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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 09:26

Communiqué de l'Association France Palestine Solidarité

 

Condamner les assassinats, stopper l’agression contre le peuple palestinien

AFPS, mardi 1er juillet 2014


L’AFPS condamne fer­mement l’assassinat des trois jeunes colons dis­parus dans la région d’Hébron. Rien ne peut jus­tifier un tel assas­sinat. Comme rien ne peut jus­tifier les 12 assas­sinats déli­bérés de Pales­ti­niens sur­venus dans les opé­ra­tions de ces der­niers jours et la punition col­lective de grande ampleur mise en œuvre contre le peuple palestinien.

Plutôt que de per­mettre une enquête appro­priée sur ces assas­sinats, Israël aggrave la punition col­lective : les maisons des familles des deux Pales­ti­niens déclarés cou­pables ont été immé­dia­tement démolies, Gaza inten­sément bom­bardée et des incur­sions vio­lentes ont été menées à Hébron et Jénine où un jeune de 16 ans été tué par balle cette nuit. Des colons ont tenté d’enlever un enfant à Beit Hanina, arraché à ses ravis­seurs in extremis par les pas­sants… L’armée et les colons se déchaînent.

Depuis des mois et des mois nous n’avons eu de cesse d’alerter sur l’extrême danger qu’il y avait à laisser pourrir la situation. Laisser sans réaction les apprentis sor­ciers de Tel Aviv boucher tout horizon poli­tique fondé sur le droit, c’est à coup sûr laisser s’installer la déses­pé­rance dans de larges sec­teurs du peuple pales­tinien et spé­cia­lement sa jeu­nesse. C’est ouvrir la porte au nihi­lisme et à la mort.

Que François Hol­lande condamne l’assassinat et pré­sente ses condo­léances aux familles des trois jeunes est par­fai­tement normal. Il est dans son rôle. Qu’il n’ait pas eu un mot sur les vic­times pales­ti­niennes est lamen­table et mal­heu­reu­sement dans la ligne des réac­tions exprimées depuis le 12 juin qui ava­lisent la lecture israé­lienne de l’événement. Il y a là un grave man­quement. Plus de 1500 enfants pales­ti­niens ont été tués par les forces d’occupation israé­liennes depuis 2000 et, au mieux, nos gou­ver­nants n’ont trouvé que le mot « déplorer » pour qua­lifier ces der­niers assassinats.

Appa­remment, pour les auto­rités fran­çaises la question « à qui profite le crime ? » ne se pose pas. Elle est pourtant incon­tour­nable : depuis le début Neta­nyahou se sent autorisé à toutes les exac­tions au nom de la lutte contre le « ter­ro­risme inter­na­tional ». Il va, si rien n’est fait pour s’y opposer, s’enfoncer un peu plus dans cette spirale mor­tifère, lui qui déclare que les auteurs de l’assassinat sont des « animaux à forme humaine ». Écœu­rante déshu­ma­ni­sation de l’autre qui ne peut mener qu’à tou­jours plus de barbarie.

Le bilan de la punition col­lective infligée, depuis le 12 Juin, à la popu­lation pales­ti­nienne est déjà très lourd. Neta­nyahou nous avertit que ce ne sont que des pré­li­mi­naires et promet encore plus de sang et de larmes. Avec l’objectif constant de casser l’entente nationale pales­ti­nienne récemment réa­lisée et d’écarter pour long­temps toute solution poli­tique en des­serrant les pres­sions internationales.

Aujourd’hui le résultat est là et le pire menace alors que la région s’enfonce dans le chaos. La popu­lation pales­ti­nienne ne doit pas être laissée à la merci de ceux qui appellent au meurtre. Nous appelons la France à inter­venir en urgence à tous niveaux, y compris au Conseil de sécurité, pour empêcher le pire et assurer la pro­tection du peuple palestinien.

Paris, le 1er juillet 2014

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 16:59

Lu sur le site "Mondialisation.ca"

Les Indiens à l’assaut de la Coupe du monde

coupe_raoni

Plusieurs mouvements sociaux brésiliens profitent en ce moment de l’importance symbolique de la Coupe du monde de football pour exercer sur leur gouvernement des pressions de dernière minute. Le plus virulent d’entre eux est le mouvement indien même s’il tend curieusement à passer inaperçu à l’étranger. C’est aussi celui qui a, depuis longtemps déjà, prévu des manifestations dès le coup d’envoi de l’événement sportif, sans souci de leurs coups politiques auprès de l’opinion publique, conscient que cette « tribune médiatique » disparaîtra après la finale du 13 juillet, au nouveau stade Maracana (Rio de Janeiro). On compte désormais près d’une mobilisation indienne par jour en divers points du pays. A chaque fois pacifiques, ces manifestations sont pourtant réprimées par la police, un usage systématique et démesuré de la force dont aucun autre mouvement social n’a à souffrir.


Le 27 mai, la police a violemment dispersé une manifestation indigène à Brasilia, usant de balles en caoutchouc. On a même pu voir le vieux leader indien Raoni, le plus emblématique et « nobelisable »des chefs traditionnels, victime de gaz lacrymogènes devant le stade Mané-Garrincha.

Si révolte indienne il y a pendant cette Coupe du monde, le gouvernement brésilien en portera la grande responsabilité. Car les divers gouvernements de gauche au pouvoir depuis 2003, sous les présidences de Lula da Silva d’abord puis de Dilma Rousseff depuis 2011, s’ils ont su satisfaire régulièrement les revendications des secteurs les plus marginalisés de la population, ont évité de s’attaquer aux menaces graves qui continuent de peser sur plusieurs communautés indiennes, s’aliénant les grandes ONG de ce mouvement et leur principal allié, le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI).

Comment les Indiens en sont-ils venus à ranger une gauche de gouvernement, censée défendre les plus humbles, comme un adversaire des Indiens ?

Tout d’abord, le gouvernement, depuis 2003, s’est massivement appuyé politiquement sur la bancada ruralista, ces grands propriétaires terriens dotés de mandats électoraux. Voués notamment la culture du soja, dont l’exportation vers l’Asie garantit des revenus importants à l’économie brésilienne, ces propriétaires, très conservateurs, solidaires, ont accumulé un grand pouvoir politique et symbolique. Le plus emblématique d’entre eux est l’ex-gouverneur du Mato Grosso et le plus important producteur de soja au monde, Blairo Maggi, dont l’importance politique colossale pour le gouvernement lui a valu l’octroi de quatre matchs du premier tour dans sa capitale, Cuiaba, alors que des villes autrement plus peuplées ne figurent pas sur la carte du Mondial. Pour ces propriétaires, pour les éleveurs, pour les secteurs miniers, les Indiens continuent de représenter un obstacle à la concentration terrienne.

C’est dans le Mato Grosso do Sul que la situation des Indiens est aujourd’hui la plus dramatique. Les communautés guaranis ne trouvent aucun soutien véritable dans les différents niveaux de l’Etat brésilien. Sur les 60 chefs indiens assassinés au Brésil en 2012, près des deux tiers étaient guaranis. Harcelées par les propriétaires terriens et leurs pistoleiros, ces communautés sont aujourd’hui exsangues. Divers documents vidéo récents disséminés par CIMI montrent ces hommes de main ouvrir impunément le feu sur des manifestants guaranis, et parfois à l’intérieur de leurs villages. Un des grands échecs du gouvernement brésilien du Parti des travailleurs aura été son inhabilité, depuis 2003, à combattre l’impunité judiciaire en milieu rural.

A ces situations il faut ajouter la défaite récente de Belo Monte, où le gouvernement, passant outre aux violations des droits constitutionnels et internationaux des Indiens, a autorisé la construction d’un immense barrage hydroélectrique inondant des terres ancestrales de plusieurs communautés et, dès lors, empêchant leur capacité de reproduction sociale. Mais c’est surtout la proposition d’amendement constitutionnel PEC 215, un véritable « coup » anti-indien, qui pousse, en pleine Coupe du monde, le mouvement indigène à agir.

Cet amendement représente une menace potentiellement dévastatrice, non seulement sur les Indiens mais également sur l’écologie, menace dont on ne doit désormais plus s’étonner qu’elle vienne d’un gouvernement de gauche allié, à chaque rouage de l’Etat, à la bancada ruralista. Parce qu’il reformulerait les conditions d’obtention du statut de réserve indigène, cet amendement vise à satisfaire ceux qui convoitent les terres indiennes pour les exploiter. Sonia Guajajara, une dirigeante de l’Association des peuples indigènes du Brésil (APIB), en parle comme d’une menace d’extermination. La situation s’est envenimée le 3 juin, avec le refus désormais des représentants indigènes de participer à toute négociation avec le gouvernement, alourdissant les menaces d’un conflit social ouvert pendant la Coupe du monde.

On arrive donc à ce paradoxe qu’une série de gouvernements de gauche, portés par le Parti des travailleurs, a bafoué de façon systématique les intérêts et droits du secteur le plus démuni et le plus désarmé politiquement de la population brésilienne. Alors que les gouvernements de droite des années 1980 et 1990 pouvaient céder aux campagnes pro-indiennes et aux pressions de l’opinion publique internationale, ceux de gauche y apparaissent insensibles.

Que risque-t-il de se passer près des stades ? Des actions dans les capitales d’Etat les plus hostiles aux intérêts indiens, comme Cuiaba, sont improbables. Même chose dans les Etats sans large population indienne, comme Porto Alegre, Fortaleza, Natal ou Recife. Par contre, Manaus, Rio, São Paulo et surtout Brasilia, voire Salvador, font partie des plans désespérés des organisations indiennes pour attirer enfin l’opinion sur leur sort. Le plus grand défi médiatique pour le gouvernement serait que les peuples les plus capables de spectaculariser un conflit, notamment les Xavante et les Kayapo, se joignent aux manifestations.


Jean-Philippe Belleau

www.mondialisation.ca/les-indiens-a-lassaut-de-la-coupe-du-monde/5387728"

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 21:56

Un article lu sur "Initiative communiste" ( PRCF)

 

 

La BNP rackettée par l’Etat américain !

 

US Flag Around the EarthCe soir la justice américaine va donner son verdict contre la BNP, condamnée pour avoir fait son travail de banque avec des pays sous embargo américain (dont Cuba) en dollars.

Il ne s’agit pas de défendre les banques qui dans le système capitaliste sont à la pointe du vol et de l’exploitation, mais de voir la signification de cette affaire.

Les crétins ou les filous (« experts » en novlangue capitaliste) qui défilent à la télé ou les radios approuvent les USA ou, pour les plus audacieux, désapprouvent le montant de la « sanction » jugé trop élevée…D’ailleurs HOLLANDE, qui se prétend président de la République français, a campé sur cette position et a prié Obama de faire un rabais. L’autre l’a envoyé paître, comme John Wayne avec les Indiens, en se parant des plumes du défenseur de l’indépendance de la justice, qui plus est.

 

L’homme de Guantánamo, des drones et de l’embargo contre Cuba condamné par tous les pays du monde à l’ONU (sauf les États-Unis et Israël) donne des leçons aux carpettes qui veulent bien en recevoir. Quant à utiliser le dollar comme monnaie internationale, depuis quand ce qui est un privilège inouï de l’impérialisme américain doit-il retomber sur les autres pays?!

Bref, ce soir nous saurons le montant que NOUS allons payer aux Américains. Parce que, inutile de se voiler la face, ce sont les citoyens français qui vont payer la note : on connait les banques, elles font toujours payer les errements par les déposants. On l’a bien vu au moment de la crise bancaire de 2008. Et l’UE veille au grain qui prête aux banques à 0% qui, elles, prêtent aux Etats avec des taux usuraires.

Accepter cette « sanction » américaine est une capitulation de plus de ce gouvernement et de notre classe dirigeante, habituée du fait… n’est ce pas mânes de M. Renault et de ses semblables qui « préférant Hitler au Front populaire », comme disait le Medef de l’époque, se sont vautrés dans la kollaboration. Les mêmes patrons qui exigent, tapent du poing sur la table, menacent, se livrent au chantage et insultent les cheminots en lutte pour sauver le service public du transport.


Les Français devraient se rappeler que, pendant que la bourgeoisie et le patronat « faisaient des affaires » avec les Allemands, les cheminots patriotes, avec les communistes et la CGT à leur tête, menaient la « Bataille du rail », pendant que les patrons arrosaient les contrats avec l’organisation Todt avec champagne et caviar, les cheminots sabotaient, faisaient grève, luttaient pour la libération de la France, contre le fascisme et les collabos de Vichy, pour leurs revendications. Dès le 26 août 1941, le Directeur Général de la SNCF donnait aux autorités allemandes un premier bilan de “l’élimination en zone occupée de tous les agents exerçant une mauvaise influence sur leurs


Pierre-Semard-portrait_s    Pierre SÉMARD

 

camarades “ indiquant, notamment, que 60 cheminots avaient été arrêtés en zone occupée, que 230 communistes avaient été envoyés dans des camps…. Pierre Sémard,  syndicaliste, secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots et dirigeant du parti communiste, est fusillé par les Allemands le 7 mars 1942 à la prison d’Évreux et avec lui des centaines de cheminots seront fusillés, déportés.

La France pourrait dire NON … si le monde du travail était au centre de la vie politique du pays et non le capital. Pour que ce « si » devienne réalité, rejoignez-nous, les communistes ont besoin de vous et, vous, vous avez besoin des communistes.

                                                                                                                                                 

A. Manessis, 30 juin 2014

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 07:57

 

  Une guerre mondiale entre classes et non entre pays (Asia Times)

par Ismael Hossein-Zadeh

La plupart des experts de l’évolution historique ont tendance à percevoir une nouvelle guerre mondiale par le déploiement à grande échelle de moyens militaires visant la défaite, la destruction ou l’asservissement d’un des belligérants. Bien que l’idée d’un tel scénario sinistre ne peut certainement pas être exclue, il y a des raisons de croire, cependant, que la fameuse Troisième Guerre mondiale dont on parle tant pourrait être d’un type différent : plutôt entre classes qu’entre pays.

 

Vue sous cet angle, la troisième guerre mondiale se déroule déjà, et elle fait rage depuis des années : la guerre unilatérale néolibérale, transfrontalière de l’économie d’austérité qui est menée par la classe transnationale de l’oligarchie financière contre l’écrasante majorité des citoyens du monde, les 99%.

La mondialisation du capital et l’interdépendance des marchés mondiaux a atteint un tel niveau que des affrontements militaires de grande envergure comme ceux des première et seconde guerres mondiales pourraient conduire à une catastrophe financière pour tous. Sans surprise, le réseau des élites financières transnationales, qui choisissent souvent depuis les coulisses les politiciens et les gouvernements, semblent être opposés à une autre guerre internationale qui pourrait paralyser les marchés financiers à travers le monde.

Cela explique pourquoi les récentes agressions impérialistes ont souvent pris la forme d’interventions de type « soft-power » : révolutions de différentes couleurs, coups d’état « démocratiques », guerres civiles provoquées, sanctions économiques, etc. Bien sûr, l’option militaire demeure lorsque les stratégies de changement de régime « soft-power » échouent ou s’avèrent insuffisantes.

Cependant, même dans ce cas, tous les efforts sont faits (par les grandes puissances capitalistes) pour rendre ces interventions militaires « contrôlées » ou « gérables », c’est-à-dire limitées à un niveau local ou national. Alors que les guerres « contrôlées » ont tendance à protéger les fortunes des profiteurs de guerre et les bénéficiaires des dépenses militaires (principalement le complexe sécurité-militaro-industriel et les grandes banques), ils ne provoquent pas de paralysie des marchés financiers internationaux.


Cela explique aussi pourquoi les grandes puissances mondiales comme la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil ont tendance à ne pas s’opposer plus fermement aux politiques d’intimidation des États-Unis. Les cercles oligarchiques de ces pays ont plus en commun avec leurs homologues des États-Unis et d’autres pays capitalistes qu’avec leurs compatriotes. «  Qu’ils élisent domicile à New York ou Hong Kong, Moscou ou Bombay, les super-riches aujourd’hui constituent de plus en plus une nation à part entière », fait remarquer Chrystia Freeland, rédactrice de Reuters, qui côtoie les élites à travers le monde.

Il est donc logique de penser qu’une alliance de fait existe entre les membres de cette « nation » mondiale des super-riches, qui contribue à faciliter les plans impérialistes de changement de régime. Par exemple, lorsque la Russie est menacée par les Etats-Unis et leurs alliés européens, les oligarques russes ont tendance à collaborer clandestinement avec leurs homologues de classe à l’Ouest, sapant ainsi la résistance de la Russie à une ingérence des puissances occidentales.


Un bref regard sur les opérations récentes de changement de régime dans des pays comme l’Irak et la Libye, d’une part, et l’Ukraine et l’Iran, d’autre part, peut aider à comprendre quand et où les puissances impérialistes ont recours à une action militaire directe pour provoquer le changement (comme en Irak et en Libye), et où et quand ils ont recours plutôt à des tactiques de « soft-power » pour les mêmes objectifs, comme en Ukraine et en Iran. Deux raisons ou considérations principales peuvent être identifiées quant au choix des impérialistes dans les moyens ou tactiques à mettre en oeuvre.

La première est liée aux écarts entre classes dans les pays ciblés. Grâce à une vaste (et souvent scandaleuse) privatisation des biens publics dans l’Ukraine et l’Iran, on a vu émerger des cercles d’oligarques financiers assez riches dans ces deux pays.

Ces magnats pro-occidentaux ont tendance à collaborer avec les forces interventionnistes de l’étranger ; ils sont essentiellement des agents de changement de régime de l’intérieur, en collaboration avec les forces impérialistes de l’extérieur. C’est ce qui explique (au moins partiellement) la raison pour laquelle les plans de changement de régime dans ces deux pays se sont appuyés principalement sur le « soft power » et les révolutions de couleur au lieu d’une intervention militaire directe.


En revanche, l’Irak de Saddam Hussein et la Libye de Mouammar Kadhafi n’avaient pas de classes riches influentes et connectées au niveau international. Ni Saddam, ni Kadhafi n’étaient des parangons de vertu ou des champions de la démocratie, mais ils ont joué le rôle de ce qu’on appelle parfois de « dictateurs éclairés » : ils ont mis en œuvre des programmes sociaux étendus, maintenu un fort secteur public, se sont opposés à la privatisation des services publics tels que la santé et de l’éducation, et conservé les industries « stratégiques » telles que l’énergie et la finance sous la propriété et le contrôle de l’État.

Ensemble, ces politiques ont empêché l’émergence d’élites financières puissantes comme celles qui ont émergé et se sont développées en Iran ou en Ukraine. Cela signifie, entre autres, que la « puissance douce » et/ou la tactique de la révolution de couleur, qui dépendent fortement d’alliés autochtones ou locales, à savoir la bourgeoisie dite compradore, n’avaient pas de bonnes chances de succès dans ces pays - d’où le recours au « hard-power » ou intervention militaire/occupation directe en Irak et en Libye.

La deuxième considération impérialiste dans le choix entre tactiques « soft » ou « hard » est celle de savoir si la guerre déclenchée pourra être contrôlée et gérée au niveau local ou national, ou si elle peut échapper à tout contrôle et se transformer en un conflit régional et/ou mondial.

Dans le cas de l’Ukraine, par exemple, une agression militaire directe aurait certainement impliqué la Russie, et serait très probablement devenue mondiale, avec des conséquences désastreuses sur le plan économique/financier, échappant au contrôle des puissances impérialistes - d’où le choix d’employer le « soft-ppower » et/ou le coup d’état « démocratique » en Ukraine.

Une préoccupation similaire pour l’Iran - qu’une guerre totale pourrait échapper à tout contrôle - explique aussi pourquoi les plans de changement de régime dans ce pays ont (pour l’instant) porté principalement sur des sanctions économiques et d’autres tactiques de « soft-power », dont la « révolution de couleur » baptisée verte de 2009.

En revanche, c’est le « hard power » ou la force militaire brute qui a été choisie pour un changement de régime en Irak et en Libye, choix basé sur la quasi-certitude que ces guerres allaient pouvoir être contrôlées avec un certain succès et ne pas se transformer en un conflit régional ou mondial.


Le cas de l’Ukraine

La crise récente et en cours en Ukraine montre clairement comment les élites financières transnationales ont tendance à éviter les guerres internationales cataclysmiques, de l’échelle de la Première ou Seconde guerres mondiales, en faveur de guerres contrôlables et souvent entre classes via des sanctions économiques et autres tactiques de « soft power ».

Au lendemain du putsch du 22 février à Kiev, qui a renversé le président dûment élu Viktor Ianoukovitch et porté au pouvoir le régime issu du coup d’Etat et soutenu par les Etats-Unis, les tensions entre la Russie et les puissances occidentales étaient si fortes que de nombreux observateurs ont averti de « l’imminence d’une IIIème guerre mondiale ».

Bien que les tensions et le danger de grands affrontements militaires entre les deux parties persiste, ils ont considérablement diminué depuis le début mai, lorsque le président russe Vladimir Poutine a cédé dans le bras de fer avec les puissances occidentales en annonçant le 7 mai que la Russie respecterait l’élection présidentielle en Ukraine, et travaillerait avec celui qui sera élu - en l’occurrence le milliardaire oligarque Petro Proshenko.

Malgré la poursuite de la répression brutale contre les militants autonomistes dans les provinces du sud-est/est de l’Ukraine, les manœuvres diplomatiques sans relâche menées par les représentants des élites financières des États-Unis, l’Europe, l’Ukraine et la Russie ont néanmoins réussi à éviter un clash militaire entre les parties américaines et russes.

Qu’est-ce qui a changé entre toutes les menaces antérieures de sanctions massives et/ou d’actions militaires contre la Russie et l’accalmie relative et les « solutions diplomatiques » d’aujourd’hui ?

La réponse, en un mot, est que les puissants intérêts économiques au sien de la finance internationale, le commerce et les investissements (c’est à dire les élites financières en Russie, l’Ukraine et le noyau des pays capitalistes) ne peuvent tout simplement pas risquer une nouvelle guerre mondiale incontrôlable. Certes, les grandes banques et les complexes militaro-industriels influents ont tendance à prospérer sur les guerres perpétuelles et les tensions internationales. Mais ils ont aussi tendance à préférer des guerres « gérables », « contrôlables » au niveau local ou national (comme celles en Irak ou en Libye, par exemple) aux grandes guerres cataclysmiques régionales ou mondiales.

Ce n’est pas un secret que l’économie de la Russie est devenue de plus en plus liée à l’économie Occidentale (principalement en raison de la puissance économique et du comportement de ses oligarques transnationaux), et elle est également devenue de plus en plus vulnérables aux fluctuations du marché mondial et aux menaces de sanctions économiques. C’est ce qui explique, dans une large mesure, les gestes conciliants du président Poutine destinés à atténuer par des moyens diplomatiques les hostilités sur la crise en Ukraine.

Ce qui est moins connu, cependant, c’est que les économies occidentales sont vulnérables aussi à des sanctions de la Russie, si la Russie décide de se venger. En fait, la Russie possède de puissants armes économiques pour exercer des représailles, si nécessaire. Les effets économiques de sanctions réciproques pourraient être très douloureux pour un certain nombre de pays européens. En raison de l’interconnexion de la plupart des économies et des marchés financiers, des sanctions en représailles pourraient aggraver de façon significative l’économie de l’Union européenne, déjà fragile, et même l’économie mondiale :

Des sanctions sur les exportations russes affecteraient sévèrement l’UE. L’Europe importe 30% de son gaz de la société d’Etat russe Gazprom. La Russie est également le plus gros client de l’Europe. L’UE est, de loin, le premier partenaire commercial de la Russie et représente environ 50% de toutes les exportations et importations russes.

En 2014, les échanges commerciaux entre l’UE et la Russie s’élèvent à environ 360 milliards d’euros (491 milliards de dollars) par an. Le total des exportations de la Russie vers l’UE, principalement de matières premières comme le gaz et le pétrole, s’élève à environ 230 milliards d’euros, tandis que les importations de la Russie de l’UE s’élèvent à environ 130 milliards d’euros, principalement de produits manufacturés et de denrées alimentaires. L’UE est également le plus grand investisseur dans l’économie russe et représente 75% de tous les investissements étrangers en Russie. [1]

La Russie peut aussi exercer des représailles contre l’Occident et ses menaces de geler des avoirs d’individus et de sociétés russes en gelant les avoirs de sociétés et d’investisseurs occidentaux :

En cas de sanctions économiques occidentales, les législateurs russes ont annoncé qu’ils adopteraient un projet de loi pour geler les avoirs des entreprises européennes et américaines qui opèrent en Russie. De l’autre côté, plus de 100 hommes d’affaires et hommes politiques russes sont prétendument visés par l’UE d’un gel de leurs avoirs européens.

Outre Alexey Miller, chef de l’entreprise publique Gazprom, le PDG de Rosneft, Igor Setchine, est apparemment aussi sur la liste des sanctions. Rosneft est la plus grande compagnie pétrolière au monde et, en tant que tel, a des partenaires dans le monde entier, y compris en Occident. Par exemple, la société américaine Exxon-Mobil a un projet d’exploration de pétrole de 500 millions de dollars avec Rosneft en Sibérie, et Exxon-Mobil est déjà en partenariat avec le géant pétrolier russe pour exploiter les réserves de pétrole de la mer Noire. [2]

La Russie a d’autres armes économiques à sa disposition pour infliger des dégâts aux économies américaine et européenne. Par exemple, en réaction aux menaces de gel des actifs par les Etats-Unis et ses alliés européens, la Russie a liquidé (fin Février et début Mars 2014) plus de 100 milliards de dollars d’avoirs en bons du Trésor américains.

L’escalade de telles menaces imprudentes de geler les avoirs des gouvernements « hostiles » pourrait bien toucher la Chine, avec des conséquences désastreuses pour le dollar américain, puisque « La Chine détient environ 1,3 mille milliards de dollars en bons du Trésor américain et est le premier investisseur parmi les gouvernements étrangers ». [3]

Ce degré élevé d’interconnexion économique et financière explique pourquoi - avec le soutien de Washington et l’accord de Moscou - les diplomates européens de Berlin et de Bruxelles se sont précipités à Kiev pour une Table Ronde de Discussions et pour ouvrir la voie à la pseudo élection présidentielle du 25 mai, donnant ainsi une légitimité au régime issu du coup d’Etat, et évitant la perspective d’une escalade mutuellement destructrice de sanctions économiques et/ou d’actions militaires.


La comparaison avec l’Irak et la Libye

Les changements de régime en Libye (2011) et en Irak (2003) au moyen d’interventions militaires tendent à étayer l’argument principal de cet essai selon lequel, dans le cadre des objectifs de changements de régime, les puissances impérialistes ne recourent à l’action militaire directe que lorsque

a) les opérations militaires peuvent être contrôlées ou limitées dans le pays ciblé, et

b) en absence d’alliés locaux importants ou puissants dans le pays ciblé, c’est-à-dire des forces oligarques riches liés aux marchés mondiaux et, par conséquent, à des forces externes de changement de régime.

Kadhafi et Saddam gouvernaient avec un poing de fer, mais ils avaient maintenu de solides secteurs publics et des industries et services largement nationalisés. Cela est particulièrement vrai dans le cas des industries stratégiques comme l’énergie, la banque, les transports et les communications, ainsi que des services sociaux essentiels tels que la santé, l’éducation et les services publics.

Ils l’ont fait non pas tant par conviction socialiste (même s’ils prétendaient parfois être les champions du « socialisme arabe »), mais parce que, dans leurs luttes antérieures contre les régimes rivaux d’aristocraties, ils ont appris que le contrôle des économies nationales par une gestion bureaucratique de l’État, avec un État-providence fort, était plus bénéfique à la stabilité et la continuité de leur domination que le développement de forces économiques débridées et/ou l’émergence de puissances industrielles et financières dans le secteur privé.

Quelle que soit la motivation, le fait est que ni Saddam, ni Kadhafi n’ont toléré la montée d’élites financières puissantes avec des liens importants avec les marchés mondiaux ou les puissances occidentales. Sans surprise, dans ces deux pays, les figures de l’opposition et les forces qui ont collaboré avec les projets impérialistes de changement de régime étaient composés en grande partie soit des restes d’une époque royale et/ou tribale, soit de petits intellectuels expatriés et militaires déchus qui ont été forcés de vivre en exil.

Contrairement aux élites financières en Ukraine, par exemple, les forces de l’opposition en Irak et en Libye n’avaient ni les moyens économiques pour financer les forces du changement de régime, ni une base sociale/soutien dans leur pays d’origine. Ils manquaient aussi des liens financiers et politiques forts et fiables avec les marchés occidentaux et les institutions politiques.

Cela explique pourquoi les sanctions économiques et autres tactiques de « soft-power » (telles que la mobilisation, la formation et le financement de forces d’opposition) se sont avérées insuffisantes pour faire tomber les régimes de Saddam Hussein et Kadhafi et pourquoi l’impérialisme américain et ses alliés ont dû déployer le « hard-power » de l’action militaire/occupation pour atteindre cet objectif. En outre, comme mentionné plus haut, les puissances impériales interventionnistes étaient convaincus que (contrairement à l’Ukraine ou à l’Iran, par exemple) ces invasions militaires pouvaient être contrôlées et limitées à l’intérieur des frontières.


Le cas de l’Iran

La politique américaine de changement de régime en Iran ressemble davantage au modèle suivi en Ukraine qu’à celui suivi en Irak ou en Libye. Ceci est en grande partie due à (a) la crainte qu’une intervention militaire directe en Iran ne puisse pas être contrôlée ou limitée à ce seul pays, et (b) l’existence en Iran d’une oligarchie financière relativement bien développée et orientée vers l’Occident sur laquelle les États-Unis et ses alliés peuvent compter pour aboutir à une réforme et/ou un changement de régime de l’intérieur.

Bien-sûr, ces deux méthodes ne sont pas exclusives : soit la puissance militaire, soit le « soft power ». Il s’agit plutôt d’une question de dosage entre l’une et l’autre, en fonction des circonstances spécifiques. En effet, le projet impérialiste envers l’Iran depuis la révolution de 1979 inclut un certain nombre de tactiques (souvent concurrentes). Elles vont de l’incitation et le soutien à Saddam Hussein pour envahir l’Iran (en 1980), à la formation et le financement d’organisations terroristes de déstabilisation anti-Iranniennes, les menaces militaires constantes, aux efforts visant à saboter l’élection présidentielle de 2009 par la soi-disant « révolution verte », et l’escalade systématique de sanctions économiques.

Ayant échoué (pour l’instant) dans ces complots de « changement de régime » de l’extérieur, les États-Unis semblent avoir opté ces dernières années pour un changement de régime (ou réforme) de l’intérieur ; à savoir par la collaboration politique et économique avec les courants pro-occidentaux au sein des cercles dirigeants de l’Iran.

Ce qui semble avoir fait changer d’avis les États-Unis et ses alliés est l’émergence en Iran d’une classe capitaliste ambitieuse dont la priorité principale semble être de faire des affaires avec leurs homologues de l’Ouest. Ce sont en grande partie des oligarques iraniens riches qui sont littéralement là pour faire du business, pour ainsi dire ; pour eux, des questions telles que la technologie nucléaire ou la souveraineté nationale sont d’une importance secondaire.

Après s’être méthodiquement (et souvent scandaleusement) enrichis à l’ombre du secteur public de l’économie iranienne, ou en vertu des postes politiques/bureaucratiques qu’ils occupaient (ou occupent encore) dans l’appareil d’état, ces gens ont désormais perdu tout appétit pour des mesures économiques radicales nécessaires à l’autosuffisance économique afin de résister ou supporter le poids des sanctions économiques brutales. Au lieu, ils sont maintenant pressés de conclure des affaires et d’investir avec leurs alliés de classe transnationaux à l’étranger.

Plus que tout autre couche sociale, le président Hassan Rouhani et son administration représentent les intérêts et les aspirations de cette classe montante capitaliste-financière en Iran. Les représentants de cette classe détiennent le pouvoir économique et politique principalement par la très influente Chambre Iranienne de commerce, d’industrie, des mines et de l’agriculture (ICCIMA).

Les affinités idéologiques et/ou philosophiques entre le président Rouhani et les gens de pouvoir au sein de l’ICCIMA se reflètent dans le fait que, immédiatement après son élection, le président a nommé l’ancien chef de la Chambre de Commerce, Mohammad Nahavandian, un économiste néo-libéral éduqué aux Etats-Unis, et un conseiller de l’ancien président Hashemi Rafsanjani, comme son chef de cabinet.

C’est grâce à la Chambre de Commerce d’Iran qu’en Septembre 2013, une délégation économique iranienne a accompagné le président Rouhani à l’Organisation des Nations Unies à New York pour négocier des affaires/investissements potentiels avec leurs homologues américains. La Chambre de commerce d’Iran a également organisé un certain nombre de délégations économiques qui ont accompagné le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, en l’Europe pour des objectifs similaires.

De nombreux observateurs des relations américano-iraniennes ont tendance à penser que le dialogue diplomatique récemment lancé entre les deux pays, y compris des contacts réguliers dans le cadre des négociations nucléaires, a commencé avec l’élection du président Rouhani. Cependant, les faits montrent que les contacts en coulisse entre les représentants des élites financières dans et autour des gouvernements américain et iranien ont commencé bien avant l’élection de Rouhani. Par exemple, un article relativement bien documenté du Wall Street Journal a récemment révélé que :

Selon des fonctionnaires européens informés sur cette affaire, de hauts fonctionnaires du Conseil national de sécurité (US) avaient commencé à semer les graines d’une telle rencontre plusieurs mois auparavant – par une série de réunions secrètes et de conversations téléphoniques et l’implication de tout un assortiment de monarques arabes, d’exilés iraniens et d’anciens diplomates américains pour transporter clandestinement des messages entre Washington et Téhéran. [4]

L’article, qui montre comment le « réseau de communications complexe a contribué à propulser le récent rapprochement entre les États-Unis et l’Iran », révèle que les réunions, souvent tenues en secret, « se sont déroulées en Europe, principalement dans la capitale suédoise de Stockholm ». En passant par des voies diplomatiques internationales telles que l’Asia Society, l’Association des Nations Unies et du Council on Foreign Relations, « Les parties américaines et iraniennes se sont réunies dans des hôtels et des salles de conférence, à la recherche de formules pour désamorcer la crise sur le programme nucléaire de l’Iran et empêcher la guerre », souligne l’article. Les auteurs, Jay Solomon et Carol E Lee, ont également écrit :

L’Asia Society et le Council on Foreign Relation, non gouvernementale, ont organisé des tables rondes pour MM Rouhani et Zarif en marge de la réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies en Septembre. Les deux hommes s’en sont servies pour expliquer les plans de Téhéran à des hommes d’affaires, anciens responsables gouvernementaux, universitaires et journalistes américains.

Obama a personnellement fait un geste envers Rouhani l’été dernier, peu après l’élection de Rouhani. Le président américain a écrit une lettre au nouveau président iranien, soulignant la volonté de Washington de régler pacifiquement le différend nucléaire. Rouhani a répondu en termes similaires.

Zarif, quant à lui, a renoué avec les responsables de la politique étrangère américaine de premier plan qu’il avait rencontrés lorsqu’il était ambassadeur de l’Iran à l’ONU dans les années 2000.

Mme [Suzanne] DiMaggio de l’Asia Society dit qu’elle était parmi ceux à New York qui ont contacté Zarif peu après sa nomination au gouvernement de Rouhani. Vétéran de contacts informels entre les responsables iraniens et américains, elle a tenu de nombreuses réunions au cours des dix dernières années avec ce diplomate éduqué aux Etats-Unis sur les moyens de sortir de l’impasse nucléaire. [5]

Cela explique pourquoi le président Rouhani (et son cercle de conseillers pro-occidentaux) ont choisi Zarif comme ministre des Affaires étrangères, et pourquoi ils ont, peut-être imprudemment, placé tous leurs espoirs d’une reprise économique en Iran sur le rapprochement politique et économique avec l’Occident, c’est-à-dire sur le libre-échange et les investissements des États-Unis et d’autres grands pays capitalistes.

(Soit dit en passant, ceci explique aussi pourquoi l’équipe des négociateurs nucléaires du président Rouhani a été, bon gré mal gré, condamné à une position de faiblesse dans leurs négociations avec le groupe de pays P5 +1, et pourquoi les négociateurs iraniens ont renoncé à autant en échange de si peu.)


Conclusion et implications

Alors que les puissants bénéficiaires des guerres et dépenses militaires - les grandes banques (comme principaux bailleurs de fonds des gouvernements) et le complexe militaro-industriel sécuritaire - se développent sur les guerres et les tensions internationales, ils ont néanmoins tendance à préférer les guerres locales, nationales, limitées, ou « gérables » aux grandes guerres régionales ou mondiales qui, dans un mode cataclysmique, pourraient totalement paralyser les marchés mondiaux.

Ce qui explique en partie pourquoi, dans les cas de changement de régime en Irak et la Libye, par exemple, les États-Unis et leurs alliés ont opté pour une action militaire/occupation directe ; alors que dans des cas comme l’Ukraine et l’Iran ils ont (pour l’instant) évité une intervention militaire directe et comptent, au contraire, sur la tactique « soft-power » et révolutions de différentes couleurs.

Comme indiqué plus haut, ceci est largement dû, d’une part, à la crainte qu’une guerre et intervention militaire en Ukraine ou en Iran puisse échapper à tout « contrôle » ; et d’autre part, à l’existence d’élites financières pro-occidentales suffisamment fortes et influentes en Iran et en Ukraine à qui on pourrait faire appel pour provoquer un changement de régime de l’intérieur, sans risquer une guerre catastrophique mondiale qui pourrait détruire avec tout le reste la fortune de la classe capitaliste transnationale.

Les pouvoirs interventionnistes ont pratiquement toujours appliqué la vieille tactique de diviser pour régner. Ce qui est relativement nouveau ici, c’est qu’en plus de l’emploi traditionnel de cette tactique (qui passe souvent par des questions controversées telles que la nationalité, l’origine ethnique, la race, la religion, etc), les exemples récents montrent qu’elle s’appuie de plus en plus sur les divisions de classe.

Le calcul semble être le suivant : lorsqu’un pays comme l’Iran ou l’Ukraine peut être divisé à travers des lignes de classe, et que des alliances peuvent être nouées avec les oligarchies riches des pays ciblés, pourquoi se lancer dans une attaque militaire qui pourrait d’une manière indiscriminée toucher aussi à nos propres intérêts et ceux de nos alliés locaux en même temps que ceux de nos ennemis ?

Lorsque des sanctions économiques ainsi que des alliances et des collaborations avec les oligarques locaux et économiquement puissants peuvent être utilisées pour réaliser des « coups d’etat démocratiques » ou une révolution de couleur quelconque (souvent par le biais d’élections bidons), pourquoi risquer une attaque militaire aveugle aux conséquences incertaines et potentiellement catastrophiques ?

Cela montre (entre autres choses) comment les politiques impériales d’agression ont évolué au fil du temps - des premiers stades de l’occupation militaire « brute » de l’époque coloniale aux tactiques modernes d’intervention, subtiles et furtives, sur plusieurs fronts. A la lumière des récentes aventures de la politique étrangère des États-Unis, on peut dire l’ancien modèle d’agression ouvertement impérialiste trouvait ses faveurs dans la politique étrangère militariste sans vergogne du président George W. Bush, alors que le nouveau modèle, insidieusement « sophistiqué » et furtif, est préféré par le président Barack Obama.

Alors que les champions de la faction ouvertement militariste de l’élite dirigeante des Etats-Unis critiquent Obama comme un président « frileux » ou « faible », le fait est que sa politique relativement discrète mais sournoise qui consiste à bâtir méthodiquement des coalitions - à la fois avec les alliés traditionnels des États-Unis et les forces oligarchiques ou compradores des pays ciblés - s’est révélée plus efficace (en termes de changement de régime) que la politique d’actions militaires unilatérales à la Bush-Dick Cheney.

Ceci n’est ni de la spéculation, ni simplement de la théorie : le Secrétaire d’Etat John Kerry l’a récemment clairement formulé dans le contexte de la politique de l’administration Obama envers l’Ukraine et l’Iran. Lorsque Gwen Ifill, sur la chaîne de télévision PBS, lui a demandé, le 30 mai 2014 :

« Selon vous, est-ce que le président s’attire des critiques parce qu’il est faible ou parce que sa politique paraît moins spectaculaire ? », Kerry a répondu :

« Franchement, je pense qu’on n’accorde pas assez de crédit au Président pour les succès obtenus en ce moment .... Je veux dire, si vous regardez ce qui s’est passé en Ukraine, le président a mené un effort pour essayer de l’unité entre l’Europe et les États-Unis, pour imposer des sanctions difficiles. L’Europe n’était pas enthousiaste mais elle a suivi malgré tout. C’était du leadership. Et le président a réussi, avec les Européens, à obtenir un effet à terme sur les choix qui se présentent au président Poutine.

« En outre, le président a renoué avec l’Iran. Nous étions dans une logique d’affrontement frontal où ils construisaient un système nucléaire auquel le monde entier est opposé. Mais le président a mis en place une série de sanctions qui ont réussi à amener l’Iran à la table des négociations. Nous sommes maintenant en pleine négociations. Tout le monde s’accorde pour dire que le régime de sanctions a eu son effet. L’arme - le programme nucléaire a été gelé et réduit. Nous avons maintenant repoussé le délai dans lequel l’Iran pourrait réussir (à fabriquer une arme). C’est un succès.

« Je pense donc que nous sommes aussi engagés, et même plus engagés qu’à tout autre moment de notre histoire, et je pense que les résultats sont là pour le prouver. »

C’est l’essence même de l’impérialisme rusé caractéristique de l’administration Obama, par rapport à l’impérialisme version attardée de l’administration Bush (Jr).


Ismael Hossein-Zadeh


Ismael Hossein-Zadeh est professeur émérite d’économie (Université Drake). Il est l’auteur de Beyond Mainstream Explanations of the Financial Crisis (Routledge 2014), The Political Economy of US Militarism (Palgrave - Macmillan 2007), et the Soviet Non-capitalist Development : The Case of Nasser’s Egypt (Praeger Publishers 1989). Il a aussi contribué à Hopeless : Barack Obama and the Politics of Illusion (AK Press 2012).

Traduction "oligarques de tous les pays, unissez-vous !" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

»» http://atimes.com/atimes/World/WOR-01-090614.html

Notes :

1. Gilbert Mercier, Ukraine’s Crisis : Economic Sanctions Could Trigger a Global Depression.

2. Ibid.

3. Ibid.

4. Wall Street Journal, US-Iran Thaw Grew From Years Of Behind-the-Scenes Talks

5. Ibid.

URL de cet article 25989
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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 08:15
La nouvelle semble saugrenue, elle est pourtant très sérieuse et souligne la montée des tensions à l'est : l'Allemagne vient de livrer 120 de ses meilleurs chars d'assaut à son allié polonais, pour contrer l'adversaire russe déclaré, dans un contexte de crise ukrainienne.

 

 

 

 

Des chars allemands traversant la frontière polonaise. Même si c'est sur des rails cette fois, la nouvelle a fait grincer des dents au sein de l'opposition ultra-nationaliste menée par Kaszcynski.

Toutefois, le gouvernement polonais de Tusk a défendu fermement son acquisition : « en cas de conflit, nous devrons nous tourner vers Berlin », ce à quoi Berlin a répondu qu'ils auront besoin de la Pologne « en cas de guerre en Europe de l'est ».

Le ton est donné, l'axe Berlin-Varsovie prépare l'affrontement avec la Russie.



Un « cadeau » allemand pour renforcer le Front est face à la Russie

 

Dans ce combat commun, c'est la Pologne qui est sur la ligne de front, à proximité de l'enclave de Kaliningrad et de la Biélorussie. Elle aura besoin du fleuron de l'industrie de guerre allemand : le char Leopard 2, livré à 120 exemplaires.

Le contrat avait été signé il y a six mois, en novembre 2013 … au moment même où le président ukrainien corrompu Ianoukovitch faisait machine arrière et refusait de signer l'accord d'association avec l'Union européenne. Il y a des coïncidences troublantes.

Le contrat est estimé à 1 million d'euros par char, loin du prix estimé à 3 millions d'euros. Selon le journal polonais Politika, certains pays étaient prêts à proposer beaucoup plus, mais l'Allemagne a fait un choix géopolitique conscient, quitte à perdre de l'argent dans la transaction.

 

En 2001, déjà, la Pologne avait reçu en cadeau 120 vieux modèles du Léopard 1 ère génération pour la somme symbolique d'1 €.

Il s'agit bien de sceller – par la livraison de ce char construit par la RFA pour lutter contre l'ennemi soviétique – un axe fort, censé structurer le front européen de l'OTAN, en cas de conflit avec la Russie.

Le Leopard 2 est considéré comme un des meilleurs chars d'assaut au monde, le tank le plus exporté parmi les modèles européens (dans près de 20 pays). Les équipages polonais, qui ont connu le T-72 soviétique, louent déjà sa maniabilité.

Bénéficiant d'un blindage et d'un armement de dernière génération, il est dit supérieur aux modèles russes héritées de l'ère soviétique, le T-72 voire le T-80.



Réarmement polonais pour l' « allié stratégique » des Etats-unis

 

Pour l'armée polonaise, cette manœuvre s'intègre dans un réarmement général : à terme, la Pologne veut développer ses propres chars comme elle l'a fait avec le véhicule de transport blindé « Rosomak », à l'origine un modèle finlandais, déjà présent en Afghanistan et au Tchad.

La Pologne souhaite remplacer ses stocks de matériel soviétique (les T-72 et les BMP), issus du Pacte de Varsovie, par un matériel aux normes de l'OTAN.

Elle envisage également de diversifier ses forces armées, notamment en achetant des sous-marins pour contrer la marine russe dans la Baltique.

Dans le même temps, l'intégration de la Pologne au système de défense anti-missile américain révèle bien le rôle d' « allié stratégique » des Etats-unis, pour citer Obama lors de sa visite à Varsovie en juin 2013, pilier de l'OTAN sur le front de l'Est.



et tournant militariste pour l'Allemagne présente sur tous les fronts

(Ukraine, Mali, Centrafrique)

 

Du côté allemand, cette manœuvre se comprend dans un tournant militariste entamé nettement depuis un an, si on suit les discours du président Gauck, des ministres des Affaires étrangères Westerwelle puis Steienmeier.

Des discours tous axés sur la nécessité pour l'Allemagne de jouer un rôle plus important dans le monde, un rôle dirigeant en Europe, et d'intervenir plus systématiquement dans les zones de conflit.

Une nouvelle weltpolitik (politique mondiale)reposant surla levée du tabou de la reconstruction de la puissance militaire allemande, et celui du nationalisme allemand assumé.

Une politique qui n'a pas tardé à se traduire par le terrain. On sait bien que les agissements de l'opposition ukrainienne ont été alimentés, couverts voire fomentés par les chancelleries polonaises, en première ligne, et allemandes, plus en retrait.


Outre l'Ukraine, l'Allemagne a décidé depuis un an de participer aux interventions en Afrique, une nouveauté.Des troupes allemandes sont présentes auprès des troupes d'occupation françaises au Mali depuis un an, en Centrafrique depuis quelques semaines.

Cent ans après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, au moment où le militarisme allemand renaît de ses cendres, il y a de quoi se replonger dans l'histoire : la crise du capitalisme, les rivalités impérialistes, la course aux armements, la montée des tensions, autant d'éléments qui ont conduit à ce carnage des peuples.


Que le cri « Nie wieder krieg », plus jamais la guerre, résonne encore en France, en Allemagne, comme sur le Front de l'est !

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 10:42

TEXTE REPRIS SUR
BANDERA ROSSA 

                                                                   

Mardi 24 juin 2014

Israël foule au pied les droits de l'homme

L'AFPS fait part de sa consternation

face à l'attitude de la France

Lettre ouverte à Laurent Fabius (AFPS)

Monsieur le Ministre,

AFPS

 

Je dois vous faire part au nom de notre Asso­ciation de notre conster­nation et de notre inquiétude face à l’attitude de la France ces tout der­niers jours.

 

Dans l’affaire de la mys­té­rieuse dis­pa­rition le 12 juin de trois jeunes colons dans le secteur « hyper sécurisé » et sous total contrôle israélien du Gush Etzion, la France ne s’est pas net­tement démarquée de la position israé­lienne qui en fait porter sans état d’âme et sans preuve la res­pon­sa­bilité sur le Hamas et qui n’a de cesse depuis cette date de mul­ti­plier de bru­tales opé­ra­tions de ratissage.

 

Ces opé­ra­tions se sont tra­duites à ce jour par six assas­sinats déli­bérés et des cen­taines d’arrestations, cadres du Hamas (dont le pré­sident du Conseil légis­latif pales­tinien) ou res­pon­sables de la résis­tance popu­laire et défen­seurs des droits de l’Homme. Elles sont sys­té­ma­ti­quement accom­pa­gnées d’exactions à grande échelle à l’encontre des civils : saccage des locaux « per­qui­si­tionnés » et vol de matériel comme à l’université de Bir-​​Zeit, des­truction de mobilier, vols d’objets per­sonnels… Ces opé­ra­tions, d’une ampleur jamais atteinte depuis 2002 en Cis­jor­danie, qui s’accompagnent de bom­bar­de­ments sur Gaza et du bou­clage de toute la Cis­jor­danie, avec para­chutage de troupes autour des villes, sont plus qu’une gigan­tesque punition col­lective. Elles relèvent d’une volonté de dévas­tation de la société pales­ti­nienne dont il est facile d’entrevoir les consé­quences dra­ma­tiques à terme.

 

Elles ont clai­rement pour objectif poli­tique immédiat la mise à mort du pro­cessus d’entente nationale pales­ti­nienne dont la France s’était félicitée.

 

Or tout se passe comme si une partie de la com­mu­nauté inter­na­tionale téta­nisée, et en tout cas la France, donnait son feu vert aux auto­rités israé­liennes pour un tel objectif. De même, il est grave que la France détourne son regard de la situation dra­ma­tique des détenus admi­nis­tratifs gré­vistes de la faim et semble avoir renoncé à toute inter­vention en leur faveur. Elle doit au contraire dénoncer le recours à la détention admi­nis­trative, pra­tique érigée en système par les auto­rités israé­liennes qui viole le droit huma­ni­taire et apparaît comme le symbole même de l’arbitraire.

 

C’est pré­ci­sément dans ce contexte que le groupe des pays occi­dentaux a cru devoir pré­senter une can­di­dature israé­lienne à la vice-​​présidence de la com­mission en charge de la déco­lo­ni­sation à l’AG de l’Onu. Cette can­di­dature a été jus­tement res­sentie que comme une pro­vo­cation par les tenants du droit inter­na­tional et nous apparaît en com­plète contra­diction avec les posi­tions constamment réaf­firmées de la France de condam­nation de la colo­ni­sation par Israël des ter­ri­toires conquis en 1967. Elle ne peut que conforter le gou­ver­nement israélien dans un jusqu’au-boutisme expan­sion­niste émi­nemment dan­gereux.

Ce posi­tion­nement de la France est incom­pré­hen­sible et dan­gereux alors qu’elle avait salué le pro­cessus d’entente nationale et que monte aujourd’hui la déses­pé­rance d’un peuple humilié comme jamais. La France ne doit pas cau­tionner un jour de plus cette opé­ration militaro-​​politique des­truc­trice et mys­ti­fi­ca­trice qui menace de ruiner pour long­temps tous les efforts de paix et d’ajouter au chaos régional grandissant.

Au nom même de son atta­chement au droit qui lui fait condamner la colo­ni­sation israé­lienne, le gou­ver­nement français doit exercer sur son homo­logue israélien des pres­sions à la mesure de la gravité de la situation pour qu’il cesse cet achar­nement contre le peuple pales­tinien et se conforme enfin au droit huma­ni­taire et inter­na­tional. Il doit appuyer la démarche pales­ti­nienne de saisie du Conseil de sécurité pour arrêter un engrenage mortifère.

 

C’est ce que je vous demande aujourd’hui avec gravité. Je vous prie de croire, Mon­sieur le Ministre, en ma pro­fonde considération.

                                    L’Humanité le 24 juin 2014

 

Taoufiq Tahanimardi 24 juin 2014

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 10:30
 
Lu sur le Grand-Soir
Israël désigné à la tête d’une commission de l’ONU sur la « décolonisation »
Ali ABUNIMAH

 

Au moment précis où il est apparu que les Nations unies ne pouvaient plus se montrer capables de protéger les droits palestiniens et demander des comptes à Israël à propos des violations de ces mêmes droits, tombe la nouvelle de ce qu’Israël a été désigné à la vice-présidence de la Commission spéciale de l’ONU sur la décolonisation – qui, entre autres choses, traite de questions relatives aux réfugiés palestiniens.

Selon les procès verbaux de l’ONU, le représentant d’Israël, la dernière nation au monde à implanter des colonies, a reçu 74 voix en faveur de sa désignation au poste, malgré une véhémente opposition de la part du Groupe arabe des États membres de l’ONU.


Le Qatar, prenant la parole au nom des États arabes, a qualifié Israël d’« État qui a violé la Charte des Nations unies ainsi que les lois internationales. Du fait que son palmarès était entaché de sang et que son occupation dure depuis plus de 66 ans, Israël n’était pas qualifié pour présider à des questions concernant les réfugiés palestiniens, le maintien de la paix et les enquêtes sur ses propres pratiques illégales ».

Les États arabes ont réclamé un vote nominatif, une démarche inhabituelle, ce qui a provoqué des objections de la part de l’ambassadeur du Royaume-Uni, qui est membre du Groupe des États d’Europe occidentale et autres qui avait sélectionné Israël.

Le Canada a profité de l’occasion pour exprimer son « soutien indéfectible à Israël » et les États-Unis ont dit qu’ils « soutenaient sans équivoque la désignation d’Israël ».

L’Arabie saoudite – dont la propre participation au Conseil des droits de l’homme de l’ONU a soulevé bien des critiques – a déclaré que l’élection d’Israël « équivalait moralement à confier au régime d’apartheid de l’Afrique du Sud la charge d’une commission censée mettre un terme au racisme ».


Le théâtre de l’absurde

Israël a remercié ses partisans, mais il est possible que ses actions aient fait plus de bruit que ses propos. Alors que ce théâtre de l’absurde jouait sa pièce à New York, les forces d’occupation israéliennes multipliaient les démolitions de maisons palestiniennes afin de faire de la place pour l’installation de colonies.

La désignation d’Israël vient quelques semaines après qu’il a annoncé une nouvelle expansion massive de ses colonies illégales en Cisjordanie occupée.

Dans la seule journée de mercredi, les démolitions israéliennes ont jeté sept familles palestiniennes à la rue en Cisjordanie.

Et visionnez donc le reportage photo de Silvia Boarini montrant l’actuel nettoyage ethnique par Israël des Bédouins palestiniens dans le sud de la région du Naqab ("Néguev") située dans l’Israël actuel.


 

Ces dernières mesures d’épuration ethnique ont lieu en même temps que les attaques d’Israël contre les villes de Cisjordanie toute la semaine dernière, prétendument afin de rechercher les trois colons disparus. Jusqu’à présent, Israël a enlevé plus de 300 Palestiniens, a effectué des raids dans 750 maisons et au sein d’organisations de bénévoles ainsi que sur le campus de l’Université de Birzeit.

S’il y avait une Commission de l’ONU sur la façon d’occuper et de coloniser, Israël serait en effet le candidat idéal pour la diriger.

Ali Abunimah

Publié sur The Electronic Intifadah le 19 juin 2014. http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/israel-elected-leader...

 

Traduction : JM Flémal.

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 13:35

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Article MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

La Grèce, laboratoire non pas de l' « austérité » mais de la liquidation pure et simple du patrimoine public au nom d'une dette fabriquée de toute pièce, profitant aux grands monopoles européens. Un processus qui n'est pas une fatalité, comme le montre le cas de l'eau.

 

 

 

 

Athènes, ville à vendre : les compagnies du gaz, des chemins de fer, de la poste, du pétrole mais aussi tous ses aéroports, ses ports, ses autoroutes et même jusqu'à ses monuments historiques et ses plages de rêve, c'est la grande braderie en Grèce orchestrée par le FMI et l'UE !

La vente des biens publics devait rapporter momentanément 50 milliards d'euros, une somme désormais revue à la baisse, à 20 milliards d'euros. Chaque année, ce seront des milliards d'euros de perdus, de quoi alimenter pour des décennies une dette bien profitable aux banques européennes.

 

Parmi ce patrimoine du peuple grec démantelé, un secteur stratégique : l'eau.

Si la plupart des services d'approvisionnement en eau sont municipalisés, les réseaux des deux principales villes du pays – Athènes et Salonique – sont entre les mains d'entreprises publiques, sous contrôle étatique, ce sont respectivement l'EYDAP et l'EYATH.

 

SUEZ, candidat numéro 1 au rachat des réseaux de Salonique et Athènes

 

Pour l’État grec, l'année 2014 devait être celle du transfert des parts publiques dans ces entreprises entre les mains d'un organisme public (la TAIPED/Fonds de la République hellénique pour le développement patrimonial) chargé de mener un appel d'offre pour assurer leur privatisation.

 

Dans les deux processus de privatisation, un nom commun, celui de la multi-nationale française Suez déjà fermement implantée en France bien sûr, mais aussi en Espagne où elle contrôle le réseau de Barcelone, et désormais en Italie, avec une implantation récente à Rome.

Suez a déclaré son intérêt pour le réseau de la capitale athénienne, mais était déjà plus loin dans le processus de rachat de l'entreprise de l'eau de Salonique, l'EYATH, où elle a pris la tête d'un consortium comptant également le grec ELLAKTOR et l'israélien MEKOROT.

 

La gestion catastrophique de SUEZ, premier groupe dans la gestion des réseaux d'eau dans le monde, a déjà suscité des vagues de désengagement : 30 villes dans le monde n'ont pas renouvelé le contrat avec le groupe français dont Johannesbourg, Thu Duc (Vietnam), Shenyang (Chine), La Paz, Buenos Aires, Milwaukee, Atlanta, Budapest, Potsdam, Bordeaux, Grenoble ou Paris.

Son alliance avec l'israélien MEKOROT a de quoi indigner les combattants de la cause palestinienne : l'entreprise est connue pour ses forages en territoire palestinien, elle fournit l'intégralité des ressources en eau des colonies israéliennes, et pratique la discrimination dans l'accès et la tarification pour les populations palestiniennes.

Il faut dire que le contrat convoité par SUEZ est plus que juteux. Le groupe EYATH a réalisé 110 millions d'€ de profits entre 2007 et 2013, alors que les prix ont triplé depuis dix ans. Or, le rachat de 51 % des parts du groupe était envisagé à hauteur de 110 millions d'€.

 

De quoi rentabiliser en quelques années l'investissement, surtout que SUEZ – outre les promesses d'investissement et de création d'emplois irréalistes (250 millions d'€ et 4 000 emplois sur 5 ans!) - a laissé entendre qu'elle envisageait de rehausser les prix, parmi les plus bas d'Europe.

SUEZ qui a pris à la lettre les recommandations de François Hollande qui, au début de l'année 2013, lors de sa visite en Grèce versait des larmes de crocodile sur le sort du peuple grec … tout en recommandant aux entreprises françaises de profiter du processus de privatisation pour se tailler la part du lion.

 

Un processus mis en échec par une mobilisation populaire !

 

Pourtant, SUEZ risque de ne pas profiter du pillage du peuple grec. Car le processus de privatisation est, à l'heure actuelle, mise en échec. Le résultat d'une mobilisation populaire qui a fait reculer le gouvernement.

Créée en mars 2013 à l'initiative des syndicats des employés de l'eau, le collectif « SOSTE to NERO » (Sauvons l'eau) a construit un mouvement liant habitants, travailleurs, élus locaux autour d'une revendication simple : rejet de la privatisation, défense de l'entreprise nationalisée.

Un mouvement qui a pris de l'ampleur d'abord grâce aux travailleurs de l'entreprise EYATH, à Salonique, qui depuis plusieurs années mènent la lutte contre la privatisation : de grèves de la faim en journées de grève, de sit-in en occupations de bâtiment.

Mais un mouvement qui s'est élargi également aux élus locaux d'Athènes et Salonique. Les 11 maires de l'agglomération de Salonique ont ainsi signé une résolution commune au début du mois de juin refusant de livrer leurs réseaux d'eau communaux à SUEZ et ses partenaires.

Cette prise de position fait suite au rapport de force conquis auprès des riverains qui ont pu participer, le 18 mai dernier, à un référendum local auquel 60 % des habitants ont participé et qui ont vu 98 % des votants refuser la privatisation de l'eau de Salonique.

 

C'est dans ce contexte de fronde populaire à Salonique, relayée à Athènes, que le pouvoir a dû céder, rappelé à l'ordre par le Conseil d'Etat qui a jugé fin mai la privatisation de la compagnie d'eau de Salonique comme étant inconstitutionnelle.

Trois arguments étaient invoqués : d'abord, le danger pour la continuité, la qualité et l'accessibilité du service public ; ensuite, la remise en cause du droit constitutionnel à la santé ; enfin, l'existence d'un monopole de fait dans le secteur de l'eau.

Cette décision du Conseil d'Etat devrait être confirmée dans le cas de la privatisation de l'eau à Athènes et mettre un coup d'arrêt – si ce n'est définitif, en tout cas une halte – au processus de privatisation de l'eau en Grèce.

 


Vague de dé-privatisation de l'eau : processus positif à analyser avec prudence


Il est important de rappeler que les deux plus grands opérateurs privés dans le monde sont des multi-nationales françaises, Veolia et Suez, qui à elles seules couvrent un marché de 250 millions d'usagers-clients, plus que tous ses concurrents réunis.

Mis en difficulté en France par le non-renouvellement des concessions sur les réseaux en France, Suez et Veolia tentent de renforcer leurs positions sur les marchés à l'étranger, bien que 90 % de l'offre mondiale soit encore en régie publique.

Le pillage éhonté des populations, l'exploitation implacable des personnels, le danger pour la santé humaine d'une gestion guidée par le seul profit, tous ces éléments conduisent désormais à une vague de « re-municipalisation » / « dé-privatisation » de l'eau.

 

Un processus positif en soi bien qu'il doive inciter à la prudence, au cas par cas. Il est souvent à l'origine de mouvements de protestation symbolisant le rejet du tout-privé, du règne de l'argent.

En Amérique du sud, en particulier en Bolivie dans le cas emblématique de Cochabamba, ce fut le point de départ d'un mouvement de transformation sociale, remettant le contrôle populaire sur l'économie au centre.

Ailleurs, en Europe, le processus incite à la prudence, à Naples, Berlin, Budapest comme en France à Paris, Bordeaux, Grenoble, l'eau redevient publique. Une occasion de récupérer les marges colossales réalisées par les SUEZ, Veolia ou RWE.

Mais peut-être une aubaine pour certains de ces groupes qui ont délibérément sous-investi dans le réseau, livrant sa rénovation – après s'être gavé de profits dûment encaissés pendant toutes ces années – aux frais du contribuable.

 

Mais si l'analyse du processus dans le détail reste à faire, c'est avec satisfaction qu'on salue la résistance des travailleurs, de la population de Salonique comme d'Athènes : pas de Suez, pas de Veolia en Grèce ni en France, re-nationalisation de ces entreprises maintenant, nationalisation des secteurs du gaz, de l'eau et de l’électricité !

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 07:55

 

Evo Morales et Rafael Correa dénoncent le siège du Venezuela par les médias privés

mandatarios

 

Lors du dernier sommet du G 77 + la Chine qui s’est tenu en Bolivie le 14 juin, 133 pays (soit les deux tiers de l’ONU) se sont mis d’accord sur un programme mondial de lutte contre la pauvreté. Lors de la Rencontre Plurinationale des Peuples organisée en prélude au sommet, plusieurs présidents latino-américains ont exprimé leur solidarité avec la révolution bolivarienne. ¨Les États-Unis trouveront leur deuxième Vietnam au Venezuela s’ils poursuivent leur ingérence¨ a déclaré le président Evo Morales.¨Toute l’Amérique Latine est avec notre cher Venezuela¨ a lancé le président Correa. Le mandataire équatorien a rappelé que le Venezuela et les gouvernements de gauche latino-américains ne sont pas seulement assiégés par l’entreprise de restauration conservatrice d’élites régionales ¨qui nous ont toujours dominés, exclus, mais ont appris de leurs erreurs¨, mais aussi “par ces instruments de destruction massive de la vérité que sont les médias”.

Comment peut-on parler de liberté authentique alors que nous dépendons de ce que disent les entreprises possédées par une demi-douzaine de familles ?” s’est exclamé Rafael Correa.

 

Le siège médiatique contre la révolution bolivarienne s’opère en trois temps. Premièrement, les thèmes à répéter et ceux à occulter sont déterminés par les médias privés hégémoniques dans ce pays. Deuxièmement, les médias internationaux relayent leurs campagnes. Troisièmement, la droite locale déguisée en ¨peuple¨, minoritaire dans les urnes mais ¨majoritaire¨ médiatiquement, se voit stimulée dans son refus violent d’accepter les résultats des élections. La plupart des journalistes occidentaux ont donc cessé de soutenir la démocratie en Amérique Latine. Maurice Lemoine, concluant sa récente ¨Lettre au médiateur du Monde¨ : ¨Si, demain, sous une forme ou sous une autre, le président Nicolas Maduro est « sorti » du pouvoir par des voies non constitutionnelles, le public français – ou, pour le moins, votre lectorat – n’y verra que du feu, votre version des faits ayant préalablement soigneusement préparé l’opinion à un tel dénouement

 Un peu d’Histoire…
Audience comparée des médias radio et TV au Venezuela (2014). Ce graphique ne rend pas compte des sites internet, médias internationaux (satellite) et presse écrite locale qui sont eux aussi en majorité opposés aux mesures de la révolution bolivarienne.

 

Audience comparée des médias radio et TV au Venezuela (2014). Ce graphique ne rend pas compte des sites internet, médias internationaux (satellite) et presse écrite locale qui sont eux aussi en majorité opposés à la révolution bolivarienne.


En 1998, au Venezuela, 80% des stations de télévision et 97% du secteur de la radio-diffusion (FM) relevaient du secteur privé. Par ailleurs, les moyens de communication communautaires étaient inexistants. Ces médias aux mains du privé, se caractérisaient par une haute concentration de la propriété, tant sur le plan horizontal que vertical.

En 2014, pas moins de 2896 médias opèrent au Venezuela. 2332 d’entre eux sont des entreprises privées. 65,18% appartiennent au secteur privé ; 30,76% dépendent du secteur communautaire ; et à peine 3,22% de l’ensemble, ressortissent au service public.

La multiplication des médias communautaires s’impose comme le changement principal, lié à l’essor de la démocratie participative. A travers eux, c’est l’ensemble de la société qui accède à la communication. Mais il faut rappeler que la grande majorité d’entre eux est pourvue d’une portée seulement locale.

Dans le domaine de la radio-diffusion, 1598 émetteurs appartiennent au secteur privé, 654 dépendent du domaine communautaire et à peine 80 d’entre eux relèvent du service public.

Quant aux chaînes de télévision en signal ouvert, 55 d’entre eux relèvent du secteur privé, 25 du secteur communautaire ; alors que le service public ne possède que 8 d’entre eux.

La quasi totalité de ces médias privés se situent dans l’opposition. Par conséquent, prétendre que l’Etat en serait à exercer son hégémonie dans le domaine de la communication, en s’appuyant sur les faibles moyens dont il dispose, est absurde.

L’exemple du traitement de l’économie et de la politique dans la semaine du 31 mai au 6 juin 2014.

Depuis que Nicolas Maduro légifère contre la guerre économique, les médias privés ont redoublé leurs attaques. Dans la semaine du 31 mai au 6 juin 2014, les journaux El NacionalEl UniversalÚltimas NoticiasTal Cual, El Nuevo País, et 2001 ont consacré 59% de leurs espaces (21.621,98 cm2) à ce thème.

Thématiques et surfaces de la presse nationale : 59% d'attaques contre la gestion du gouvernement, 41% sur l'économie nationale.

Thématiques et surfaces de la presse nationale : 59% d’attaques contre la gestion du gouvernement, 41% sur l’économie nationale.

 

Dans leurs pages économiques les journaux privés soulignent sur 17% de leur espace l’augmentation du coût des sept marques d’eau minérale en bouteille dont le prix de vente maximal était gelé depuis novembre 2011, et que plus d’un commerçant vendait cependant avec un surprix.

15% de l’espace a été consacré à manifester une forte opposition à la loi fixant une limite aux niveaux du bail commercial afin de protéger les petits et moyens commerçants, en se faisant l’écho de la campagne de APIUR et de la Chambre Immobilière. Les médias affirment qu’avec cette loi les petits bailleurs vont perdre leurs propriétés, tout en dénonçant ensuite que les plus affectés seront les locataires.

11% de l’espace est consacré à l’Association Nationale des Industriels du Fromage (Aniquesos) qui exige de vendre plus cher le fromage au motif de l’élévation des prix du lait (nous supposons qu’ils considèrent comme plus simple de se fondre dans la chaîne de la spéculation que de d’exiger le contrôle de l’État).

11% sont consacrés à souligner la dette de l’état vis-à-vis des compagnies aériennes sans remarquer que le gouvernement vient précisément de débloquer les fonds en faveur de Aero México, Tame Ecuador, Avianca, Tiara Air, Insel Air y Aruba Airlines et continue à le faire avec les autres lignes aériennes.

Stratégies les plus fréquentes dans la presse écrite : illégitimer les actions du gouvernement (39 cas), légitimer les actions de l'opposition (19 cas), généraliser des intérêts privés (1 cas), rejeter la faute sur le gouvernement (1 cas).

Stratégies les plus fréquentes dans la presse écrite : illégitimer les actions du gouvernement (39 cas), légitimer les actions de l’opposition (19 cas), généraliser des intérêts privés (1 cas), rejeter la faute sur le gouvernement (1 cas).

Quand la télévision parle de ¨crise¨…

Pour leur part les télévisions Venevisión, Televen et Globovisión n’ont consacré que 33 minutes de couverture à Nicolás Maduro et ont employé 97% de termes négatifs contre lui.

Venevisión, Televen et Globovisión n’ont consacré que 33 minutes de couverture à Nicolás Maduro et ont employé 97% de termes négatifs contre lui.

Venevisión, Televen et Globovisión ont employé 97% de termes négatifs contre Nicolas Maduro.

 

Cependant le président de la Fédération Nationale d’Éleveurs (Fedenaga), Rubén Darío Barboza, est apparu durant 23 minutes pour parler en termes négatifs du secteur productif et pour conseiller une hausse du prix du lait à 25 bolívars le litre et la viande à 35 bolívars aux éleveurs "parce que la monnaie s’est dévaluée”. Il a justifié la contrebande vers la Colombie avec l’argument connu : “Les producteurs ne peuvent travailler à perte et il existe une offre et une pression économique très grande qui se génère depuis la Colombie. Les commerçants colombiens achètent tout ce qu’ils trouvent parce que tout est trop bon marché en fonction de leur taux de change".

Les thématiques et temps d'antenne par ordre décroissant : crise nationale (49%), persécution politique (9%), abdication du roi d'Espagne (8%), dialogue national (7%), insécurité et faits divers (7%), coup d'État ou magnicide (5%). relancement des missions sociales (4%), critique de la gestion gouvernementale (4%), offensive économique gouvernementale (4%), corruption (3%).

Les thématiques et leurs temps d’antenne par ordre décroissant : crise nationale (49%), persécution politique (9%), abdication du roi d’Espagne (8%), dialogue national (7%), insécurité et faits divers (7%), coup d’État ou magnicide (5%). relance des missions sociales (4%), critique de la gestion gouvernementale (4%), offensive économique gouvernementale (4%), corruption (3%).


Les 49% des espaces télévisés ont été consacrés à parler d’une “crise nationale”. Pour la télévision privée il y a une ¨crise¨ qui n’est pas seulement économique mais politique, d’approvisionnement, de santé, de combustible, de construction, de services publics, de lignes aériennes, et même touristique. Dans différents articles certains leaders d’opinion se référaient à Nicolás Maduro comme “président” uniquement parce que le mandataire "aime qu’on l’appelle ainsi".

Le relais international et quelques éléments de réponse…

Les médias privés, nationaux et internationaux (CNN, El País, Le Monde, etc..) reprennent cette matrice locale et s’appuient sur des sources liées à leurs intérêts pour faire croire que le Venezuela est au bord de la banqueroute économique à cause du modèle politique proposé par le gouvernement bolivarien depuis ses débuts. Les ¨experts¨ n’évoquent jamais l’existence d’une ¨guerre économique¨ ni la volonté de rupture du modèle socialiste, communal, éco-socialiste et participatif qui caractérise l’expérience bolivarienne.

A titre d’exemple, les médias privés cherchent à projeter l’image d’un pays endetté, insolvable, ¨à risques¨. En fait, l’imminent “défaut de paiement” que les économistes annoncent depuis le début de la révolution bolivarienne ne repose sur aucune base. Même dans les moments les plus difficiles de la gestion de Hugo Chávez, quand les marchés internationaux l’obligeaient à payer des bons très élevés à cause de la "peur" et de l’"insécurité" que généraient ses mesures révolutionnaires, le Venezuela n’a jamais cessé d’honorer ses paiements. Pas plus lors de la crise de 2012-2013, à la suite du décès du président et des conflits qui entourèrent les premiers jours du gouvernement Maduro, lorsque les investisseurs décidèrent de vendre massivement leurs positions, ce qui généra un effondrement des prix. Il n’y aura pas de "default" aujourd’hui à moins le gouvernement ne subisse un effondrement du marché pétrolier, hypothèse hautement improbable.

Le chiffre d’affaires pétrolier est absolument stable, tant du point de vue du prix du brut que des niveaux de commercialisation. Le prix moyen annuel du baril de pétrole est de 98,56 dollars avec une exportation estimée à 2,2 millions de barils de brut et de dérivés. Comme on le sait les réserves prouvées de 298 milliards de barils font du Venezuela le leader planétaire en la matière. Même la droite répète constamment que sous ce gouvernement "les revenus pétroliers ont été les plus élevés de notre histoire". Il en est de même pour le revenu produit par les impôts, produit de l’activité économique et d’un contrôle plus strict des déclarations.

Le problème pour les médias privés est que 64% de ces revenus sont consacrés aux programmes d’éducation, de santé, de sport, de sécurité sociale, d’alimentation et ne vont plus remplir les comptes bancaires d’une élite. Le Venezuela mantient les accords et les prêts accordés à travers le programme Petrocaribe (malgré une légère baisse lors des neuf premiers mois de 2013 pour atteindre une plus grand stabilité) auquel vient d’adhérer le Salvador. Le gouvernement vénézuélien vient de recevoir l’appui de Rosneft, le géant russe, pour moderniser l’activité pétrolière.

La fuite de dollars à travers les fraudes de CADIVI a été pratiquement stoppée et le Venezuela est en voie d’équilibrer la dépendance des importations à travers la stimulation de la production interne.

Pour créer des situations de panique, les chiffres de "pénurie" dans le pays sont largement surestimés, la plupart des commerces privés et publics continuent à offrir la gamme quasi complète des produits. Paradoxalement les pénuries peuvent être en partie provoquées par des campagnes médiatiques qui poussent les consommateurs au surachat de tel ou tel article au motif qu’il va disparaître. Il faut prendre en compte la grande quantité de produits revendus dans le secteur informel, voire par des circuits mafieux. En tout état de cause le dernier rapport de la Banque Centrale montre que les 20 aliments de base dont le lait écrémé, les compotes, la farine de maïs pré-cuite enregistrent une pénurie de près de 30%, un chiffre moindre que celui des mois antérieurs, grâce à diverses mesures liées aux importations, la remise de dollars à travers le CenCoEx à certaines entreprises et les légères augmentations officielles de prix sur des produits contrôlés, pour réduire certains déphasages avec le coût de production.

Bien que l’inflation accumulée sur les 5 premiers mois de 2014 est de 23%, certains médias continuent à parler de ¨60 %¨ ou ¨80 %¨ d’inflation.

Enfin, les statistiques de la Banque Centrale indiquent que les réserves internationales du Venezuela sont au 9 juin de 22, 536 milliards de dollars, soit une augmentation de 9 % en un mois. Cette augmentation de l’effectif permet d’accélérer la remise de dollars au secteur privé pour ses transactions à l’extérieur.

 

Sources : AVN, Ciudad CCS et Misión Verdad : http://misionverdad.com/matrices/en-los-medios-el-personaje-la-crisis-le-gano-a-leopoldo-lopez et http://misionverdad.com/la-guerra-en-venezuela/el-falso-colapso-economico-y-la-realidad-que-nos-ocultan

Traduction : Thierry Deronne

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 13:23

Lu sur Solidarité internationale.  Une raison supplémentaire pour ne pas signer le traité transatlantique.  Les capitalistes sont capables d'exiger des lois semblables au nom de la compétitivité et de la concurrence .

Imaginons la France d'après : une grève cheminote aux États-Unis ... stoppée par décret présidentiel d'Obama !

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Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les sondages se multiplient pour questionner le droit de grève, les déclarations se font de plus en plus menaçantes en France contre les cheminots : la France d'après, c'est peut-être de l'autre côté de l'Atlantique qu'on peut l'identifier, comme le montre l'exemple de Philadelphie.

 

Il y a des grèves aux Etats-unis, bien plus qu'on ne l'imagine. Outre les mobilisations massives et inédites des salariés des super-marchés et fast-food l'an dernier, les mouvements locaux impliquant les travailleurs des transport par exemple sont relativement fréquents.

Une différence majeure, c'est l'incapacité à dépasser un cadre local, corporatiste, à affronter un appareil légal répressif, à travers une convergence des luttes et l'existence d'organisations nationales sur des positions de classe.

Il n'y a pas de fatalité, ce fut le fruit de décennies de casse du mouvement ouvrier américain encore très puissant dans les années 1920-1930, sous le paravent du McCarthysme dans les années 1950, et toujours de la lutte contre l' « ennemi intérieur » communiste sous Reagan après 1980.

 

Le 4 ème réseau ferré urbain des Etats-unis paralysé,

dans une ville de 6 millions d'habitants

 

La grève des cheminots de Philadelphie nous en fournit un exemple, symbolique pour nous, mais symptomatique de la façon dont on peut traiter les mouvements de grève dans un pays occidental où le mouvement ouvrier a été laminé.

Philadelphie n'est pas une petite ville de province. La sixième ville des Etats-unis compte près de 6 millions d'habitants, chaque jour 130 000 personnes empruntent ses trains de banlieue, en faisant le 4 ème réseau ferroviaire urbain du pays, derrière ceux de New York, Chicago et Boston.

Ces réseaux de train de banlieue sont la dernière survivance du réseau ferroviaire américain complètement démantelé, sous pression des concurrents automobiles et aériens, réduits à des lignes locales partagées entre opérateurs publics et privés.

 

Le spectre de la grève de 108 jours de 1983

 

Ce samedi 14 juin, les salariés de la SEPTA (Southeastern pennsylvanian transport authority) ont décidé de se mettre en grève, 450 mécaniciens et conducteurs de trains répondant à l'appel de la BLET (Confrérie des conducteurs et ingénieurs de train) et de l'IBEW (Confrérie internationale des électriciens).

Une mobilisation qui a totalement paralysé le réseau, contraint les 130 000 usagers quotidiens à rester chez eux ou à trouver des alternatives aux 13 lignes reliant Philadelphie à sa banlieue, ou Philadelphie au New Jersey.

Un mouvement qui a réveillé le spectre de la grande grève régionale de 1983 qui avait duré 108 jours.

Au cœur de la lutte, des revendications salariales constituant le point d'orgue de lutte de cinq ans de tensions autour de l'ancienne convention collective, non-renouvelée depuis 2009 ! Les cheminots réclament 4,5 % d'augmentation annuelle sur trois ans, 1 point de plus que ce que propose la direction de la SEPTA.

 

Le président « démocrate » Obama appelé à la rescousse …

par le gouverneur « républicain » pour stopper la grève !

 

La réaction ne s'est pas fait attendre. Le gouverneur républicain de Pennsylvanie, Tom Corbett, en a appelé directement au président démocrate Obama afin qu'ils brisent la grève.

Aussitôt dit, aussitôt fait, Mr.Obama a réveillé un vieil acte législatif : le Railway labor act de 1926. 

Selon cette loi, le président de la République peut imposer le retour immédiat au travail, le remplacement sur-le-champ de tous ceux qui désirent continuer la grève, ainsi que l'ouverture de négociations pilotées par une commission fédérale interdisant tout mouvement pendant 8 mois.

La presse américaine a rapidement fait le parallèle – avec une violence réelle moindre – avec l'utilisation par le président ultra-libéral Ronald Reagan du Taft-Hartley act de 1947 qui lui avait permis en 1981 de licencier 11 000 contrôleurs aériens au nom de l'interdiction de la grève dans les « secteurs économiques stratégiques ».

 

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Une grève loin de nous, dans un contexte bien différent mais lourde d'enseignements :

elle illustre bien l'attitude brutale du président « démocrate » (exemple pour Hollande) Obama vis-à-vis du mouvement ouvrier, ce qu'il reste au peuple de droit d'intervention dans une démocratie verrouillée par les grands intérêts économiques.

 

 Surtout, elle sonne comme un avertissement au moment où se multiplient les appels médiatiques, politiques à arrêter la grève par tous les moyens. Les Etats-unis, miroir de la France d'après, « première oligarchie du monde », avec un peuple ployant sous le joug de l'exploitation capitaliste la plus ouverte.

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