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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 22:54
Tribunaux médiatiques pour syndicalistes « radicalisés »
par Frédéric Lemaire, Julien Salingue,

La mobilisation contre la Loi Travail a pris une nouvelle dimension la semaine dernière, avec une série de grèves dans différents secteurs. Les « experts » et autres éditocrates n’ont pas manqué de dénoncer des blocages jugés « irresponsables ». Mais l’hostilité médiatique à l’égard des grèves s’est aussi exprimée au travers de plusieurs interviews de syndicalistes, dont certaines se sont transformées en véritables interrogatoires.

« Est-ce que vous ne craignez pas quand même que ça se retourne contre vous ? »

La première mise en garde est lancée dès vendredi 20 mai 2016, au premier jour du mouvement de grève dans le secteur pétrolier. Le secrétaire général CGT de la raffinerie de Donges, Fabien Privé Saint-Lanne, est interviewé en duplex sur I-Télé. La journaliste Nelly Daynac annonce la couleur : « Est-ce que vous n’avez pas peur aujourd’hui qu’on vous taxe de preneurs d’otage, est-ce que vous n’avez pas peur que les consommateurs se retournent contre vous ? » On appréciera la manière courageuse dont la journaliste se réfugie derrière un « on » imaginaire, ainsi que derrière « les consommateurs » pour mettre en cause, sans l’assumer directement, les actions syndicales…

Le syndicaliste conteste le terme de « blocage », rappelant qu’il s’agit d’une grève des salariés. Mais son interlocutrice revient à la charge : « Est-ce que vous ne craignez pas quand même que ça se retourne contre vous du côté des consommateurs ? Je réitère ma question. » Visiblement préoccupée par les « craintes » et les « peurs » des grévistes, elle conclut l’entretien en évoquant de possibles violences : « Est-ce que finalement vous n’avez pas peur que sur certains lieux ça dégénère, ou tout est encadré, des consignes sont données pour que ça se passe dans le plus grand calme ? » On se demande bien qui a peur de quoi, mais de toute évidence la journaliste d’I-Télé n’est pas très à l’aise avec les mobilisations sociales.

 

« Vous trouvez ça bienvenu après les attentats qui ont frappé la France ? »

Au soir du lundi 23 mai, alors que le mouvement prend de l’ampleur et que les pénuries se multiplient dans les stations-service, deux autres syndicalistes sont invités à s’expliquer sur les plateaux des chaînes d’info en continu. Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole à la CGT, est interviewé sur BFM-TV. Un bandeau barre l’écran : « Pénurie : les automobilistes inquiets ». Et les salariés des raffineries ?

Nathalie Levy s’interroge sur la prochaine étape de la mobilisation, puis se fait l’écho des déclarations du gouvernement : « Myriam El Khomri parle de citoyens, de Français pris en otage, Michel Sapin de blocages qualifiés d’illégitimes, Manuel Valls, il vous accuse ce soir de dérive et de chantage ; vous comprenez bien que la situation n’est pas tenable pour les automobilistes ? » De nouveau, on peut apprécier la façon dont l’intervieweuse se dissimule derrière divers responsables politiques, ainsi que derrière « les automobilistes » pour mieux mettre en cause les actions contre la loi El Khomri.

Comme sa collègue, elle s’inquiète – avec une touchante sincérité – de la popularité du mouvement : « Est-ce que vous êtes prêts à perdre le soutien de l’opinion publique en allant jusque-là ? Parce qu’aujourd’hui près de deux tiers des Français souhaitent que les grèves et les blocages prennent fin. Ce sont les citoyens qui risquent de se retourner contre vous, l’opinion publique ! » Elle oublie soigneusement de préciser que les mêmes sondages attribuent majoritairement la responsabilité des blocages au gouvernement. Avant de s’interroger sur les véritables motivations de la CGT : « Est-ce qu’il ne s’agit pas aujourd’hui de redorer votre blason car vous voyez bien que vous perdez du terrain ! C’est finalement, aussi, un travail chez vous en interne. »

Nathalie Levy n’est pas en reste sur la question de la violence : « Des pompistes ont déjà été pris à partie parfois même vigoureusement par des automobilistes, ils en sont venus aux mains dans certains cas, il y a eu des blessés… c’est vers ça que vous tendez, ce type de situation qui dégénère ? » Sous-entendu : les grévistes seraient responsables de ces bagarres, pour ne pas dire qu’ils les souhaiteraient. Puis elle évoque un tract de la CGT-RATP, avec un dessin de bombe à retardement, qui a manifestement terrorisé les services d’information de BFM-TV, puisqu’il en sera question de manière récurrente sur la chaîne [1]. Elle s’indigne : « Vous trouvez ça bienvenu après les attentats qui ont frappé la France, l’état d’urgence dans lequel on est ? Vous assumez ça ? » On apprécie le sens du raccourci et de l’amalgame de l’intervieweuse qui, étonnamment, n’en a pas fait de même avec l’accusation de « prise d’otage » portée par plusieurs responsables gouvernementaux.

 

« Les médias ne font pas partie du gouvernement, hein. »

Quelques heures plus tard, c’est Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à PSA, qui est interrogé par Jean-Baptiste Boursier sur BFM-TV. Un nouveau bandeau barre l’écran et pose la question : « La "dérive" de la CGT ? » Le présentateur revient de manière un peu alarmiste sur le fameux tract : « Il y a une bombe, il y a une bombe qui est posée à côté du chef de l’État ; d’aucuns pourraient trouver que c’est un peu excessif, que ça sent la menace, est-ce que c’est nécessaire ? » Une fois de plus, « d’aucuns » ont bon dos… On découvrira ensuite (mais est-ce vraiment une découverte ?) que la perspective de grèves dans de nouveaux secteurs ne semble pas particulièrement faire plaisir au présentateur de BFM-TV : « Vous voulez quoi, le blocage complet du pays ? » Mais, alors que son interlocuteur évoque les biais dans les médias et les déclarations du gouvernement, Jean-Baptiste Boursier tient à préciser : « Les médias ne font pas partie du gouvernement, hein. » Utile précision.

Le matin même du lundi 23 mai, Philippe Martinez entamait un véritable marathon médiatique. Le secrétaire général de la CGT, cible préférée de la colère des éditocrates, intervenait dans la matinale de RTL au micro d’Olivier Mazerolle. Le syndicaliste évoque certains sondages qui témoigneraient de l’opposition de l’opinion publique au projet de loi. Son interlocuteur tempère : « On entend beaucoup, quand même, de gens qui se plaignent du fait de la pénurie d’essence dans certaines régions de France, qu’ils ne peuvent pas aller au travail. » C’est vrai qu’on les « entend beaucoup »… dans les grands médias.

Visiblement pas convaincu des motifs avancés par Philippe Martinez pour s’opposer à la loi travail, Olivier Mazerolle évoque lui aussi des motivations « internes » : si le secrétaire général de la CGT se « bagarre », ce serait pour « défendre son pouvoir de centrale syndicale », ou encore parce qu’il est « prisonnier de son extrême-gauche ». Avant de s’interroger : « Selon vos propres chiffres d’adhérents, vous représentez moins de 3% des salariés, quelle est votre légitimité à bloquer le pays ? » Car on le rappelle, il est désormais acquis que c’est la CGT qui, seule et d’un coup de baguette magique, a décrété la mobilisation générale des salariés dans les entreprises en grève. Philippe Martinez lui répond qu’on ne juge pas de la légitimité des partis politiques à leur nombre d’adhérents, par ailleurs inférieur à celui de la CGT : « Vous semblez plus légitime que l’Assemblée nationale » moque alors son interlocuteur. Et moins légitime qu’Olivier Mazerolle ?

 

« Ça va coûter des points de croissance, est-ce qu’on peut se le permettre ça aujourd’hui en France ? »

Le soir du 23 mai, Philippe Martinez est sur le plateau du « Grand Journal » de Canal plus. Le thème figure sur le bandeau : « La CGT veut-elle bloquer la France ? » Alors qu’il évoque l’absence de dialogue social de la part du gouvernement, des images de barrages et de pneus brûlés défilent en fond. Maïtena Biraben sourit : « Quand on voit les images on ne sait pas s’il y a un dialogue dans l’autre sens », provoquant les rires de l’assistance. Puis, elle met en garde son interlocuteur : « Plus de métro, plus de voiture, comment on va au boulot, comment les Français vont réagir à ça ? » Vient le tour d’Augustin Trapenard, qui accueille l’invité avec un avertissement : « Vous avez du courage quand même d’être là Philippe Martinez, parce que vous vous rendez compte que tout ça c’est assez impopulaire hein. » Avant de s’agacer, un peu plus tard : « Mais vous y croyez, sincèrement, à ça, au retrait de cette loi ? » Puis c’est à nouveau au tour de Maïtena Biraben de s’inquiéter des répercussions des grèves : « Ça va coûter des points de croissance, est-ce qu’on peut se le permettre ça aujourd’hui en France ? » De toute évidence, au vu des questions, on peut se permettre beaucoup de choses aujourd’hui, y compris de tenter de délégitimer tout un mouvement social par des questions biaisées, voire piégées.

Le lendemain matin, mardi 24 mai, Philippe Martinez est au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM-TV et RMC. Là encore, le syndicaliste est sommé de s’expliquer : « J’ai une première question toute simple : qui gouverne en France ? » [2]. Le présentateur revient à la charge plus tard dans l’entretien : « Mais qui gouverne, c’est vous, si le gouvernement dit : parce que la CGT bloque, je retire la loi ? » Puis Jean-Jacques Bourdin s’interroge sur les motivations de la CGT. Il a de bonnes raisons pour le faire… puisque ses confrères en font de même : « Je regardais la presse ce matin : "fuite en avant de la CGT", "jusqu’au-boutisme", "la CGT se sent en danger", les ultras ont pris le pouvoir à la CGT Philippe Martinez ? » On ne doute pas que dans « la presse » du lendemain, certains confrères de Jean-Jacques Bourdin se sont à leur tour interrogés sur les motivations de la CGT, puisque Jean-Jacques Bourdin avait questionné Philippe Martinez à ce propos.

Vient – inévitablement – la question de la violence. Bourdin évoque une situation « grave », « des permanences de députés socialistes qui sont murées, qui sont saccagées, des tirs à l’arme automatique », puis s’interroge : « C’est la situation, c’est le climat dans ce pays… que vous entretenez ? » Son interlocuteur a beau réfuter ce raccourci grossier, Bourdin ressort (BFM-TV oblige), le tract de la CGT-RATP et son terrible dessin de bombe… L’interview se terminera sur une note dramatique : « Est-ce que vous n’avez pas l’impression de mettre en péril les petites entreprises ; sur la paille des salariés qui vont se retrouver à Pôle emploi ? » Sans même parler de la déforestation, de la guerre civile en Syrie et de la sécheresse dans plusieurs pays d’Afrique…

 

Florilège…

Nous aurions (malheureusement) pu poursuivre, tant les exemples sont nombreux d’interviews transformées en interrogatoires. Mais nous nous contenterons, pour finir cet article, d’un florilège de quelques-unes des « meilleures » questions entendues ces derniers jours, tout en nuance, tout en précision, tout en journalisme.


- « Est-ce qu’à 15 jours de l’Euro de football c’est raisonnable un blocage pareil ? » [3]

- « Qui gouverne aujourd’hui en France ? C’est le président, le gouvernement, ou c’est la CGT ? » [4]

- « C’est l’information de la nuit, le mouvement de blocage s’étend aux centrales nucléaires. Quel est l’objectif Monsieur Martinez ? Plonger la France dans le noir ? » [5]

- « Un petit mot sur les artisans, dont parlait également Xavier Bertrand ce matin à la radio, il y a des artisans qui n’arrivent pas à travailler parce qu’ils n’ont plus d’essence par exemple, qu’est-ce que vous dites à ces gens ce soir ? » [6]

- « Vous avez également appelé à la grève dans les transports en commun, à la RATP à partir du 2 juin, plus de métro, plus de voiture, comment on va au boulot, comment les Français vont réagir à ça ? » [7]

- « Lors de la dernière manifestation le service d’ordre de la CGT a été attaqué par les casseurs, est-ce que vous regrettez de ne pas avoir, à l’époque, désavoué les affiches de la CGT qui reprochaient à la police d’être à l’origine des violences ? » [8]

- « Est-ce que vous la sentez de votre côté [cette exaspération], Virginie Gensel-Imbrecht, est-ce que vous comprenez ce que vous dit en gros votre voisin, cette espèce de prise d’otage de gens qui n’en demandent pas tant. » [9]

- « Mais le gouvernement, Jean-Pierre Mercier, peut aussi vous répondre aussi que la grande fraction comme vous l’appelez des travailleurs n’est pas si grande que ça, que le mouvement certes dure mais qu’il ne s’est pas amplifié, ce ne sont pas des millions de gens qui sont dans la rue, le pays n’est pas bloqué. » [10]

- « Vous disiez tout à l’heure que ce texte n’avait pas fait l’objet de consultation, il a pourtant été réécrit à plusieurs reprises, et finalement le texte qui a été proposé à l’assemblée, il a été avalisé par plusieurs syndicats dont la CFDT et la CFTC, j’aimerais que vous nous expliquiez ce soir en quoi la légitimité de la position de la CGT serait plus valide que celle de la CFDT par exemple ; ils défendent les salariés après tout. » [11]


Etc.

 

***



Alors : interviews ou interrogatoires ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les représentants syndicaux sont soumis à un traitement de défaveur qui n’a pas d’équivalent lorsque des représentants du gouvernement ou du patronat sont invités. Les journalistes-intervieweurs reprennent dans la plupart des cas, et peut-être parfois inconsciemment, les « éléments de langage » du gouvernement et du Medef (« prise d’otages », « mobilisations minoritaires », « illégitimité », « blocage », etc.), qui transforment les interviews en véritables interrogatoires, durant lesquels on ne permet guère aux syndicalistes de s’exprimer tant les sommations et rappels à l’ordre sont permanents.

Certes, l’interview n’est jamais un exercice « neutre » et « objectif ». Mais l’on ne peut qu’être agacés – à défaut d’être surpris –, de constater qu’une fois de plus le traitement réservé aux syndicalistes témoigne d’une hostilité à peine dissimulée à l’égard de toute mobilisation au cours de laquelle des salarié-e-s remettent un tant soit peu en cause l’ordre des choses. On pense immanquablement ici à la « haine de classe » évoquée par le regretté Michel Naudy, dans le film Les Nouveaux chiens de garde :

Les journalistes, pour la très grande majorité, au-delà de la majorité, pour eux, les classes populaires, c’est une réserve d’Indiens. Ils ne les connaissent pas. Ils ne viennent pas de ces milieux. Ils n’en connaissent pas les codes, ils n’en connaissent pas les préoccupations, ils n’en connaissent pas les conditions de vie, ils n’en connaissent pas la culture, ils n’en connaissent pas les traditions. Dès l’instant où ces gens sortent de leur rôle qui est d’être un fond de paysage, d’être des gens pittoresques, des gens identifiables à des poncifs idéologiques, dès l’instant où ils sortent de là, où ils ne sont plus des Indiens dans leur réserve, alors ils deviennent dangereux. Parce qu’ils rompent avec le consensus mou de la démocratie molle. Ils rompent la règle du jeu, ils brûlent des pneus, ils occupent des usines, ils séquestrent des patrons, ils sont hors le champ social. Et là, l’appareil idéologique montre ses dents et mord cruellement. Et ce qui est moquerie de classe devient, à certains égards, exclusion, voire haine de classe.


Frédéric Lemaire et Julien Salingue

 

[2] Une question qui n’est pas sans évoquer la célèbre citation de Jean-Pierre Raffarin face aux mouvements sociaux qui agitaient la France en 2003 : « Ce n’est pas la rue qui gouverne ».

[3] Question posée à Éric Beynel (Solidaires), invité sur le plateau de BFM-TV le 25 mai.

[4] Question posée à Philippe Martinez (CGT) interviewé par Léa Salamé, France Inter, 25 mai.

[5] Question posée à Philippe Martinez (CGT) interviewé par Léa Salamé, France Inter, 25 mai.

[6] Question posée à Virginie Gensel-Imbrecht (CGT), invitée au « Grand journal », 25 mai.

[7] Question posée à Philippe Martinez (CGT), invité du « Grand Journal », 24 mai.

[8] Question posée à Philippe Martinez (CGT), interviewé par Olivier Mazerolle, RTL, 23 mai.

[9] Question posée à Virginie Gensel-Imbrecht (CGT), invitée au « Grand journal », 25 mai.

[10] « Remarque » faite à Jean-Pierre Mercier (CGT), invité sur le plateau de BFM-TV, 23 mai.

[11] Question posée à Sophie Binet (CGT), invitée sur le plateau de BFM-TV, 25 mai 2016.

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 17:00

Non, on ne peut pas affirmer que la CGT ne représente que 3% des salariés

02 Juin repris sur le blog "Histoire et Société"
Rétablir la réalité des faits par rapport à ce qu’on entend tous les jours de la part de politiciens qui sont mal placés pour revendiquer une représentativité quelconque… Et des médiacrates qui s’affirment encore plus abusivement la voix de l’opinion publique (note de Danielle Bleitrach)
Par Pauline Moullot — 1 juin 2016 à 16:37 sur le site de Libération

Un militant CGT et sa carte de délégué.

Un militant CGT et sa carte de délégué. Photo Gérard Cerles. AFP

Les détracteurs du syndicat l’accusent d’illégitimité car il représenterait moins de 3% des salariés. C’est confondre représentation et taux d’adhésion.

  • Non, on ne peut pas affirmer que la CGT ne représente que 3% des salariés

INTOX. Pour les opposants au syndicat, le fait est établi : la CGT n’est qu’un syndicat minoritaire qui ne représenterait qu’une infime partie des salariés. C’est donc sans légitimité qu’il se permettrait de mener la France à «la chienlit». Pour discréditer le mouvement, ses détracteurs n’hésitent pas à brandir un chiffre : le syndicat ne représenterait que 3% des salariés. Le chroniqueur droitier Eric Brunet raille sur RMC : «Un syndicat qui représente 3% des salariés a réussi à vider une loi de son sens. Bravo la CGT !» Le vice-président du FN Nicolas Bay rappelle les vrais problèmes :

« La ne représente que 2,6% des salariés. Il y a un vrai problème de représentativité des syndicats. »@Lopinion_fr

DÉSINTOX. En voulant saper la légitimité de la centrale, ses détracteurs confondent représentativité et nombre d’adhérents. 2,6%, c’est en effet peu ou prou la part des salariés français qui ont pris leur carte à la CGT en 2013 selon le Monde. Une part à mettre en perspective avec le faible taux de syndicalisation en France. Alors que 55% des Belges, 67% des Suédois et carrément 85% des Islandais sont syndiqués, il n’est que de 7,7% en France selon l’OCDE.

Mais réduire la représentativité d’un mouvement à son seul nombre d’adhérents relève du non-sens. En 2013, la CGT revendiquait 688 000 adhérents, soit 2,6% des salariés français. Mais si l’on effectue le même calcul pour le PS (111 000 adhérents revendiqués au 30 avril selon le parti), Les Républicains (238 000 au 1er janvier selon le parti) ou le FN (83 000 selon le parti) en les rapportant aux 45 millions d’inscrits sur les listes électorales, on arrive à ces taux mirifiques : le FN représenterait 0,18% des électeurs potentiels, le PS 0,25%, et LR, 0,53%. A eux trois, ces partis «représentent» donc moins de 1% des électeurs potentiels. C’est évidemment absurde.

Ce que Philippe Martinez, patron de la CGT, a d’ailleurs fait remarquer, rappelant que son syndicat compte plus d’adhérents que tous les partis politiques réunis. «À elle seule, la CGT a plus d’adhérents que l’ensemble des partis politiques en France et c’est eux qui nous parlent de légitimité», a-t-il déclaré sur RTL le 23 mai.

La représentativité d’un syndicat se mesure davantage, comme celle d’un parti, à l’aune des résultats électoraux. Lors des dernières élections professionnelles de 2013, où 5,4 millions de salariés s’étaient exprimés (42% de participation). La CGT avait dépassé d’une très courte tête la CFDT, avec 26,77% des voix contre 26%.

C’est d’ailleurs en se basant sur cette audience qu’est estimée très officiellement la représentativité des organisations syndicales en France. Le poids attribué en 2013 à chacun des cinq syndicats reconnus comme représentatifs est le suivant CGT (30,62%), CFDT (29,74%), la CGT-FO (18,23%), CFE-CGC (10,78%), CFTC (10,63%).

Pauline Moullot

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 09:10

A l’état d’urgence, à la déchéance de la nationalité, au 49.3, il manquait encore une vilenie pour achever le quinquennat, et la voici : la presse aux ordres. A un an de la présidentielle, le premier hebdomadaire de la gauche française, l’Obs, a brutalement décidé d’engager une procédure de licenciement à l’égard de sa numéro 2. Pétition en soutien à Aude Lancelin...

Ci-dessous le texte de la pétition sur Mediapart mis en ligne sur ce blog le 2 juin et un article vu sur le blog de Jean Lévy "çanempechepasnicolas" mis en ligne le 13 juin 2016.

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 13:49
Le n°10 de Ruptures est paru !

Le n°10 de Ruptures est paru.

La Une ouvre cette édition sur la pression exercée par la Commission en vue d’une mise en oeuvre rapide de la réforme du marché du travail – autrement dit la loi El Khomri

L’éditorial pointe une double exhortation en faveur de l’Europe – celle du pape François et celle de Barack Obama. Le président américain rappelle que l’intégration européenne, gardant le Royaume-Uni en son sein, est « dans l’intérêt des Etats-Unis« 

La page 2 est consacrée aux recommandations publiées par la Commission européenne le 18 mai. Celle-ci distribue bons et mauvais points aux différents pays, et fixe à chacun une feuille de route : réformes du marché du travail, sociales, budgétaires sont au programme…

La page 3 revient sur la conjonction des crises auxquelles sont confrontés les dirigeants européens : migrants et rapports avec la Turquie, Grèce sur laquelle les créanciers s’écharpent, montée du « populisme » (en fait du sentiment anti-UE), relations commerciales avec les USA et la Chine, et bien sûr la « menace » du Brexit…

La page 4 analyse les résultats des élections présidentielles en Autriche, dont la deuxième tour, le 22 mai, a vu la victoire sur le fil du candidat soutenu par les Verts, tandis que le FPÖ rassemble près de la moitié des suffrages. Par ailleurs, cette page présente également les dernières tensions provoquées par l’OTAN.

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1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 13:45
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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 10:01
Fakir N°75 - en kiosque

Merci Patron - Nuit Debout : De l’info à l’action

En ce moment Fakir est partout, dans les cinoches et sur les places publiques, dans les manifs et sur les plateaux télés...

On essaye de faire notre, les conseils de Saul Alinsky, le maître à penser de la gauche radicale américaine et picarde :

« Vous avez trois possibilités : pleurer sur vous mêmes ; ou bien devenir dingues et lancer des bombes, mais vous pousserez tout le monde à droite ; ou bien vous organiser et gagner du pouvoir »

Et aussi au sommaire :

  • Les patrons ça osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ! - Notre palmarès
  • Syrie, Mali, Irak : que va-t-on faire dans cette galère ?
  • Chartier : La gauche décomplexée affronte les Patrons Debout
  • L’affaire Lindt : scandale au cœur de la rédaction
  • et bien sûr le carnet de bords des reporters

Et allez voir sur le site de Fakir. 

C'est joyeux, revigorant et ça pousse à lutter et s'organiser !

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 09:55
Une rescapée du massacre d’Oradour sur Glane refuse d’être honorée par Manuel Valls

publié dans 30 mai 2016 sur AntiK

 

 

 
Camille Senon toujours fidèle au journal l'Humanité © Radio France - Françoise Ravanne

Lis moi avec webReader

 

Par Françoise Ravanne, France Bleu Limousin Lundi 30 mai 2016 à 12:58

 

Camille Senon, l’une des dernières rescapées du massacre d’Oradour sur Glane, vient de refuser la proposition du premier ministre de l’élever au rang de commandeur de l’ordre national du mérite. Opposée à la loi travail elle ne veut surtout pas trahir les convictions de toute une vie.

A 93 ans , Camille Senon, garde un caractère bien trempé. C’est le 18 mai dernier qu’elle a reçu un courrier de Matignon l’informant qu’elle allait être nommée commandeur de l’ordre national du mérite,  mais c’était sans compter sur son passé de syndicaliste et qui plus est à la CGT. Pour Camille Senon qui suit l’actualité au jour le jour et qui soutient les opposants à la loi El komri, « pas question d’accepter une décoration venant d’un gouvernement qui ne respecte pas les salariés«  explique t-elle.

« Je veux rester fidèle à mes convictions »

Moins de 48 heures après avoir reçu la proposition de Manuel Valls, Camille Senon lui a adressé un courrier pour expliquer son refus d’être élevée au rang de commandeur de l’ordre du mérite . Elle explique avoir toujours milité pour plus de justice, de fraternité et de paix et que le contexte actuel déclenché par le gouvernement, estime Camille Senon  ne va pas dans ce sens. « Accepter d’être décorée ce serait renier les engagements de toute ma vie « . Lors des dernières élections municipales à Limoges Camille Senon s’était présentée sur la liste du Front de gauche.

J’ai consacré ma vie à lutter en faveur de la paix

« Le massacre d’Oradour sur Glane je vis avec depuis 72 ans » explique aussi Camille Senon qui témoigne auprès des jeunes depuis des décennies pour qu’on n’oublie pas ce qui s’est passé ce 10 juin 1944 dans ce village de la Haute Vienne où 642 personnes ont été tuées par la division SS Das Reich. Ce jour là  Camille Senon était dans le tramway la ramenant de Limoges à Oradour sur Glane,  lorsqu’elle a vu les flammes dans le village. Elle faisait  partie de la vingtaine de passagers qui ont échappé  au massacre . Et  » tout ce que j’ai fait depuis c’est pour le devoir de mémoire, ce n’est pas pour des décorations «  conclut aujourd’hui Camille Senon.

 

 

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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 10:09
La parution du n°10 de Ruptures (BRN n°56) est imminente ...
Ruptures : la parution du n°10 (BRN n°56) est imminente…

La parution du n°10 de Ruptures est imminente. Le journal devrait arriver le 30 mai dans les boîtes aux lettres des abonnés.

La Une ouvrira cette édition sur la pression exercée par la Commission en vue d’une mise en oeuvre rapide de la réforme du marché du travail – autrement dit la loi El Khomri

L’éditorial pointera une double exhortation en faveur de l’Europe – celle du pape François et celle de Barack Obama. Le président américain rappelle que l’intégration européenne, gardant le Royaume-Uni en son sein, est « dans l’intérêt des Etats-Unis« 

La page 2 sera consacrée aux recommandations publiées par la Commission européenne le 18 mai. Celle-ci distribue bons et mauvais points aux différents pays, et fixe à chacun une feuille de route : réformes du marché du travail, sociales, budgétaires sont au programme…

La page 3 reviendra sur la conjonction des crises auxquelles sont confrontés les dirigeants européens : migrants et rapports avec la Turquie, Grèce sur laquelle les créanciers s’écharpent, montée du « populisme » (en fait du sentiment anti-UE), relations commerciales avec les USA et la Chine, et bien sûr la « menace » du Brexit…

La page 4 analysera les résultats des élections présidentielles en Autriche, dont la deuxième tour, le 22 mai, a vu la victoire sur le fil du candidat soutenu par les Verts, tandis que le FPÖ rassemble près de la moitié des suffrages. Par ailleurs, cette page présentera également les dernières tensions provoquées par l’OTAN.

Pour ne pas manquer cette édition, abonnez-vous vite, si ce n’est déjà fait…

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 16:19

par François Ruffin 27/05/2016 sur Fakir

On a besoin de vous

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« Médias, patrons et dirigeants de droite se sont choisis un homme de gauche sur mesure : Laurent Joffrin. Comme opposant, c’est encore plus tranquille qu’un perroquet empaillé », écrivions-nous à propos de L’Idiot utile du capital. Mais voilà que, au nom de la « liberté de la presse », il pique une grosse colère…

C’était la routine, ce jeudi soir, au journal de France Inter à 19 h : « Les violences en manif », « la radicalisation », « les pompistes, qui sont en première ligne pour recevoir la colère des automobilistes », etc.
Puis le présentateur, Alain Passerel, s’engage franchement :

« Il n’y a pas que d’essence dont ont été privés les Français aujourd’hui. L’absence de quotidiens nationaux dans les kiosques ce matin. Sauf un bon élève, L’Humanité, qui ne s’est pas fait prier pour publier la tribune de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Les autres quotidiens ont refusé de céder au diktat. Résultat, grève des ouvriers du livre et non-parution du Figaro, du Parisien, de L’Equipe, etc. Ca s’appelle du chantage. Parce qu’ils ont refusé de céder au diktat de la CGT. Ca s’appelle du chantage. La conception de la liberté de la presse est un peu curieuse, du côté de la CGT, d’où la colère légitime des patrons de presse, même de celle qu’on classe à gauche. »

Et le présentateur de céder la parole à Laurent Joffrin, le patron de Libération :

« La décision de la CGT est honteuse et stupide. Ca va contre tous les principes, on n’a jamais publié de communiqué sous la pression, on ne le fera jamais, et donc on a bien fait de refuser. Et on voit le projet de la CGT, projet politique, c’est qu’il n’y ait qu’un seul journal. C’est un retour en arrière incroyable, ça ne s’est jamais produit. Y a une chanson des Beatles là-dessus, ça s’appelle Back in Ussr, ça veut dire retour en URSS. C’est ça la conception politique de la CGT aujourd’hui. »

En toute neutralité, toujours, le présentateur appuie cette subtile analyse, et nous offre un « clin d’œil » : la chanson des Beatles « Back in Ussr », car « ça va mieux en le chantant ».

Alain Passerel enchaîne ensuite avec un sujet sur les rémunérations des PDG, sur McDonald, sur le sommet du G7, avant de lancer : « Loin, bien loin des soucis français sur la loi Travail, les migrants continuent de mourir en Méditerranée… », sans lien aucun, donc, sinon ce sous-entendu : « Nous qui nous préoccupons de notre petit confort… »
Mais je voudrais revenir à Joffrin.
À sa conception à lui de « la liberté de la presse ».

Eux baignent avec bonheur dans cette démocratie rétrécie comme un poisson rouge tourne en rond dans l’eau tiède de son aquarium.

Soit : un jour par an, la CGT du livre impose son « diktat ».

Mais 364 jours par an, les quotidiens sont la propriété des grands patrons, Patrick Drahi pour Libération, le trio Bergé-Pigasse-Niel pour Le Monde, Serge Dassault pour Le Figaro, Bernard Arnault pour Les Échos et Le Parisien. Ça n’est pas l’URSS, certes, mais est-ce bien du pluralisme que de pouvoir choisir entre le journal d’un marchand d’armes et celui d’un banquier d’affaires, et dans tous les cas « s’informer » dans les colonnes de champions des holdings et des paradis fiscaux ? Est-ce bien conforme au projet du Conseil National de la Résistance, qui prévoyait d’affranchir la presse « des puissances d’argent » ? N’y a-t-il pas là, pour un démocrate comme Laurent Joffrin, matière à émotion, non pas un jour par an, mais tous les jours ?

Mais 364 jours par an, pour qui est habité de convictions hétérodoxes, nous avons à lutter contre la censure des quotidiens de Messieurs Drahi, Bergé-Pigasse-Niel, Dassault, Arnault. Nous avons à bâtir nos propres médias alternatifs avec deux morceaux de bois et trois bouts de scotch. Nous avons à passer sous les fourches caudines de Joffrin et de ses doctes confrères.
Sans doute ne le voient-ils pas, eux qui baignent avec bonheur dans cette démocratie rétrécie comme un poisson rouge tourne en rond dans l’eau tiède de son aquarium. Alors, un exemple : quand ont-ils fait leur Une, pour la dernière fois, sur le protectionnisme ? Jamais. Si demain, pourtant, le directeur de Libé était remplacé par le moins coûteux Joffrinescu en Roumanie, si les rédactions délocalisaient vers l’est en série, oui, ils s’en indigneraient aussitôt, soulèveraient l’Assemblée, feraient voter des lois contre « le dumping social ». Voilà quarante ans que ce scandale dure pour les ouvriers, et avec l’indifférence des médias : activement ou passivement, eux se font les partisans de « la libre circulation des capitaux et des marchandises », conformément aux intérêts de leurs grands patrons.
Quel jour de l’année, d’ailleurs, ces médias publient-ils des enquêtes, sur les fortunes de leurs propriétaires ? 2016 est une année bissextile, mais l’événement ne risque pas de se produire…
Est-ce cette autocensure, constante, sans répit, que Laurent Joffrin nomme « liberté de la presse » ?

Mais il y a pire.
Il y a pire, non pas 364 jours par an, mais même le 365ème !
C’est d’entendre Joffrin être qualifié « de gauche ».
Ça m’arrache le cœur.
Tous les samedis matins.
Sur France Inter.
Face à Alexis Brézet, du Figaro.
Être « représenté » par ça !
Par ce médiocre qui peine à aligner une idée sensée et trois mots audibles, qui marmonne dans sa barbiche !
Quand j’entendais Bernard Maris, souvent, je sentais qu’il portait ma parole, qu’il me fournissait des arguments, que je voudrais répliquer ça. Et idem, maintenant, avec Christian Chavagneux de Alter Eco.
Mais Joffrin !
Une épave intellectuelle.
Rien qui tienne debout.
Qu’on le laisse gloser dans le micro, d’accord, j’interdis rien, comme un petit vieux à l’hospice si c’est bon pour son traitement.
Mais pas en mon nom !
Pas sous l’étiquette « de gauche », pathétique repoussoir !
Le cadavre de Jaurès serait plus éloquent !

Notre pays souffre, c’est une évidence, d’une crise de la représentation, politique, mais également médiatique – avec des pans entiers qui sont exclus de l’Assemblée et des plateaux télés.
Quel est l’un des enjeux de la bataille en cours ?
Nous débarrasser d’une « fausse gauche » politique, du Parti socialiste des Valls-Macron-Hollande. Eh bien, de même, il faut que se débarrasser de la « fausse gauche » médiatique, que Joffrin et consorts soient évacués des studios de radio qu’ils occupent en notre nom, qu’on en dénonce l’usurpation.
Pierre Bourdieu le réclamait il y a vingt ans, il en appelait à un « mouvement social des journalistes contre tous les July et Joffrin » qui favorisent « à longueur d’éditoriaux les thèses mondialistes ».
Bourdieu est mort.
July est parti.
Joffrin, lui, sévit encore, avec d’incessants allers-retours (cinq en tout !, dix transferts !) entre Le Nouvel Obs et Libé, entre « l’hebdo de gauche » et « le quotidien de gauche », comme pour surveiller que ni l’un ni l’autre n’échappent à son insignifiance.
On attend donc ce mouvement des journalistes.
Qui viendrait libérer notre métier, moins de la CGT du Livre un jour par an, que du carcan des Joffrin les 364 jours restants.

On a piqué l’image au Facebook du Monde diplomatique.

Merci à François Ruffin pour cette analyse caustique et salutaire des réactions hypocrites - venant de "gauche" notamment et de Joffrin particulièrement, à la demande de la CGT - syndicat lourdement attaqué, et le seul ... - de faire paraître le 26 mai une tribune de Philippe Martinez, attaqué 24 heures sur 24, avec la CGT et les salariés qu'il représente, sans jamais être entendu ...

Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que les salariés, les militants, les syndicalistes, sont humiliés tous les jours par ces journalistes qui tiennent les plateaux télés, les infos et leur refusent la parole.  Vous les avez déjà entendus débattre entre eux du bien fondé de la loi Travail ? Ils ont rarement un contradicteur alors que plus de 70% des Français rejettent cette loi ?

Les humiliés, les offensés se rebiffent.  Et ça les surprend ?

 

Censure des Joffrin : 364 jours par an ! -  "Notre pays souffre, c’est une évidence, d’une crise de la représentation, politique, mais également médiatique – avec des pans entiers qui sont exclus de l’Assemblée et des plateaux télés." [ par François Ruffin]
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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 15:27

Publié le

P. Martinez, le patron de la CGT, à Haulchin pour soutenir le blocage du dépôt pétrolier (VIDÉO)

Deuxième nuit à la belle étoile pour les militants CGT et Sud qui poursuivaient ce samedi le blocage des Entrepôts pétroliers de Valenciennes, situés à Haulchin. Ce samedi après-midi, ils ont reçu un soutien de choix, celui du patron national de la CGT.

Il est arrivé vers 15 h 45 et est resté trois quarts d’heure sur place, discutant avec les « camarades » de la CGT et de Sud, réunis en intersyndicale, et se prêtant au jeu des selfies. Philippe Martinez, le patron de la CGT au niveau national, est venu apporter son soutien aux manifestants qui bloquent le dépôt pétrolier Total d’Haulchin depuis jeudi.

Après une visite, dans la matinée, aux ouvriers de l’usine d’Arjowiggins de Wizernes, il a « fait un petit détour pour vous saluer ». Accompagné d’une horde de journalistes, Philippe Martinez a insisté sur la vigueur du mouvement : « La grève se généralise. Les salariés de quatre raffineries sont en grève. Et ce (samedi) matin, le gouvernement, malgré les déclarations de Valls et Hollande, a annoncé que les routiers seraient sortis de la loi El Khomri en ce qui concerne les heures supplémentaires. » Le cégétiste y voit là la preuve qu’il faut « généraliser le mouvement à la métallurgie, au commerce… On ira jusqu’au retrait de la loi. Quand on se bat, on peut gagner, mais si on ne se bat pas, on est sûr de perdre. »

Philippe Martinez soutient le blocage du dépôt pétrolier à Haulchin - "On ne répond jamais aux revendications en envoyant les forces de l’ordre".

« On ne répond pas jamais aux revendications en envoyant les forces de l’ordre »

Interrogé par La Voix sur la menace brandie par le Premier Ministre vendredi de lever les barrages en envoyant les forces de l’ordre, M. Martinez a estimé cela « scandaleux. On ne répond jamais aux revendications en envoyant les forces de l’ordre, mais en communiquant et en dialoguant. » Quant à la critique émise contre la CGT de bloquer le pays, il a reporté la faute sur l’exécutif : « C’est la vraie responsabilité d’un gouvernement qui n’écoute pas. »

La venue du cégétiste à la moustache n’y est sans doute pas pour rien, mais ce samedi, la mobilisation a connu un pic d’affluence, frisant les 200 participants. On a ainsi aperçu plusieurs élus communistes du territoire tels que les maires de Marly, Escaudain, Rœulx, ou encore la sénatrice Michelle Demessine, les conseillers départementaux Isabelle Denizon ou Jean-Claude Dulieu. Une présence qui a d’ailleurs fait grincer quelques dents parmi certains manifestants. M. Dulieu s’est ainsi un peu fait bousculer à l’arrivée de Philippe Martinez par un cégétiste qui lui a crié qu’il ne voulait pas de « récupération ».

Dons

Après trois jours de mobilisation, les syndicalistes semblent tenir bon. Il n’y a plus désormais qu’un barrage le long de la départementale 630, entre Douchy et Haulchin. Ce vendredi soir, les manifestants ont incendié le second point de blocage du dépôt pétrolier (côté Thiant). « On a tenu 48 heures sur deux points, résume Jean-Paul Delescaut, le responsable de l’Union locale CGT. Maintenant, on a décidé de concentrer toutes nos forces sur l’entrée principale. On va mettre en place une collecte sur la route. Ce (samedi) matin, un boulanger du secteur est venu nous apporter, sans rien demander, des petits pains et des baguettes. » Et le syndicaliste de sortir quelques billets de banque. « On a déjà reçu pas mal de dons, des mairies (sans citer lesquelles) aussi nous ont aidés. Ça va servir aux petits-déjeuners, aux repas. »

Le mouvement, qui s’étend sur toute la façade nord-ouest de la France, provoque des problèmes d’approvisionnement en carburant dans de nombreuses stations-service.

Par Jérémy Lemaire et Thomas Lo Presti (PHOTOS)

Pour voir la vidéo cliquez ici.

Dernière minute :  ( 23 Mai - 14 h 30 )

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