L’erreur statistique n’excède pas 3,4%.
Comment et à qui sert la guerre civile, les forces politiques en présence : l’éviction des communistes ukrainiens
Ce sondage mérite une interprétation politique. Nous voyons que la position du parti communiste et de certains membres du parti des régions, désormais écartés des débats à la Rada, quasiment interdits, en tous les cas en jugement pour cette interdiction sont largement majoritaires dans le pays qui veut la paix. Et cette interdiction montre que l’on souhaite priver la population d’exprimer sa volonté de paix. Il s’agit donc d’une forme de fascisation, celle visant à empêcher la majorité de s’exprimer pour la soumettre à la violence, celle du recrutement forcé de militaires qui ne veulent pas aller combattre, celle des mères et des épouses qui protestent. Celle surtout d’une résistance à la politique d’austérité et de privatisation imposée par le FMI. Il est à noter que cette interdiction politique fondamentale pour la défense de la démocratie ukrainienne n’a soulevé aucune protestation véritable en Europe et encore moins du parti communiste français qui s’est contenté d’un communiqué du bout des lèvres sans combat politique. Alors que c’est là l’essentiel : priver le peuple ukrainien de la possibilité d’exprimer sa volonté de paix.
Et c’est là que nous pouvons également mesurer ce que je tente de définir comme un type de fascisation dont l’Europe est victime. En effet plus de 30% de la population est désormais prête à un combat fratricide parce qu’on l’a convaincue qu’elle est victime d’une agression russe avec le même genre d’arguments que nos propres médias emploient contre nous. La guerre civile, l’anéantissement sur des critères "ethniques" complètement fabriqués a transformé la révolte du Maydan contre l’oligarchie en combat raciste empreint de russophobie. Pourtant ce serait tout à fait illusoire de limiter la fascisation aux extrémistes de Pravy Sektor, l’encouragement à la russophobie au massacre d’une partie de la population considérée comme une 5e colonne dans le corps national de l’Ukraine est impulsée depuis le début par les Etats-Unis, l’OTAN et avec la complicité de l’OTAN. jamais nulle part le fascisme n’a été majoritaire y compris avec Hitler, il a été choisi par le capital et les forces conservatrices comme réponse au mécontentement populaire pour imposer exploitation, pillage et guerre, à commencer par la guerre civile
Le véritable fascisme utilisant les fascismes locaux, une hégémonie en crise, l’ethnicisation des conflits de classe
C’est une folie quand on connait l’histoire de l’Ukraine, la mosaïque de sa population et cette folie, cette représentation identitaire y compris son assise sur les bandes nazies de la deuxième guerre mondiale, est l’instrument du fascisme tout à fait actuel, celui d’une hégémonie occidentale en crise profonde. Et c’est là que nous voyons bien que le fascisme impérialiste ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Il s’agit de transformer également toutes les résistances, les luttes antifascistes en combats raciaux. Si les insurgés du Donbass, il suffit de lire leur manifeste, de voir la place qu’y tiennent les communistes et progressistes pour s’en convaincre ne jouent pas la dimension raciste, c’est celle-ci qui est privilégiée par nos propres médias. Il est inventé une résistance purement slavophile avec exaltation de la chrétienté.
Bref nos médias vont prendre la partie pour le tout et inventer des barbouzes de l’occident pour mieux tenter de nous convaincre que le combat pour la démocratie passe par la dénonciation de ce nouvel Hitler. Là notre propre fascisme, FN et identitaire joue son rôle de masque, faute de la présence de communistes. Et là cela concerne moins l’Ukraine que la France.
Danielle Bleitrach