Une vieille industrie lourde prise dans la tourmente des exigences de rentabilité à court terme (publié sept 2015)
Vallourec est un groupe industriel plus que centenaire, longtemps ancré dans ses régions d’origine, le Nord et la Bourgogne.
Au cours des années 2000, les restructurations et les créations de filiales à l’étranger réduiront peu à peu cet enracinement national. Cependant l’importance des investissements encore effectués sur le territoire français, pour répondre aux besoins du nucléaire, permettra au Groupe de maintenir l’apparence de responsabilité et de citoyenneté. Sa politique de développement de l’actionnariat salarié accentuera ce caractère social.
Mais le « recentrage sur le cœur de métier », les fluctuations du prix du pétrole, l’accident de Fukushima, freineront la rentabilité des investissements et pèseront sur les résultats.
Malgré tous ces facteurs défavorables, les résultats resteront bénéficiaires, certes en baisse régulière et surtout loin du niveau espéré par les actionnaires.
Afin de justifier des mesures drastiques de réduction d’effectif en 2015 en France et en Europe, le groupe Vallourec s’attachera à présenter un déficit en 2014 par un simple jeu d’écriture « dépréciation d’actif » . Mais très curieusement, les actionnaires seront rassurés car pour eux, le résultat 2014 est présenté comme positif et des dividendes seront versés comme les années précédentes.
Les grandes disparités de résultats entre filiales pourtant localisées dans les mêmes régions, ainsi que les bénéfices dégagés dans les holdings ne permettent pas une analyse rigoureuse de la situation de chacune des filiales. Le sacrifice de l’aciérie de Saint-Saulve pourrait être un simple gage donné aux actionnaires.
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