- 04 Sep 2017
En avril 2016, une loi votée à l’initiative du parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir en Pologne, obligeait les collectivités locales à débaptiser les rues évoquant le souvenir de la « Pologne populaire ». Outil gouvernemental au service du révisionnisme historique, l’Institut de la mémoire nationale (IPN) leur laisse jusque fin août 2017 pour se plier à cette disposition. Une mesure qui vise à effacer de la mémoire les avancées sociales enregistrées de 1944 à 1989, mais aussi, de façon plus large, les combats menés par la gauche polonaise au cours du XXe siècle. Les propositions de débaptisations formulées par la municipalité de Walbrzych ont suscité un flot d’indignation. Tant en France que dans cette ville de Basse-Silésie où ont réémigré, à la Libération, des milliers de travailleurs polonais en provenance de l’Hexagone. Historien de l’immigration polonaise et journaliste, Jacques Kmieciak tire les premiers enseignements d’une mobilisation impulsée, dans le Nord-Pas-de-Calais, par l’association Les Amis d’Edward Gierek.
Quel bilan tirez-vous d’une mobilisation initiée dès janvier dernier ?
Ces mesures iniques ont suscité une levée de boucliers, dans le Nord-Pas-de-Calais, où ont émigré, dans l’entre-deux-guerres, des milliers de Polonais invités à y relancer la production charbonnière. Dès l’hiver dernier, Christian Pedowski, le maire PCF de Sallaumines, intervenait auprès des autorités municipales de Walbrzych pour le maintien de la rue Burczykowski, une famille de résistants décimée pendant la Seconde Guerre mondiale. Des parlementaires communistes du Nord (Jean-Jacques Candelier, Dominique Watrin) lui ont emboîté le pas… Tout comme Jean-Luc Coquerelle, le maire de Montignyen-Ostrevent (dont était originaire le syndicaliste Thomas Rabiega) ou encore Freddy Kaczmarek, le maire d’Auby, à l’origine du baptême (« Rabiega-Kania ») très médiatisé de l’A 21. Le PCF, le PRCF, l’UD CGT du Nord, le Comité de Lille de l’ANACR ont également fait part de leur indignation. Tout comme l’Institut CGT d’histoire sociale du Douaisis et environs. Des militants socialistes et même des Républicains se sont associés à cette démarche, outrés à l’idée que le gouvernement polonais puisse prétendre s’attaquer au souvenir de la Résistance. En Pologne, la communauté francophone de Walbrzych est également montée au créneau. Un ancien rapatrié du Douaisis, Bogdan Krol, a joué un rôle très important. Il s’est montré décisif. Le Parti communiste polonais (KPP) s’est aussi fait l’écho des initiatives menées en France.
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