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Un Conseil des ministres commun franco-allemand se tient aujourd’hui (31 mars) dans la capitale allemande. François Hollande et ses ministres – à l’exception du premier d’entre eux, resté in extremis à Paris pour consoler les députés socialistes de l’amère défaite électorale – font donc le voyage de Berlin.
Parmi les sujets au menu figurent divers projets bilatéraux en matière d’industrie militaire : la réalisation d’un satellite de surveillance de nouvelle génération, ainsi que le développement de drones (aéronefs sans pilote) de moyenne altitude à l’horizon 2025. Les projets d’armement semblent être décidément l’un des seuls domaines où l’industrie continue de raisonner à long terme… Ces discussions interviennent au lendemain d’une rencontre des ministres de la Défense allemand, polonais et français (« groupe de Weimar »). Elles prennent place dans la perspective du Conseil européen prévu les 25 et 26 juin, qui traitera en particulier de la « politique de sécurité et de défense » européenne commune.
Mais les observateurs qui suivent le président français au jour le jour notent que ce dernier compte d’abord et avant tout « rassurer » la chancelière allemande sur la poursuite des « réformes » engagées par son gouvernement, tant en matière de restrictions budgétaires que de « flexibilisation » du marché du travail. Le cap sera maintenu malgré la débâcle subie par la gauche lors des scrutins départementaux des 22 et 29 mars – tel est le message que le maître de l’Elysée veut faire passer.
Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, sera naturellement du voyage. Un de ses proches indiquait ainsi : « il y a une vraie conviction en Allemagne que la France fait des réformes (…) Il faut montrer que ce processus avance quelles que soient les échéances électorales, que cela ne change pas les projets de réformes, au contraire ». On notera le « au contraire », qui, si les mots ont un sens, laisse entendre que plus le désaveu populaire est fort, plus les dirigeants se sentent poussés à poursuivre dans la voie engagée.
M. Macron en profitera pour donner une conférence devant des étudiants d’une école de commerce – dans la langue du business. Un ministre français s’adressant sur le sol allemand à des étudiants allemands… en anglais, voilà qui donne la mesure du rapport qu’entretiennent les gouvernants tricolores aux dogmes dominants de la mondialisation. Et ce, dans le cadre d’un déplacement que le chef de l’Etat entend mettre à profit pour « rassurer » les dirigeants d’outre-Rhin quant à l’application zélée des règles et disciplines mises en musique par Bruxelles.
Non sans candeur, plusieurs gazettes ont annoncé le voyage présidentiel en titrant : « Hollande se rend à Berlin ». Ils ne pouvaient mieux dire.
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Ne remettez surtout pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui !