Lu sur le site du SNES, cette présentation du livre de Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Mis en ligne à l'occasion des élections professionnelles
Nos statuts - Nos missions
jeudi 23 octobre 2014
Régulièrement mise en cause dans les discours de l’opposition, la Fonction publique est soumise à la rigueur par la politique gouvernementale de baisse de la dépense publique.
Sarkozy, candidat à la présidence de l’UMP a choisi d’attaquer la Fonction publique et ses agents. En dénonçant « l’emploi à vie » des fonctionnaires, il éclaire son projet politique, considérant que la précarité serait une source d’efficacité, à l’opposé de l’expérience sociale. Et lorsqu’il reprend le slogan « des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés », comment ne pas s’intéresser au bilan de son quinquennat, d’autant que les données statistiques de l’INSEE pour l’année 2012 commencent à être disponibles ?
Dans la Fonction publique de l’Etat, de 2007 à 2012, les emplois ont diminué de 7 %, le salaire moyen, en euros constants, a progressé d’un peu moins de 3 %, ce qui apparait peu compte tenu de l’élévation des qualifications et du vieillissement des personnels. En revanche, il faut souligner que les inégalités salariales se sont accrues dans la période puisque le salaire moyen des femmes a progressé de 2,26 % et celui des hommes de 4 %. Pour les enseignants, l’augmentation – de 2,86%- est liée à la revalorisation indiciaire du bas de la grille, partiellement annulée à la rentrée 2014, et aux heures supplémentaires, la part des « primes » dans le salaire des certifiés étant passée de 8,3 % à 13 %.
Le SNES-FSU et la FSU défendent que la Fonction publique et les services publics sont un outil essentiel pour assurer plus de justice sociale, et un réel atout pour notre pays. Ils combattent donc les choix budgétaires du gouvernement pesant sur les salaires et l’emploi public. Dans ce contexte, la « revue des missions de l’Etat » devant proposer d’externaliser ou de privatiser celles des missions qui ne seraient pas prioritaires a de quoi inquiéter. D’autant plus que le Parlement n’a pas, en plus d’un an, trouvé le temps d’examiner le projet de loi abrogeant l’essentiel de la loi mobilité.
En finir avec les idées fausses sur les fonctionnaires
« On devrait augmenter les droits d’inscription dans les universités pour que leur budget soit équilibré. »
Procéder de la sorte, c’est oublier que l’on ne se forme pas seulement pour soi.
Un certain nombre de pays étrangers (…) ont recours à cette augmentation des droits d’inscription. Et pour permettre aux étudiants de payer les banques leur prêtent de l’argent. (…) La théorie qui justifie ces pratiques est celle du « capital humain » : quand on se forme, on peut en tirer un profit personnel en obtenant un emploi mieux rémunéré ; il serait donc normal de payer pour sa formation.
Mais quand on regarde les conséquences pratiques, on s’aperçoit que cela produit un endettement considérable des étudiants, au point que seule une partie d’entre eux est en situation de rembourser (en Grande-Bretagne, ce sont environ 45 % des prêts qui ne sont pas remboursés). Et ceux qui remboursent passent leurs premières années d’activité professionnelle avec le fardeau de cette dette ou alors font tout pour gagner le plus vite possible le maximum d’argent. (…) Cette perspective peut être dissuasive pour les jeunes issus des milieux les moins favorisés, ce qui risque d’accentuer de fait la sélection sociale à l’entrée dans le supérieur.
On constate également que, peu à peu, la part prise par les droits d’inscription dans le financement des universités des pays concernés s’accroît, prenant progressivement la place des financements publics. Sans compter que cela aiguise la concurrence entre les établissements (…).
Si un pays comme la France s’est donné comme objectif d’élever sensiblement le pourcentage d’une classe d’âge accédant à un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est d’abord parce que notre économie et notre société en ont besoin : former des jeunes au meilleur niveau est un investissement d’avenir. Et il est légitime que cet investissement soit assumé collectivement à travers l’impôt dont une des finalités est de jouer une fonction redistributrice au sein de la société.
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- En finir avec les idées fausses sur les fonctionnaires
" En finir avec les idées fausses sur les fonctionnaires et la fonction publique" Bernadette Groison, Editions de l’atelier.
En vente sur le site :
http://www.librairie-renaissance.fr...