Hardi en paroles
Timoré dans les actes
Le site des élus communistes et républicains de Seine Maritime reproduit l'intervention de Dominique Hardy précédant le vote du budget de la CREA1.
Dans son discours, le président du groupe communiste a vivement critiqué la politique d'austérité du gouvernement socialiste. Accusant François Hollande et les élus socialistes de répondre aux exigences de la finance, de se conformer au diktat du traité européen et de violer ainsi leurs engagements électoraux, Dominique Hardy n'a pas manqué de dénoncer les retombées néfastes de cette politique au plan local.
La pertinence de l’argumentation développée aurait dû normalement amener les élus communistes à voter contre le budget décrié. Il n’en a rien été. En une brève conclusion inattendue, D. Hardy a invité ses collègues à adopter le budget socialiste. La violente diatribe s’est achevée en coupable ralliement.
Une conclusion aussi illogique fait qu’on se perd en conjectures : pour quelles raisons le Président du groupe communiste s’est-il montré si hardi en paroles et si timoré dans les actes ? La proximité des élections municipales conduirait-elle les élus communistes à vouloir ménager la chèvre et le chou en « aboyant » les grands principes pour sauver la face sans jamais « mordre » afin de sauvegarder les intérêts électoraux ?
Est-ce pour ces raisons que D. Hardy, dans son intervention, persiste à qualifier de gauche le gouvernement et les élus socialistes ? Vouloir éclairer les consciences et gagner une majorité de nos concitoyens à se prononcer pour une politique radicalement progressiste au service de tous ceux qui souffrent de la politique actuelle menée par le gouvernement socialiste, suppose que l’on appelle « chat un chat. » Il faut donc cesser d’entretenir l’illusion sur la nature des dirigeants socialistes, en leur reprochant seulement d’être une gauche maladroite quand ils pratiquent gauchement une politique bien à droite.
Michel Barrière
1- CREA : Communauté de l'agglomération Rouen Elbeuf