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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 14:51

Le 14 mars, à trois heures moins un quart de l’après-midi, le plus grand des penseurs vivants a cessé de penser. Laissé seul deux minutes à peine, nous l’avons retrouvé, en entrant, paisiblement endormi dans son fauteuil, mais pour toujours.

Ce qu’a perdu le prolétariat militant d’Europe et d’Amérique, ce qu’a perdu la science historique en cet homme, on ne saurait le mesurer. Le vide laissé par la mort de ce titan ne tardera pas à se faire sentir.

De même que Darwin a découvert la loi du développement de la nature organique, de même Marx a découvert la loi du développement de l’histoire humaine, c’est-à-dire ce fait élémentaire voilé auparavant sous un fatras idéologique que les hommes, avant de pouvoir s’occuper de politique, de science, d’art, de religion, etc., doivent tout d’abord manger, boire, se loger et se vêtir : que, par suite, la production des moyens matériels élémentaires d’existence et, partant, chaque degré de développement économique d’un peuple ou d’une époque forment la base d’où se sont développés les institutions d’Etat, les conceptions juridiques, l’art et même les idées religieuses des hommes en question et que, par conséquent, c’est en partant de cette base qu’il faut les expliquer et non inversement comme on le faisait jusqu’à présent.

Mais ce n’est pas tout. Marx a également découvert la loi particulière du mouvement du mode de production capitaliste actuel et de la société bourgeoise qui en est issue. La découverte de la plus-value a, du coup, fait ici la lumière, alors que toutes les recherches antérieures aussi bien des économistes bourgeois que des critiques socialistes s’étaient perdues dans les ténèbres.

Deux découvertes de ce genre devraient suffire pour une vie entière. Heureux déjà celui auquel il est donné d’en faire une seule semblable ! Mais dans chaque domaine que Marx a soumis à ses recherches (et ces domaines sont très nombreux et pas un seul ne fut l’objet d’études superficielles), même dans celui des mathématiques, il a fait des découvertes originales.

Tel fut l’homme de science. Mais, ce n’était point là, chez lui, l’essentiel de son activité. La science était pour Marx une force qui actionnait l’histoire, une force révolutionnaire. Si pure que fut la joie qu’il pouvait avoir à une découverte dans une science théorique quelconque dont il est peut-être impossible d’envisager l’application pratique, sa joie était tout autre lorsqu’il s’agissait d’une découverte d’une portée révolutionnaire immédiate pour l’industrie ou, en général, pour le développement historique. Ainsi Marx suivait très attentivement le progrès des découvertes dans le domaine de l’électricité et, tout dernièrement encore, les travaux de Marcel Deprez.

Car Marx était avant tout un révolutionnaire. Contribuer, d’une façon ou d’une autre, au renversement de la société capitaliste et des institutions d’Etat qu’elle a créées, collaborer à l’affranchissement du prolétariat moderne, auquel il avait donné le premier la conscience de sa propre situation et de ses besoins, la conscience des conditions de son émancipation, telle était sa véritable vocation. La lutte était son élément. Et il a lutté avec une passion, une opiniâtreté et un succès rares. Collaboration à la première Gazette rhénane en 1842, au Vorwärts de Paris en 1844-48, à la Deutsche Zeitung de Bruxelles en 1847, à la Nouvelle Gazette rhénane en 1848-1849, à la New York Tribune de 1852 à 1861, en outre, publication d’une foule de brochures de combat, travail à Paris, Bruxelles et Londres jusqu’à la constitution de la grande Association internationale des travailleurs, couronnement de toute son œuvre, voilà des résultats dont l’auteur aurait pu être fier, même s’il n’avait rien fait d’autre.

Voilà pourquoi Marx a été l’homme le plus exécré et le plus calomnié de son temps. Gouvernements, absolus aussi bien que républicains, l’expulsèrent ; bourgeois conservateurs et démocrates extrémistes le couvraient à qui mieux mieux de calomnies et de malédictions. Il écartait tout cela de son chemin comme des toiles d’araignée, sans y faire aucune attention et il ne répondait qu’en cas de nécessité extrême. Il est mort, vénéré, aimé et pleuré par des millions de militants révolutionnaires du monde entier, dispersés à travers l’Europe, et l’Amérique, depuis les mines de la Sibérie jusqu’en Californie.

Et, je puis le dire hardiment : il pouvait avoir encore plus d’un adversaire, mais il n’avait guère d’ennemi personnel.

Son nom vivra à travers les siècles et son œuvre aussi !

Lu sur : https://lepcf.fr/_communistes_

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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 13:06

Publié le par MS21  (Mouvement pour un socialisme du XXIème siècle)

Le fret ferroviaire en France illustre parfaitement la notion politique du rapport de forces car toutes les décisions politiques qui s’y rattachent depuis trente ans vont à l’encontre du bon sens le plus élémentaire. Quelques clefs pour comprendre…

 

Photo France 2 - Cimetière de Sotteville - Les locomotives du fret abandonnées

Une évidence

Un simple constat factuel et neutre suffit en effet pour se rendre compte de la nocivité de l’accroissement continu de la circulation routière (+ 39% entre 1990 et 2015). Le transport routier est le plus gros contributeur en GES (gaz à effet de serre). Il est aussi le plus polluant (entre 75 et 100% de la part des transports selon les polluants). Il est le principal responsable de l’épuisement des ressources naturelles en pétrole. Il étend son emprise dégradante sur les territoires et les milieux naturels (près de 3% du territoire français métropolitain est dédié au transport, dont 80% sous forme de routes et d’autoroutes). Enfin, malgré des progrès récents indéniables,  on compte plus de 300 000 tués sur les routes de 1976 à 2015, soit 50 fois le nombre de tués par le train…

 

A l’opposé, il n’est pas difficile de voir que le fret ferroviaire est une alternative très réaliste. C’est le mode de transport qui pollue le moins et sur ce point les chiffres sont impressionnants : 3,5 fois moins de CO2, 63 fois moins de SO2, 650 fois moins de CO, 16 000 fois moins de plomb etc…Il est économe en énergie (2% de l’énergie pour 10% du trafic). Il est le plus sûr : pas un seul mort dans le transport ferroviaire de matières dangereuses depuis plus de 40 ans. Enfin il n’est pas nécessaire de préciser qu’il contribue à l’industrie nationale et au développement des territoires.

 

Et pourtant le fret ferroviaire dépérit [...]

 

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5 mai 2018 6 05 /05 /mai /2018 15:55

Loïc Roldan, délégué CGT chez Mac Donald's et membre du bureau de l'UL,  a mis l'accent sur la "supercherie" de ce "faux 13ème mois, par la suppression de la taxe d'habitation et la baisse des cotisations salariales." "Comment allons-nous payer les hôpitaux, les routes, les écoles et les services publics ?  La réponse est simple : en privatisant le bien collectif, donc en nous poussant à souscrire des assurances privées"

"L'objectif du capital est simple : rayer toutes les avancées sociales, sociétales et philosophiques du Conseil national de la résistance".

Journal d'Elbeuf

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4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 15:15

Rappel :  Davigel, détenu par le groupe Nestlé, avait été racheté par Brakes Group puis par Sysco, multinationale américaine.  

Dernier article posté sur le blog sur ce sujet et repris sur le blog de l'UL-CGT de Dieppe : http://www.actioncommuniste.fr/2018/05/le-monopoly-capitaliste-l-exemple-de-davigel-a-dieppe-rachete-revendu-puis-liquide.la-firme-americaine-profitera-t-elle-de-la-suppre

 

Lu sur le site de FR3 Normandie :

Local de la CGT. Les syndicats de Davigel expriment leurs doutes auprès de l'équipe de France 3 Normandie / © France 3 Normandie/A de Vecchi

 

Le CCE de Davigel s'est tenu à Paris les 2 et 3 mai. Les syndicats reviennent porteurs de nouvelles inquiétantes. Le groupe américain Sysco transfère le siège social de la marque de surgelés

Par Sylvie Callier

Dans le secteur de Dieppe, 700 salariés de Davigel sont dans l'incertitude. La marque disparait et une grande réorganisation est prévue par leur propriétaire, le géant de la distribution alimentaire, le groupe texan Sysco.
Lors du comité central d'entreprise des 2 et 3 mai, les syndicats ont été informés du plan social. Il sera négocié en juin.
Le siège social de la nouvelle société née de la fusion de Davigel et Brake (société anglaise) sera à Paris.  Il se trouvait à Rouxmesnil-Bouteilles, des emplois seront supprimés. [...]
 
Lire l'intégralité et voir la vidéo ici : https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/dieppe/rouxmesnil-bouteille-76-siege-social-davigel-supprime-il-y-aura-plan-social-1470217.html#xtor=EPR-521-[france3regions]-20180504-[info-bouton1]&pid=726375-1458206835-639c8bda

 

 

 

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 23:29
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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 23:14

par Mathieu Paris, Olivier Petitjean sur "Observatoire des multinationales"

Du commerce alimentaire aux médias, en passant par l’eau, l’électricité ou les services bancaires, la plupart des secteurs de l’économie sont désormais dominés par une poignée de grandes entreprises multinationales. Ces nouveaux oligopoles sont souvent en mesure d’imposer leurs intérêts face aux autres acteurs économiques, aux consommateurs... mais aussi aux pouvoirs publics. Ce qui explique, entre autres, que l’« ouverture à la concurrence » se traduise rarement par des baisses de prix, contrairement à ce qui nous est promis aujourd’hui une nouvelle fois à propos de la SNCF.

[...]

Lire la suite ici :https://multinationales.org/Oligopoly-comment-une-poignee-de-grandes-entreprises-peuvent-soumettre-des

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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 22:44

Extraits

"En fait, les faucons américains demandent à la Chine de mettre de côté son «économie de marché socialiste» et d’évoluer vers une économie de marché libérale. "

"Dans le même temps, l’UE demande à la Chine d’abandonner les restrictions restantes sur l’investissement étranger. Comme pour les États-Unis, une demande difficile à concilier avec le noyau du système chinois d’économie de marché socialiste, basé sur un contrôle étatique fort de l’économie. "

Lire l'intégralité en cliquant ci-dessous :

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17 avril 2018 2 17 /04 /avril /2018 16:03

A Berlin, dimanche,   13 000 Berlinois ont manifesté, sous la pluie, contre la hausse des loyers et la spéculation immobilière qui ont pour conséquences la destruction des quartiers et l’éviction des plus pauvres et des moins riches vers des périphéries de plus en plus éloignées.  C’est le résultat de l’annexion de Berlin Est et de l’Allemagne de l’Est qui s’est faite aux conditions draconiennes du libéralisme et au nom de la liberté.  Après l’annexion, la spéculation immobilière a flambé à Berlin.  Des investisseurs allemands et étrangers s’y sont rués.  Des immeubles populaires, accessibles à tous avant la « chute du mur »,  ont été rachetés, rénovés, leurs habitants obligés de partir à cause de la cherté des loyers.  Des immeubles coopératifs – datant d’avant la RDA – ont été rachetés par des spéculateurs.  Après le centre Mitte, Prenzlauer Berg, ce sont des quartiers plus populaires qui sont touchés.  C’est une question très sensible à Berlin et de nombreuses luttes se déroulent sur cette question.  Car la population de l’ex-Berlin Est avait l’habitude – du temps de la RDA – d’être locataire et  logé à prix raisonnable.  D’autre part, les Allemands, y compris à l’Ouest, ne sont pas massivement propriétaires – même si on les y incite aujourd’hui, pour des raisons de profits immobiliers …

Alors dimanche les Berlinois réclamaient que le principe « le profit avant les gens » soit aboli,  un habitat pour tous et un habitat qui soit un bien collectif.

 

 

Voici ci-dessous des extraits du texte d’appel à cette manifestation et des photos.

Traduction et photos de notre correspondante à Berlin, Madeleine Röhring.

 

 

Résister - Ensemble contre l’éviction et la folie des loyers

 

À Berlin les gens sont refoulés par des loyers toujours plus hauts à la périphérie et hors de leurs quartiers. Des logements en location sont transformés en propriétés. Des voisinages sont détruits. Les associations sociales et les petits commerçants ne trouvent plus de locaux  qu'ils puissent payer. Il y a de plus en plus de personnes sans domicile fixe. Le racisme et la discrimination ne facilitent pas la situation. Même en périphérie les loyers modérés sont rares. 74% des Berlinois ont peur de perdre leur appartement ou de devenir pauvre à cause d'un loyer trop haut.

 

Cette situation, c'est un système !

Dans cette société, on fait de l'argent avec l'habitat. Les logements sont des produits commerciaux, qui doivent apporter du profit. Les locataires sont mis en concurrence pour trouver un logement bon marché ou un logement social, devenu extrêmement rare. Mais un logement digne est un besoin premier des hommes, et un droit. C'est pourquoi, le principe "le profit avant les gens" doit être aboli.

 

Pour une ville solidaire,

- qui ne soit pas une formule commerciale, mais un habitat pour tous - indépendamment de l'origine, de la langue, de l'âge ou du salaire,

- dans laquelle les immeubles ne soient pas construits pour le profit, mais pour les habiter,

- dans laquelle les gens ne soient pas obligés de passer la nuit ou de vivre dans des logements d'urgence,

- dans laquelle l'habitat soit un bien collectif.

Nous exigeons un changement de cap radical dans la politique de l'habitat et des loyers !

 

Résistons!

Pour cette ville nous voulons lutter ensemble! Côte à côte, de manière solidaire - que l'on soit déjà touché ou pas. De plus en plus de gens se défendent en s'organisant en collectifs d'immeubles, en initiatives, devant les tribunaux ou dans les manifestations.
 

Très souvent avec succès :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

la résistance, ça vaut le coup !

 

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15 avril 2018 7 15 /04 /avril /2018 23:23

J'ai regardé l'interview d'E. Macron.  Pas tout.  J'ai un peu zappé.  Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin interrogeaient le président de la République sur sa politique.  Un peu plus tenaces que les autres journalistes.  Ils avaient été choisis pour mettre en valeur le président parce qu'on savait qu'ils seraient plus combatifs.  Mais ils ne pouvaient sortir de leur rôle de journalistes.  C'était la règle.  L'essentiel a donc été occulté.

Car ce qui est en question et que le pouvoir veut faire oublier, c'est le choix de société. C'est cela qui est au coeur de nos difficultés.  C'est pour cette raison qu'E. Macron veut absolument diviser, opposer, qu'il ne craint rien tant que les convergences et qu'il les combat politiquement dès qu'elles sont mises en évidence par ceux qui, avec leurs pieds, les font en menant le combat contre les mêmes puissances : le profit, les pouvoirs financiers et ceux qui font les lois pour eux.  Toutes les colères visent ces mêmes responsables.

Des hommes et des femmes politiques font les lois pour le système, à Paris et à Bruxelles.  Ils sont sous le feu des médias, sur le devant de la scène.  Ce sont ceux-là qu'on change pour que rien ne change. Droite ou seconde droite (PS) et puis autre droite (E. Macron).  C'est le théâtre de la prétendue démocratie politique.   Pendant ce temps les capitalistes, les actionnaires, encaissent, dans l'ombre.  Est-ce pour cela que M. Gattaz se fait si discret ces temps derniers ?

Le programme mis en évidence hier soir ? Aménager le capitalisme pour faire taire les oppositions, amoindrir la souveraineté française en créant une souveraineté européenne pour pouvoir poursuivre l'intégration capitaliste européenne et le pacte - économique, militaire - avec les E.U.  A la fin, ce sont toujours les multinationales et les banques - également transnationales -qui nous gouvernent et nous font les poches.

E. Macron ? Et de droite, et pro-capitaliste et pro-européen.

Yvette Genestal

Ci-dessous un article qui rappelle l'essentiel, écrit avant l'émission et nous reprenons ici.
 
vendredi 13 avril 2018
Par                                                                Dans "Respublica"
 
 

Quand le sage montre la lune, beaucoup regarde le doigt ! Quand on est mécontent de Sarkozy, on choisit Hollande, puis mécontent de Hollande on vote Macron. Bientôt Macron deviendra impopulaire. Est-ce que la solution sera de voter pour un autre représentant de l’oligarchie capitaliste ? La question devient la suivante : « Est-ce que les citoyens, les travailleurs ont intérêt à se bouger uniquement pour changer de gérant du capital ?  »La société du spectacle souchée sur le dispositif médiatique du mouvement réformateur néolibéral tente toujours de nous pousser à changer de gérant du capital dès que celui qui est au pouvoir n’a plus assez de soutiens populaires. Et pour l’instant, il réussit à nous diviser.

D’abord, en attaquant le principe de laïcité. Jean Jaurès disait que sans la laïcité, il y aurait une division entre ouvriers catholiques et ceux qui ne le seraient pas. Et qu’avec la laïcité et la loi de séparation, la religion était reléguée dans la sphère privée des citoyens et que cela unifiaient le prolétariat en vue de satisfaire les revendications ouvrières (repos du dimanche-1906, retraites ouvrières et paysannes-1910, impôt sur le revenu-1914). En développant le relativisme culturel inhérent au mouvement réformateur néolibéral, le dispositif Macron réussit, pour l’instant, de diviser le camp progressiste sur ce thème mais en même temps, il développe le communautarisme religieux pour lui faire jouer certaines missions de service public qui lui sont transférées suite au processus de privatisation des services publics.
Mais aussi, en réussissant ici et là, à diviser le salariat en faisant rentrer dans les têtes que le malheur des chômeurs et des salariés sans statuts spéciaux sont dus à ceux qui ont des statuts spéciaux (salariés de l’énergie, de la SNCF, des trois fonctions publiques, etc.). Alors que le but du mouvement réformateur néolibéral est en fait de baisser le ratio de tous les salaires par rapport à la somme des richesses produites. Tout simplement parce qu’il a besoin de plus de dividendes pour alimenter la spéculation immobilière, seule possibilité d’avoir pour l’oligarchie des taux de profits élevés (but du capitalisme) depuis que les taux de profits dans l’économie réelle sont très bas (période néolibérale).
Aucune innovation technologique n’a réussi à faire remonter les taux de profits de l’ensemble de l’économie capitaliste contrairement aux innovations précédentes (électricité, machine à vapeur, automobile, train, avions, etc.). La guerre, moyen d’augmenter les taux de profits grâce à la destruction du capital ne peut avoir lieu qu’en dehors du monde développé vu les capacités de destruction massive des grands pays impérialistes en concurrence entre eux. L’intensification et la déshumanisation du travail a entraîné des nouvelles maladies professionnelles (surmenage, stress, troubles musculo-squelettiques, etc.) voire une augmentation du nombre de suicides sur les lieux du travail y compris dans la fonction publique. Il ne reste donc, pour les dirigeants du système, que la baisse des salaires directs et socialisés. D’où l’attaque contre le salariat et pour l’auto-entreprenariat, contre le Code du travail, l’attaque contre les statuts, contre la Sécurité sociale, l’école et les services publics. Et qu’il faut un autre modèle politique basé sur un nouveau mode de production pour retrouver le chemin de l’émancipation par l’augmentation du niveau de vie du plus grand nombre avec le développement de la sécurité sociale, de l’école et des services publics.
Comprenons également que pour faire baisser les salaires socialisés, il faut faire baisser toutes les retraites. Pour ce faire, le projet est de mettre tous les salariés et indépendants dans une caisse unique fonctionnant par points ou en comptes notionnels. Mais cela demande de casser préalablement les statuts spéciaux (type SNCF par exemple) et remplacer des fonctionnaires par des contractuels de droit privé.
Voilà pourquoi la résistance de tous les travailleurs à l’attaque contre les cheminots, contre la privatisation des services publics, contre les fonctions publiques est nécessaire. Si nous perdons cette bataille, ce sera encore plus dur pour tous après.

Avec ce que nous venons de dire, on comprend pourquoi le nouveau gérant du capital, Emmanuel Macron, soutenu par les dirigeants de la finance internationale, de l’Union européenne, du grand patronat, de la haute technocratie administrative, de la quasi-totalité des médias, des intellectuels organiques du capital, et des artistes également organiques du capital, veut aller vite. Car il doit faire cela avant la mi-mandat.
Voilà pourquoi le dispositif macronien s’est sorti du bourbier de Notre-Dame-des-Landes pour se concentrer sur l’attaque contre les cheminots et pour développer la privatisation massive des services publics et la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires (50.000 dans la fonction publique d’Etat et 70.000 dans la fonction publique territoriale) via le Comité Action Publique 2022 (CAP 22). Le premier ministre a annoncé le 13 octobre dernier que le but était d’organiser « des transferts au secteur privé, voire des abandons de missions ». Il devrait annoncer en mai 2018 les mesures précises. Outre les suppressions de postes de fonctionnaires et la déstructuration des missions de service public, on aura des embauches de contractuels de droit privé, la totale dématérialisation électronique d’ici 2022, la rémunération à la rentabilité, le renforcement du pouvoir des directeurs technocrates et la généralisation du « nouveau management public » (avec son lot de harcèlement, de stress, de maladies professionnelles nouvelles, de suicides sur les lieux de travail, etc.). Et là cela va impacter la vie quotidienne vu que tous les services publics y compris les services de proximité seront impactés.

Et nos tâches dans tout cela ?

Pour l’instant, suite aux manifestations du 22 mars, nous avons le conflit des cheminots qui perdure avec un début de solidarité financière par collecte électronique, la journée interprofessionnelle de la CGT le 19 avril et la montée parisienne pour une marche le 5 mai 2018 lancée par Ruffin et Lordon avec une partie des forces syndicales le 4 avril dernier à la Bourse du travail de Paris, marche soutenue par la France insoumise. Notre première tâche est de faire converger l’ensemble de ces forces syndicales et politiques car sans convergence pas de victoire possible.
Notre deuxième tâche consiste à mener dans un moment de luttes sociales la bataille pour une nouvelle hégémonie culturelle pour combattre la division populaire comme notée en début d’article. Refusons la division du peuple et ciblons nos vrais adversaires qui participent de l’oligarchie capitaliste et de leurs alliés. Rassemblons le salariat et refusons le recul des conquis sociaux. Développons le lien entre le combat laïque et le combat social pour rassembler et promouvoir la souveraineté populaire. Le tout en utilisant toutes les méthodes d’éducation populaire refondée (réunions publiques, conférences populaires sans conférenciers, cinés-débats, débat théâtral, ateliers de lecture, etc.)
Notre troisième tâche est de prendre le temps de la formation politique pour ne pas déléguer le processus décisionnaire à des élites même populaires.

Si le combat social est une priorité immédiate pour lutter contre la politique mortifère et destructrice d’Emmanuel Macron, deux enjeux demeurent que nous aurions tort de mettre en seconde priorité. La crise écologique (climat, biodiversité, pollutions) demeure n’en déplaise au silence de Nicolas Hulot et la planification écologique est une exigence par rapport à l’appétit sans limite des tenant du néo-libéralisme. Raison de plus pour soutenir également le versant écologique de la lutte des cheminots dans la période car un politique écologique appelle le transfert programmé de la route vers le train tant pour les voyageurs que pour le fret. C’est-à-dire tout le contraire de la politique du gouvernement et de la direction de la SNCF. Cette dernière a développé des filiales privées de transport par route pour concurrencer le rail !
Le second enjeu est la crise migratoire que l’on peut résumer par ces deux chiffres, 25 millions de réfugiés climatiques en 1998, 250 millions à l’horizon 2050. Le bouleversement attendu de nos sociétés ne sera pas réglé par la loi Asile et Immigration telle qu’elle est présentée par Gérard Collomb, le sinistre d’Etat, au nom du gouvernement actuel.

Il y a encore loin de la coupe aux lèvres mais l’espoir demeure. Hauts les cœurs et échangeons entre nous.

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12 avril 2018 4 12 /04 /avril /2018 15:07
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