mardi 27 septembre 2016 - Extraits - Lire la totalité ici : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/trou-de-la-secu-quand-marisol-185004
Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé s'est félicité des derniers chiffres du déficit du régime général de la Sécurité sociale. Ceux-ci seraient une très grande victoire, après 4 années de réformes structurelles et une nouvelle donne s'installerait clairement et durablement.
Ce discours est à la fois ahurissant et insupportable pour les assurés sociaux tant il fait l’impasse sur les moyens qui ont été utilisés pour en arriver là, aussi bien dans la branche maladie que les autres branches de la Sécurité sociale...
" En 2012, j’ai pris cette situation à bras le corps. J’ai assumé. Assumé de dire que la situation était grave. Assumé de dire qu’il faudrait des efforts. Jamais par plaisir, mais toujours par responsabilité. Avec une exigence de chaque instant : moderniser notre protection sociale pour faire progresser les droits. Les résultats sont là. Depuis 2012, le déficit n’a cessé de diminuer, année après année. En juin, nous prévoyions un déficit de 5 milliards d’euros pour 2016. Nous le revoyons encore à la baisse : il devrait se situer à 3,4 milliards d’euros seulement. En 2017, le régime général de la sécurité sociale sera à l’équilibre, pour la première fois depuis 2001."
A travers ce discours officiel de Marisol Touraine et des commentaires d'une certaine presse qui ne fait pas son travail d'information, le retour à l'équilibre financier, prévu pour l'année 2017, serait simplement le fruit d'une bonne gestion, occultant le détail des mesures scélérates qui ont été prises depuis de nombreuses années, aussi bien par la droite que la gauche au pouvoir.
La France est présentée comme un modèle du genre au niveau des soins médicaux, alors que les assurés sociaux et leurs bénéficiaires subissent, depuis des années, un grignotage continu des différentes prestations de l’Assurance maladie. En cause notamment les nombreux forfaits en tout genre restant à la charge des malades :
- forfait d'1 € sur les actes médicaux, relevé à 4 €, lorsque plusieurs actes ou consultations sont effectués par un même professionnel de santé au cours d'une même journée,
- forfait de 18 € sur les actes dont le tarif est égal ou supérieur à 120 €,
- sans oublier le ticket modérateur qui reste à la charge de l’assuré s’il n’a pas les moyens financiers de s’offrir une mutuelle,
Cette érosion du remboursement des diverses prestations s’est encore aggravée avec l’augmentation considérable des prix de certains actes paramédicaux : [...]
La mort de l’hôpital public
Avec l'accélération des suppressions d'emplois dans les hôpitaux publics et les avantages croissants accordés aux cliniques privées, le service public hospitalier est à l'agonie. Pour le budget des hôpitaux jusqu'en 2017, trois milliards d'euros d'économies sont prévues, dont 860 millions issus de la maîtrise de la masse salariale, ce qui doit se traduire par la suppression de 22 000 postes, soit 2% des effectifs. Le ministère de la Santé ne communique pas vraiment sur le sujet, évoquant non pas une réduction des dépenses mais une évolution maîtrisée de l'augmentation des dépenses
Trois milliards sur trois ans, ce n'est pas rien. Dans le détail, 1,2 milliard d'euros doit être économisé grâce à une mutualisation des achats des hôpitaux et une obtention de meilleurs tarifs auprès des fournisseurs. Une baisse de prix des médicaments doit par ailleurs permettre de dégager 350 millions d'euros, alors que des rapprochements entre hôpitaux voisins doivent permettre d'économiser 450 millions d'euros.
On trouve aussi dans le document interne du ministère de la Santé qui détaille cette évolution maîtrisée le développement de la chirurgie ambulatoire, c'est-à-dire sans nuit passée à l'hôpital, pour une économie de 400 millions ou la réduction des durées d'hospitalisation pour 600 millions d'euros.
Mais le sujet vraiment explosif, c'est bien cette fameuse maîtrise de la masse salariale qui ne se fera pas par des licenciements mais par des non-remplacements de départs à la retraite. n'oublions pourtant pas qu'au passage, des vacataires intérimaires pourront, eux, se voir remerciés...
Dernier épisode en date, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, a décidé en mars 2016 de retirer des hôpitaux des traitements anticancéreux, pour la plupart innovants, qui considérés comme trop onéreux. C’est tout une partie de la population qui n’aura donc plus accès à une vingtaine de médicaments anticancéreux, mais également à des traitements antirejet pour les greffes du rein par exemple, car rayés de la liste des médicaments remboursés aux hôpitaux par la Sécurité sociale. Conséquence directe, ces soins ne seront accessibles que dans certains établissements à condition d’y mettre le prix.[...]
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