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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 22:50

 

Avant-propos: Nous découvrions récemment dans « Daëch, partenaire financier de la Haute finance internationale? » que l’organisation supposée terroriste opérait sur le marché financier international au travers de ses 24 banques.

Nous nous posions la question de la double posture des autorités financières qui se voulaient chantres de l’argent propre mais qui toléraient la manne aussi bien financière que pétrolifère d’une organisation qu’elles considèrent comme terroriste.

Et voilà que dans ce contexte de perplexité grandissante sur les motivations qui dirigent notre monde un article du journal Libanais L’Orient le Jour retient notre attention.

Il est signé de l’excellente journaliste et analyste de la région, Mme Scarlett Haddad. Elle y revient sur la prospérité économique de Daëch. Mais un passage en particulier a retenu notre attention:

« Comment la France n’a-t-elle pas vu venir la menace ? Une source diplomatique étrangère au Liban précise que les autorités françaises auraient obtenu des assurances de la part de la Turquie, après l’attentat contre Charlie Hebdo (en janvier), de peser de tout son poids sur Daech, pour éviter de nouvelles attaques en France. Mais il semblerait que depuis la mort du bras droit d’Abou Bakr el-Baghdadi, Abou Moslem al-Turkmani, en août dans un raid de la coalition sur Mossoul, les assurances ne seraient plus valables, cet homme étant une sorte d’intermédiaire entre les services turcs et l’organisation terroriste. »

Ce passage est fondamental car Mme Haddad est une journaliste de confiance, voire d’exception. Et la liberté d’expression est de mise dans ce petit pays qu’est le Liban. Alors que devrions-nous comprendre? Que le gouvernement français se serait compromis avec Daëch via la Turquie? Que la Turquie a de l’influence auprès de Daëch? Si tel était le cas, quelle peut être encore la marge de manœuvre du gouvernement français pour assurer la sécurité des citoyens? A quoi servirait un état d’urgence si les causes du problème ne sont envisageables qu’à travers une triangulation avec la Turquie?

Les questions sont de taille dans une Europe meurtrie. Elles sont sans réponses. Pourtant les doutes qu’elles soulèvent nécessitent obligatoirement des explications.

A l’heure où de gros efforts sont demandés aux citoyens pour restreindre leurs libertés et leur vie privée au profit du tout sécuritaire, un début de réponse et de vérité semblent un minimum vital.

Liliane Held-Khawam

 

Lire le texte de la journaliste libanaise, Scarlett Haddad, ici

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 15:49
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 16:42
 La CGT Air France alerte sur les risques que fait courir le transfert du contrôle des aéroports à des sociétés privées
 La CGT Air France alerte sur les risques que fait courir le transfert du contrôle des aéroports à des sociétés privées
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 23:03
Les cours des fabricants d'armes en hausse après les attentats de Paris
Montage des différents cours mentionnées sur 5 jours.
Montage des différents cours mentionnées sur 5 jours. [RTS]
Les cours en bourse des fabricants d'armes ont fortement augmenté à la suite des attentats de vendredi à Paris qui ont fait au moins 129 morts et plusieurs centaines de blessés, remarque The Intercept.

Alors que l'index français CAC40 était en baisse, le plus grand fabricant d'armes français, Thalès, a connu une hausse de 3% lundi, note le journal américain.

Aux Etats-Unis, où le candidat à l'investiture républicaine Donald Trump a jugé qu'il y aurait eu moins de victimes à Paris "si les gentils avaient été armés" , l'industrie de l'armement a également vu ses cours bondir de 2 à 3% à l'ouverture des marchés lundi. Northrop, Lockheed ou encore Raytheon ont vu leurs ventes augmenter.

Les fabricants d'armes suisses ne sont eux pas cotés en bourse. Une éventuelle hausse n'est donc pas calculable à court terme.

Sur RTS

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 11:46

15 Novembre 2015 ,  Publié sur le blog de Lucien Pons

Ce sont des monstres mais ce sont vos monstres. Par José Fort.

Les barbares qui ont semé la mort et la désolation vendredi soir à Paris sont des monstres. Personne ne le conteste. Mais s’en tenir à ce constat et à la compassion pour les familles martyrisées ne suffit pas. Ces monstres ont été enfantés par le désordre mondial enclenché par les guerres menées au nom de la « démocratie » par les Bush, Sarkozy, Cameron et quelques autres.

Des questions de bon sens n’obtiennent étrangement aucune réponse. D’ou vient l’argent ? D’où viennent les armes ?

L’organisation terroriste dispose de moyens financiers considérables. L’argent – en partie - provient de plusieurs pays du Golfe alliés de Washington et de Paris ainsi et du commerce du pétrole en direction, dit-on sans obtenir de démenti, de pays européens ainsi que du pillage d’antiquités vendus au prix fort en Occident par des réseaux mafieux.

D’où viennent les armes ? Un grand merci au grand Sam et à ses copains de Londres et de Paris. Le matériel fourni aux opposants à Bachar el Assad est passé à 90% entre les mains des Djihadistes avec en prime les reliquats des arsenaux libyens ainsi que des blindés, des tanks et de l’armement lourd de fabrication US pris à l’armée irakienne.

Les talibans en Afghanistan avaient été armés par Reagan au nom de la défense du « monde libre » avec les résultats que l’on connaît. Les « contras » au Nicaragua avaient bénéficié des mêmes largesses.

En accueillant les dictateurs latino-américains en retraite dorée à Miami, les officiels nord-américains ont pour habitude de dire : « Ce sont des fils de pute, mais ce sont nos fils de pute. » Les dirigeants occidentaux peuvent dire eux aussi à propos des barbares: « ce sont des monstres, mais ce sont nos monstres. » »

José Fort

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 14:51
Commentaires : Le 6 décembre auront lieu des élections législatives au Venezuela.  Peu à peu les Etats-Unis relancent l'offensive contre les dirigeants bolivariens et le peuple qui le soutient. Ils financent les ONG proches des partis de droite et d'extrême-droite opposés à Maduro.  En Avril 2015, Obama déclare que le Venezuela présente "une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale" de l'Empire, rien de moins.  Et à un mois des législatives voilà que des opposants au régime bolivarien accusent Maduro de "crimes contre l'humanité".   Et bien sûr, les medias reprennent sans enquêter sur les violences commises par la droite et l'extrême-droite.   Ils relaient de plus en plus, sans nuances et de manière très simpliste, les campagnes idéologiques lancées par les puissances dominantes et les pouvoirs économiques et politiques. Y.G.
La déstabilisation au Venezuela suit le même schéma qu’au Chili en 1972 (El Telégrafo)

Le journaliste Maurice Lemoine a publié un livre au sujet des stratégies putschistes mises en place dans divers pays latino-américains : « Les enfants cachés du général Pinochet : Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation ». Il analyse les techniques utilisées par les médias conservateurs dans le but d’influencer les opinions publiques et légitimer la déstabilisation.

Vous avez fait des recherches sur les coups d’Etat en Amérique latine et vous considérez qu’il y a des similitudes avec ce qui se passe aujourd’hui dans certains pays dirigés par des gouvernements progressistes. Quarante ans après, quelles sont ces similitudes ?

Je me trouvais à Caracas le 11 avril 2002, lors du coup d’Etat contre le président Hugo Chavez, et j’étais à des points stratégiques comme le pont Llaguno, ce qui m’a permis d’être un des premiers à pouvoir expliquer ce qui s’est réellement passé ce jour-là, photographies à l’appui. Je me trouvais aussi en Bolivie en 2008 lors de la tentative de déstabilisation du gouvernement d’Evo Morales et je connais aussi bien les cas du Honduras -ce qui est arrivé au président Manuel Zelaya [1]- et de l’Equateur [2]. C’est ce qui m’a poussé à écrire un livre sur les « coups d’Etat light » (Les enfants cachés du général Pinochet, 2015 [3]), mais j’ai pensé que pour pouvoir mieux comprendre notre actualité il fallait d’abord étudier les coups d’Etat des années 60 et 70, ce qui m’a permis de trouver les différences et les similitudes dans les techniques employées. Par exemple si vous analysez ce qui se passe aujourd’hui au Venezuela, la déstabilisation économique mise en place suit exactement le même schéma qu’au Chili en 1972.

[...]  Lire la suite sur le site du Grand Soir.

Article original en espagnol : La desestabilización en Venezuela sigue el patrón de Chile en 1972, El Telégrafo, Équateur, le 3 novembre 2015

Copyright © Maurice Lemoine, telegrafo.com, 2015

Traduit de l’espagnol par Luis Alberto Reygada pour Mondialisation.ca

Luis Alberto Reygada, journaliste indépendant franco-mexicain, géopolitologue, spécialiste de l’Amérique latine.

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 14:29

Grève générale en Grèce contre la poursuite des mesures d’austérité

Jeudi 12 Novembre 2015 sur le blog de Nicolas Maury

Le gouvernement d’Alexis Tsipras voit s’accroître la pression alors qu’un appel à la grève générale a été lancé dans le pays fatigué par l’austérité avec laquelle le Premier ministre avait promis de rompre
Les employés du secteur public tout comme ceux du privé se mettent en grève ce jeudi, paralysant toutes les activités du pays. Les écoles, les hôpitaux, les banques, les transports et d’autres services encore seront fermés pendant 24 heures en signe de protestation contre les nouvelles coupes budgétaires et hausse d’impôts introduites par le gouvernement à la demande des créanciers.
«L’hiver sera explosif et cela ne sera que le début», a mis en garde Grigoris Kalomoiris, un des leaders du syndicat de fonctionnaires Adedy. «Alors que le salaire moyen a été diminué de 30%, quand les salaires étaient déjà à un niveau inacceptable, alors que le système de sécurité sociale risque de s’effondrer, nous ne pouvons pas rester immobiles», a déclaré le responsable, cité par The Guardian.
Son syndicat accuse le gouvernement d’hypocrisie, affirmant que Syriza «a renoncé à toutes ses promesses». Même si la Grèce ne fait pas face à un défaut ou à une sortie de la zone euro comme cet été, la crise est loin d’être terminée, a dit Grigoris Kalomoiris au quotidien britannique.

https://francais.rt.com/international/10133-greve-generale-grece-austerite
 
Nicolas Maury
Grèce: Tsipras essuie sa première grève générale

Près de 20.000 personnes défilaient jeudi à la mi-journée à Athènes. Le mouvement lancé par les syndicats vise à protester notamment contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites.

Des membres du PAME, proche du parti communiste défilaient à Athènes lors de la grève générale (c) Petros Giannakouris/AP/SIPADes membres du PAME, proche du parti communiste défilaient à Athènes lors de la grève générale (c) Petros Giannakouris/AP/SIPA
 

Le gouvernement de gauche radicale du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, essuyait jeudi 12 novembre sa première grève générale, émaillée de quelques incidents, alors que les créanciers sont en ville pour discuter du versement de 2 milliards d'euros au pays.

Pas loin de 20.000 personnes défilaient dans Athènes à la mi-journée. [...]

Le mouvement, lancé pour 24 heures par les syndicats du pays, vise à protester notamment contre les hausses d'impôts et la réforme des retraites à venir et paralysait vendredi les administrations, les transports, y compris les vols intérieurs, annulés par dizaines.

"Nous luttons contre des mesures gouvernementales qui perpétuent des relations sociales dignes du Moyen Age", assurait le principal syndicat du privé GSEE.

"Poche de résistance"

Les hôpitaux pour leur part n'assuraient que les urgences, les musées et sites archéologiques étaient fermés et les journalistes étaient en grève également.

A Athènes, le premier à défiler était le PAME, proche du parti communiste (KKE). Le cortège rassemblait environ 10.000 personnes selon la police.

"Chaque secteur d'activité doit devenir une poche de résistance", a lancé le secrétaire général du Parti communiste, Dimitris Koutsoubas.

Venait ensuite la manifestation des syndicats, GSEE et Adedy (public), forte de plus de 2.000 personnes, précédée d'un cercueil portant la mention "auto-entrepreneurs, techniciens, artisans".

Puis un autre cortège rassemblant 4.000 personnes à l'appel des partis et mouvements de gauche suivait, dont étaient issus apparemment les jeunes gens incontrôlés.

Dans une des manifestations, les participants tenaient au bout d'une ficelle des ballons de baudruche sur lesquels on pouvait lire: "Ta logia tou Alexis", "les paroles d'Alexis" Tsipras.

Troisième cure d'austérité

Beaucoup de Grecs ont été dépités en effet du demi-tour effectué par le jeune dirigeant de gauche radicale ( qui avait finalement accepté  un troisième plan d'austérité ) [...]  Or, la grève générale se déroule précisément pendant une inspection à Athènes de représentants des créanciers du pays, Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international et Fonds européen de stabilité financière.

[...] il reste des points de friction, qui retardent le calendrier du versement d'une tranche de deux milliards d'euros.  Le blocage concerne en particulier les saisies immobilières, au sujet desquelles Athènes est partisan de clémence, et le traitement des créances douteuses, qui plombent actuellement le bilan des banques du pays.

La grève soutenue par Syriza

Le ministre de l'Economie, Georges Stathakis, s'est cependant montré confiant mercredi, déclarant "croire que tous ces problèmes seront résolus d'ici samedi".

Le gouvernement compte aussi réduire le montant des retraites dépassant les 1.500 euros par mois.

[...]

Or la grève générale est soutenue par Syriza contre "les politiques anti-sociales, d'un néo-libéralisme extrême" menées par le gouvernement... Syriza. Un paradoxe très commenté sur les réseaux sociaux. "Je suis un peu perdu, là... On défile avec Alexis pour renverser Tsipras, ou avec Tsipras pour renverser Alexis?", se demandait un utilisateur de Twitter.

[...]

(Avec AFP)

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:48

Nous publions un entretien très éclairant du Me Antoine Comte. L’AFPS n’est en aucun cas engagée par les commentaires qui apparaissent en dessous de l’article.

RT France, mardi 10 novembre 2015

Suite à la décision de la cour de cassation de condamner les appels au boycott des produits israéliens, RT s’est entretenu avec Me Antoine Comte, avocat de BDS, l’organisme qui avait lancé la campagne de boycott et aujourd’hui condamné.

 

RT France : Déplorant la décision de la cour de cassation, vous avez annoncé vouloir porter l’affaire devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Pouvez-vous nous expliquer vos motivations ?

Maître Antoine Comte : J’ai en effet dit qu’il s’agissait d’une grande régression dans la possibilité pour les citoyens de s’exprimer. Pouvoir critiquer la politique d’un Etat étranger fait partie intégrante de la Liberté d’expression. A ce sujet, il existe dans notre système des juridictions internes, mais également une juridiction européenne. Nous allons en effet porter cette affaire devant la CEDH qui est particulièrement attachée depuis toujours à la liberté de la presse. Pour moi, la question centrale est le droit pour les citoyens de s’exprimer sur des questions de politique Internationale. Je défends ce genre d’actions depuis le début de ma carrière. Il faut savoir que le boycott prôné par cette grande campagne internationale qu’est BDS a été lancé par la société civile palestinienne et plusieurs syndicats et associations. Cette mesure demande simplement que le droit international et les 40 résolutions des Nations Unies et du conseil de sécurité soient respectées. Cette campagne a été lancée à la suite de la construction du mur de séparation qui avait été critiquée par la Cour de Justice Internationale et qui avait demandé qu’on cesse la construction du mur en Israël, ce qui n’a jamais été fait.

Pour vous, ce boycott constitue donc une liberté fondamentale ?

C’est même nécessaire. Le boycott est l’expression des citoyens à la fois pacifique et non-violente et qui en même temps tient compte de la question centrale d’une position politique en dehors des partis, car il arrive heureusement que des citoyens prennent parti pour une cause commune sans tenir compte de leurs désaccords. En France, on a régulièrement des campagnes pour des boycotts en protestation contre la politique d’un Etat.

La Russie n’y a pas échappé et a fait l’objet de ce genre de campagnes, subissant des sanctions économiques importantes en lien avec la situation ukrainienne.Il y a eu des campagnes lancées en France contre la Chine sur la question du Tibet. La grande campagne contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 70-80, appelée « Outspan » et qui visait à boycotter les oranges d’Afrique du Sud, a été une campagne très importante puisqu’elle a permis à la question de l’apartheid d’être mise sur l’agenda mondial et finalement obtenir la fin de cette politique injuste et discriminatoire. Il y a eu des dizaines de boycotts, notamment sur des événements sportifs comme les jeux olympiques ou le Mondial de football en Argentine pendant la dictature des colonels. Il n’y a pas d’expression citoyenne plus appropriée selon moi (à part les élections) qu’un appel au boycott pour des questions de politique internationale.

Pourquoi le boycott des produits israéliens serait-il une exception ?

C’est là qu’intervient le plus gros problème. Car le boycott des produits israéliens est le seul boycott dont on dit qu’il n’est pas conforme à la loi. Pour un juriste c’est une question très choquante.

On invoque, pour tenter de faire croire que ce boycott est illégal, une discrimination. Mais de quelle discrimination parle-t-on ? Car il ne s’agit pas de personnes, mais de produits ! J’ai demandé une QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité) car la loi de 1881 sur la Liberté de la presse protège les individus contre les discriminations, dans le travail, dans les opinions, les positions politiques etc. Dans le cas de BDS, on essaye de nous faire croire à une discrimination en traduisant un boycott de produits comme une discrimination à l’égard des producteurs israéliens. C’est d’autant plus ridicule et grotesque qu’il existe une règle très importante dans le droit international selon laquelle, une puissance occupante ne peut exploiter les ressources du pays ou de la zone occupée. Or, c’est exactement ce qui se passe dans les territoires palestiniens : les produits qui proviennent des colonies sont non-conformes en matière de droit international, ce qui justifie tout à fait un boycott. Le parlement européen a d’ailleurs demandé l’étiquetage des produits israéliens provenant des colonies. La manière dont la justice française traite ces question est gravissime et une telle régression est très inquiétante pour l’avenir.

Justement, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a comparé récemment cet étiquetage des produits provenant des colonies au « nazisme ». Que pensez vous de ses déclarations ?

De mon point de vue, ce n’est ni plus ni moins de la dérision politique. Comment peut-on assimiler un boycott de produits à l’antisémitisme, au nazisme, au fascisme ?

C’est tout simplement grotesque. Cela fait partie de la propagande d’un Etat qui n’a rien à voir avec les réalités. C’est très important de comprendre que le boycott est une démarche politique des citoyens. L’appel au boycott n’est autre que la critique d’une ligne politique d’un pays étranger qui est parfaitement acceptable. Quel Etat peut s’inquiéter que ses citoyens critiquent la politique américaine, russe, chinoise ou israélienne ? Comment peut-on imaginer que ce soit inquiétant ? C’est une forme d’expression comme une autre. Du moment que cela reste pacifique et dans le domaine de la libre expression d’une opinion, il n’y a rien à redire. Pour ma part cette décision de la cour de cassation restera véritablement une journée noire de la justice française, une journée extrêmement sombre, car la cour se méprend à mon avis complètement sur l’enjeu qui est la Liberté d’expression, un principe inéluctable depuis la Révolution française. Cette affaire démontre que les libertés ne sont jamais définitivement acquises et qu’il faut toujours se battre pour les obtenir.

D’autres pays pratiquent le boycott des produits israéliens, comme l’Islande par exemple. Pourquoi en France, cela serait-il interdit ? Existe-t-il des pressions extérieures qui motivent cette interdiction ?

La politique française devient depuis des années maintenant, de plus en plus soumise à des lobbys qui défendent leur propres intérêts. On laisse de côtés des questions fondamentales et universelles de Liberté au profit d’une politique qui se fait malheureusement en fonction de la pression des uns ou des autres. De plus, cette décision de la cour de cassation isole de fait la France du reste du monde où la campagne BDS est très respectée et très importante. Personne ne songe à dire que c’est une action illégale, alors qu’en France, il y a une véritable pression de la part d’un certain nombre d’associations comme le CRIF notamment [Conseil Représentatif des Institutions Juives de France], qui sont directement liées à l’Etat israélien - qui mène une politique extrémiste, il faut bien le souligner – et qui essaient d’utiliser tous les moyens du droit pour parvenir à rendre illégal quelque chose qui relève de la Liberté d’expression des citoyens. La France est de fait, devenue le seul pays avec Israël où le boycott des produits israéliens pose problème et est interdit, considéré comme illégal. Pour moi c’est une grave erreur de la part de la cour de cassation. Mais j’ai une grande confiance dans la décision qui va intervenir ultérieurement de la part de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui a toujours défendu la liberté de la presse, le secret journalistique, les investigations complètes et extensives lorsque cela touche des gens importants ou même des gouvernements. Elle défend l’ensemble des possibilités d’expression de toutes les catégories de population et je crois que sa jurisprudence va dans le sens qui est le nôtre et qui affirme que les citoyens doivent avoir le droit de s’exprimer. Ce n’est pas un risque pour la Démocratie. Il y a bien des gens qui se prononcent contre la politique américaine, chinoise russe. Pourquoi Israël serait-il une exception ? Ce pays n’est pas au-dessus des lois !

Quel est le sentiment de BDS aujourd’hui ?

Nous sommes d’humeur combative. Il y a une formule en français qui dit « le droit ne se quémande pas, il se prend ». Donc nous n’allons pas nous réduire à quémander à une juridiction française le droit de continuer à faire des appels au boycott des produits d’un Etat qui pratique une politique discriminatoire et ségrégationniste. Nous sommes convaincus d’être dans notre bon droit et continuerons à nous battre pour que notre liberté d’expression soit reconnue. Il faut donc absolument que la décision de la cour de cassation soit renversée par la décision d’une juridiction supérieure et que la France soit condamnée. Que notre pays soit condamné par la Cour Européenne serait très désolant, mais c’est ce qui est nécessaire pour faire valoir le principe de Liberté d’expression. Et c’est ce qui risque d’arriver.

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 09:46

Cet article est reposté depuis Le blog de Lucien PONS.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 22:39
Les salariés d'EDF refusent la privatisation des centrales hydrauliques
Manifestation des salariés d’EDF : la navigation sur le Rhin bloquée à Marckolsheim
Publié le 04/11/2015 par

France Bleue, 4 novembre 2015 :

La navigation sur le Rhin interrompue depuis 8h30 ce mercredi matin. Des agents d’EDF bloquent l’écluse de Marckolsheim. Ils veulent que leur entreprise conserve la gestion des centrales hydroélectriques.

La navigation sur le Rhin interrompue depuis 8h30 ce mercredi matin. A l’appel d’une intersyndicale, des agents d’EDF manifestent et bloquent l’écluse de Marckolsheim. Leur action doit durer toute la journée.

 

Les 120 agents mobilisés protestent contre l’ouverture à la concurrence de l’exploitation des centrales hydroélectriques, à l’initiative de Bruxelles. Les syndicats souhaitent que la gestion des centrales restent dans le giron d’EDF.

10 grandes centrales hydroélectriques et 2 petites centrales jalonnent le Rhin entre Bâle et Lauterbourg, sur près de 185 kilomètres de frontière entre la France et l’Allemagne. Celles exploitées par EDF représentent une puissance globale de 1.400 MW et produisent chaque année un peu plus de 8 milliards de kWh, en moyenne, soit l’équivalent des deux-tiers de la consommation électrique de l’Alsace.

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