
En vérité, ce sont les conquêtes sociales de la Libération et de 36 qu’il veut remettre en cause au nom de la "compétitivité". Il réclame un assouplissement des 35 heures, sans contrôle, et met ainsi les salariés à la merci des chefs d’entreprises. Il propose des franchises médicales et incite donc les Français à se tourner vers les assurances privées, afin de démanteler à terme la sécurité sociale. Il veut aussi réduire les possibilités d’action des conseils de prudhommes. Rachida Dati, Garde des Sceaux aux dents longues, s'apprête à supprimer un conseil de Prud'homme sur trois, au nom de la "modernisation de la Justice".
Sarkozy a puisé ses forces dans la social-démocratie et son idéologie droitière. Le PS en soutenant le « oui » à l’économie de marché, en approuvant tous les reculs sociaux de l’Europe capitaliste a fait croire qu’aucune politique de gauche n’était possible dans ce pays, ruinant ainsi l’espoir de millions de salariés qui, désorientés, se sont tournés vers le populisme d'un président frôlant par moment l'hystérie. Conséquence de cette chienlit idéologique, certains socialistes, et non des moindres, ont répondu à l’appel de ce président atlantiste et européiste.
Les mesures prises contre le monde du travail paraissent viser certaines catégories seulement (bénéficiaires des régimes spéciaux, fonctionnaires, notamment). Mais il s'agit en fait d'une attaque réfléchie, globale et frontale contre des acquis sociaux obtenus par les luttes et qui font encore de la France une exception dans le monde.
Nous ne nous cachons pas que la riposte tarde à venir, mais il semble que les travailleurs commencent à entrevoir ce qui les attend s'ls ne réagissent pas haut et fort. A cet égard, les prochaines semaines pourraient bien être cruciales.