Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

Rechercher

Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 23:06

Le 9 mai 2019, lors du sommet informel à Sibiu, Roumanie, les dirigeants de l'UE, y compris Alexis Tsipras, ont signé la soi-disant Déclaration du Conseil européen, dans laquelle les « libéraux » et les « sociaux-démocrates », les « conservateurs » et les « progressistes » ont une nouvelle fois confirmé la pourriture des « valeurs fondatrices » de l'Union européenne des monopoles. En outre, la déclaration, signée lors du 74e anniversaire de la Grande Victoire antifasciste des peuples, constitue un autre monument de l'anticommunisme. Dès les premières lignes, il y est révélé que l’inquiétude des gouvernements tels que de SYRIZA face à « la montée de l'extrême droite » est hypocrite, et en « justifiant » le récit anticommuniste qui nourrit le fascisme, il y est écrit: « Il y a trente ans, des millions de personnes se sont battues pour leur liberté et pour l'unité et elles ont démoli le rideau de fer »!

« Voilà qui vous êtes, vous vous êtes engagés sur une pente glissante sans fin », a souligné le député du KKE, Yiannis Gkiokas, en dénonçant au Parlement la déclaration anticommuniste de l'UE et la signature de celle-ci par le Premier ministre qui a adopté « toute la propagande de l'impérialisme après la Seconde guerre mondiale, la propagande du maccarthysme contre la lutte des peuples et contre le mouvement mondial et le système socialiste. Toute la propagande existante, avec l'extrême droite pour fer de lance ». Comme il l'a dit, le gouvernement de SYRIZA a signé toute la propagande qui a envoyée les militants de notre pays dans les prisons, à l’exil,devant le peloton d’exécution.

G. Gkiokas a souligné que la Déclaration avait été signée la Journée de la Victoire antifasciste des peuples, qu’elle ne mentionne pas, « parce que le fascisme n'est pas un rival de l'UE, l'Union européenne a soutenu à plusieurs reprises des fascistes et des organisations similaires pour jouer ses jeux, son rival sont les peuples, son adversaire est le système socialiste, les partis communistes, le mouvement ouvrier et populaire. C'est pourquoi elle a essayé toutes ces années d’effacer de la mémoire collective la Journée de la Victoire antifasciste des peuples, le 9 mai, et d'en faire une Journée de l'Union européenne ». Il a également souligné que le Premier ministre grec « de gauche » a mis sa signature dans cette Déclaration à côté des signatures de Kurtz, d’Orban, de Merkel et de tous les autres hommes politiques d'extrême droite, contre lesquels il prétend lutter.

Commentant l'argument du gouvernement selon lequel l'UE a prétendument dévié de ses valeurs fondatrices ces dernières années et que cette déviation pouvait être corrigée, il a souligné que les valeurs fondatrices de l’UE sont l'anticommunisme, la barbarie, l'exploitation des peuples et les guerres. « Vous êtes tous dans le bateau de l'UE, de l'OTAN », a-t-il souligné, ajoutant que « l'UE montre par cette Déclaration de qui elle a peur, le spectre continue à hanter et nous faisons tout le possible pour que vos peurs deviennent réalité. Et vous êtes du côté des Unions sacrées modernes ».

En même temps, le député du KKE a précisé que le 9 mai le KKE célèbre le drapeau rouge avec la faucille et le marteau sur le Reichstag, « et car M. le Premier ministre et le gouvernement ont rejoint le camp de l’anticommunisme et de falsification de l'histoire », il a laissé une photo sur le siège du Premier ministre A. Tsipras « pour qu’il voie ce que nous célébrons le 9 mai ».

Lu ici : http://fr.kke.gr/fr/articles/SYRIZA-s-est-engage-sur-une-pente-glissante-sans-fin-Le-9-mai-il-a-signe-ce-qui-constitue-la-couronne-de-lanticommunisme/

Partager cet article
Repost0
13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 16:47

Histoires d’actu. On y invoque le ras-le-bol de ces impôts que les riches ne paient pas, l’exaspération liée au pouvoir oppressant des puissants, le sentiment d’une justice de classe : c’est la Normandie de 1789, à travers ses cahiers de doléances. Morceaux choisis avec une plongée dans les archives normandes des germes de la fronde.

  Olivier CASSIAU
DEHORS !... les taxes

Il y a ceux qui mettent les formes, comme à Buchy. « À ce qu’il plaise à sa majesté étendre sa bienséance sur ses fidèles sujets pour l’encouragement et l’exploitation de leurs terres et herbages, le commerce de leurs denrées et bestiaux et par adoucissement des charges excessives qui leur sont imposées. »

Et ceux qui mettent les pieds dans le plat.

Comme aux Andelys« Égalité proportionnelle de répartition de toute espèce d’impôt qui sera établi ou conservé soit ordonné entre tous les citoyens sans distinction d’ordre ni d’état. Qu’il soit demandé la suppression des vingtièmes, tailles, corvées, gabelles. » Car si aujourd’hui, les « gilets jaunes » revendiquent entre autres le rétablissement de l’ISF, bourgeois, employés et paysans demandent juste en 1789 que la noblesse et le clergé paient tout simplement des... impôts ! Une revendication que l’on trouve dans les villes, et dans les campagnes. Les habitants de Saâne-Saint-Just et ses quelques feux, comme on dit à l’époque pour évoquer les ménages, sollicitent « l’abolition de la gabelle (NDLR : taxe sur le sel) et de l’impôt sur le tabac. Quant à la corvée qui pèse sur les agriculteurs qui paient pour des travaux qui languissent ou sont mal faits. » Et certains de faire des propositions.

À Gournay-en-Bray, on propose « de préférer autant qu’il se pourra ceux (NDLR : les impôts) liés à la consommation d’autant qu’ils tiennent moins de l’arbitraire, qu’après tout il dépend du choix de consommer plus ou moins et que celui qui consomme est aussi censé être plus riche ou fait plus de profits. » Dans le nord de la Seine-Inférieure, on vient d’inventer sans le savoir une forme de TVA. Aujourd’hui chacun s’accorde pourtant à dire que c’est un impôt injuste. « La paroisse est surchargée dans la répartition de la taille (NDLR : impôt direct). Il serait bien que la répartition ne soit pas arbitraire et qu’elle soit dite dans chaque province et chaque baillage », assure-t-on dans la paroisse de Pavilly, « 330 à 340 feux », en mars 1789.

DEHORS !... le pouvoir vertical

Alors certes, on ne demande alors ni la tête ni l’abdication du roi. Mais tout de même, on profite des cahiers de doléances pour dénoncer ce que le peuple considère comme des abus du pouvoir royal. Et de la noblesse.

À Vernon, on fait « doléance au Roy sur l’existence et l’entretien onéreux d’un trop grand nombre de demeures royales et les dépenses excessives qu’elles entraînent. Il faut que le Roy réforme l’économie de sa maison, de celle de la Reine, des princes ses enfants et des princes ses frères et autres princes et princesses » ; au Havre, on demande la suppression de toute place, emploi et office qui ne sont pas nécessaires. À Buchy, aussi on demande poliment au roi de « se faire rendre compte de l’emploi des deniers afin de diminuer les dépenses, les gratifications qui forment un poids qui pèse sur les habitants de la campagne. » Aux Andelys, que l’administration des forêts soit « plus régulière » et que « les ministres soient responsables de l’emploi des sous qui leur ont été confiés. » À Pont-Audemer, on veut connaître « les sources des abus de l’État, et là aussi, que les ministres soient comptables des deniers publics. » À Charleval, on pointe du doigt les richesses du clergé : « les maisons conventuelles sans aucune utilité doivent être supprimées et les fonds employés pour la pension du curé, l’augmentation des gages du vicaire, du maître et de la maîtresse d’école. » [...]

DEHORS !...les restrictions

Quand les campagnes ont l’impression de payer pour les villes... À Saâne-Saint-Just, on veut « faire supporter les frais des grandes routes à ceux qui les dégradent » et l’on « réclame le secours du gouvernement afin qu’il fasse procurer au peuple les aliments nécessaires à la vie et arrêter le tumulte de la disette. » On préconise même des mesures radicales. « Pour faciliter l’abondance de blé, nécessaire à tous les citoyens, denrée qui leur est indispensable il sera défendu, sous peine de punition corporelle, d’exporter cette denrée hors du royaume, si ce n’est de province à province », propose-t-on à Buchy. À Gisors, c’est une régulation du prix du blé en cas de disette que l’on réclame. [...]

DEHORS !...Les pigeons

[...]

DEHORS !... L’automatisation

La fin du XVIIIe siècle voit naître les premières mécanisations, et notamment celle de la filature. Les premières peurs aussi face aux prémices du capitalisme industriel. « Les mécaniques pour la filature de coton retirent les moyens nécessaires aux pauvres et aux artisans pour leur subsistance », assure-t-on dans la paroisse de Pavilly.

[...]

DEHORS !... LA justice à deux vitesses

Dans de nombreux cahiers de doléances, on retrouve des préoccupations plus politiques, mis en avant notamment dans les grandes villes. La liberté de la presse, sans censure, revient régulièrement. Même dans les cahiers de doléances des campagnes. [...]

DEHORS !... et après ?

Parmi les 188 000 tisserands de la région de Rouen, plus d’un tiers est au chômage et sans ressource. Le 14 juillet 1789, une foule de 300 à 400 personnes envahit une filature du faubourg Saint-Sever. Trente métiers à tisser mécaniques anglais sont brisés. Pendant ce temps-là, à Paris... [...]

Claude Mazauric, historien de la Révolution française (1)
Les « gilets jaunes » d’aujourd’hui sont-ils les sans-culottes d’hier ?
Claude Mazauric : « Oui et non. Non, car l’histoire ne se répète jamais. Nous ne sommes pas dans la même organisation de la société, de l’économie, des échanges commerciaux qu’à l’époque. Tout cela nous permet de garder le sens aigu des différences.
Ce qui est vrai, c’est que les « gilets jaunes » comme les sans-culottes n’est pas un mouvement social homogène. À Rouen, on trouve dans la sans-culotterie à la fois des maîtres de métiers, des petits chefs d’entreprise, des compagnons, des portefaix, des apprentis et avec autour d’eux toute une plèbe d’habitants. Ce sont les couches populaires dominées avec au-dessus d’eux notamment la grande bourgeoisie. Aujourd’hui, les « gilets jaunes » appartiennent aussi à ces couches sociales dominées qui sont la proie des crises, comme l’étaient les sans-culottes avec la hausse du prix du pain au XVIIIe siècle. [...]
 

 

Partager cet article
Repost0
8 mai 2019 3 08 /05 /mai /2019 09:22

Publié sur ce blog en mai 2019.  Hormis le nom du président du MEDEF et la prudence et silence de Geoffrey Roux de Bézieux, le discours n'a pas vraiment changé ... Mais aujourd'hui le patron du Medef laisse E.Macron, Castaner,  E.Philippe et les grands médias faire le sale boulot idéologique à sa place.

Pierre Gattaz n'a pas de mémoire. " Chantage », « violences », « intimidation », «  terreur", voici les mots employés pour dénoncer l'action des salariés. Il accuse la CGT. Il stigmatise les militants « qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes". Le tout six mois après les attentats du 13 novembre.

Et il en rajoute. "On ne peut pas laisser une minorité agissante, révolutionnaire, paralyser l'économie. C'est la capacité de la France à se réformer qui est en jeu. Pour moi, le sigle CGT est égal à chômage", se lâche Pierre Gattaz, dénonçant "une dictature stalinienne"

La mémoire lui manque donc. Il y a des mots qu'un patron devrait s'abstenir de proférer quand il parle des militants CGT.  Comme le mot "terroriste".  Cela rappelle les heures où le patronat avait choisi la collaboration quand des syndicalistes, souvent militants de la CGT s'engageaient dans la résistance. Beaucoup d'entre eux furent alors arrêtés, condamnés, déportés ou fusillés pour « terrorisme ».

A cette époque, le patronat français participait massivement à la collaboration avec les nazis et se satisfaisait tout à fait de l'interdiction des syndicats et de la CGT. Manière de se venger de 1936. Lorsque le CNR ( Comité National de la Résistance) se constitua, on ne trouva aucun patron parmi ses membres.

En Seine-maritime ces militants de la CGT, résistants et victimes des nazis et de leurs collaborateurs, furent nombreux.

« Sur le monument érigé par l’Union départementale CGT de Seine-maritime, il y a 172 noms de militants fusillés ou morts en déportation. Mais Louis Eudier estimait que ce chiffre était inférieur à la réalité. Il avait recensé 41 noms supplémentaires, ce qui portait le nombre à 213 personnes.

Parmi eux, il y avait beaucoup de responsables syndicaux, par exemple: Secrétaires de syndicat: Textile d’Elbeuf, Textile du Houlme, Textile de Rouen, Métaux de Dieppe, Métaux du Trait, Métaux de Rouen, Marins de Dieppe, Marins de Rouen, Marine fluviale de Rouen, Produits Chimiques du Houlme, Produits Chimiques de la Région de Rouen, Produits Chimiques de Port Jérôme, Produits Chimiques de Dieppe, Gaz de l’île Lacroix, Gaz de Déville, Gaz du Havre, Bâtiment de Rouen, Bâtiment d’Elbeuf, Voiliers et Dockers du Havre, Bois de Rouen, Section syndicale TLM le Havre, Union locale d’Eu-Le Tréport, Union locale d’Elbeuf, un secrétaire de l’Union départementale (Louis Canton). » ( Source : article du Fil Rouge mis en ligne par Gilles Pichavant).

La Vie ouvrière du 23 Novembre 1940 appelle à la lutte pour les salaires.  Elle était diffusée clandestinement.

La Vie ouvrière du 23 Novembre 1940 appelle à la lutte pour les salaires. Elle était diffusée clandestinement.

[...]

Le Conseil National de la Résistance

Un patronat français absent

 « On veut bien se battre, on veut bien mourir, mais on veut savoir pourquoi » déclarèrent ceux qui dès 1940 et ils n’étaient guère nombreux à cette époque, avaient décidé  sciemment  de s’engager dans la résistance au péril de leur vie.

 Il faudra attendre l’année 1943 après trois longues années de lourds sacrifices pour que l’unité de la résistance sous l’égide de Jean Moulin se réalise.

[...]

 L’action de Jean Moulin est historique pour de nombreuses raisons.

Il réussit avec son opiniâtreté, son intelligence et sa persuasion  à rassembler et fédérer les organisations de résistance de sensibilités différentes. Il contribua ainsi à faire l’unanimité des partis politiques et syndicats reconstitués clandestinement. Et cette unanimité permit d’harmoniser le combat  pour chasser l’ennemi hors de France en créant le 29 novembre 1943 les Forces Françaises de l’Intérieur. Enfin, le CNR jeta les bases d’une nouvelle société rompant avec la 3eme République pour imposer une société solidaire, laïque, juste, affranchie de la féodalité des classes dominantes, des trusts comme on disait à l’époque et des banques. Un vrai projet de société accepté à l’unanimité par les membres présents. A la mort de Jean Moulin c’est Georges Bidault qui présidera le CNR. Mais dès le 11 septembre 1944 Louis Saillant secrétaire de la CGT présidera à son tour le CNR et mettra avec le   général de Gaulle le programme du CNR en application.

 Les membres du CNR en septembre 1944 :

 Président d’honneur

Georges Bidault : Ministère des affaires étrangères

Président

Louis Saillant : Secrétaire de la CGT

Membres

Emmanuel d’Astier de la Vigerie    « Libération Sud »

Paul Bastide   «  Parti radical et radical socialiste » 

Maxime Blocq-Mascart   « Organisation Civile et

André Colin   « Démocrates Chrétiens »                                

Jacques Debu-Bridel   « fédération républicaine et républicains nationaux      Colonel FFI

Marcel Degliame  « Combat »

Benoît Frachon   « Confédération Générale du Travail »             

Auguste Gillot   «  Parti communiste »                               

 Jean Laniel   « Alliance démocratique »                             

 Jacques Lecomte-Boinet   « Ceux de la Résistance »

 Jean-Pierre-Levy   « Franc-tireur »

 Daniel Mayer   « Parti socialiste »

 André Mutter   «  Ceux de la Libération »

 Henri Ribière   « Libération Nord »

 Gaston Tessier    « Confédération Française des Travailleurs Chrétiens »

  Pierre Villon     « Front National »  *

  Secrétaire général : Pierre Meunier

  Secrétaire général adjoint : Robert Chambeiron

          *  Le Front National était à l’époque un organe de la résistance communiste à ne pas confondre avec le FN d’aujourd’hui.

  Autres membres ayant participé au CNR : Pascal Copeau, Jacques Henri Simon, Claude Bourdet qui à son retour de Buchenwald remplaça le colonel Marcel Degliame, André Mercier, Eugène Claudius Petit, André Le Troquer, Roger Coquoin, Charles Laurent.                                                                    

On remarquera qu’aucun membre du patronat ne figurait parmi les membres fondateurs du CNR . En voici les raisons.

 [...]

 C’est ainsi que les entreprises françaises du BTP se partagèrent cet immense chantier du littoral de la Manche et de l’Atlantique comprenant des milliers de bunkers, les bases sous marines de St Nazaire et de La Rochelle. Cela représentait du ferraillage, de la boiserie, des millions de mètres cubes de béton  qui permirent à ces entreprises  de s’enrichir d’autant plus qu’elles ne supportaient pas  le coût de la main d’œuvre. En effet 291 000 personnes dont 10% d’Allemands seulement furent impliquées. Si en 1942 la main d’œuvre était libre et  payée par les Allemands, avec l’argent de la banque française selon les conditions de l’armistice, en 1943 une partie des requis du STO fut dirigée vers le littoral.

« J’avais huit ans en novembre 1943 et le hasard des déplacements de mes parents recherchés par la police de Vichy (ils avaient été condamnés par contumace par la section spéciale de Poitiers) nous avait conduits à Bacqueville en Caux en Seine-Maritime. Je me souviens des camions qui s’arrêtaient sur la place du bourg, devant le garage de M. André Carré et du magasin de Mme Marguerite Lair à l’époque. Chaque jour on embarquait  les requis vers Belmesnil pour y construire une rampe de lancement de V1 et on les ramenait le soir ». (Témoignage et photos de Louis-Charles Morillon).

[...]

 Mais la collaboration ne s’arrêta pas au patronat du BTP.

 Dans l’industrie aéronautique les entreprises Caudron, Gnome-et–Rhône, Martin Mullet, Bronsavia et Somua se mirent au service de l’occupant . Ces firmes livrèrent ainsi à la Luftwaffe 1540 avions, 4138 moteurs, 4144 hélices et des milliers de pièces (Selon les archives allemandes). l’usine Hispano-Suiza refusa cette collaboration. Elle vit, en représailles, ses machines réquisitionnées et envoyées en Allemagne et ses usines occupées furent alors bombardées par les alliés. Marcel Bloch qui refusera également  de collaborer sera en définitive déporté. Quant à l’usine Creusot-Schneider elle accepta de fabriquer des éléments de bombes pour une firme d’Outre-Rhin.

 Dans l’industrie automobile dès le 10 juillet 1940, les usines Renault furent les premières à réembaucher et à reprendre leur activité. A ce moment Peugeot délocalisa dans le sud de la France, réorienta et recycla sa production pour ne pas avoir à participer à une aide quelconque à l’occupant.

[...]

 

        Rédigé par Louis-Charles Morillon

 

Les sources : 

« Les patrons sous l’occupation » par Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera.

« Industriels et banquiers sous l’occupation » site Alternatives économiques.

« Le mur de l’Atlantique » film de l’INA présenté par Alexandre Adler dans les mercredis de l’histoire.

 - Photos collection personnelle de Louis-Charles Morillon.

 - Le choix de la défaite par Annie Lacroix Riz.

 - Surenchère collaboratrice sous l’occupation site histoire-en-questions.fr.

Partager cet article
Repost0
30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 09:56
Hommage aux déportés : Le préfet de Seine-maritime entend réécrire l'histoire et interdit aux élus communistes de Rouen de déposer une gerbe
Partager cet article
Repost0
12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 08:40
Partager cet article
Repost0
3 avril 2019 3 03 /04 /avril /2019 13:25
Sarkozy et Macron n’ont rien à faire aux Glières, par Léon Landini et Pierre Pranchère – résistants initiateurs de l’appel de Thorens GlièresSarkozy et Macron n’ont rien à faire aux Glières, par Léon Landini et Pierre Pranchère – résistants initiateurs de l’appel de Thorens Glières

Au cours de leur parade commune (largement relayée sur des médias), ni Sarkozy ni Macron n’ont  évoqué, ne serait-ce qu’une fois, l’Association des « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » qui, depuis 2008, organise chaque année au Plateau des Glières une manifestation regroupant plusieurs milliers de personnes.

Comment peuvent-ils penser ces Messieurs, que les Anciens Résistants, qui après avoir chassé le dénommé Sarkozy à cause de la façon indécente dont il s’était comporté au cimetière de Morette, dans ce haut lieu de la où repose une centaine de nos frères de combat, puissent, sans que nous ne protestions énergiquement, retourner en ces lieux, même accompagnés par un Président de la République (mal élu).

Qu’ils sachent tous, que les sacrifices consentis par nos compagnons ne doivent pas être dévoyés au profit de misérables opérations politiciennes visant à fédérer toute la réaction, de Sarkozy à Macron, pour créer une union sacrée des modernes Versaillais contre ces nouveaux Communards que sont les Gilets Jaunes.

Mais plus encore, parce que la politique menée par le Parti Maastrichtien Unique des Sarkozy, Macron et autre Hollande, entièrement soumis aux diktats du MEDEF et de l’UE dominée par Berlin , est aux antipodes des orientations du CNR, dont la Résistance des FTPF et des -MOI fut le fer de lance.[...]

La suite ici, sur le site "Initiative Communiste" : https://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/sarkozy-et-macron-nont-rien-a-faire-aux-glieres-par-leon-landini-et-pierre-pranchere-resistants-initiateurs-de-lappel-de-thorens-glieres/

Partager cet article
Repost0
19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 21:59

Guerre d’Algérie

« L’idée internationaliste était primordiale dans notre engagement »
, par  Henri Alleg

Cet interview de notre camarade Henri Alleg est extrait d’un numéro hors-série de l’Humanité dédié au cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. C’est la journaliste Rosa Moussaoui qui a réalisé l’entretien.

Un demi-siècle après l’indépendance de l’Algérie, pour laquelle vous avez combattu, que représente, pour vous, ce pays ?

Henri Alleg. Cela va sans dire : je suis très heureux que l’Algérie soit indépendante (rires). Je suis heureux et fier d’avoir pris part au combat pour l’indépendance. Bien sûr, j’aurais souhaité que les aspects sociaux pour lesquels nous avons combattu prennent plus d’importance. Je regrette que les batailles que nous avons menées pour l’avenir, pour le socialisme, n’aient pas pris plus de place. Mais je suis heureux que l’Algérie soit aujourd’hui ce qu’elle est, avec toutes les possibilités qui s’offrent à ce pays. Quand je pense au passé, je crois que notre combat a marqué la lutte du peuple algérien. C’est en ce sens que l’Algérie reste pour mois une référence du combat des communistes.

Lorsque vous avez écrit « La Question », pensiez-vous que votre témoignage sur la torture puisse avoir un tel impact ?

Henri Alleg. Ce n’était pas seulement un livre que j’écrivais. Il fallait faire connaître ce qu’était la guerre en Algérie. Il fallait témoigner des pratiques des colonialistes français, du sort atroce réservé au peuple algérien, de la réalité de cette guerre coloniale. Je dois dire que j’ai été surpris de l’écho rencontré par ce texte, lorsqu’il est devenu un livre. Un demi-siècle plus tard, ce témoignage reste utile. Lorsque je suis invité pour des conférences aux États-Unis, au Royaume-Uni, je peux mesurer sa résonance. Les atrocités commises par l’armée française pendant la guerre d’Algérie ne diffèrent pas des atrocités commises par l’armée américaine en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Le combat continue. Rétrospectivement, je suis heureux d’avoir écrit ce livre, parce qu’il conserve un sens dans le monde d’aujourd’hui, même si le contexte a changé. La Question a par exemple circulé parmi les détenus dans des prisons turques où était pratiquée la torture.[...]

La suite sur:  lepcf.fr

Partager cet article
Repost0
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 17:17

Cet article est reposté depuis Commun COMMUNE [le blog d'El Diablo].

Après la diffusion de l'article ci-dessus, je crains d'être accusée de complotisme par le Decodex, Conspiracy Watch ... 

Alors j'en rajoute.  Si vous ne l'avez pas encore fait, lisez l'excellent prix Goncourt  2017 d'Eric Vuillard, "L'ordre du jour".

 

 

Extrait :

"vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marrons ou cognac, vingt-quatre paires d'épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces et le même nombre nombre de pantalons à pinces avec un large ourlets"

Ils attendent Hitler.  Pour lui dire qu'ils vont le soutenir.

"Ils", ce sont les industriels allemands:  Krupp, Bayer, BMW, Ig Farben, Agfa, Shell, Scheinder; Telefunken, Siemens, et bien d'autres.

Parce que ce qu'ils détestent par dessus tout, ce sont les communistes et les syndicalistes.  Ils financeront Hitler puis feront travailler les juifs, les résistants déportés dans leurs usines.  Le génocide des juifs fait partie du contrat.  Ils diront qu'ils ne "savaient pas". 

 

Adolf Hitler a plusieurs fois reçu les principaux industriels allemands, comme ci-dessus le 16 juin 1937. /  Mary Evans/Rue des Archives

Photo vue dans La Croix

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 23:37

Louis XVI à la barre de la Convention nationale, en décembre 1792, lors de son procès. Gravure anonyme. (Musée du Louvre, Paris.)

Ph. Hubert Josse © Archives Larbor

Discours sur le jugement de Louis XVI (1ère intervention)
prononcé à la tribune de la Convention le 3 décembre 1792

Extraits [...]

"Louis fut roi, et la république est fondée : la question fameuse qui vous occupe est décidée par ces seuls mots. Louis a été détrôné par ses crimes : Louis dénonçait le peuple français comme rebelle : il a appelé, pour le châtier, les armes des tyrans ses confrères ; la victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle : Louis ne peut donc être jugé : il est déjà condamné, ou la république n’est point absoute.

6. Proposer de faire le procès à Louis XVI, de quelque manière que ce puisse être, c’est rétrograder vers le despotisme royal et constitutionnel ; c’est une idée contre-révolutionnaire, car c’est mettre la révolution elle-même en litige. En effet, si Louis peut être encore l’objet d’un procès, il peut être absous ; il peut être innocent : que dis-je ? il est présumé l’être jusqu’à ce qu’il soit jugé : mais si Louis est absous, si Louis peut être présumé innocent, que devient la révolution ?" [...]

" Lorsqu’une nation a été forcée de recourir au droit de l’insurrection, elle rentre dans l’état de la nature à l’égard du tyran. Comment celui-ci pourrait-il invoquer le pacte social ? Il l’a anéanti : la nation peut le conserver encore, si elle le juge à propos, pour ce qui concerne les rapports des citoyens entre eux ; mais l’effet de la tyrannie et de l’insurrection, c’est de les constituer réciproquement en état de guerre. Les tribunaux, les procédures judiciaires ne sont faites que pour les membres de la cité."[...]

"Nous appelons de toutes parts des avocats pour plaider la cause de Louis XVI ; nous consacrons comme des actes légitimes ce qui, chez tout peuple libre, eût été regardé comme le plus grand des crimes ; nous invitons nous-mêmes les citoyens à la bassesse et à la corruption : nous pourrons bien un jour décerner aux défenseurs de Louis des couronnes civiques, car, s’ils défendent sa cause, ils peuvent espérer de la faire triompher : autrement vous ne donneriez à l’univers qu’une ridicule comédie. Et nous osons parler de république ! Nous invoquons des formes parce que nous n’avons pas de principes ; nous nous piquons de délicatesse, parce que nous manquons d’énergie ; nous étalons une fausse humanité, parce que le sentiment de la véritable humanité nous est étranger ; nous révérons l’ombre d’un roi, parce que nous ne savons pas respecter le peuple ; nous sommes tendres pour les oppresseurs, parce que nous sommes sans entrailles pour les opprimés. "

Partager cet article
Repost0
21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 16:19
Partager cet article
Repost0

Articles RÉCents