11 NOVEMBRE 1940 :
LYCÉENS ET ÉTUDIANTS PARISIENS MANIFESTENT
Article écrit d'après les textes lus sur le site de la FNDIRP : "Patriote résistant" et le site du Musée national de la Résistance.
L'audacieuse manifestation du 11 novembre 1940, qui rassembla de tout jeunes gens, des lycéens et étudiants parisiens, fut la première grande démonstration publique connue de résistance à l'occupation et à la collaboration. Elle fut le point culminant d'une série d'événements qui marquèrent les journées qui la précédèrent. Elle annonça qu'un irrésistible mouvement pour la liberté et la dignité était enclenché...
Paris, automne 1940.
La France est vaincue. Philippe Pétain rencontre Hitler à Montoire. Paris est occupé, les panneaux de signalisation des grands lieux de la capitale sont rédigés en allemand. Le dispositif d’oppression et de pillage de la France par l'Allemagne nazie se met en place avec la complicité de Vichy : censure, interdiction, épuration raciale et politique à l’initiative de l’État français ; attaques de la République, mise en cause de ses valeurs par les idéologues du nazisme et de la Révolution Nationale.
Depuis la réouverture de la Sorbonne, lancers d’oeufs pourris, inscriptions, papillons et tracts laissés dans les livres ou les fichiers (des bibliothèques), manifestations de petits groupes exhibant fièrement deux cannes à pêche (de Gaulle), lancer de tracts par des jeunes communistes le 31 juillet dans le grand amphithéâtre répondent à la présence allemande.
Arrestation du professeur Paul Langevin et interdiction des célébrations du 11 novembre
Deux événements concomitants vont libérer brusquement cette énergie potentielle : l’arrestation du professeur Langevin, professeur au collège de France, et l’interdiction des célébrations traditionnelles de la fête nationale du 11 Novembre.
Un comité de soutien large se constitue. Un tract clandestin de l’U.E.L.C. ( jeunes communistes) appelle à une manifestation le 8 novembre. Un autre, rédigé par François Lescure ( président de l’U.N.E., syndicat des étudiants ) et Roger Marais (Corporation Lettres) lance le même appel, complété par un autre à manifester le 11 novembre à l’université et dans les grandes écoles. La manifestation pour la libération de Langevin a lieu dans un quartier Latin en état de siège.C'est un succès
Appel à la manifestation du 11 novembre 1940
Le soir même du 8 novembre, François Lescure et Roger Marais rédigent le tract d’appel à la manifestation du 11 novembre à l’Arc de Triomphe. Dès le lendemain, il est largement diffusé dans les établissements secondaires et supérieurs de la capitale. Dans le même temps, le 10 au soir, Maurice Schumann au nom de De Gaulle appelle à se rendre sur les monuments de la guerre de 14-18. Tracts et mots d'ordre d'origines diverses appellent à un grand rassemblement à l'Arc de Triomphe le 11 novembre.
Des appels, comme ci-dessous, reproduits à la main circulent.
Pour la première fois des milliers de jeunes, venus d'horizons divers, montent à l’Étoile le soir du 11 novembre 1940. Appuyant la police française, les troupes nazies chargent. On dénombre plus de cent arrestations. L’Université est fermée.
Une autre action avait eu lieu le 11 novembre au matin : les membres du groupe du Musée de l’Homme fleurissent la statue de Georges Clémenceau. Et toute la journée, des grèves importantes paralysent les bassins miniers du Nord et du Pas-de-Calais. A Rouen, à Dijon, à Nantes, des gestes de jeunes font aussi événement.
La manifestation du 11 novembre, à Paris, surgie de l’université parisienne est ainsi la première grande action à résonance nationale de la Résistance française.
