Mercredi 21 janvier 2015, des ouvriers de l'usine de papier de la Chapelle Darblay de Grand-Couronne ont déroulé des kilomètres de papier journal dans le centre-ville de Rouen.
Lu sur le site de La FILPAC CGT Chapelle Darblay
[ Ce 21 janvier restera comme un tournant dans la lutte des « Pap-Chap » qui jusqu’alors maintenaient un certain dialogue avec les interlocuteurs divers, en charge du PSE Chapelle, avec des actions contenues.
Aujourd’hui, notre cortège de plus de soixante voitures, escortées par les forces de l’ordre, s’est rendu devant l’ancienne préfecture pour former un rassemblement avec l’UD CGT et les autres syndicats CGT et salariés en lutte de la région rouennaise.
Ensuite, nos richesses, nos papiers et notre matière première se sont répandus, poussés par les salariés en colère, fiers du combat qu’ils mènent, dans les rues de Rouen, jusqu’à la Préfecture où un barbecue nous attendait. Chauds les cœurs et même pas froid ! Quelle force, quelle solidarité !
Cela a permis un dialogue avec la population qui se demandait pourquoi les gens étalaient autant de papier et pourquoi ?
Tout simplement parce que nous en avons marre de n’être qu’écouté, marre de ne recevoir que du soutien. Un sentiment d’injustice planait sur Rouen ce matin.
Notre combat est juste parce qu’il défend les emplois, parce que le projet de PSE d’UPM est un scandale. Ce n’est qu’un coup financier, un de plus. La machine 3 a un avenir, nous en sommes persuadés.
Marre aussi de faire bonne figure dans de beaux salons feutrés, loin du bruit des ateliers pour en sortir meurtris par ces réponses : UPM respecte la Procédure, on peut rien faire, UPM respecte la loi, on peut rien faire. Continuez à dialoguer !!!
L’impunité dont nous parlions est bien réelle, les forces de l’ordre surveillent de près les salariés en colère pendant que de très loin les Directions du Travail parcourent les documents d’UPM.
On s’en fout des dates de réunions signées ou pas, ce qu’on attend c’est l’aide des « pouvoirs publics, de tous les pouvoirs politiques » pour les salariés qui veulent conserver leur emploi ! Ce n’est pas grand-chose !
Nous sommes entrés en guerre contre UPM, poussés par l’immobilisme de l’Etat et tous ses services, nous n’en sortirons qu’après la victoire ou délogés par les huissiers qui feront respecter leur loi !
La loi qui est faite pour les forts par les forts et qui devrait défendre les faibles.
Nous ne pouvons croire que justice ne puisse être rendue…ou alors comme pour les portiques de l’Ecotaxe, ça se réglera par des images de chaos. La faute à qui ?
Merci et bravo à toutes celles et tous ceux qui ont fait cette belle journée, à la prochaine le 30 janvier à Paris.
Maintien de l’industrie c’est des emplois, des emplois – c’est des salaires, des salaires – c’est des cotisations, des cotisations – c’est notre système social et
puis si pas tout ça, plus rien …….. CGT Chapelle Darblay ]
Vu sur le site de la FIL PAC CGT Chapelle Darblay : le travail des papetiers et le hold up des actionnaires
Après Petroplus, UPM Chapelle Darblay : dans la circonscription de Laurent Fabius et de Guillaume Bachelay, c'est la catastrophe industrielle et sociale!
Ainsi donc, les papetiers de Chapelle Darblay ont manifesté mercredi et ont déroulé des kilomètres de papier journal dans les rues de Rouen pour réclamer l'annulation des 196 suppressions d'emplois. Ils n'ont reçu que des promesses d'écoute jusqu'à présent. Rien de concret. Le groupe industriel finlandais UPM-Kymmene prévoit de fermer quatre machines à papier en Europe dont une sur son site de la Chapelle-Darblay. 196 suppressions d’emplois sont annoncés sur un effectif de 365. Chapelle Darblay fabrique un maximum de 350 000 T de papier avec 370 salariés. Il faut compter aussi des centaines d’emplois induits, environ 1500 personnes. Cela fait bien plus que 196 emplois menacés. Des milliers de Rouennais sont ainsi touchés directement par ces suppressions d'emplois : maris ou femmes, enfants et parents sont également victimes. Avec ce que cela suppose de désordre, de chaos dans les vies, sur les santés physiques et morales. Avec ce que cela entraîne comme catastrophes sociales dans les villes et les quartiers.
Photographie prise de la MP3 lors de la journée portes ouvertes.
Cette stratégie de l'entreprise n'est pas la conséquence de la chute de la demande de papier journal, contrairement à ce que certains "experts" ou journalistes écrivent. C'est faux. L'entreprise est rentable. Mais les actionnaires en veulent davantage ... La preuve que la machine est rentable, c'est que " UPM a décidé de se réorienter vers les biocarburants, mais refuse de vendre la machine condamnée à la concurrence afin de s’assurer de sa mise à mort ! ( CGT-Chapelle Darblay)".
Photographie prise sur le site ( journée portes ouvertes)
Après Petroplus, Chapelle Darblay ... C'est sur la circonscription d'un ministre du gouvernement que se multiplient les liquidations industrielles. Que fait-il ? Que fait le député PS de la circonscription, Guillaume Bachelay, qui promit beaucoup avant l'élection, qui promit beaucoup aux Petroplus et ne fit rien ? Sur son site, rien de récent sur Petroplus, rien sur Chapelle Darblay ... Présents lors de l'opération portes ouvertes, les élus PS n'ont pas cherché à discuter avec les responsables syndicaux. Etaient-ils donc là uniquement pour les photos dans la presse et les reportages télévisés ?
Les papetiers ont des propositions.
Avec l’arrêt de la PM3 ce sont 120 000 t de papier journal de moins fabriqué en France, à 130km de Paris, capitale de l’imprimerie Française. Les journaux, qui bénéficient de subventions de l'Etat, ont besoin de papier journal. Il suffirait que seulement une partie des achats de papier soient faits auprès de Chapelle Darblay et les emplois seraient sauvés.
Ce papier est du papier recyclé, provenant de la collecte organisée par les mairies. Où iront ces papiers collectés grâce aux services publics et recyclés dans l'usine de Grand-Couronne? Vendus à l'étranger grâce aux investissements dans le recyclage des collectivités locales ?
La CGT propose de transformer la machine pour la fabrication de papier kraft, produit en expansion de 4% l’an. Le remplacement des emballages et sacs plastiques par du papier garantit l'avenir d'une telle option. Chapelle Darblay peut également fabriquer de la pâte 100% recyclée pour double A ex M real (30 km de chez nous) qui a de gros besoins.
Mais UPM entend se débarasser la machine MP3, machine pourtant très opérationnelle et convertible. Même scénario que dans d'autres multinationales : alors que les besoins existent, alors que la production est rentable, UPM veut empêcher la reprise par la concurrence.
La CGT en appelle aux maires des communes concernées " pour qu’ils engagent leur droit d’expropriation d’UPM pour cause d’utilité publique et permettre ainsi une possible reprise. Il a bien été question d’une loi Florange dont il ne reste aujourd’hui que le nom. Alors que nul devoir ne s’impose aux riches propriétaires. Devant cette inégalité des droits qui se creuse comme se creuse l’inégalité sociale, nous devons pouvoir compter sur l’appui de la population et des élus de proximité."
Sur le site de FILPAC CGT Chapelle Darblay on peut lire :
Lorsque les négociations capotent,
Il ne reste que 2 voies,
La soumission ou la révolte.
La résignation ou la résistance.
soyons réalistes.
Exigeons l’impossible
Aussi les papetiers sont-ils déterminés à continuer le combat : outre leur participation le lundi 26 janvier à la journée de grève et de manifestations contre la loi Macron, ils appellent à la grève du 29 janvier 21h au 30 janvier 21h et se déplaceront à Paris pour la réunion du CCE. . .
Article Action Communiste



