Publié le 6 juin 2015 sur ce blog
Les Good Year ont fait un projet de SCOP qui a été rejeté par la direction de l'entreprise qui veut liquider l'usine d'Amiens. Et laisser délocaliser de fait la production de l'usine.
Goodyear : Des bénéfices quadruplés en 2014
La firme américaine Goodyear est le troisième fabricant de pneumatiques au monde, après Bridgestone./Firestone et Michelin. ( source wikipedia)
"Goodyear a quadruplé son bénéfice en 2014 grâce à un crédit d'impôt qui lui a permis de compenser des effets de change défavorables et une baisse des volumes de ventes en Europe. Sur l'ensemble de l'année 2014, le groupe d'Akron (Ohio, nord-est) a engrangé un bénéfice net de 2,45 milliards de dollars.
Ces solides résultats se traduisent par des bénéfices par action, mesure scrutée par les investisseurs en Amérique du nord, supérieurs aux attentes.
L'entreprise, qui a confirmé ses prévisions pour 2015, souligne qu'elle a par ailleurs réalisé des économies de coûts suite à la fermeture annoncée en novembre dernier de l'usine d'Amiens-nord en France (1.143 emplois) faute de repreneur." ( source Le Figaro.fr ).
La multinationale continue donc de verser de fructueux dividendes à ses actionnaires.
Le secteur pneumatique et ses salariés en France victimes du dumping social
Les pneus pour le secteur agraire constitue 16 % du marché en France. C’est ce secteur que Goodyear a décidé de brader et d’abandonner à ses concurrents. Or c’est le secteur des pneumatiques dont la balance commerciale est déficitaire en France : 400 millions de déficit commercial en 2014. Ce secteur et notamment le secteur agraire est, surtout depuis une dizaine d’années concurrencé par des firmes asiatiques ( La firme indienne BKT notamment) qui produisent à bas coûts. Or le marché intérieur français (pneumatique et caoutchouc industriel) s’est de plus en plus ouvert aux importations. Et Goodyear annonce une nouvelle usine ultra moderne au Mexique.
Ce sont donc bien des délocalisations de fait, le dumping social et la recherche de profits maximum qui ont conduit Goodyear à fermer son usine d’Amiens.
Fermer en France pour augmenter les dividendes
Le refus de la direction de l'entreprise est clair : elle ne veut pas de concurrent en Europe. Elle ne veut pas non plus, que les salariés de Goodyear démontrent que leur usine est rentable puisqu'elle liquide tout et ne vend pas. Les licenciements de Goodyear-Amiens sont des licenciements boursiers.
Ce n'est pas à l'entreprise liquidatrice de dire si l'entreprise est viable ou pas. Elle se contredirait si elle le faisait puisque son seul argument était que le marché européen n'était pas assez rentable ...
Responsabilité de l'Etat
L'Etat doit intervenir. Il peut aider les salariés à mettre en oeuvre leur projet de SCOP. Des centaines de salariés se battent pour leur emploi. On attend du gouvernement Hollande qu'il fasse de même.
Les salariés de Fralib ont conquis leur SCOP de haute lutte. On voudrait que les Good Year n'attendent pas aussi longtemps pour voir aboutir leur projet.
Une solution serait de mettre en place des échanges commerciaux et des coopérations équitables de façon à ne pas laisser fondre chaque année notre potentiel industriel. Mais cela supposerait de contrôler ces échanges commerciaux et donc nos frontières. De cela l'UE, le traité de Lisbonne et sa "concurrence libre et non faussée" ne veut pas.
Et c'est pourquoi pour contineur à vivre, les salariés doivent affronter l'Union européenne et ses diktats.
La solution la plus raisonnable serait de dénoncer les traités et de faire sauter les carcans de l'Union Européenne.
La Montagne.fr
22/05/15 - 13h47
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Des pneus en feu le 7 janvier 2014 à l'usine de Goodyear Amiens-Nord fermée - Denis Charlet/AFP
La direction de Goodyear a estimé vendredi que la proposition de reprise par une coopérative (Scop) de l'usine d'Amiens-Nord "ne présentait pas un projet d'entreprise viable", une "douche froide" pour les salariés disposés à "discuter pour améliorer le projet".
La CGT avait formellement présenté début mai ce projet, qui repose sur l'acquisition de l'activité pneu agraire que Goodyear a décidé d'abandonner dans la région Europe-Moyen-Orient-Afrique, et qui permettrait de sauver plusieurs centaines d'emplois.
Cette proposition "repose sur une approche stratégique irréaliste au regard des caractéristiques du marché, ne comporte aucun élément justifiant de sa faisabilité opérationnelle et s'appuie sur des hypothèses économiques et financières erronées", écrit la direction dans un communiqué. [...]
Les salariés ont pris ce communiqué de Goodyear "comme une douche froide, une nouvelle attitude de mépris à leur endroit", a réagi auprès de l'AFP Me Fiodor Rilov, reçu en fin de matinée au ministère de l'Economie avec des représentants de la CGT et des porteurs du projet.
"Goodyear a manifestement pour objectif de fermer la porte avant qu'on ait pu franchir le palier", a ajouté l'avocat de la CGT, souhaitant que la direction "donne aux salariés la possibilité de discuter (...) réexaminer leur projet et revenir avec d'autres propositions". [...]
Le syndicat demande "au gouvernement de prendre sa responsabilité" en organisant "au moins un rendez-vous avec les dirigeants de Goodyear". "On est disposés à discuter pour améliorer le projet, discuter des points qu'il faut améliorer", assure-t-il.
Pour Me Rilov, "on ne peut pas sur un enjeu aussi important épuiser une négociation au bout de deux courriers". [...]
Emmenés par la CGT, plus de 300 anciens salariés se sont ralliés au projet de reprise par une Scop.