Le point de vue de Jean Lévy, lu sur "çanempechepasnicolas". Nous partageons son analyse. Notamment sur la responsabilité des syndicats pour faire la lumière sur les politiques européennes conçues et mises en oeuvre par la commission de Bruxelles et les chefs d'Etat européens dont F. Hollande. Ces derniers ont, de concert et en plein accord, décidé des contre-réformes sociales et de la politique d'austérité à mettre en oeuvre. Or l'UE est curieusement absente de la plupart des déclarations. Seule FO demande de "réorienter la construction européenne, de revoir les traités, d'arrêter de diluer l'Europe dans la logique des marchés". Mais c'est pour l'illusoire "Europe sociale" que FO invite les salariés à se battre. Mais ceux-ci ont fait l'expérience que cette UE, depuis plus de 50 ans d'existence, et plus de 50 ans d'alternance entre la droite et la social-démocratie, n'a jamais été sociale. Ils ont d'ailleurs massivement rejeté cette UE le 25 mai dernier.
A la veille du 14 juillet... Comme nous chantions naguère : "C'est pas à l'Elysée, c'est pas dans les salons qu'on obtiendra satisfaction !" par Jean LEVY
La conférence "sociale" Hollande-Medef-CFDT continue sans la CGT et FO.
Certes, la CGT (et FO) n'assistent pas à la seconde journée de la Conférence dite "sociale" Medef-Hollande-CFDT.
Cette absence, exigée par de nombreuses organisations de la CGT, constitue le minimum de ce qu'une organisation syndicale, digne de ce nom, pouvait faire.
Mais pourquoi assister au premier jour d'une telle comédie ?
Par "respect" vis-à-vis du président de la République ?
Hollande et son gouvernement Valls ont-ils, eux, du "respect" pour les engagements pris par le candidat Hollande lors de la campagne électorale vis-àvis des électeurs ?
La politique de collaboration étroite avec le Medef, suivie depuis 2012 par le pouvoir PS, suffisait pour justifier une absence totale de la CGT. Son secrétaire-général Thierry Lepaon allègue le désir d'entendre la déclaration présidentielle, comme si les actes du gouvernement n'étaient pas eux-mêmes explicites...
Cela rappelle la déclaration de Bernard Thibault acceptant dès l'investiture de Nicolas Sarkozy, au printemps 20107, l'invitation de celui-ci de se rendre à l'Elysée pour, avait-il dit, "connaître les intentions du nouveau président", alors que celui-ci n'avait pas guère caché la couleur de son programme...
Plus fondamental, au-delà d'un formalisme dit "républicain" mal venu, se pose la question de la nature du pouvoir, qu'il fût de droite" ou abusivement, colorié en rose.
Thierry Lepaon sait fort bien que la politique suivie à Paris n'est que le "copier-coller" de celle décidée à Bruxelles (et à Berlin) au nom de "l'Europe", politique dictée par BusinessEurope, le Medef européen.
Alors ?
Pourquoi feindre d'attendre d'en prendre connaissance par la bouche du Président ?
Ce que les salariés, les privés d'emploi et les retraités attendent des syndicats, c'est une riposte populaire d'envergure, pas la promenade trimestrielle sans lendemain, battelant la semelle sur les pavés de nos villes, c'est une contre-offensive de classe préparée par une mobilisation idéologique sur les enjeux réels de la bataille de classe menée depuis des décennies par le Capital européen et étasunien, dénonçant les objectifs de celui-ci visant à désarmer les travailleurs, pour en faire nouveaux esclaves "taillades et corvéables à merci", aidés en cela par leurs fondés de pouvoir politiques de droite comme de "gauche".
Les syndicats, par leur ancrage au coeur des entreprises, et d'abord la CGT, doivent faire la lumière sur le rôle central joué par l'Union Européenne, véritable prison des peuples, dans le processus de saccage planifié des conquêtes ouvrières, des libertés conquises par les peuples, par le nôtre en particulier, au cours de ses révolutions. contre les différentes oligarchies, celle de la noblesse comme celle de l'argent.
Le 14 juillet 1789 a ouvert la voie à un monde nouveau.
Sachons nous en inspirer.
Jean Lévy
INFO AGENCE
SUR LA CONFERENCE "SOCIALE"
OUVERTE LE 7 JUILLET 2014
La conférence s'était ouverte dans un climat tendu.
Le Premier ministre a suscité la colère des syndicats en annonçant la semaine dernière le report partiel d'un mécanisme de compensation de la pénibilité au travail lié à la réforme des retraites, pour apaiser la Medef et la CGPME, qui menaçaient de ne pas participer à la réunion.
Finalement, ce sont les secrétaires généraux de la CGT et de FO, Thierry Lepaon et Jean-Claude Mailly, qui ont annoncé lundi que leurs organisations boycotteraient les tables rondes prévues mardi et la séance de clôture par Manuel Valls.
Thierry Lepaon a accusé le gouvernement de "pratiquer le dialogue social avec le Medef", qui "a obtenu ce qu'il a voulu avant même l'ouverture de la conférence sociale". "Aucune revendication en matière de salaire, d'emploi, de financement de la protection sociale, d'emploi industriel ne figure à l'ordre du jour de cette conférence sociale", a-t-il déploré devant la presse.
Jean-Claude Mailly a pour sa part dénoncé "un vrai bug dans le dialogue social" -"Quand vous annoncez des choses et que vous ne consultez pas, j'appelle ça du mépris."
"On a le sentiment que le gouvernement répond aux revendications du patronat mais ne s'intéresse pas aux attentes des salariés", a ajouté le dirigeant de FO.
Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, avocat d'une culture du compromis à l'allemande et jusqu'ici soutien des réformes entreprises par le gouvernement, a lui aussi stigmatisé les annonces de Manuel Valls la semaine passée.
Mais il a déclaré que la politique de la chaise vide était contre-productive et contraire à la tradition de sa centrale. Il a confirmé sa participation à la suite de la conférence, mardi, aux côtés de la CFTC et de la CFE-CGC.
LE MEDEF SATISFAIT
Le ministre du Travail, François Rebsamen, a regretté l'absence de la CGT et de FO mardi mais estimé que le dialogue n'était "pas rompu" pour autant.
Les dirigeants des organisations patronales se sont pour leur part dits satisfaits de cette première journée.
"Je crois que ça s'est plutôt pas mal passé", a déclaré le président du Medef, Pierre Gattaz, qui a souhaité que les réunions proposées par François Hollande soient "conclusives".
Quant à l'absence de FO et de la CGT mardi, il s'est borné à espérer que cette "mauvaise humeur" serait bientôt dépassée.
"Ce que j'espère, c'est que nous pourrons retravailler avec l'ensemble des partenaires sociaux (...) et qu'en septembre on les verra revenir", a-t-il dit.