ARCHIVES. Arrêté un jour après Maurice Audin, Henri Alleg subit les mêmes sévices. Le 20 juin 2009, il racontait au « Monde 2 » son « interrogatoirActivitée » et sa dernière rencontre avec Audin.
LE MONDE | Propos recueillis par Mattea Battaglia

AFP- Eric Cabanis - Photo
Il est l’auteur de La Question (Editions de Minuit, 1958), témoignage accablant des sévices infligés par l’armée en Algérie. Il est aussi un héros puisque, comme raconté dans ce livre, il subit et résista aux « procédés spéciaux » employés à Alger, en 1957, ces mêmes procédés qui coûtèrent la vie à Maurice Audin. Henri Alleg, ancien directeur du quotidien Alger républicain, devenu journaliste à L’Humanité, a accepté de nous raconter les conditions de son arrestation, quasi identiques à celle du jeune mathématicien dont il était l’ami. Et de revenir sur leur dernière rencontre au « centre de triage » d’El-Biar, en pleine séance de torture.
Comment les parachutistes du général Massu vous ont-ils arrêté ?
Henri Alleg : Ils me mettent la main dessus le 12 juin 1957, au domicile de Maurice et de Josette Audin, justement. Je ne sais pas encore que Maurice a été arrêté la veille. J’ai eu vent d’un probable coup de filet des « paras » et, en dépit des règles de la clandestinité qui veulent que deux militants communistes n’aient aucun contact entre eux, j’espère pouvoir l’avertir du danger. Trop tard : Maurice a déjà été pris, et je le suis à mon tour en tombant dans une « souricière ».
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