- Écrit par Myriam Guillaume dans La Marseillaise
- jeudi 3 décembre 2015 17:43
Les salariés résistent fièrement face à la violence des attaques sociales et antisyndicales.
photo Mohammed el Hamzaoui L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La MarseillaiseLa journée nationale d’actions interprofessionnelles a donné lieu à un rassemblement sous les fenêtres du patronat à Marseille, jeudi 2 décembre. Un bloc progressiste contre les politiques d’austérité.
La politique du gouvernement socialiste et l’envolée de la criminalisation des actions syndicales sont dans la ligne de mire des forces progressistes, nationalement, avec un accent prononcé dans le Sud. Dans les Bouches-du-Rhône où tout le bassin d’emplois est frappé de plein fouet par la casse sociale qui passe par celle du code du travail, la CGT fait monter la pression avec une démarche de convergence des luttes. Toutes les sections de l’Union départementale CGT, avec le NPA, la FSU, Solidaires, le PCF, les JC et le PG étaient rassemblés dès 14h place Charles-de-Gaulle devant le Medef.
Mercredi, jour prévu de l’audience au tribunal de Bobigny des 5 salariés d’Air France, finalement reportée au 27 mai, diverses initiatives se sont déroulées le matin sur tout le bassin d’emplois destinées à informer et à mobiliser les salariés des entreprises du département face aux « choix politiques économiques et sociaux d’un gouvernement qui sert les intérêts du monde de la finance, aux actionnaires, qui ruinent le pays et se livrent à une répression syndicale sans précédent » rappelle le secrétaire général de l’UD CGT lors d’un grand rassemblement à Marseille. Une UD bien décidée à « en finir avec la mainmise des multinationales » qui, avec l’appui du gouvernement « utilise l’état d’urgence comme un moyen supplémentaire à sa disposition ».
Éclatement du modèle social, coups portés contre l’industrie, l’emploi en général, instaurent un climat délétère, ruinent les espoirs de la jeunesse et les dividendes augmentent chaque année. Mais la riposte est lancée. « Nous ne les laisserons pas faire. Air France, SNCM, Casino, Saint-Louis Sucre, Sodexo... aucun de vous ne sera seul dans le combat car nous ne cesserons jamais de travailler à la convergence de nos luttes », promet Olivier Mateu.
Chez Air France justement, Aimé Musto fait le décompte : « Un PSE à 2 900 salariés, 80 suppressions à Ajaccio, 74 sur Bastia et 70 sur Nice... » et suite à l’épisode de la chemise déchirée, « 11 sanctions de 2e degré, des mises à pied pour des faits pas avérés car nous avons visionné le film à charge, il n’y a rien, 5 licenciements, un recours gracieux refusé... elle est là la violence. Et on peut tous y être confrontés. Nous sommes en légitime défense. » La réponse des salariés d’Air France à ces pressions ne s’est pas faite attendre : un arrêt de travail. Depuis le 1er décembre « 90% de grévistes tous services confondus à l’aéroport Marseille-Provence ».
Du côté des marins de la SNCM, la grève a été reconduite, pour le douzième jour, à 70% le matin même. « Pour défendre les 900 emplois concernés par la reprise de la compagnie », précise Frédéric Alpozzo. Le secrétaire général de la CGT marins ne décolère pas devant les méthodes utilisées pour saboter la compagnie : « Ce gouvernement montre son vrai visage, ennemi des valeurs républicaines et qui se dit socialiste, c’est une imposture. Il fait pire que la droite. » Là encore, la sanction, « tout sauf l’extrême droite », réside dans la « convergence totale. Il faut créer les conditions d’un nouveau programme de la Résistance, organiser le rapport de force car il n’y a que ça qu’ils comprennent. Soyons fiers de lutter pour les travailleurs et la population. »
Myriam Guillaume
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