- 04 Apr 2016

Photo parue sur Investig'action
En 1932, la IIIe République déchoit de sa nationalité française le syndicaliste unitaire et ancien mineur de charbon Tomasz (Thomas) Olszanski. Son tort ? Avoir stigmatisé l’attitude des magnats des Mines qu’il accuse de « bafouer les droits des Polonais », mais aussi l’État français « complice de leurs exactions ».
Fuyant la Galicie polonaise sous occupation autrichienne, et sa misère, Thomas Olszanski s’installe dans le Bassin minier du Pas-de-Calais en 1909 pour y exercer comme mineur. Formé à l’école du syndicalisme révolutionnaire cher à la CGT d’avant-guerre, ce fils de paysan fait le choix en 1921 du Parti communiste français et entreprend d’organiser, au sein de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU), la main-d’œuvre polonaise qui contribue à la relance de l’activité charbonnière dans une région sinistrée.
En 1922, il acquiert la nationalité française. Elle lui offre de s’affranchir de la menace d’expulsion qui pèse sur les activistes étrangers d’extrême gauche. Mieux, ce sésame lui permet d’accéder à un poste de dirigeant syndical ; ce que la loi du 21 mars 1884 « relative à la création des syndicats professionnels » interdit aux étrangers… En 1923, sa connaissance des langues française, allemande et surtout polonaise le propulse à la tête du secteur « main-d’œuvre étrangère » de la Fédération unitaire des mineurs de France (CGTU) dont il devient un secrétaire. Et aussi un permanent national. La renommée de cet « agitateur volant » aux indéniables talents d’orateur, assure le succès des meetings qu’il anime dans les bassins miniers de charbon, de fer ou de potasse. [...]
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