Nous publions ci-dessous un extrait d'une analyse du projet de traité transatlantique ( Traité Etats-Unis-Europe) parue sur Agoravox. Vous trouverez d'ailleurs beaucoup d'articles à ce sujet sur ce site. Eclairant.
Et pour imaginer ce que seraient les conséquences de ce traité, nous joignons le communiqué de la CGT (Métallurgie) protestant contre l'interdiction faite aux salariés de l'entreprise Vallourec aux Etats-Unis ( Youngstown) de créer un syndicat sur le site. Le patron de Titan n'est pas une exception aux Etats-Unis. Et les patrons français de Vallourec sont ravis de pouvoir interdire un syndicat aux Etats-Unis puisque la loi et le rapport de forces le leur permettent. On n'ose imaginer ce qu'ils feraient si le traité transatlantique était signé ...
Extraits de "Comment le traité transatlantique menace l’emploi et les droits sociaux (AGORAVOX)"
« - La course au moins-disant social : moins de droits, plus d’obligations pour les travailleurs
A travers l’harmonisation des normes et règles entre les deux puissances transatlantiques, il se pourrait que le droit du travail soit lui aussi remis en cause. Les Etats-Unis ont catégoriquement refusé de ratifier certaines des normes les plus élémentaires en matière de droit du travail, dans le cadre de l’organisation internationale du travail (OIT), y compris les conventions sur la liberté d’association et de pratiques syndicales. Dans le même temps, les récentes attaques de la commission européenne sur les salaires, dans le cadre de la crise de l’euro, démontrent les dispositions particulièrement menaçantes de l’UE à l’égard des normes en matière de travail [20]. Le PTCI pourrait servir d’instrument pour réformer la législation du travail en Europe, et l’« harmoniser » avec celle des Etats-Unis. Celle-ci comprend par exemple une disposition anti-syndicale tristement célèbre, sous une dénomination trompeuse (The Right To Work), qui restreint systématiquement la liberté des employés de s’associer – avec des conséquences désastreuses pour leurs droits [21].
Selon la fédération syndicale AFL-CIO, la législation étatsunienne a contribué à une course au moins-disant social en termes de salaires, de normes de santé et de sécurité, à mesure que les états étaient mis en compétition pour attirer les capitaux [22]. Lorsque la commission européenne annonce qu’elle souhaite faire l’inventaire de la législation du travail de sorte à « réduire le risque de voir l’investissement étatsunien diminuer en Europe au bénéfice d’autres régions du monde [23] », il y a fort à craindre que la compétition entre les Etats membres de l’Union européenne soit exacerbée par la signature d’un accord transatlantique. Après tout, la législation du travail européenne n’a-t-elle pas été identifiée comme « mesure non-tarifaire » qui ferait obstacle au commerce transatlantique [24] ?
Ainsi, ce ne sont pas seulement des centaines de milliers d’emplois qui sont menacés dans les nombreux secteurs qui seront affectés par la baisse des tarifs douaniers entre l’Union européenne et les Etats-Unis ; mais aussi le droit des européens à travailler dans des conditions dignes, à s’organiser et à se défendre dans une Europe frappée de plein fouet par l’austérité et le chômage.
Traduit par Frédéric Lemaire pour les Dessous de Bruxelles »
Ci-dessous un communiqué de presse de la fédération des travailleurs de la métallurgie CGT : éclairant sur l'absence de libertés syndicales aux Etats-Unis