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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 15:40
Ajoutée le 25 mars 2016

Vu sur You-Tube, ce documentaire de Jean-Pierre Dubois -
·La gauche, c'est-à-dire le PS et tous ceux qui, à une occasion ou une autre, font alliance avec lui, porte une responsabilité majeure dans la destruction de l'emploi industriel et dans le chômage qui en a résulté pour des centaines de milliers de travailleurs...

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 20:43
Photo Fakir - Meeting du 2 juin au Havre.

Photo Fakir - Meeting du 2 juin au Havre.

Par et

 

Fermer la «parenthèse libérale» : le réalisateur et journaliste, figure de Nuit debout, lance mardi une campagne contre le Parti socialiste, veut fédérer par le social les opposants de gauche au gouvernement et rêve d’un grand mouvement «populiste».

 

François Ruffin : «Voter PS au second tour en bon républicain, c’est fini»

Son film Merci patron ! sous un bras, son journal Fakir sous l’autre, le Picard François Ruffin sillonne depuis des semaines la France des mobilisations contre la loi travail. Infatigable, ce journaliste engagé, qui a contribué à lancer le mouvement Nuit debout, se lance désormais dans une campagne contre le Parti socialiste. Rencontre avec Libé, entre un train pour Marseille et un autre pour Le Havre.

Extraits

Le mouvement Nuit debout, que vous avez contribué à lancer, semble décliner. Vous êtes déçu ?

Pas du tout. Le miracle, c’est qu’il ait existé, et cette étincelle laissera des traces. On peut même déjà en souligner les apports. La gauche réexiste, et le gouvernement, qui ne regardait que sur sa droite, voire sur son extrême droite, a été contraint de se tourner sur sa gauche : il s’est mis à faire le RSA pour les jeunes, il a changé de position sur le Tafta [traité de libre-échange UE - Etats-Unis, ndlr]… Par ailleurs, le mouvement a servi de passerelle, dans la lutte contre la loi travail, entre les manifs de mars, qui ont fini par décroître, et l’épisode actuel des grèves et blocages. Nuit debout, surtout, témoigne d’un vide politique. Plein de gens, qui ne se sentent pas représentés, attendent autre chose. Ce sentiment d’«irreprésentation» est une poche de gaz, explosive, qui peut produire le meilleur comme le pire.

[...]

"Le taux de chômage stagne à 5 % pour les cadres et les professions intermédiaires, alors qu’il est supérieur à 20% pour les ouvriers non qualifiés. Idem quant aux revenus. Ce divorce entre les deux cœurs sociologiques de la gauche se lit, notamment, dans le vote sur le traité constitutionnel européen : 80 % des ouvriers ont voté non. En revanche, 56 % des cadres ont voté oui, car ils ne sont pas frappés par la mondialisation. Même chose aujourd’hui dans le vote Le Pen, qui est devenu un vote de classe. Aux dernières régionales, 51 % des ouvriers qui sont allés voter ont choisi le Front national. Et le PS a accompagné, voire encouragé, ce vote FN. En 2012, un rapport de Terra Nova [think tank proche du PS, ndlr] préconisait d’abandonner la classe ouvrière au FN. Ce que Hollande a fait, et qu’il poursuit aujourd’hui, préférant ses amis financiers. Après Florange, il a d’ailleurs déclaré : «Perdre les ouvriers, ce n’est pas grave.» Et après ce grand lâchage, ils vont nous recommander le vote utile pour «faire barrage» ! Moi, je suis aujourd’hui pour un mouvement populiste de gauche." [...]

Que répondez-vous à ceux qui vont vous accusent de faire le jeu de la droite en militant contre le PS en 2017 ?

Mais le PS de Valls-Macron-Hollande, économiquement, c’est déjà la droite ! Mieux vaut que les banquiers et la Commission européenne n’avancent pas sous le faux nez du socialisme, qui fait passer des contre-réformes pour des réformes, du libéralisme pur jus pour de la social-démocratie.

[...]

Lire l'intégralité en cliquant sur le lien ci-dessous.  Et ça vaut le coup !

Et au-dessous, cliquez sur le lien PDF pour voir le tract de Fakir pour la Seine-Maritime.  Dommage, il manque Marie Le Vern et Valérie Fourneyron.  Mais c'est simple : elles ont voté tout ce que proposait Ayrault, puis Valls, sous l'autorité de François Hollande.

Comme quoi, être femme ne suffit pas pour lutter contre les inégalités.  La lutte totale contre les inégalités, c'est de classe !  Quand on se situe d'emblée contre la classe ouvrière et les salariés, femme ou pas, on vote des lois anti-sociales.

Yvette Genestal

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 13:15
Le 4 juin : Fête de Rouge Midi !  Bonne fête, camarades !

Le 4 juin à SCOP-TI (tout un symbole) aura lieu la fête des 11 ans de Rouge Midi.
Evidemment cette année cette fête s’inscrit dans un contexte particulier.
Non seulement elle se déroulera entre deux journées d’action nationales, mais aussi en pleine montée du mouvement de grèves qui touche tout le pays et que les syndicats, CGT en tête, s’appliquent à développer.

Ce gouvernement qui a 75% de l’opinion publique contre lui, qui a l’assemblée nationale contre lui et qui veut passer en force ne s’y est pas trompé qui tous les jours n’a pas de mots assez durs contre la première centrale syndicale du pays qui se serait « radicalisée » (pour un peu ils vont nous traiter de talibans comme l’avait fait UNILEVER pour les fralibs), une CGT qui pratiquerait le « chantage » parce qu’elle refuse la dictature du 49 3. Une parfaite inversion des rôles pour un gouvernement qui n’a plus de légitimité.

La fête de Rouge Midi sera donc en plein au coeur de la mêlée.

Aperçu de la journée
A partir de 10h
Stands d’entreprises en luttes et d’associations de solidarité.
Stand librairie où on pourra, entre autres, commander le livre Fralibres
Musique
Apéro
Restauration
Espace enfants avec en particulier le groupe les Crapules ils ne seront surtout pas les oubliés de la fête, bien au contraire.

Georges Ibrahim Abdallah étant notre président d’honneur, il sera bien évidemment au coeur de notre fête.

Deux débats sont au programme :

14h Comment être solidaire aujourd’hui du peuple palestinien ? Comment amplifier la campagne BDS quand le gouvernement veut la criminaliser ? Avec la participation d’associations de solidarité internationales

16h Convergence des luttes et perspectives politiques . Avec des interventions de syndicalistes disant ce qu’ils attendent du politique au regard des enjeux de leur profession et de leur combat et les prises de paroles de Kamel BEN AZOUZ, (PCF 62 et vice-président de l’ANC) et Charles HOAREAU (Rouge Vif 13 et président de l’ANC).

Bien sûr pour celles et ceux qui n’auraient pas encore pu le faire une visite de l’usine est prévue ainsi que pour toutes et tous une diffusion sur grand écran du 2e film de Claude Hirsh sur la lutte des FRALIB.

Sur le plan musical deux concerts (et quels concerts !) sont prévus et nous y reviendrons.

A noter qu’un covoiturage sera organisé pour se rendre à Gémenos.

Bref nous vous attendons encore plus nombreuses et nombreux que l’an passé
Un dernier élément et ce n’est pas qu’un détail, l’entrée est à prix libre à partir de 2€ : en ces temps de lutte où nos porte-monnaie sont soumis à rude épreuve cela nous semble important

En attendant continuons à pousser au coeur de la mêlée, aidons aux blocages là où nous sommes, à la généralisation de la grève, à la mobilisation pour les manifestations et actions en cours, n’en déplaise à Valls, Macron et ce gouvernement de valets du capital qui ne connaissent rien au monde du travail...

A ces jours-ci dans la rue, sur les piquets et au 4 juin à SCOP-TI !

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 22:27

L’appétit gargantuesque et toujours plus important du Capital compresse toujours plus le monde du Travail et lui impose des régressions sans précédent. Ainsi les lois Macron, Rebsamen, maintenant El Khomri – pour ne citer que ces noms –, dans la continuité des politiques des précédents gouvernements depuis des décennies, s’inscrivent dans ce plan organisé de pillage des richesses produites par le seul Travail.

Seulement, si aucun gouvernement et même parti institutionnel ne s’oppose au diktat du Capital, il est en train de se passer quelque chose de subversif pour le système capitaliste : le Travail est en train de prendre conscience du fait qu’il est seul créateur de richesses et que cela lui octroie une légitimité politique. Cette affirmation politique du point de vue du Travail peut faire sauter de nombreux verrous mis en place par le Capital depuis des décennies.

Le combat qui est en train de se mener avec des manifestations et rassemblements toujours plus massifs pour le retrait de la « loi travail » commence à montrer ces réels enjeux ; et à moins que le monde du Travail ne rentre dans ses chaumières comme si de rien n’était, le combat va très vite prendre une tournure plus politique : se libérer totalement de la domination du Capital. Pour cela, et dans un premier temps, le Travail va devoir dynamiter les deux principaux verrous indispensables à son émancipation, l’Union européenne et la privatisation de la dette dite « publique ».

 

La « loi travail » dans le plan de bataille du Capital

Alors que l’humiliation grecque battait son plein en juillet dernier, un texte inaperçu visant la France allait engendrer une fameuse loi qui allait prendre le nom d’El Khomri. L’ironie du sort est que ce texte a été publié un 14 juillet 2015 au JO de l’UE ! Comme pour beaucoup de lois, les « pantins » français n’ont qu’à s’exécuter…

LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,

(…)

RECOMMANDE que la France s’attache, au cours de la période 2015-2016, à :

(…)

6. réformer le droit du travail afin d’inciter davantage les employeurs à embaucher en contrats à durée indéterminée ; faciliter, au niveau des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail ; réformer la loi portant création des accords de maintien de l’emploi d’ici à la fin de 2015 en vue d’accroître leur utilisation par les entreprises ; entreprendre, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, une réforme du système d’assurance chômage afin d’en rétablir la soutenabilité budgétaire et d’encourager davantage le retour au travail.

Extrait du journal officiel de l’Union européenne (2015/C 272/14)

On appréciera aussi « réformer (…) le processus de formation des salaires pour que ceux-ci évoluent au même rythme que la productivité » et bien d’autres bonnes paroles !

Finalement la situation française pourrait ressembler à celle grecque, ce qui pourrait entraîner les foudres de cette Europe du Capital. Cette loi El Khomri est-elle faite uniquement pour satisfaire le MEDEF ou y aurait-il une autre raison ?

Quand un pays ne respecte pas les critères de Maastricht – notamment un déficit public inférieur à 3 % du PIB –, il risque une amende salée. Et en 2016, nous ne sommes plus que cinq dans ce cas avec le Portugal, l’Italie, la Bulgarie, et la Croatie – contre 15 en 2009. Pour la France, la sanction pour non-respect des recommandations des sages européens pourrait atteindre entre 0,2 % et 0,5 % du PIB, soit environ 10 milliards d’euros !

Souvenons-nous aussi, après les attentats de novembre, le président Hollande décide de créer des postes dans la police et la gendarmerie en assumant le surcroît de dépenses tout en déclarant que « Le pacte de sécurité l’emporte sur le pacte de stabilité » ! Ajouté à cela un État d’urgence qui deviendrait permanent, ce renforcement sécuritaire sans doute plus dans l’objectif de calmer les réactions de plus en plus violentes du monde du Travail se paie auprès de Bruxelles… Sans parler de la politique guerrière pour soutenir l’impérialisme américain qui, elle, ne génère jamais trop de déficits publics !

Vue sous cet angle, la bataille à mener pour le retrait de la « loi travail » n’a aucune analogie avec le retrait du CPE – ce que certains pensent – et nécessite bien plus que des banderoles « Sénateurs ne votez pas cette loi ! ». Cette bataille passera par un véritable pied de nez aux institutions européennes avec notamment des répercussions importantes sur les remboursements de la dette à un Capital en colère.

Revendiquer le retrait de cette loi en restant dans ce cadre, coûterait au peuple français plusieurs dizaines de milliards d’euros, qu’il nous faudrait en plus emprunter ! Finalement, le monde du Travail pourrait vite comprendre que limiter le combat au seul retrait de cette loi serait sans intérêt pour lui ; une seule issue favorable apparaît donc inéluctable : sortir de cet asservissement au Capital en rejetant ses institutions et son chantage permanent à la dette. L’enjeu est de taille, mais la période semble favorable pour avancer dans ce sens.

À contrario, l’exemple grec avec A. Tsipras qui s’est cantonné à rester dans le cadre européen du Capital a eu des conséquences encore plus dramatiques pour son peuple humilié. On dirait que c’est notre tour : allons-nous décider collectivement de sortir de ce cadre mortifère et sans-issu ?

L’Union européenne ou l’asservissement des nations

Depuis la Libération, où un compromis entre le Capital et le Travail a été gagné par le monde du Travail – depuis des dizaines d’années, le monde du Travail pouvait faire varier le curseur en fonction du rapport de force qu’il pouvait montrer –, le Capital s’est organisé pour verrouiller toute prétention légitime du Travail afin de protéger, et d’assurer sa domination ; car ce n’est pas que de richesses qu’il rêve, mais de domination éternelle. Ainsi virent le jour des institutions purement créées par et pour le Capital, avec, par exemple : la primauté de l’élection du président de la République au suffrage universel et l’Union européenne.

Le but était simple : retirer toute souveraineté aux peuples d’Europe en y substituant progressivement une institution supranationale permettant à quelques dirigeants représentant les puissances du Capital de dicter à la lettre les lois et budgets aux nations totalement asservies. Et nous y sommes ! Le peuple français a perdu entièrement – ou presque – sa souveraineté. Comme ses voisins européens, il ne maîtrise plus de monnaie, plus de budget, plus ses lois. Seule perdure une farce pour entretenir l’illusion démocratique avec de mauvais comédiens pour lesquels le Travail serait condamné à élire régulièrement. Ainsi, en 2012 où une « chèvre » aurait gagné face à Sarkozy, nous avons hérité d’un Hollande qui passe toute son énergie à n’être rien !

Toujours dans cette farce, les mauvais comédiens Macron, Rebsamen, El Khomri [etc.] ne sont là que pour donner des noms aux lois que les institutions du Capital – ici l’UE – leur imposent d’écrire. Pas besoin de chercher bien loin pour mettre à jour cette farce : en 2005, quand le peuple français dit « NON », on fait quand même ; ce qui est peut-être moins humiliant que de revoter jusqu’à ce que le « OUI » passe ! Et d’élection en élection, une minorité vote pour des « pantins », ne représentant rien et ne respectant jamais ce pour quoi ils ont été élus. Et tous les partis institutionnels – c’est-à-dire reconnus légitimes par le Capital et participant à la farce – en portent une grande responsabilité.

La situation grecque – et l’avènement de SYRIZA qui avait suscité un espoir bien au-delà des frontières grecques –, il y a un an, est éloquente et a fait apparaître au grand jour le véritable visage des institutions européennes. Et si la complicité française de cette volonté d’humiliation du peuple grec nous avait fait réagir, il semblerait que maintenant ce soit la France qui soit sous les projecteurs de l’Union européenne ! Curieusement, on pourrait croire que de l’intérieur, nous ne nous en rendions pas compte…

Privatisation de la dette, le coup du siècle !

Au même moment que les institutions européennes commençaient à s’affirmer, le Capital allait mettre en place le coup du siècle. Mieux que des institutions pour asservir les peuples – mais cela s’ajoute ! –, il se devait d’être le seul à tenir les cordons de la bourse pour financer les besoins des Nations.

Une pierre, deux coups ! Non seulement le Capital allait dominer les Nations sous forme de chantage à la dette qu’il osera qualifier de « publique », mais en plus il allait se gaver sur les intérêts énormes que les peuples devront rembourser sans fin.

C’est le 3 janvier 1973, que Georges Pompidou et son ministre des Finances Valéry Giscard d’Estaing font passer une loi interdisant à la banque centrale de prêter au Trésor public, c’est-à-dire à l’État. Jusqu’à il y a plus de 40 ans, la Banque de France avait comme mission de financer les besoins de la Nation (investissements, politique industrielle, éducation…). Elle le faisait dans une logique de politique publique permettant ainsi des financements anticipant l’équilibre budgétaire et basé sur les richesses créées chaque année au niveau national. La banque de France créait la monnaie et prêtait cet argent à l’État, aux entreprises publiques et nationalisées, sans intérêts ou proche de l’inflation.

Après cette loi, chaque franc emprunté le sera dans les banques privées : cela fait maintenant plus de 40 ans que l’État est sous la coupe exclusive des marchés financiers, que la création monétaire a été privatisée et que le déclin de la puissance publique fut engagé, annihilant progressivement la souveraineté populaire.

La création de la dette n’est donc rien d’autre qu’un choix économique et politique conscient effectué par la bourgeoisie. La dette de l’État dépasse aujourd’hui les 2000 milliards d’euros avec un poids des intérêts à rembourser aux banques privées augmentant d’année en année.

Entre 1980 et 2008, l’État a versé 1142 milliards d’euros d’intérêts aux marchés financiers, le hold-up du millénaire ! Le Capital vient de s’assurer une rente pour des dizaines d’années… Car qui pourrait croire qu’il laisserait faire une baisse du poids de la dette et des intérêts qui lui reviennent annuellement ?

Un seul leitmotiv de nos mauvais comédiens : baisser le déficit public à moins de 3 % du PIB – aujourd’hui il a baissé de 0,5 % en 2015 et correspond à 3,5 % du PIB de 2015, soit 77,4 milliards d’euros – ce qui est dérisoire par rapport à la dette publique qui avoisine elle 2 100 milliards d’euros, soit 95,7 % du PIB de 2015.

On voit bien la volonté politique de comprimer les dépenses réellement publiques sous couvert de maîtrise d’une dette qui ne peut que croître, +0,4 % en 2015 ; mais ce n’est pas l’objectif, le Capital veut de plus en plus d’intérêts à piller… qu’on se doit en plus de « renégocier » avec lui régulièrement en faisant le bon élève auprès des agences de notations ! Autrement dit, en 2016, si on veut que le Capital soit compréhensif dans le remboursement d’une dette qui représente presque toute la valeur que les Français créent sur une année, il va falloir être bien docile, et la « loi travail » fait partie du lot… Un cercle vicieux sans fin qui nous emprisonnerait avec des chaînes toujours plus lourdes !

Si on voit que le déficit public pourrait se résorber facilement – rien que le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, CICE, coûte à l’État français 20 milliards d’euros par an –, le sujet de la dette ne pourra jamais se résoudre. D’ailleurs, allons-nous confier la résolution du problème à ceux qui l’ont créé ? De toute façon, à partir du moment qu’il faut emprunter au Capital pour rembourser les intérêts qu’on lui doit, la question de l’annulation de la dette – largement remboursée en plus – apparaît comme la seule issue possible et favorable pour le Travail.

Le point de vue révolutionnaire doit maintenant construire son programme

Si l’émotion est le propre de chaque être humain, l’histoire récente montre que les réactions en masse et à l’émotion brouillent les réflexions et empêchent de prendre le recul nécessaire aux prises de décisions. De « je suis Charlie », à la colère légitime des manifestations d’aujourd’hui, les masses se rassemblent, mais cela ne peut être une fin en soi, une raison suffisante.

Toutes ces émotions bien légitimes ne peuvent être le seul guide des masses, car lorsqu’elles passent, tout s’évapore, le mouvement s’éteint aussi vite qu’il a commencé. Aujourd’hui, le point de vue révolutionnaire, c’est-à-dire celui qui vise à changer la société, à se débarrasser du Capital, du Parasite, celui qui vise à redonner au Travail la maîtrise de toute la valeur qu’il est le seul à créer, est le seul à pouvoir rassembler. Si la colère peut-être un vecteur, le rassemblement ne peut se faire que sur un programme politique décidé collectivement et démocratiquement.

Dit autrement, ce n’est pas parce qu’il y a masse et qu’il y a émotion qu’il y a révolution ! Pour que le Travail s’assume politiquement comme seul créateur de richesses, qu’il prenne tout, de la gestion des entreprises dont il aura la propriété d’usage à l’ensemble de la valeur créée, il faut que tout un chacun fasse de la politique, qu’il participe à la définition collective et démocratique du programme politique révolutionnaire que nous devrons suivre tout en évitant la division du monde du Travail.

Maintenant les rapports Capital/Travail ont changé : le Capital a décidé de rompre avec toute idée de compromis avec le Travail ; il a décidé qu’il serait le seul à bouger le curseur. Cet aspect politique que le monde du Travail est en train d’admettre va réveiller de nouvelles questions par exemple : quid d’une « Europe sociale » dans ces conditions ? Pire, si pour certains, les anciens rapports Capital/Travail – le compromis historique – pouvaient légitimer la domination du Capital, maintenant plus personne ou presque ne peut défendre cette idée-là.

Et si le Capital n’a plus de légitimité à diriger, le Travail – et c’est l’aspect subversif de la période – ne se posera plus en porteur de revendications auprès de son dominant – tout en assumant d’être dominé –, mais écrasera définitivement le Capital et deviendra le seul légitime à diriger l’ensemble de la société. Le combat actuel ne peut prendre qu’une direction : tout prendre !

Maintenant qu’il y a masse, faisons de la politique, débattons de la fin du compromis historique Capital/Travail, de la sortie de l’Union européenne, de l’annulation de la dette dite « publique », débattons de la direction des entreprises, de la propriété d’usage, de la valeur que nous sommes les seuls à créer, du salaire à vie, de la fermeture de la bourse de Paris, de la souveraineté de notre peuple… Nous n’avons plus d’autre choix que de tout prendre ! Toutes ces questions doivent bouillonner dans nos têtes et être les vrais guides de nos actions. La période est propice au développement du point de vue révolutionnaire, nous pouvons avancer dans bien des domaines sur ces questions.

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 13:53

Le spectacle d’un candidat à l’investiture du Parti Démocrate qui s’arrête devant un piquet de grève  et prend la parole pour soutenir la lutte des grévistes, est suffisamment rare pour qu’il ne passe pas inaperçu  même par les medias des Etats Unis. Ceci est donc arrivé le lundi 11 avril au Times Square de New York, le piquet de grève était de 40.000 travailleurs du géant des télécommunications Verizon, mis en grève pour obtenir la convention collective refusée obstinément par le patronat, et le candidat était –évidemment- Bernie Sanders. Coup de pub électoral ? De la démagogie ? Du « populisme » ? Rien de tout ca, tout simplement cohésion et continuité d’une vie passée aux cotés des travailleurs. D’ailleurs, la dernière fois que Sanders avait fait exactement la même chose c’était il y a seulement quelques mois, en octobre passé, à un autre piquet de grève, toujours a Manhattan…

Ça se peut que la gauche européenne -qui brille par son indifférence envers ce qui se passe aux Etats Unis- ignore ces événements, mais par contre, les travailleurs comme les patrons nord-américains les connaissent très bien. C’est d’ailleurs pourquoi le PDG de Verizon Lowell McAdam s’est empressé d’attaquer violement Bernie Sanders, le qualifiant d’ «ignorant », de « détaché de la réalité » et de « méprisable ». Au contraire, les grévistes de Verizon ont acclamé Bernie et leur grand syndicat CWA a décidé de soutenir sa candidature, le qualifiant  même de…« champion des intérêts de la classe ouvrière » ! D’ailleurs, ce n’est pas un hasard que Bernie Sanders a fini d’haranguer la foule des grévistes  par cette phrase lapidaire : « De la part de chaque ouvrier en Amérique, au nom de tous ceux qui subissent les mêmes pressions, je vous remercie pour ce que vous en train de faire. Nous vaincrons ! ».

Le même jour, un autre grand syndicat, local cette fois, celui des travailleurs des transports de New York (Transit Workers Union-Local 100), décidait de soutenir Bernie Sanders, au grand dam de l’établissement du parti Démocrate de New York, qui considérait ce syndicat comme son fief. La décision des leaders syndicaux était pratiquement unanime (42-1) et elle est symptomatique des grands changements que la campagne de Sanders est en train de produire au sein de la classe ouvrière nord-américaine et de son mouvement syndical.  Mais, l’adhésion  des 40.000 membres du TWU au camp de Sanders acquiert une importance encore plus grande si on pense qu’il s’agit, dans leur grande majorité,  des travailleurs Afro-americains et Latinos, lesquels sont  censés suivre presque aveuglement les directives du Parti Démocrate et …le clan des Clinton.

Dix jours plus tôt, le ton de la rencontre organisée à Chicago par le réseau syndical  Labor for Bernie, qui revendique plus de 12.000 adhérents, dont 5 grands syndicats nationaux et 90 unions syndicales locales, était donné par la déclaration introductive suivante : « Nous travaillons pour voir Sanders décrocher l’investiture du Parti Démocrate. Cependant, nous ne faisons pas que ça. Nous allons plus loin en construisant un mouvement de démocratie dans ce pays ». La phrase était claire et était prononcée par Larry Cohen, ancien président du syndicat (600.000 membres) Communications Workers of America, du plus grand syndicat des travailleurs des communications et des medias des Etats Unis. Détail tres significatif : Larry  Cohen est aussi « Conseiller Supérieur » de Bernie Sanders.

Cette rencontre syndicale de Chicago (1) n’a jamais caché qu’au-delà de sa contribution à la campagne de Bernie Sanders,  son objectif était  de construire un mouvement ouvrier indépendant capable de régénérer sinon de refonder le mouvement ouvrier nord-américain sur des bases de classe. Ce n’était donc pas un hasard si elle s’intitulait « Labor for Bernie and Beyond », c’est-à-dire « Travailleurs pour Bernie et au de-là ». D’ailleurs, en dit long sur son orientation politique et sociale la proposition qui y a été discutée concernant les « cinq principes » autour desquels devrait être construite cette « nouvelle force pour une économie démocratique » :

·        La lutte contre l’inégalité économique

·      Le combat contre les discriminations fondées sur la race, le genre, et l’orientation sexuelle

·     L’opposition à l’économie de la guerre permanente et de la politique extérieure militarisée

·         La lutte contre le changement climatique global

·      La défense du droit d’organiser avec le mouvement ouvrier protagoniste dans la promotion des intérêts de la classe ouvrière

Mérite aussi attention le fait que le réseau Labor for Bernie a décidé d’ organiser, ensemble avec d’autres organisations et mouvements sociaux, une grande Assemblée Populaire à Chicago le 17 Juin, tandis que son rapporteur Larry Cohen a annoncé que la bataille finale pour l’investiture a la Convention du Parti Démocrate en Juillet prochain,  se fera tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la salle des congres puisque  la Convention sera « assiégée » par le plus grand nombre possible de partisans de Sanders !

Le fait est qu’on n’a plus affaire à une intention mais plutôt à une décision de transformer la campagne électorale du sénateur du Vermont en processus de construction d’un mouvement ouvrier indépendant et de masse. Manifestement, il s’agit ici d’un développement  extraordinaire  d’importance historique. Mais, ce n’est pas tout car on se trouve désormais devant la multiplication d’initiatives analogues venant de l’intérieur de la campagne de Sanders et mettant en place des processus de construction des mouvements indépendants sectoriels ou même du tant attendu « troisième parti » qui brisera le bipartisme traditionnel américain.  Comme par exemple, l’initiative du réseau des Berniecrats de lancer un processus de construction d’une énorme  liste de candidats alternatifs et indépendants à toutes les élections, à  condition que ces candidats s’engagent à soutenir et défendre publiquement le programme de Bernie Sanders. Ce processus semble progresser sensiblement et évidemment, il entre déjà en collision avec le bipartisme traditionnel, et plus immédiatement avec le Parti Démocrate, puisque sa dynamique le pousse vers la construction d’un (troisième) grand parti  qui présentera ses propres candidats à tous les échelons de la vie publique nord-américaine !...

Etant donné que cette marche vers le mouvement de masse indépendant et radical se combine avec la récente série de victoires écrasantes de Bernie Sanders et l’envolée de sa popularité  sur fond d’immenses foules participant à ses meetings électoraux survoltés,  on ne peut s’étonner ni de la grande inquiétude –à la limite de la panique- de l’établissement américain, ni de l’énervement manifeste d’une Hillary Clinton, qui durcit brutalement ses attaques à B. Sanders.

Comme on pourrait s’y attendre, cette situation aiguise ultérieurement la colère des millions de partisans de Sanders, accélère ultérieurement leur affranchissement du piège du bipartisme, et évidemment, contribue ultérieurement à leur radicalisation. Une de ses conséquences est que les « consensus » interclassistes traditionnelles ainsi que leurs célèbres représentants  plus ou moins « progressistes » s’usent rapidement  et voient leurs masques tomber en un temps record.  Voici donc pourquoi le nobeliste d’économie Paul Krugman,  célébré  en Grèce  comme grand défenseur du peuple grec face à ses bourreaux, est aux USA un adversaire acharné  de Sanders et un des principaux soutiens de Hillary Clinton, utilisant même une argumentation qui ne diffère pas sensiblement de celle…des créditeurs de la Grèce. Et voici aussi pourquoi des grands medias américains par excellence libéraux comme les Times de New York, le Washington Post ou le CNN abandonnent leurs bonnes manières  et utilisent tous les moyens, y inclus les plus ignobles, pour neutraliser la menace mortelle appelée Bernie Sanders.

Face à ces développements que nous considérons sans hésitation comme historiques, on s’attendrait à ce que toute la gauche internationale pavoise  et se mobilise pour exprimer en actes sa solidarité et son soutien. Pourtant, il ne se passe absolument rien ! A quelques exceptions près, et ce n’est pas un hasard si elles se retrouvent toutes dans cette Amérique Latine qui en sait long sur l’impérialisme nord-américain, la gauche européenne reste totalement  passive  et  indifférente, se montrant  incapable de prendre la mesure tant de la dynamique  du « phénomène Sanders » que de ses conséquences politiques et sociales. Et pourtant,  bien que très important et prometteur, ni le grand et si radical mouvement de la jeunesse et des salaries qui est en train de se développer ces dernières semaines en France, ni la grande et très prometteuse crise qui a comme épicentre cette Catalogne de plus en plus radicalisée, ne peuvent être comparées aux évènements qui ont lieu actuellement  au cœur de la superpuissance mondiale. Des évènements qui, comme nous l’avons écrit il y a un mois, peuvent changer le cours de l’histoire ! (2)

Notre conclusion est sans appel : la gauche européenne  a aujourd’hui le devoir de  se mobiliser pour soutenir en actes et avec toutes ses forces, le mouvement de masse  sans précédent qui est en train de se construire aux Etats Unis. Tant parce que, en ces temps si adverses, ce mouvement représente le plus grand espoir pour ceux d’en bas, pour l’humanité et pour la planète, que parce que la gauche européenne a beaucoup à apprendre et tout à gagner en s’alliant à lui.

Yorgos Mitralias

Notes
 
1.   Pour plus d’informations sur cette rencontre syndicale de Chicago, lire l’excellent article de Dan La Botz : http://newpol.org/content/labor-bernie-and-beyond-plans-primaries-and-fu...
2.   http://cadtm.org/Bernie-Sanders-Vers-un-mouvement

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Dimanche, 17 Avril, 2016 - 11:13
Auteur: 
patrick s
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 14:16
Nous devons relever le défi d’un parti communiste fort, puissant et influent
Base commune alternative « Unir les communistes, le défi renouvelé du PCF »
, par  Michèle Picard , lu sur le site du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF"

 

Notre congrès doit être l’occasion de regarder dans le rétroviseur sur la stratégie du PCF au regard de la situation que vivent nos concitoyens au quotidien et des résistances nécessaires au capitalisme. Est-elle adaptée à la construction d’un large rassemblement populaire pour porter un véritable projet de société capable de répondre à l’urgence sociale ?

Un regard lucide doit être porté sur ce qui a conduit à l’affaiblissement du Parti. Ce bilan n’a jamais été fait, tant sur notre histoire, sur le communisme municipal et sur l’apport de nos villes aux populations. Pourtant nous devons bien commencer par là. Il n’y a d’ailleurs pas eu, non plus, d’analyse par rapport aux nombreuses villes que nous avons perdues.

La stratégie électorale de ces dernières années conduit à une impasse. Être à la remorque du PS nous condamne à disparaître. Pour les élections municipales 2014, les villes à direction communiste ont été la cible de tous nos adversaires, du PS, de la droite et de l’extrême droite, parce qu’elles sont des terres de résistances et de solidarités que le capitalisme ne supporte pas. A Vénissieux, le mot d’ordre de la droite, de l’extrême droite et du PS était le même « 80 ans de communisme ça suffit ». Nous avons rassemblé les forces progressistes locales et mené la bataille électorale sur les acquis de notre ville, contre l’austérité et autour d’un projet ambitieux pour les Vénissians. C’est ce qui nous a permis de gagner largement l’élection. Nous nous sommes toujours opposés à la création des méga-métropoles, qui sont mises en concurrence entre-elles. A l’instar de Grand Lyon Métropole, ces métropoles éloignent les citoyens des centres de décisions. Elles ont pour objectif la dissolution des communes et des élus. On le voit bien à la métropole lyonnaise où la technocratie prend le dessus sur les élus du peuple. Les techniciens organisent des réunions avec des maires ou des élus des communes sans élus métropolitains. C’est notre conception même de la commune, comme 1er maillon républicain, qui est remis en cause, tout comme le rôle des élus, et la relation avec les citoyens qui s’en trouve fragilisée.

Nous ne pouvons plus nous accommoder de cette société qui broie les hommes, brise les solidarités, et détruit nos vies. Pourtant, nationalement, le PCF n’apparaît plus comme une alternative au capitalisme. Seul un véritable projet ouvrant des perspectives d’avenir permettrait de rassembler tous ceux qui luttent, tous ceux qui résistent aux politiques destructrices du capitalisme.

Nous devons relever le défi d’un parti communiste fort, puissant et influent. C’est en portant un projet ambitieux, en étant visible que nous insufflerons un nouveau souffle à la vie politique. C’est en étant en phase avec la société, en portant un projet et en rassemblant, au cœur des luttes, des mouvements populaires que nous redeviendrons un parti populaire de combat.

Ce texte alternatif proposé au Congrès a la volonté de porter à la discussion et à l’échange toutes les grandes questions que se posent les communistes.

Le PCF, en tant que parti d’émancipation, d’action et de rassemblement a un rôle déterminant à jouer, dans le contexte actuel, tant dans le débat idéologique que sur les combats à porter. C’est ensemble que nous y parviendrons sur une base claire, précise, sans tabou en rassemblant largement tous les communistes.

Michèle PICARD
Maire de Vénissieux
Conseillère métropolitaine

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 14:16
, par  Jean Ortiz
 
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  • Ah, les primaires de la gauche le poing levé !

« Je n’accepte pas que nous nous fondions une nouvelle fois dans un magma ectoplasmique, sur une base minimaliste, loin du mouvement social et de la rue. »

Opter pour des "primaires à gauche" revient à s’engager une nouvelle fois dans une stratégie au final "socialo dépendante". Elle risque d’assimiler les communistes à cette "gauche" qui n’en est plus une depuis longtemps déjà.

Si nous sommes peu lisibles, peu visibles, malgré la nécessité aujourd’hui comme hier d’un puissant parti communiste, de classe, c’est que nous avons en quelque sorte renoncé à être pleinement nous-mêmes, antisystème et propositionnels, à refuser radicalement le capitalisme, à rompre avec lui. Rompre, rupture, radicalité...

Être partisan de la révolution, même si le mot a été tant et tant dégradé, n’est-ce pas revendiquer et commencer à construire, par nos résistances, nos pratiques quotidiennes, des relations et des valeurs nouvelles, une société de partage, non cannibale, libérée du marché. Un socialisme d’aujourd’hui, citoyen, autogestionnaire, démocratique, écosocialiste, qui socialise les grands secteurs économiques et les leviers financiers, qui remette en cause le carcan européen, le productivisme sans limites, la monopolisation des richesses...

Mais pour cela il convient d’abord de ne pas renoncer aux mots, "socialisme", "révolution", et au sens de la marche. Je ne sais plus qui a dit : Ne pas nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde.

Nous vivons des temps inhumains de "contreréforme", des temps terribles pour les millions de "perdants", des temps dangereux de basculement conservateur, où la tentation est grande de diluer le discours révolutionnaire dans l’air fétide et régressif du moment, de s’adapter plus que de "révolutionner", pour tenter de gagner quelques voix... La politique cède le pas à une sorte de campagne électorale permanente dominée par le marketing politique, vide, avilisseur, par la com manipulatrice, les coups politiques tordus ou pas, le tango des égos...

Et le peuple dans toute cette ratatouille ? On se trompe si l’on croit que les sondages doivent être pris au pied de la lettre. La colère gronde dans ce pays et peut éclater sans nous, voire contre nous, assimilés au "tous pareils", à la "caste" comme disent les Espagnols.

Les "primaires", ces combats de coqs frelatés, ces rideaux de pseudo-démocratie et d’enfumage sur l’essentiel, cette singerie des "States", accentuent la personnalisation outrancière, la dépolitisation, les postures, les revirements, les petits et gros calculs, au détriment des contenus, des batailles d’idées, des compétences des militants, finalement contournés. Comme le référendum d’entreprise contourne les syndicats...

En tant que communiste, « refonder la gauche » n’est pas vraiment mon affaire. Refonder, consolider, renforcer, le PCF et le Front de gauche : OUI, OUI.
Réanime le parti socialiste qui voudra, qui pourra !! Il a infligé tant de souffrances et d’humiliations à notre peuple pour en payer le prix. Va-t-on une nouvelle fois contribuer à recrédibiliser un parti socialiste (sauce Valls ou sauce Cambadélis) plus libéral que les ultralibéraux ? A lui donner une nouvelle caution "de gauche" et à nous retrouver Gros-Jean comme devant, avec le titre de « meilleurs artisans de l’unité de la gauche »... et le "vote utile" pour le "nouveau PS" ? Se souvient-on du CERES, de la fable toujours bien vivante des "bons" et des "mauvais" socialistes, des "flingueurs" d’hier et d’aujourd’hui ? Où sont-ils passés, ceux d’hier ? Que sont-ils devenus ? La fable permet de ratisser large.

Comment peut-on décréter l’échec du Front de gauche (notre enfant) s’il n’a été qu’un cartel politique de circonstance et de sommet ? Si on ne lui a pas permis vraiment de prendre racine, d’ouvrir largement ses portes, de se structurer en bas ? Nous, communistes, avons eu en quelque sorte peur de notre ombre. Je n’accepte pas que nous nous fondions une nouvelle fois dans un magma ectoplasmique, sur une base minimaliste, loin du mouvement social et de la rue.

Voir en ligne : Sur le blog de Jean Ortiz sur l’Humanité

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 14:10
, par  Marie-Christine Burricand sur pcf.fr
 

Depuis la mise en place du dispositif statutaire voilà plusieurs années permettant l’élaboration de textes alternatifs et la présentation de listes alternatives de candidates et candidats au Conseil National, l’expression d’un désaccord profond avec la ligne des directions sortantes n’a cessé de s’affirmer.

Bien que souvent très proches, les textes alternatifs se sont multipliés. Ils ont contribué à nourrir un débat salutaire parmi les adhérents, mais leur dispersion n’a pas permis de remettre radicalement en cause un ordre établi lourd du poids culturel du légitimisme.
De fait, une nouvelle dispersion favoriserait l’appareil en place.

Au moment où la situation à l’échelle de la société atteint des sommets de gravité, où le PCF du fait de choix politiques, stratégiques et électoralistes ne cesse de s’affaiblir, il est urgent de mobiliser de façon unie et cohérente toutes celles et ceux qui se refusent à voir la fin d’un outil politique si utile et nécessaire à leurs aspirations de changements profonds.

C’est pour cela que les camarades du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" lancent un appel solennel à toutes celles et ceux comptant légitimement élaborer un texte alternatif, pour envisager de se regrouper afin de créer ensemble les conditions d’un texte unique. Ceci afin de donner plus de force et plus de voix à l’insatisfaction grandissante des communistes de plus en plus nombreux qui ne reconnaissent plus leur parti dans ses orientations présentes.

Plus que jamais le peuple a besoin d’un Parti Communiste fort !

Paul Barbazange, Marie-Christine Burricand, Jean-Jacques Karman, Jean-Pierre Meyer.

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 08:53

Publié par Le Mantois et Partout ailleurs

A son tour, la Cour de cassation sanctionne l'action syndicale

Ce 9 février, l'instance judiciaire suprême de la France a décrété qu'une simple distribution de tracts, sans déclaration préalable en préfecture, était illégale. Pierre Coquan, à l'époque secrétaire général de l'UD CGT du Rhône, doit donc être rejugé par la Cour d'appel de Grenoble.

Les faits remontent en 2010. La CGT bataillait ferme contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy. Pierre Coquan avait organisé une simple distribution de tracts à un péage autoroutier. Le Tribunal correctionnel de Villefrancehe-sur-Saône l'avait relaxé. Appel du procureur et donc du gouvernement. Et de fil en aiguille, l'affaire est survenue devant la Cour de cassation: annulation des relaxes précédentes et notre camarade doit être rejugé en fonction de l'arrêt de la Cour de cassation.

Celle-ci décrète que "Constitue une manifestation (...) tout rassemblement statique ou mobile, sur la voie publique, d'un groupe de personnes aux fins d'exprimer collectivement et publiquement une opinion ou une volonté commune". Et comme toute manifestation doit être déclarée préalablement en préfecture, le voyou qu'est Pierre Coquan doit être impérativement rejugé pour des faits illicites. Il faut dire qu'aucune législation, votée par Parlement, n'avait définie jusqu'à présent ce qu'était une manifestation. Désormais, lutte des classes oblige, c'est fait!

Cette très grave décision de la Cour de cassation est une atteinte à la liberté d'expression collective.

Dans cette affaire, encore une fois, pas de victime ni de partie civile. Mais comme pour les 8 de Goodyear, le procureur de la République a fait appel jusqu'au bout. Sous Nicolas Sarkozy et sous François Hollande.

Sous ce dernier, le ministère public a donc poursuivi l'oeuvre de celui qui dépendait du gouvernement sarkozyste. Depuis mai 2012, les ministre de la justice ont été Christiane Taubira hier, Jean-Jacques Urvoas aujourd'hui, dans un gouvernement de gôche.

J'ai écrit de gôche, je m'en excuse. C'est gouvernement réactionnaire qu'il fallait lire. Et la lutte des classes existe toujours.

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 09:54

Comme l'écrit El Diablo en commentaire, nos amis belges voient déjà nos camarades derrière les barreaux.  Mais eux et la CGT n'ont pas l'intention de laisser faire et l'indignation des salariés, le soutien reçu par les militants de la CGT, par d'autres organisations syndicales, par des personnalités politiques, mais aussi à titre individuel par des dizaines de milliers de personnes en quelques jours peut se transformer en manifestations, grèves et mouvements massifs contre ce jugement de classe et plus largement contre la criminalisation de l'action syndicale.  On observe d'ailleurs la prudence du gouvernement et l'embarras de M. Valls.  C. Taubira, qui a laissé le procureur maintenir les poursuites malgré les retraits des plaintes, reste étrangement silencieuse.  Quant à François Hollande, directement concerné vu ses promesses passées et sa visite aux "Goodyear" en 2011, on attend encore une réaction.  Y.G.

 

mercredi, 13 janvier 2016

 

 

Message de solidarité à la direction de la CGT ainsi qu’aux camarades de Goodyear condamnés hier à la prison ferme.


La FGTB est consternée et se dit profondément indignée d’apprendre que 8 syndicalistes français ont été condamnés à de la prison ferme pour le simple fait de défendre leurs droits, leur emploi et ceux de leurs collègues. Ces condamnations à de la prison ferme sont une nouvelle preuve de la logique liberticide qui envahit peu à peu l’Europe. A côté des attaques contre la liberté syndicale et le droit de grève en Espagne, au Royaume-Uni ou en Finlande, ces peines infligées à des syndicalistes viennent nous rappeler qu’aucune liberté, aucun droit n’est jamais définitivement acquis et qu’il faut continuer le combat pour préserver nos droits et libertés individuelles et collectives.


La FGTB exprime toute sa solidarité avec les camarades condamnés. Elle entend participer aux initiatives qui seraient prises afin de réagir à ce jugement injuste et de demander sa révision.

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