Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de
démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues
d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.
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Humeur
Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de
l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.
Cette semaine, sur le
conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué à Thierry Steiner pour
la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"... (lors du 7-10 du 25 juillet).
Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].
Les salariés de État des collectivités territoriales, des hôpitaux, qu'on appelle "les fonctionnaires", sont aujourd'hui maltraités par leur employeur.
Les plus bas salaires sont désormais en dessous du SMIC. On leur attribue d'ailleurs une prime pour remonter leurs salaires au niveau du Smic.
Les débuts de carrières sont désormais si bas, que les métiers de fonctionnaires n'attirent plus suffisament de monde; les concours n'ont plus assez de candidats pour combler le nombre de postes: sait-on que l'on embauche les profs à 15% au dessus du Smic ? Ils sont pourtant à Bac plus 5 !
Le Patronat du privé aimeraient bien en faire autant:
Payer les salairés au dessous du Smic, c'est leur rève. Le Medef revendique d'ailleurs la suppression du Smic. D'ailleurs de nombreux employeurs utilisent le temps partiel pour descendre les salaires en dessous du Smic (exemple: les Super-marchés, les fast-foods, etc.). La casse du Smic serait terrible, y compris pour les fonctionnaires
Mais, même pour les cadres du privés, le patronat copie la gestion de l'État ! Désormais, pour un ingénieur à Bac +5, cela devient difficile de trouver une première embauche à Smic+25%.
Et avec l'apprentissage c'est le jackpot ! Vous avez des jeunes élèves techniciens supérieurs, et des jeunes élèves ingénieurs, quasiment pour rien ! D'ailleurs certaines grosses boites ont compris le truc: elles n'embauchent plus que des apprentis, qu'elles jettent dès le diplôme passé (et obtenu), pour les remplacer par d'autres apprentis: c'est indigne !
Lire la suite ici sur le blog de l'UL CGT de Dieppe
Les patrons disent MERCI AU GOUVERNEMENT SOCIALISTE qui donne l'exemple pour le gel des salaires !
En France, c'est l'Etat qui pratique le dumping social !
L' intérêt des salariés du public et du privé, c'est de lutter ensemble pour l'augmentation des salaires !
MERCI HOLLANDE, MERCI VALLS, MERCI MACRON dit le MEDEF
En 2014, les hausses de salaires ont été plus rares et plus basses
Le bilan 2014 de la Commission de la négociation collective a été publié ce mardi.
Le point le plus saillant du rapport est le net recul des négociations salariales de branche, avec « seulement » 386 avenants salariaux signés (-12 % après déjà -27 % en 2013) contre 441 l’an passé et plus de 500 en 2012. C’est là aussi en partie la rançon des années précédentes : en 2011 et 2012, le SMIC avait été revalorisé deux fois dans l’année, poussant les branches à revoir leur grille quand les minima repassaient sous le salaire minimum. En 2013 et 2014, avec une seule revalorisation, qui est plus est limitée à la seule inflation, l’exercice a été moins souvent nécessaire et neuf branches sur dix ont désormais des minima de grille supérieurs ou égaux au SMIC, contre 73 % fin 2012.
Résultat : seuls 8,6 millions de salariés ont vu les salaires de leur branche être revalorisés, contre plus de 12 millions les deux années précédentes. Parmi les branches importantes n’ayant pas ouvert de discussions salariales l’an passé, on retrouve notamment le commerce à prédominance alimentaire et les transports routiers. S’y ajoutent les branches ayant ouvert des discussions mais sans parvenir à un accord, comme les banques et le commerce de gros.
Des augmentations moins élevées
La conjoncture a aussi pesé, le rapport pointant « une tendance de la majorité des branches à accorder des augmentations moins élevées » qu’en 2013. Quelque 90 % des hausses sont inférieurs à 2 %, et un gros quart est même inférieur à 1 %. Au final, la valeur médiane des hausses a atteint 1,3 %, contre 1,9 à 2,3 % les trois années précédentes.
Syndicat. L’union départementale de la CGT a annoncé une rentrée sociale houleuse.
Deux cents représentants des unions locales CGT étaient réunis
L’union départementale de Seine-Maritime du syndicat CGT s’est réunie vendredi dans la salle Pierre-Lingois de Neuville-lès-Dieppe devant deux cents représentants des unions locales.
Pascal Morel, secrétaire départemental, a fait le point sur les prochaines actions du syndicat ouvrier qui se démarque de plus en plus des mesures du gouvernement « qui se dit de gauche. »[...]
Ce vendredi 28 août, l'Union départementale CGT de Seine-Maritime tenait à Neuville-lès-Dieppe son Assemblée Générale de rentrée.
Après le mot de bienvenue de M. Sébastien Jumel, maire de Dieppe, Pascal Morel, le secrétaire général de l'UD, a présenté; devant 200 militants venant de toute la Seine-Maritime, un rapport d'introduction copieux, dans lequel il a fait un tour d'horizon, tant international que national, sur l'offensive patronale contre les acquis des salariés, et, en face sur la riposte à construire.
Il a notamment dénoncé la politique que la Troïka fait subir au peuple grec, en lui déniant le droit de choisir librement son destin. En Grèce, le PIB a baissé de 25% depuis 2009, le salaire minimum est passé de 680€ à 580€, la TVA a été portée à 23%, les conditions de départ à la retraite ont été durcies, etc.. Ce n'est pas à la Grèce mais c'est aux salariés Grec que l'on fait payer la dette. Mais, plus largement, c'est un message qui est envoyé à tous les salariés européens. Ce que l'on fait aux salariés, grecs, c'est que les capitalistes veulent faire subir aux salariés de l'Europe entière, à commencer par l'Espagne, l'Italie, et la France.
De même, il a dénoncé la situation faite aux hommes, aux femmes, et aux enfants qui fuient leur pays et tentent de traverser la méditerranée, et que l'on qualifie de "migrants". L'été a été marqué par des centaines de morts. C'est une honte pour l'Europe, et pour la France. Il s'est inquiété sur le danger que cela faisait courir pour la paix en Europe.
L'austérité ça suffit !
La baisse du pouvoir d'achat en France conduit à la stagnation de l'économie, et à l'aggravation continue de la situation de l'emploi: faible croissance au 1e trimestre, stagnation au second. Le gouvernement gave de milliards d'euros le patronat, et celui-ci se contente de les transférer aux actionnaires; à par enrichir les plus riches, cela n'a aucun effet sur l'activité économique.
Il a critiqué l'avalanche de lois anti-sociales publiées cet été, et s'est inquiété de la multitudes de sujets parfois traités dans la même loi :
Loi sur le renseignement (10 juillet)
Loi macron (16 juillet)
Loi NOTRe (réforme territoriale) (17 juillet)
Loi de programmation militaire qui comporte des aspects inquiétants
Loi sur la transition énergétique (17 août)
Loi Rebsamen (17 août), qui réduit la représentation des salariés, et dégrade le dialogue social.
Ces lois remettent cause notre modèle social.
Pascal Morel a attiré l'attention sur les nombreux dossier chauds qui sont sur la table à la rentrée, comme la loi santé, la négociation Agirc-Arco, les annonces du sinistre Macron sur les 35 heures, etc. Il a insisté sur la nécessité d'être très vite sur le terrain, et d'expliquer aux salariés, les nouvelles menaces qui pèsent sur eux.
Urgent: Les 32 heures en 4 jours, sans perte de salaire !
Face à cela la CGT poursuite sa campagne contre le coût du capital, et son exigence d'une augmentation des salaires. La CGT réactive sa pétition nationale sur le sujet et appelle ses militants à se déployer dans les entreprises.
Le 23 septembre prochain, nous préparons une action de lutte contre la discrimination syndicale. De plus en plus de patrons menacent les salariés qui veulent se syndicaliser et pas seulement à la CGT. Or le droit d’être syndiqué dans une entreprise, c’est un droit inscrit dans la constitution. Il faut le respecter.
D'autre part la CGT lance une grande campagne pour les 32 heures en 4 jours. Il faut partager le travail sans baisser les salaires !
Toute cette actualité a donné lieu à un débat riche.
Il a fallu limiter les interventions à 4 minutes, pour que tout le monde puisse s'exprimer.
On notamment été abordés:
La réduction massives des dotations de l'État aux collectivités territoriales, qui font peser une grave menace sur l"emploi, tant au sein des administrations locales que dans les organismes et associations qui sont subventionnées par elles.
La fermeture de lits dans les hôpitaux.
La question des salaires et du pouvoir d'achat en baisse.
La nécessité de renforcer la CGT pour peser plus fortement.
Le mépris gouvernemental et patronal vis à vis du monde du travail, et la permanence du discours et la similitude des arguments patronaux, sur des dizaines d'années, voire des centaines d'années.
L'analyse des mobilisations du printemps dernier, et la necessité de se mobiliser plus, et de mettre plus de monde dans l'action.
La question des jeunes qui sont les plus exploités.
La nécessité de s'attacher à résoudre la question du "carreau cassé" dans l'entreprise, c'est à dire des premières revendications des salariés, pour donner confiance.
La campagne de carte pétition chez les retraités qui marche très fort, et va contribuer à la réussite du
La journée d'action sur les libertés, le 23 septembre.
La Grèce, et le mépris dont les salariés grecs sont la victime, alors qu'ils ne sont pour rien dans ce qui leur arrive.
Etc.
Prochains rendez-vous dans l'action
La rencontre avec les salariés dans chaque entreprise où la CGT est présentes pour discuter de leurs attentes, des revendications à poser, en présentant la pétition et en proposant l'adhésion à la CGT. C'est quand la CGT a été nombreuse en adhérents, que les conquêtes sociales ont été arrachées.
Le Meeting de rentrée le 9 septembre à Paris: l'UD organise deux transports en bus, l'un au départ de Rouen, l'autre au départ du au Havre (Nombre d eplaces limitées: pour participer, s'inscrire auprès de l'UD; particiaption aux frais demandée)
L'organisation de manifestations puissantes de retraités à la fin septembre, partout dans le département, pour exiger l'augmentation des pensions, et dénoncer la baisse des remboursements des médicaments, voire leur suppression pure et simple.
Une grande initiative pour la défense des libertés syndicales le 23 septembre.
La préparation de la journée d'action interprofessionnelle du 8 octobre à l'appel de la CGT, de la FSU, et de SUD !
A la CGT, le mot d'ordre est: Tout monde sur le pont !
Sur proposition du Conseil de la simplification pour les entreprises, le gouvernement a décidé la mise en place d’un groupe de travail chargé de la simplification du bulletin de paye. Le rapport qui sera remis le 27 juillet confond simplification avec enfumage !
Si la CGT n’est pas opposée à une simplification du bulletin de paye afin qu’il soit plus lisible pour le salarié, elle a toujours affirmé que la simplification devait donner du sens au bulletin de paye en mettant le salarié au centre des préoccupations du groupe de travail et en rendant plus compréhensible les fondements de notre système français de solidarité.
Ces ambitions affichées dans le préambule du rapport ont guidé notre intervention. Force est cependant de constater que les recommandations du Président du groupe, faites dans le rapport au gouvernement, ne répondent absolument pas à ces ambitions.
Le modèle de bulletin synthétique préconisé par le Président, très loin de faire l’unanimité, ne peut recevoir l’assentiment de la CGT, et ce pour plusieurs raisons :
une très grande perte d’informations indispensables : retirer les taux et les bases de calcul, ne plus mentionner les détails relatifs aux retraites empêcheront les salariés de faire valoir leurs droits ; la présentation par risques et non par organismes : nier la construction de la protection sociale qui s’est structurée autour de luttes gagnantes pose un véritable problème. En cette année du 70e anniversaire de la Sécurité sociale, il est dommageable de perdre ces repères et de ne pas continuer à affirmer que la Sécurité sociale est le socle de la protection sociale à laquelle tous les salariés peuvent prétendre ; même si, à la demande de la CGT, n’apparaîtra pas la mention « coût du travail », il y a lieu de constater que tous les allègements de cotisations sociales et fiscales ne figureront pas sur le bulletin de paye proposé (CICE par ex). La CGT rappelle que ces allégements qui ne sont plus financés par les entreprises, ne le sont pas non plus par l’Etat mais par l’ensemble de nos concitoyens, conduisant à une double peine pour les salariés !
Le bulletin de paye doit être un outil pour le salarié et non un outil de propagande patronale.
La CGT a toujours combattu le fait que la simplification du bulletin de paye puisse entraîner des modifications du Code du travail. Les salariés ne peuvent se voir imposer un modèle de bulletin de paye testé par 19 salariés, dont 9 d’une seule entreprise, sur 23 millions en France et qui d’ailleurs ne l’ont pas tous approuvé. Les exigences des salariés en matière de démocratie sociale sont bafouées.
Pour la CGT, lutter contre la complexité ne doit pas se faire au détriment de la connaissance et de la transparence. Elle sera toujours aux côtés des salariés afin que chacune, chacun puisse effectivement exercer son rôle de citoyen et conquérir une Sécurité sociale de haut niveau. Elle demande que les recommandations de ce rapport contraires à leurs intérêts ne soient pas prises en compte par le gouvernement.
La volonté de l'Eurogroupe de se débarrasser du ministre grec des Finances ne repose pas sur un "style", mais bien plutôt sur des divergences plus profondes.
Il semble que l'exercice soit devenu le passage obligé de tout journaliste travaillant sur les questions européennes. Depuis quelques semaines, les colonnes des journaux s'emplissent d'articles à charge contre le ministre hellénique des Finances, Yanis Varoufakis. Le dernier en date est celui publié par le journal français de référence, Le Monde, qui titre, avec appel de une, sur « l'exaspérant Monsieur Varoufakis. »
L'agacement européen
Le schéma de ces articles est souvent le même : l'homme est jugé évidemment compétent (il est difficile de lui contester cette qualité, sauf à contester celle des habituels « clients » des journaux économiques), mais insupportable et absolument nul en négociations.
De nombreuses citations issues de Bruxelles suivent pour montrer combien, en effet, cet économiste grec est « agaçant » aux yeux des fonctionnaires et officiels européens, avec ses chemises bariolées, son ton docte et son « fort ego. »
Son crime principal, aux yeux de Bruxelles, est de ne pas avoir changé pour "rentrer dans le rang". Comme le « déplore une source européenne », pour reprendre l'article du Monde daté du mardi 12 mai, il a refusé de suivre le chemin de son prédécesseur Evangelos Venizelos, le président du Pasok, qui, lui avait "changé".
Pour finir, le portrait du ministre est celui d'une "rock star", d'un Icare médiatique attiré irrésistiblement par le soleil médiatique. Entre les lignes, le lecteur comprend que, si ce Yanis Varoufakis est si insupportable, c'est parce qu'il n'est qu'un narcisse superficiel qui fait son "show". Son rôle n'aura été que d'agiter les bras pour rendre les négociations aussi captivantes qu'une série américaine. Bref, ce ministre n'est qu'une sorte de clown, utile un moment, mais qui aurait fait son temps.
Le storytelling européen contre Yanis Varoufakis
Cette image a été construite soigneusement par l'Eurogroupe et la Commission depuis les premiers jours du gouvernement Tsipras. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem n'a jamais caché qu'il n'avait pas digéré « l'humiliation » du 30 janvier, lorsqu'un Yanis Varoufakis, très à l'aise, l'avait surpris en proclamant la fin de la troïka.
L'acmé de ce storytelling a été la réunion de Riga du 25 avril, lorsque le ministre grec a été accusé par ses dix-huit collègues d'être à l'origine du blocage. Ce même storytelling, tissé avec soin par Jeroen Dijsselbloem le soir du 11 mai, a enfoncé le clou en notant les « progrès » des négociations une fois la « rock star » disparue.
Mais tout ceci n'est qu'un écran de fumée. Alexis Tsipras a été soucieux d'ôter rapidement un argument aux créanciers. Depuis, les négociations n'ont en réalité pas véritablement avancé. La situation reste la même : les négociations n'avancent que parce que la Grèce fait des concessions. Yanis Varoufakis ou pas, les blocages demeurent : la Grèce refuse toujours les « réformes » des retraites et du marché du travail que lui réclament ses créanciers.
Yanis Varoufakis n'était, en réalité, pas le problème. Son rejet était le symptôme d'un rejet politique du nouveau gouvernement grec.
Le miroir amer tendu par le ministre à ses collègues
La réalité du « problème Varoufakis » est donc ailleurs. Elle peut se décliner en plusieurs points.
Le premier est la détermination du ministre-économiste à placer ses collègues devant leurs responsabilités. En 2010, Yanis Varoufakis s'était opposé aux « plans de sauvetage », jugeant, non sans raison, comme il le soulignait dans son ouvrage Le Minotaure Planétaire*, que "les remèdes que l'Europe applique sont pires que le mal". Pour lui, il était donc urgent - et c'était la tâche à lui assignée par Alexis Tsipras - de rompre avec la logique du « programme » qui a conduit la Grèce dans une spirale déflationniste et a détruit une grande part de sa capacité productive. D'où les coups de boutoir assénés à ce système lors des premiers jours du gouvernement : le refus de discuter avec la troïka, les demandes de restructuration de la dette, le blocage de l'Eurogroupe sur la question du "programme existant".
Pour les collègues de Yanis Varoufakis, cette remise en cause de la logique en place depuis 2010 est inacceptable. D'abord parce que cette logique est le ciment de l'Eurogroupe, lequel n'a jamais fait de mea culpa sur cette politique. Mais surtout parce que cette politique remettait en cause un autre storytelling européen : celui de la reprise de l'économie grecque grâce aux "réformes qui portent enfin leurs fruits". Or, Yanis Varoufakis, en bon économiste, sait parfaitement que cette « reprise » est à la fois de façade et fragile. Après un effondrement économique inédit en temps de paix, seul un effort d'investissement massif au niveau européen allié à une restructuration de grande ampleur de la dette peut réellement contribuer à redresser le pays. Mais cette vision s'oppose à la pensée dominante de l'Eurogroupe: la purge est nécessaire et doit être menée jusqu'au bout pour qu'advienne "la croissance saine".
Yanis Varoufakis est donc, dans l'Eurogroupe, un corps idéologique étranger qui leur tendrait le miroir hideux des erreurs de l'Europe depuis 2010. En réclamant un changement de politique envers la Grèce, le ministre hellénique prend des allures de mauvaise conscience insupportable venant briser le mythe de la reprise radieuse qui succède à l'austérité.
Et pire, il s'entête. Et c'est là tout le sens de la déploration de la "source européenne" citée par "Le Monde" : en 2011 aussi, Evangelos Venizelos avait tenté de mettre en garde contre ces erreurs. Mais, heureusement, il était rentré dans le rang. Et l'on avait pu continuer cette politique insensée qui a ruiné la Grèce.
Quatre ans plus tard, Yanis Varoufakis ne peut accepter de faire la même erreur. Et c'est pourquoi il fallait l'écarter.
L'obsession de la justice sociale
Pourquoi cet entêtement ? Principalement, parce que le ministre a une obsession - et c'est sa deuxième faute devant les créanciers-, celui de la justice sociale. Sa position est que l'austérité pratiquée depuis cinq ans en Grèce a surtout fait payer les plus pauvres.
Des études sont, du reste, venues lui donner raison. Il sait que la nature de la reprise ne pouvait guère renverser la vapeur et, là aussi, il demande donc une action urgente. D'où son insistance, dans les deux premiers mois du gouvernement, à intégrer aux discussions avec l'Eurogroupe le traitement de "l'urgence humanitaire". Son ambition affichée est politique : le développement de la pauvreté et la paupérisation des classes moyennes font évidemment le jeu des extrêmes.
La position du ministre grec est alors simple : l'Europe doit utiliser la victoire de Syriza comme une chance en écoutant ses propositions « modérées » afin d'éviter d'avoir à traiter avec les extrêmes, du type Aube Dorée. Le 5 février, devant Wolfgang Schäuble, il met ainsi en garde :
« Quand je reviendrai chez moi ce soir, je me trouverai devant un parlement dans lequel le troisième parti n'est pas un parti néo-nazi, mais un parti nazi. »
Mais ce discours est inaudible au sein d'un Eurogroupe qui juge précisément que les Grecs sont déjà aux mains d'extrémistes qu'il faut mater (en avril, un officiel déclarera qu'Alexis Tsipras doit rompre avec son aile gauche). Les ministres de la zone euro n'y voient qu'un chantage à Aube Dorée pour leur arracher des concessions.
Surtout, le traitement « social » de la pauvreté est, pour les Européens, une erreur. Là encore, l'idéologie joue à plein. Dans la vision de l'Eurogroupe, la lutte contre la pauvreté vient naturellement après, c'est une conséquence de l'assainissement et de la libéralisation de l'économie. Ces deux éléments créent de la richesse qui, in fine, se répand dans les couches les plus basses de l'économie. La patience est donc une obligation. Mieux même, tout traitement « social » de ce problème freine la mutation « structurelle » nécessaire en accroissant le rôle de l'Etat et en créant des distorsions sur le marché de l'emploi.
Sur ce plan, Yanis Varoufakis a finalement eu raison des créanciers, la loi est passée. Mais cette victoire n'est que partielle: la lutte contre la pauvreté doit passer par un changement de politique, donc par la remise en cause de la logique du programme.
Un problème personnel qui cache un fossé idéologique
Le troisième point de rupture avec Yanis Varoufakis: il a en réalité payé sa cohérence. Le ministre hellénique n'a jamais abandonné ses objectifs. Jusqu'à ce lundi 11 mai au soir où il a répété que les deux « lignes rouges » d'Athènes étaient la fin du cercle vicieux déflationniste et la meilleure répartition de l'effort. Bref, les deux précédents points de rupture.
A chacune de ses listes de réformes, toutes rejetés par l'Eurogroupe, il a pris en compte ces deux éléments: meilleure justice dans la répartition de l'impôt, lutte contre l'évasion fiscale des entreprises et des plus aisés, facilitation de la reprise par la mise en place d'un traitement des arriérés fiscaux pour les PME et les particuliers...
Le cœur du rejet de ces listes, comme celui de l'agacement que susciterait Yanis Varoufakis, ne réside pas en réalité dans les chemises fantaisie du ministre ou dans son aspect décontracté de rock star. Il repose sur des fondements idéologiques. Les créanciers européens ne veulent pas admettre leurs erreurs passées, car c'est tout le fondement de leur logique économique qui s'effondrerait alors. Ils ne peuvent donc admettre les positions de Yanis Varoufakis. La volonté de le discréditer en permanence n'est donc pas le fruit d'une logique personnelle.
Les leçons du François Hollande de 2012
Beaucoup cependant s'interrogent sur le style trop « agressif » du ministre grec. La critique est fréquente du manque de « sens politique » de Yanis Varoufakis, qui n'a pas accepté les règles en vigueur à Bruxelles pour les contourner.
Ceci s'explique cependant aisément par le précédent français. Comme il l'avait souligné, dix jours avant l'élection, dans un entretien accordé à "La Tribune", Yanis Varoufakis a été marqué par les suites de l'élection de François Hollande qui, selon lui, n'a "rien tenté" contre la logique austéritaire. Du coup, la stratégie du compromis du président français en 2012, qui s'est soldée par un échec patent (le fameux "pacte de croissance" dont l'existence reste à prouver) est devenu la stratégie à éviter par excellence.
Face à un blocage idéologique, le ministre grec a tenté de forcer la décision en prenant d'emblée des mesures fortes, comme la dissolution unilatérale de la troïka. Le succès de cette stratégie n'est pas certain, mais elle a clairement mis les Européens dans l'embarras, les confrontant aux conséquences ultimes de leur propre fermeté.
La réalité de la stratégie européenne
En réalité, derrière ce durcissement, la position de Yanis Varoufakis était une des plus modérée au sein de Syriza. Le ministre grec a toujours été défavorable à la sortie de la zone euro, il a toujours proposé une solution européenne au problème grec.
Alexis Tsipras aurait pu nommer Costas Lapavitsas, par exemple, un économiste de Syriza clairement partisan de l'annulation de la dette et de la sortie de l'euro. Les créanciers auraient alors pu paniquer.
En détruisant Yanis Varoufakis, les Européens ont dévoilé leur but: non pas trouver un « compromis » raisonnable, mais mettre au pas un gouvernement qui ne leur convient pas. Comme le souligne dans la préface à l'édition française du Minotaure Planétaire, Yanis Varoufakis, "l'Union européenne a, de longue date, pris l'habitude de considérer la démocratie comme un luxe et un désagrément".
Grève historique aux hôpitaux de Berlin, « La Charité » : premiers succès.
MlN, pour Solidarité internationale PCF, d’après correspondances locales, 4 juillet 2015
Le grand hôpital universitaire de Berlin, la Charité, vient de connaître une grève historique. Les 13.000 salariés ont massivement approuvé l’appel à la grève illimitée du syndicat Ver.di. Le mouvement a été suspendu le 1er juillet après 11 jours et des concessions de la direction.
Le 2 juillet, une manifestation commune a rassemblé les hospitaliers et les postiers, eux aussi engagés dans une grande grève, devant le Parlement (Bundestag) où a commencé à être examiné le projet de loi de restructuration des hôpitaux, autrement dit d’austérité renforcée.
La coïncidence avec la situation française, le récent mouvement à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, le projet de loi santé de Mme Touraine, est tout sauf fortuite !
Les personnels de la Charité sont à bout comme ceux de l’AP-HP.
Les principales revendications portées par le syndicat berlinois portent sur les conditions de travail. Il a mis en avant notamment l’exigence d’un plafonnement du nombre de patients par soignant :
Au moins deux personnels soignants par service la nuit
Dans les services de soins intensifs et les services pédiatriques : pas plus de 2 patients par soignant
Dans les autres services : pas plus de 5 patients par soignant
La direction a fini par accepter, par écrit auprès du syndicat, d’intégrer ces objectifs de diminution de la surcharge de travail à l’ordre du jour des prochaines négociations collectives annuelles obligatoires.
Ce succès n’a rien de définitif et la grève n’est que suspendue.
Car le lien est direct entre la question de l’allègement de la surcharge de travail et celle de l’emploi et des financements. Et si la direction de la Charité semble être prête à lâcher des dispositions sur la première, le gouvernement reste engagé dans une politique de coupe des moyens de l’hôpital public.
Là encore, le parallèle est direct avec Paris et la France. La volonté du directeur de l’AP-HP de supprimer des jours de récupération et d’intensifier la journée de travail correspond à l’objectif d’économiser l’équivalent de 4000 emplois. C’est la quote-part de l’AP-HP dans le cadre du plan gouvernemental de prélèvement de 3 milliards d’euros sur les hôpitaux publics d’ici 2017.
A Berlin comme à Paris, la grève bénéficie d’un large soutien de l’opinion publique, malgré le report de milliers de consultations et d’opérations non urgentes. Plusieurs initiatives de soutien se sont tenues. Des convergences avec d’autres mouvements se développent.
La grève est suspendue au plus fort de la combattivité des personnels, sur la base d’une première avancée. Elle est prête à repartir.
Voilà encore des positions que les médias ne publient guère et qui pourtant montrent chacune à leur façon les enjeux du référendum grec. En particulier nous n’avons trouvé nulle part sur le Net le comparatif pourtant éclairant qu’a publié le PAME (Front syndical grec affilié à la FSM) et que nous reproduisons par une quasi exclusivité dont nous nous serions volontiers passés…mais peut-être avons-nous mal cherché ?!
Le camp du capital partout, y compris au-delà de l’Europe mobilise pour le OUI, c’est-à-dire pour l’acceptation des mesures préconisées par l’UE, la BCE et le FMI : ça c’est logique.
En face le camp progressiste mobilise pour le NON et le soutien au gouvernement de Syriza...et donc le soutien à ses propositions. A priori cela parait logique également. Quoique… la question est plus complexe qu’il n’y parait et nous verrons pourquoi.
Mais que disent les syndicats grecs ? Les positions sont loin d’être uniformes ce qui n’étonnera pas celles et ceux qui avaint lu en son temps l’article que Rouge Midi avait publié sur le syndicalisme en Grèce.
Il y a d’abord la position de la GSEE, soutenue par la CES (confédération européenne des syndicats, branche européenne de la CSI, confédération syndicale internationale) et dont nous publions ci-dessous le communiqué intégral qui a suscité des remous. [1]
LA CONFÉDÉRATION EUROPÉENNE DES SYNDICATS SOUTIENT SON SYNDICAT GREC QUI APPELLE A L’ANNULATION DU REFERENDUM
La Confédération européenne des syndicats (CES) soutient la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE) qui appelle au retrait du référendum.
Lors d’une réunion plénière de la Confédération générale des travailleurs grecs qui s’est tenue mercredi 1er juillet 2015, le syndicat grec déclare :
La Confédération générale des travailleurs grecs considère que la tenue d’un référendum est un droit constitutionnel inaliénable des citoyens grecs dans le contexte des traditions européennes.
Cependant, le processus lui-même du référendum actuel, ses délais, sa légalité et son contenu ont été banalisés dans un cadre de faux dilemmes et d’une trop grande vitesse, qui pourrait conduire à des situations incontrôlables et diviser la société grecque.
La Confédération, de manière non négociable, s’oppose à tous les types de mémorandums et à toutes leurs implications qui se font aux frais du monde du travail et du peuple grec, que ces mémorandums viennent des créditeurs ou du gouvernement.
Notre position est également non négociable en faveur de l’orientation européenne de notre pays, et la place de la Grèce dans l’Europe et l’eurozone.
La question posée au référendum est infondée et réduit imprudemment les choix en semant la discorde alimentée par des forces extrémistes à l’intérieur et à l’extérieur de la Grèce, conduisant notre pays vers des aventures tragiques.
Nous demandons ici et maintenant le retrait du référendum.
En tant que principal syndicat des travailleurs du secteur privé, nous envoyons un message clair dans toutes les directions : L’orientation européenne de notre pays n’est pas négociable. Nous disons oui à l’Europe des peuples et de la solidarité ! Nous disons oui à la monnaie unique et à une Europe fédérale !
1er juillet 2015
Sans commentaire...
Le PAME (affiliée à la FSM) publie lui le comparatif suivant des propositions de la Troïka (UE, BCE, FMI) et du gouvernement Tsipras. En rouge et en gras les points d’accord entre le gouvernement grec et la Troïka en noir les points où subsistent quelques différences…que chacun appréciera.
Pas étonnant que dans ces conditions le PAME (texte intégral en document joint*) conclue : Le NON au référendum sera interprété comme un OUI pour le mémorandum de SYRIZA
Nous rejetons les deux options
La classe ouvrière doit porter ses propres revendications
Allons voter avec nos propres revendications et non avec les « cartes truquées » des forces politiques pro-européennes. Forces dans lesquelles il situe évidemment le gouvernement d’alliance Syriza-ANEL (droite nationaliste)
Dernier point. Si vous êtes de ceux qui vous dites mais alors que peut faire le gouvernement de Tsipras pour non seulement s’opposer au diktat du capitalisme international mais aussi (et surtout !) proposer une politique de réel progrès social pour le peuple de Grèce ?
Rien
Rien dans le cadre des règles actuelles de l’UE et les négociations en cours depuis son arrivée au pouvoir, ainsi que les abandons successifs le montrent bien.
La seule solution c’est de refuser de payer, sortir de l’euro et permettre ainsi au peuple de retrouver sa souveraineté.
*Merci à Véronique pour la traduction
En médaillon une manifestation à l’appel du PAME le 26 juin dernier...
[1] Entre autres, le M’PEP lance sur son site pour signature un appel en direction des syndicats français afin qu’ils protestent contre cette position de la CES.
Toujours plus ! Mercredi 24 juin 2015, le ministère du Travail a rendu publiques les dernières statistiques du chômage : en mai 2015, Pôle Emploi a enregistré 16 200 demandeurs d’emplois de plus, en catégorie A (qui n’ont pas travaillé dans le mois) dans l’Hexagone. Le nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi (toutes catégories confondues) a dépassé le cap des 6 millions (6 06
La circulation est compliquée ce jeudi 25 juin dans le centre de Rouen : après la manifestation des taxis (qui dès 9h ont mené des opérations escargot), une manifestation organisée par plusieurs syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires…) est partie à 10h du Cours Clemenceau pour se rendre, rive droite, devant le théâtre des Arts.
Un bâtiment (et ses abords) qui est gardé depuis ce matin par des vigiles, la police et des gendarmes mobiles. Pour les forces de l'ordre il s'agit d'assurer la sécurité du congrès de l'association des régions de France. Des élus venus de toute la France que les militants syndicaux souhaitent interpeller notamment sur les "conséquences désastreuses" de la réforme territoriale.
Dans un tract, les syndicats expliquent que cette manifestation "public / privé" de Rouen a pour but de dire "non aux destructions d'emplois, non à la réforme territoriale, non au pacte d'austérité et oui à l'augmentation des salaires et oui au développement des services publics"
VIDEO France 3 Haute-Normandie : le face à face avec les gendarmes mobiles et l'interview de Pascal Morel, Secrétaire général de l'union départementale de la CGT Seine-Maritime
(Images : Bruno Belamri)
JOURNEES INTERNATIONALES DE LA PAIX DU 21 au 28 SEPTEMBRE 2026 Nous vivons dans un monde où le bien commun, la souveraineté des Etats, le respect de l’autre sont remis en cause chaque jour par une oligarchie financière qui pense que tout lui appartient...
Ursula von der Leyen a livré sa vision d’une Europe assiégée qui devrait, pour survivre, concentrer toujours plus de pouvoirs à Bruxelles, donc entre ses mains. Derrière le discours de la soi-disant puissance se dessine surtout une fuite en avant fédérale,...
Les communistes tchèques manifestent à Prague contre l'OTAN, la militarisation et la perte de souveraineté. Des centaines de personnes se sont rassemblées à Prague le samedi 5 septembre, lors d'une manifestation organisée par le Parti communiste de Bohême-Moravie...
Le 13 septembre, les Suédois étaient appelés à renouveler leur parlement (ainsi que leurs conseils locaux). 80% des électeurs se sont rendus aux urnes – soit environ 4 points de moins qu’en 2022 – mais les résultats sont si serrés qu’il faudra sans doute...
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Le 6 septembre, les électeurs du Land allemand de Saxe-Anhalt étaient appelés à élire leur parlement régional et renouveler ainsi l’exécutif qui en est issu (en Allemagne, les régions ont beaucoup plus de pouvoirs qu’en France). La campagne électorale...
D evant le public de l’université d’été de la France Insoumise, Matthieu Pigasse, banquier d’affaires, multimillionnaire, enrichi notamment grâce à de faramineuses commissions obtenues sur le dos de la dette souveraine grecque , est parfaitement à l’aise....
Les partisans du non qui avaient défilé avec le drapeau islandais l’ont emporté lors du référendum. Photo Sipa /Marco Di Marco Photo : https://www.ledauphine.com/politique/2026/08/30/pourquoi-l-islande-a-dit-non-a-l-union-europeenne
C’est la consternation...