25 avril 2023
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La semaine dernière, Ernest M., responsable des droits étrangers aux éditions de La Fabrique, a été arrêté par la police britannique alors qu’il se rendait à la Foire du livre de Londres. Il a été détenu sans avocat en vertu de « l’alinéa 7 de la loi antiterroriste de 2000 », relâché le lendemain sans poursuites, mais son téléphone et son ordinateur ont néanmoins été saisis. Il paraît très probable que les autorités françaises aient sollicité leurs homologues anglais pour cette arrestation, sans doute pour essayer d’obtenir des coordonnées de personnalités issues du milieu de la gauche radicale. Cette nouvelle affaire scandaleuse s’ajoute à plusieurs faits graves ayant eu lieu ces dernières semaines et qui témoignent de la montée en intensité de la criminalisation du mouvement social.
Le cas emblématique de la LDH
Après les propos tenus par Gérald Darmanin à l’encontre de la Ligue des droits de l’Homme (voir le précédent éditorial : https://www.gaucherepublicaine.org/respublica-combats/respublica-combat-social/sous-le-soleil-davril-en-macronie/7433524) et qui avaient à juste titre scandalisé une grande partie de l’opinion publique, on aurait pu penser que le gouvernement reviendrait à la raison. Manifestement non. Dans les questions au gouvernement le mercredi 12 avril, Elisabeth Borne a confirmé la méfiance du gouvernement vis-à-vis de l’association centenaire : « J’ai beaucoup de respect pour ce que la LDH a incarné, [mais] je ne comprends plus certaines de ses prises de position. Cette incompréhension […] s’est fait jour dans ses ambiguïtés face à l’islamisme radical. Et elle s’est confortée depuis quelques mois ».
Dans le climat actuel, tout opposant politique est en train de devenir un ennemi de la démocratie, selon la rhétorique que le gouvernement essaie d’imposer.
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La suite ci-dessous :
29 mars 2023
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par Régis de Castelnau
Emmanuel Macron n’avait aucune expérience politique avant qu’il soit propulsé à l’Élysée en 2017 grâce à une opération concoctée par la haute fonction publique d’État, probablement aujourd’hui une des plus corrompues d’Occident. Il ne possède aucune culture démocratique et considère tout désaccord avec ses orientations et ses décisions comme une injure personnelle. Son narcissisme pathologique fait le reste. Comme le dit Frédéric Lordon, concernant la conduite de son projet de réforme des retraites, il a commis toutes les erreurs possibles, en général sous forme de provocations insupportables. Mettant l’énorme majorité du peuple français dans un état de rage dirigée contre sa personne. La seule solution qu’il envisage pour en sortir, est celle qu’il avait mise en œuvre au moment de la crise des gilets jaunes : une répression policière et judiciaire de masse que l’on n’avait pas vue depuis la guerre d’Algérie. Il a bénéficié pour cela de l’appui des forces de police chargée du maintien de l’ordre qui n’eurent aucune hésitation à utiliser une violence débridée, mais aussi de celui de la magistrature. Qui a non seulement condamné à tour de bras, mais refusé méthodiquement de sanctionner les débordements et les violences policières, alors que c’est une de ses missions essentielles.
Répression policière et judiciaire du mouvement social, deuxième saison.
Le couple Darmanin/Dupond Moretti a donc remplacé celui qui avait officié pour les gilets jaunes à savoir Castaner/Belloubet. Auquel avait été adjoint le chevènementiste Didier Lallement de sinistre mémoire, officiant comme préfet de police de Paris. On a su très vite l’absence de scrupules de Darmanin pour conduire les répressions voulues par son patron, mais il est clair que la catastrophe du Stade de France nous a montré qu’un homme de main ne faisait difficilement un véritable Ministre de l’intérieur.
Éric Dupond Moretti, ancien avocat médiatique batteur d’estrade, a été choisi par Emmanuel Macron pour occuper un des postes les plus importants de la République, celui de Garde des Sceaux. Ce représentant de la société du spectacle, et d’ailleurs probablement choisi sur ce critère, nous avait habitué entre deux grossièretés, à la plus grande docilité vis-à-vis du locataire de l’Élysée. Il vient de nous indiquer clairement l’idée qu’il se faisait de sa mission : celle d’un garde-chiourme. En adressant aux parquets de notre pays, une « dépêche » contenant les consignes les plus fermes pour une répression implacable à l’égard de ses couches populaires qui osent user de leur droit constitutionnel de manifestation contre la politique voulue par son patron. [...]
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