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ACTION COMMUNISTE

 

Nous sommes un mouvement communiste au sens marxiste du terme. Avec ce que cela implique en matière de positions de classe et d'exigences de démocratie vraie. Nous nous inscrivons donc dans les luttes anti-capitalistes et relayons les idées dont elles sont porteuses. Ainsi, nous n'acceptons pas les combinaisont politiciennes venues d'en-haut. Et, très favorables aux coopérations internationales, nous nous opposons résolument à toute constitution européenne.

Nous contacter : action.communiste76@orange.fr>

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Humeur

Chaque semaine, AC attribue un "roquet d'or" à un journaliste qui n'aura pas honoré son métier, que ce soit par sa complaisance politique envers les forces de l'argent, son agressivité corporatiste, son inculture, ou sa bêtise, ou les quatre à la fois.

Cette semaine, sur le conseil avisé de la section bruxelloise d'Action communiste, le Roquet d'Or est attribué  à Thierry Steiner pour la vulgarité insultante de son commentaire sur les réductions d'effectifs chez Renault : "Renault fait la vidange"...  (lors du 7-10 du 25 juillet).


Vos avis et propositions de nominations sont les bienvenus, tant la tâche est immense... [Toujours préciser la date, le titre de l'émission et le nom du lauréat éventuel].

 

 
25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:49
L'Union européenne est morte ce soir

Brexit ! L’événement est littéralement historique.

Pour les élites mondialisées, il dépasse les pires cauchemars et était, en réalité, inconcevable.

Pour ceux qui suivent attentivement l’actualité européenne, et sont conscients du rejet populaire croissant que l’UE inspire à juste titre, il était au contraire prévisible.

Tout d’abord, un constat saute aux yeux. Certes, une partie de la bourgeoisie anglaise a soutenu le choix de sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne. Il n’en reste pas moins que le clivage est saisissant : d’un côté, les élites institutionnelles et politiques (et syndicales, à quelques louables exceptions près), la City, les banques, les patrons des grandes entreprises (1300 d’entre eux avaient lancé un ultime appel deux jours avant le scrutin) – et les milieux urbains huppés ; de l’autre, les quartiers populaires, les villes ouvrières et les banlieues délaissées, les régions entières désindustrialisées et à l’abandon.

C’est ce fossé qui a avant tout déterminé le résultat. Il suffit du reste d’écouter les quolibets haineux qui fusent contre ces « milieux défavorisés » dotés d’« un niveau d’éducation inférieur », « irrationnels et mus par la haine ». Ce mépris de classe, rehaussé par la hargne de la défaite, en dit long sur la nature réelle de l’enjeu.

De même qu’en dit long l’interminable liste des membres de la Sainte-Alliance qui, des mois durant, a tout tenté – en particulier un incroyable chantage au chaos – pour éviter le « cataclysme » annoncé : G7, chefs d’Etat et de gouvernement, ministres, dirigeants de multinationales, banquiers, agences de notation, OCDE, FMI… et même OTAN. Les USA remportent à cet égard la palme, avec une visite à Londres tout exprès du président Obama …

Certes, chaque pays a sa propre culture politique. Mais cette opposition entre « le haut » et « le bas » de la société est une constante qu’on retrouve dans toutes les consultations sur l’Europe. Car ce bras d’honneur adressé à Bruxelles est le quatrième en moins d’un an. Les Grecs (juillet 2015), les Danois (décembre 2015) et les Néerlandais (avril 2016) avaient déjà fait entendre un Non retentissant lors des référendums portant sur l’Europe.

Cette géographie sociale du refus de l’intégration européenne avait été particulièrement impressionnante lors du référendum français de mai 2005 qui rejeta le traité constitutionnel européen (TCE). Un scrutin qui constituait en quelque sorte un premier tremblement de terre au sein de l’UE.

A l’époque, ce sont bien les ouvriers, et plus généralement le monde du travail, les exploités, les dominés, qui s’étaient révoltés contre le projet européen dont on pourrait résumer ainsi l’objectif le plus essentiel : enlever aux peuples (« peuples » au sens politique, et non ethnique) la liberté de déterminer les grands choix qui conditionnent leur avenir. Le terme même de « communauté de destin » (comme se définit l’UE) dit tout : interdiction de faire des choix différents de ceux de la « communauté » ; et, surtout, le « destin » dépasse la volonté humaine…

On notera au passage que la plus haute distinction accordée par l’Union européenne s’appelle le « prix Charlemagne ». Un choix qui en dit long sur les ambitions impériales de cette « construction », qui fut, dès l’immédiat après-guerre, activement promue par Washington.

Certes, cette volonté de récupérer sa liberté politique collective – le terme juridique est « souveraineté », un concept souvent caricaturé, alors qu’il s’agit du cadre même de la démocratie réelle – relève plus souvent de l’aspiration collective que d’une motivation explicite de chaque citoyen. Reste que les électeurs britanniques n’ont sans doute pas oublié comment fut bafoué le Non français au TCE, de même que la manière humiliante dont furent traités les Irlandais lorsqu’on leur demanda – par deux fois – de recommencer leur vote parce qu’ils n’avaient pas donné la bonne réponse du premier coup…

Une telle forfaiture ne sera pas possible avec les Anglais. Ceux-ci viennent de délivrer un message simple : on peut s’en aller. La conséquence est certaine : l’Union européenne est morte. Seules la forme et l’échéance de l’agonie sont inconnues.

En 1989, la chute du Mur de Berlin ouvrait une ère où les dirigeants occidentaux ont espéré étendre leur domination sur le monde entier, dessaisir les peuples de leur liberté, et en profiter pour imposer des reculs sociaux littéralement sans précédent.

La suite n’est pas écrite. Mais un formidable retournement du rapport de force s’est esquissé le 23 juin 2016. On suggère à tous les progressistes d’en mesurer l’ampleur.

Et le sens.

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commentaires

D
Ce texte me laisse plus que perplexe.<br /> Bien sûr, je suis pour la destruction de l'Union européenne, pour celle du FMI et de l'OMC. Ce sont des outils au service du grand capital. Lénine avait déjà écrit en 1916 : "En régime capitaliste, les Etats-Unis d'Europe sont soit impossibles, soit réactionnaires.<br /> Il est évident que la supranationalité a permis à la Grande Bourgeoisie d'imposer des reculs sociaux que l'Etat-nation préservait. Mais il n'est pas possible pour autant, au nom de la lutte contre l'UE, d'être dans la défense de l'Etat-nation antérieur, qui était, qui est toujours un Etat bourgeois.<br /> Le vote pour le brexit est intéressant : notamment les votes ouvriers à Liverpool,, Manchester et au Pays de Galles. Il dit que la classe ouvrière ne veut pas de cette surexploitation organisée. Mais il ne faut pas faire dire à cet événement plus que ce qu'il signifie et ne pas en oublier un autre aspect.<br /> Cet aspect, c'est au'une partie de la Bourgeoisie, et pas seulement en UK, pense aujourd'hui que son développement passe par la fin de l'UE et, éventuellement, par des droits sociaux moins attaqués. Nous nous trouvons au final dans un conflit interne à la bourgeoisie qui ressemble trait pour trait à celui qu'ont connu les pays colonisés voulant se libérer au moment de ce que l'histoire officielle appelle la "décolonisation" : la lutte entre une bourgeoisie "nationale" et une bourgeoisie compradore. Il faut l'analyser, en tenir compte, s'appuyer dessus au besoin, et donc se réjouir du vote ici évoqué, mais sans aucune illusion. L'UE ne tombera pas parce que le Royaume Uni en est parti. J'ai presque envie de dire au contraire. Après ce résultat, tout sera fait pour accélérer l'union politique et aucun gouvernement ne proposera de referendum. Croire le contraire serait s'illusionner sur la soi disant "démocratie", la démocratie bourgeoise en vrai.<br /> Je trouve aussi regrettable que, dans le texte, la vraie perspective, qui n'est pas la sortie de l'UE (le Royaume Uni sera plus que jamais un pays capitaliste) mais celle du capitalisme ne soit pas évoquée. L'UE n'est critiquable, de mon point de vue, qu'en tant qu'elle est un outil du capitalisme. Mais un outil peut être usé (c'est le cas de manière évidente) et on peut se débrouiller, avec le relais de l'idéologie dominante, pour le remplacer. Bon disons que c'est la fin de l'UE, vous croyez que la bourgeoisie n'y a pas pensé ? Et alors ? Ce que nous voulons n'est pas la fin de l'UE, c'est la fin du capitalisme.<br /> C'est pourquoi la solution ce ne sont pas les "referendum". C'est la lutte tenace de la classe ouvrière, des salariés, du peuple, comme en ce moment contre la loi travail. La perspective électorale, fût-ce par referendum, est un leurre. Le capitalisme peut permettre que l'on sorte électoralement de l'UE, mais jamais il ne permettra la sortie du capitalisme, alors il faudra la prendre de force, par la lutte...
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