Les candidats du « oui » à l’Europe capitaliste sont les grands vainqueurs de ce scrutin. Ils ont recueilli plus de 75% des suffrages !
Les candidats du « non » en sont les grands perdants et avec eux les 55% de Français qui avaient rejeté le traité. Certains de ces électeurs ont voté évidemment contre leur intérêt et contre leur conviction en votant pour ces tenants de l’Union Européenne. Le PS a fait pression sur les électeurs de gauche pour obtenir le vote utile. Ils ont voté pour le moindre mal. Les partis du « non » de gauche en ont été chèrement pénalisés. Le PCF, pour sa part, a payé la politique de mutation et de « gauche plurielle ».
Les électeurs sont dépossédés
Les deux présidentiables sont de farouches partisans de la mise en place d’une constitution européenne conduisant de fait à une perte de souveraineté nationale et populaire. Ils sont les défenseurs de l’Europe des marchés, des privatisations, de la casse des services publics
( EDF-GDF, SNCF, Poste…) et du code du travail. Avec eux, rien de bon pour les salariés et les usagers ne peut sortir des résultats du deuxième tour.
Les questions sociales, le pouvoir d’achat, l’emploi, les responsabilités de la politique européenne ont été évacuées du débat politique.
Dès le lendemain du premier tour la candidate du PS fait appel à Bayrou et se prépare à une union avec la droite qu’il représente. Est-ce pour cela qu’ont voté ses électeurs du premier tour ?
L’illusion démocratique
La Présidentielle est bien la négation de la démocratie, l’abandon de la souveraineté populaire. L’élection du Président de la République au suffrage universel passe pour plus démocratique alors qu’elle conduit à confier à un seul homme ou à une seule femme la politique de la France. L’un et l’autre ont d’ailleurs insisté sur leur soit-disant liberté et leur lien direct avec les électeurs : ils n’ont de compte à rendre à personne. Ils réclament un plébiscite.
Un Parlement amoindri
Avec le quinquennat et l’inversion de l’ordre des élections, les législatives deviennent moins importantes et ne sont là que pour donner au Président la majorité dont il a besoin, d’autant plus facilement qu’il n’y a pas de proportionnelle. Le rôle du Parlement est amoindri. Donc point de salut dans le jeu institutionnel aujourd’hui imaginé et mis en place pour préserver les intérêts du capital.
Que faire ?
Nous n’avons pas donné de consignes de vote au premier tour car aucun candidat ne présentait un programme en accord avec les idées que nous défendons sur l’Europe et la construction d’une autre société. Nous avons dit les dangers d’une telle élection et les menaces européennes. Nous ne dicterons pas de choix aux salariés alors que les deux candidats, avec la patronne du Medef , défendent la même politique européenne.
Lutter !
L’intervention populaire a déjà montré sa force et ses capacités, y compris dans la dernière période. Au moment du référendum, les Français se sont réappropriés la politique. De grandes questions touchant à l’avenir de la société, aux préoccupations quotidiennes ont été débattues. Nous avons pour notre part contribué au résultat et milité pour le NON à toute constitution européenne. On l’a également vu avec cet énorme mouvement populaire qui s’est constitué pour rejeter le CPE.
Le seul choix est celui des luttes, d’une lutte acharnée contre la casse des services publics, contre l’Europe de marché, pour les salaires, pour l’emploi.
Action communiste