Marx n'est pas mort. Plein succès pour ce film exigeant. Plus d'une centaine de spectateurs. Des militants chevronnés mais aussi de plus jeunes. Une grosse délégation de la JC. La qualité d'écoute est impressionnante. Les réactions opportunes. Pas étonnant. Si actuel. De plus, le film évoque la condition des travailleuses et travailleurs du textile au XIXème siècle. Et Elbeuf est une ville du textile. Au XIXème siècle, plusieurs milliers d'ouvriers et ouvrières du textile vivaient et travaillaient à Elbeuf. Beaucoup oeuvraient aussi à domicile dans les campagnes environnantes. Les dernières grandes entreprises ont fermé dans les années 70-80.
Un film plein d'espoir : Marx et Engels n'avaient pas 25 ans au début du film lorsque Marx rompt avec la gauche hégélienne. Et 30 ans quand il écrit, avec Engels, "Le manifeste du parti communiste".
Plus que jamais d'actualité. Sa radicalité est d'actualité. Voici ce que Marx dit de Proudhon ( extrait d'une lettre écrite le 28 décembre 1846) : "En réalité il (Proudhon) fait ce que font tous les bons bourgeois. Tous ils vous disent que la concurrence, le monopole, etc., en principe, c'est à dire pris comme pensées abstraites, sont les seuls fondements de la vie, mais qu'ils laissent beaucoup à désirer dans la pratique. Tous ils veulent la concurrence sans les conséquences funestes de la concurrence. Tous ils veulent l'impossible, c'est-à-dire les conditions de la vie bourgeoise sans les conséquences nécessaires de ces conditions." Autrement dit, le capitalisme ne peut être ni réformé, ni assoupli, ni contrôlé. Sa logique même l'interdit.
Un film qui fait réfléchir et qui incite à confronter sa pratique avec la théorie développée par Marx. Et à en tirer des conséquences politiques. Notamment sur l'importance de "la constitution du prolétariat en classe dominante", pour "la conquête de la démocratie" et pour renverser "tout l'ordre social passé". C'est ce qu'ont abordé les participants durant le débat. Bien sûr le prolétariat d'aujourd'hui est très différent de celui du XIXème. Il s'est à la fois élargi et diversifié. La question de son unité se pose en des termes nouveaux. Un intervenant le souligna en donnant l'exemple de Renault Cléon où 1900 intérimaires sont embauchés, principalement à la production. Un autre évoqua le salariat très exploité des grandes entreprises de la distribution.
Un grand film. Historique, théorique et pratique. Visiblement les militants s'y sont retrouvés.
Yvette Genestal
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