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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 15:28
Neuville-lès-Dieppe (76) : un plan social menace 28 emplois à l'entreprise Daher-Verdelet

Les salariés ont cessé le travail ce jeudi 21 juillet.  En plein coeur de l'été, ils veulent alerter l'opinion et les élus. L'entreprise qui fabrique des vannes industrielles risque de fermer en octobre

  • Par Sylvie Callier
  • Publié le
 

Les salariés  de la société Daher-Verdelet réunis mercredi 20 juillet © Stéphane l'Hôte

© Stéphane l'Hôte Les salariés de la société Daher-Verdelet réunis mercredi 20 juillet

 


C'est l'incertitude et l'angoisse pour les salariés de Daher-Verdelet près de Dieppe. Le plan social est en cours. 

La petite usine travaille dans un secteur de pointe, les vannes haute-performance pour l'industrie du pétrole et du gaz. Elle avait été rachetée par un groupe français réputé en 2012.

 

© Stéphane l'Hôte

© Stéphane l'Hôte


La chute du prix du pétrole a provoqué une baisse importante du chiffre d'affaires dans la société de Neuville-lès-Dieppe. D'autres sociétés, comme Vallourec à Déville-lès-Rouen, sont en difficulté dans ce contexte.

Lire l'article intégral et voir la vidéo en cliquant sur le lien ci-dessous :

Pour en savoir davantage, lire les articles ci-dessous sur le groupe Daher qui a racheté l'usine Verdelet en 2011.

Où l'on nous parle "compétitivité" et baisse des prix sous la pression des groupes multinationaux  donneurs d'ordre : Airbus, Boeing, Dassault... Où l'on annonce clairement la délocalisation des productions dans des pays à bas coûts salariaux, environnementaux et sociaux... C'est-à-dire salariés maltraités, sous-payés, aux moindres droits sociaux et un Etat moins regardant sur les contrôles de pollution industrielle. 

L'entreprise Daher, célébrée par E.Macron à Nantes ( voir l'article sur Challenges ) n'est plus l'entreprise familiale de jadis.  C'est devenue un groupe à vocation internationale. 

Chiffre d'affaires doublé depuis 2007.  Elle a adopté dorénavant les règles mortifères de la mondialisation capitaliste et rêve d'extension et de marchés mondiaux : Etats-Unis pour le marché ( il est envisagé d'y créer une usine), et implantation au Maroc et plus tard au Mexique pour les bas salaires ( Les Echos parlent de zone "low-cost").

On évoque aujourd'hui une entrée en Bourse.  Tout un programme pour les salariés.  Avec l'annonce des suppressions d'emplois, il est déjà en route. AC

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 15:01

Publié par El Diablo

La Ve République contre le MOUVEMENT OUVRIER

Le 6 juillet, Valls a donc fait passer sa réforme El Khomri en force – pour la deuxième fois – à l’Assemblée nationale. Des dirigeants «de gauche» (du PCF, des frondeurs du Parti socialiste et d’autres encore) ont alors dénoncé le recours à l’article 49-3. Ce en quoi ils ont raison. Car cet article de la Constitution de 1958 donne au président de la République le pouvoir d’écarter tout amendement,  tout débat et même tout vote pour déclarer une loi adoptée !

Pour autant, le caractère antidémocratique de la Ve République ne se limite pas au 49-3.
Lorsqu’il s’empara du pouvoir, de Gaulle définit clairement l’objectif de sa Ve République : liquider la démocratie politique. Il s’agissait, en particulier, d’en finir avec le «régime des partis» et d’intégrer à  l’État des syndicats sommés de renoncer à défendre les intérêts particuliers des travailleurs au nom d’un prétendu «intérêt général» (façade derrière laquelle se cache les intérêts très particuliers de la classe capitaliste).
Mais, de 1958 à aujourd’hui, les tentatives de mettre effectivement en place ce système corporatiste se sont toutes heurtées à la résistance des travailleurs et de leurs organisations.
Ce qui donne à ce régime son caractère bonapartiste et corporatiste, certes, mais inachevé.
L’intense lutte de classe qui a marqué ce pays depuis des mois a vu de nouvelles tentatives d’associer le mouvement ouvrier au dialogue social, à la concertation, aux tables rondes. Mais poussées par les travailleurs, les militants et les délégués, les deux confédérations issues de la vieille CGT(1) sont restées, bon an, mal an, sur le terrain du «ni amendable ni négociable, retrait!».
Le 8 juillet, la loi étant adoptée, elles en appellent à son abrogation.
Ce refus de l’intégration est d’une grande importance.
Il reste que la loi a été adoptée. Ce qui pose tous les problèmes surgis de la tactique mise en œuvre : celle des journées d’action saute-moutons opposées de fait à l’appel au blocage du pays, à la grève reconductible jusqu’au retrait (voire, demain : jusqu’à l’abrogation).
Cette discussion se relie à une autre : comment comprendre que les dirigeants des organisations qui rejettent et combattent la loi El Khomri publient des circulaires se désolant du résultat du Brexit en Grande-Bretagne, l’une d’elles martelant que «c’est au sein de l’Union européenne que nous avons besoin d’être » et demandant à «l’Union européenne (d’)urgemment mettre en œuvre un programme ambitieux contre le dumping social »(2)?
Comme si l’Union européenne n’était pas faite pour imposer le «dumping social » en y intégrant les organisations! Comme si elle n’était pas la mère de toutes les contre-réformes, y compris la réforme El Khomri !
Ce débat ne peut pas ne pas être mené. 1 600 signataires publics de l’appel «pour la rupture avec l’Union européenne, la rupture avec la Ve République, pour l’Assemblée constituante » le mettent à l’ordre du jour.
 

Editorial de la Tribune des Travailleurs du 13 juillet 2016

**********

(1) CGT et CGT-FO, et avec elles: FSU, Solidaires et des  organisations de jeunes.

(2) Espace international confédéral de la CGT, 5 juillet 2016.

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 22:03
  • Par
  • Mis à jour

La banque d'affaires Goldman Sachs, qui veut désormais servir particuliers et PME pour améliorer sa rentabilité, a enregistré un bond de plus de 74% de ses bénéfices trimestriels principalement grâce aux économies sur fond d'incertitudes alimentées par le "Brexit".

La firme, considérée comme la banque des puissants et qui personnalise les marchés financiers, a dégagé un bénéfice de 1,63 milliard de dollars entre avril et juin mais le deuxième trimestre 2015 avait été plombé par une provision de 1,45 milliard de dollars inscrite en prévision d'un accord avec les régulateurs sur un contentieux remontant à la crise financière de 2008.

[...] La suite en cliquant ici : https://www.google.fr/search?q=Goldman+Sachs+flambent+figaro&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&ei=9-uPV8mAEe7W8ge4uY7oDg

Goldman Saches, une puissante banque américaine enrichie par la crise des subprimes ... qui servit de prétexte aux politiques d'austérité dans le monde. Conseiller de la Grèce et responsable de sa situation d'endettement qu'elle l'aida à cacher.  Un vaste casino mondial qui joue avec nos vies.  Elle s'est récemment acheté l'ancien président de la commission européenne qui a impulsé la politique de déréglementation et d'austérité que l'on subit.  Celle que voulait les multinationales et les banques.  On annonçait qu'elle rencontrait des difficultés.  Mais ce n'est rien à côté des désastres sociaux qu'elle a semé sur son passage et ses derniers résultats semblent montrer le contraire.

Pour en savoir plus, cliquez sur les liens ci-dessous pour en savoir davantage.

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20 juillet 2016 3 20 /07 /juillet /2016 12:54

Un rapport paru des heures avant le massacre de Nice: Ce ‘terrorisme’ n’est en rien ce qu’on croit !!

 publié le Samedi 16 Juillet à 00:33

Bien sûr, il faut toujours se méfier de ces pseudos révélations d’experts, et j’ignore tout de celui-ci. Pourtant ses interrogations rejoignent celles que je ne cesse de me poser sur la nature de ce à quoi nous sommes confrontés. D’abord la conviction qu’il s’agit avec Daech d’un fascisme et que celui-ci comme tous les fascismes a d’abord une nature de classe. Une manière pour un système qui depuis plus d’un siècle désormais est entré dans une phase de crise profonde, le capitalisme, multipliant les conflits inter-impérialistes et devenu de plus en plus destructeur (guerres mondiales, massacres de masse de la première guerre mondiale à la shoah en passant pas Hiroshima. Il ne s’agit plus d’opposer la folie manifeste de ceux qui combinent vocation suicidaire à pulsion homicide et qui rencontrent des réseaux sociaux de ce fascisme, mais de bien comprendre que nous avons là une situation qui manifeste la nature de la crise et contre lesquelles les réponses sécuritaires et militaires habituelles ne font qu’étendre le phénomène. La logique voudrait que la jeunesse soit elle même fragilisée en priorité. Ce que je tente de mettre en évidence c’est le fort lien existant entre la multiplication de certains déséquilibres individuels et la logique d’un système qui est en train de nous mener vers un suicide de l’espèce en envisageant y compris le recours à une guerre nucléaire (note de Danielle Bleitrach).

 

Londres: Un haut expert sécuritaire britannique a publié, hier 14 juillet, quelque heures avant le massacre de Nice, un rapport inédit dans lequel il alerte le monde que le terrorisme n’est pas ce que l’on croit.

 

Paul Rogers - Montage Lemag.ma

Paul Rogers – Montage Lemag.ma

‘’daech, al Qaida, Boko Haram, Al Shabab ou les talibans, sont tous des exemples d’une nouvelle dynamique post-étatique, qui sera la face apparente des conflits internationaux.  Mais leur signification réelle est beaucoup plus fondamentale.’’

Ainsi a écrit, Paul Rogers, grand expert britannique des affaires sécuritaires, professeur des études sur la paix à l’Université de Bradford, consultant à l’Oxford Research Group et conseiller aux ministères britanniques de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, au service secret intérieur, le MI5 et auprès du cabinet du premier ministre du Royaume-Uni.

Paul Rogers a publié, hier 14 juillet à Londres, aux éditions IB – Tauris, un rapport intitulé ‘Irregular War: ISIS and the New Threats from the Margins’ – traduction libre: (Guerre asymétrique: daech et les nouvelles menaces des marges).

Dans ce rapport, Prof Paul Rogers défend la thèse suivante: Le terrorisme commis, ces dernières 15 années, par des groupes dits islamistes extrémistes, n’est au fait que l’expression apparente d’un malaise mondial beaucoup plus profond et qui ne manquerait pas d’embraser le monde, à l’avenir, si rien de crédible, n’est fait pour le solutionner.

Paul Rogers en a dit:

‘‘Le vrai problème du monde ne sera en rien, un prétendu choc des civilisations, mais un risque de plus en plus rapide, de révoltes des marginaux.’’

Pour le grand expert britannique,

‘‘daech est certainement un proto-mouvement pour les types de guerres qui deviendront dominantes dans un monde, de plus en plus divisé et sous différentes contraintes. Mais les facteurs sous-jacents de ces futurs conflits sont bien plus dangereux que la croissance des mouvements islamistes extrémistes.’’

Pour Paul Rogers, le danger émane d’un système de gouvernance mondiale profondément vicié:

‘‘Le monde économique produit plus d’inégalités et engendre de la marginalisation de masse, du ressentiment et de l’amertume. Ces souffrances combinées à l’apparition des limites environnementales mondiales persistantes, en particulier la perturbation climatique, sont le vrai cocktail explosif’’.

 

L’EXTRÉMISME N’A PAS DE RELIGION !!

Paul Rogers a expliqué dans son rapport que l’extrémisme se colore. Il emprunte des thématiques religieuses, nationalistes, ethniques ou idéologiques. Donc, croit-il,

‘‘L’idée que les mouvements islamistes radicaux sont le seul problème, est fondamentalement trompeuse et masque l’ampleur du problème auquel le monde est  confronté’’.

L’expert anglais a ajouté que face au terrorisme, le monde perd sa guerre, car les vrais facteurs de ce conflit ne sont jamais abordés, ni reconnus. Aveuglés les occidentaux refusent de reconnaitre que les vraies raisons de cette flambée extrémiste, sont autres que religieuses ou islamiques et qu’elles ne peuvent être dominées par la force militaire.

En fin, Prof Paul Rogers conclut que ce qui est nécessaire, est,

‘’une approche fondamentalement nouvelle de la sécurité mondiale,  si nous voulons éviter un monde très instable et violent, avec un âge d’insurrections qui pourraient impliquer des armes de destruction massive.’’

 »Nous devons », plaide-t-il,

‘‘changer radicalement notre compréhension de la sécurité, un changement qui est possible mais qui nécessite une vision globale et de l’engagement sincère.’’

Source : http://www.lemag.ma/Un-rapport-paru-des-heures-avant-le-massacre-de-Nice-Ce-terrorisme-n-est-en-rien-ce-qu-on-croit-_a103634.html

Qui est Paul Rogers ?

Paul Roger a travaillé dans le domaine de la sécurité internationale, le contrôle des armements et la violence politique pendant plus de 30 ans.

Il est Professeur de Recherche sur la paix à l'Université de Bradford. Il a écrit ou a édité 26 livres, notamment ' Pourquoi Nous Perdons la Guerre contre le terrorisme ' ( 2008).

Paul Rogers poursuit son travail sur les tendances en conflit international avec un accent particulier sur les interactions entre les divisions socio-économiques et des contraintes environnementales. Dans ce domaine d'étude, il travaille sur des questions telles que la politique de l'énergie, l'utilisation des ressources et de l'impact du changement climatique sur la sécurité internationale. Ses recherches portent notamment sur la radicalisation et la violence politique. Ses études et travaux portent principalement sur le Moyen-Orient et sur l'Asie du Sud et sur les liens de sécurité durables avec Oxford Research Group. Il est également impliqué dans un nouveau projet pilote pour le Réseau pour le changement social sur "Remote Control" - l'utilisation de drones armés, forces spéciales, les sociétés militaires privatisées et d'autres forces pour maintenir le contrôle, soulevant des questions de comportement éthique, la responsabilité, un précédent réglage et et risque de prolifération.

Source : Le site de l'Université de Bradford.

Compléments

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6 juillet 2016 3 06 /07 /juillet /2016 21:54
Publié: sur le site d'Oxfam

11 avril 2016

En 2015, sur les 68 entreprises qui ont emprunté à la filiale de la Banque mondiale spécialisée dans les prêts au secteur privé, afin de financer des investissements en Afrique subsaharienne, 51 ont recours aux paradis fiscaux.

C’est ce que révèle une analyse des investissements de la Société financière internationale (IFC, International Finance Corporation) en Afrique subsaharienne, publiée aujourd’hui par Oxfam. Cette analyse montre que ces 51 entreprises, dont l’utilisation de paradis fiscaux n’a pas de lien apparent avec leur cœur de métier, ont reçu au total 84 % des investissements réalisés par l’IFC dans la région, en 2015. Il en ressort également que les investissements de l’IFC dans des entreprises ayant recours à des paradis fiscaux ont plus que doublé en cinq ans, passant de 1,20 milliard de dollars en 2010 à 2,87 milliards en 2015.[...]

Lire l'intégralité de l'article ci-dessous.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 22:01

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le

La fermeture du site Continental de Clairoix a suscité la révolte des salariés victimes du plan social. La Cour de cassation tranchera mercredi 6 juillet sur la responsabilité de la maison-mère.

La fermeture du site Continental de Clairoix a suscité la révolte des salariés victimes du plan social. La Cour de cassation tranchera mercredi 6 juillet sur la responsabilité de la maison-mère.

REUTERS/Vincent Kessler

La Cour de casssation doit se prononcer ce 6 juillet sur la responsabilité de la maison-mère du groupe Continental dans le plan social organisé dans la filiale de Clairoix en 2010. L'arrêt constituera un message fort à l'attention des multinationales.

C'est une décision très attendue, qui pourrait modifier la jurisprudence sur la responsabilité des grandes multinationales dans l'organisation de plans sociaux. 

Mercredi 6 juillet, les "ex-Conti", verront se jouer un nouveau combat, cette fois-ci devant la plus haute juridiction de l'ordre judiciaire. La société, maison-mère du groupe, est-elle bien responsable de la fermeture de l'usine de Clairoix en 2010? 

"L'enjeu est celui du co-emploi qui permet aujourd'hui dans le droit français de faire porter la responsabilité sociale de la fermeture d'une filiale et d'un licenciement collectif, à la société-mère qui en a pris la décision", résume maître Fiodor Rilov, avocat des anciens salariés. 

Une particularité française

L'arrêt dépassera le cas de Continental, car il adressera un message aux multinationales qui pratiquent "l'optimisation sociale" en ouvrant et fermant des usines sans vouloir en assumer la responsabilité, estime l'avocat. 

"Le droit social est un peu une particularité française et Continental voudrait nous voir abandonner cette extravagance nationale qui oblige un employeur à justifier d'un licenciement économique, une situation de plus en plus rare dans le monde", a-t-il ajouté. 

LIRE AUSSI >> Loi Travail et licenciement économique, ce qui va changer 

La Cour de cassation a été saisie en novembre 2014 par Continental qui souhaite faire voler en éclats cette notion de "co-emploi", une particularité du droit français. 

Le fabricant de pneumatiques venait de subir un échec devant la cour d'appel d'Amiens à propos du licenciement de 683 salariés de cette usine de pneus située dans l'Oise, au terme d'un dur conflit social

Pour la justice, ces licenciements annoncés au printemps 2009 n'avaient "pas de justification économique". La cour, retenant la notion de co-emploi, avait condamné solidairement la maison-mère et sa filiale. Continental avait dû s'acquitter du versement de 29 millions d'euros d'indemnités. 

Le "co-emploi", notion délicate

Devant la Cour de cassation, le 18 mai dernier, l'avocate de l'équipementier allemand s'est employée à démontrer que la filiale française était bien une entité distincte et à critiquer le "co-emploi", en indiquant que "la France est l'un des rares, si ce n'est le seul pays au monde, à avoir cette notion". 

Pour elle, la maison mère allemande ne s'est pas impliquée de manière "pathologique" dans les affaires de Continental France et ne mérite donc pas d'être traitée comme une "mère abusive". 

L'avocat général, qui représente le ministère public, a lui aussi remis en question cette notion de "co-emploi", "des plus délicates" surtout "dans le cadre d'une concurrence mondialisée" entre multinationales. Mieux vaut selon lui s'en remettre au droit de la responsabilité civile pour faire face à des sociétés-mères "prédatrices"

A l'opposé, maître Antoine Lyon-Caen a fait valoir que la filiale française de Continental était "une société captive" à laquelle sa maison-mère allemande imposait des prix de vente et des cadences de production. 

"Les "Conti" qui ont observé la lente agonie de cette filiale seraient très étonnés que la société-mère sorte indemne de ce long épisode judiciaire", avait dit l'avocat. 

LIRE AUSSI >> Plan social : ceux qui restent... 

Quelle jurisprudence à l'avenir?

"Jusqu'ici, la jurisprudence de la Cour de cassation a toujours confirmé la notion juridique de co-emploi qui remonte en France à 1974 avec les premières manifestations de la concentration des pouvoirs dans des multinationales", détaille maître Fiodor Rilov. 

En 2000, un arrêt de la haute juridiction a fondé le co-emploi sur une triple confusion, "d'intérêts, d'activités et de direction". Un arrêt suivant a précisé: "se manifestant par une immixtion de l'une des sociétés dans la gestion économique et sociale de l'autre". 

La cour a maintenant trois possibilités: confirmer et même amplifier sa jurisprudence en estimant que la maison-mère de Continental s'est bien immiscée dans la gestion économique de sa filiale; considérer que le cas Continental n'entre pas dans ce cadre de sa jurisprudence et réduire ainsi considérablement son application ou enfin abandonner la notion de co-emploi, ce qui serait un revirement de jurisprudence.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 14:03
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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 10:01
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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 13:12
Journal indépendant de la Nuit Debout
Distribué par une militante de la Commission Europe Debout de Nuit debout Paris

Distribué par une militante de la Commission Europe Debout de Nuit debout Paris

Photo Francis Azevedo / DR

TRIBUNE — PAR BOB SOLO - Photo Francis Azevedo

Il faut encore interpeller et s’interroger au sujet de ce qu’on appelle la construction européenne : qu’est-elle devenue, qui sert-elle et qui la dirige ?
Du récent affrontement entre l’UE et le gouvernement grec jusqu’à loi travail imposée en France et ailleurs, en passant par le TAFTA et les autres traités économiques en vigueur ou en préparation, des événements qu’on pourra qualifier d’historiques, pour une fois sans exagérer, se déroulent sous nos yeux.

Le 23 juin, on vote au Royaume-Uni pour ou contre le fameux Exit, la sortie de l’UE d’un pays membre (qui n’est déjà pas dans la zone euro). Fin juin également, lors du prochain sommet de l’UE, la commission européenne demandera aux pays membres de confirmer le mandat de négociation qu’ils lui ont confié concernant le TAFTA, ou TTIP, le plus important accord commercial prévu entre l’Europe des 28 et les États-Unis, de plus en plus contesté par les populations des deux côtés de l’Atlantique. Partout se déclarent des zones hors TAFTA. Jean-Claude Juncker met clairement la pression sur tout le monde pour aboutir rapidement.

A ce stade-là, il s’agit de bien comprendre ce que tout ça révèle de ces institutions qui paraissent si abstraites et lointaines, mais qui, en fait, qu’on le veuille ou non, qu’on le sache ou pas, régissent maintenant nos vies quotidiennes. Et à partir de là, la nécessité – urgente – de prendre position : si la première question qui se pose nettement, c’est la vraie nature de cette “construction européenne”, la seconde est clairement de savoir si on souhaite continuer d’y participer – de la subir ? – ou pas.

Le fait est que cette UE a indéniablement montré “son vrai visage”, comme l’ont dit beaucoup d’observateurs, médias, économistes, responsables politiques divers, etc. Un visage, c’est-à-dire surtout un langage et des comportements pour le moins autoritaires, des méthodes brutales, tyranniques – on évitera ici de parler de dictature, ne serait-ce que par souci de peser les mots et peut-être par respect des victimes des “vraies” dictatures passées ou présentes : ces endroits où l’on assassine les gens pour tuer leurs idées.

 

Mais on a tout de même vu à l’œuvre une poignée de gens de pouvoir totalement dénués d’ouverture, d’honnêteté ou tout simplement d’humanité, et dont les plus beaux spécimen flirtent allègrement avec le conflit d’intérêts ou le soupçon de corruption – le président Juncker en tête. Leur intransigeance veut se faire passer pour de la “responsabilité” quand on n’y voit que la défense acharnée de dogmes économiques qui protègent uniquement les privilèges d’une classe dominante, dont ils font partie, au détriment de centaines de millions de citoyens européens.

Dès lors, le discours sur l’Europe « des peuples », l’Europe « qui protège », l’Europe de la « solidarité », tout ça n’est plus qu’une mauvaise blague, une opération de propagande. Une arnaque. Au minimum un échec retentissant, si tant est que la réussite de la mise en œuvre de ces beaux concepts ait été ne serait-ce qu’un seul jour le véritable objectif de tout ce bazar technocratique – ce dont on peut carrément douter aujourd’hui si on y croyait encore hier. Et justement certains n’y ont jamais cru.

On peut aussi y être complètement indifférent, comme beaucoup l’ont toujours été, n’en avoir rien à faire ou penser que “c’est comme ça”, qu’on n’y changera rien, et que la seule option qui reste l’est à titre individuel : faire avec, faire pour soi, faire “son petit bonhomme de chemin”. Dans ce cas-là, il faudra quand même accepter qu’à l’intérieur du cadre tel qu’il est imposé, un tel individualisme a automatiquement des conséquences sur autrui. Autrement dit, avoir à l’esprit que dans cette UE à la fois autoritaire et ultra-libérale, simplement tenter de s’en sortir soi-même ne peut qu’impliquer de jouer des coudes en permanence, voire écraser les autres.

Bref, la compétition totale, la loi du plus fort – du plus riche en réalité –, la guerre de tous contre tous. Apparemment, ça convient à nombre d’entre nous. Certains prétendront même que “c’est la nature”, argument stupide par excellence, mais toujours pratique pour masquer son cynisme, son égoïsme, sa flemme congénitale ou sa lâcheté à assumer une idéologie pourrie facilement réductible à : « Chacun sa gueule, la mienne d’abord, et après moi le déluge ». Un déluge qui d’ailleurs pourrait se produire plus vite qu’on ne le croit, conséquence directe et déjà amorcée de ce capitalisme du désastre.

Pour les autres, toutes celles et tous ceux qui ont un peu plus de conscience politique qu’un bulot, qui possèdent encore quelques valeurs et/ou quelques scrupules, il est temps de réaliser la violence des attaques et des humiliations subies par les populations européennes, des ravages sociaux, humains, économiques et écologiques, présents et à venir, et d’en tirer les conséquences.

On peut voir ça et là les tenants d’une “refondation”, d’une “reconstruction”, d’une “réorientation” de l’Union. On peut lire ou entendre leurs appels, plus ou moins enthousiastes, et plus ou moins argumentés, pour “une autre Europe”. Ce à quoi s’opposent d’autres avis plus tranchés : la comédie a assez duré, il faut en finir une bonne fois.

De fait, de celui de de Rome à celui de Lisbonne en passant par celui de Maastricht, les traités européens en sont arrivés à ne plus laisser aucun choix : les états-membres qui en sont signataires doivent y obéir. Point barre. Et on a pris soin de graver dans le marbre de ces textes des dispositions qui jusque-là appartenaient à la délibération collective. On voit donc mal désormais comment on pourrait sérieusement prétendre “lutter de l’intérieur”. L’épisode grec notamment le démontre de façon la plus crue et la plus cruelle : « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités», dixit Juncker. Nous faut-il un dessin?

Ce n’est plus la seule problématique monétaire vis à vis de l’euro qui est en débat, ni même la simple impossibilité d’une politique économique décidée à l’intérieur d’un pays (ne parlons même pas d’une politique sociale), et c’est encore moins la question de la paix en Europe, celle que l’UE prétendait garantir et dont on voit ce qu’il en est : fiasco. Non, c’est la question cruciale de la souveraineté populaire, qui n’a rien à voir avec les “nationalismes” et autres délires réactionnaires nauséabonds, mais qui en revanche à tout à voir avec – et au fond n’est rien d’autre que – la question de la démocratie.

Voilà ce qu’on est en train de nous voler morceau par morceau : la possibilité, démocratique, collective, populaire, libre – en fait, le droit, de faire des choix pour notre vie présente comme pour notre avenir. Et rien ne montre objectivement qu’il y a aura une fin à ce pillage. Sauf à trouver les moyens de le faire cesser.

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17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 13:18
Une campagne de Médecins du monde censurée pour ne pas fâcher l’industrie pharmaceutique

par Sophie Chapelle.  Lu sur "Observatoire des multinationales"

L’ONG humanitaire Médecins du monde a lancé une campagne de communication choc en France destinée à dénoncer le prix exorbitant des médicaments. Les grands afficheurs ont refusé de la relayer, par crainte d’indisposer l’industrie pharmaceutique.

« Chaque année en France, le cancer rapporte 2,4 milliards d’euros », « Le mélanome c’est quoi exactement ? C’est 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires », « Une leucémie, c’est en moyenne 20 000 % de marge brute »... Voici trois des douze slogans choc de la campagne « Le prix de la vie », lancée par Médecins du monde le 13 juin pour dénoncer « le prix indécent des médicaments ». Selon l’ONG, « les laboratoires déterminent le prix des médicaments en fonction de la capacité maximale des États à payer pour avoir accès au traitement ». En clair, plus un État est riche, plus le prix sera élevé.

Cette campagne bénéficie d’un relais énorme sur les réseaux sociaux, suite au refus des afficheurs – parmi lesquels JC Decaux, Insert et Médiatransports – de la diffuser. Ces derniers se sont rangés derrière un avis défavorable – mais uniquement consultatif – rendu par l’Autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP) qu’a consulté les Inrocks. L’ARPP pointe trois raisons : la « référence à des maladies graves » qui « pourrait être perçue comme choquante par le public », des « allégations chiffrées » qui ne sont pas sourcées sur les affiches, et « le risque de réactions négatives (...) de la part des représentants de l’industrie pharmaceutique ».

« Le prix indécent des médicaments, ça va durer encore longtemps ? »

Faut-il voir dans ce refus la pression des industries pharmaceutiques ? Le Leem, principal syndicat des entreprises du médicament, dénonce dans un communiqué les propos diffusés par les visuels de Médecins du monde, qu’il juge « caricaturaux et outranciers ». Le syndicat affirme que « la plupart des médicaments ont aujourd’hui des prix particulièrement bas » et qu’« en aucun cas, les industriels ne fixent leur prix de façon unilatérale ». De son côté, la campagne de Médecins du Monde pointe le prix exorbitant du Sofosbuvir, un traitement innovant contre l’hépatite C qui coûte aujourd’hui près de 41 000 euros par patient, alors qu’il ne coûterait que 102 euros à produire. Avec 192 700 personnes atteintes par l’hépatite C chronique, le traitement de la totalité des malades coûterait environ 8 milliards d’euros... Difficile à ce prix-là pour la Sécurité sociale de rembourser tout le monde [1].

Faute d’avoir eu accès aux panneaux publicitaires des annonceurs, Médecins du monde diffuse ses affiches sur internet, dans la presse et bénéficie d’un vaste relais sur les réseaux sociaux. Censurée, la campagne Le prix de la vie connait un véritable « effet Streisand » : la volonté d’empêcher la divulgation de ces informations a déclenché le résultat inverse [2]. L’ONG a également annoncé entamer un affichage sauvage dans les rues, avec l’aide de nombreux particuliers.

En un peu plus de 48 heures, plus de 120 000 personnes ont également signé la pétition « Le prix indécent des médicaments, ça va durer encore longtemps ? ». « Nous sommes tous en droit de connaître le processus qui détermine le prix d’un médicament », souligne cette pétition adressée à Marisol Touraine, la ministre de la Santé. « Ne laissons pas les laboratoires estimer pour nous "le prix de la vie" sur des critères de rentabilité. (...) Alors nous aimerions vous poser une simple question : Quand il s’agit de Santé, est-ce au marché de faire la loi, ou est-ce à l’État ? » Médecins du Monde demande notamment au gouvernement d’utiliser, pour faire baisser le prix des médicaments, les licences d’office, qui permettent la création d’un générique lorsque le prix du médicament d’origine est trop élevé [3]. L’ONG réclame également la transparence des coûts de recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique, ainsi qu’un modèle alternatif au brevet.

Sophie Chapelle

[1] Une équipe de chercheurs de Liverpool a estimé que son coût de production s’élevait à environ 75 € pour 3 mois de traitement. Voir l’étude.

[2] L’expression « effet Streisand » fait référence à un incident, survenu en 2003, au cours duquel Barbara Streisand avait poursuivi en justice l’auteur et le diffuseur d’une photographie aérienne de son domaine privé, afin d’empêcher sa propagation. La publication de la procédure eut pour conséquence de faire considérablement connaître l’image auprès des internautes américains.

[3] La licence d’office, permise en droit national par l’article L613-615, propose la création d’un générique à partir d’un médicament breveté s’il « n’est pas mis à la disposition du public en quantité ou qualité insuffisante ou à des prix anormalement élevés ».

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