par Alger républicain
Alors que les peuples du monde entier fêtaient dans la liesse la fin de la seconde guerre mondiale, la défaite militaire et politique de l’Allemagne hitlérienne et de ses alliés fascistes d’Italie et du Japon, le peuple Algérien assoiffé de liberté a été pour sa part privé par les colonialistes français de participer à cette joie légitime auquel pourtant il avait apporté sa contribution en partageant les sacrifices consentis pour l’imposer.
Victime de la haine des seigneurs de la colonisation il connaîtra en ces premiers jours de mai les larmes, les assassinats, les arrestations et les condamnations ? la prison de la justice coloniale. Les estimations concernant les victimes algériennes de la répression coloniale survenues au cours des manifestations du 8 mai et du soulèvement populaire qui a suivi sont très diverses. Selon l’administration coloniale elles s’élèveraient à 7 000 ou 8 000 morts Algériens dont une centaine d’Européen. alors que le Consul américain en poste à Alger à ce moment là retient le chiffre de 40 000 et l’Association des Oulémas celui de 80 à 85 000.
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Mais que s’est-il passé exactement en Algérie ce 8 mai 1945 ? Les autorités officielles et des organisations politiques et syndicales du pays organisèrent des défilés afin de célébrer uniquement la victoire remportée sur le fascisme. Ils rassemblèrent surtout la population d’origine européenne. De leur côté, les Amis du Manifeste et de la liberté, un mouvement unitaire nationaliste qui rassemblait dans ses rangs les partisans de Ferhat Abbas et les membres du parti nationaliste du PPA que présidait Messali Hadj, organisa de son côté des manifestations pour célébrer la défaite du fascisme et réclamer en même temps l’indépendance de l’Algérie et la satisfaction de revendications immédiates à caractère national dont notamment la libération de Messali Hadj, alors en résidence surveillée, et de tous les patriotes algériens détenus dans les prisons coloniales en raison de leur action anticolonialiste. A juste titre ce mouvement revendiquait, au lendemain de la participation de l’Algérie à la défaite du fascisme, la reconnaissance du droit du peuple Algérien à gérer librement ses propres affaires en se débarrassant du système colonial. Les Algériens avaient pris au sérieux les promesses de satisfaire les aspirations des peuples opprimés présentées par des dirigeants des puissances de la coalition anti hitlérienne et anti fasciste, notamment le Président des USA Roosevelt, pour gagner leur participation et leur contribution au combat antifasciste sur les théâtres d’opérations militaires aussi bien en Asie, en Afrique et en Europe. En manifestant le 8 mai 1945, pour leurs revendications nationales, les Algériens mettaient au défi les puissances de la coalition anti hitlérienne de mettre à exécution leurs promesses.
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