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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 16:33
La vérité sur les honoraires des médecins et leur remboursement
Daniel Roucous
Jeudi, 11 Février, 2016 dans l'Humanité

A quelques jours de la renégociation de la convention sécu/médecins libéraux, le point sur le tarif des consultations et leur remboursement.

Des médecins libéraux, sous convention avec la sécurité sociale depuis 2011, ont décidé d’appliquer le tarif sécurité sociale de 9 à 17 heures et de faire payer aux patients les heures supplémentaires.

Ils entendent par là contester leurs honoraires bloqués dont ils exigent une revalorisation. Ils se gardent bien de dire les avantages offerts par cette convention :dépassement autorisé de leurs honoraires sans plafond pour l’instant (plafonné à 100% en 2017) et 5 500 euros par an d'aide pour chacun (sources sécurité sociale).

Par quelques bout qu’on le prenne, c’est toujours le patient qui tousse.

A l'heure de la conférence sur la santé (sans les libéraux) et à quelques jours de la renégociation de la convention médicale sécu/médecins libéraux dont on peut prendre connaissance ici  http://www.ameli.fr/professionnels-de-sante/medecins/votre-convention/convention-medicale rappelons les différents tarifs des honoraires et leurs remboursements par l'assurance maladie. Ainsi le tarif des consultations des médecins généralistes comme spécialistes sont soit libres soit soumis au tarif sécu soit un mélange des deux. Leur remboursement s’élève toujours à 70% du tarif de la sécurité sociale même en cas de dépassement.

Les dépassements d’honoraires sont donc le pourcentage au-delà du tarif de la sécurité sociale. Ces dépassements ne sont jamais remboursés par la sécurité sociale mais peuvent l’être, en tout ou partie, par une mutuelle ou complémentaire santé mais dans la limite actuelle de 125% du tarif de la sécurité sociale. Dans tous les cas, ils sont interdits pour les bénéficiaires de la CMU-C, de l’ACS (aide à la complémentaire santé) et de l’AME (aide médicale de l’Etat) ainsi qu’en cas d’urgence.

Concrètement on trouve trois sortes de médecins et spécialistes :

L'intégralité ci-dessous

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 22:30

Excellent article et témoignage sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe

Si la situation médicale est critique dans le secteur de Dieppe, elle se tend de plus en plus dans de nombreux autres secteurs.  Le nombre de médecins généralistes diminue dangereusement.  Dans la région de Fécamp il ne fait pas bon être malade quand on est en vacances.  Beaucoup de médecins généralistes refusent de vous prendre car vous n'êtes pas un patient habituel. "Allez aux urgences" répondent les secrétaires sollicitées et embarrassées.  Or, d'après une étude de l'INSEE, la moitié des médecins généralistes en Haute-Normandie en 2013 a plus de 55 ans.  

A Elbeuf par exemple, les gynécologues parties en retraite ne sont pas remplacées.  Pour beaucoup de femmes c'est donc Rouen ou l'abandon des visites régulières chez la gynécologue.  Les ophtalmologues partent et ne sont pas remplacés... Quand à Rouen il faut compter trois mois pour consulter un stomatologue, dans la région de Nice, en quinze jours le rendez-vous est pris ...  C'est certain,  en Seine-Maritime le seuil critique est dépassé.

Quant au nombre de spécialistes conventionnés secteur I, ils se font rares et il faut beaucoup d'obstination pour en trouver un ... De plus, les spécialistes se regroupent dans des usines médicales, telles les cliniques Saint-Hilaire, Mathilde ou Europe, éloignées des banlieues et au standard téléphonique hasardeux.  Le plus souvent, c'est rendez-vous par Internet, impossible de parler de ses problèmes ou de l'urgence nécessaire, Internet et "doctolib" ( le site sur lequel vous vous devez obligatoirement vous connecter, si vous voulez prendre un rendez-vous avec les médecins qui ont choisi cet accueil si peu humain ) ne comprend pas ça.  Cela économise une secrétaire.  Le patient n'est qu'un client.  Il ne faudrait tout de même pas qu'il coûte trop cher au médecin, souvent de secteur II.

La médecine à deux vitesses est en place.  Plus vous êtes pauvre, plus vous habitez loin des centre-villes ou dans une zone défavorisée, plus il vous est difficile de vous déplacer, moins vous serez bien soigné. 

Quand vous êtes vieux, pauvre et sans moyens de transports, vous avez perdu. 

UL CGT Dieppe 

04 juil. 2016

Pénurie de médecins généralistes en secteur dieppois

Pénurie de médecins généralistes en secteur dieppois

"Nous sommes face à une aggravation de la fracture sanitaire. Un électrochoc s'impose !", a lancé 29 juin 2016 le président de l'association de consommateurs UFC-Que choisir:

"Il est temps que ce débat soit pris à bras-le-corps par les pouvoirs publics !", a-t-il ajouté.

Confortant ce que ne cesse de dire la CGT, l'UFC-Que choisir déplore "un recul de l'accès aux soins, aux tarifs de la Sécurité sociale, pour plus de 30 millions de Français" particulièrement depuis 4 ans. Ces résultats sont issus d'une étude sur l'offre de soins de ville de quatre spécialités : généralistes, pédiatres, ophtalmologistes et gynécologues.

Lorsqu'on se connecte sur la Carte interactive sur leur site on découvre que la fracture sanitaire touche aussi des secteurs proches de Dieppe, le cœur de la circonscription du nord du département qui est en situation d'abandon.

Mais ce que ne dit pas l'UFC-Que choisir, et que dénonce la CGT, c'est que cette fracture médicale a une cause: le Numérus Clausus.

Les élus CGT du comité de section de Seine-Maritime de la Mutuelle Générale (ex-MGPTT) s'en sont fait l'écho par la bouche d'un ancien membre de notre Commission exécutive, lors de l'AG de cette Mutuelle, à Issy-les-Moulineaux:

Texte de l'intervention des élus CGT à la MG:

"Nous somme ici pour discuter de la manière dont la mutuelle va couvrir ses adhérents, mais aujourd’hui la question cruciale à laquelle ils sont confrontés devient l’accès au soin. Nous pensons en Seine-Maritime que cette question aurait dû être traitée dans le rapport moral, car aujourd’hui le parcours de santé de nos adhérents est en train de devenir un véritable parcours du combattant. Or cet aspect des choses est globalement absent du rapport.

"En effet, il devient aujourd’hui quasiment impossible d’obtenir un rendez-vous dans les 24h00 chez un généraliste, dans une majorité de région.

"Aujourd’hui, pour obtenir un rendez-vous chez un dentiste, un ophtalmo, un spécialiste en général, il faut attendre 6 mois minimum

"Mais ce qu’il y a de pire dans la situation, c’est qu’il devient difficile, pour un patient ou une patiente qui perd son médecin référent, d’en retrouver au autre. Il en est de même pour son ophtalmo, son dentiste, je ne parle même pas de son gynécologue, où là, la situation est catastrophique pour les femmes."

La situation se dégrade: l'exemple des ophtalmos de Dieppe:

"Je vais prendre un exemple, celui des ophtalmologistes, pour illustre mon propos et alerter notre assemblée générale : J’ai assisté à une scène hallucinante, il y a deux semaines, dans un cabinet ophtalmologiste de ma province. Il y a eu fermeture de plusieurs cabinets ophtalmologiste dans la ville de Dieppe, où j’habite, ville moyenne de 30 000 habitants, au centre d’une agglomération de 80 000 habitants.

"Alors que j’attendais dans la salle d’attente, qui est aussi le bureau de la secrétaire médicale du cabinet, que mon épouse passe un examen de fond d’œil, j’ai assisté à une succession de visites de patients en détresse, car ils étaient en recherche de nouvel ophtalmo. A chaque fois, la secrétaire médicale leur a répondu :

« On ne prend plus de clients, parce que nous ne voulons pas dépasser la durée d’attente de 6 mois ».

"Elle a répondu la même chose au téléphone, à plusieurs personnes qui n’étaient pas clientes du cabinet. A chaque fois elle les a renvoyés vers une clinique rouennaise située à 60 kilomètres en leur disant qu’à sa connaissance, il y avait encore des possibilités d’y obtenir un rendez-vous. J’ajoute que parmi ces patients, l’un d’entre eux était diabétique, et avait besoin de faire un fond d’œil. Il ne sera pas fait d’exception pour lui.

A Rouen la situation se tend aussi !

"Je me suis renseigné auprès de mes camarades élus du comité de section, qui m’ont tous dit que la situation se tendait aussi en région rouennaise. L’un deux, patient d’une ophtalmo dans cette même clinique rouennaise, m’a dit être inquiet, parce que son ophtalmo prenait sa retraite en fin d’année et qu’elle ne serait pas remplacée, un autre ophtalmo de ce cabinet ayant déjà pris sa retraite, et n’ayant pas été remplacée. Les autres praticiens se répartissent les patients entre eux, ce qui entraine un allongement des délais d’attente initialement de 6 mois à 8 mois aujourd’hui.

"S’ajoute à cela un effet sur les tarifs : les ophtalmos sur le départ pratiquent tous des tarifs de 28€. Un jeune ophtalmo arrivé dans ce cabinet il y a deux ans, venant de son pays natal de l’est de l’Europe, ne s’embarrasse pas avec ce tarif : le sien est de 50€. La pénurie de praticien a donc un 2eme effet : il provoque l’élévation du tarif de la consultation.

"Vous m’objecterez peut-être que ce que je décris est un épiphénomène marginal, limité aux ophtalmologistes. Mais je peux vous faire quasiment la même description pour les dentistes.

"La question cruciale, aujourd’hui, en matière de santé, est certes la question du remboursement des frais, et du tiers payant. Mais ce qui devient de plus en plus prégnant c’est l’accès au soin.

L'effet Numérus Clausus en fin de 1e année de médecine; un peu d'histoire:

"Nous sommes entrés dans une période où un très grand nombre de médecins partent à la retraite ; pourquoi ? Parce qu’ils sont nombreux à avoir atteint et dépassés l’âge de 65 ans. Certes la loi de modernisation du système de santé dont le rapport moral nous vante le contenu, se présente comme ayant l’ambition d’améliorer cet accès au soin, mais elle fait l’impasse sur la production de nouveaux médecins.

"Ceux qui partent aujourd’hui en retraite sont les derniers à être entrés en 2e année de médecine avant la mise en place du numérus clausus en 1971. La situation est dramatique, car selon les propres chiffres du Conseil de l’ordre, 26,7% des médecins des médecins généralistes ont aujourd’hui plus de 60 ans, soit plus d’un sur quatre, alors que 14,8% seulement des médecins généralistes ont moins de 40 ans.

"Cela veut dire que dans les 5 ans la population médicale française va subir un choc terrible, qui va généraliser et aggraver les exemples que je vous ai présenté en début de mon propos.

"On en connait les raisons :

  • "Jusqu’en 1978, c'est-à-dire la dernière année d’où sont sortis du cursus de formation, les étudiants entrés en 2e année médecine avant la mise en place du numérus clausus, on produisait plus de 8000 médecins tous les ans.
  • "En 2016 le numérus clausus ne dépasse guère les 7000 places, alors que la population française a augmenté de 10 millions d’habitants entre 1978 et 2016.
  • "Mais entre ces deux dates, la courbe s’est effondrée ; on a baissé le numérus clausus jusqu’à un étiage inférieur à 3600 entre 1992 et 1999, pour ne le remonter que très progressivement qu’à partir de l’an 2000 ; si bien que la population médicale présente l’aspect démographique similaire à celle de la population française à la suite de la guerre 14-18.

"Il nous semble évident donc que le rapport moral aurait dû consacrer à ce grave problème, une partie de son propos, d’autant qu’à l’évidence, au-delà du fait que cela a déjà des conséquences importantes sur la vie de nos adhérents, cela risque d’avoir aussi des conséquences en matière de gestion.

"Car au-delà des problèmes sanitaires que cela va créer, cette pénurie risque de contribuer à une hausse rapide et brutale des honoraires, car la santé n’est pas isolée des logiques de fonctionnement du monde économique, et qu’une pénurie produit toujours une élévation des coûts."

 

La pénurie d'ophtalmos est encore pire en pays de Bray et en Vallée de Bresle !

La pénurie d'ophtalmos est encore pire en pays de Bray et en Vallée de Bresle !

Quelques liens pour des informations complémentaires.

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 15:47
 
La Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale a pris connaissance du décès par suicide d’une infirmière du groupe hospitalier du Havre et exprime à sa famille, ses proches et ses collègues, sa profonde tristesse.
La prise en charge des patients s’éloigne des missions de soins de qualité et de sécurité. Une fois encore, cette tragédie rappelle dramatiquement le suicide, déclaré en accident du travail par sa direction, d’un infirmier de l’Hôpital de Rangueil à Toulouse le 13 juin dernier.
Les politiques de santé amènent des restructurations brutales, des mutualisations et une exigence de polyvalence qui percutent notre éthique professionnelle et risquent de conduire à un désarroi profond.
On ne peut se satisfaire de voir les professionnels au service des patients exprimer leur souffrance à exercer des professions méprisées et bafouées par la logique financière et les réorganisations des établissements.
 
Montreuil le 1er juillet
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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 08:19
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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 17:26
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 15:44
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 09:32
Discours de Ken Loach pour la Palme d’Or à Cannes 2016

publié dans 22 mai 2016 par Ludo Rossi sur le site AntiK

Initialement publié sur https://npa2009.org/idees/culture/discours-de-ken-loach-pour-la-palme-dor-cannes-2016 le Dimanche 22 mai 2016

 

« Recevoir la Palme, c’est quelque chose d’un peu curieux car il faut se rappeler que les personnages qui ont inspiré ce film sont les pauvres de la cinquième puissance mondiale qu’est l’Angleterre.

C’est formidable de faire du cinéma, et comme on le voit ce soir c’est très important. Le cinéma fait vivre notre imagination, apporte au monde le rêve mais nous présente le vrai monde dans lequel nous vivons. Mais ce monde se trouve dans une situation dangereuse. Nous sommes au bord d’un projet d’austérité, qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales qui risquent de nous mener à la catastrophe. Ces pratiques ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s’enrichit de manière honteuse. Le cinéma est porteur de nombreuses traditions, l’une d’entre elles est de présenter un cinéma de protestation, un cinéma qui met en avant le peuple contre les puissants, j’espère que cette tradition se maintiendra. 

Nous approchons de périodes de désespoir, dont l’extrême-droite peut profiter. Certains d’entre nous sont assez âgés pour se rappeler de ce que ça a pu donner. Donc nous devons dire qu’autre chose est possible. Un autre monde est possible et nécessaire. »

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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 13:03

A Toulouse, la permanence d'un député PS murée par la CGT

Un "symbole". A Toulouse (Haute-Garonne), une dizaine de syndicalistes de la CGT ont muré, tôt dans la matinée, l'entrée de la permanence du député PS Christophe Borgel. "On mène des actions symboliques devant les permanences des députés pour les appeler à leurs responsabilités. Il y a des salariés en lutte qui refusent ce projet, qui veulent débattre, qui demandent le retrait", a déclaré le secrétaire général de la CGT 31.

 

Le député de Haute-Garonne a "condamné fermement" cette "dégradation", estimant qu'"à ce jour, plus de trente parlementaires ont été victimes de ce type d'agissements".

Réaction du député PS.  Sottise ou inconscience ? 
 

Je condamne les dégradations contre ma permanence, cela ne relève pas du débat démocratique:http://www.borgel.fr/?p=5183 

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16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 16:24
Hollande et les décombres

par · 13 mai 2016 sur son blog Russeurope

La loi El Khomri a donc été passée en force, et le Premier-ministre tout comme le Président peuvent contempler leur œuvre : ils ont fait de la politique française un champ de ruines. Bien sûr, ils ont « gagné », comme cela se dit et se lit dans les cercles médiatiques du pouvoir. Le mouvement social s’épuise. Mais, c’est une victoire parmi les décombres. Le Président s’était présenté comme l’homme de la synthèse et du renouveau moral ; il n’aura réussi qu’à être l’homme de la destruction et du discrédit.

 

Décombres politiques

Le champ de ruines est impressionnant si on regarde l’espace politique. Le Parti « socialiste » est au bord de la scission. Bien entendu, on ne peut exclure un replâtrage tant les uns comme les autres manquent singulièrement de courage politique. Mais, la réalité est que le P « S » a explosé. Les anciennes rancoeurs, recuites au feu doux de congrès, sont désormais devenues inexpiables. Dans le même temps, ceux que l’on appelle les « frondeurs », et c’est sans doute bien trop d‘honneurs que de les comparer à cette épisode de l’Histoire de France, se sont complètement déconsidérés par leur refus de voter la motion de censure déposée par la droite. Seul, la fin du dernier mandat de François Mitterrand peut se comparer à cela. Pourtant, à l’époque, cela ne concernait que le P « S ». François Hollande, par ses manœuvres, aura réussi à entraîner dans la chute l’autre « grand » parti, les « Républicains ».

Que l’on regarde les principales figures qui se battent pour la primaire, de Nicolas Sarkozy à Alain Juppé, en passant par l’ectoplasmique Bruno Le Maire et le terne François Fillon, c’est une surenchère d‘austérité qui nous est promise. Aucun de ces personnages n’a la moindre compréhension de la situation économique où nous nous trouvons. Si les programmes des uns ou des autres étaient appliqués, ils plongeraient la France dans une nouvelle récession. Cette droite a d‘ailleurs fait amplement la preuve de son sectarisme, et de son incompréhension des problèmes économiques, en écrivant le texte d’une motion de censure qui est un concentré d‘imbécillités et qui a servi à certains des frondeurs pour justifier (à tort) leur abstention, et en fin de compte leur lâcheté.

Les deux grands partis sont aujourd’hui largement déconsidérés. Voilà les décombres sur lesquels Manuel Valls et François Hollande sont en train de régner. Que, de ces décombres naissent de coupables ambitions, comme celles d‘Emmanuel Macron, le Ministre de l’économie, n’est pas pour étonner. On dira que l’homme tire dans le dos de sa propre famille politique. Mais, quand on n’a plus d’honneur, on n’a plus de famille. Et l’homme qui prétend sauver l’économie française par des autocars peut se targuer d’avoir été à bonne école avec ce que lui aura appris la fréquentation de cette prétendue « gauche » de gouvernement.

 

Décombres sociaux et économiques

Le désastre actuel ne s’arrête, hélas, pas là. Il s’étend au domaine économique et social. Qui ne peut voir dans l’obstination mortifère du gouvernement à faire passer la loi El Khomri la preuve d’une soumission à un pouvoir étranger ? Car, cette loi, elle était exigée par les instances européennes, au nom de ces « réformes » qui ne sont que le nom donné à l’austérité. Et, cette austérité, elle est la véritable politique économique de la zone Euro, telle qu’elle est imposée par l’Allemagne. Car, c’est l’Allemagne qui entend profiter des avantages que la zone Euro lui donnent sans faire d‘efforts en contrepartie. En son nom, mais aussi en celui d’une construction européenne qui est largement sortie de ses rails, on va détruire les institutions collectives et les règles qui s’étaient constituées à travers près de 150 ans de luttes sociales.

Dans le même temps que passait cette réforme détestable en France, on apprenait qu’à Bruxelles les gouvernements des pays de l’UE n’avaient pu se mettre d’accord sur une réforme de la directive concernant les travailleurs détachés. On sait qu’en l’état, cette directive permet une concurrence déloyale qui pénalise lourdement les entreprises françaises. Ici encore se dévoile toute l’hypocrisie du gouvernement qui dit un jour qu’il va faire ceci et qui le lendemain se soumet sans faillir aux injonctions de Bruxelles. La liste est longue des reniements, et ceux-ci on commencé dès le début du mandat de François Hollande avec le vote du TSCG, traité qu’il aurait fallu soumettre à référendum.

Cette présidence laisse donc derrière elle un véritable champ de ruines économiques et sociales, avec un accroissement impressionnant du chômage et de la précarité combiné à la destruction sans précédant des institutions sociales et un recul historique en matière de droit du travail. Ce qui est véritablement tragique est que ce champ de ruines pourrait laisser les mains libres à d’autres reculs et d‘autres destruction car, il faut le rappeler, le programme des prétendants des « Républicains », est de la même eau, ou plutôt de ce même vin ranci issu des outres fétides du néo-libéralisme et de la soumission à Bruxelles et à l’Union européenne.

 

Ruptures

Dès lors, il ne faut pas s’étonner des violences qui accompagnent les manifestations de protestation contre la loi El Khomri. Il est clair que dans nombre de cas on est en présence de provocations encouragées voire commises à l’instigation du Ministère de l’intérieur. Les images de « casseurs » opérant à côté des CRS le prouvent. Mais, il serait faux de s’en tenir à cette seule explication. Ce serait faire bon marché de l’exaspération croissante d’une large part de la jeunesse en révolte, et qui se trouve sans débouchés politique avec la fin du mouvement « Nuit debout ». Avec toutes ses limites, et elles étaient nombreuses, ce mouvement témoignait de la convergence des aspirations pour « autre chose ». Les instigateurs de ce mouvement n’ont pu ou voulu lui donner un débouché politique. Il est donc compréhensible que face à la violence légale déployée par le gouvernement, violence dont l’usage de l’article 49-3 a été le symbole, cette exaspération s’exprime. Mais, elle cache une exaspération plus profonde et plus sourde, qui se traduira certainement dans les résultats aux prochaines élections. Le meilleur pourvoyeur en votes Front National est indiscutablement ce gouvernement et, au-delà, une large part de la « classe politique » qui, par manque d’intelligence pour certains, par conformisme pour d‘autres, par soumission à l’européisme pour beaucoup, se révèle incapable de produire les réponses nécessaires face à la crise économique, sociale et politique que nous traversons. Cela fait partie des décombres que laisse derrière lui François Hollande.

Une grande partie de la jeunesse n’est pas simplement « en révolte ». Elle est en rupture avec les cadres politiques et sociaux qu’on veut lui imposer. Et la même chose peut être dite de nombreuses catégories sociales, des travailleurs hospitaliers aux paysans, des ouvriers et employés – soumis à la tyrannie de « petits chefs » dopés à la loi El Khomri – aux policiers et militaires. Il ne faudra pas s’étonner ni gémir si ces catégories usent, pour exprimer leur rupture, du seul instrument qui leur est offert.

Nous reproduisons ci-dessous un commentaire avec lequel nous sommes parfaitement d'accord.  La grève dans les raffineries démontrent effectivement que le mouvement ne s'essouffle pas ..

Gourmel Michel • 05-22-2016 19:38 
Des points très intéressants dans l’analyse. MAIS :

Attention, 2 grosses erreurs dans le 1er paragraphe en dessous du chapeau : « La loi El Khomri a donc été passée en force… ». Elle n’a passé que la 1ere lecture à l’assemblée nationale, ce qui n’est pas du tout pareil. Jacques Sapir est un économiste de renom pas un juriste, il fait de grosse erreurs de droit sans oublier que de parler le 20 mai du « mouvement social qui s’épuise », il fait encore là aussi une grosse erreur :

Le 12 mai 2016, alors que de nouvelles manifestations ont lieu contre le projet, la motion de censure reçoit, à l'Assemblée nationale, l'appui de 246 députés : LR, UDI, Front de gauche et non-inscrits mais pas des frondeurs ; qui sont donc de faux frondeurs et de vrais socialistes ; ou du moins de vrais PS car du socialisme ils ne savent plus ce que cela veut dire ! 288 votes nécessaires pour la motion de censure et est donc rejetée, ce qui entraine l'adoption du projet de loi par l'Assemblée nationale en première lecture. Le texte doit maintenant être examiné par le Sénat. Et s’il n’est pas voté en termes identiques, il reviendra ensuite à nouveau à l’Assemblée…
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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 09:31

 

Par : Alain Seveyrat sur expressions Vénissieux

Capture d’écran 2016-05-11 à 16.14.46

L’information est tombée mercredi en fin d’après-midi. Les trois arrêtés interdisant expulsions locatives, saisies mobilières et coupures d’énergie que Michèle Picard avait pris le 31 mars ont été suspendus par le tribunal administratif. L’audience a eu lieu mardi après-midi, en présence de plus d’une soixantaine de personnes.

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