Grèce : la Troïka a tué le système de santé
En Grèce le taux de chômage est de 27% ( pour rappel, il était de 7,2% en 2008, avant les remèdes de la Troïka). Un des résultats est l'exclusion de l'assurance maladie de près de deux millions de Grecs. Les dépenses publiques de santé ont été plafonnées. Le budget des hôpitaux a reculé de 25% entre 2009 et 2011. La mortalité infantile a progressé de 48% entre 2008 et 2011. Les suicides ont augmenté de 45% entre 2007 et 2011. La consommation et le nombre de consommateurs de drogue ont augmenté. Les infections au virus du sida chez les toxicomanes ont décuplé. Sous la pression de la Troïka encore, la prise en charge publique des achats de médicamments est passée de 5,6 milliards d'euros en 2009 à 2,3 milliards en 2013 ... ( d'après Alternatives économiques, Octobre 2014).
Ces chiffres sont confirmés par d'autres recherches.
Dans le Monde du 19 04 2013, il est fait état du résultat d'une étude faite par des chercheurs grecs et américains.
"Nous nous attendions à ce que les mesures d'austérité aient des effets négatifs sur les services de santé et la santé publique mais l'impact a été beaucoup plus sévère que nous ne l'avions imaginé", a expliqué le principal auteur de cette étude, Elias Kondilis, chercheur à l'université Aristote.
Citant la situation grecque, ces chercheurs mettent en garde contre des effets néfastes similaires sur la santé publique dans d'autres pays européens confrontés à une situation économique difficile et même aux Etats-Unis où on évoque des coupes dans les programmes de couverture médicale des retraités et plus largement de santé publique.
Et d'après une étude universitaire britannique les mesures d'austérité du gouvernement grec ont un lien direct avec l'augmentation des suicides.(euractiv.fr)
L'organisation caritative The Samaritans a indiqué dans un communiqué que le lien entre le chômage et le suicide était évident ; une tendance qui se renforce durant les périodes de récession.
« Les personnes les plus démunies ont une espérance de vie plus courte, ont des problèmes d’ordre physique et psychique et présentent également le taux de décès par suicide le plus élevé. Ces inégalités nécessitent une réponse de la part de services comme The Samaritans », peut-on lire dans le communiqué.
Environ 508 suicides se sont produits en 2012, selon les données publiées le mois dernier par l'autorité statistique hellénique (ELSTAT). Il s'agit d'une augmentation de 36 % par rapport à 2008, avant que la crise économique ait commencé.
Le gouvernement français veut achever la destruction de la sécurité sociale. Pour livrer notre santé aux assurances privées, aux cliniques privées. Comme le veut Bruxelles, avec l'accord du gouvernement Valls-Hollande, exécuteur des désirs du capitalisme, de ses multinationales et des organisations patronales. Les contre-réformes successives de la sécurité sociale vise à démanteler et à détruire le plan de sécurité sociale voulu par le Conseil National de la Résistance, mis en oeuvre par le ministre communiste Ambroise Croizat dès 1945. L'ordonnance de 1945 précise que "la sécurité sociale est financée par les cotisations des employeurs et des salariés et est gérée paritairement par l'ensemble des partenaires sociaux représentés par les syndicats de travailleurs et les organismes patronaux".
La sécurité sociale, comme les retraites est la propriété de tous les salariés. Il s'agit aujourd'hui de la sauver et de la reconquérir. Sinon, nous risquerions fort de connaître le sort des Grecs. La santé seulement pour ceux qui peuvent payer.