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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 14:31
6 mai 2019, devant le Tribunal de grande instance de Paris

6 mai 2019, devant le Tribunal de grande instance de Paris

« J’ai du mal à imaginer ce qu’il faut de courage et de force à ceux qui ont été abîmés par le travail pour participer à ce procès »

par

Jusqu’au 12 juillet, se tient à Paris le procès d’anciens hauts dirigeants de la multinationale France Télécom, devenue Orange, accusés de harcèlement moral par une centaine de parties civiles. Mardi 11 juin, Fanny Jedlicki, docteure en sociologie, est venue témoigner à la barre. Elle est revenue sur le rapport du cabinet d’expertise Technologia auquel elle a participé en 2009/2010, et qui a mis en évidence une souffrance massive de milliers de salariés. Nous publions ici une partie de sa déposition.

 

L’enquête que Technologia a mise en place pour le comité de pilotage de France Télécom/Orange et à laquelle j’ai participé activement, apparaît hors normes par rapport aux expertises habituelles réalisées pour des CHSCT (Comités Hygiène et Sécurité et Conditions de Travail), pour plusieurs raisons :
– d’abord il s’agit d’une enquête au périmètre national ;
– ensuite une équipe comptant environ 30 consultants a été réunie (alors qu’habituellement les expertises, du fait d’un périmètre restreint, se font plutôt en binôme) ;
– enfin c’est une enquête qui a donné l’occasion à un nombre inégalé de salariés d’exprimer une souffrance d’une lourdeur émotionnelle rarement atteinte.

Une souffrance immense

Pour rappel, il y a eu plus de 80 000 répondants au questionnaire, et le cabinet a reçu un très grand nombre d’appels téléphoniques de salariés voulant rencontrer un consultant et faire partie des « 1000 entretiens » réalisés avec des salariés (tirés au sort parmi l’ensemble des salariés). Ces demandes furent si nombreuses et appuyées, qu’en accord avec le comité de pilotage, Technologia a mis en place une procédure ad hoc pour répondre à leurs attentes, en affectant un consultant aux entretiens téléphoniques avec les salariés voulant témoigner volontairement. Tout s’est donc passé comme si la mission Technologia avait permis la libération de la parole salariée. Le besoin de parler était d’autant plus grand que la direction était dans un déni de la gravité de la situation et des causes de celle-ci.

Et cette enquête par entretiens a charrié une souffrance d’une telle ampleur qu’elle s’est imposée aux consultants d’une façon assez particulière. Au fil des entretiens, au fur et à mesure des jours, nous nous sommes retrouvés avec la question suivante : que faire pendant ou après l’entretien face aux fréquents cas de salariés en détresse aiguë, dont les propos à forte charge mortifère reliaient explicitement leur souffrance psychologique aux conditions de travail, et parfois nominativement à certains responsables ici présents ? [...]

Lire la suite sur le site de Bastamag :

https://www.bastamag.net/Proces-France-Telecom-Orange-suicides-travail-management-stress

Voir aussi cet article du Monde visible intégralement pour les abonnés :

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/04/au-proces-france-telecom-la-douleur-des-familles-des-victimes-chaque-fois-qu-il-rentrait-il-me-disait-qu-il-n-y-arrivait-pas_5471052_3224.html

 

Il reste pour la CGT un grand absent sur le banc des accusés : les actionnaires (dont l’Etat), qui ont fermé les yeux sur la maltraitance institutionnalisée dans l’entreprise.

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 14:12
Qui sont les incendiaires de pétroliers ? par Manlio Dinucci

Tandis que les États-Unis préparent une nouvelle escalade au Moyen-Orient, en accusant l’Iran d’attaquer les pétroliers dans le golfe d’Oman, le vice-premier ministre Matteo Salvini rencontre à Washington le secrétaire d’État Mike Pompeo, un des artisans de cette stratégie, en l’assurant que “l’Italie veut redevenir dans le continent européen le premier partenaire de la plus grande démocratie occidentale”. Ainsi accroche-t-il l’Italie à l’opération lancée par Washington. 

L’”incident du Golfe d’Oman”, casus belli contre l’Iran, calque “l’incident du Golfe du Tonkin” du 4 août 1964, utilisé comme casus belli pour bombarder le Nord Vietnam, accusé d’avoir attaqué un torpilleur USA (accusation qui s’est ensuite révélée fausse). 

Aujourd’hui une vidéo diffusée par Washington montre l’équipage d’une présumée vedette iranienne qui, en plein jour, décroche du flanc d’un pétrolier une mine non explosée pour effacer sa provenance (car la mine aurait porté l’inscription “made in Iran”). 

Avec ces “preuves”, qui constituent une véritable insulte à l’intelligence, Washington cherche à camoufler le but de l’opération. Celle-ci relève de la stratégie pour le contrôle des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel et de leurs couloirs énergétiques. Ce n’est pas un hasard si dans le viseur des États-Unis se trouvent l’Iran et l’Irak, dont les réserves pétrolifères totales dépassent celles de l’Arabie Saoudite et sont cinq fois supérieures à celles des USA. Les réserves iraniennes de gaz naturel sont environ 2,5 fois celles des USA. Pour la même raison se trouve dans le viseur étasunien le Vénézuela, pays qui a les plus grandes réserves pétrolifères du monde.

Le contrôle des couloirs énergétiques est de première importance. En accusant l’Iran de vouloir “interrompre le flux de pétrole à travers le Détroit d’Ormuz”, Mike Pompeo annonce que “les États-Unis défendront la liberté de navigation”. Autrement dit, il annonce que les États-Unis veulent contrôler militairement cette zone clé pour l’approvisionnement énergétique y compris de l’Europe, en empêchant avant tout le transit du pétrole iranien (à qui l’Italie et d’autres pays européens ne peuvent pas de toutes façons accéder librement à cause de l’interdit étasunien). 

La suite ici : https://www.mondialisation.ca/qui-sont-les-incendiaires-de-petroliers/5634454

Article original en italien :

Chi sono gli incendiari di petroliere

Édition de mardi 18 juin2018 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/chi-sono-gli-incendiari-di-petroliere/ 

Traduit de l’italien par Marie-Ange  Patrizio

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10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 15:04
Jean-Pierre Chevènement: «Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France»Jean-Pierre Chevènement: «Le drame d’Alstom témoigne du déclin du patriotisme des élites en France»

Une tribune de Jean-Pierre Chevènement, parue dans Le Figaro, le 5 juin 2019.

Belfort, dont le nom symbolise l’esprit de résistance, se bat à nouveau le dos au mur. Or General Electric, auquel la branche énergie d’Alstom a été vendue en 1999 pour les turbines à gaz et en 2015 pour le reste, vient d’annoncer la suppression de plus de mille emplois, le quart de son effectif, la moitié de ceux qui travaillent dans le secteur des turbines à gaz, à tel point que la pérennité du site paraît menacée. C’est évidemment un crève-cœur pour le maire de Belfort que j’ai été pendant plus de vingt ans, mais plus encore un épisode symbolique d’un processus de désindustrialisation, lui-même indissociable de la financiarisation et du démantèlement de nos grands groupes industriels depuis plus de deux décennies.

J’espère encore que le Président de la République ne voudra pas laisser associer son nom à cette débâcle et saura trouver le moyen de pérenniser ce grand site industriel français dont les salariés sont fiers des produits de hautes technologie qu’ils fabriquent. Encore aimerais-je ne pas entendre le porte-parole du gouvernement expliquer que Belfort et ses turbines à gaz seraient sacrifiées sur l’autel de la « transition écologique ». On croit entendre Flaubert qui, sous le mot « époque » notait. « Notre époque est une époque de transition » (Dictionnaire des idées reçues).

 

Le marché des turbines à gaz connait un fléchissement temporaire. Mais les énergies renouvelables sont des énergies intermittentes. Il faut donc suppléer à leur insuffisance. Ce n’est pas s’avancer beaucoup que de dire que le gaz fera mieux l’affaire dans la prochaine décennie que le charbon (pour de bonnes raisons) et que le nucléaire (pour de mauvaises). Sinon, pourquoi nos amis Allemands s’acharneraient-ils à construire un nouveau gazoduc à travers la Baltique ? Ce dérapage ne doit pas occulter l’essentiel : la France et l’Europe auront encore besoin de maintenir une industrie de production électrique diversifiée. C’est pourquoi j’ai regretté que l’État ait cédé en 1999 et 2014 un fleuron technologique et qu’il ait refusé, en 2017, de monter au capital des trois « co-entreprises » qui avaient été prévues, dans le protocole d’accord de 2014, pour ancrer General Electric à Alstom et au tissu industriel français.

Le drame que vit Belfort est un drame national, celui de l’abandon de l’industrie française par nos élites financiarisées. Revenons sur l’exemple de Belfort : au départ était un vaste conglomérat fabriquant des turbines nucléaires, hydrauliques à vapeur ou à gaz, des locomotives de fret ou à grande vitesse, des moteurs, des aimants etc. [...]
 
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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 23:31
Le 21 mai dernier, l’intersyndicale avait appelé à manifester pour la défense de l’emploi chez GE.  Photo d’archives ER /Christine DUMAS

Le 21 mai dernier, l’intersyndicale avait appelé à manifester pour la défense de l’emploi chez GE. Photo d’archives ER /Christine DUMAS

"Belfort est une ville résistante. Elle espère que son gouvernement ne la livrera pas une seconde fois."

Ce matin, la direction du groupe américain General Electric a annoncé la suppression de 1 050 emplois sur Belfort, 800 dans les turbines à gaz, 250 dans le centre de services installé il y a deux ans, conformément aux engagements pris, et désormais voué à la fermeture.

Le coup est terrible pour Belfort, qui voit de surcroît l’exécution des nouvelles commandes transférée aux Etats-Unis.
Dans ce sinistre industriel, la responsabilité de l’Etat est doublement engagée. D’abord pour avoir accepté, dans la plus grande opacité, un accord déséquilibré avec General Electric en 2014. Ensuite pour n’être pas monté au capital pour y remplacer Bouygues en 2017 et ainsi donner vie aux trois « co-entreprises » prévues entre Alstom et General Electric. « Tout pour les actionnaires, haro sur les salariés ! », ainsi se résume ce bradage à 12,5 milliards d’euros.

Belfort est un grand site industriel français depuis 1878. Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan « America first ! » ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris, et qu’ensuite il ne donne pas une vigoureuse impulsion aux projets de diversification industrielle qui existent en matière aéronautique comme dans la maintenance nucléaire.

Belfort est une ville résistante. Elle espère que son gouvernement ne la livrera pas une seconde fois.

Jean-Pierre Chevènement - Mardi 28 mai 2019

https://www.chevenement.fr/GE-Belfort-la-responsabilite-de-l-Etat_a2047.html

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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 14:21
Fusion Renault-Fiat : les raisons d'une fusion impossible - Inquiétudes pour les salariés

Les conséquences d'un rachat et d'une fusion, toujours effectués au profit des actionnaires, mais jamais au bénéfice de l'emploi, des consommateurs et de la planète, sont toujours sources d'inquiétude.  En témoigne ce qui se passe aujourd'hui pour General Electric à Belfort ( qui racheta en 1999 à Alstom son département Turbines à gaz ).

Voici donc un article dans La Tribune qui pointe les inconvénients d'une telle fusion pour le constructeur automobile Renault : https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/fusion-renault-fiat-la-fusion-impossible-818538.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20190528

Et ci-dessous, sur le site de la CGT métallurgie, un extrait de la conférence de presse tenue avec F. GACHE, DSC CGT présenté ainsi :

" Fusion Renault-FCA (Fiat Chrysler Automobile)…
Renault sous pavillon Italien ? Et les salariés Renault-Fiat dans tout cela ? Le 26 Mai, dans un article des Échos on apprend qu’un Conseil d’Administration se réunit aujourd’hui même pour présenter un projet de fusion Renault-FCA. L’Administrateur salarié CGT a été informé au même moment de la tenue de ce conseil, mais sans lui préciser son ordre du jour. C’est désormais récurrent les représentants des salariés et leurs administrateurs sont totalement écartés des discussions qui les concernent pourtant en premier lieu. C’est la presse qui leur apprend ce qu’une poignée de dirigeants et de représentants de l’État concoctent, pour finalement décider seuls du sort de milliers de salariés. "

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 16:51

Dans un contexte mondial de course au cobalt, le Congo conduit une gestion plus souveraine de ses richesses naturelles. Le nouveau Code minier renforce les conditions sous lesquelles les entreprises multinationales peuvent extraire ce minerai. Le pays renégocie aussi ses contrats avec les multinationales, conclus sous le Code minier précédent qui faisait la part belle aux grands groupes. Ce revirement ne plaît pas au secteur minier privé qui s’organise en lobby pour défier le gouvernement de Kinshasa. Contrairement à ce qu’on pourrait penser : ce lobby n’est pas purement occidental. Et les miniers agissent aussi individuellement à l’instar de Glencore, le premier producteur mondial de cobalt dans ses concessions congolaises, ou du kazakh ERG, qui semblent assécher le marché pour influencer le prix du cobalt, à la hausse bien sûr.

Ni l’adoption du Code minier, en mars 2018, ni sa mise en application ne font l’unanimité. C’était prévisible. Plusieurs indices annonçaient l’émergence d’un conflit majeur entre le gouvernement et le secteur privé.

En mars 2015, lorsque le gouvernement a envoyé un brouillon du nouveau Code au parlement, la Chambre des Mines a vu rouge en raison de « la chute récente des prix des matières premières » et appelait à une extrême prudence parce que « tous les gains impressionnants de la décennie précédente risquent d’être renversés. (…) Les propositions fiscales favoriseraient inéquitablement l’État et refuseraient un juste retour sur leurs investissements aux investisseurs ». Pour mémoire : des gains impressionnants avaient effectivement été engrangés, mais ils avaient été transférés à l’étranger, comme nous l’avons démontré dans l’article « Le Congo, exportations libérales des richesses ».

[...]

Les grands du cobalt

Plus de 100 entreprises industrielles privées, de tailles différentes, sont actives dans le secteur minier au Congo, à côté d’une demi-douzaine d’entreprises étatiques. Du cuivre et du cobalt sont produits dans environ 120 sites [4]. Mais qui sont les principaux miniers congolais dans le secteur du cobalt ? Fin 2018, plusieurs sources les ont répertoriés. Parmi elles l’agence Bloomberg mais aussi l’entreprise Trafigura, grand négociant de matières premières non coté en bourse. [5] Le graphique ci-dessous reprend le classement des producteurs de cobalt.

Envolée du prix de la tonne de cobalt en dollars (2016 – 2018). Source : London Metal Exchange, consulté le 22 mars 2018.

 

Tableau. Les entreprises du cobalt au Congo et leur part de la production en 2017

29% Mutanda Mining Glencore, Switzerland
21% TFM CMOC, China
9% Tilwezembe Other D.R.C. including artisanal mining
8% Luiswishi Congo Dongfang Mining, Zhejiang Huayou Cobalt, China
6% Ruashi Ruashi Mining, Jinchuan Group, China
5% Etoile Etoile/Usoke, Shalina Resources/Chemaf, U.A.E.
4% Mukondo Boss Mining, ERG, Luxembourg
4% Kamoya Kamoya, Wanbao Mining Ltd. (Comika), China
4% Diverse Metal Mines, Nanjing Hanrui Cobalt, China
3% Big Hill Big Hill, GTL, Belgium/Cuba
3% Kisanfu Somika, Somika SPRL, D.R.C.
3% Diverse MJM, Jiana Energy, China
2% Kalumbwe-Myunga MKM, CREC, China
1% Dima Sicomines, CREC, China
N/A Kamoto Glencore, Katanga Mining/KCC, Switzerland

Source Bloomberg (basé sur Darton Commodities)

[...]

L'article intégral ici : https://www.investigaction.net/fr/congo-les-multinationales-inlassablement-en-opposition/

Ci-dessous d'autres aspects, notamment le travail des enfants, des activités de ces multinationales.

"Régulièrement épinglée dans des affaires de pollution et abondamment citée dans les « Paradise Papers » [16], la multinationale Glencore qui emploie plus de 150 000 personnes à travers 50 pays du monde (chiffres de 2016), enregistre pour sa part un bénéfice net en hausse de 319 % sur un an, à 5,78 milliards de dollars en 2017. « Notre performance en 2017 est la plus forte de notre histoire », indique, satisfait, Ivan Glasenberg, pour qui la performance n’est pas des moindres non plus puisqu’il empoche une rémunération stable de 1,5 million de dollars en 2017, sans compter 242,4 millions de dollars de dividendes sur la base de ses 8,40 % de droits de vote dans la société [17]." Article complet ci-dessous.

Le cobalt de nos téléphones portables est-il extrait par des enfants en Afrique ?

60 % de la production mondiale de cobalt provient du sud de la République démocratique du Congo (RDC). Ce métal précieux est arraché du sol par 200 000 « creuseurs », souvent très jeunes.

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 14:42

Mardi 21 mai au matin, la CGT a distribué de nombreux tracts devant les bureaux de poste de la gare et de l’hôtel de ville menacés de fermeture.

Le grand débat est clos depuis quelques semaines maintenant, mais l’interrogation sur l’avenir de certains services publics demeure. Mardi 21 mai au matin, plusieurs membres de la CGT se sont réunis devant deux bureaux de poste de Rouen menacés de fermeture : le bureau de la gare et celui situé rue Orbe, à proximité de l’hôtel de ville. « Nous sommes là pour informer et sensibiliser la population, car c’est elle qui va être directement touchée par ces fermetures », expose Fabien Leseigneur, représentant CGT. D’après le groupe La Poste, le bureau de la gare doit fermer d’ici la fin du mois de septembre 2019. Celui situé rue Orbe fermera, lui, en fin d’année.

Un « point de contact » en remplacement du bureau

Pour compenser cette fermeture, un « point de contact » est envisagé pour le bureau de la gare. Mais cette option ne convient pas : « On met en place ce genre de choses, mais avec des personnes qui ne sont pas formées. Et il faut savoir que toutes les opérations aujourd’hui réalisables en bureau ne le seront pas forcément dans ces points de contact ».[...]

La totalité de l'article ici, sur le site de Paris-Normandie : https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/rouen--une-petition-lancee-pour-sauver-les-bureaux-de-poste-de-la-gare-et-de-la-rue-orbe-CB15057126?utm_source=newsletter_mediego&mediego_euid=f2c3147b0e&mediego_ruuid=16c55998-2517-4964-b656-97477c7a49c2_0&mediego_campaign=20190522_news_actu&utm_content=20190522&utm_campaign=newsactu&utm_medium=email

Gares, bureaux de postes et guichets SNCF, Hôpitaux et maternité ... : Leur disparition progressive sur le territoire est un des symboles de l'attaque généralisée contre les services publics  C'est bien la politique de l'UE et  du capitalisme mondialisé qui inspire ces décisions et la casse de la Poste : suppression des bureaux de poste, précarisation accrue, recours aux sous-traitants et travailleurs indépendants, salariés sous-payés, parfois même en dehors de toute légalité ...

Vive l'Union Européenne et ses directives sur les services :  Macron en est un partisan et élève zélé.  Moins il y a de services publics, plus il y a de services privés et nous payons de plus en plus pour les actionnaires du capitalisme mondialisé. 

Doucement, depuis 1957 et le traité de Rome, le capitalisme a su mettre au pas les pays européens et aucune élection "européenne" n'y a rien changé.  En 2005, le vote des citoyens français pouvait y mettre un coup d'arrêt.  Ce vote n'a pas été respecté. 

Comme le dit Juncker, « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens. » 

YG

 

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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 17:16
25 ans de lutte contre Texaco, contre Chevron - A l'Est de l'Equateur, Texaco a laissé 60 millions de litres de pétrole et 70 millions de litres de résidus toxiques - Une BD pour raconter ce combat

Texaco, Et pourtant nous vaincrons, Sophie Tardy-Joubert, Pablo Fajardo et Damien Roudeau, Les Arènes BD — Amnesty International, 136 p. 20 EUR.

BD | Un reportage dessiné

Le récit de Pablo Fajardo, son combat judiciaire de 25 ans a été adapté en BD par Sophie Tardy-Joubert. Journaliste, elle avait longuement rencontré Fajardo lors de voyages en Équateur. Elle en avait fait un long portrait pour la revue XXI. Mais restait une certaine frustration, celle de ne pouvoir raconter davantage l’imbroglio judiciaire. "C’était frustrant de se limiter à la seule personnalité de Pablo, alors qu’il y a tellement de gens derrière et tellement de choses à raconter. Il y a des épisodes qui tiennent autant de l’espionnage que du polar", précise-t-elle.

Faute d’images, impossible de faire un film de cette histoire. "Comme je vis avec un dessinateur et que l’on rêvait de travailler ensemble… c’était l’occasion."

La BD s’est donc imposée comme une évidence pour porter le souffle narratif de cette saga de 25 ans. Derrière l’histoire économique et judiciaire, il y a l’histoire des gens et il fallait leur donner vie, par le dessin. "Fondamentalement, je pense qu’il faut faire connaître cette histoire même si elle est assez indigeste si on s’en tient aux procès et aux milliers de pages du dossier. La BD permet de rendre accessible quelque chose de compliqué. Quand on travaille sur un tel sujet, c’est presque un devoir de le rendre accessible, d’être pédagogue. C’est une manière un peu plus ludique de rentrer dans un sujet."

Effectivement le récit très documenté, même s’il est aussi très orienté, reste particulièrement fluide et se lit comme un roman. Très réaliste, le dessin de Damien Roudeau, chatoyant dans ses couleurs, parvient très bien à éviter les pièges des scènes de prétoires et un récitatif pourtant omniprésent. LOF

Texaco, Et pourtant nous vaincrons, Sophie Tardy-Joubert, Pablo Fajardo et Damien Roudeau, Les Arènes BD — Amnesty International, 136 p. 20 EUR.

Jan Fremon ( avocat des parties civiles dans le procès Eternit en Belgique) : "Il y a clairement un déséquilibre entre le plaignant et les multinationales dans ce cas de figure. Déjà en ce qui concerne l’accès à la justice. Le plus souvent les victimes sont pauvres ou disposent de moins de moyens que l’entreprise incriminée et n’ont que peu ou pas d’accès à la justice dans le pays de la maison-mère"

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21 mai 2019 2 21 /05 /mai /2019 15:30
© FRANCOIS GUILLOT Source: AFP
Didier Lombard, ancien PDG de France Telecom (image d'illustration).

Le rédacteur en chef du mensuel Ruptures Pierre Levy revient pour RT France sur la vague de suicides chez France Télécom, à la suite de laquelle sept anciens dirigeants de l'entreprise comparaissent aujourd'hui devant la justice.

Procès France Telecom : guerre (commerciale), crimes de guerre et vrais responsables

Le procès de sept anciens dirigeants de France Telecom s’est ouvert le 6 mai. Il devrait durer au moins deux mois, tant les charges sont lourdes, et les victimes nombreuses. Au banc des accusés figure en particulier Didier Lombard, président du groupe entre 2005 et 2010, ainsi que la société elle-même, en tant que personne «morale» – un terme pour le moins ironique.

Les prévenus sont accusés de harcèlement organisé à l’échelle de l’entreprise qui comptait, en 2005, près de 200 000 salariés. L’objectif n’est alors pas dissimulé : il s’agissait de se débarrasser de 22 000 d’entre eux. Par tous les moyens, en particulier les pires, puisque la plupart des employés avaient encore le statut de fonctionnaire : ils ne pouvaient donc pas être licenciés aussi facilement que des salariés du privé. Dès lors, le plan baptisé Next – évidemment un anglicisme, modèle de management oblige – flanqué de son volet «social» visait à mobiliser la hiérarchie autour d’un objectif principal : provoquer coûte que coûte les départs annoncés.

En réalité, ce sont des milliers d’agents qui sont détruits, brisés, poussés à la dépression, condamnés aux anxiolytiques, ou dont la vie personnelle et familiale bascule.

La pression est telle que près d’une vingtaine de salariés se suicident. Une douzaine d’autres commettent des tentatives analogues. Cela, c’est la partie émergée de l’iceberg. En réalité, ce sont des milliers d’agents qui sont détruits, brisés, poussés à la dépression, condamnés aux anxiolytiques, ou dont la vie personnelle et familiale bascule. On peut espérer que le procès mette au jour ces dramatiques réalités, mais qui pourra jamais recenser vraiment l’ampleur des drames humains ?

En cause : les méthodes de harcèlement, la pression de et sur la hiérarchie pour «faire du chiffre» (en poussant aux départs), mais aussi et peut-être surtout la tragique contradiction entre la culture de service public à laquelle le personnel est historiquement attaché, et les perspectives de mercenaires commerciaux offertes à ceux qui restent.

Les juges instructeurs n’ont pas retenu l’incrimination d’homicide involontaire, au motif qu’il est juridiquement délicat d’établir un lien de causalité directe entre les faits reprochés et l’issue fatale à laquelle certains ont été acculés. Dans la réalité vécue, celle-ci ne fait pourtant guère de doute. Du reste, la qualification aurait sans doute pu être, non d’homicide involontaire, mais bien d’homicide volontaire. Car que visaient donc M. Lombard, son DRH et leurs complices, si ce n’est la mort sociale de milliers de salariés ? Pour nombre d’entre eux, le départ d’une entreprise à laquelle ils avaient lié intimement leur existence et tant donné, et les faibles perspectives de trouver un autre emploi correspondant à leur expérience, valaient mise au rancart de la société.

En 2007, je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la porte ou par la fenêtre.

Délinquance, ou véritable criminalité ? Les propos de Didier Lombard, tenus en petit comité à l’époque mais dont la trace a été retrouvée, éclairent l’état d’esprit qui régnait alors : «En 2007, je ferai les départs d’une façon ou d’une autre, par la porte ou par la fenêtre»… Une image particulièrement sinistre quand on songe que certains se sont en effet défenestrés sur leur lieu de travail. Et que dire de cette formule utilisée devant les médias de l’époque par le président moquant cette «mode du suicide» qui se répandait parmi ses troupes ? Il y a donc eu un premier, puis un deuxième, puis un troisième, jusqu’à un dix-neuvième acte tragique (connu), et la direction poursuivait sciemment son travail planifié…

Pour leur défense, les prévenus mettent en avant l’introduction de la concurrence, et la véritable guerre commerciale qui en a résulté.

Et cela, en dépit des alertes et plaintes déposées par les syndicats, des signalements de la médecine du travail, de l’intervention de l’inspection du travail.

Pour leur défense, les prévenus mettent en avant l’introduction de la concurrence, et la véritable guerre commerciale qui en a résulté. Et sur ce point, il faut leur donner raison. Cela ne constitue cependant nullement une excuse : la guerre ne saurait excuser les crimes de guerre. D’autant que M. Lombard et son état-major partageaient pleinement, et se faisaient même les chantres de l’idéologie ultralibérale à l’origine de cette offensive meurtrière, non seulement à l’égard des salariés, mais aussi destructrice du principe même de service public. Ils en ont été les exécutants zélés.

L’histoire débute au deuxième semestre 1989, quand l’Union européenne (alors sous présidence tournante française) décide du principe d’une ouverture des télécommunications à la concurrence.

Mais les véritables donneurs d’ordre étaient (et restent) conjointement à Paris et à Bruxelles. L’histoire débute au deuxième semestre 1989, quand l’Union européenne (alors sous présidence tournante française) décide du principe d’une ouverture des télécommunications à la concurrence. En 1993, la Commission européenne donne cinq ans pour une libéralisation totale, et produit, en 1994, 1996 et 1999 des directives en précisant les modalités, avalisées par les Etats membres.

Ceux-ci engagent parallèlement leur mise en œuvre. En France, le scénario bien huilé est éclairant : les PTT sont scindés en deux en 1990 ; un an plus tard, la partie télécom est transformée en exploitant de droit public ; puis devient, en 1996, une société anonyme ; en 1997, son capital est ouvert au privé ; et en 2004, l’Etat devient minoritaire au sein de celui-ci. Dès le début des années 2000, la concurrence imposée par l’Union européenne fait rage, les nouveaux venus privés imposent une course aux tarifs les plus bas par un moins-disant social accéléré. Face à cela, c’est donc en 2005 que les dirigeants de l’entreprise autrefois publique lancent le plan Next.

Au passage, les usagers sont devenus des clients, et les décennies de recherche, de développement, et de savoir-faire technologique de pointe reconnus mondialement aux télécoms françaises sont passées par pertes et profits : la rentabilité est devenue le maître mot.

Il y a bien un lien de causalité directe entre l’introduction de la concurrence orchestrée par l’UE [...] et les dégâts humains, sociaux mais aussi économiques qui en ont résulté.

Bref, le cadre contraignant vient bel et bien de Bruxelles ; et les gouvernants français successifs, quelle que soit leur couleur politique, ont été des acteurs de premier plan. On notera en particulier que l’étape décisive, l’ouverture du capital, a été l’une des premières mesures du gouvernement Jospin associant toutes les nuances de la «gauche plurielle».

Quoi qu’il en soit, il y a bien un lien de causalité directe entre l’introduction de la concurrence orchestrée par l’UE, la privatisation mise en œuvre par les gouvernants français, la guerre commerciale sans merci qui en a découlé, et les dégâts humains, sociaux mais aussi économiques qui en ont résulté. Il est bon que les plus hauts dirigeants d’un groupe emblématique se retrouvent ainsi face à la justice – c’est du reste une première. Mais on attend encore que les responsables politiques figurent, eux aussi et plus encore, sur le banc des accusés.

D’autant que les magistrats instructeurs n’ont pas hésité à rappeler que le plan Next «a été conçu sous la pression des marchés financiers», et que les promesses faites à ces derniers ont été tenues rubis sur l’ongle : 22 000 départs, et 7 millions d’euros de cash-flow.

A qui profite le crime ?

 

 
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20 mai 2019 1 20 /05 /mai /2019 15:02
Aurélien Bernier : "L’Union européenne se révèle comme un agent du capitalisme le plus violent, jusqu’à nier l’expression démocratique et martyriser le peuple"
Aurélien Bernier : « L’Union européenne surplombe toutes les questions économiques et sociales »
Ancien militant d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), Aurélien Bernier est l’auteur de nombreux essais sur la démondialisation ou l’écologie, dont « La gauche radicale et ses tabous » (Seuil, 2014) et « La démondialisation ou le chaos » (Utopia, 2016). Il vient de publier avec le collectif Chapitre 2 « La gauche à l’épreuve de l’Union européenne » (éditions du Croquant, 2019). Il revient avec nous sur ce dernier ouvrage.
 
Le Comptoir : Comment et pourquoi s’est constitué le collectif Chapitre 2 ?

Aurélien Bernier : Nous sommes un groupe d’amis. Nous nous sommes croisés dans des mouvements militants et nous avons gardé le contact. Nous sommes tous actifs dans le débat politique et intellectuel et partageons des valeurs essentielles : nous sommes internationalistes, nous luttons contre le pouvoir de la finance et des multinationales et nous sommes eurocritiques.

Chapitre 2 se constitue entre les précédentes élections européennes (2014) et les élections nationales de 2017, après la capitulation de Syriza en Grèce. La crise grecque a profondément changé les données du débat politique. Nous voyons d’abord l’Union européenne se révéler comme un agent du capitalisme le plus violent, jusqu’à nier l’expression démocratique et martyriser le peuple. Nous voyons également la gauche incapable d’élaborer un plan crédible pour sortir de la crise, en particulier parce que ses réponses sur l’Union européenne ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux. Pour nous, le sujet européen est central pour la gauche, car l’Union européenne surplombe toutes les questions économiques et sociales.

« Au cœur de ce livre, nous avons placé la question taboue par excellence : celle du carcan juridique européen. »

Les positions des partis de gauche présents à l’élection européenne de 2014 étaient floues et largement basées sur l’idée de changer l’Union européenne “de l’intérieur”, un scénario que la crise grecque rendait irréaliste (à supposer qu’il ait un jour été possible, ce que je n’ai personnellement jamais cru). Notre groupe a donc voulu intervenir publiquement dans la séquence électorale de 2017. Nous avons notamment organisé un débat pendant la campagne présidentielle en invitant toutes les forces étiquetées “à gauche”, qui sont toutes venues. Nous les avons interpellées sur les angles morts de leur approche sur l’Union européenne, sur le fait qu’elles sous-estimaient les rapports de force et les contraintes juridiques. [...]

La suite ici : https://comptoir.org/2019/05/09/aurelien-bernier-lunion-europeenne-surplombe-toutes-les-questions-economiques-et-sociales/

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