Résumons. Le financement de la sécurité sociale ne sera plus assuré totalement par les cotisations sociales mais par le budget de l'Etat. Ce que ne verseront plus les entreprises, les retraités et les fonctionnaires le paieront à leur place. Ainsi donc le patronat ne contribuera plus aux dépenses de sécurité sociale ... Pas encore complètement. Mais c'est le but ultime.
Cette marche vers une refonte profonde de notre sécurité sociale répond à une exigence de l'UE, c'est à dire de la commission européenne dont le porte-voix est le Conseil européen dont nos gouvernants sont parties prenantes.
La"RECOMMANDATION DU CONSEIL concernant le programme national de réforme de la France pour 2017 et portant avis du Conseil sur le programme de stabilité de la France pour 2017", en date du 22 mai 2017, éclaire les propositions gouvernementales.
Les membres de la Commission et du Conseil sont hantés par la "compétitivité", soucieux qu'ils sont de "concurrence libre et non faussée" : "Un niveau élevé de charges sociales et de taxes pesant sur les sociétés peut décourager l’investissement privé et brider la croissance des entreprises et l’embauche de nouveaux salariés."
En conséquence, parmi les recommandations faites à la France figurent la baisse des cotisations sociales. Mais ce n'est pas énoncé clairement. Nos tartuffes européens recommandent donc de "poursuivre la réduction des charges réglementaires pesant sur les entreprises".
Le Conseil européen ( i.e. la Commission ...) est obsédé par les "dépenses publiques" qui sont pourtant le plus souvent des investissements. Voici ce qui en est dit en préambule dans cette recommandation de mai 2017 : "Le niveau des dépenses publiques en France est l’un des plus élevés de l’Union. Le ratio des dépenses au PIB devrait atteindre 56,2 % en 2017, soit 9,7 points de pourcentage de plus que pour l’UE." Or la Commission compte pour dépenses publiques le budget de la sécurité sociale. Le gouvernement nous invente donc des difficultés de la sécurité sociale pour réduire les dépenses publiques de santé et les remboursements... Avec deux conséquences : l'incitation aux assurances privées et le recours grandissant aux cliniques privées. Solutions qui aggravent et complexifient la situation des assurés sociaux.
C'est exactement ce à quoi le gouvernement Macron-Philippe s'emploie avec ce "budget" de mise à mort de la Sécurité Sociale.
Une conquête de la Libération issue du programme du CNR.
Yvette Genestal
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