvelle guerre froide », estime Gorbatchev

Le Monde.fr avec AFP | 09.11.2014

 
"Le dernier dirigeant de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a déclaré samedi 8 novembre que le monde était « au bord d'une nouvelle guerre froide », en marge des célébrations marquant le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin, selon l'agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur (DPA)."

 (Notre commentaire sur l'usage du mot "selon" : difficile de taire la déclaration de Gorbatchev.  Le Monde a dû s'en faire l'écho mais n'a pu s'empêcher de laisser sous-entendre que ce n'est pas sûr qu'il l'ait dit.  Le rédacteur, sans doute conseillé par son chef de rédaction a donc écrit "selon", histoire de jeter le doute sur la déclaration de Gorbatchev, un des premiers acteurs de la "chute du mur" et à qui les Occidentaux et les Américains avaient fait moult promesses qu'ils n'ont pas respectées.  Pour ceux qui parlent allemand, sans doute peuvent-ils aller à la source).

 

Dans une allusion manifeste à la crise en Ukraine, l'ancien chef d'Etat, âgé de 83 ans, a ajouté : « Certains disent qu'elle a déjà commencé. » « Souvenons-nous qu'il ne peut y avoir de sécurité en Europe sans le partenariat germano-russe », a-t-il encore insisté au cours d'une manifestation organisée par la Fondation Cinema for Peace, à laquelle il participe.

Dans un entretien à la Radio télévision suisse (RTS), qui doit être diffusé dimanche 9 novembre, Mikhaïl Gorbatchev a également dit que l'on « voit de nouveaux murs. En Ukraine, c'est un fossé énorme qu'ils veulent creuser ». A ses yeux, « le danger est toujours là ».


 DÉFENDRE LA POSITION RUSSE EN UKRAINE

« Eux, ils croient qu'ils ont gagné la guerre froide. Il n'y a pas eu de vainqueur, tout le monde a gagné », a-t-il jugé. « Mais aujourd'hui, ils veulent commencer une nouvelle course aux armements. » A la question de savoir s'il utilisait le pronom « eux » pour désigner les pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, l'ancien dirigeant s'est contenté de répondre : « L'OTAN est un instrument qui est utilisé. »

Présent à Berlin tout au long d'un week-end de festivités marquant le 25e anniversaire de la chute du Mur, l'ancien leader soviétique doit s'entretenir lundi avec Angela Merkel. Mikhaïl Gorbatchev, largement crédité d'avoir permis la réunification allemande, avait déclaré avant son départ pour la capitale allemande qu'il entendait défendre la position du président russe, Vladimir Poutine, auprès de la chancelière.

« Je suis absolument convaincu que Poutine défend aujourd'hui mieux que quiconque les intérêts de la Russie. Il y a bien sûr dans sa politique de quoi attirer les critiques. Mais je ne souhaite pas le faire et je ne veux pas que quelqu'un d'autre le fasse. »

Sur le site de l'AFP aussi :

Pour Gorbatchev, le monde est "au bord d'une nouvelle Guerre froide"

08 Nov 2014

Le dernier dirigeant de l'Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a estimé samedi que le monde était "au bord d'une nouvelle Guerre froide", en marge des célébrations marquant le 25e anniversaire de la chute du Mur de Berlin, selon des propos rapportés par l'agence allemande dpa.

"Le monde est au bord d'une nouvelle Guerre froide", a affirmé l'ancien responsable de 83 ans, dans une allusion manifeste à la crise ukrainienne. "Certains disent qu'elle a déjà commencé", a-t-il ajouté, selon des propos rapportés en allemand par DPA.(L'AFP aussi: "selon")

Au cours des derniers mois, "la confiance s'est rompue", selon lui.

"Souvenons-nous qu'il ne peut y avoir de sécurité en Europe sans le partenariat germano-russe", a-t-il encore insisté au cours d'une manifestation organisée par la Fondation "Cinema for peace" à laquelle il appartient.

Dans un entretien à la Radio Télévision suisse (RTS) qui doit être diffusé dimanche, Gorbatchev a également estimé: "On essaie de nous attirer dans une nouvelle Guerre froide. On voit de nouveaux murs. En Ukraine c'est un fossé énorme qu'ils veulent creuser".

"Le danger est toujours là", selon lui. "Eux, ils croient qu'ils ont gagné la Guerre froide. Il n'y a pas eu de vainqueur, tout le monde a gagné", a-t-il jugé. "Mais aujourd'hui, ils veulent commencer une nouvelle course aux armements".

Interrogé ensuite pour savoir si par "eux", il entendait les pays de l'Otan, il a répondu: "L'Otan est un instrument qui est utilisé".

Présent à Berlin tout au long d'un week-end de festivités marquant le 25e anniversaire de la chute du Mur, l'ancien leader soviétique doit s'entretenir lundi avec la chancelière Angela Merkel.

Mikhaïl Gorbatchev, largement crédité d'avoir permis la Réunification allemande, avait déclaré avant son départ pour Berlin qu'il entendait défendre la position du président russe Vladimir Poutine auprès de la chancelière Angela Merkel.

"Je suis absolument convaincu que Poutine défend aujourd'hui mieux que quiconque les intérêts de la Russie. Il y a bien sûr dans sa politique de quoi attirer les critiques. Mais je ne souhaite pas le faire et je ne veux pas que quelqu'un d'autre le fasse", a-t-il indiqué avant son départ pour la capitale allemande.

yap/pjl


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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 16:19

 

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Discours du représentant du DKP (Parti communiste allemand), Olaf Harms à l’occasion de la cérémonie pour le 65ème anniversaire de la RDA (République Démocratique Allemande) au Cabinet d’histoire de la RDA à Bochum

Paru sur le site du DKP - Parti communiste allemand

Traduction AL (revu par AC), transmis par GH pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 


Chères amies et chers amis,


Chers camarades,


D’abord, je vous remercie cordialement pour l’invitation à cette cérémonie au nom du DKP. Je viens de Hambourg, la ville natale d’une personnalité exceptionnelle : Ernst Thälmann. C’est en outre le seul lieu en RFA, entretenu de façon militante, où il y a encore un mémorial en l'honneur de ce communiste extraordinaire, de ce leader ouvrier et de ses camarades en lutte.

C'est pour cela que je souhaiterais commencer mon discours de bienvenue en citant Thälmann : « Une journée commémorative n’a pas de sens, si elle n’a pas d'impact sur le présent et l'avenir. »


L’objectif des socialistes et communistes soviétiques et allemands était, à l’origine, de maintenir une Allemagne unie, un nouveau départ pour une transformation de toute l’Allemagne libérée des fascistes, des profiteurs de la guerre et des capitalistes.

Une nouvelle Allemagne, démocratique et pacifique devait être construite. C’est ce que prévoyait le Traité de Potsdam conclu par les quatre puissances victorieuses en 1945.


Mais les choses se sont passées autrement : « Plutôt l’entière moitié de l’Allemagne, que la moitié de l’Allemagne entière» - telle était la devise d’Adenauer, l’Allemagne fut divisée.  

La proposition soviétique de conclure un traité de paix avec une Allemagne démocratique et antifasciste fut rejetée en faveur d’une « intégration » dans l’Occident capitaliste (avec la fondation de la RFA, le 23/05/1949) et son alliance militaire agressive, l’Otan.


La RDA fut fondée le 7 octobre 1949. C’est ainsi que la construction d’une alternative antifasciste et socialiste a commencé à l’Est, un effort énorme.

La plupart de ceux qui ont fait partie de l'aventure de la construction de la RDA n’étaient pas des gens issus de l’élite bourgeoise, mais des fils et filles d'ouvriers et paysans, souvent peu expérimentés politiquement. Ils construisirent un projet antagoniste, antifasciste face à l’Ouest capitaliste.

Ils ont fait de la partie la plus petite, faible de l’Allemagne un des dix plus grands Etats industriels du monde. Ils ont dressé une alternative socialiste durable face au capitalisme. Ils ont construit un Etat reconnu dans le monde entier, dont la politique extérieure était guidée par l'internationalisme et la lutte pour la paix.

Dans beaucoup de pays du monde, cet Etat était respecté pour sa solidarité avec les peuples qui luttaient pour leur liberté nationale et politique. En RDA, beaucoup de réfugiés persécutés par le fascisme ou l’impérialisme ont trouvé une nouvelle patrie.

 

Dans l’industrie, il n’existait plus de propriété privée capitaliste des grands moyens de production. Les anciens propriétaires fonciers, à l’est de l’Elbe, avec leurs grandes terres n'étaient plus.

Les usines étaient passées aux mains du peuple ; c'étaient des entreprises socialisées [en all. VEB]. Les terrains appartenaient à ceux qui les cultivaient – aux coopérateurs agricoles. Le droit au travail était fixé dans la constitution.

 

Le pouvoir d’Etat n’était plus du côté des millionnaires et milliardaires, mais était exercé par la Chambre du peuple en alliance avec le Front national [Ndt : rien à voir avec ce parti de l’extrême droite en France] constitué par les partis, le syndicat et les associations démocratiques.

Les Krupp, Siemens, les Henkel, les Porsche, Quandt et Piech ne régnaient plus. C’étaient les Monsieur-tout-le monde qui avaient le pouvoir : les Müller et Krause, les Schulz et Schmidt. L’image que donnait d'elle-même la RDA, c’était un pays où les travailleurs, et non les plus riches, devaient gouverner.


Ceci explique la colère du capital. Cette colère s'est manifesté contre un Etat inspiré par les idées de Marx et Engels et les expériences de la lutte du mouvement ouvrier et communiste international.

C’était un Etat qui était fidèle à l’objectif de construire une alternative anticapitaliste et antifasciste face au pouvoir des monopoles et banques, des marchands de canon, donc face à ceux qui avaient déjà financé le parti de Hitler en 1933.


Ces représentants de l’ancien ordre capitaliste et impérialiste ont essayé de saboter et de supprimer cet Etat de la carte. Ils ont essayé de le bloquer économiquement, d’isoler politiquement et enfin d’étrangler cette Allemagne antifasciste et socialiste, économiquement plus faible.

Pendant 40 ans, ils ne réussirent pas. 40 ans où l’existence de la RDA et des Etats socialistes a mis un frein au capitalisme : 40 ans où nous avons eu la paix en Europe.


Des limites ont été posées aux éléments les plus agressifs du grand capital et du capital monopoliste et à leurs tendances expansionnistes, notamment par des moyens économiques importants que le socialisme a dû trouver pour sa défense.

Pendant 40 ans, la RDA a pris place comme partenaire invisible à la table des négociations syndicales, point d'appui pour l'organisation de la classe ouvrière, les syndicats en RFA. Pendant 40 ans, l’ouest a dû répondre au défi de la RDA, quand il s’agit de la politique de l’éducation, de la santé et sociale.

Pendant 40 ans, la RDA a été l'épine dans le pied du capitalisme et de l'impérialisme allemand. Quand le 3 octobre 1990, la RDA a formellement fini d’exister, le capital, refréné jusqu’à ce moment, a été libéré avec des conséquences désastreuses.


La guerre en Ukraine, où il s’agit de partage du monde pour leurs profits, témoigne encore de l'oeuvre de plus en plus agressive de l’impérialisme et de ses larbins. La raison d’Etat, c’est aujourd’hui « la défense de la RFA » à l’Hindu Kuch [en Afghanistan].


Les impôts sur les entreprises ont baissé, et en même temps Hartz IV et les mini-jobs à 1 € ont été introduits. La pauvreté est devenue la norme.

35 % des actifs ne peuvent pas vivre avec leurs revenus. Ils occupent un emploi dit atypique, c. à. d. qu’ils travaillent en temps partiel, en intérim ou en mini-job. Les femmes sont pénalisées : les femmes âgées se paupérisent, comme les masses en général.

Il manque de plus en plus une perspective pour la jeunesse ouvrière. Aujourd’hui, à seulement quelques kilomètres d’ici à Cologne, 20.000 jeunes syndicalistes de l’IG Metall manifestent pour leur formation, leur formation continue et le passage à un contrat de travail stable.

En disant que les caisses sont vides, on va privatiser et soumettre à la logique du profit du capital les aides sociales, les services publics et la protection sociale ainsi que l'approvisionnement énergétique, le ramassage des déchets ou les hôpitaux.

Et avec les prétendus accords sur les libres échanges, comme TTIP ou CETA, les grands monopoles auraient le droit de poursuivre les Etats pour obtenir des dommages et intérêts, si les investissements ou l’attente du profit ne pouvaient pas être réalisé à la suite d’un amendement législatif ou des mesures politiques.


C'est seulement par un mouvement de masses comme la Journée européenne d’action Stop TAFTA - CETA -TISA le 11 octobre qu'on peut l'empêcher.


Ces quelques exemple suffisent : non, le capitalisme ne peut pas être la fin de l’histoire.


Il suffit de voir la campagne médiatique qui se déroule de nouveau à l’occasion de « la chute de mur », pour constater que la RDA est vivante comme il y a 25 ans.

Malgré toutes les tentatives visant à « délégitimer la RDA» (comme ce fut le cas pour le ministre de la justice Kinkel, du FDP, après la dite réunification), on n’a pas réussi à rayer de la mémoire les 40 ans du socialisme sur le sol allemand.

On pourrait demander : « Qui parle encore du FDP ? – Personne. De la RDA, tout le monde en parle ! »


Et je pense qu'ils sont encore trop peu. Le moment est venu, par exemple dans les syndicats, de relancer une discussion sur la société, sur ce que serait une alternative au capitalisme.


« Le socialisme garantit le droit au travail, acte une protection sociale durable et rend possible l’égalité des droits et la libération de la femme. Il garantit que les syndicats et les autres organisations des travailleurs, ainsi que chaque personne, aient le droit et la possibilité réelle d'organiser ensemble leur vie en société. Il garantit l’égalité des chances dans l’éducation et l’accès à la culture humaniste pour tous. Le socialisme encourage l’éducation et la formation, la littérature, les théâtres, les arts plastiques et la musique,  le sport et d’autres activités créatives. Il crée les conditions pour que l’être humain puisse avoir une éducation générale, devienne politiquement majeur et s'épanouisse librement, pour qu’il puisse mener une vie autonome dans la paix, la liberté, la justice et la solidarité et la protection sociale et dans le bien-vivre de tous. Le socialisme signifie une nouvelle, et en même temps plus haute, conception de la démocratie. » (Programme du DKP)


La RDA peut être un exemple pour cette discussion, celui d’une autre société qui est fondamentalement différente, qui dépasse le capitalisme, qui est une société socialiste.

Nous devrons bien sûr répondre à certaines interrogations pour savoir comment est arrivé la défaite et le démantèlement de la RDA. Et nous constaterons que ce n'est pas un seul facteur qui est responsable, qu’il s’agit de causes internes et externes, mais aussi de dérives par rapport aux normes socialistes. Nous devons apprendre.

 

Mais le plus important, c’est que :

Cet Etat, la RDA, a signifié une option socialiste sur le sol allemand contre l’impérialisme allemand.

La RDA, son antifascisme conséquent, sa défense de la paix, de la détente et du désarmement ainsi que la réalisation des droits fondamentaux sociaux appartiennent aux plus grands acquis du mouvement ouvrier allemand et ils font partie de l’héritage humaniste en Allemagne. En conséquence, nous admettons aujourd’hui :

Tous les citoyens de la RDA, qui subissent et subissaient, à cause de leur « proximité particulière avec le parti et l’Etat », des ennuis professionnels, juridiques et politiques, l’emprisonnement et d’autres préjudices matériels ou financiers (par ex. des prestations vieillesses), doivent être réhabilités et mis sur un pied d’égalité avec tous les autres citoyens.

 

Le souvenir de 40 ans de la RDA et son 65ème anniversaire sont pour nous, face à la situation périlleuse en Europe de l’Est et au Proche et Moyen Orient, une raison en plus d’entretenir le modèle et l’héritage antimilitariste et antifasciste de la RDA.

Il ne faut plus que l'Allemagne représente une menace militaire pour d’autres peuples. La République fédérale d’Allemagne doit quitter l’Otan, ce pacte militaire impérialiste.


Le 65ème anniversaire de la fondation de la RDA nous rappelle à notre devoir :

« Plus jamais le fascisme, plus jamais la guerre ! »

Et il nous rappelle : « L’avenir, c’est le socialisme ! »

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 14:10

timbre-aures-1954.jpg

Déclaration du Bureau politique du PCF

 le 8 novembre 1954

 reprise par http://www.pcf-paris15.fr/ 

(puis par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/)

 

 

La situation devient chaque jour plus sérieuse en Algérie. Plusieurs régions sont mises en état de siège, des villages entiers sont ratissés, des organisations dissoutes, des centaines d’hommes emprisonnés, des journaux démocratiques saisis ou suspendus. Les colonialistes et la presse à leur service poussent à une répression sans cesse accrue. Une telle situation préoccupe à juste titre la classe ouvrière et l’ensemble des Français.

 

Le Parti communiste français souligne que les événements qui se déroulent actuellement en Algérie résultent essentiellement du refus opposé par les gouvernants français aux revendications nationales de l’immense majorité des Algériens, ce refus s’ajoutant à une misère généralisée et croissante, conséquence directe du régime colonial qui sévit dans ce pays.

 

En prétendant nier l’existence en Algérie de problèmes politiques de caractère national, en s’obstinant à camoufler le régime colonial sous le vocable de « trois départements français », le gouvernement tourne le dos à la réalité algérienne et notamment à la volonté de tout un peuple de vivre libre et de gérer démocratiquement ses propres affaires.

 

Le Parti communiste français dénonce les mesures de violence prises pour tenter de briser le mouvement national algérien, qu’il s’agisse des véritables opérations de guerre actuellement en cours ou de la dissolution arbitraire du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, prétexte à une répression encore accentuée. La politique de force pratiquée par le gouvernement ne résoudra pas davantage les problèmes qui se posent en Algérie qu’elle n’a résolu ceux qui se sont trouvés posés en Indochine, en Tunisie et au Maroc ; ainsi qu’il en a été dans ces divers pays, une telle politique ne peut qu’aggraver la situation et rendre les problèmes encore plus difficiles à régler.

 

En de telles circonstances, fidèle à l’enseignement de Lénine, le Parti communiste français, qui ne saurait approuver le recours à des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si même ils n’étaient pas fomentés par eux, assure le peuple algérien de la solidarité de la classe ouvrière française dans sa lutte de masse contre la répression et pour la défense de ses droits.

 

Il demande aux travailleurs, à tous les démocrates de manifester leur solidarité agissante à l’égard des centaines de milliers de travailleurs algériens obligés de s’exiler en France parce que les conditions du colonialisme les empêchent de vivre dignement, eux et leurs familles, dans leur propre pays.

 

Les travailleurs, les démocrates, les patriotes français s’opposent d’autant plus vigoureusement à la politique férocement colonialiste pratiquée en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord qu’elle est étroitement liée à la politique de renaissance du militarisme allemand. Elle tend, en effet, à faciliter l’implantation de l’impérialisme germanique sur le sol africain, suivant les projets « d’industries franco-allemandes en Afrique du Nord et au Sahara » annoncés par le Président du Conseil. Elle en est, par cela même, plus néfaste encore et plus contraire à l’intérêt français et à la cause de la paix.

 

Le Parti communiste français déclare avec force que la seule voie permettant de mettre un terme à la situation présente consiste :

 

1- A arrêter immédiatement la répression et à ramener en France les troupes et les forces de police acheminées en Algérie depuis trois mois ;

 

2- A reconnaître le bien-fondé des revendications à la liberté du peuple algérien ;

 

3- A discuter de ces revendications avec les représentants qualifiés de l’ensemble de l’opinion publique algérienne : délégués de tous les partis et mouvements nationaux, délégués des organisations démocratiques, professionnelles et culturelles, personnalités.

 

4- C’est là le seul moyen d’avancer vers une solution démocratique des problèmes qui se posent en Algérie ; une solution conforme à la volonté ou à l’intérêt de l’ensemble des hommes et des femmes vivant en Algérie, mise à part une poignée de profiteurs de la colonisation ; une solution assurant la défense des intérêts de la France, ceux-ci ne pouvant être garantis que si les relations entre les peuples algérien et français se situent dans un climat d’amitié et de confiance réciproques.

 

5- Le Parti communiste français est ainsi, une fois de plus, l’interprête de l’internationalisme des travailleurs, inséparable de l’intérêt national.

 

LE PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.

Le 8 novembre 1954

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 23:12
Lu sur le site "Le fil rouge"de l'Institut Cgt d'Histoire sociale de Seine-Maritime
Il y a 60 ans le FLN appelait à l’insurrection.
Il y a 60 ans le FLN appelait à l’insurrection.

Ci-dessus, le blocage du train en gare du Havre le 7 juin 1956 (Photo J.P. Marais)

 

Le 1er novembre 1954, une nouvelle guerre coloniale commence. Elle durera 8 ans.
Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, sur l’ensemble du territoire algérien, des gendarmeries, des casernes, des bâtiments administratifs sont attaqués par des groupes armés qui formeront plus tard l’ ALN (Armée de Libération Nationale) et une organisation politique: le FLN (Front de Libération Nationale) qui va intégrer le MNA – MTLD. Le 5 novembre, le Gouvernement français interdit les mouvements nationalistes algériens. Fort du principe que l’Algérie est un ensemble de département français, le 6 novembre, le Ministre de l’ Intérieur, F.Mitterrand déclare: « L’Algérie c’est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne » Or la guerre d’indépendance a commencé et elle se terminera huit ans plus tard par la naissance d’un État indépendant.


Sans relâche pendant toutes ces années; les militants de la CGT avec d’autres organisations syndicales, politiques et pacifistes vont mener une bataille ardue pour exiger le cessez-le-feu en Algérie.
Ces luttes vont prendre des formes d’action différentes. grèves, pétitions, manifestations, en Seine-Maritime des trains seront bloqués au Havre et à Rouen, la Caserne Richepanse est l’objet de manifestations.
Les lecteurs du Fil Rouge, retrouveront dans le n° 44 de l’ été 2012, l’article de Serge LALOYER consacré à l’anniversaire, le 19 mars 1962, de la fin de la guerre d’ Algérie.

 



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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 22:15

on-noie-les-algeriens.jpg

17 octobre 1961 - 17 octobre 2014 - 53ème anniversaire - 
Vérité et Justice

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Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la "force de police auxiliaire" - ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrême des forces de police.


53 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961. E 17 octobre 2012, le Président de la République a certes fait un premier pas important, en déclarant "Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes." Mais le terme de crime n’est pas repris, et la responsabilité, sous entendue, n’est pas clairement définie, Certains osent encore aujourd’hui continuer à parler des "bienfaits de la colonisation", à célébrer le putsch des généraux à Alger contre la République, à "honorer" les criminels de l’OAS.


Dans ce domaine, il est donc nécessaire que des mesures significatives soient prises :


=> Redéfinition de la "Fondation pour la mémoire de la Guerre d’Algérie ", créée en application de l’article 3 de la loi du 23 février 2005 (dont l’abrogation est demandée sous sa forme actuelle) vantant les "aspects positifs de la colonisation". Cette Fondation est sous la coupe d’associations nostalgiques de l’Algérie Française qui voudraient exiger des historiens qu’ils se plient à la mémoire de "certains" témoins. 

=> Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs homologues de l’autre rive de la Méditerranée.


=> La vérité doit être dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, au sein de l’ancienne majorité présidentielle ont voulu réhabiliter.


Ce n’est qu’à ce prix que pourra disparaître la séquelle la plus grave de la Guerre d’Algérie, à savoir le racisme dont sont victimes aujourd’hui nombre de citoyennes et citoyens, ressortissants d’origine maghrébine ou des anciennes colonies, y compris sous la forme de violences policières récurrentes, parfois meurtrières.


On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après un demi-siècle, il est temps :


=>Que le Président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’état 

=> que la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d’Algérie soit redéfinie sur des bases totalement différentes. 

=> que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps. 

=> que l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’abandon des harkis, les massacres et l’enfermement dans les camps en France en 1962. 

=> que la liberté d’accès aux archives soit effective pour tous, historiens et citoyens. 

=> que la recherche historique sur ces questions soit encouragée, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant.

A l’occasion de ce 53 ème anniversaire, 

nous exigeons Vérité et Justice.


Rassemblement le vendredi 17 Octobre 2014 à 18h 

au Pont Saint Michel à PARIS



source: atmf

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 08:57

abc-communistes.jpg

L’auteur du texte ci-dessous est Etienne Fajon qui fut membre du bureau politique du Parti Communiste Français et directeur de "l’Humanité". Ce texte est extrait de son livre "l’ABC des communistes".

Il est très représentatif de ce qu'était la position du PCF avant sa "mutation". 

Tout n'est peut être pas à garder tel quel, mais il y a là des choses pour éclairer le débat. 

Comme presque tous les textes communistes de cette époque, ça peut paraître un peu rigide, manquant de souplesse dialectique (sur la Révolution française, en particulier, et sur les origines du sentiment national en France donc). Mais ça n'en est pas moins utile. 

 

 

"On m’a appris que la nation est une communauté humaine stable qui est née et s’est constituée historiquement sur la base de quatre caractères fondamentaux : la communauté de langage, la communauté de territoire, la communauté de la vie économique, la communauté de conformation psychique manifestée par la communauté des propriétés de la culture nationale. La nation française à une histoire et des caractéristiques spécifiques, différentes de celles de l’Angleterre, de la Russie, des Etats-Unis, de la Chine ou de tout autre pays. Sa vie économique implique, certes, des relations croissantes avec le reste du monde, mais elle est fondée sur les bases industrielles et nationales. Les luttes sociales et politiques y sont marquées par des traits particuliers. La culture française est une culture originale, même sis elle fait partie du trésor de la culture universelle

 

Le sentiment national s’est développé avec la grande révolution de 1789-1794. Cette révolution a brisé les structures féodales qui faisaient obstacle au développement de la jeune bourgeoisie capitaliste, classe progressiste à l’époque, les barrières douanières à l’intérieur du pays, les différences dans la législation ou les poids et mesures entre les provinces, les privilèges locaux. "Vive la Nation" ! Dans les années qui suivent ce mot d’ordre devient le cri de ralliement des masses populaires en lutte contre les ennemis extérieurs du pays et leurs complices de l’intérieur (les partisans de l’ancien régime). Les défenseurs de la révolution prennent le titre de "patriotes" Comme on le voit par la simple évocation de son origine, le sentiment national est tout le contraire d’une idée réactionnaire. Il se constitue conjointement avec la naissance et l’essor de la démocratie. Mais cela pose naturellement la question. Le sentiment national n’est-il pas incompatible avec l’esprit de classe ? N’y a-t-il pas, autrement dit, une contradiction entre la lutte des classes et la lutte pour l’indépendance nationale ? La réponse est non. Plus précisément il n’y a pas de contradiction pour la classe ouvrière.

 

En effet, l’histoire du peuple de France montre qu’à chaque époque les intérêts de la classe sociale ascendante, des forces révolutionnaires et d’avenir, s’identifient à l’intérêt national. Cependant que les intérêts des classes sociales qui ont fait leur temps, des forces rétrogrades, sont contraire à l’intérêt national qu’elles sacrifient à la défense de leurs privilèges. Le rôle national prépondérant de la classe ouvrière apparaît dès qu’elle s’affirme en tant que classe sociale indépendante - à partir du milieu du 19ème siècle pour ce qui concerne la France. La Commune de Paris qui n’a vécu que quelques semaines en 1871 mais qui reste la première expérience au monde d’un gouvernement des travailleurs, est un exemple à cet égard. Incarnation de l’internationalisme - elle comptait en son sein plusieurs socialistes ou démocrates révolutionnaires immigrés- elle fut l’organisatrice héroïque de la défense nationale contre l’envahisseur prussien, à l’inverse du gouvernement bourgeois de Versailles qui pactisait avec lui.

 

C’est en vain que certains, pour tenter de justifier leur nihilisme national, font référence à une phrase du manifeste communiste de 1848 : "Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’il n’ont pas. " Cette phrase de Marx et Engels décrit simplement une réalité concrète dans laquelle les travailleurs sont dépossédés de tout par la bourgeoisie qui se considère comme propriétaire de tout, y compris de la nation elle-même. Mais les falsificateurs du marxisme se gardent bien de citer la suite :" Comme le prolétariat doit en premier lieu conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en nation, il est encore par là national, quoique nullement au sens où l’entend la bourgeoisie (Marx et Engels, Manifeste du parti communiste). La responsabilité de la classe ouvrière dans la lutte pour l’indépendance et l’avenir de la nation n’est pas un complément à son combat pour la révolution socialiste ; elle est partie intégrante de ce combat.

 

L’histoire du parti communiste français est marquée par une conscience de plus en plus nette de cette responsabilité, jusqu’à sa prise en compte pleine et entière. "Nous prolétaires, nous aimons notre pays". Cette déclaration de Maurice Thorez à la tribune de la chambre des députés, le 3 avril 1933, deviendra une idée maîtresse du rapport qu’il présente au 8ème congrès du parti à Villeurbanne, en janvier 1936. "Nous sommes les héritiers du grand passé dont l’histoire est faire des efforts séculaires du peuple pour se libérer. C’est seulement dans les classes privilégiées condamnées par l’histoire que l’on a constamment renié la patrie française". 

 

Oui nous sommes fiers de la grandeur passée de notre pays, fiers de nos grands ancêtres de 1793, fiers des combattants de février et de juin 1848, fiers des héros de la Commune. Oui, nous associons dans un même tribut de reconnaissance émue la masse anonyme des paysans, des artisans, des prolétaires moderne et la remarquable élite d’hommes d’Etat qui ont fait la richesse, la puissance et la gloire de notre pays." C’est dans cette période que le Parti communiste français s’est préparé, a préparé les travailleurs aux tâches nationales lourdes de sacrifices qui leur incombèrent pendant les années terribles de la guerre et de l’occupation allemande, au terme desquelles le grand écrivain catholique François Mauriac devait souligner "seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle au drapeau de la patrie profanée." En septembre 1945, première réunion du comité central depuis 1939. Jacques Duclos présente le rapport en conclusion duquel il déclare : " aucun parti, aucune formation politique n’a fait ce que nous avons fait ; aucun n’a consenti autant de sacrifices à la cause de la patrie. On nous appelle le parti des fusillés. C’est notre fierté ! Rien ne pourra faire oublier ce que nous avons fait pour la France."

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 14:28

 

Nous avons trouvé ce texte de Robespierre sur le blog  "04, un département en Provence".  Ce texte est d'une grande actualité.

Les peuples "n'aiment pas les missionnaires armés!" Robespierre

| 

Publié par Barb'

robespierre-contre-la-guerre.jpg

 

 

(...) quand le peuple (à Rome) réclamait ses droits contre les usurpations du sénat et des patriciens, le sénat déclarait la guerre, et le peuple, oubliant ses droits et ses outrages, ne s'occupait que de la guerre, laissait au sénat son empire, et préparait de nouveaux triomphes aux patriciens.

La guerre est bonne pour les officiers militaires, pour les ambitieux, pour les agioteurs qui spéculent sur ces sortes d'évènements; elle est bonne pour les ministres dont elle couvre les opérations d'un voile plus épais et presque sacré; elle est bonne pour la cour, elle est bonne pour le pouvoir exécutif dont elle augmente l'autorité, la popularité, l'ascendant; elle est bonne pour la coalition des nobles, des intrigants, des modérés qui gouvernent la France.


Robespierre -Ecrits- Claude MAZAURIC Messidor-Editions Sociales


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